- Speaker #0
Trop souvent, on parle pour ne rien dire. Discuter de la pluie et du beau temps, faire la conversation, combler les blancs. Beaucoup de mots pour trop peu de communication. Je suis Lucie. J'aide les humains à exprimer et donner vie à leur vérité. Les mots, c'est mon dada. Avec Prise de parole, je voulais que mes invités viennent nous partager cet instant où ils ont réussi à exprimer ce qui vibre très fort à l'intérieur. Qu'il s'agisse d'une prise de parole préparée pendant des mois ou d'une situation où c'est sorti tout seul, que ça ait eu lieu dans l'intimité d'une relation ou sur une scène. Ils nous racontent ce jour où ils ont trouvé les mots. Comment ils ont fait ? Et ce que ça a provoqué ? Prépare-toi à être inspiré, étonné, ému. Et qui sait, peut-être que cette histoire te donnera toi aussi l'envie de prendre la parole. La prise de parole de Yann, c'est celle d'un ancien timide. Peu communiquant en mots au départ, il finit par en acquérir une maîtrise telle qu'il s'autorisera, quelques années plus tard et dans une vénérable institution, l'usage d'un langage... peu châtié car il en connaît l'impact favorable pour la cause qu'il porte. C'est avec générosité, engagement et une grande maestria dans le verbe que Yann nous partage les coulisses d'une prive de parole dont le message a, grâce à son style, au sens qu'elle porte et à la magie des algorithmes, touché plus de 6 millions de Français. Bonjour Yann.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Comment est-ce que tu vas Yann aujourd'hui ?
- Speaker #1
Très bien, je suis en pleine forme.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai. Bon, écoute, merci beaucoup de me recevoir. Avant de rentrer dans cette prise de parole que tu es venue raconter aujourd'hui, est-ce que tu veux bien s'il te plaît nous dire qui tu es et à quoi sont occupées tes journées ?
- Speaker #1
Je suis Yann Rivalan, le président de la Fédération du prêt-à-porter féminin. Je suis également cofondateur d'une société qui s'appelle Everywhere Anytime, qui est une société spécialisée dans la formation dans tous les nouveaux outils d'intelligence artificielle. En tant que président de la Fédération du prêt-à-porter féminin, ce qui prend plus de 50 à 70% de mon temps, mon grand sujet est de D'étudier, de comprendre comment est-ce qu'on peut bloquer des plateformes du type Chine, Temu ou encore AliExpress ou TikTok Shop, qui à la fois sont non seulement destructrices d'emplois en France, mais surtout détruisent la planète, et bafouent toutes les lois qu'on peut connaître dans le commerce actuellement. Et donc de ce fait, il y a pour moi urgence de les stopper. Soit pour les obliger à revenir sur une norme beaucoup plus classique et beaucoup plus occidentale, soit de carrément les fermer parce qu'elles sont extrêmement dangereuses.
- Speaker #0
Ok, c'est ça qui occupe particulièrement ton actualité aussi en ce moment ?
- Speaker #1
C'est médiatiquement l'activité qui est la plus forte. Et derrière, ça décline tout un programme de mise en place d'actions qu'on a au sein de la fédération. A la fois, évidemment, pour développer les marques et l'emploi, pour développer l'innovation, pour avoir une mode beaucoup plus durable. Et donc, Chine est quasiment l'opposé de tous les sujets sur lesquels on travaille positivement au sein de la FED. Et donc, ça met en arrière-garde. Comment la mode peut être destructrice, sachant qu'à l'inverse, nous on essaye de montrer comment on peut créer une mode durable.
- Speaker #0
Ok, donc une bien belle mission qui effectivement occupe beaucoup en ce moment et dans la société dans laquelle on vit. Yann, c'est la première fois qu'on se rencontre. Quoi qu'il en soit, dans les épisodes de prise de parole, je questionne toujours de la manière la plus neutre possible pour laisser toute la place à l'invité. Mais néanmoins, on racontera à la fin de l'épisode comment est-ce que je me suis retrouvée ici. Je t'aiderai s'il faut. Avant de rentrer concrètement dans ce moment dont tu vas nous parler, ce moment de prise de parole, comment est-ce que toi tu qualifierais de façon plus large ton rapport à la communication ?
- Speaker #1
Je vais prendre un terme que je déteste dans une expression française qui est « de toute façon ça ce n'est que de la com » . Qui est vraiment une sale phrase parce que ça amène deux sujets. Un sujet qui est la forme n'est pas essentielle parce que la communication ne serait pas essentielle puisque ce n'est que cela. Le deuxième, c'est que la qualité de l'art oratoire, de l'art visuel, de tous les éléments de communication qui existent, sont en fin de compte superfétatoires et pas réellement utiles à la bonne existence dans notre société. Or, et je prends par exemple la délicatesse en ce sens politique qu'on peut vivre actuellement, montre à quel point la communication est essentielle. Parce qu'à quoi bon avoir des véritables actions ? À quoi bon faire évoluer la société ? À quoi bon se battre pour des projets éthiques et sociaux qui sont primordiaux ? Si on ne sait pas tirer la majorité des personnes vers ce type de projet, comprendre les différentes peurs qu'on peut avoir et qu'on doit devoir lever, comprendre les complexités qu'on va devoir affronter, et donc de ce fait, sans la communication, le fond... ne peut pas avancer. Et dissocier le fond de la forme n'a donc aucun sens, d'autant que la forme nous permet aussi jour après jour d'améliorer la qualité du fond. Et donc de ce fait, l'expression « ce n'est que de la com » est détestable. Et tout le travail que j'essaye d'effectuer au sein de la FEDE et dans toutes les actions politiques que je peux mener est de comprendre comment j'arrive à très bien bosser le fond. Et je trouve que les outils d'ailleurs, y compris l'intelligence artificielle qu'on a désormais, nous permettent de travailler le fond mieux que jamais désormais. Et de l'autre côté, comprendre comment est-ce qu'on peut avoir une véritable forme, une forme qui justement ne serait pas celle de l'intelligence artificielle, mais plutôt une forme qui serait extrêmement humaine, extrêmement sincère. Et de cette forme, on arrive justement à pouvoir faire émerger concrètement tous les sujets de fond.
- Speaker #0
C'est hyper intéressant cet intérêt de l'intelligence artificielle pour le fond. Est-ce que tu peux expliquer en deux, trois mots en quoi, pour toi, est-ce que ça te permet de le bosser mieux que jamais ?
- Speaker #1
Alors, je prends la capacité qu'il peut avoir un chat GPT ou Claude, etc. En dix minutes d'analyse, on a toute une bibliothèque qui est étudiée. Donc dès que j'ai un sujet... À la fois juridique, à la fois économique et que je dois travailler dans le fond, les différents promptes que je vais lancer et les interactions que je vais pouvoir avoir vont me permettre d'aller beaucoup plus dans le fond et beaucoup plus rapidement surtout. Ça n'empêche que je continue à lire énormément, beaucoup de livres et cela me prend du temps. Et donc ce temps, il est essentiel aussi pour la construction neuronale, pour mon apprentissage et ne serait-ce que pour le plaisir de lire. Et pour aller vite sur un sujet, pour bien le comprendre et pour bien l'examiner, l'avantage de l'intelligence artificielle, c'est que ça nous permet d'aller plus vite que jamais et donc de sortir des préconçus qu'on peut avoir, des différents poncifs qui sont souvent très bien résumés dans « c'est du bon sens » . C'est-à-dire, je dis quelque chose, mon bon sens m'invite à croire que les choses sont comme ça. Avec l'intelligence artificielle, on peut aller largement au-delà de ce bon sens. pour rentrer dans une précision et dans une logique et dans une mémoire qu'on n'aurait pas justement humainement.
- Speaker #0
Super intéressant. Et donc, tu nous parles de la place de la communication dans ton métier aujourd'hui, mais la place de la communication pour toi, Yann, est-ce que ça a toujours été un terrain confortable ? C'est quoi un peu ton historique avec ça ?
- Speaker #1
Alors c'est assez ambivalent chez moi dans ce sens où j'ai... toujours fait de la com dans une vision on va dire artistique parce que dès l'âge de 7 ans je faisais de la peinture et dès l'âge de 14 ans j'ai fait de la photo et j'en ai fait mon métier à partir de mes 20 ans à peu près jusqu'à mes 30 ans donc quand on peint et d'autant plus après quand on photographie parce que l'avantage de la photographie c'est que c'est un art très simple en fait qui est immédiat à l'inverse de la peinture on arrive à pouvoir communiquer. Et donc, toute photo est une action de communication à part entière. Donc, quand on construit une photo, quand on fait une photo, eh bien, on crée un message et donc on peut dire, après, beaucoup de choses dans l'émotion, dans l'expression, enfin, il y a une grande richesse dans la photo. Le seul souci de la photo, c'est qu'évidemment, c'est un art silencieux et donc elle n'exprime qu'un certain nombre de choses et le deuxième, c'est que le photographe, il a un gros avantage, c'est qu'il est planqué derrière son appareil photo. Et donc de ce fait, je pense que jusqu'à mes 30 ans, étant perso un très grand timide quand j'étais jeune, ça m'a permis de pouvoir véritablement communiquer, mais en étant planqué derrière mon appareil, et donc de ne pas avoir nécessairement le besoin de m'exposer à ce moment-là. Même si un photographe doit communiquer avec ses modèles, avec toutes les personnes qu'il prend en photo, il y a quand même derrière une expression qui n'est pas du tout la même. Donc grâce à cela, j'ai... pu communiquer très tôt dans mon enfance. Et après, de façon professionnelle, parce que de mes 20 à mes 30 ans, grâce à la photographie, j'étais, je pense, une certaine forme de communicant. Puis après, je suis passé dans un autre métier puisque j'étais chasseur de tête. Et donc un chasseur de tête, là, est vraiment dans un monde de communication permanent parce que entre tous les candidats qu'il recherche et toutes les entreprises pour lesquelles il recrute, il communique tous les jours. Ce qui m'a appris d'avoir Un certain arroratoire à ce moment-là. Et par la suite, ça a été très largement amplifié parce qu'en montant une société qui s'appelait The Other Store, une start-up, entre les différentes levées de fonds qu'on a dû effectuer, l'évangélisation du secteur et évidemment la nécessité de pouvoir trouver un certain nombre de clients, là aussi, j'ai communiqué beaucoup à travers de multiples formes, que ce soit dans la capacité à pouvoir faire des slides pour chacune de mes présentations. des vidéos, ainsi de suite, et des sites internet. Sachant que mes deux grands axes de communication, c'était un, en effet, faire des slides et les keynotes qui correspondaient, avec des keynotes qui ont été historiques de mon côté, évidemment toutes celles de Steve Jobs. avec la présentation de l'iPhone, ont été des jalons d'apprentichage extraordinaires. Et dans la capacité à créer un site Internet, parce que quand on crée un site Internet, on a aussi un acte de communication qui est très fort. Je prends un mini-exemple qui date désormais beaucoup, mais en 2007-2008, quand on faisait nos premiers sites, on ne faisait pas un seul site pour la marque, on faisait deux sites, un site pour la marque et un site pour vendre. Et on a fait partie des premières sociétés qui ont décidé de ne faire qu'un seul site. Et donc, c'était un acte de communication où on a appris aux marques à ne faire qu'un seul site pour pouvoir à la fois vendre et en même temps communiquer. Et donc, ma vie a été à travers justement tous ces différents jalons de communication, aussi des différents apprentissages pour à la fois être pertinent, être simple et être efficace.
- Speaker #0
J'ai l'impression quand tu parles de ça qu'il y a quand même un endroit d'intuition. En fait, voilà comment est-ce que tu as typiquement sur cet exemple des deux sites Internet. J'ai l'impression que ça part un peu d'une sorte de pari de se dire, je pense qu'il y aura un peu plus d'impact en faisant comme ça, ce serait plus logique. Ou est-ce que tu as dépensé beaucoup d'argent avec des conseillers en communication qui t'ont amené jusque là ?
- Speaker #1
On avait une vraie chance, c'est qu'on avait zéro thune. Et je le dirais, c'était un mix de choses. C'était M. Il y a un mix de goûts, de sensibilités, donc de quelque chose de très intime et très personnel. Et après, des méthodes avec des systèmes d'itération successifs pour pouvoir comprendre aussi la différente efficacité qu'on peut avoir. Avec toujours ce même point qui est, un, je reprends justement la base même de mon intimité et la timidité que je pouvais avoir. Ceux qui parlent et parlent trop et s'imposent trop m'ont toujours plutôt énervé parce que cette place qui est prise, en fait, pour moi, c'est aussi trop de place. Donc, je trouve qu'il est toujours intéressant de ne communiquer qu'à un juste niveau et de ne pas trop en faire. Le deuxième, c'est qu'imposer une communication aux gens, c'est aussi désormais les spammer. Et donc, avoir une communication qui est trop bavarde. qui est peu claire, c'est clairement faire perdre du temps aux gens. Or, si on se dit que ce n'est pas du temps qu'on fait perdre aux gens, mais que ce sont des points de vie, c'est du temps de vie qu'on fait perdre aux gens, là, on s'aperçoit quasiment d'un effet dramatique dans le bavardage qu'on peut avoir. Et donc, de ce fait, que ce soit une bonne newsletter, un bon site, un bon discours, un bon poste, chaque fois, je me pose la question de comment je dois communiquer à un juste niveau avec une vraie efficacité et avec un véritable intérêt. Intérêt pour moi et intérêt pour les gens en face de moi.
- Speaker #0
Pour commencer à rentrer un petit peu plus dans le détail de cette prise de parole dont tu vas nous parler, mais sans pour autant tout à fait nous dévoiler les choses. Pourquoi est-ce que c'est de celle-là que tu as dit que c'était intéressant de parler aujourd'hui ?
- Speaker #1
On est dans un monde de scalabilité désormais. Ça amène quelque chose de simple, c'est qu'avant, une bonne communication se faisait auprès de 10 personnes qui allaient retenir l'information. Désormais, une bonne communication va se faire plutôt en millions de personnes qui vont pouvoir écouter un message. Donc je trouve intéressant de parler d'un sujet où il y a eu des millions de personnes qui ont écouté un message. La capacité désormais d'utiliser les algorithmes est clé pour pouvoir réussir à faire avancer un certain nombre d'idées. Donc de ce fait, il y a des codes algorithmiques qui désormais existent. Et ces codes algorithmiques, ils peuvent se travailler à différents niveaux. Et là, justement, l'exemple que je vais pouvoir montrer, montre comment pour un parterre d'à peu près une trentaine de personnes, in fine, j'ai fait un discours pour à peu près, je crois, autour de 6-7 millions de personnes à la fin. Et donc, c'est dans cette capacité à la fois à faire quelque chose d'impactant pour 10, 20, 30 personnes, qui à la fin est entendu par près de 6, 7 millions de personnes, que je trouve qu'il y a une capacité de communication désormais, avec une nouvelle appréhension à la communication, que je trouve désormais justement légitime de pouvoir exprimer à ton micro.
- Speaker #0
Trop bien. Je suis trop contente que tu nous parles de ça, parce qu'effectivement, ces deux niveaux-là, enfin, si tant est qu'il n'y en ait que deux, parce qu'il y en a peut-être même plus que ça, mais bon, en tout cas, ces deux-là dont tu parles, sont vraiment très intéressants à mettre en parallèle. Est-ce que c'était une prise de parole qui était préparée ?
- Speaker #1
Il y a deux bases. Je reviens sur le fond et la forme. Le fond était ultra travaillé parce que ça a été un sujet que je travaille activement et quotidiennement depuis maintenant plus de trois ans. Donc j'avais une connaissance du fond où je pense que sur ce sujet, je suis un des plus gros experts en France, voire même en Europe. Donc de cela, oui, ça a été dans le fond extrêmement préparé. Dans la forme, là je suis parti sur... Un discours qui était complètement improvisé parce que je ne l'avais pas écrit avant. J'en avais écrit les premiers mots, mais je ne l'ai écrit aussi que quelques minutes avant même de passer. Mais je ne suis pas arrivé seul face à des personnes. J'ai avant trois personnes extrêmement brillantes qui étaient intervenues au préalable et qui avaient posé aussi beaucoup de sujets au préalable. Donc en fin de compte, ne serait-ce qu'en les écoutant, ça m'a permis aussi de construire le discours que je voulais donner derrière. Et il y a eu un alignement des planètes entre une intention que j'avais envie d'avoir, un public en face de moi, qui m'ont permis entre le fond que je connaissais et un certain nombre d'expériences, de connaissances, de rhétoriques que je peux avoir de l'autre, de pouvoir tout bien aligner. Et de ce fait, ça a donné un très joli discours qui a été assez court en fin de compte, mais suffisamment impactant pour avoir justement les résultats algorithmiques dont je parlais tout à l'heure.
- Speaker #0
Bon, on n'y tient plus. Alors, pour nous en dire concrètement plus sur cette prise de parole, moi, ce que j'aime bien proposer à mes invités, c'est de réfléchir à ce que pourrait être le titre de cet épisode, sachant que les épisodes de prise de parole commencent par ce jour où. Quel pourrait être le titre de ton épisode, Yann ?
- Speaker #1
Ah, alors, si je veux être justement dans le thème, c'est ce jour où je n'ai pas dit de la merde. Je pourrais le prendre simplement comme ça. C'est plus simplement ce jour où, avec des mots simples, j'ai su exprimer un problème compliqué. Et de cela, j'ai cherché le bon niveau que je pouvais avoir dans une institution importante qui était au Sénat. C'est-à-dire, face à moi, j'ai des sénateurs qui sont des éminemment hommes et femmes politiques. Je devais, au regard justement de, à la fois, leur fonction et leur travail du quotidien, avoir un degré intellectuel poussé. Et en même temps, j'avais en face de moi des personnes qui n'étaient pas nécessairement experts à la fois dans le développement du commerce, dans le développement de la mode, mais qui s'y intéressaient fortement. Et donc, je devais à la fois être dans un message simple et en même temps savoir aborder des sujets compliqués.
- Speaker #0
Concrètement, c'est le jour où tu as dit merde au Sénat.
- Speaker #1
En fait, j'ai dit le mot merde au Sénat.
- Speaker #0
Tu as dit le mot merde.
- Speaker #1
et j'avoue en fait que j'ai essayé en fait j'ai fait deux points qui étaient on peut dire qu'un produit vendu par une plateforme comme Shein par exemple c'est un produit qui est non normé ou c'est un produit qui est dangereux mais si j'étais dans n'importe quel café et que je parlais avec des potes en fait je dirais vraiment c'est vraiment de la merde qui est vendue sur Shein Et que le mot merde, derrière, ça peut regrouper le vente des armes, le vente des poupées pédocriminels, le vente des médicaments, le vente des jouets dangereux, le vente des vêtements toxiques. Et donc, le mot merde est extrêmement galvaudé, extrêmement générique. Et donc, de ce fait, il permet de généraliser en un mot tous les abus qu'on peut trouver sur le site. Et en même temps, dire le mot merde au Sénat, clairement, ça ne se fait pas. Et donc, de cela, je mettais un pas de côté et en étant justement dans un langage décalé, ça permet d'avoir quelque chose qui allait nécessairement réveiller mon assemblée. Et de l'autre, j'avais un mot générique qui simplifiait le message. Et comme je simplifiais le message, je le rendais d'autant plus impactant. Et donc, c'était sur plusieurs registres, le registre de la provocation, du décalage et de l'autre, le registre de la simplification et d'efficacité.
- Speaker #0
Avant de revenir vraiment sur ce moment, ce qui s'est passé un petit peu avant, ce dont tu nous parlais effectivement, qu'il y a eu trois personnes brillantes. etc. et puis tout cet alignement de planètes dont tu parlais. Est-ce que tu peux juste nous en dire un petit peu plus sur le contexte qui t'a amené au Sénat ce jour-là ?
- Speaker #1
Les sénateurs nous ont demandé tout simplement au cours d'une commission, moi et trois collègues dans le secteur, de nous exprimer sur les complexités que connaissent actuellement le secteur de la mode et du textile dans la fabrication, dans la distribution, dans la communication vis-à-vis des plateformes asiatiques, des plateformes essentiellement chinoises. et de montrer quels étaient les impacts que connaissait notre secteur face à cette concurrence. Et de cela, on a eu un expert de l'UIT, Olivier Ducatillon, qui nous a montré en effet... toute la complexité de l'industrialisation que pouvait connaître désormais le secteur de la mode. On avait avant Johan Petiot qui était le délégué général de l'Alliance de Commerce qui montrait comment les commerces souffraient atrocement de par cette concurrence. On avait le président de l'UFIM qui est l'union qui est au-dessus de la fédération, Pierre-François Lelouet, qui montrait à la fois justement les différents dégâts qu'on pouvait avoir et à quel point la mode était essentielle. essentiel parce que Quand on achète une marque de mode, en fin de compte, on achète aussi une marque de parfum, parce que quand on a du Saint-Laurent d'un côté, on a aussi du Saint-Laurent de l'autre. Et donc la mode est clé pour non seulement vendre du coton et du cachemire, mais vendre aussi des parfums, ce qui est une industrie décisive aussi qu'on peut avoir en France économiquement et socialement. Et comment on avait besoin d'un alignement aussi des politiques sur ce sujet. Et donc chacun dont un degré d'expertise très abouti. Chacun avait montré les différentes complexités. En soi, après ces trois-là, je pense que je n'avais plus rien à dire. Parce qu'ils avaient sorti le sujet de façon très exhaustive. Donc de ce fait, ma prise de parole n'était que pour un mot de conclusion. Et c'est dans ce sens-là où j'ai essayé de synthétiser ce qui avait été dit par tous mes collègues. Et c'est peut-être justement dans ce désir de simplification que là aussi j'ai pu avoir l'impact le plus important. Parce que la simplification a permis aussi la construction d'un message qui, sur les réseaux sociaux, pouvait être plus impactant.
- Speaker #0
Tu l'as su longtemps en avance, que tu allais aller au Sénat ce jour-là ?
- Speaker #1
Non, je crois que c'était une semaine, dix jours avant. Je ne me souviens plus exactement.
- Speaker #0
Parce qu'à l'endroit de la préparation, c'est intéressant. Comment on se prépare à ça ?
- Speaker #1
L'avantage de ce type d'intervention, c'est que c'est un sujet que je travaille depuis trois ans. Je vais prendre un parallèle qui serait osé, mais... Si on me demande de me parler des enfants et de comment je gère l'éducation de mes enfants, c'est un sujet que je gère depuis 21 ans avec ma grande-fille. Donc de cela, c'est des choses qui sont profondément ancrées. Donc le niveau de préparation, dans le fond, n'est pas essentiel. Le vrai point était plutôt de se dire qui sont les sénateurs qui sont présents, qu'est-ce qu'ils recherchent comme informations. Et donc mon vrai sujet était plutôt de me mettre en position d'écoute avant tout. pour pouvoir répondre activement à leurs questions, plutôt que d'être dans un discours déclaratif. Après, sur le réseau, ce qui est sorti, c'est ce côté déclaratif. Mais mon vrai et principal rôle était avant tout de pouvoir répondre clairement à leurs questions, de par l'expertise que je peux avoir.
- Speaker #0
Donc, il n'y avait pas eu de préparation sur la forme, en tout cas particulière, qui allait avec ton expertise et son écoute.
- Speaker #1
C'est à la fois trois ans de préparation, parce que réussir à avoir une bonne prise de parole, c'est... des répétitions, je me suis fait coacher, j'ai beaucoup de travail au quotidien, ne serait-ce que dans l'écriture d'un poste, je me suis fait aussi beaucoup coacher par des experts qui sont extraordinaires. Donc il y a un vrai travail de fond que je mène depuis maintenant très longtemps sur l'amélioration de la forme et puis après, sur le fond en tant que tel du sujet de l'anti-fast fashion, oui, je maîtrise justement très bien le sujet comme je le disais précédemment.
- Speaker #0
Arrive ce jour-là, tu as donc tes collègues qui prennent la parole avant toi. Et là, arrive ton moment. Tu savais que tu allais être le dernier à parler ?
- Speaker #1
Je me suis débrouillé pour, oui.
- Speaker #0
Ah, c'était une volonté ?
- Speaker #1
Comme les trois, enfin, il y avait une logique qui était dans la chaîne de valeur de commencer par les fabricants. On était assis dans un certain ordre aussi, donc il y avait aussi cette logique. Et de cela, je trouvais... plus judicieux, justement, de pouvoir intervenir à la fin. Je prenais en effet le risque que tout soit dit au préalable. Et donc, de ce fait, c'est aussi pour ça, entre guillemets, que je n'avais rien préparé parce que je ne connaissais pas ce que les trois autres avant moi allaient clairement écrire. Donc, en fait, chaque fois qu'ils se sont exprimés, je notais dans ma tête, tiens, il a parlé de ça, il a parlé de ça, il a parlé de ça, il a parlé de ça. Et de cela, quand je suis intervenu, j'avais en partie cette volonté de synthèse, mais aussi d'amplification. C'est-à-dire de me dire comment, de tout ce qui vient à être dit, de tous les malheurs qu'on est en train de vivre actuellement, quel est le moment de l'histoire qu'on est en train de vivre aussi actuellement, et comment nous, la société, et vous, les sénateurs, vous allez être capables, justement, de stopper ce phénomène.
- Speaker #0
Ok, donc au fur et à mesure d'entendre les autres parler, tu vois bien que ce n'est pas tant sur un élément d'expertise que tu vas pouvoir apporter quelque chose, mais effectivement sur ce... Une sorte de bouquet final, en tout cas, cette conclusion qui marquera la fin des débats.
- Speaker #1
La seule expertise que j'essaye éventuellement de retranscrire, c'est une vision. de « attention, à trois ans il va se passer ça » . En gardant évidemment l'humilité, en fait, derrière de ne pas être devin et de ne pas savoir exactement ce qui va se passer, et puis d'avoir aussi la volonté politique de se dire « si on agit maintenant, ce qu'on prestant comme n'importe quel cassandre, en fait, ceci n'arrivera pas » . Mais c'est ce point, je pense, d'alerte que je voulais rajouter à ce moment-là.
- Speaker #0
Tu as conscience à ce moment-là que c'est filmé, que potentiellement ça peut... déclencher quelque chose qui va nourrir avec plaisir l'algorithme ?
- Speaker #1
Non, parce que ce n'est pas l'objectif. Je ne sais pas où est la caméra. Il y en a plusieurs d'ailleurs, en fait. Et donc, je ne sais pas du tout. Surtout, comme j'ai 30 personnes en face de moi, autant quand je vais sur un plateau BFM ou autre, là, je sais que je suis filmé parce que c'est l'objectif, évidemment, d'une télé que d'être filmé. Et même s'il y a des... interviewers, speakers et autres personnes autour du plateau. In fine, on sait qu'on est filmé. Donc là, il y a une mise en scène justement télévisée qui se construit à ce moment-là. Quand je fais un poste ou autre, là, je sais évidemment que je suis filmé et c'est l'objectif. Là, en soi, en tant que tel, pas du tout. Donc mon objectif, il est plutôt... Là, par contre, je ne m'inscris pas pour une personne. Je m'inscris pour 30 personnes. Et en fin de compte, parler à 30 personnes ou parler à 3 millions de personnes, Il n'y a pas énormément de différence. On est face à un groupe, juste la taille du groupe n'est pas la même.
- Speaker #0
Donc arrive ton moment de parler. Et quoi, est-ce que les mots viennent au fur et à mesure qu'ils sortent de ta bouche ? Ou est-ce que tu sais que là, tu vas faire un mot ?
- Speaker #1
J'ai les deux premières phrases. Parce que dans la construction des deux premières phrases, je reprends d'ailleurs la logique que je peux avoir dans des posts Instagram ou LinkedIn ou autre. Je travaille sur l'opposition entre deux concepts, qui est un je vais utiliser en langage qui n'est pas adéquat, donc je prends le mot châtier, pour avoir un mot en plus légèrement recherché. Et de l'autre côté, je vais dire le mot merde. Et donc je sais qu'en mettant une phrase X qui s'oppose à la phrase Y, je vais avoir une entrée qui va de facto pouvoir mieux en fait fonctionner et que je vais de facto aussi avoir l'attention des 30 personnes en face de moi qui ont déjà écouté activement mes trois collègues. Et donc, qui sont déjà dans un moment de fatigue évident, parce que ça fait près d'une heure et demie qu'ils nous écoutent. Donc, de cela, en fait, il faut que je réveille tout le monde. Et donc, je cherche justement ce système pour le faire. Et après, les mots arrivent assez simplement parce que j'arrive à construire tout mon phrasé comme une poésie. Et donc, j'ai des phrases qui sont à peu près identiques, de longueur à peu près identique. Et j'arrive à voir ces rebondis successifs. qui me permettent d'avoir aussi l'attention, parce qu'il y a une ritournelle, on va dire, qui se met en place. Et de cette ritournelle, forcément, c'est plus plaisant à écouter. Et comme c'est plus plaisant à écouter, je sais aussi que je capte plus l'attention.
- Speaker #0
C'est quoi ces deux phrases avec lesquelles tu commences alors, quand tu prends la parole ?
- Speaker #1
Alors, je ne les ai plus, parce que comme je ne les ai pas écrites, je ne les ai plus. Mais j'espère que vous me pardonnerez ce langage peu châtié. Mais actuellement, on laisse des Français acheter de la merde. En substance, à peu près ce que j'essaye de dire. Et donc, je montre à la fois que je dois, dans cet hémicycle, avoir un langage châtier. Et de l'autre, j'explique que c'est une honte parce que politiquement, on laisse acheter des produits dangereux à 27 millions de Français.
- Speaker #0
Oui, c'est très malin cette phrase, puisqu'effectivement, déjà, la première partie de la phrase en soi capte l'attention, parce qu'on se dit, mon Dieu, que va-t-il dire ? Je l'ai réécoutée, cette phrase, je crois même que tu dis « Pardonnez-moi ce langage Ausha dans cette vénérable institution » . Donc, en fait, tu en rajoutes, d'une certaine manière, sur ce côté « j'ai conscience de là où je suis et du respect » .
- Speaker #1
Et j'ai conscience des personnes en face de moi. D'ailleurs, on conchit... à longueur de journée les hommes et les femmes politiques, mais en fait, je sais que c'est aussi un des plus durs métiers qui existent. Où ils sont obligés de décider pour nous, de proposer pour nous, de se faire détester aussi. Donc en fait, il y a un poids qui est très complexe dans cette fonction, alors qu'ils sont souvent très peu experts sur chacun des sujets. Donc de ce fait, ils ont beaucoup de responsabilités. Donc j'ai aussi... Je ne vénère pas les sénateurs, mais par contre, j'ai une véritable... différence vis-à-vis d'eux. Donc je dois justement être à mon juste niveau quand je m'adresse au ciel.
- Speaker #0
Et donc de fait, cette première partie de la phrase rentre d'autant plus facilement en compte. avec le fait de dire on vend de la merde à des millions de français. Et alors, qu'est-ce que tu sens ? Parce que quand on balance une phrase comme ça, forcément, il y a quelque chose d'un peu magique et très subtil qui se met en place sur comment c'est reçu.
- Speaker #1
Je lance la phrase. À la fin de la phrase, je laisse un mini silence. Et je vois un grand sénateur, Yannick Jadot, qui est aussi un très grand orateur. qui me regarde et qui fait un petit sourire. Et là, je me dis, OK, cool. Yannick Jadot, qui est très impliqué aussi dans ce sujet, je me dis, ah, super. En fait, là, j'ai inscrit quelque chose, en fait, qui l'amuse. Donc, je suis à leur juste niveau. Maintenant, je dois rester, en fait, encore à ce juste niveau. Et donc, dans tout le déroulé, j'essaye d'être toujours au niveau de la première phrase pour garder... à la fois le rythme, mais aussi la qualité de ce que je vais pouvoir retranscrire.
- Speaker #0
Et du coup, qu'est-ce qui se passe après ?
- Speaker #1
Après, il se passe... On sort du scénario et la vie continue. On fait une photo, les quatre copains ensemble, et on est très contents de notre passage.
- Speaker #0
On t'en fait des réflexions juste après de cette... Non. Non.
- Speaker #1
Non, En plus, on n'est pas du genre à s'autoglorifier, en fait, nous quatre sur le point. Donc, on estime, tous les quatre, qu'on a fait le job au niveau auquel on sait le faire. Moi, je travaille sur un autre poste. Parce que je ne me souviens plus sur le KTM, je t'avoue. Il y a un autre post que je sors.
- Speaker #0
C'était en même temps que le BHV.
- Speaker #1
Je comprends. Fort actu, donc je sors un autre truc qui marche. Et Public Sénat sort la vidéo. Et la vidéo part. Et Le Figaro reprend la vidéo, la remonte différemment. Et ça part aussi. Et donc je me dis, merde, en fait, il y a du super contenu qui a l'air de très bien fonctionner. et donc je dois me débrouiller en fait que aussi sur mes réseaux ça marche un peu sachant que les gens m'octroient en fait un peu de leur temps donc ils peuvent m'écouter une fois deux fois c'est déjà beaucoup mais trois fois c'est carrément trop donc quand moi je vais le poster en fait ça va pas très bien marcher et donc j'essaye d'être très actif en me disant comment je vais me débrouiller pour que à la fois moi je le sorte sur mon insta et en même temps ça soit bien relayé aussi des deux autres côtés C'est un mix de republication de mon Insta et en même temps de reprendre la vidéo et de la rebalancer le plus vite possible. C'est un mix entre les deux pour que ça donne. Et moi, je fais 100 ou 200 000 vues, je ne me souviens plus très bien, mais les autres ont dépassé de plusieurs millions chaque fois le point. Il y a même Public Sénat qui l'a reposté quelques semaines après et ça a remarché à nouveau.
- Speaker #0
Et quand tu vois que ça marche autant, tu es étonné, tu es content et tu te dis quoi ?
- Speaker #1
Je suis content d'avoir du contenu qui passe, mais... plusieurs contenus qui ont fonctionné, donc c'est pas... En fait, j'ai eu le plaisir de me dire, ah c'est cool, j'avais vu que ça avait marché sur les 30 sénateurs, et que j'avais acquis une certaine attention à ce moment-là, et je suis ravi que ça puisse encore fonctionner. Deux, je sais que quand on dépasse plusieurs millions de vues, ça permet d'avoir un discours qui va au-delà du cercle qui m'écoute d'habitude, et donc ça va me permettre d'évangéliser mon propos auprès de beaucoup plus de millions de personnes. Et donc de cela... C'est super parce que tout le sujet politique que j'essaye de faire porter et les évolutions que j'essaye de faire porter, grâce aux différentes millions de vues qu'il peut y avoir, vont marcher encore plus. Et comme en plus on est dans un moment où l'UFCHEC a choisi à montrer qu'il y avait des jouets dangereux, que tous les jouets étaient dangereux sur la plateforme Temu ou Chine, et qu'on est au moment de Noël et que des gens peuvent acheter des jouets à ce moment-là Noël, je suis ravi que ce type de message puisse sortir. Parce que moins il y avait de gens qui pouvaient acheter des jouets de Noël, moins il y avait d'enfants qui pouvaient risquer justement leur santé ou leur vie en achetant ce type de biens. Donc je me suis dit, c'est super parce que ça va être utile derrière. Et après, c'est super parce que j'ai encore, en toute modestie évidemment, un autre contenu qui a marché, mais j'ai eu déjà d'autres contenus qui ont très bien fonctionné. Donc je n'ai pas le vertige de l'étaudement parce que je l'ai déjà vécu à travers d'autres contenus que j'ai pu lancer il y a des années.
- Speaker #0
C'est intéressant ce dont tu parles, ce truc de dire à la fois c'est super parce que d'autres médias se font écho et donc ça sert la cause. Mais en même temps, il y a aussi un enjeu que ce soit associé à moi. Non pas, j'imagine, dans une logique égotique, mais pour se dire parce qu'alors, toutes les personnes que je vais pouvoir faire arriver sur mes réseaux, c'est des personnes que je vais pouvoir continuer de nourrir derrière des messages qui me sont chers.
- Speaker #1
Je ne suis qu'un porte-parole d'une cause qui me dépasse très largement. Si je reprends des ministres comme Serge Papin, Olivia Grégoire, Véronique Louvedji, toutes ces personnes, tous ces ministres des PME, ont très activement, chaque fois dans le... Tant en fait qu'il aura été donné, on a été des ministres qui systématiquement ont fait porter le sujet. Si je reprends à la fois la rapporteuse au Sénat, mais aussi la rapporteuse à l'Assemblée nationale, par exemple Anne-Cécile Violand qui a lancé la PPL Fast Fashion, on a des personnes qui ont donné des jours, des mois de leur vie pour faire porter ce sujet. Si je prends Julia Ford ou encore Victoire Sato, on a deux personnes qui font et qui se domènent depuis maintenant des années pour que la mode soit plus durable. Si je prends justement aussi les trois autres personnes qui sont Pierre-François Lelouet, Pierre-François, ça fait plus de dix ans qu'il se bat pour que la mode, justement, en France, soit puissante. Donc de cela, je ne suis qu'une personne, en fait, de ce tout. J'ai juste un avantage, c'est qu'en effet, sur ce sujet, sur les réseaux, ma voix compte parce qu'elle se compte en millions de vues, en fait, systématiquement. Donc ça me met au... à la hauteur des responsabilités qui sont les miennes dans la capacité médiatique qui m'est donnée.
- Speaker #0
C'est très intéressant ce truc-là de justement se décorréler entre qu'est-ce que les gens vont penser de moi et plutôt de se dire quel est le message que je sers. Ça c'est des sujets dont je parle beaucoup dans la prise de parole en public, c'est-à-dire que bien souvent des personnes qui peuvent être tétanisées par l'exercice, ça les aide vachement de se décentrer deux secondes et de se dire pourquoi tu veux parler ? Tu es en train de parler de quelque chose qui te dépasse en fait. En soi, ce que les gens vont pouvoir penser de toi, ce n'est pas nécessairement le sujet.
- Speaker #1
Et un des trucs que j'ai, en effet, par exemple, chaque fois que je donne un discours, c'est au lieu de penser que les lumières sont sur moi, quand je commence à parler, je mets les lumières sur les gens. Et de ce fait, d'éclairer les gens et de vraiment regarder les gens, ça marche. J'ai toujours, chaque fois que je prends une prise de parole, une personne que je regarde dans les yeux, dans le public. Ah si, oui, tiens, c'est un petit truc aussi que j'avais appris. Grâce au coiffeur de Johnny Hallyday.
- Speaker #0
Rien que ça.
- Speaker #1
Je vais voir Johnny Hallyday il y a plus de dix ans, en concert à La Rochelle au Franco-Faulice. Et je vois Johnny qui fait son concert, et c'est extraordinaire, ainsi de suite. Et le lendemain, je reprends un train, et je reviens à Paris. Et dans le train, je me retrouve complètement par hasard à côté du coiffeur de Johnny Hallyday. Et il nous parle de Johnny, de plein de choses, c'est super sympa. Et il nous donne un de ses trucs. Qui est, par exemple, quand il chante « Que je t'aime » , il le chante à une femme dans le public. Et donc, il ne chante pas, comme au Franco, à 30, 40, une personne. Il le chante à Sylvie qui est en face, à Véronique, à Nathalie ou Zoé. Et c'est à elle qu'il lui chante « Que je t'aime » . Et cette capacité à pouvoir trouver la personne et d'avoir un message véritablement sincère à cette personne et de c'est pour elle, en fait, que je donne le message. Comme je l'ai fait par exemple, toi, tout à l'heure, je te parlais d'Yannick Jadot quand j'ai parlé. Il y a en grande partie à Yannick Jadot que j'ai donné justement aussi ce message. Et donc, je pense qu'à chaque prise de parole, j'ai toujours ce lien avec au moins une personne de l'Assemblée pour avoir quelque chose de véritablement sincère, où je ne parle pas un tout, mais je parle de façon très humaine à une personne avec une sincérité. Une intimité, en fin de compte, beaucoup plus importante.
- Speaker #0
C'est clair, ça remet le lien humain au cœur et puis ça concentre l'énergie. Donc nécessairement, l'impact est différent. Yann, qu'est-ce que tu ressors comme apprentissage de cette prise de parole, s'il y en a ? euh,
- Speaker #1
bah que, Pour être bon, il faut bosser, Et une fois qu'on a fait ça, il faut apprendre à lâcher sa feuille et y aller avec les tripes. Donc c'est un mix de sans boulot, on n'y arrive pas. Et quand on lit une feuille, il m'est arrivé parfois de devoir faire des discours en lisant, parce que j'avais peu ou pas le contenu d'avant et je n'avais pas eu le temps de le bosser. En fait, ça casse énormément le truc. Et donc, d'apprendre à se détacher, quitte à ne pas dire tout parfaitement. Quitte à oublier quelques idées, etc. Peu importe. Les gens, de toute façon, ne se souviendront jamais 100% de ce que vous avez dit. Et donc, de cela, il faut vraiment apprendre à lâcher pour pouvoir mieux s'exprimer.
- Speaker #0
Et alors, comment est-ce qu'on bosse,
- Speaker #1
Ça revient sur la passion-économie, pour tout te dire. C'est-à-dire, on est en train de dire, en fait, et c'est un grand sujet qui est, toutes les personnes, quand elles bossent, elles doivent être passionnées d'un sujet. Et je pense, en fait, qu'il n'y a pas beaucoup de passion. En tant que tel, il n'y a pas de passion ex nihilo. Je pense que n'importe quel comptable, au bout de 30 ans, il est passionné de compta. Parce qu'en fait, ça fait 30 ans qu'il fait de la compta et qu'il a un degré d'expertise qui lui rend en fait un véritable... intérêt sur le sujet, ce qui n'est pour le coup pas du tout mon cas, mais ça ne fait pas 30 ans que je fais de la compta et pour le coup je le ferai jamais. Et de cela, en fin de compte, c'est souvent par la répétition et le fait d'avoir vraiment compris, au-delà d'un premier aspect, la vraie profondeur des sujets, qu'on devient vraiment passionné par le point. Et c'est pour ça que je parle de bosser, Parce que derrière l'ultra fast fashion, si je m'intéresse à l'ultra fast fashion, c'est parce que je m'intéresse à la digitalisation. Je m'intéresse à la digitisation parce que j'ai des ordinateurs depuis maintenant plus de 30 ans, 40 ans même, ça fait 40 ans que j'ai des ordis, que en 40 ans j'ai assisté à 4 révolutions technologiques, que je vois comment le monde change avec ces différentes révolutions technologiques, et j'estime qu'il est possible qu'actuellement, de ces futures révolutions, on puisse rentrer dans des catastrophes abyssales, que Chine fait partie de ces catastrophes abyssales, et qu'il demande de voir, en le voyant, en fait de... d'affronter le sujet. Et donc, c'est parce que, un, je me suis donné une véritable expertise d'un sujet. Deux, je me suis donné du sens. Le sens étant, j'ai vu les choses, possiblement, peut-être avant les autres, donc il est de ma responsabilité de le mener à bien, qu'à la fin, je fais les choses avec passion et que ça se ressent, en fait, quand je m'exprime.
- Speaker #0
Avant de se quitter, est-ce que tu aurais un dernier conseil, comme ça, qui te passerait en tête pour les auditeurs, que ce soit lié à de la prise de parole ou non, d'ailleurs, un sujet qui est un peu brûlant pour toi ?
- Speaker #1
Je reprends et je vais reboucler avec le début. Un, il y a toute forme de communication, communication orale, communication visuelle. Toute communication qu'on va avoir, que ce soit dans la qualité de ce qu'on peut avoir avec son enfant, comme la qualité de ce qu'on peut avoir avec une personne, avec un public, que ce soit quand on fait un poste ou quand on fait un discours devant 30 à 40, 50 personnes. Et je reviens justement sur un sujet qui va être plus personnel, qui est le sujet de l'enfant. Si on veut que votre enfant vous écoute, il faut simplement se mettre à sa hauteur. Donc quand il est bébé, on prend un langage qui va être plus conforme à ce qu'un bébé va comprendre. Et donc quand un bébé a par exemple trois mois, il ne va pas comprendre nos mots. Par contre, il va comprendre qu'on essaye d'avoir un langage avec lui. Donc si on fait « oh » , il comprend quelque chose de très simple, « oh » , qu'il arrive à entendre. Et si lui, à trois mois, le répète, il va être fou de joie. Parce qu'il aura eu un dialogue avec nous. Et donc la clé d'un bon dialogue avec un bébé, c'est que je me mets à la hauteur du bébé, je prends le langage du bébé et je m'exprime à ce niveau. Si je le fais pour un ado, je le fais plutôt pour un petit garçon de 10 ans, je me mets à 1m35, 1m50 en fonction de sa taille. Et donc quand je vais lui parler, je vais mettre à sa hauteur et je vais aussi essayer d'utiliser ses mots pour qu'il puisse me comprendre. Pareil pour un ado et ainsi de suite, après pour un adulte. Et donc la clé de la communication, c'est de se mettre à la hauteur de son public et donc d'adapter systématiquement sa communication à la personne qu'on a en face, que ce soit un bébé ou encore un adulte, d'avoir l'humilité de se mettre au niveau de langage de la personne en face de vous, donc de savoir s'adapter en fonction, et in fine, de faire tout en sorte pour qu'ils comprennent ce qu'on va dire, plutôt en fait que l'obliger à essayer de vous comprendre et donc d'avoir une démarche très égoïste à ce moment-là. Et donc quand on a les clés d'humilité, quand on a les clés de sincérité et d'empathie, en fait que dans toute communication, qu'elle soit à travers des visuels, à travers des mots, à travers simplement des gestes, quand on a je pense ces trois qualités, à la fin, quel que soit son niveau,
- Speaker #0
en fait on fait un truc qui marche super bien et le dialogue se crée merci beaucoup pour le dialogue justement qui a été créé entre toi et moi et puis toi et les personnes qui vont nous écouter est-ce que tu te souviens comment je suis arrivée ici ? quand tu es arrivée ?
- Speaker #1
tu as été accueillie par un des grands collaborateurs de la FED qui s'est débrouillée pour nous trouver un endroit c'est vrai
- Speaker #0
Ce qui est intéressant, c'est prendre la parole, c'est aussi parfois oser ouvrir des portes. Et pour la petite histoire, ce qui s'est passé, c'est que moi, j'ai acheté ton livre qui est sorti il n'y a pas très longtemps.
- Speaker #1
Oui, on avait eu le dernier il y a quelques mois.
- Speaker #0
Voilà, qui s'appelle Sortez de la roue du hamster. Et j'ai lu trois pages et j'ai adoré le style. Et je t'ai tout de suite contacté sur Instagram. Ce qui peut paraître pour certaines personnes peut-être un... un mouvement d'audace ou que sais-je. Néanmoins, j'ai eu la surprise que tu me répondes et que cet entretien se mette en place assez facilement. Qu'est-ce qui fait que tu as accepté ? Ça arrive souvent ?
- Speaker #1
Alors, j'ai... J'ai la chance d'avoir pour l'instant un Instagram où il y a tous les jours, je ne sais pas, 30, 40, 100 personnes maximum qui m'écrivent. Et donc, je peux répondre à tout le monde. Et ça, c'est... Enfin, je pars du principe que les gens prennent de leur temps pour m'écrire. Donc, à moi aussi de prendre de mon temps, en fait, pour répondre à tout le monde. Et à ce moment-là, j'applique aussi ce que je peux mettre dans mon bouquin. C'est-à-dire, j'essaie d'être très efficace avec tout le monde. Ta demande était claire. Elle est sur un sujet qui m'intéressait. Est-ce que je pouvais prendre une heure de mon temps ou non pour le mettre en place ? Tout ce que tu me proposais était très agile et très simple. Et donc, il y avait tout pour pouvoir le faire. Et je m'estimais aussi légitime sur un certain niveau d'intervention. Je me disais, je peux en parler sans, j'espère, un certain intérêt pour tes auditeurs.
- Speaker #0
Trop chouette. Écoute, ça a été le cas. Moi, je me suis régalée de t'écouter. Donc, n'hésitez jamais à aller frapper à certaines portes, parfois les planètes salines, que ce soit sur Instagram ou au Sénat. Merci beaucoup, Yann.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
A bientôt. Au revoir. Merci d'avoir écouté cet épisode. J'espère qu'il t'a plu et que tu repars avec de bonnes raisons de mettre des mots sur les choses. Prise de parole est disponible sur toutes les plateformes de podcast. Abonne-toi. pour ne rater aucun épisode et n'hésite pas à laisser des avis et 5 étoiles. Ça aide beaucoup pour permettre à d'autres personnes de nous découvrir, mes invités, leur histoire et moi. Si tu souhaites nous suivre ou venir toi aussi nous partager une prise de parole qui a marqué un tournant dans ta vie, rendez-vous sur Instagram sur prisesdeparoles.podcast. Je serai ravie de te découvrir. À très bientôt !