Speaker #0On devient sportif de haut niveau parce qu'on a des besoins. D'ailleurs qu'aucun être humain ne se dépasse juste par amour. À quel point finalement, on cherche une vision de nous qui nous manque ? On me disait « mais tais-toi, mais arrête de poser des questions. Mais t'es vraiment madame, pourquoi ? » C'est pour ça qu'on fait du sport. Le sport, c'est un moyen de pouvoir guérir. Et toi, quel vide essaies-tu de combler ? Dans la danse, comme dans la vie, tout commence dans notre esprit. Bienvenue dans No Brain No Flow, le podcast des danseurs qui va au-delà de la technique pour explorer la danse sous un angle fondamental, celui du mental. Je m'appelle Marine Vallée, je suis préparateur mental spécialiste des sports d'endurance et de performances artistiques. J'accompagne principalement des danseurs internationaux dans l'évolution de leur carrière et de leur passion. Dans ce podcast, je partage les clés ici des séances de préparation mentale, des prises de conscience et tout ce que j'aurais aimé avoir comme ressource en tant que danseuse investie. Mon but ? amener votre mental et votre danse à un tout autre niveau. Et pour y parvenir, je vous parle état d'esprit, gestion des émotions, concentration, résilience, motivation et confiance en soi. Soyez prêts à libérer votre potentiel et à transformer votre danse un peu plus à chaque épisode. Belle écoute ! Salut les amis, j'espère que vous allez bien. Je vous fais cet épisode un peu fatigué, d'ailleurs je ne sais pas si ma voile va tenir jusqu'au bout, on verra bien. C'est un grand test. Mais surtout, fatiguée physiquement, parce qu'en fait, je reviens d'un déplacement à Lyon pour le Westies Angels, à Toulouse pour le Westie Pink City et à Bordeaux pour mon Irox, le tout premier que j'ai fait en double femme. C'était assez incroyable. D'ailleurs, si vous n'avez pas encore écouté l'épisode sur le debriefing de l'Irox, allez-y. J'ai essayé de vous faire un épisode vraiment... avec beaucoup d'insights et puis directement sur le terrain. Et j'ai pris énormément de plaisir à le construire. Il y a différentes interviews, donc n'hésitez pas à y aller. D'ailleurs, si vous l'avez adoré et que vous aimez ce que je fais, n'hésitez pas à aller mettre 5 étoiles sur le podcast. Ça m'aidera beaucoup pour la suite. Cet épisode, je le fais aujourd'hui parce que j'ai eu une petite révélation en écrivant un podcast et puis à force d'avoir fait cette intensive de bouger à Lyon, Toulouse, Bordeaux. d'avoir pratiqué, moi, en tant qu'athlète, en tant que danseuse, en tant que prof, en tant que coach, en tant que prep mentale, avec toutes mes casquettes. J'aime aussi énormément observer et analyser les gens. On est aussi beaucoup venus me parler. J'ai créé beaucoup de conversations également. Et donc, en fait, j'ai aussi écouté un podcast là ce matin et je me suis dit, ah, mais en fait, c'est ce truc-là. Et c'est un peu comme si tout venait de se mettre bout à bout et que ça y est, j'avais une révélation et que j'avais envie de vous en parler puisque ça y est, tous les trucs font sens. C'est-à-dire que... On pense que les champions sont champions parce qu'ils aiment le sport, et on pense que les danseurs qui performent le font parce qu'ils sont passionnés, alors qu'en fait, je pense sincèrement que ça, on se le raconte pour que ça fasse joli. C'est-à-dire qu'aucun être humain ne se dépasse juste par amour, mais qu'au contraire, on se dépasse à cause d'un manque, d'un vide et d'un besoin profond qui est non nourri dans notre enfance. Tout simplement, pour moi, les sportifs, les danseurs, les artistes, on ne devient pas extraordinaire juste pour combler. On ne devient pas juste extraordinaire par plaisir, on devient extraordinaire pour combler quelque chose, combler un manque. Et je vous dis, ça fait sens parce qu'en fait, là dans le podcast que j'écoutais, il nous disait, en fait, dans certaines tribus originelles, tu vois, il n'y a pas d'ambition. L'ambition n'existe pas. Il n'y a pas l'ambition de devenir quelqu'un. Le seul truc qui peut exister, c'est le fait de devenir chef de la tribu. Mais ça, c'est possible que si les besoins d'avant sont comblés, c'est-à-dire que... Si le besoin de manger, de devoir chasser, de devoir se faire un toit au-dessus de notre tête, etc., si ces besoins-là ne sont pas comblés dans la tribu, personne s'en fout qu'il y a un chef ou personne n'a envie de devenir chef. Et quand bien même si c'est le cas, ce chef-là le fait parce qu'il a vu quelque chose, c'est le chef actuel qui n'était pas là, et du coup il a envie de combler ce truc-là, et il y a quelque chose qui lui a manqué. Et du coup il aimerait bien prendre cette place pour justement contribuer au groupe. Et en fait, dans ces tribus originelles, comme je vous le dis, il n'y a pas de vide intérieur à combler puisque tout est comblé. C'est-à-dire qu'ils ont créé une tribu qui est en sécurité, c'est une communauté avec certaines utilités. Chacun a sa place dans le groupe, chacun a sa reconnaissance. Et en gros, chez eux, ce que les scientifiques observent, les gens qui ont été faire des études là-bas, sur ces tribus-là, en fait, observent qu'il n'y a pas d'ambition, alors que chez nous, dans la société, par exemple, occidentale, si je dois réduire à chez nous ici en France, en fait l'ambition elle explose et moi j'en fais partie, tu vois, je me définis comme quelqu'un de très ambitieuse sur énormément de plans. Et en fait la vérité c'est que nos vies modernes créent des vides qui fait que ça vient créer cette ambition et c'est là où je vais venir vous parler de mon évolution personnelle à moi parce qu'en fait je me suis dit c'est drôle. Je fais dans ma vie plein de choses. J'aime voyager, j'aime partir. Je suis partie voyager en sac à dos en Nouvelle-Zélande et dans les autres pays. Je suis partie vivre là-bas. Je suis partie en Inde, je suis partie en Norvège, dans les pays du Nord, dans les Balkans, en road trip. J'ai fait du stop, j'ai été au Costa Rica pour aider des gens à sauver des animaux. Enfin bref, j'ai fait des missions dans ma vie. J'ai été à l'école, j'ai fait un bac plus 5, tu vois, dans des... Dans des matières très scientifiques, j'étais très bonne là-dedans. On me demandait des cours particuliers et j'adorais le transmettre. On me demandait tout le temps d'aller corriger des exercices au tableau et d'expliquer des trucs aux gens. Puis après, dans le sport, j'avais envie de devenir bonne. Et quand je devenais bonne, naturellement, j'avais envie de transmettre. Et j'ai toujours eu ce truc de vouloir apprendre, Et une fois que j'apprends, ça me tient trop à cœur de transmettre. À tel point que je me suis fait la réflexion, il y a deux semaines, trois semaines avant de partir, pour ma grosse ascension sportive, je me suis retrouvée à aller au CrossFit à 9h du matin et on était dans une séance avec mon coach habituel. Et en fait, je me suis dit, mais comment on fait pour devenir coach CrossFit ? Parce que franchement, c'est un truc qui me plairait. Je commence à devenir forte dans la discipline, à maîtriser des trucs. J'ai encore une marge de progression énorme. Et pour autant, je me dis, ça me ferait trop kiffer de devenir coach et d'enseigner aux gens comment bien faire les mouvements, les aider à être plus mobiles. En plus, il y a des choses sur lesquelles je suis assez forte, c'est-à-dire que la respiration, pour moi, elle est clé. Et je m'en suis vraiment rendue compte dans l'aérox. C'était ce qui a fait la différence avec ma binôme, c'est que moi, la respi, je maîtrise énormément de techniques, je la maîtrise dans les mouvements. J'ai aussi une très bonne proprioception, une bonne mobilité de mon corps. Et ça, je le vois quand je suis en séance, en crossfit, à côté des gros crossfiteurs, c'est que je suis plus mobile. En course, je suis meilleure. Et du coup, je me dis, si je devenais crossfiteuse et coach, Et je pourrais te transmettre tout ça, un peu à ma sauce, avec effectivement le bon diplôme. Et voilà, je me suis partie dans ce délire. Et là, ce matin, je me disais, mais qu'est-ce qui fait que tu es tout le temps en train de vouloir apprendre et de transmettre ? Tu ne peux pas faire un truc sans vouloir transmettre. Et c'est un truc de fou. Et c'est pour ça que je me dis, moi, je suis ambitieuse dans mes challenges sportifs, parce que j'ai toujours envie de me pousser plus loin. Et je suis aussi ambitieuse dans la façon d'apprendre et de vouloir transmettre ça aux gens. C'est un truc de fou. Et il y a quelques mois, je me suis fait coacher par... Je fais un coaching avec Julien Musy, pour ceux qui ne le connaissent pas, c'est un très grand coach qui est énormément porté sur l'alignement, sur ses valeurs profondes, sur faire les choses avec gratitude et amour, sur faire exploser les charges émotionnelles qui nous bloquent. Bref, Julien, il est incroyable. Si tu nous écoutes, j'en doute fortement, mais je suis très reconnaissante pour tout ce que tu m'apportes, que ce soit dans ma vie personnelle, professionnelle, mais aussi en tant que coach, puisque tu me rends meilleure à chaque fois qu'on fait un coaching et c'est assez fou. Et donc, je vous parle de Julien parce qu'en fait, dans son idée, il y a le fait que nos valeurs internes profondes, nos propriétés intrinsèques viennent de nos vides. En gros, on croit qu'on choisit nos valeurs et ce n'est pas une critique ce que je fais. C'est vraiment, on croit qu'on choisit nos valeurs. En gros, moi, je vous l'ai dit, ma valeur numéro un, je m'en suis rendue compte avec le temps, c'est qu'en fait, c'est vraiment apprendre et transmettre. Je veux apprendre un maximum de trucs et de transmettre. Puis après, évidemment, il y a d'autres valeurs derrière. Mais les valeurs derrière nourrissent à chaque fois cette valeur numéro un. C'est un truc de fou. Et donc, on croit qu'on choisit nos valeurs, mais alors, en réalité, elles se construisent vraiment autour de ce manque qu'on a eu dans notre enfance. C'est-à-dire qu'on veut enseigner parce qu'on n'a pas été entendu, on veut briller parce qu'on a manqué peut-être de reconnaissance, on veut performer parce qu'on n'a pas été valorisé, et peut-être même qu'on a été dévalorisé. On veut comprendre parce qu'on nous a demandé de nous taire. C'est aussi possible. On veut aider parce que, bah non, on ne nous a pas aidé. Et moi, je l'expérimente vraiment dans ma vie au quotidien et dans ma vie perso. C'est-à-dire qu'en fait, moi petite, je posais des tonnes de questions. Il y a des choses qui me marquent dans mon enfance. Il y a des choses dont je ne me souviens pas. J'ai travaillé sur ça et j'ai ouvert la boîte un peu noire des souvenirs pour pouvoir replonger dedans. Mais il y a un truc qui m'a marquée, c'est le fait qu'on me trouvait chiante parce que je posais des questions. On me disait, mais tais-toi, mais arrête de poser des questions. Oh, mais t'es vraiment madame, pourquoi ? Ah mais t'es chiante, t'as posé toujours des questions, vouloir des réponses. Et à chaque fois que je posais une question, j'avais pas de réponse en fait. Enfin même j'étais pas écoutée, parce qu'en fait, je suis pas vraiment dans la perception de ma mère, c'est surtout ma mère. La perception de ma mère, j'en posais trop. Je me souviens même aussi que c'est saoulé ma sœur à des moments. Et mon but, ce n'était pas de paraître intelligente. Franchement, je veux comprendre pourquoi le ciel est bleu. C'était des questions toutes bêtes. Mais je me suis dit, il y a forcément une raison derrière les trucs. Moi, j'ai fait beaucoup de psycho et beaucoup de scientifique pour comprendre justement ce qui se cachait. Parce qu'en fait, quand j'étais petite, on ne voulait pas me répondre ou on ne pouvait pas me répondre ou on n'avait pas les réponses. On ne prenait pas le temps. Et donc, en gros, j'ai vécu un vide qui était énorme, mais vraiment toute jeune, du fait de ne pas être comprise dans cette soif de vouloir comprendre. Tu vois ce que je veux dire ? En gros, mon vide, c'était ne pas comprendre, ne pas apprendre, et finalement, en fait, pas exister quelque part. Parce que si tu n'as pas le droit de poser des questions, en gros, juste sois belle et tais-toi, super. Du coup, quand tu es petite, c'est plus sois mignonne et tais-toi. Et d'ailleurs, maintenant que je vous en parle, ça me fait réflexionner en même temps. C'est qu'on me valorisait quand je ne posais pas de questions, quand j'étais calme, quand je n'étais pas hyperactive, quand je ne posais pas de questions. C'est assez flagrant de voir quand est-ce que j'étais valorisée versus quand je ne l'étais pas. Et en fait, aujourd'hui, je me suis rendue compte que je comblais ce vide en étant exactement ce que j'aurais eu besoin quand j'étais enfant. Mon petit enfant intérieur, il aurait eu besoin d'une personne qui répond, d'une personne qui transmet, d'une personne qui m'explique les choses, d'une personne qui vient creuser avec moi une problématique, qui vient éclairer un peu tout ce que je pense dans ma tête, qui vient donner du sens. Et d'ailleurs, je me souviens que quand j'étais plus jeune au collège, il y a un truc qui m'a marquée, c'est qu'il y a des choses que je ne comprenais pas en mathématiques et pour autant, j'étais trop intéressée par ça. Parce qu'en plus, les mathématiques, c'est il y a un problème, tu dois trouver une solution. Et ma mère me disait, non mais moi, je suis nulle en mathématiques, demande à ton père. Et en fait, mon père n'était jamais là. D'ailleurs, je ne sais pas où il était. Je ne me souviens pas. Mais je me souviens surtout que ma mère était en mode... Elle essayait, mais franchement, ça ne l'a stimulé pas. Et il y a un jour où mon oncle, mon tonton qui est mon parrain, est venu habiter à la maison pour X raison. Et en fait, ça a pris du temps de m'expliquer les maths, de m'expliquer comment résoudre un problème, de m'expliquer une certaine logique. Et alors là, je me souviens avoir été valorisée de ouf parce qu'on m'expliquait enfin, on répondait à mes questions. Et grâce à ce truc-là, grâce à cette personne-là qui a pris le temps de m'expliquer et de répondre à mes questions, en fait, j'ai explosé en maths. J'ai eu un niveau jamais inférieur à 18 sur 20. J'étais trop forte. Et on me demandait même des cours part. Et je me souviens que ma professeure de mathématiques me demandait d'aller au tableau. pour passer l'heure à corriger un exo pendant qu'elle donnait des conseils à d'autres personnes. Et donc moi, je me retrouvais pendant une heure au tableau à expliquer aux autres, à résoudre des équations, etc. Alors qu'en fait, quelque part, j'étais en mode, oui, mais je suis élève, j'ai bien envie de m'asseoir et qu'on m'aide aussi, tu vois. Et on me mettait dans un fond de la classe où on ne me donnait plus des exercices de seconde, mais plutôt de première S et de terminale S, parce qu'en fait, j'étais trop forte. Mais juste parce que, je ne sais pas, j'avais cette notion de continuer à apprendre et de comprendre les choses. Et quand ce vide avait été comblé, ça a fait boule de feu, j'ai envie de dire. Et en fait, en en parlant, en réfléchissant, en m'étant fait coacher sur le sujet, j'ai eu des prises de conscience qui fait que je me rends compte que je ne suis pas juste coach. J'ai l'impression que je suis le modèle que mon enfant intérieur finalement n'a jamais eu. C'est-à-dire que c'est un truc que je fais vraiment partout, comme je vous le disais au début de l'épisode. Je le fais dans la danse, je le fais dans le sport, je le fais dans la préparation mentale. Je me projette dans le crossfit, c'est un truc de fou. Et tout le temps, j'apprends, je veux transmettre, je comprends, j'ai envie d'enseigner. Je deviens forte dans une discipline, du coup j'ai envie de le montrer, j'ai envie de me challenger, j'ai envie d'aller plus loin. Et c'est pas pour qu'on le voit, c'est juste, j'ai des capacités, j'ai envie trop de voir jusqu'à où elles peuvent aller. Et du coup, vu que j'ai les capacités, j'ai envie de répondre aux questionnements des gens qui ont envie d'avoir ces mêmes capacités-là. Et en gros, chez moi, transmettre, c'est un besoin vital. Si tu m'empêches de transmettre aujourd'hui, c'est compliqué pour moi. D'ailleurs, un truc qui est très facile pour moi... c'est de gérer mes réseaux sociaux. C'est-à-dire que c'est très facile pour moi de créer une story, de parler de choses, de créer des posts. Ça ne me vide pas. Au contraire, ça me plaît de ouf. Et je connais des entrepreneurs qui se disent « Ah, mais moi, je suis entrepreneur, je ne suis pas influenceur. » Et ça leur coûte en énergie de le faire. Moi, ça m'anime. J'aime passer un dimanche matin à créer tous mes posts. J'aime avoir des idées. J'aime être créative. J'aime apprendre un truc et du coup me dire « Tiens, je vais en faire un post. » Et franchement, c'est assez flagrant dans la vie. Donc je ne sais pas si toi, auditeur, quand tu es en train de m'écouter, tu te dis « tiens, je me rends compte que ce que je fais aujourd'hui, c'est parce qu'enfin je ne l'ai pas eu ou parce qu'on ne me l'a pas donné ou parce que je ne me suis pas sentie comme ça, comme ça » . Et j'aime bien cette notion de « en fait, on ne devient pas sportif de haut niveau juste par le plaisir du sport, on devient sportif de haut niveau parce qu'on a des besoins et on recherche à remplir ces besoins » . Ouais, j'ai pas été valorisée, on n'a pas cru en moi, et ben tu sais quoi, je vais te montrer que je peux le faire. Un petit peu. Ouais, et on comble vraiment ce vide. On devient souvent excellent parce qu'on cherche quelque chose. Comme je vous le dis, la reconnaissance, l'appartenance, ça peut être la sécurité, l'admiration, le sentiment d'exister. Et d'ailleurs, par rapport au sentiment d'exister, ça va me faire ma transition, c'est que finalement, le sport, c'est un moyen. Et la guérison, c'est le but de ce truc-là. C'est pour ça qu'on fait du sport. Le sport, c'est un moyen de pouvoir guérir. Et par rapport au sentiment d'exister, ce que ça fait résonner là chez moi et ce dont j'ai envie de parler, c'est que l'être humain aujourd'hui, on fait partie d'une société qui est immense, la société occidentale. Notre plus grande peur aujourd'hui, ce n'est pas de mourir de faim, ce n'est pas de ne pas avoir d'eau, peut-être qu'on a peur de ne plus avoir de toit au-dessus de nos têtes, parce que les logements, etc., ça devient cher, le coût de la vie, etc. Mais ce n'est pas mon débat aujourd'hui. C'est qu'en fait, il y a plusieurs chercheurs scientifiques Il y a plusieurs sociologues qui se rendent compte, qui se sont rendus compte que notre plus grande peur aujourd'hui, c'est comme je vous dis, pas de mourir de faim, c'est l'exclusion sociale. Et je crois que je vous le dis souvent dans mes coachings, dans mes podcasts, pour ceux qui m'écoutent, c'est qu'en fait, les gars, on n'a plus peur de se faire attaquer par un tigre en pleine forêt, tout simplement, parce qu'en fait, ça n'existe pas. Pourtant, notre cerveau, il est toujours au même état qu'il y a des centaines d'années, c'est-à-dire que quand il a peur, il réagit comme si on était face à un tigre en pleine jungle et qu'on ne pouvait pas se défendre. Or, aujourd'hui, notre peur la plus grande, ce n'est pas celle de se faire attaquer par un tigre, mais c'est de ne plus appartenir au groupe. Et je trouve que c'est pour ça que le sport en groupe, que les communautés de danse et que les salles de crossfit, ce sont finalement des refuges modernes contre l'exclusion. Et franchement, je pèse mes mots. Parce qu'en fait, à force de coacher dans la danse et à force de parler avec les gens, c'est la peur qui revient tout le temps. C'est que, en fait... Ils ont la peur de rater, ils ont la peur de mal faire, ils ont la peur qu'on pense quelque chose d'eux. Mais la vraie peur, c'est pas ça. La vraie peur cachée derrière la peur, c'est celle que... En fait, si les autres, ils aiment pas ce que je fais, s'ils trouvent ça moche, s'ils me trouvent nulle, je fais plus partie du groupe. Et si je fais plus partie du groupe, alors là, c'est la fin du monde. Parce que dans notre ADN, mais en tout cas dans notre histoire en tant qu'être humain, quand on fait plus partie du groupe, on meurt. Parce que le groupe, ça nous permet la survie, ça nous permet d'être dans... d'avoir un rôle, ça nous permet de survivre face à toutes les intempéries, toutes les menaces extérieures. Et quand on ne fait plus partie du groupe, c'est ça, c'est qu'on risque de mourir. Et c'est ça que je trouve fascinant, c'est qu'une fois qu'on se rend compte que c'est l'exclusion sociale qui nous fait super peur, parce qu'en fait, le crossfit, c'est un truc qui n'est pas facile. Tu es tout le temps à fond, tu es tout le temps dans l'intensité, tu es tout le temps dans le système nerveux sympathique et tout. Tu ne fais pas attention à la proprioception. C'est rare, tu vois. Moi, là, ça y est, dans les box, on commence avec de la mobilité en premier. Mais je sais que ce n'est pas comme en gymnastique, par exemple, etc. Les gens, ils n'ont pas conscience de leur corps, je trouve. Pour autant, ils viennent tout le temps. Alors qu'en fait, c'est l'horreur. Mais en fait, les gens, ils viennent pendant une heure, oui, à déjà un, à se dépasser, pour être forts, pour avoir des beaux muscles. Parce que du coup, en fait... Si tu as des beaux muscles, que tu es fort, tu es reconnu. Et puis, du coup, tu as déjà l'étiquette de « Ah, c'est un mec qui est fort dans la boxe » . Et du coup, tu as une identité qui est créée par rapport à ça. Mais ensuite, parce que tu passes une heure avec des gens, et passer une heure avec des gens, c'est trop cool. Tu fais partie de ce groupe, tu es crossfitter, et tu passes du moment social. Et en fait, c'est pareil dans la danse. La communauté danse, il y a Chuck Brown qui dit qu'il y a un très, très... Quelqu'un qui fait de la danse depuis je ne sais pas combien de temps et qui a une référence chez nous, il dit qu'on commence par l'amour de la danse, par l'amour du mouvement, mais en fait on reste pour la famille. On reste pour la famille parce qu'en fait la communauté te tient et une fois que tu es rentré dans la communauté, que tu fais partie de ce groupe, tu n'as pas envie d'en sortir. Le problème c'est que ça crée aussi des peurs de ne plus faire partie du groupe. Et d'ailleurs j'ai des gens que je coach qui ne se sentent plus inclus. Et là dessus il y a vraiment des pépites à aller chercher, des charges émotionnelles, les pourquoi du comment. Et du coup... C'est pour ça que c'était important pour moi de vous parler de cette affiliation sociale quelque part. Et puis l'autre chose que j'ai envie de vous partager, c'est à quel point finalement on cherche une vision de nous qui nous manque. Le fait de devenir fort si on ne s'est pas senti fort. Le fait de chercher la grâce si on ne s'est pas senti élégant ou élégante. Le fait de chercher la reconnaissance si on ne s'est pas senti vu. Le fait de certainement apprendre et transmettre si je ne me suis pas senti écoutée. ni entendue, ni considérée. Et en ça, je trouve que le sport devient vraiment un miroir de nos blessures. D'où le fait d'avoir le pilier mental à bosser, parce que le pilier mental, pour moi, c'est pas juste je vais t'aider à atteindre tes meilleurs objectifs et être le coach d'ancien temps. Vas-y, t'es le meilleur, let's go ! Mais plutôt à venir aller chercher qu'est-ce que vient révéler ce miroir, justement, quelles sont ces blessures qui sont là, et venir les... les faire bouger, les débloquer, te faire avancer. Et finalement, pas te faire avancer juste dans le sport, mais te faire avancer en tant qu'être humain, puisqu'en fait, la préparation mentale, moi, en tout cas, je l'utilise comme faire grandir l'être humain qui se trouve derrière le corps, finalement, derrière la machine, derrière le danseur, derrière le sportif, derrière l'artiste. Parce que du coup, le parallèle que je peux faire avec la danse, et notamment la danse à deux, si je prends le West Coast, là où je coach le plus actuellement, c'est que La peur de rater une finale, certainement, qu'elle cache. La peur d'être exclue. La peur de danser avec mieux de soi, certainement, qu'elle cache. La peur de décevoir. Le fait d'être addict au résultat, et bien certainement que ça cache le besoin d'approbation. D'ailleurs, quand j'étais aux côtés d'un champion, et bien en fait, il me disait que quand il arrivait deuxième, son père le défonçait, tu vois. Et ce n'était pas assez, il fallait arriver premier. Et sinon, en fait... J'imagine que derrière tout ça, il y a tout le schéma de ne pas être vu, de ne pas être valorisé, de ne pas être considéré, et donc de ne pas être aimé par son père. Et puis certainement que derrière la dépendance et la validation des juges et des profs, il y a un vide relationnel qui est là. Et encore une fois, j'ai dit tout à l'heure que le sport, c'était le miroir de nos blessures, mais moi je crois que le sport et la danse les révèlent plutôt qu'elles ne les créent. C'est pour ça que c'est fort, c'est pour ça que de bosser sur soi... Ça peut faire peur. D'ailleurs, j'ai quelqu'un qui est venu me voir pour réaliser un coaching en one-to-one. Il aimait bien un accompagnement en mentorat avec moi. Et il flippait. Et pourtant, il est venu. Et ce qui le faisait flipper le plus, dans le fond, c'était le fait de venir à la rencontre de lui-même, finalement. Parce que c'est inconfortable, parce qu'on va venir aller réveiller des choses. Mais ce qui était le plus urgent pour lui, c'était que ça change pour que d'ici quatre mois, six mois, un an, l'année prochaine... il ne soit plus là où il en est aujourd'hui, bloqué dans les différents domaines de vie, parce que la danse lui a révélé des choses, et de passer dans une vie qui est beaucoup plus alignée, dans une danse qui lui ressemble beaucoup plus, etc. Je crois que je vais m'arrêter là pour cet épisode. J'espère que, cher auditeur, il t'a beaucoup plu. Moi, je sais que j'ai transmis les clés que j'avais envie de transmettre, à savoir que finalement, personne ne devient excellent par hasard. Je trouve que c'est hyper intéressant quand il y en pense. Et qu'on devient excellent pour guérir ce qu'on n'a pas reçu et que nos valeurs traduisent les vides qu'on a eus dans notre enfance. Et je trouve ça intéressant. Peut-être que ça t'a amené à faire une introspection de ton côté. N'hésite pas à m'écrire à un MP, à venir me voir sur Instagram ou sur Facebook Marine Valet, Marine.Valet. Viens me dire ce que ça t'a évoqué cet épisode. Partage-le autour de toi parce que je pense que ça peut aider d'autres personnes. parce que je trouve qu'en fait c'est magnifique tout ce que ça nous permet de transformer à l'intérieur de nous, déjà de prendre conscience de ce truc-là. Donc je vais te laisser avec cette question. Et toi, quel vide essaies-tu de combler à travers la danse ? Et puis n'hésite pas à mettre 5 étoiles sur l'épisode, enfin plutôt sur le podcast pour l'aider à se faire connaître et je te dis à très très vite dans un autre épisode. Ciao ciao !