Speaker #0Bienvenue dans Prends une pause, je suis Lugna, thérapeute psychocorporelle spécialisée en régulation émotionnelle. Ici, on explore le lien entre tes émotions, ton corps et ton système nerveux, parce que ce que tu ressens ne se joue pas seulement dans ta tête, ça vit aussi dans ton corps. Mon intention ici est de t'aider à ne plus te laisser submerger par ce que tu ressens, en apprenant à le réguler par le corps plutôt qu'à l'analyser sans fin, pour retrouver plus d'apaisement, de sécurité et de liberté. Aujourd'hui, on va parler d'un sujet qui me tient. profondément à cœur. Et je pense que ce que je vais te partager va peut-être changer la façon dont tu regardes certaines choses dans ton corps, justement. Alors, on parle souvent des émotions comme si elles étaient uniquement dans la tête, comme s'ils ressentirent quelque chose. C'était d'abord une affaire de pensée, de cognition, de mental. Mais ce que je veux t'expliquer aujourd'hui, c'est que les émotions ont une vie dans le corps, qu'elles s'y installent, qu'elles s'y stockent, et que ce que tu n'as pas exprimé à un moment donné, eh bien ton corps, lui, ne l'a pas oublié. Avant d'aller plus loin, Si ce podcast t'aide à mieux comprendre ce que tu traverses, je te laisse t'abonner. C'est un geste ultra simple qui m'aide vraiment à diffuser ce contenu à celles qui en ont besoin. Merci pour ça. Alors commençons par quelque chose de fondamental. Une émotion, biologiquement, c'est quoi ? Alors j'aime bien faire ce rappel vraiment pour qu'on se situe. Alors c'est une réponse de tout ton organisme à une situation. Alors c'est pas juste une pensée, c'est pas juste un sentiment, c'est quelque chose en fait qui mobilise ton corps entier. Ton rythme cardiaque qui va s'accélérer, ta respiration qui va changer, tes muscles qui se contractent ou se relâchent, tes hormones qui bougent. Vraiment, il y a tout qui se met en jeu. Et ça, on l'observe dès qu'on ressent quelque chose. Quand tu as peur, ton corps se prépare à fuir ou se défendre. Quand tu es en colère, une énergie monte, une chaleur, une tension, une impulsion d'agir. Quand tu es triste, quelque chose se contracte, se ferme, s'alourdit. Tout ça, ce sont des réponses physiques, concrètes, mesurables. Et ce que la recherche en neurosciences et en psychologie du corps montre, c'est que ces réponses ont besoin d'aller jusqu'au bout pour se compléter. Une émotion qui traverse le corps, qui s'exprime, qui se décharge, elle se résout, elle passe. Mais une émotion qu'on retient, qu'on va ravaler, qu'on met de côté parce que ce n'est pas le bon moment, parce qu'on ne peut pas se le permettre aussi, parce qu'on a appris que ce n'était pas acceptable de la montrer ou que sais-je, cette émotion-là ne disparaît pas, elle reste. Et elle reste où ? Dans le corps. Et pourquoi est-ce qu'on retient ces émotions ? Bien évidemment, ce n'est pas le fruit du hasard. Beaucoup de femmes que j'accompagne ont grandi dans un environnement où certaines émotions n'avaient pas leur place. La colère, par exemple, elle était trop dérangeante, trop violente, trop pas comme il faut, ça souvent je l'entends. La tristesse perçue comme de la faiblesse, comme quelque chose qui inquiète et qui va surtout inquiéter les autres ou qui les surcharge. La peur, elle est souvent minimisée, balayée d'un « c'est bon, c'est pas grave, t'inquiète pas » . Du coup, très tôt, ces femmes ont appris à faire quelque chose de très intelligent en réalité. Elles ont appris à contenir, à ne pas montrer, à ravaler, à mettre de côté pour plus tard. Mais ce plus tard n'est souvent jamais vraiment arrivé. Et ce mécanisme, on l'appelle la suppression émotionnelle. En fait, ce que la recherche montre de façon très claire, c'est que supprimer une émotion ne la fait pas disparaître. Elle demande au contraire un effort psychologique réel Une contraction musculaire, une retenue du souffle, une activation du système nerveux pour maintenir cette émotion en dehors du champ conscient. Et cet effort s'accumule jour après jour, année après année. Alors concrètement, comment le corps socle-t-il ces émotions non exprimées ? Les recherches en psychologie du trauma et toutes les approches psychocorporelles ont mis en évidence quelque chose de très intéressant. Le corps développe souvent des zones de tension chronique, des douleurs persistantes des inconforts qui ne s'expliquent pas uniquement par une cause physique. En fait, ce n'est pas une théorie abstraite que je suis en train de vous dire, c'est quelque chose d'observable, de documenté. Et je ne suis pas en train de dire que tel symptôme veut dire telle émotion, parce que je trouve que c'est trop réducteur, et franchement, je trouve ça inexact, parce que chaque corps est différent, chaque histoire est différente. En fait, ce qui se stocke... Où ça se stocke, comment ça s'exprime, c'est propre à chacune. Et ça, c'est important, parce que, vraiment, ne faisons pas de raccourcis, j'ai mal là, ça veut dire ça, ou c'est telle émotion, c'est dû à ça, etc. C'est, je trouve, vraiment trop réducteur par rapport à la complexité de l'être humain que nous sommes. En fait, ce que je veux dire, c'est que c'est quelque chose de plus large. Quand une émotion n'a pas pu s'exprimer, le corps fait ce qu'il peut avec, en fait. Il compense, il va adapter, il contient. Et cette contention permanente a un coût physiologique réel. Elle maintient ? En fait, ton système nerveux, dans un état d'activation de fond, c'est cette tension permanente, cette vigilance que tu ne comprends pas toujours, cette fatigue qui est là, même quand tu n'as rien fait de particulier, parce que le corps travaille en permanence pour maintenir sous contrôle tout ce qu'il porte. Moi, c'est ce que je vous dis souvent, c'est en arrière-plan. Tout se joue en arrière-plan, c'est tout ce qui n'a pas pu être libéré et exprimé. Et ce que beaucoup de personnes interprètent comme de l'anxiété, comme de la fatigue chronique, comme de la sensibilité excessive aussi, c'est souvent ça. Un corps qui est saturé de ce qu'il n'a pas eu la place de traverser. Et pas parce qu'il y a quelque chose qui ne va pas chez lui, mais parce qu'il a porté beaucoup, longtemps et souvent seul. Alors qu'est-ce qu'on fait avec tout ça, avec tout ce que je viens de vous expliquer ? C'est bien de comprendre, mais c'est bien aussi d'en faire quelque chose. Donc la première chose, c'est de changer le regard qu'on porte sur ces symptômes. La tension dans les épaules, les maux de tête chroniques, cette boule dans la gorge qui revient sans raison apparente, et même cette fatigue aussi inexpliquée, Ce sont... pas des dysfonctionnements, je tiens vraiment à insister sur ça, ce sont des messages. En fait, ton corps qui essaie de te dire quelque chose, qui attend d'être entendu. Et vraiment aussi, je tiens à être claire, ça n'empêche pas d'aller, bien évidemment, consulter, voir son médecin, parce que ce que tu ressens est réel, c'est pas dans ta tête. Mais en tout cas, garder en tête que, même s'il y a une part physique, physiologique, il y a aussi autre chose qui se joue. La deuxième chose, c'est de comprendre que la libération de ces émotions stockées ne se passe pas forcément par une longue analyse. On n'a pas besoin de tout comprendre, de tout expliquer, de remonter à la source de chaque tension. Le corps a ses propres voies de libération, et elles sont souvent plus directes que ce qu'on imagine. Parce que ce qui compte vraiment, c'est d'avoir un espace sécurisé pour le faire, pouvoir exprimer ce qu'on porte à quelqu'un qui écoute sans juger, avec une vraie empathie. C'est l'un des leviers les plus puissants qui existent, c'est d'ailleurs l'un des fondements de la thérapie. Et non pas parce qu'il faut passer des années à tout décortiquer, vraiment, ça j'insiste tellement sur ça je pense que depuis que tu me connais, mais parce que le simple fait d'être entendu, vraiment entendu, dans un espace de confiance, va permettre à ton système nerveux de relâcher ce qu'il maintenait sous contrôle. Et parfois quelques séances vraiment suffisent à amorcer quelque chose de profond. Et c'est pas une question de durée, c'est une question de... qualité de présence et d'espace sécurisé. Alors le mouvement aussi peut aider certaines pratiques comme le travail avec les tremblements, la danse libre, le yoga restauratif, la sophrologie, il y en a plein de pratiques, permettent en fait au corps de décharger des tensions stockées sans passer par le mental. En fait, le corps libère ce qu'il porte à travers le mouvement et c'est l'un des mécanismes les plus anciens, les plus naturels qui existent. La respiration aussi, une respiration profonde qui descend vraiment dans le ventre. Elle va là où les tensions sont stockées, elle crée une forme d'espace, elle permet à des émotions enfouies de remonter doucement à la surface dans un cadre aussi sécurisé. Et enfin, le simple fait de poser ton attention sur ton corps sans chercher à changer quoi que ce soit. Sentir une zone de tension, lui laisser de l'espace, l'observer avec curiosité plutôt qu'avec peur, c'est souvent suffisant pour amorcer quelque chose. Parce que les émotions stockées dans le corps n'ont pas besoin d'être comprises pour se libérer, elles ont besoin d'être senties. et parfois d'être enfin dite à quelqu'un qui peut vraiment les recevoir. Alors si ce que je viens de te partager résonne avec ce que tu vis, si tu te reconnais dans cette femme qui porte depuis longtemps, dont le corps parle aussi depuis un moment, sans qu'elle sache vraiment comment l'écouter, j'ai créé quelque chose pour toi. J'ai créé un week-end, un week-end immersif les 18 et 19 juillet qui s'appelle Ressentir. Donc ça va être au cœur des Landes, dans 125 hectares de forêt. C'est deux jours pour donner enfin à ton corps la place de s'exprimer à travers différentes pratiques, vraiment on a un programme varié et qui tourne autour du silence, le mouvement, la respiration et la nature parce que les émotions stockées ne se libèrent pas en les comprenant mieux. Encore une fois, elles se libèrent quand le corps a enfin l'espace et la sécurité pour le faire. Et c'est exactement ce que j'ai créé, ce que je crée dans cet espace. Alors si tu sens que c'est le bon moment pour toi, toutes les infos sont dans la description de cet épisode. Et si tu as des questions, bien évidemment, écris-moi directement, j'y répondrai avec grand plaisir. Et j'en ai terminé pour cet épisode. J'espère sincèrement qu'il t'a apporté un regard différent sur ce que ton corps porte et sur ce qui est possible aussi. Merci encore pour ta fidélité et ton écoute. Je te dis à mercredi prochain pour un nouvel épisode.