Speaker #0Aujourd'hui, on répond à une question très précise quand un enfant en fera volontairement une règle et le fait en riant. Qu'est-ce que ça veut dire ? Est-ce que c'est un défi ? Est-ce qu'il cherche à provoquer ? Est-ce qu'il teste notre patience ? En réalité, dans la majorité des cas, ce n'est pas tout à fait ça. Ce n'est pas forcément un mauvais comportement, ce n'est pas forcément une manipulation et ce n'est pas forcément une volonté consciente de déclencher l'adulte. Ce qui se passe est parfois beaucoup plus subtil. Si vous vous demandez comment calmer les colères, poser des limites sans crier, apprivoiser le temps d'écran, retrouver des soirées plus sereines et nourrir l'autonomie de vos enfants, vous êtes au bon endroit. Bienvenue dans le podcast Princesse Montessori, je suis la princesse Xénia Troubetzkoï, diplômée en développement précoce de l'enfant selon la méthode Montessori. Ici, on transforme les difficultés du quotidien en gestes simples et efficaces. Un épisode, un pas concret. Alors installez-vous et c'est parti pour un nouvel épisode. Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de podcast. Quelle est la cause des protestations ? Comment fonctionne le cerveau de l'enfant pendant une crise ? C'est effectivement un sujet très important et aujourd'hui nous allons parler des protestations infantiles, de ces fameux noms, des crises, des résistances qui apparaissent le plus souvent autour des 3 ans. Chez certains plus tôt, chez d'autres plus tard. Et il est très important de dire tout de suite que cela n'a rien à voir avec une mauvaise éducation ni avec le fait que l'enfant serait gâté ni avec de la manipulation. Pas du tout, il s'agit plutôt d'une étape très importante de maturation du cerveau et du premier pas vers la séparation psychologique de l'enfant avec l'adulte. Les travaux de Maria Montessori nous aident à comprendre que ces périodes ne sont pas des problèmes, mais des points de croissance, c'est-à-dire des moments où la psyché de l'enfant se réorganise et passe à un niveau complètement nouveau. Si l'on se concentre par exemple sur la crise des 2 ans et demi, 3 ans, 3 ans et demi, on l'appelle souvent la période du moi tout seul, car on peut dire que c'est la première étape de la prise de conscience de soi en tant qu'individu distinct. L'enfant s'y est longtemps préparé et soudain arrive le moment où il commence à ressentir clairement que moi c'est moi, et que les autres sont les autres. Maman est une autre personne, j'ai mon propre je veux, mon propre j'ai besoin, j'ai mon opinion. C'est de la séparation psychologique. Il est important de comprendre que l'enfant ne proteste pas parce qu'il ne veut pas obéir en général, mais parce qu'il est vital pour lui de se sentir séparé. Et c'est précisément à cet âge que l'enfant commence à construire, brique après brique, sa personnalité à travers ses actions et à travers ses choix. C'est pourquoi il est important de lui offrir une possibilité sûre et adaptée de le faire. Un point clé, et bien à cet âge, le cerveau de l'enfant n'est pas encore capable de s'autoréguler à 100%. L'autorégulation est encore... insuffisamment développés. Si l'on parle en termes scientifiques, le système limbique, c'est-à-dire la partie du cerveau responsable des émotions, des impulsions et du sentiment de sécurité, est très très actif. Il joue un rôle essentiel pour la survie. En revanche, le cortex préfrontal responsable du contrôle de la logique, de l'inhibition, est encore au tout début de son développement et il continuera à mûrir jusqu'à environ 25 ans selon les chercheurs. C'est donc un très très long chemin. Alors qu'est-ce que cela signifie pour nous ? que lorsqu'une situation survient, l'émotion apparaît instantanément. Le mécanisme de freinage n'est pas encore pleinement présent. L'enfant ne peut pas se « ressaisir » à la vitesse que nous attendons, parfois il ne peut tout simplement pas. Ainsi, lorsqu'un enfant tombe par terre, crie, refuse de coopérer, ce n'est pas un comportement contre nous, c'est un système nerveux surchargé qui a temporairement perdu sa capacité d'autorégulation. Un autre point important, et bien à cet âge, il ne suffit plus à l'enfant d'être seulement fonctionnellement indépendant. Marcher seul, manger seul, s'habiller seul, manipuler des objets. Une nouvelle nécessité apparaît, ressentir son importance à travers le choix et la prise de décision. C'est pourquoi le non peut surgir même quand, objectivement, tout lui convient. Ce n'est pas un refus d'agir, c'est une manière d'affirmer son identité. J'existe, je décide, j'influence, mon opinion compte. Parlons du développement du langage. A cette période, le langage se développe très activement. La charge cognitive est énorme, le vocabulaire grandit rapidement, l'enfant répète beaucoup les adultes, il expérimente les intonations, les mots et observe les réactions. Mais le sens des mots n'est pas encore toujours compris. Un même mot peut avoir plusieurs significations. L'enfant ne parvient pas toujours à exprimer exactement son intention. Il teste. Que se passe-t-il si je dis non ? Si je crie ? Si je pleure ? Où sont les limites ? Il y a donc souvent des ratés entre guillemets dans la communication. L'enfant peut dire quelque chose mais ne pas lui donner le même sens que l'adulte. Concernant la frustration, grandir implique de vivre la frustration. Ne pas réussir à fermer sa veste, les balançoires sont occupés, la tasse préférée se casse, on voulait un bonbon, maman dit non, le puzzle ne s'assemble pas, la réalité ne correspond pas à l'attente. Pour un adulte, ce sont des détails. Pour un enfant, c'est un choc pour son moi. en construction. Mais cette expérience est nécessaire pour apprendre à persévérer. Cependant, si le système nerveux est surchargé, la frustration peut provoquer des crises longues, des explosions émotionnelles, un refus d'aide, un « moi tout seul » protestataire, même quand c'est difficile. Beaucoup de parents remarquent que les anciennes méthodes ne fonctionnent plus. Avant, on pouvait distraire, consoler, détourner l'attention. Pendant la crise, ces astuces cessent souvent d'agir. Parce que ce n'est plus seulement la situation en cause, c'est l'expérience personnelle de l'enfant. Il ne veut pas seulement un objet ou un changement, il veut la reconnaissance de sa séparation, de sa capacité et de son opinion. Alors bonne nouvelle, ces crises ne durent pas des années, elles prennent quelques semaines, 2 à 3 mois. Mais si le chaos persiste, il faut observer premièrement l'environnement, deuxièmement le style de communication, troisièmement le respect de son autonomie, quatrièmement la possibilité réelle d'exercer son indépendance Et cinquièmement, la surcharge du système nerveux, à savoir le rythme... les activités et l'organisation de la journée. Ce n'est pas une régression, c'est une période de vulnérabilité et de restructuration. L'enfant a besoin de soutien supplémentaire, de repos, de recharge. Si un adulte calme est présent comme une encre stable, l'enfant développe une expérience fondamentale positive. Je vais bien, même quand je traverse une tempête. Ce ne sont pas des caprices, ce sont des poussées de croissance à travers lesquelles se forment la personnalité, l'autorégulation et la confiance en soi. Notre tâche n'est pas de supprimer cette étape, mais d'aider l'enfant à la traverser en sécurité et avec un résultat positif. Alors qu'est-ce qu'il y a de concrètement ? Eh bien, la patience, l'acceptation et des messages clairs. Au lieu de presser ou de s'énerver, on peut très bien dire « je vois que tu as encore besoin de réfléchir, je te laisse 3 minutes pour te préparer » . Le choix entre deux options fonctionne encore, même si cela semble ne pas marcher immédiatement. C'est un choix auquel on ne peut pas répondre par un simple non. Explorez les différentes stratégies d'autorégulation adaptées à votre enfant. Chaque système nerveux est différent. Concrètement, en tant qu'adulte, il ne faut jamais manifester une offense. Tu as fait ça, maman est vexée, maman ne te parle plus. L'enfant ne comprend pas pourquoi l'humeur du parent dépend de lui. A la place, on peut dire, je suis fatigué, je vais boire un verre d'eau et je reviens. Mais pas transformer cela en punition émotionnelle. Il faut contenir les émotions, les accompagner, rediriger l'attention. Et ne pas oublier les limites. Les limites apportent la sécurité. Sans cadre, l'enfant vit dans l'insécurité et le chaos et ses réactions deviennent chaotiques. Je souhaite beaucoup de courage, de patience et de force à tous les parents qui traversent cette période. J'attends vos questions si vous en avez. Je vous souhaite à tous une excellente journée, soirée, où que vous soyez et à bientôt pour un prochain épisode de podcast. Si vous avez aimé cet épisode, je vous invite à laisser un avis 5 étoiles sur l'application de votre choix. Les plus grandes, c'est Apple Podcast et Spotify. Vous mettez 5 étoiles, c'est ultra ravi pour vous. Et moi, ça change radicalement les choses parce que c'est le meilleur moyen de faire découvrir mon podcast à d'autres personnes. Et c'est ça qui fait vraiment vivre ce podcast. À bientôt !