Speaker #0Bienvenue dans Prends une pause, je suis Loubna, thérapeute psychocorporelle spécialisée en régulation émotionnelle. Ici, on explore le lien entre tes émotions, ton corps et ton système nerveux, parce que ce que tu ressens ne se joue pas seulement dans ta tête, ça vit aussi dans ton corps. Mon intention ici est de t'aider à ne plus te laisser submerger par ce que tu ressens, en apprenant à le réguler par le corps plutôt qu'à l'analyser sans fin, pour retrouver plus d'apaisement, de sécurité et de liberté. Aujourd'hui, on va parler de lâcher prise, mais pas de la façon dont on en parle habituellement, parce que le lâcher prise, c'est sûrement l'un des conseils les plus répandus dans le domaine du bien-être. Et en même temps, l'un des plus frustrants, je trouve, à entendre quand on n'y arrive pas. Parce que tu sais ce que c'est, tu as peut-être déjà essayé, tu t'es dit « allez, c'est bon, lâche ! » et deux minutes après, tu repenses encore, tu contrôles encore, tu surveilles encore. Ce que je veux t'expliquer aujourd'hui, c'est qu'il y a une peur très précise qui t'empêche de lâcher prise, et que tu ne vois probablement pas, pas parce que tu es trop anxieuse, Mais parce que cette peur est enfouie dans ton corps, dans ton système nerveux et qu'elle agit en silence. Alors avant d'aller plus loin, si ce podcast t'aide à mieux comprendre ce que tu traverses, abonne-toi. C'est un des gestes les plus simples qui m'aident vraiment à diffuser ce contenu à celles qui en ont besoin. Merci pour ça. Alors commençons par déconstruire quelque chose. Quand on te dit lâche prise, on te demande en fait de relâcher le contrôle sur quelque chose. Une situation, une personne, un résultat, une émotion. De ne plus t'y accrocher, de laisser aller. Alors ça paraît assez simple, comme ça, dit comme ça, mais voilà, ce que personne te dit en fait, c'est que le contrôle n'est pas un choix, ce n'est pas une mauvaise habitude que tu as prise et que tu pourrais défaire en fait en claquant des doigts. Le contrôle c'est une réponse, une réponse que ton système nerveux a développée à un moment de ta vie où il avait besoin de se protéger. Et peut-être que tu as grandi en fait dans un environnement où les choses étaient imprévisibles, où il fallait anticiper pour éviter les conflits par exemple, les déceptions, pour éviter les douleurs aussi peut-être. Peut-être aussi que tu as appris très tôt que si tu ne gérais pas, personne ne gérerait à ta place. Et peut-être qu'aussi, lâcher prise a déjà voulu dire dans ton histoire te retrouver sans filet. Et ton corps en fait, il s'en souvient. Même si ta tête, elle, aujourd'hui a compris que la situation a changé, ton corps a gardé une mémoire. Alors c'est quoi cette peur dont je parle ? Ce n'est pas la peur de perdre contrôle en général en fait. C'est quelque chose de bien plus profond et de plus précis. C'est la peur de ce qui va arriver. si tu lâches. La peur de ce que tu vas ressentir si tu arrêtes de tenir. Parce que tant que tu contrôles, en fait, tu maintiens ça à distance. Tu maintiens sans doute la tristesse à distance, la colère que tu n'as jamais vraiment osé ressentir, la fatigue profonde aussi que tu n'as pas eu le droit de montrer, le vide peut-être aussi que tu évites depuis longtemps. Lâcher prise, en fait, pour beaucoup de femmes que j'accompagne, ça ne ressemble pas à de la légèreté. ça ressemble à une chute parce que leur corps... associe le relâchement à quelque chose de dangereux, à une perte de repère, à un effondrement possible. Parce qu'on le sait aujourd'hui, les personnes qui ont développé des stratégies de contrôle comme mécanisme de protection ont souvent un système nerveux qui reste en vigilance, même dans les situations sûres. Leur corps continue à surveiller, à anticiper, à tenir parce qu'il n'a pas reçu la preuve que c'est sans danger de s'arrêter. Et encore une fois, je le rappelle, ce n'est pas de l'anxiété chronique, ce n'est pas un trait de personnalité. C'est une adaptation, une adaptation qui a été utile et qui aujourd'hui ne te sert plus et t'épuise. Et c'est exactement pour ça que tous les conseils du type « Allez, respire, lâche prise, fais confiance à la vie, arrête de tout contrôler » , on leur limite en fait. Non pas parce qu'ils sont faux, mais parce qu'ils s'adressent à ta tête. Ils te demandent de décider mentalement de relâcher quelque chose que ton corps tient depuis des années par mesure de protection. Et ton corps, lui, ne suit pas les décisions mentales. quand il se sent en danger. Ça, vraiment, je pense que, à force de m'écouter, je pense que tu le comprends. Il ne lâche pas parce qu'on lui a dit de lâcher. Il lâche quand il se sent suffisamment en sécurité pour le faire. Et ça, c'est une distinction qui est vraiment fondamentale parce qu'elle change tout dans la façon d'aborder le lâcher-prise. Ce n'est pas une question de volonté. Ce n'est pas un travail mental. C'est un travail de sécurité intérieure, à l'intérieur de soi. Ça passe par apprendre progressivement à ton corps que relâcher ne veut pas. pas dire s'effondrer, que tu peux aussi ressentir ce qui remonte sans être submergé, que le vide n'est pas en danger. En fait, il peut aussi être un espace et tout ça, ça s'apprend corporellement par une expérience différente qui se vit dans l'expérience corporelle. Alors concrètement, par où commencer ? Alors la première chose... c'est de ne pas chercher à tout lâcher d'un coup. Le lâcher prise, ça ne se construit pas en une seule décision. Je pense que tu as compris mon message. Il se construit par petites expériences, des micro-moments en fait, où tu vas expérimenter que relâcher un peu ne te fait pas tomber. Et ça peut être vraiment aussi simple que de décider de poser délibérément quelque chose que tu portes depuis le matin. Ça peut être par exemple une inquiétude, ça peut être aussi quelque chose de physique, une tension dans les épaules par exemple, et d'observer ce qui se passe. Est-ce que le ciel tombe ? Est-ce que tu t'effondres ? Alors le plus souvent, bien sûr que non. Mais cette expérience, même petite, envoie un signal à ton corps. Vraiment, c'est avoir ce mécanisme d'essayer à chaque fois des petites choses. Alors la deuxième chose, c'est d'accueillir ce qui remonte quand tu commences à relâcher. Parce que souvent, quand on lâche un peu le contrôle, une émotion se pointe. Ça peut être de la tristesse, de la colère ou d'autres émotions. Et le réflexe, c'est de se refermer immédiatement, de reprendre le contrôle pour ne pas être débordé. C'est vraiment le mécanisme qu'on a quasiment tout le temps. Alors ce que je t'invite à faire à la place, c'est justement de faire l'inverse, c'est d'essayer de rester. Alors pas de plonger dedans, dans ton émotion, on n'en est pas là, mais juste de rester à la surface, de poser en fait ton attention sur ce que tu ressens dans ton corps. Ça peut être une lourdeur, une chaleur, une pression, vraiment essayer de sentir une sensation dans ton corps. Et de lui laisser quelques secondes d'existence, sans analyser, sans essayer de résoudre quoi que ce soit, juste laisser cette sensation être là. Et c'est exactement ça, construire une sécurité intérieure. Ce n'est pas supprimer ce qui remonte, mais apprendre à le traverser sans en avoir peur. Et enfin, la troisième chose, et peut-être la plus importante, c'est de comprendre que le lâcher prise n'est pas l'absence de tension. Ça, je vais le dire encore une fois. Comprendre que le lâcher prise n'est pas l'absence de tension. En fait, c'est ta capacité à revenir au calme après avoir été activé. En fait, c'est une flexibilité que tu réapprends. Ce n'est pas un état permanent que tu dois atteindre. Ça, c'est vraiment important. On croit qu'on va être zen tout le temps. Pas du tout. L'idée, c'est d'être activé et de pouvoir avoir vraiment cette capacité à redescendre rapidement. Si ce que je viens de te partager résonne avec ce que tu vis, si tu te reconnais dans cette femme qui tient, qui contrôle, qui anticipe et qui ne sait pas vraiment comment faire autrement sans avoir peur de ce qui pourrait arriver si elle lâchait, j'ai créé quelque chose pour toi. Alors, ressentir, c'est un week-end immersif. Les 18 et 19 juillet dans les Landes, au cœur de plus de 125 hectares de forêt, alors deux jours pour quitter le mental, le contrôle, le fait de tenir en permanence. En fait, je t'invite à ces deux jours pour revenir à ton corps à travers le silence, le mouvement, la respiration et la nature. Parce que le lâcher prise, encore une fois, ne s'apprend pas. En lisant, il se vit et c'est exactement l'espace que je crée. Alors si tu sens que c'est le bon moment pour toi, toutes les infos sont dans la description de cet épisode. Et si tu as des questions... Écris-moi directement, j'y répondrai avec grand plaisir. Alors voilà, j'en ai terminé pour cet épisode. J'espère qu'il t'a apporté un regard différent sur ce que tu vis quand tu essaies de lâcher prise. Et arrêtons d'écouter les gens qui nous disent « Allez, c'est bon, lâche prise » . Ok. Merci encore pour ta fidélité et ton écoute. Je te dis à mercredi prochain pour un nouvel épisode.