Speaker #0Il y a des moments où on change de chemin, des moments où on se remet en question. Du coup, arrêter de faire de la compète contre des compétiteurs, c'est vraiment dur. Et au moment de faire mes danses, je suis là et je regarde les juges, je regarde le public, je regarde mon danseur et je me dis « mais qu'est-ce que je fais là ? » Je n'ai pas envie de concourir, mais je sentais bien qu'en fait, j'avais un truc dans ma tête qui me limitait et qui me bloquait dans ma performance. Dans la danse, comme dans la vie. tout commence dans notre esprit. Bienvenue dans No Brain No Flow, le podcast des danseurs qui va au-delà de la technique pour explorer la danse sous un angle fondamental, celui du mental. Je m'appelle Marine Vallée, je suis préparateur mental spécialiste des sports d'endurance et de performances artistiques. J'accompagne principalement des danseurs internationaux dans l'évolution de leur carrière et de leur passion. Dans ce podcast, je partage les clés ici des séances de préparation mentale, des prises de conscience et tout ce que j'aurais aimé avoir comme ressource en tant que danseuse investie. Mon but ? Amener votre mental et votre danse à un tout autre niveau. Et pour y parvenir, je vous parle état d'esprit, gestion des émotions, concentration, résilience, motivation et confiance en soi. Soyez prêts à libérer votre potentiel et à transformer votre danse un peu plus à chaque épisode. Belle écoute ! Qui n'a jamais rêvé de gagner une compétition, d'atteindre la finale, d'atteindre le podium, d'atteindre la first place ? qui n'a jamais rêvé de réussir son audition, de ramener un profil à la maison. Dans le parcours de compétiteur, mais aussi dans le parcours de danseur, quand on fait de la compétition, on est très attaché au résultat. On est énormément attaché à nos objectifs qui vont nous valider que ce qu'on est en train de faire, c'est la bonne voie, c'est le bon chemin. Qu'on est en train de faire des efforts, que ce n'est pas pour rien, parce que concrètement, on a un résultat auquel se rattacher. Et ce qui est assez fou, c'est que j'ai réalisé une compétition il n'y a pas longtemps et j'ai remporté la première place. Et ce qui est dingue, c'est que... Oui, c'est super cool d'avoir fait la première place. Je suis trop fière, le travail y paye. Et en même temps, j'apprends tellement à mes athlètes et à mes danseurs de se détacher de résultats, que de promouvoir mon résultat, j'ai l'impression que ce serait en totale incohérence avec ce que je prône. C'est vrai parce qu'en fait, à l'intérieur de moi, je trouve ça hyper cool d'avoir la première place. Mais elle ne change pas ma vie. Elle m'apporte peut-être des choses en plus. Mais en tout cas, ce n'est pas ça. En fait, je n'ai pas envie que mon parcours se résume à une victoire et ou aux victoires que j'ai pu avoir. Parce que oui, c'est cool. Franchement, c'est trop bien. Mais il y a tellement tout un processus qui a été important là-dedans que j'ai envie de vous en parler dans ce podcast. Et d'ailleurs, dans cet épisode, je ne vais pas faire une analyse de la danse, une analyse de mon danseur, une analyse de l'événement. Ce n'est absolument pas l'objet du truc. Par contre, je vais vous parler de ce que j'ai vécu intérieurement, du processus que j'ai mis en place et de qu'est-ce qui s'est passé pour moi à ce moment-là et qui a fait que j'ai eu ce résultat-là. Pourquoi est-ce que je pense que c'est important que je vous le partage ? J'ai l'impression qu'à travers les témoignages et à travers le parcours des personnes, ça peut être inspirant, ça peut vous apporter des clés. Et surtout, avec mon statut de danseuse compétitrice, mais aussi de préparatrice mentale, j'ai l'impression que je me dois de vous partager un petit peu des choses pour que vous puissiez peut-être mieux vous comprendre, mieux me comprendre. Et ouais, peut-être grandir aussi vous dans votre parcours et vous dire « Ah ouais, moi aussi c'est ça. Ah ouais, non, moi c'est pas ça. » Et voilà, pour mieux se comprendre en tant que compétiteur et mieux se comprendre en tant que personne et voir qu'un chemin, c'est pas tout beau, tout rose. Il est pas... Merci. C'est clair que l'idéal, c'est de prendre un chemin qui est peut-être bétonné, qui n'est pas rempli de gabou, parce que c'est beaucoup plus agréable pour marcher. Mais souvent, il y a quand même pas mal de branches d'arbres sur le chemin. Il y a des moments où on change de chemin, des moments où on se remet en question. Et ça peut jouer énormément sur la compétition, sur nos performances, et puis sur nous-mêmes en tant qu'êtres humains. Donc voilà, si vous êtes ready, c'est parti. J'ai envie de vous emmener avec moi dans la rétrospective. de ma première place récente lors d'une compétition, parce qu'en fait, tout est allé vraiment vite, et en même temps, pas du tout. Tout est allé vite le jour J, et pourtant, le parcours que j'ai fait depuis un an, il est tellement semé d'embûches, tellement semé de remises en question, que je me dis, waouh, ça a été si long, et en même temps, si vite. C'est assez fascinant. Et je vais vous expliquer pourquoi. En fait... En 2024, j'ai beaucoup réduit le nombre d'événements que j'ai faits parce que je me suis formée encore plus à ce que j'avais envie de faire, formée en tant que préparatrice mentale. J'ai voulu développer des ateliers, j'ai voulu développer les accompagnements. et vraiment développer des choses pour pouvoir avancer dans mon entreprise et vous proposer des choses qualitatives. Et pour ça, il y a un moment donné où je me suis dit, Marine, il va falloir que tu mettes ta casquette de danseuse combattitrice de côté parce que tu ne peux pas tout faire dans la vie. Il y a un moment donné où il va falloir faire des choix et surtout, ce n'était pas des choix où je vais mettre des choses à la poubelle et je vais le regretter. C'était plutôt en cohérence avec là où je me sentais à ma place à ce moment-là. Je vous l'ai dit dans un précédent podcast, je crois dans le numéro 1, où j'ai fait 35 événements en moyenne par an. Ma fourchette basse de dépense par année, c'est 21 000 euros. Et je ne vous parle pas de ma fourchette haute parce que moi-même, elle me fait peur. Et en fait, je n'ai plus envie de faire ça. Et à l'heure actuelle, je préfère développer mon entreprise et développer des accompagnements qui soient adaptés à vous. parce que J'ai l'impression de vraiment savoir ce dont vous avez besoin. Et c'est pour ça que j'ai envie de vous parler de ce processus-là que j'ai eu en 2024. Parce qu'en fait, un, simplement, il a fallu que je remette en place mes priorités, qu'est-ce qui était important pour moi, et être OK avec le fait qu'on va faire moins de compétitions, on va faire moins de présence en événement, parce qu'à côté, j'ai besoin de développer XYZ. Et XYZ qui est donc mon entreprise. ma personne et ma spécialité. Et je vous le dis, ça a l'air super simple. Et en fait, ça n'a pas du tout été simple. Parce que je fais beaucoup de sport, j'ai couru des marathons, j'ai fait beaucoup de vélos de route, j'ai fait d'autres compétitions dans ma vie. Et sans déconner, j'adore ça, parce que le challenge envers moi-même, moi, si je fais du sport, c'est pour être meilleure demain, c'est pour être meilleure aujourd'hui, c'est pour me dépasser, c'est pour voir ma limite d'aujourd'hui. En fait, elle peut encore aller plus loin. Je peux encore la déplacer. Et du coup, arrêter de faire de la compète contre tes compétiteurs dans la tête, c'est vraiment dur. C'est dur parce qu'en fait, t'as l'impression de lâcher une partie de ton identité, une partie de toi-même, et c'est pas simple à accepter. Et pour autant, pendant le temps où j'étais en train de lâcher cette identité-là de compétiteur, j'étais en train de construire mon autre identité. qui est Marine, préparatrice mentale dans la danse, préparatrice mentale dans le haut niveau, qui accompagne les entrepreneurs et qui vous aide à vous développer, vous, et à développer votre potentiel et à débloquer tous vos blocages qui vous empêchent justement d'avancer. Comment est-ce que ça s'est traduit pendant les événements ? Parce qu'évidemment, j'ai continué à en faire quand même. J'étais présente sur les événements français et un peu moins, beaucoup moins même, sur les événements européens parce que j'ai fait un premier tri sur le volet. Je suis restée focalisée sur la France. Et le souci, c'est que j'ai pris des dossards sur tous les événements. Et je me suis rendue compte très rapidement que les dossards, je ne les prenais pas parce que j'avais envie de faire de la compète, mais je les prenais parce que j'avais l'habitude de faire de la compétition. Et que dans ma tête, c'était inconcevable d'aller sur un événement de compétition, donc WSDC, parce que du coup, je fais de la compétition en West Coast Swing. Et c'était inconcevable pour moi d'y aller et d'être là en mode... Bon ben, je suis juste sur le côté social, tu vois. Je ne fais pas de compétition et je ne prends pas de dossard. Et c'était impossible pour moi de ne pas en prendre. Genre vraiment, je me suis posé la question. Il y a beaucoup de moments où je me suis dit, Marie, ne prends pas de dossard, ça ne sert à rien, tu vois, si tu n'arrives pas à te mettre dedans. Parce que c'était ça, la conséquence. C'était que je prenais un dossard par habitude, je me présentais à la compète. Et en fait, j'arrivais à la compète, déjà, j'arrivais presque à la bourre. J'arrivais, je n'étais pas échauffée mentalement, physiquement. Parce que oui, on peut s'échauffer mentalement. J'avais mon dossard sur les fesses une fois sur... une fois sur dix, je pense. Franchement, j'étais absolument pas prête. J'arrivais pour faire mes danses et au moment de faire mes danses, je suis là et je regarde les juges, je regarde le public, je regarde mon danseur et je me dis, mais qu'est-ce que je fais là ? Et vraiment, je me suis remise en question à chaque fois où je me suis dit, plutôt que de payer en plus pour faire des danses, pourquoi tu ne restes pas en social ? Et vraiment, j'ai eu ce moment à plusieurs reprises où je me suis dit, j'ai l'impression d'être là en touriste et d'avoir rien à faire ici, en fait. Parce que je n'ai pas envie d'être là. Je n'ai pas envie de concourir. Et pourtant, je veux m'entêter à prendre un dossard. Parce que c'est dans l'habitude. Tu vois, tu arrives, tu fais le checking, tu prends ta chambre. Le bureau des inscriptions, il ouvre bientôt. Ok, d'accord, donc je redescends. Il y a les copains, tu prends un dossard, tu rigoles, tu remontes. Et puis, l'événement se déroule. Le samedi, tu fais tes compètes. Bim, bam, boum. Et en fait, tout est organisé de cette manière-là. Et donc, moi, dans ma tête, en plus, je suis assez carrée quand même. Et du coup, dans ma tête, c'est comme ça. Le métronome, il tic-tac. tic-tac, tout est organisé comme ça. Et du coup, c'était normal pour moi de le faire. Puis au bout d'un moment, je me suis dit, quand même, même sur tes vidéos, ça se voit en fait que tu n'as pas envie d'être là. Parce que magie, magie, mais la tête est connectée à notre corps et tout ce qu'on est en train de penser comme schéma de pensée, comme mot, comme phrase, tout ce qu'on est en train de se dire, a un impact direct sur notre faciès, sur nos mouvements, sur la rigidité ou la fluidité du corps, et donc du coup sur toute notre danse. Et ce qu'on exprime à ce moment-là est notre énergie. Et je le voyais bien, quoi. J'étais là, mais je n'étais pas là. Je n'avais pas envie d'être là. Et du coup, j'ai fait une longue recherche intérieure, clairement, sur pourquoi tu fais de la compétition, en fait. Parce que je n'étais plus connectée à mon pourquoi. Et franchement, ça a duré vraiment une belle année, où je me suis fait pourtant coacher dessus, où on m'a appris à faire moins, on m'a appris à être OK avec le fait de ne plus faire de compétition. Et en même temps, à l'intérieur de moi, c'était en dissonance, parce que j'étais en mode... « Ok, j'ai accepté de ne pas en faire. » Et en même temps, il y a une partie de moi qui ne veut pas l'accepter. Et donc, pour pouvoir vraiment juste me dire « Bon, si je ne l'accepte pas totalement, c'est que c'est quand même important pour moi. » Donc, pourquoi est-ce que c'est important pour moi ? Qu'est-ce que je vais chercher là-bas ? Je vous raconte ce processus parce qu'être connecté à pourquoi on le fait, pourquoi on danse, pourquoi on fait la compétition, en fait, c'est ton moteur principal. Si tu n'es pas connecté à ton pourquoi, c'est super compliqué de... d'aller faire quelque chose, tu vois ? Genre, pourquoi est-ce que je le ferais ? C'est quoi l'intérêt pour moi ? Quels sont les bénéfices ? Qu'est-ce que je vais y chercher ? Si je ne sais pas, je ne vais pas être autant motivée que si je sais pourquoi je le fais, tu vois ? Si j'ai une raison valable d'y aller. Et donc, moi, sans raison valable, j'étais là sans vouloir être là, tu vois ? Et donc, j'ai essayé plusieurs choses. J'ai essayé de me focaliser sur le résultat. J'ai essayé de me focaliser sur des choses factuelles. vraiment, allez, vas-y, on y va, on passe en finale. Bon, allez, vas-y, on y va et on essaye d'atteindre le top 5, le top 3. Et vraiment, focus sur le résultat. Et j'ai pu faire ça parce qu'en fait, avant ça, je me suis quand même fait former pendant six mois avec un champion où j'ai rebossé toute ma technique et vraiment, j'ai beaucoup progressé dans ma danse. Et je voyais bien que ma limite, elle n'était plus dans ma technique, entre guillemets, même si, je vous l'accorde, le waistcoast swing, on a toujours un truc à apprendre, on a toujours un truc à peaufiner. Et j'ai encore regardé mes vidéos et je me dis, bon, il y a encore ça, où Marine, tu pourrais faire encore plus, aller encore plus dans le sol, encore plus faire des mouvements encore plus grands, blablabla. Et donc ça, je le retire absolument pas. Mais juste, j'étais à un moment dans ma vie de danseuse où j'étais OK avec la technique que j'avais, mais je sentais bien qu'en fait, j'avais un truc dans ma tête qui me limitait et qui me bloquait dans ma performance. Parce que depuis que je suis advanced, j'en ai fait quand même pas mal des finales. Les finales où je ne passe pas, je sais qu'il y a un truc qui ne va pas. Parce que ça ne va pas, je travaille dans l'organisation et du coup je suis épuisée. Parce que ça ne va pas, je ne sais pas pourquoi je suis là. Et du coup, quand je ne suis pas connectée à mon pourquoi, je n'arrive pas à donner le 100% de moi. Ça ne va pas parce qu'en fait, dans ma famille, il y a eu des maladies. Il y a eu des circonstances qui font que dans ma tête, je n'arrivais pas à me concentrer ou à être dans la compétition. Et vraiment, factuellement, à chaque fois, je me souviens de mes compétitions, il y avait un truc qui n'allait pas. et du coup, je n'arrive pas à me donner. Et donc, une fois que j'ai bien bossé sur ma technique et que je me rends compte qu'en fait, ma limite, elle est vraiment dans ma tête, et c'est pour ça qu'en fait, je fais de la préparation mentale pour les danseurs, c'est parce que j'ai cherché longtemps ce que je n'ai jamais trouvé et donc, je vous ai conçu ce que moi, j'ai longtemps recherché et ça me tient énormément à cœur comme mission de vous accompagner dans vos compétitions, dans votre développement d'identité de danseur, dans votre parcours, dans votre carrière, que vous soyez... Petit compétiteur ou grand compétiteur, pour moi, il y a toujours un truc à travailler, surtout si on n'a jamais vraiment parlé de mental. Petit aparté fini. J'ai commencé à me faire coacher sur le sujet et ensuite à essayer de me reconnecter à mon pourquoi. Parce que mon pourquoi d'avant, je vais vous le dire, mais quand j'ai commencé la compétition dans la danse, mon but, c'était d'être meilleure. Pas d'être meilleure que tout le monde, d'être meilleure que moi à l'instant T où je compétitais. En fait, pour moi... La compétition, ça a toujours été un outil de progression. Ça n'a jamais été un outil de validation. La différence entre les deux, c'est que je n'avais pas besoin d'aller en finale ou de faire un podium pour valider la valeur que j'ai, la personne que je suis, valider le parcours que je suis en train d'entreprendre. Mais ça me servait à rentrer dans les clous des règles de la compétition, travailler avec le sol, avoir un beau stretch, faire de beaux mouvements, avoir la tête haute, avoir une belle posture, faire attention à son cadre. Ça me permettait d'avoir un chemin. tracé pour pouvoir donc rentrer dans les règles du West Coast et progresser techniquement dedans, en fait. Et ensuite, aller l'agrémenter avec d'autres trucs. Et c'est en ça que pour moi, l'outil de la compète, il est hyper puissant. C'est que je voulais être apte. Et ça, je me souviens, depuis que j'ai commencé la danse à deux, à partir du moment où ça a inclus un partenaire, mon but dans ma danse, c'était, je veux être capable de danser avec n'importe qui sur le dancefloor. En gros, un nouveau qui vient d'arriver, qui ne sait pas faire plus que trois basiques. Et en même temps, un all-star champion qui va te faire des trucs de ouf. Et du coup, qui te demande d'avoir de la réactivité, d'être présent, d'avoir une technique ultra développée. Et vraiment, c'était important pour moi de réussir à danser avec tout le monde parce que ça me montrait que j'avais vraiment développé la technique adéquate pour pouvoir répondre à n'importe quel type de, j'allais dire, de connexion, mais aussi de ce qu'on m'envoie, entre guillemets, ou ce qu'on me demande de faire. Et donc, une fois que tu as atteint un niveau avec lequel tu es OK, quand ton pourquoi est validé, c'est quoi l'intérêt pour toi de faire la compète derrière ? Puisque ta compétition est ton outil de progression. Tu n'en as plus besoin parce que tu as jugé que tu avais suffisamment progressé, que tu n'avais pas envie d'aller plus loin. Et donc, je me suis retrouvée sans savoir pourquoi je le faisais, tout en ayant quand même à l'intérieur de moi la partie de compétiteur qui a envie de le faire. Et donc là, je vais vous dire, il y a plusieurs possibilités. Donc un, je me suis fait coacher sur le fait de lâcher du lest, voire lâcher pris sur la compète. Et en fait, je me suis rendue compte que c'était possible et en même temps que je n'en avais pas envie. Et donc deux, c'était de travailler sur c'est quoi ton pourquoi, Marine ? Pourquoi tu le fais ? Pourquoi tu vas faire la compète ? Qu'est-ce que tu vas chercher là-bas ? Et je n'ai pas trouvé la réponse. Genre vraiment, je rame à trouver la réponse. À tel point que je me suis dit, si Marine ne t'arrive pas à te reconnecter à pourquoi tu le fais, ça ne sert à rien de le faire. Parce que quand tu prends un dossard, être là pour être là, c'est stupide dans mon jugement, dans ma tête, en tout cas dans ma carte du monde. Et si tu n'es pas capable d'être là et de donner le meilleur de toi, ou ce que tu as envie de donner, ben juste fais du social, tu vois. et sois là pour les personnes que tu coaches ou juste sois là et profite du spectacle. Jusqu'à un coaching récent qui m'a apporté un changement de perception qui était intéressant. Et c'est là de voir que quand tu es coach, c'est aussi hyper important de te faire coacher parce que ce que tu vois chez les autres, peut-être que tu ne le vois pas chez toi. Et en gros, ce coaching m'a amenée à réfléchir d'une manière différente. Donc pour résumer, c'était OK, tu ne sais pas pourquoi est-ce que tu le fais, du coup, tu ne veux pas le faire. Et en gros, c'est important pour toi d'être connecté à ton pourquoi, sinon tu ne le fais pas. Et je suis là, oui, c'est exactement ça. Et là, le coach me regarde et me dit, est-ce qu'on ne peut pas faire différemment ? Dans le sens où, cette fois-ci, on accepte que tu ne sais pas. C'est OK de ne pas avoir la réponse à ces questions. J'accepte que je ne sais pas pourquoi je fais de la compète. Et juste, tu acceptes ça. Et tu y vas quand même. Tu fais quand même ta compète. Et tu vois après. Parce qu'en fait, peut-être qu'après l'avoir fait, tout en étant ok, que tu ne sais pas pourquoi tu l'as fait, ça va t'apporter des réponses à cette question. Et ça m'a fait bugger, parce que je me suis dit, mais c'est complètement stupide comme vision du monde, comment je fais ? Et après, je me suis dit, en vrai, c'est hyper intéressant, parce que quand je processe l'info, je me dis, c'est intéressant de changer de perception à ce moment-là, et d'arrêter de se dire, il n'y a qu'une seule moyen de faire, qui est de savoir pourquoi je le fais, mais qu'il y a d'autres façons, effectivement, d'aller faire de la compétition et de se dire, OK, je ne sais pas pourquoi je le fais, mais tu sais quoi, je vais essayer, puis je verrai après, peut-être j'aurai des réponses, peut-être ça va apporter des trucs auxquels je ne m'y attendais pas. Et j'ai fait un parallèle avec ma vie d'avant, c'est-à-dire que quand je suis partie en voyage à travers le monde et que je suis partie vivre en Nouvelle-Zélande, j'avais des questions. J'avais des questions à l'intérieur de moi et j'avais besoin de réponses. Mais le voyage m'a apporté des réponses à des questions que je ne me posais même pas. Et ça m'avait trop surpris, tu vois, parce que... Il est clair qu'on est enfermé dans notre vision du monde. Et des fois, on pense à des trucs et on a des questions suivant ce qu'on pense, suivant notre culture, suivant notre expérience, notre éducation, les gens qu'on fréquente. Et plus on va avancer dans la vie et plus, en fait, notre carte du monde va s'agrandir. On va rajouter des choses dessus. Et du coup, on va se poser de nouvelles questions. On va avoir des informations nouvelles. Et c'est pour ça que quand elle m'a proposé de changer de perception, je me suis dit, OK, vas-y. Je crois que je peux l'essayer. Parce que je sais que dans ma vie passée, en plus, ça a marché comme ça, dans le sens où ça m'a surpris. Quand tu as des réponses à des questions auxquelles tu ne te posais même pas, c'est puissant. Et j'étais entre les deux, tu vois, parce que moi qui fonctionne vraiment, il faut savoir pourquoi je fais un truc, sinon je ne le fais pas. Du coup, j'ai dû accepter de faire un truc sans savoir pourquoi je le faisais. Et je t'avoue que quand j'étais à l'événement le vendredi, bon, j'ai fait ma pré-registration, puis au bout d'un moment, j'ai arrêté de réfléchir. J'ai été prendre mon dossard. Et je me suis dit, écoute, Je vais tester la méthode de ma coach. Je crois que je suis OK avec le fait de ne pas savoir parce qu'en fait, ça fait trop longtemps. Et pour moi, ça fait longtemps. Un an, c'est long. Ça fait trop longtemps que je ne sais plus pourquoi je fais la compète. Et donc, comme ça reste important pour moi, j'ai envie de jouer une autre carte. Et je vais jouer la carte de « c'est OK, je ne sais pas, allez, vas-y, on va voir » . Un peu comme quand tu te lances dans une relation, tu sens que ça peut être cool, tu ne sais pas ce que ça va être, mais tu y vas quand même et tu auras des réponses après. Et ça m'a permis d'arrêter de chercher. Un pourquoi qui, en fait, peut-être n'était pas le mien. Et donc, c'est très paradoxal tout ça, parce que je n'y suis absolument pas allée faire ma compète en me disant « Oh là là, il faut absolument que je passe en finale. Oh là là, il faut absolument que je fasse un podium. Ou oh là là, il faut absolument que je fasse une première place, sinon je suis vraiment une merde. » Et donc, lâcher cet objectif de résultat ou d'attente que les autres ont envers soi-même, être OK de ne plus savoir pourquoi est-ce que je le faisais. ça m'a permis d'y aller avec curiosité. J'ai pris mon dossard, je me suis préparée pour ma compète et j'y suis allée en mode, bon alors, qu'est-ce qui te fait vibrer Marine dans la compète ? Qu'est-ce qui te fait vibrer d'être là ? Plutôt que de me dire pourquoi, j'ai cherché concrètement, qu'est-ce qui me faisait kiffer ? En fait, je me suis dit, moi ce qui me fait kiffer, c'est d'arriver à me connecter à mon partenaire et surtout d'aller me connecter à moi-même et d'arriver... à exprimer ce que j'ai envie d'exprimer sur la musique, tout en écoutant ce que le partenaire est en train de me dire. Et de participer du coup à la conversation, de manière à être impliquée et être active et plus passive de la conversation qui est en train de se passer. Et du coup, ce que j'ai vécu en prélim, ce que j'ai ressenti, c'est quelque chose que je n'avais pas ressenti depuis si longtemps. Je me suis sentie présente, je me suis sentie à l'écoute de... mon partenaire de la musique et je me suis sentie acteur de la danse. J'étais là, j'étais présente et je n'étais pas dans ma tête. Je n'étais pas en train de me demander qu'est-ce que je foutais là. Et juste, je dansais quoi. Et je me souviens à une sortie de la danse, enfin des danses, et de me dire, mais c'est trop cool d'arriver à se reconnecter à ça. Et en fait, là, tout de suite, ça m'a dit, ah mais ça y est, je sais pourquoi je le fais. Je le fais parce qu'il y a quand même du plaisir à travers la compète et parce qu'en fait, j'ai réussi à me connecter à ce qui fait sens pour moi, qui est, dans un contexte de compétition, arriver à lâcher du lest sur l'objectif de résultat et juste se connecter à l'autre, se connecter à soi et d'exprimer. Et se connecter au plaisir. Se connecter à cet aspect de performance. Pouvoir performer sans se dire « il faut que je réussisse » , sans injonctions dans ta tête, ou « il faut que machin, il faut que truc » , juste de dire « ok, je suis là, je vais le faire, j'en verrai après » . Et franchement, ça a changé toute mon expérience. C'était assez incroyable. Et ça faisait vraiment longtemps que ça, je n'avais pas ressenti à quel point je pouvais être à ma place et ça pouvait donner du sens à ma danse, tu vois. Parce que l'ambiguïté qu'il y avait dans ma tête, c'était est-ce que je suis encore alignée ? Est-ce que c'est encore moi en fait ? Et du coup, je me rends compte que par la qualité de présence que j'ai eue, je l'ai pu vivre du plaisir, j'ai pu donner ce que j'avais à donner et j'ai pu vivre ce que j'avais envie de vivre. Et finalement, j'arrivais en finale du coup. Et au moment du spotlight, je décrète la même chose avec moi-même. Je me dis, ça sert à rien de se poser la question de pourquoi je suis là, puisque t'es là. Et ça sert à rien de se dire, bon alors dans la danse, il faut absolument que je mette ça, parce que c'est ça qui va faire des points, et blabla, et blabla. Et si mon leader il fait ci, moi il faut que je fasse ça. S'il y a un couac, et ben en fait, il faut que je réponde plutôt comme ça. Il faut que je me force à sourire. Et en fait, tous ces injonctions-là, j'ai fait un reset dans ma tête. Et je m'en souviens très très bien, parce qu'on regarde les gens danser, et là après, c'est un autre tour de passé, et on arrive sur le dance floor. Et là, je commence à avoir une phrase qui arrive dans ma tête, d'injonction, et je crois que je lui dis, ta gueule. Je trouve que vraiment, à ce moment-là, je fais un switch et je lui dis, c'est quoi ? C'est pas ton moment. Là, c'est mon moment à moi, où je me connecte avec lui et on va juste faire une danse qui va être cool, parce que j'ai envie de vivre un moment cool et ça va être trop bien, tu vois. Et le fait d'être capable, très rapidement, de switcher et de mettre de côté tes injonctions, eh bien, c'est hyper puissant parce que tu te reconnectes tout de suite à toi, à la personne avec qui tu danses, et juste ta performance avec cette personne. Et je me souviens être pleinement présente, mais genre vraiment, je crois que si je dois mettre un curseur, on n'est pas loin du 100% de présence sur la piste, sans penser à tout ce qu'il y a d'autre autour, à juste improviser avec la personne avec qui je suis. Et je crois que ça se voit même sur ma vidéo où je ne cherche même pas à aller chercher le regard du public. Je ne cherche pas à jouer avec l'aspect public. Et je pense que ça, c'est un truc qu'on va me dire, il faudrait peut-être le remettre parce que tu danses quand même pour le public, blablabla, t'es en spotlight. Mais là, à ce moment-là, les gars, c'est pas du tout ce que j'avais envie de faire. J'avais envie d'être 100% présente, de créer un moment qui était cool et privilégié et de me faire plaisir en le partageant. Et du coup, je vous assure que quand, au moment des awards, on nous appelle pour nous dire « Les gars, c'est vous la première place ? » J'étais choquée. Je ne m'y attendais tellement pas parce que je n'y suis tellement pas allée dans un objectif de « Il faut absolument que je gagne ou que je fasse un podium. » En fait, c'était vraiment paradoxal de gagner sans avoir participé pour gagner. Et c'est ça que j'ai envie de vous transmettre, c'est que ça fait longtemps que je me suis détachée du résultat. Et en même temps, il est tout le temps quelque part dans ma tête, parce que des fois, on t'attend, tu vois, on te le dit, on te dit « Oh là là, mais t'es toujours pas all-star, oh là là, mes machins, oh là là, mes trucs. » Et moi, je suis juste en mode « Laissez-moi tranquille dans mon parcours. » Et en même temps, c'est cool d'avoir des gens qui croient en nous. C'est hyper boostant, parce que l'effet des autres, l'effet du groupe, c'est trop bien. Ça te pousse. Vu que j'ai découvert le crossfit, qui est de s'entraîner avec un coach et un groupe, j'ai dépassé mes limites fois je ne sais pas combien. Ça n'a rien à voir. de bosser en groupe et avec un coach qui croit en toi versus bosser tout seul. Et pour ça, j'ai envie de dire merci à tous les gens qui croient en moi parce que ça me booste énormément et je trouve ça trop cool. Donc pour moi, la victoire factuelle qui est la première place, elle est improbable, mais elle est géniale parce qu'elle me fait énormément plaisir. Mais en fait, ce que j'ai envie de surligner, c'est l'état interne, mon état intérieur qui a rendu possible cette première place. en tout cas de ce qui était de ma partie de la performance, parce que j'ai juste lâché du lest. Et je me suis dit, j'ai envie de reconnecter à ce qui fait sens pour moi à ce moment-là. Et tu sais, j'ai envie de faire le parallèle avec le karting. J'ai fait une session de karting il n'y a pas si longtemps, pour ne pas dire hier. Et en fait, c'était intéressant parce que j'ai mon esprit de compétition qui revient vite. Et là, en fait, on double. Et pendant trois tours, je me... colle à la roue de celui qui est devant et je me dis il faut absolument que tu le dépasses Marine. Et du coup pendant trois tours je suis hyper focalisée en mode je me répète dans ma tête il faut que tu le dépasses, il faut que tu le dépasses, trouve comment faire, dépasse-le et je suis focalisée sur lui et sur sa voiture. Et au bout d'un moment je me dis oh là là, mauvaise stratégie. Je sais pas pourquoi, je crois que c'est mon côté préparateur mental qui revient qui me dit la stratégie de se focaliser sur le résultat qui est de dépasser l'adversaire, je suis pas sûre que ce soit la plus pertinente. Et très vite, je switch en mode, non, tu es tellement focus sur ton... Je vais dire sur mon partenaire, mais je suis tellement focus sur le dépassé que je n'arrive plus à être focalisée sur la route, où est-ce qu'elle va, ma technique de conduite. Et du coup, ça empathie parce que je me rends compte qu'il y a des coups de frein que je mets, il y a des dérapages que je fais que je n'aurais pas fait si j'étais concentrée sur ma technique de conduite à moi pour pouvoir mettre toutes les chances en place de doubler la personne avec qui je faisais le karting. Et donc, ce refocus, c'est-à-dire qu'au lieu d'être dans un tunnel et de se dire « il faut que je dépasse, il faut que je dépasse » , j'ai ouvert mes œillères et je me suis dit « ok, oublie qu'il faut que tu le dépasses, qu'est-ce qu'il faut que tu mettes en place pour réussir ta course et que tu ne regrettes pas ce que tu as fait et que tu profites du plaisir à l'instant T, que tu sois à 100% présente ? » Eh bien, c'était de relever la tête, de regarder loin où allait la route, d'anticiper les virages et de me reconcentrer sur qu'est-ce que je pouvais mettre en place dans ma conduite pour avoir un truc. qui fait que ça fonctionne. Au final, je l'ai dépassé et j'ai gagné. Et c'est pour ça que j'avais envie de vous en parler dans ce podcast. C'est qu'on est tellement parfois obsédé sur le résultat, qu'on oublie le chemin, qu'on oublie le processus et qu'on oublie tout ce qu'on met en place pour justement aller atteindre ce résultat. Parce que c'est cool d'avoir un objectif de résultat, parce que c'est ça qui maintient aussi notre motivation. Si je n'avais pas de résultat à atteindre... Par exemple, si je fais un marathon juste pour faire un marathon, oui, c'est cool. Mais le fait d'avoir un objectif de chrono qui est d'aller en dessous des 3h45 ou des 3h30, je t'assure, ça me booste dans mon entraînement. Et quand je ne suis pas motivée, je me rappelle de ça, de ce que je veux. Donc là où je veux vous appuyer, c'est avoir un objectif de résultat. C'est important pour votre motivation, c'est clair et c'est trop bien. Ça vous permet d'avoir une vision à long terme. Mais n'oubliez pas vos objectifs de processus. N'oubliez pas le chemin qui va vous mener à ce résultat. Ça va demander du temps, ça va demander de la patience, ça va demander d'apprendre des nouvelles choses, ça va demander de l'inconfort. Mais c'est ça qui va vous permettre de grandir et d'aller atteindre ce résultat. Ou peut-être d'atteindre un autre résultat, parce que c'est aussi OK de changer de parcours. Moi, je te dis, pourquoi il a évolué avec le parcours dans ma danse ? Et c'est OK. De toute façon, on est humain. Tout évolue quand on grandit. Tout évolue quand on vieillit. valable hier n'est peut-être plus valable déjà aujourd'hui et ne sera peut-être plus valable non plus demain. Voilà, on arrive à la fin de cet épisode. J'ai beaucoup parlé de mon expérience et j'ai vraiment voulu insister sur le processus qui était mis en place pour que vous vous rendiez compte que résultat, c'est différents processus. mais l'un ne va pas sans l'autre, surtout quand on a envie de faire de la compétition, quand on a envie de se dépasser, quand on a envie d'être meilleur. Et du coup, j'ai une question pour vous, pour toi, cher auditeur. Pose-toi la question de pourquoi est-ce que je le fais ? Essaye de te souvenir, qu'est-ce qui est important pour toi ? Pourquoi tu le fais ? Et si tu n'as pas la réponse, ce n'est pas grave. Peut-être que tu auras la réponse après coup. Et du coup, pour ça, pose-toi peut-être une seule intention. Pour ta prochaine compétition, pour ton prochain entraînement, choisis une intention que tu vas choisir d'honorer. Ça peut être apprendre à gérer mon stress, ça peut être danser dans l'instant présent, faire taire la petite voix dans ma tête, arrêter de mettre de la pression, ne plus penser à l'objectif mais penser à la danse. Qu'est-ce que je peux faire tout de suite maintenant ? Me mettre dans une bulle et ne plus penser au regard des autres. Pose une intention et vois la différence que ça peut avoir sur ta danse. Voilà, je m'arrête là. Donc, si cet épisode t'a parlé, si ça t'a apporté des clés, si t'as trouvé ça intéressant, laisse 5 étoiles sur la plateforme où t'es en train d'écouter cet épisode. Ça m'aidera à faire connaître le podcast et surtout, partage-le à un danseur qui a besoin d'entendre ça aujourd'hui. Et n'oublie pas, je suis aussi disponible sur Instagram, sur Facebook. Envoie-moi un message et on peut parler de ça ensemble. Je suis très ouverte à la conversation, il n'y a aucun problème. Et peut-être qu'on pourra voir aussi comment améliorer ta danse, comment aller plus loin dans ton cheminement. et en attendant je te souhaite une très belle continuation je te dis à très bientôt sur les pistes prends soin de toi à plus tard ciao ciao