Speaker #0J'ai vraiment été choquée de voir à quel point les gens ne sont pas accompagnés dans la gestion de la frustration, dans la gestion de la compétition, dans plein de choses qui font qu'il y a des dévers et des travers. J'avais besoin de comprendre, si je me mettais dans un état d'esprit particulier, comment est-ce que ça allait impacter ma danse et mon mouvement. Léon Marchand ne s'est pas dit « tiens, je vais me faire de la préparation mentale la veille des Jeux Olympiques » . Non, il s'y est pris des mois et des mois avant. Je ne cherche pas à former des compétiteurs purs et durs. Je cherche à... Dans la danse comme dans la vie, tout commence dans notre esprit. Bienvenue dans No Brain No Flow, le podcast des danseurs qui va au-delà de la technique pour explorer la danse sous un angle fondamental, celui du mental. Je m'appelle Marine Vallée, je suis préparateur mental spécialiste des sports d'endurance et de performances artistiques. J'accompagne principalement des danseurs internationaux dans l'évolution de leur carrière et de leur passion. Dans ce podcast, je partage les clés ici des séances de préparation mentale, des prises de conscience et tout ce que j'aurais aimé avoir comme ressource en tant que danseuse investie. Mon but ? Amener votre mental et votre danse à un tout autre niveau. Et pour y parvenir, je vous parle état d'esprit, gestion des émotions, concentration, résilience, motivation et confiance en soi. Soyez prêts à libérer votre potentiel et à transformer votre danse un peu plus à chaque épisode. Belle écoute ! Dans cet épisode, j'ai envie de répondre à une phrase que les All-Stars et les champions m'ont répétée beaucoup de fois au cours de l'année 2024. Et c'est la suivante. Marine, j'ai peur que la communauté West Coast Swing devienne ultra compétitive, surtout si tu y ajoutes la notion de préparation mentale. Je trouve cette phrase fascinante et c'est marrant de voir à quel point elle est revenue très souvent dans mes oreilles. Et donc j'ai envie de discuter tout ça avec vous maintenant. Je vais commencer avec une histoire personnelle que je vais vous raconter là. Donc moi je danse depuis 2015 le West Coast Swing et j'ai commencé la compétition en 2016. C'était naturel pour moi de m'inscrire en compétition parce que depuis toujours je suis extrêmement sportive, j'ai fait beaucoup de sports différents, j'adore la compétition, j'adore le challenge. Pour moi, participer à une compétition, ça veut dire progresser. En fait, c'est apprendre de cette compétition, mettre les moyens en œuvre pour pouvoir grandir, pour pouvoir performer, pour pouvoir m'améliorer. Et vraiment, c'est ma définition de la compétition, c'est je fais une compétition envers moi-même, avec des personnes qui me servent de référence, c'est-à-dire que les gens très très forts, c'est des gens qui vont m'inspirer beaucoup et qui me montrent en fait ce qu'il est possible de faire. Puisque si je restais concentrée que sur moi-même et que je ne faisais pas de compétition entourée d'autres compétiteurs, ce serait un peu plus complexe de savoir jusqu'à où est-ce que tu peux pousser ton corps et ton mental. Et moi, j'adore ça et c'est hyper stimulant dans le sport de pouvoir justement se confronter à soi-même, se confronter aux autres. Et ça permet de grandir en tant que sportif, mais aussi en tant qu'être humain. Et j'ai appris énormément de choses à travers le sport et ça m'a apporté beaucoup, beaucoup de choses, ce qui fait que je suis la personne que je suis à l'heure actuelle. Dans le monde du West Coast, du coup, naturellement, je me suis inscrite à ma première compétition, donc Newcomer, en 2016. C'était au West in Lyon, vous pouvez le retrouver sur le tableau de bord du WSDC. Et j'étais très surprise de voir à quel point on n'est absolument pas accompagnés. C'est-à-dire qu'il est très facile pour toi d'aller t'inscrire à ta première compétition, de prendre un dossard et de n'avoir personne qui est là pour te raconter comment est-ce que ça va se passer, quelles sont les règles, qu'est-ce qu'on attend de toi, quel est le format, avec qui est-ce que tu vas danser, est-ce que les musiques, tu les connais ou tu ne les connais pas, où est-ce que se fait le marshalling. Et en fait, tu n'as vraiment personne qui t'accompagne là-dessus. Donc, heureusement, la communauté est bienveillante. Et tu connais souvent les copains ou alors des gens qui t'ont accompagné, tes professeurs qui, du coup, t'accompagnent dedans. Et je pense que c'est aussi effectivement le rôle du professeur dans une école locale ou une association locale qui a des élèves qui participent à des événements internationaux à point. Mais je pense que c'est aussi la responsabilité, peut-être des fois, des événements de mettre en place quelqu'un qui pourrait justement accompagner, ne serait-ce que les newcomers, ou alors de clarifier certaines choses au niveau des règles. lors de la compétition et ce qui va être attendu. Outre ça, ce n'est pas ça que je voulais débattre. Ce que je voulais débattre, c'était surtout, j'ai été choquée. Et je me souviens comme si c'était hier de ce tout premier événement de danse à point. J'ai vraiment été choquée de voir à quel point les gens ne sont pas accompagnés dans la gestion de la frustration, dans la gestion de la compétition, dans plein de choses qui font qu'il y a des dévers et des travers. J'en ai fait pas mal avant le Covid. Les événements où les gens boivent de l'alcool, les gens crachent sur les autres parce qu'ils ne sont pas passés, les autres sont passés, crachent sur les juges. En fait, j'ai trouvé cette ambiance extrêmement nocive et extrêmement toxique, pas saine du tout. Et ça m'a beaucoup impactée parce que ça m'a amenée à me questionner de... Je ne comprends pas l'aspect de la compétition et quel est son but, en tout cas dans cette communauté. Parce que du coup, il n'y avait même plus l'aspect de... On fait des compétitions, on se pousse et on va essayer de donner le meilleur de nous-mêmes. Ça passe, ça ne passe pas. C'est un fait, on va essayer de se remettre en question. Mais c'était surtout, on remet la faute sur l'autre. Et il n'y avait aussi aucune gestion des émotions, donc frustration, aucune résilience. Je pouvais voir des personnes qui mettaient leur argent à la poubelle parce qu'ils n'étaient pas passés en prélim et qu'ils passaient tout le week-end à pleurer dans la chambre ou alors à ne pas pouvoir profiter des copains parce qu'ils étaient trop mal, à ne pas pouvoir se réjouir pour eux, à ne pas descendre pour regarder le reste des compétitions. Enfin bref, l'argent était vraiment mis à la poubelle à ce moment-là. Et ça m'a beaucoup choquée. Et donc... c'est à ce moment-là que j'ai su qu'il fallait faire quelque chose au sein de la communauté et que je ne suis pas persuadée que ce soit la préparation mentale qui va rendre la communauté de danse compétitrice. Je pense que dans notre danse, il y a cet aspect-là de la compétition, mais qu'il y a un énorme manque d'accompagnement des danseurs au sein de la communauté et que c'est vraiment quelque chose qui est nécessaire parce que même dans la vraie vie, on ne nous a pas appris à gérer nos émotions. C'est pas à l'école qu'on nous a appris à gérer la frustration, c'est pas à l'école qu'on nous a appris à gérer, à avoir une meilleure concentration, à gérer sa bulle, où on nous a appris qu'un échec, ça faisait partie du process. Moi, je me souviens plutôt que la culture, c'était ce qu'on nous mettait dans la tête, c'était si tu réussis, c'est que t'es brillant, ou t'es talentueux, ou alors t'as beaucoup travaillé, mais si tu ne réussis pas, c'est que t'es un flemmard, c'est que t'es nul, c'est que t'es mauvais, c'est que t'es pas fait pour ça. Or, c'est pas du tout cet état d'esprit-là qu'il y a dans le sport. Si tu ne réussis pas, il peut y avoir plusieurs facteurs qui expliquent pourquoi tu n'as pas réussi. Pas juste, tu es nul. Je trouve ça très réducteur de dire à un individu tu ne réussis pas une compétition, donc tu es mauvais, tu es nul, ta place n'est pas là, tu devrais arrêter de danser. Et vous savez que j'ai vu des copains qui arrêtaient de danser parce qu'ils ne savaient pas comment gérer la frustration, la tristesse et la déception suite à une compétition qui s'était mal passée. Et du coup, ils arrêtaient tout simplement de danser. Et ils s'y sont remis tranquillement, mais en commençant par des événements sociaux ou des soirées locales. Mais ils n'ont pas été travailler l'aspect de la compétition. Et du coup, quand je discute avec eux, il y a toujours ces gros ressentis négatifs qui sont à l'intérieur d'eux et qui ne sont pas été évacués ou compris, digérés et qui font qu'ils ne vont pas recommencer la compétition demain. Pourquoi est-ce que je dis ça ? Parce qu'en fait, ça me permet de faire le lien avec le mental. Dans la performance sportive, parce que oui, la danse, ça reste un sport. En plus, il y a de la compétition, donc c'est un sport à part entière. Donc dans la performance sportive, il y a quatre piliers. Un peu comme les quatre piliers d'une chaise, le pilier physique. Donc on travaille énormément le physique parce qu'en plus, c'est ce qu'on voit. Et donc, il est très facile de se dire j'ai une forme physique qui est OK, pas OK. Il faut que je travaille ou je suis en forme physique plus, plus, plus et c'est trop bien. Donc on a cet aspect physique. Ensuite, on a l'aspect technique. carrément nécessaires dans notre danse et dans le West Coast, qui est une danse très complexe et très technique. On a ensuite l'aspect qui est tactique, qui est plus ou moins développé, en fonction de quelle stratégie est-ce que je vais développer pour aller gagner mes points, pour grandir en tant que danseur, pour avoir de la visibilité parce que je suis prof. Je ne sais pas, il pourrait y avoir tellement de choses au point de vue tactique que je ne vais pas toutes les énumérer. Et il y a le quatrième pilier, et c'est le mental. C'est la chose qui est le moins travaillée dans la danse. Et dans le sport en général, il est beaucoup plus accepté, de plus en plus j'ai envie de dire, parce que c'est vrai qu'il y a beaucoup de sportifs qui n'en parlaient pas jusqu'à maintenant. J'ai l'impression que depuis 2024, et même les quelques années depuis 2020, on commence à vraiment parler de la santé mentale du sportif et des accompagnements qu'il réalise, et ça devient de plus en plus ok. Et dans la danse, on ne parle absolument pas de mental, et pour moi ça c'est un gros problème, parce qu'il y a un gros déni sur l'impact du mental dans la performance, Et oui, j'utilise le mot... performance parce que se pointer sur un dancefloor pour faire une prélim ou pour faire un spotlight ou pour faire un allskate c'est une performance en fait. On vient faire une performance sportive de danse pour essayer d'atteindre un podium, un certain résultat, des objectifs. Donc ce serait contre nature de dire que non, ce n'est pas une performance. Et là où je serais au cas de ne pas appeler ça une performance, ce serait s'il y avait une congruence dans le discours de certaines personnes, à savoir je m'inscris parce que c'est fun et je suis avec les copains, que je perde, que je gagne, ça ne change rien à ma vie. les résultats, c'est qu'ils perdent. dans le sens où ils ne sont pas en prélim. Effectivement, ça ne change rien à leur vie et à leur état interne. Ce n'est pas important. Ils kiffent quand même leur week-end. Mais ce n'est pas du tout ce que je vois dans la vraie vie. Dans la vraie vie, on se dit ce n'est pas important, je m'y suis inscrit parce que le copain m'a forcé ou parce que je veux être avec les copains. Mais dans le résultat, c'est de la frustration, c'est de la déception, c'est de la tristesse, c'est de la colère, c'est énormément de ressentis et de sentiments à travailler par la personne qui le subit. D'ailleurs, c'est ça, elle subit ses émotions à cet instant-là et elle ne sait pas quoi en faire parce qu'elle n'a pas appris à les gérer. Le Whisco Swing, c'est une danse qui est ultra sociale, c'est clair, il n'y a aucun doute là-dessus. Mais à partir du moment où tes compétitions les empiètent sur ton social, c'est là où moi je me pose des questions. Je me dis, tu ne peux pas participer aux compétitions et ne jamais aller danser en social si c'est ce que tu aimes. Parce qu'à la base, pourquoi est-ce que tu danses ? D'ailleurs, je vais le redire lentement. À la base, pourquoi est-ce que tu danses ? Est-ce que c'est parce que direct, tu t'es dit je veux faire des compétitions et être le ou la meilleure ? Ou est-ce que c'est parce que t'adores les soirées, bouger sur la musique, apprendre les sensations, la connexion, rencontrer des gens, parce que c'est une danse à deux ? Quel est ton pourquoi ? Il est important de s'en souvenir au moment où tu vas faire la compétition. Il est aussi important de se souvenir, c'est pourquoi est-ce que je fais la compétition ? Pourquoi est-ce que je décide d'accrocher un dossard sur mes fesses ou sur mon dos ? Parce que si tu ne te rappelles pas de ce pourquoi-là, il est très facile de faire l'amalgame et de tout mélanger. Et à ce moment-là, de ne plus séparer qui tu es entre l'individu tel quel, l'être humain, l'individu danseur, l'individu compétiteur. Et du coup, le jour où tu as un échec ou que tu ne passes pas en prélim, comment j'arrive à dissocier tout ça pour que je ne crois pas que moi égale pas de prélim, égale nul, mauvais. Je ne suis pas à ma place, il faut que je change de pratique. Je suis un être humain mauvais. et ça souvent C'est le schéma de pensée que je vois quand je discute avec les compétiteurs et ça me fait du mal. Ça me fait du mal aussi à votre porte-monnaie parce que... Combien il t'a coûté ton week-end ? Il t'a coûté, on est d'accord, entre 300 et 600, 700, 800 euros pour les plus chers. Tu sais, je sais ce que c'est. J'ai fait entre 30 et 35 événements par an depuis 2021. J'en ai lâché de la thune dans la communauté, dans les compétitions, dans les soirées, dans les événements, énormément. Donc je sais ce que c'est et j'ai vécu aussi beaucoup de sentiments et de ressentis différents, ce qui me permet d'en parler énormément. Je suis hyper à l'aise avec parce que j'ai expérimenté les choses pour mon expérience personnelle, mais aussi parce qu'il n'y a pas d'article scientifique sur tout ça. Et du coup, j'avais besoin de comprendre. J'avais besoin de comprendre si je me mettais dans un état d'esprit particulier, comment est-ce que ça allait impacter ma danse et mon mouvement. Et le fait de ne pas savoir comment gérer mon stress, le fait de me mettre dans un stress qui est beaucoup trop. haut par rapport à la performance que je veux réaliser, ou le fait de me mettre dans un niveau de stress beaucoup trop bas, tout ça, ça impacte mes mouvements, ça impacte mon schéma de pensée qui impacte mon énergie, à quel point ma posture est jolie ou pas, à quel point je vais être engagée, à quel point je vais être précise, à quel point je vais être musicale, à quel point je vais être connectée à mon partenaire. Et en fait, tout ce qui se passe dans ma tête à ce moment-là impacte énormément ma danse. Et outre ça, est-ce que je suis dans un bon mood ou pas du tout ? Est-ce que j'ai rencontré quelqu'un qui me donne des papillons dans le cœur et du coup, je le sens comme une énergie vraiment très, très forte et j'ai trop envie de danser ? Ou est-ce que j'ai appris que mon papi avait un cancer ? Ou je viens de me faire laguer ? Ou j'ai perdu mon chat ? En quel cas, ma danse n'a plus du tout la même tête. Et je pense que c'est important, à partir du moment où on fait de la compétition, d'accepter que c'est une compétition. Et il y a des choses à savoir quand on fait de la compétition. À différencier l'individu tel quel de l'individu qui compétite. Aussi, apprendre à gérer ses émotions, apprendre à gérer le stress avant compétition, comment créer sa bulle, comment rester concentré, comment transformer le stress négatif en stress positif. Comment est-ce que je vais gérer le regard de l'autre, en tout cas les juges ou le public ? À quel point est-ce que je vais être résilient dans ma danse ? C'est-à-dire être résilient, comment est-ce que je rebondis après une erreur ? Parce que ce n'est pas parce qu'on a fait une erreur, alors que ça ne fait que 16 ans qu'on a commencé la danse. qu'il faut abandonner la danse. Non, il faut rebondir, il faut se reconnecter, il faut se reconcentrer, il faut performer, il faut produire, entre guillemets, une danse qui est potable sur la 1 minute 30 que tu as à faire parce que rien n'est perdu. Comment est-ce que j'arrive à me reconcentrer rapidement ? Comment est-ce que j'arrive à bien équilibrer mes émotions, la connexion ? Comment est-ce que j'arrive à me nourrir des réactions positives ? Voilà, c'est tout ça, en fait, qui est important quand on fait de la compétition en danse. Et c'est de la danse, donc tout est visuel. Ça va être important de voir la technique que tu as et que tu es capable de montrer à cet instant-là la musicalité, de montrer toute l'intelligence de ta danse. Mais ce qu'on ne voit pas, c'est le mental. En revanche, ton mental, il y a toute l'énergie qui s'en retranscrit derrière. Je ne sais pas si tu t'en rends compte pendant que je t'explique tout ça, mais en fait, le but de la préparation mentale dans la danse, en tout cas, mon but à moi, c'est d'accompagner le danseur. C'est vraiment de vous accompagner. dans votre progression de West Coast Swing, vers les objectifs que vous avez envie d'atteindre, de vous défaire de vos peurs, de vos blocages, de les identifier, de mettre de la lumière dessus, de vous faire vous sentir mieux, de vous faire reconnecter à vous-même en tant qu'être humain, d'identifier qui vous êtes en tant que danseur, quelles sont vos valeurs. En fait, il y a vraiment tout ça qui fait que je ne cherche pas à former des compétiteurs purs et durs. Je cherche à former, à accompagner des êtres humains qui vont pouvoir dealer avec tous les aspects de la compétition parce que Ça n'existe pas parce qu'on ne nous l'apprend pas, on ne nous l'a pas appris. Et parce que la marine de 2016, qui a fait son premier événement, aurait adoré avoir ces workshops-là, aurait adoré avoir un accompagnement mental pour pouvoir poser des questions à quelqu'un qui est expert dans cette danse, qui aurait pu m'accompagner, qui aurait pu m'expliquer, qui aurait pu me coacher. Parce qu'avec le coaching mental, ce qu'on peut, c'est aller creuser vraiment profondément aux racines. Ce n'est pas faire une séance de psy. Non, c'est je viens te pousser pour aller là-bas. Et en même temps, On va aller comprendre ce qui te bloque à cet instant-là et débloquer ces choses-là de maintenant pour que demain, ça aille mieux. Et d'ailleurs, dans préparation mentale, il y a le mot préparation. C'est-à-dire qu'on vient préparer à la compétition. Ce n'est pas comme un court-part que tu prends pendant un week-end et tu peux le mettre en place dans ta danse le soir, même lors du social. Non, la préparation mentale, c'est quelque chose qui est dans la tête, qui a besoin de faire un processus de réflexion, qui a besoin d'être travaillé mentalement. Et c'est pour ça que ça se fait en amont des compétitions. D'ailleurs, si tu regardes dans les autres disciplines, je vais prendre Léon Marchand, il ne s'est pas dit tiens, je vais faire de la préparation mentale la veille des Jeux Olympiques. Non, il s'y est pris des mois et des mois et des mois avant. Et je suis encore gentil, je crois que je pourrais parler en termes d'années. Donc la vraie question, ce n'est pas est-ce que la préparation mentale va rendre la danse West Coast Swing plus compétitive ? Pour moi, la vraie question, c'est est-ce que le West Coast Swing n'est pas en train de prendre un vrai virage dans le sens où la compétition est en train de prendre le pas sur l'aspect social ? D'ailleurs, il y a même un questionnement que je me pose pour avoir travaillé auprès d'énormément d'organisations, d'événements et d'organisateurs. Ma question que je me demande, c'est quel est le taux de survie d'un événement qui n'est pas labellisé WSDC ? Parce qu'en fait, il y a même des événements WSDC qui n'ont pas une qualité de dingue. Pourtant, parce qu'il est labellisé, parce qu'il promet des points, les compétiteurs font le déplacement et mettent l'argent dans ce déplacement-là. Chose qu'ils ne feraient pas s'il n'y avait pas écrit WSDC sur l'étiquette. En plus de ça, depuis l'après-Covid, la communauté, elle, l'explose. Et en tant que professeur de danse à Paris, sans faire de communication, on a rempli les cours de danse sans aucun problème. Donc avec toute cette communauté de danse qui grossit dans le West Coast, tout l'intérêt que les gens commencent à porter à la compétition, l'investissement, et encore, ce n'est pas un investissement quand on met dans les compétitions, mais tout l'argent qui est dépensé dans les compètes et tout ce qui va être recherché à travers ça, Pour moi, il y a un aspect... dans l'OSCO ce qu'on ne peut plus nier, on ne peut plus nier que la compétition, elle est importante. Et c'est pour ça que j'ai envie d'accompagner, c'est pour aider à mieux vivre tout ça, se reconnecter au pourquoi je danse, pourquoi je fais la compète, qui est-ce que je suis, comment est-ce que je gère mon stress le jour J, comment est-ce que je gère ma concentration, tout ce que j'ai pu te dire avant, pour moi c'est des aspects qui sont ultra importants, qu'on n'a pas appris à l'école, qu'on nous apprend pas dans la vraie vie, et qu'on nous apprend pas non plus avant de nous donner un dossard dans les mains, même si quelque part c'est toi qui l'as payé et l'as choisi. Et je pense que c'est ultra important et que c'est ce qui fait la différence entre juste je danse, juste je danse, et je danse libérée de mes peurs, libérée de mes poids, libérée de mes chaînes, en sachant qui je suis, pourquoi je suis. Et moi, je sais que je vais te repartager une petite histoire pour finir le podcast. Pendant le Covid, je n'ai absolument pas pratiqué le West Coast. J'ai été enfermée du mois de mars et mon premier événement que j'ai refait, ça devait être le West Tipping City, je pense. où j'ai fait une première place en inter. Et pendant tout le confinement, je n'ai pas du tout pratiqué. Par contre, j'ai fait énormément de danses solo, j'ai fait énormément de travail sur moi-même. J'avais pris la décision de me former en tant que sophrologue, donc j'avais fait un gros travail de fond sur ma personne. Et le jour où j'ai remis les pieds sur un parquet de danse, je me suis sentie complètement différente. J'ai pu m'exprimer, j'ai pu danser comme j'en avais envie. J'ai senti que je n'avais plus peur de faire des mouvements. J'ai senti que le regard des autres m'importait tellement plus. Alors qu'avant, je sais que j'avais comme une petite lumière qui était dans ma tête et qui te dit, il y a machin qui te regarde, et si Bidule te regarde, qu'est-ce que va penser machin chose ? Et ça, c'est horrible de danser avec ces pensées parasites-là. Il y a les juges. J'ai fait ça. Et puis, le pire, c'est que tu es connecté à un autre être humain. Mais si je fais ça, est-ce que ça va lui plaire ? « Ah mais si je fais ça, est-ce que je hijack pas la danse ? » Et du coup, il y a tout ça qui se posait comme question que je n'ai plus eu après. En tout cas, les questions que je me posais étaient beaucoup plus constructives que limitantes. Et ça a changé ma danse. Et ça, on me l'a dit. Après le Covid, on est venu me voir en me disant « Oh, mais Marine, mais t'as dû bosser de dingue pendant le Covid ! » Et le pire, c'était de dire non aux gens. Parce qu'en fait, ce qu'ils n'ont pas compris et ce qui est super compliqué à expliquer, c'est que c'est pas ma pratique technique qui m'a fait changer ma danse. C'était tout le travail mental que j'avais fait. Alors oui, après, je me suis fait former techniquement. Et avant, moi, je me suis fait former par des gens comme Estelle Bonner, Virginie Massard, Brett et Joël de Paris, Arnaud Perga, des jolis noms qui m'ont permis de me pousser, Mélodie Paletta. Et c'est vraiment des gens avec qui j'ai investi de l'argent et du temps, parce que c'est important pour moi l'aspect technique. Mais l'aspect mental est aussi énorme et il joue un énorme impact dans toute la danse. Et ça, je pense que tant qu'on n'en aura pas pris conscience, La danse, elle ne pourra pas passer à un autre level. L'état d'esprit ne pourra pas non plus passer à un autre niveau. Ou alors, il va prendre encore plus de temps que si on y consacrait justement du travail en profondeur. C'est-à-dire que si moi, je n'avais pas travaillé sur moi à l'intensité où je l'ai fait parce que j'en avais envie, je n'aurais pas avancé à la même vitesse que si j'avais fait le travail toute seule, que si j'avais fait le travail avec quelqu'un. Et j'ai envie. que les gens ressentent ça. J'ai envie que les gens ressentent des déclics. J'ai envie que les gens sentent un switch dans leur danse. J'ai envie qu'ils se sentent libérés. J'ai envie qu'ils dansent à leur full potentiel. Et j'ai envie de ça. J'ai envie de voir des énergies colorées sur le dancefloor. J'ai envie de voir des visages illuminés. C'est aussi OK d'avoir des émotions négatives et de les vivre, mais j'ai envie de voir les gens rebondir. J'ai envie de voir de la résilience. J'ai envie de voir tellement tout ça, plus que tout le côté noir ou gris que j'ai vu dans tout ce qui est colère, frustration, déception. qui sont aussi au quai de ressentir, mais qui prennent trop le dessus sur le plaisir, la motivation, le fait de profiter du social, profiter de l'instant présent, profiter du festival, et ça, on l'oublie. Et je trouve que c'est trop dommage, parce que moi, je sais pourquoi je danse. Et j'espère que toi, cher auditeur, tu sais aussi pourquoi tu danses. Et si jamais ça a encore une question, qu'il y a des doutes, n'hésite pas à me contacter, tu as mon lien dans la bio. On pourra en rediscuter ensemble. Je trouve, tu sais quoi, un rendez-vous de... 45 minutes gratuits avec moi pour qu'on puisse en parler ensemble en toute simplicité, honnêteté et transparence, rempli de mainveillance, ça c'est ma promesse allez et en attendant je te dis à bientôt sur le Lensplore, prends soin de toi ciao ciao