- Speaker #0
Bonjour à toutes et à tous, et bienvenue dans le podcast Proches. Êtes-vous proche de votre famille ? Avec mes invités, on s'interroge à propos du lien que vous avez avec vos parents et vos frères et sœurs. Comprendre son lien à sa famille permet-il de mieux comprendre son lien aux autres ? Quelle est l'influence que nos proches ont sur la personne que l'on devient ? Je m'appelle Guillemette, vous êtes dans le podcast Proches, et je vous invite à rejoindre notre conversation. Hello Germain, merci beaucoup d'être avec moi ce matin et d'avoir accepté mon invitation.
- Speaker #1
Avec grand plaisir.
- Speaker #0
Tu l'auras compris, aujourd'hui l'idée est de parler de nos proches, et plus particulièrement de nos parents et de nos frères et sœurs, afin de comprendre leur influence en notre vie, sur nos projets et sur la personne que l'on devient. J'aimerais d'abord te présenter à ceux qui nous écoutent. Toi et moi, on fait le même métier et pourtant on ne s'est pas rencontrés comme ça. Mais on s'est rencontrés grâce à des amis communs dans une soirée bien arrosée. Ça a été tout de suite un coup de foudre amical, une joie immense de se rencontrer et de tout de suite se comprendre. Tu es une personne solaire, drôle, toujours là pour donner le sourire à tout le monde. Mais tu as aussi, et tu es aussi, quelqu'un de très sensible, qui se livre peu et qui selon moi est assez pudique. Maintenant, on peut démarrer notre conversation avec la question qui nous intéresse aujourd'hui. Est-ce que tu es proche de ta famille ?
- Speaker #1
Alors, bonjour à tous quand même, pour les millions d'auditeurs qui m'ont mis de côté. Oui, je suis très proche de ma famille. Que ce soit mes parents, donc j'ai encore mes deux parents, et mes deux grands frères. Donc oui, je suis très proche d'eux. Enfin, oui, proche. J'appelle ça proche. Quand je vois... Quand je vois autour de moi les relations de certaines personnes avec leur famille, je pense que je suis plutôt chanceux par rapport à ça.
- Speaker #0
Tu te sens chanceux. Ça a toujours été le 4 ou le 5 ?
- Speaker #1
Oui, peut-être plus petit. J'ai pas mal d'écarts avec mes frères. On a 8 et 10 ans.
- Speaker #0
Tu es le dernier.
- Speaker #1
Je suis le dernier. Je suis le petit chouchou, évidemment. Ça, ça pouvait peut-être plus jeune. de nous des petits conflits avec les grands frères, mais c'était mignon, il n'y a jamais eu de de méchanceté ou de haine entre nous et non, ça a toujours été...
- Speaker #0
Même à l'adolescence et tout, tous les trois toujours en harmonie en fait.
- Speaker #1
Alors, les deux grands ensemble, non. Ils se sont détestés, je crois de 10 ans jusqu'à leur 18 ans, mais à leur 18 ans ils sont devenus potes.
- Speaker #0
Ils ont combien d'écarts tous les deux ?
- Speaker #1
Ils ont deux ans.
- Speaker #0
Ah oui,
- Speaker #1
donc tous les deux c'est vraiment... C'est vraiment proche. Exactement.
- Speaker #0
Et toi, tu es le petit dernier qui est arrivé le long de la tête.
- Speaker #1
C'est ça la petite. la petite surprise de fin de parcours.
- Speaker #0
C'était une surprise pour tes parents de t'avoir ?
- Speaker #1
Alors, c'était une surprise de m'avoir aussi tard. Parce que je devais arriver un peu plus tôt, mais ça ne fonctionnait pas. D'accord. Et puis bon, ben voilà. On essaye, on verra. Et puis boum boum, c'est toqué la porte.
- Speaker #0
Et donc, ton arrivée, tes frères et soeurs, enfin tes deux frères, pardon, toi, ils t'ont tout de suite pris comme le petit...
- Speaker #1
Ils m'ont appelé bébé pendant jusqu'à mes 15 ans, je pense, tous. Donc voilà. Et ouais, c'était vraiment le petit. En plus, j'étais le petit de tous les cousins côté de mon père. Pareil, j'étais vraiment le dernier partout. Donc c'était vraiment le petit un peu, pas inespéré, mais on m'a attendu.
- Speaker #0
Et est-ce que ça t'a pas occasionné aussi un peu de solitude d'avoir cet égard-là ?
- Speaker #1
En fait, quand on a autant d'écarts, on est comme si on était enfant unique, un peu. Parce que les grands frères, mon grand frère, j'avais 10 ans d'écart avec le plus grand, il est parti à 18 ans. Moi, du coup, j'avais 8 ans, je ne l'ai pas connu beaucoup, beaucoup. Mon autre frère, c'était un peu plus, mais concrètement, après, on est avec les parents, c'est comme si on était le seul enfant de la famille. Et du coup, moi, je l'ai... Pas vécu comme de la solitude, parce qu'ils étaient quand même là et j'avais le côté positif des grands frères. Ils me sortaient.
- Speaker #0
Ah oui, ils sont beaucoup occupés de toi.
- Speaker #1
Ils sont occupés de moi. Quand ils ont 18 ans, ils ont leur voiture. Allez, viens, on va par là. Viens, on va à Disney. C'est les grands frères qui s'occupent un peu. Je ne dis pas que mes parents m'ont abandonné, absolument pas. Mais c'est le côté plus fun, en fait. Ils vont te faire sortir, ils vont t'amener les premières teufs, les premières boîtes avec tes grands frères.
- Speaker #0
Ah oui, donc il t'a mis en boîte. Ah mais t'as eu beaucoup de chance.
- Speaker #1
Là, il y a peut-être un petit peu de prescription, mais je commence à en dire. J'avais 15 ans, je crois, ou 13 la première fois.
- Speaker #0
Ah, 13 ou 15, déjà, on n'est pas sûr. 13.
- Speaker #1
Je faisais grand pour mon âge.
- Speaker #0
Et tes parents, est-ce que tu crois que tes parents, ils ont eu un rôle dans le fait que ce soit aussi... Enfin, que tes frères prennent autant de place dans ta vie, qu'ils s'occupent autant de toi ?
- Speaker #1
Je...
- Speaker #0
qui ait créé une sorte d'harmonie, de lien entre vous, parce que c'est pas foncièrement évident. D'autant plus, comme tu disais, ton frère aîné qui est parti tôt de la maison.
- Speaker #1
Je sais pas s'il y a vraiment eu un... Pour moi, ça s'est fait assez naturellement, les liens entre nous trois, en tout cas. Ma mère nous a toujours dit qu'elle adorerait qu'on soit tous les trois fusionnels et tout, mais il n'y a jamais eu de volonté de faire plaisir à nos parents pour ça. Ça s'est vraiment fait naturellement, en fait. Parce que... On n'est pas sûr qu'on serait forcément potes dans la vie. Il y aurait des coups de foudre comme nous, on a eu, tu vois. Mais on s'entend très bien. On est tous les trois très différents, mais on s'entend bien. Ça n'empêche pas que parfois, effectivement, il peut y avoir des accords et des frictions. Mais concrètement, c'est la famille, putain. Donc, tu fais toujours en sorte que ça se passe bien.
- Speaker #0
Ça, c'est un truc qui fait partie de ta personnalité quand on te connaît. Faire en sorte que ça se passe bien. On en a beaucoup parlé, toi et moi, de ça. Le fait que quand tu arrives dans un groupe, ou bien que ce soit un groupe de tes amis, un groupe de collègues, partout où tu vas, tu te sens un peu ce besoin de il faut que tout se fasse bien Il faut que ça aille.
- Speaker #1
Effectivement, c'est dommage s'il y a des tensions ou s'il y a quelque chose où il faut en tout cas régler le problème. Ça se passe bien, mais pas en faisant ça sur le tapis. C'est ridicule. Il faut parler de trucs.
- Speaker #0
Comment tu règles les problèmes, toi ?
- Speaker #1
Comment je règle les problèmes ? Moi, j'aime bien parler. Après, des fois, le clash, ça fait du bien aussi à certaines personnes de les mettre devant leur... leur comment ? Leur contradiction. Et puis voilà, de dire, arrêtez de faire des fausses semblances. Vas-y, on parle, on y va maintenant. Ça marche avec les amis, avec les frères. Mais moi, après les amis, si c'est trop souvent compliqué, moi, je vais m'arrêter là. Parce qu'il n'y a pas ce lien familial où la famille, tu te sens quelque part obligé, du fait des parents, qu'on disait tout à l'heure, mais pas forcément parce qu'ils t'ont dit j'aimerais vraiment que vous m'entendiez bien parce que ça fait chier pour eux si tes enfants ne t'entendent pas. Dans notre métier, on le voit, quand les parents, leurs enfants s'entendent, ils se déchirent ou quoi que ce soit, c'est déchirant. Moi, en tout cas, ça me fait de la peine. Quand je vois des parents où les enfants se déchirent. parce que des fois on le voit c'est vraiment il y a de la haine tu es notaire oui voilà pas trop dessus on va avoir des problèmes mais voilà là on fait l'effort en famille on fait l'effort de régler et puis si on doit prendre sur soi on prend sur soi et c'est comme ça avec les amis non ça pour moi c'est pas possible donc on essaye de régler évidemment c'est toujours plus sympa que tout le monde s'entende bien mais s'il y a des gens qui ne s'entendent pas les gens ne s'entendent pas on lâche l'affaire et on s'entend pas
- Speaker #0
Et donc là, on parlait de tes frères et vis-à-vis de tes parents, commençons par exemple par ta maman. Quel lien vous avez aujourd'hui ?
- Speaker #1
Ma mère, c'est toute ma vie, comme on dit. Ah oui, la maman, c'est... La maman. La maman. C'est... surtout pour un petit garçon, je ne sais pas si c'est cliché de dire ça, mais en vrai... Enfin moi, en tout cas, ma mère, c'est toute ma vie. Parce que... Parce qu'il y a un lien... Justement, le fait que je sois... Quand je dis que j'étais un peu élevé enfant unique, c'est pour moi. C'est ça, c'est-à-dire que ma mère, les grands, ils étaient adultes, ils étaient déjà élevés, quoi. Donc, il n'y avait plus que le petit à s'occuper, quoi.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Donc, il y a quand même une attention particulière.
- Speaker #0
Oui. Donc, vous avez un lien très fort.
- Speaker #1
Il y a un lien fort, même,
- Speaker #0
aujourd'hui. Un lien, pas forcément plus fort, mais différent de toi avec elle et de tes frères avec elle. Tu le sens ou pas ?
- Speaker #1
Oui, mais je ne dirais pas que ça vient forcément. Mon grand frère, le grand, il n'est pas très famille pour le coup.
- Speaker #0
Ça veut dire quoi pas très famille ?
- Speaker #1
Il n'est pas très famille, il ne va pas forcément... De nous, il va prendre des nouvelles, ça y est, c'est pareil, ça met un peu de temps.
- Speaker #0
De tes frères, tu veux dire ?
- Speaker #1
Oui, de mes parents. Mais il peut rester un mois sans téléphoner à ma mère ou un mois sans un truc. Ah oui ? Voilà, je n'appelle pas ma mère tous les jours, on s'appelle au moins une fois par semaine. mais la famille les cousins, les cousines on n'a pas des milliards et mon frère il ne va pas les rechercher C'est pas un truc qui le... Moi, j'aime bien les cousins, les cousines. On n'en a pas 14. Et puis, en plus, on s'entend bien. Donc, voilà, je vais prendre des nouvelles. Et j'aime bien les voir. Et c'est vrai que du coup, avec ma mère, il n'a pas forcément la même relation que moi. Il n'a pas du tout même la même relation.
- Speaker #0
Pas la même proximité, en fait.
- Speaker #1
Non,
- Speaker #0
absolument pas. Il ne partage pas le quotidien ?
- Speaker #1
Non,
- Speaker #0
non, non. Donc, il y a les fêtes de famille ou les dimanches midi où on se retrouve tous ?
- Speaker #1
Exactement. Mais il n'y a pas... Il n'y a pas beaucoup plus que ça après. Mon autre frère un peu plus quand même.
- Speaker #0
Et en plus,
- Speaker #1
il vit vraiment à côté chez mes parents, pas très loin. Donc avec les petits-enfants et tout, forcément, il y a plus de proximité.
- Speaker #0
Il a combien d'enfants, ton frère ?
- Speaker #1
Donc le grand-grand, il en a un. Il a 15 ans, un garçon. Et le deuxième, il en a deux. Un garçon de 15 ans aussi. Il m'avait la même année. Et une petite de 10 ans.
- Speaker #0
Et donc ce frère-là, lui par contre, il est plus à appeler ses parents, à prendre des nouvelles.
- Speaker #1
Pas forcément, mais en tout cas, il est plus proche en termes d'intimité. Je ne sais pas comment dire, mon grand frère est un peu plus distant avec les parents.
- Speaker #0
Oui, donc même dans les moments où vous retrouvez ton frère aîné, il a un caractère plus distant.
- Speaker #1
Oui, exactement.
- Speaker #0
C'est marrant ça, de voir un peu la place que chacun a. Moi, je pense que quand on a une fratrie, on a souvent une place qui est un peu... détermine,
- Speaker #1
ça fait pas comment en fait mais j'avais eu cette théorie j'avais une collègue une fois qui avait eu trois garçons aussi et dès qu'il y a trois garçons on a trois filles, c'est con mais il y a quand même une il y a une espèce de à chaque fois les parents te diront le premier c'était l'enfant modèle, c'était nickel le deuxième t'as toujours les petits problèmes t'auras toujours les, parce que justement il y a le troisième qui arrive que c'est plus le dernier et Mais l'enfant adorable, mais qui a besoin de se faire remarquer. Et le troisième, le petit chouchon, qui peut être un petit trou du cul aussi quand même, mais que final, il aura toujours ce qu'il veut quand même. Et franchement, moi je l'ai vu sur des copines avec trois filles, trois seuls. Et c'est con, mais j'ai l'impression de le voir tout le temps. Le schéma se répète.
- Speaker #0
Et alors est-ce que toi tu te reconnais dans cette place de dernier ? Oui. T'as dit tout à l'heure que t'étais le chouchou.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Est-ce que tu te comportes comme un chouchou ? Non,
- Speaker #1
absolument pas. Là-dessus c'est juste que j'ai envie de dire deux faits. Mes parents avaient mes deux grands frères à s'occuper. Et ensuite moi j'étais tout seul. Forcément j'ai plus de temps avec les parents.
- Speaker #0
T'avais plus d'attention forcément.
- Speaker #1
J'ai plus d'attention. Ils en ont vu avant moi. Moi, j'étais un bon élève, je ne faisais pas de conneries. Donc, il me laissait une largesse très importante. Je faisais ce que je voulais, mais en même temps, il y avait le contrat de confiance avec Darty. J'étais tranquille, tu vois.
- Speaker #0
C'est quoi ce contrat de confiance, justement ?
- Speaker #1
J'avais les bonnes notes, je ne faisais pas le coup en classe, je ne faisais pas le coup en dehors. Je voulais aller avec mes frères quelque part, j'étais invité chez les potes. Aucun problème. Je n'avais pas de nom. On te fait confiance. On me fait confiance. Il y a toujours eu cette confiance.
- Speaker #0
Donc, ça t'a octroyé la liberté. Le contrat, c'était je ne fais pas de vagues et à côté, j'ai la liberté dont j'existe.
- Speaker #1
Mais je n'en voulais pas en plus de vagues. Je n'ai jamais voulu faire des conneries. Ça n'a jamais été mon... Il n'y avait aucune volonté de me faire remarquer. Par rapport à ça. Ah oui ?
- Speaker #0
Parce que tu aimes bien qu'on te remarque quand même.
- Speaker #1
Non, justement. Je ne supporte pas qu'on le dise. T'aimes bien te faire remarquer. Ça, c'est un truc qui me fait vriller.
- Speaker #0
Pourquoi ça te fait vriller ?
- Speaker #1
Ça me fait vriller parce qu'il y a un côté faux dans la relation. Des gens qui ont besoin d'attention, pour moi, il y a toujours un côté pas sincère.
- Speaker #0
Ah, tu le vois comme ça ? Ouais. Tu trouves que c'est des gens qui manquent de sincérité ou qui n'arrivent pas à être sincères avec les autres ?
- Speaker #1
Mais quand t'as un besoin d'attention, tu veux que tout le monde t'aime. forcément tu peux pas être pareil avec tout le monde parce que tous les gens sont différents donc moi les gens m'aiment bien en général mais pas parce que je change de comportement avec différents types de personnes, je suis toujours pareil je veux dire je change pas de comportement donc je reste sincère dans ce que je fais, dans ce que je dis. Si je rencontre des gens, je ne vais pas mentir sur quoi que ce soit, ou sur ma façon d'être ou ma façon de faire. Il n'y a pas de mensonge là-dedans.
- Speaker #0
En fait, pour toi, c'est ça, c'est le mensonge qui te... Tu as l'impression que ces gens-là, ils mentent pour pouvoir justement plaire ou avoir l'attention de tout le monde. Et ça te touche autant que ça ?
- Speaker #1
Ça m'énerve. En fait, on me l'a dit deux fois, pour être très honnête. Et les deux personnes qui me l'ont dit, qui étaient très proches de moi, je pense qu'elles étaient jalouses. Quand il y avait d'autres personnes qui...
- Speaker #0
Pourquoi ? C'était quoi la situation en fait ?
- Speaker #1
Les deux, c'était des... Ils me disaient que j'étais leur meilleur ami à chaque fois. mais c'était, fallait que ça soit assez exclusif fallait pas que j'ai trop de potes ou fallait pas ça a jamais été dit clairement mais ça se sentait qui faisait la gueule en soirée quand je tu m'as vu en soirée, quand je parle avec des gens je m'intéresse aux gens, j'aime bien j'aime bien rencontrer des gens même si c'est que pour une soirée, j'adore ça j'aime l'humain et j'aime la fête donc forcément c'est un peu ça, ouais Et voilà, de prendre des petites réflexions, parce que de toute façon, t'as besoin de ça. T'as besoin de ça, t'as besoin d'être aimé par tout le monde. Et là, moi, ça me fait... Je dirais parce que c'est pas ça le but de mon truc. C'est pas que les gens me disent Oh là là, t'es génial ! Non, c'est juste qu'on a passé un bon moment tous ensemble. Et j'ai rencontré des gens, et même si je leur reviens pas demain, je leur reviens pas demain, c'est pas grave. Et c'est pour ça, surtout, que ça m'avait vrillé, parce que c'était ces personnes-là.
- Speaker #0
Ce qui t'a fait vriller, c'est qu'elles te disent Germain, t'en as besoin.
- Speaker #1
Ouais,
- Speaker #0
exactement. En même temps, est-ce que c'est un vrai problème d'aimer briller ? Moi, je pense sincèrement que tu aimes bien briller, mais pas dans le sens négatif du terme, je ne le vois pas du tout comme un truc négatif. Mais tu aimes briller parce que tu es quelqu'un qui a une personnalité qui est forte, déjà. Tu es bien aligné avec toi-même, tu es bien en ta peau. Déjà, je pense qu'il y a peut-être peu de gens qui le sont. Et donc, nécessairement, tu vas plus facilement vers les autres. Mais tu aimes bien ça aussi. Tu aimes bien qu'on te regarde aussi, je pense. Mais ce n'est pas... forcément que ton abri est partie de ta personnalité. Moi, je pense que si tu arrives dans une pièce, qu'on soit 10 ou qu'on soit 50, on va le voir, Germain, on va l'entendre, on va le sentir, on va le voir danser. Mais c'est ce qui fait tout ce qui est beau chez toi, en fait. Mais moi aussi, je pense quand même qu'il y a une partie de toi qui est bien brillée. Oui,
- Speaker #1
oui, oui.
- Speaker #0
Et pourquoi c'est difficile de le dire ? Ça, c'est marrant quand même.
- Speaker #1
Parce que je trouve ça assez négatif,
- Speaker #0
en fait.
- Speaker #1
Ouais, un peu.
- Speaker #0
Pourquoi c'est négatif ?
- Speaker #1
Parce que je pense que c'est les deux autres qui m'ont mis le truc là-dessus, en mode comportement un peu narcissique, tu vois. Oui. Alors que je suis tout sauf ça.
- Speaker #0
En fait, quand les gens nous disent quelque chose, ça les renvoie toujours à eux-mêmes. Bien sûr. C'est bien que c'est ça. Mais du coup, comme tu dis, il y avait sûrement de la jalousie qui est entrée en jeu. Mais ! Je pense aussi que quand les gens te disent quelque chose, et des gens qui sont proches de toi, des amis, de ta famille, il y a peut-être un petit quelque chose qu'il faut retenir, en fait. Peut-être qu'il y a une petite phrase, un petit mot,
- Speaker #1
ce qui est vrai. C'est sûr qu'on ne va pas se mentir sur le fait que quand les gens disent le lendemain Ah, mais ils t'ont adoré oui, ça fait toujours plaisir à entendre. T'aimes bien ? C'est sûr, évidemment.
- Speaker #0
T'aimes bien. T'aimes créer le positif autour de toi, mais t'en as peut-être en quelque sorte besoin. Et donc, le fait que tu sois scolaire... Ouais, mais... Toi, t'as ce côté solaire, t'as ce côté...
- Speaker #1
Oui, solaire, ça me plaît. Entendre ça, j'aime bien. On me le dit souvent, et ça, ça fait du bien à entendre. Parce qu'il n'y a pas une volontarielle de l'être, mais c'est juste que si ça peut être cool pour les gens, tant mieux.
- Speaker #0
Moi, je pense que ça peut être cool pour les gens, et c'est cool pour toi aussi. C'est donnant-donnant. Oui. Comme tu l'as dit, s'il y a une soirée... Il y a de nouvelles personnes, t'adores ça. C'est un truc que t'adores, c'est aller vers l'autre, découvrir de la nouveauté. Tu peux être qui t'as envie d'être aussi. Parce qu'en réalité, ce fait d'être toujours solaire, toujours joyeux, toujours vers les autres.
- Speaker #1
Tu choisis ce que tu donnes.
- Speaker #0
Tu choisis ce que tu donnes.
- Speaker #1
Tu choisis ce que tu donnes, mais toujours pareil, sans mentir. Ah,
- Speaker #0
mais c'est pas forcément mentir.
- Speaker #1
Tu choisis ce que tu donnes, tu donnes des parties de toi. Mais exactement, tu gardes le contrôle de tout ça.
- Speaker #0
Oui, toi tu gardes le contrôle de tout ça.
- Speaker #1
Justement, on parlait de soirées, on parlait des gens qu'on ne verra pas forcément. Alors, tu peux te livrer à des gens que tu ne connais pas. Et d'ailleurs, moi ça m'a servi de temps en temps de parler à des presque inconnus et de te livrer plus avec eux qu'avec justement ta famille ou tes amis proches. Parce que des fois, c'est plus simple de parler à des gens de choses hyper intimes. avec des gens qui ne sont pas forcément autour de toi tous les jours.
- Speaker #0
Et pourquoi ?
- Speaker #1
Je pense que c'est une peur complètement irrationnelle du regard de tes proches. Parce que tu partages tellement de trucs avec eux, que tu peux te demander si tu leur dis ça, est-ce que ça ne va pas changer un peu la façon dont ils peuvent penser ou quoi que ce soit. Et ça c'est assez... C'est assez irrationnel, je pense. Et des fois, c'est plus simple de parler. Parce que tu dis à la personne, même si elle te juge, je t'en fous, tu ne la reverras pas. Donc, il y a un côté. Et au final, j'ai appris beaucoup de choses dans des conversations comme ça, avec des gens que tu rencontres en soirée, qui ne sont pas forcément si futiles et si inutiles que ça. Mais moi, des fois, j'ai l'impression d'avoir rendu des services à certaines personnes. Donc, tu te dis... Et des fois, les proches, c'est bien de parler, mais après...
- Speaker #0
Moi, je relis ça à ce que tu as dit tout à l'heure et un peu ce que je t'ai dit aussi. Le fait qu'il faut toujours que tu fasses tout pour que tout se passe bien, pour que les gens soient bien autour de toi. Et je pense que cette personnalité que tu as de toujours être joyeux, de toujours te montrer en tout cas positif, peut-être que parfois, tu n'as pas envie de te montrer positif, mais qu'est-ce qui va se passer si moi, Germain, je dis aujourd'hui, non, écoutez, là, je ne vais pas réussir à sourire, je ne vais pas réussir à danser parce qu'aujourd'hui, je ne suis pas dans ce mood-là. Mais en fait, si tu le fais tout le temps, les proches s'habituent à ça.
- Speaker #1
Oui, bien sûr.
- Speaker #0
Donc est-ce que ça ne va pas déséquilibrer ?
- Speaker #1
Ça effectivement, tu mets le doigt sur un truc hyper important. Ça m'est déjà arrivé deux ou trois fois quand tu es assez solaire et que tu ne fais jamais la gueule. Et que tu es plutôt bien en général. Et des fois, t'es fatigué, des fois t'as pas envie, des fois t'as pas... Quand j'ai pas envie, en général, j'ai pas envie. Donc je ne viens pas, ou voilà. Ou je reste avec le cercle très proche, tu vois. Mais ça va être perçu beaucoup plus violent quand justement des personnes comme toi et moi, on va faire la gueule, on va pas être content, ou on va dire j'ai pas envie, que des personnes qui font la gueule de façon récurrente. Ça va être plus choquant.
- Speaker #0
On attend plus.
- Speaker #1
On attend, voilà, c'est vrai. Ça, je suis d'accord. Parce qu'on peut regrouper plus sur toi aussi. Oui, mais en même temps, c'est aussi, comment dire, la contrepartie de nos personnalités. J'arrive à te dire. Quand tu donnes beaucoup aux autres, ils en attendent des fois beaucoup aussi. Donc ça, ça s'apprend aussi. de dire non, je ne suis pas forcément dispo pour toi. Non, je ne suis pas forcément... Là, je suis fatigué, je n'ai pas envie. Ou là, j'aimerais peut-être prendre un peu de temps pour ma personne. Peut-être pas forcément tout le temps pour les potes.
- Speaker #0
Tu y arrives, ça, un petit peu, maintenant ?
- Speaker #1
C'est tout récent,
- Speaker #0
en vrai. Tu as eu un déclic ou est-ce que c'est...
- Speaker #1
L'âge, déjà. L'âge ? Attention, ça va être très intense. Non, mais c'est vrai, il y a des périodes... Ça fait très vieux con de dire ça, mais quand tu passes les 30 ans, déjà, tu fais un petit bilan. Oui. Mine de rien. Tu fais un petit bilan sur ce que t'aimes, ce que t'aimes plus, ce que t'as envie de faire, ce que t'as plus envie de faire. Et sur ce qui s'est passé, ce que t'as envie de revivre, ce que t'as pas envie de revivre. Et surtout, sur ce que t'as envie de faire. Où tu veux aller. Et là, j'ai bientôt 35.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et je me dis... Les leçons des 30 ans ont bien été prises, donc ça c'est cool. Mais en fait, je crois qu'il y avait d'autres leçons à apprendre un peu plus, mais je n'étais pas encore en mesure de penser peut-être un peu plus à moi, de dire non à certaines choses, de dire non, on n'a pas forcément besoin de sortir ce soir, non, on n'a pas forcément besoin d'aller à cette soirée, le dire non, j'en ai assez, là non, je n'ai pas envie. de plus forcer à faire quoi que ce soit.
- Speaker #0
Ah oui, donc tu t'es forcé. Mais quand on se force, est-ce qu'on ment pas un petit peu, du coup ?
- Speaker #1
Bah si,
- Speaker #0
justement. Oui,
- Speaker #1
mais c'est ça. Tu vois, ça touche à ça, en fait, chez toi. C'est bien sûr, c'est de dire des fois, peut-être des soirées où j'aurais pas forcément... Mais parfois, t'as des surprises, donc tu te dis, bon, et puis en fait, non, au bout d'un moment, t'as pas envie, t'as pas envie, en fait.
- Speaker #0
Donc quand on a du mal à s'écouter, on peut mentir un petit peu aux autres aussi ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Peut-être que c'est pour ça que ça t'énerve autant quand les gens mentent ou quand les gens ne sont pas sincères. Comme tu l'as dit, tu as commencé par ça. J'ai besoin que les gens ne soient pas sincères. Toi, tu t'es vertueux à l'être et en même temps, parfois, tu ne l'es peut-être pas.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Mais c'est ça quand on est contrôleur.
- Speaker #1
C'est ça. Et puis, on apprend même à 35, 40, 45, on apprend plus les choses.
- Speaker #0
Mais oui. Et puis surtout, je crois que passé la trentaine, on apprend qu'on a des paradoxes. Et on le vit bien, quoi. Je crois que c'est un peu ça. Moi, je le vois un peu comme ça. Moi,
- Speaker #1
je suis d'accord.
- Speaker #0
C'est cool. En fait, moi, j'ai passé un temps de ma vie à me dire... Je suis sûre que j'ai des principes, que j'ai des valeurs. Je les ai toujours aujourd'hui. Mais je comprends plus de choses. J'ai plus de recul, je crois, aujourd'hui sur tout ça. Et tu vois, c'est pour ça que j'ai eu envie de faire ce podcast. Parce que je trouve qu'avec sa famille, on se construit avec certaines valeurs. C'est tellement intéressant de voir si ces valeurs-là, aujourd'hui, comment ça nous influence, en fait.
- Speaker #1
Bien sûr. C'est hyper... Il y a ce que tu donnes à la famille, les bases. Et ça, les bases, pour moi, tu les gardes à vie. Et c'est là que je vois, je ne vais pas faire ma psychologie de trottoir, mais c'est là que je vois la différence entre un foyer stable et un foyer instable. Quand je dis un foyer instable, ce n'est pas forcément parce que tu as eu des parents, des vorses, quoi que ce soit. Parce que stable et instable, c'est juste, est-ce que même tu peux avoir eu qu'un papa, qu'une maman ou deux papas et deux mamans, la stabilité... C'est quelque chose d'hyper important. C'est-à-dire, est-ce que c'était... Quand t'es gamin, t'as besoin d'avoir un truc toujours pareil. T'as besoin d'avoir une des personnes à qui tourner. T'as besoin d'avoir un cadre. C'est hyper important. Et tu le vois, et tu le vois ensuite, et c'est hyper important l'effet que ça a sur la vie d'adulte après. Moi, je vois dans mon... J'ai un groupe de potes. On voit les gens... J'aime bien ce mot, câblés. Les gens qui sont câblés, les gens qui sont pas câblés.
- Speaker #0
Qu'est-ce que ça veut dire pour toi ?
- Speaker #1
Câbler, ça veut dire que ils ont eu, pour moi, la base de vivre ensemble et du fonctionnement entre humains. Ils ont eu... C'est même pas une question... Il y a la politesse, mais il y a aussi des trucs tout cons, du genre...
- Speaker #0
Comment se respecter.
- Speaker #1
Comment se respecter soi-même, comment respecter les autres. L'importance, pas forcément des études, mais du travail, l'importance des relations que tu peux avoir avec les gens. Et ça, tu le vois. Tu le vois sur la différence entre...
- Speaker #0
Comment ils traitent les gens ?
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Ça,
- Speaker #1
je suis très d'accord avec toi. Surtout eux-mêmes. Moi, c'est ça qui m'a... Je vois, tu sens les cassures, tu sens les blessures. Alors pareil, quand t'es un peu plus jeune, t'essaies d'aider tout ça. Tu dis, j'ai un pote qui dit, tu prends la carte du Superman et puis tu vas aider tout le monde. C'est vrai. Et puis en fait, tu te rends compte que... Enfin,
- Speaker #0
pour que tu puisses le faire, mais toi, t'as voulu le faire en tout cas.
- Speaker #1
Tu le fais pour certains potes et puis au bout d'un moment, t'arrêtes. Parce que tu sens que la base de base, c'est quand tu veux aller mieux, il faut que tu veuilles aller mieux. Peu importe si t'es pote, t'es parent-aide ou quoi que ce soit.
- Speaker #0
Et comment on va mieux alors quand on n'a pas cette bonne base selon toi ?
- Speaker #1
Comment on va mieux ? Je ne sais pas. Je ne sais pas parce que ça, il y aurait 10-15 ans, je t'aurais dit, je veux plein de solutions. Et non, il n'y a pas de solution. C'est peut-être déjà commencer par aller voir un professionnel avant tout. Qu'est-ce qui te bloque dans la vie ? Qu'est-ce qui t'a bloqué ? Qu'est-ce qui fait que... Est-ce que c'est forcément dans l'enfance ou pas ? Est-ce que tu as manqué d'une figure paternelle, maternelle ou pas ? C'est totalement autre chose. Mais déjà, commencez par ça.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai.
- Speaker #1
Commencez par ça. Et écoutez les autres.
- Speaker #0
Oui, ça, ce serait déjà beaucoup. Tu parlais de foyer stable tout à l'heure. C'est quoi pour toi ? Ce serait quoi ton foyer stable ?
- Speaker #1
Mon foyer stable serait quand même... Déjà, la base, c'est les parents. Bien. Dans leur tête, déjà, des parents qui sont bien, des parents qui ont envie d'avoir des enfants, ce qui n'est pas toujours le cas, malheureusement on l'a vu, des parents qui sont prêts à avoir des enfants, prêts psychologiquement, je pense qu'on n'est jamais prêts quoi qu'il arrive, ça te demandera n'importe quel parent, ils ne sont jamais prêts.
- Speaker #0
Jamais le bon moment.
- Speaker #1
Jamais prêts. Mais voilà, dans leur tête, ils sont prêts à se dire de penser à quelqu'un d'autre qu'eux pendant 20, 40, 60 ans. Et... Et la stabilité ne passe pas forcément par deux personnes. Je pense qu'une personne bien entourée peut élever clairement des enfants, même seule, elle peut élever correctement un enfant.
- Speaker #0
Donc toi, ton foyer serait commun ?
- Speaker #1
Moi, idéalement, j'aimerais être en couple, puisque ce qui me fait peur, justement, c'est la charge physique et mentale d'avoir un enfant.
- Speaker #0
Tout seul.
- Speaker #1
Tout seul. C'est dur. Je le vois autour de moi. C'est dur, un enfant. Il y a des couples qui sont détestés par tout le monde, qui vont dire, moi, elle m'a fait 12 heures la première nuit. Bon, je pense que tu les mets en place publique. Ils se font lier. Ils ne durent pas 5 minutes. Mais tu en as d'autres qui arrivent, qui sont, qu'on les balise jusqu'en bas et qui te disent, moi, c'est dur là. Et tu sens qu'ils sont au bord du craquage. Et tu te dis, mais au moins, il y a quelqu'un avec eux. Quand tu es tout seul. Et c'est dur, quoi. Franchement, c'est dur. Et tu te dis...
- Speaker #0
T'as peur de ça ?
- Speaker #1
Ouais. Mais, comme dit mon père, la peur n'évite pas le danger, déjà. Premièrement. C'est joli, ça. C'est beau, ça. Et...
- Speaker #0
Tu lui parles de ton papa, d'ailleurs, après.
- Speaker #1
Et ça m'empêche... Et surtout, ça ne m'empêche pas de l'idée d'avoir un enfant.
- Speaker #0
Absolument pas. T'as envie d'avoir un enfant. Ouais.
- Speaker #1
Ouais, ouais, carrément. Le tout seul serait possible, mais changement d'organisation de vie, je pense, vraiment.
- Speaker #0
Ah bah oui, mais ça c'est comme... Implicatoire. Que tu sois deux, quatre ou cinq.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Ce sera un changement.
- Speaker #1
Mais idéalement en couple, ouais. Et qu'on le veuille tous les deux. Ce serait quand même plus sympathique.
- Speaker #0
Tu te mets la pression avec ça ou pas ?
- Speaker #1
Je me la suis mise. Ouais. Pareil, 30 ans. 30 ans, il faut continuer.
- Speaker #0
Il faut avancer. Il ne faut pas être tout seul. Tout ce que nous dit...
- Speaker #1
Tout ce qu'il sait, en fait. C'est vraiment... C'est ça. Et puis, tu te mets la pression pour être en couple. Tu te mets la pression pour avoir un enfant. Tu te mets la pression pour tout. Et puis, en fait, tu te rends compte que c'est débile. Mais tu l'as fait quand même. Je pense qu'il y en a plein qui l'ont fait.
- Speaker #0
Et qui le font encore.
- Speaker #1
Qui le font encore. Mais je ne pourrais jamais les blâmer. Parce qu'il y a une telle... La pression, même si elle n'est plus aussi violente qu'avant... Non, Avec les grands-parents, les tatas, au dîner, au dimanche. Ah bah alors, toujours ton style ?
- Speaker #0
On te pose juste la question différemment.
- Speaker #1
Oui, c'est différent.
- Speaker #0
C'est un peu mieux à amener, mais c'est la même question.
- Speaker #1
C'est toujours la même question, toujours le même fond. C'est toujours la même... Anyway. Le dimanche, le dîner, à la même heure.
- Speaker #0
Alors ? Toi,
- Speaker #1
alors ? Et encore, je suis un mec. Chez une nana, c'est pire.
- Speaker #0
Oui, on a d'autres choses à gérer.
- Speaker #1
Oui, largement. Et alors ? Tic-tac ? Je pense qu'il pourrait partir en cacaouette. Mais je ne sais plus ce que je disais. Mais c'était hyper intéressant.
- Speaker #0
En tout cas, ce qu'on peut retenir, c'est ça, c'est que tu t'imagines bien avec un enfant, que tu te poses la question d'être tout seul, d'être en couple. Et je crois que c'est ce que notre génération a changé par rapport à nos parents. c'est que nous on envisage finalement la famille dans le sens finalement plus large avec d'autres possibilités et ça je crois que c'est une chose qui est plutôt chouette parce qu'on voit bien qu'il y a des limites avec nos parents de ce dont on peut discuter tu vois d'être maman célibataire, papa célibataire entre nous c'est des sujets qui paraissent totalement possibles après comme tu dis dans les faits c'est difficile mais en tout cas on en discute c'est plus ouvert et je crois que c'est ce que tu étais en train de dire que tu t'étais enlevé cette pression
- Speaker #1
un petit peu.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui a fait ça alors ?
- Speaker #1
Pareil, c'est de la... Ça fait très vieux quand on... Toujours pareil de le dire, mais c'est avec le temps que tu comprends ça. Tu dis qu'en fait, plus tu te mettras la pression, moins ça fonctionnera. Plus il y aura cet aspect ultimatum que tu as mis d'abord, mais que tu te mets ensuite toi-même. Moi, je m'étais mis ça. Il y a 35 ans, si j'ai personne, je commence le processus d'adoption. Je m'étais dit ça dans ma tête. 35 ans, t'en as un.
- Speaker #0
Tu l'avais dit ça à quelqu'un ou tu l'avais toi en tête ?
- Speaker #1
Non, je ne te l'avais pas dit ça ? Non,
- Speaker #0
je ne crois pas.
- Speaker #1
Je m'étais dit, je commence ça et puis on verra. Et en fait, je disais ça quand j'avais 31-32. Ouais. 35 ans, c'est longtemps. Et en fait, non. Il est arrivé comme une...
- Speaker #0
Pourquoi tu ne l'as pas fait à 35 ans ?
- Speaker #1
Parce que pour l'instant, j'ai encore cette... C'est l'idéal et puis le process de l'adoption seul ne m'enchante pas plus que ça non plus. Dans le sens vraiment process d'adoption. Bon, à deux, ce n'est pas beaucoup plus simple. Au final, des fois, c'est plus simple d'être seul pour adopter.
- Speaker #0
Pourquoi tu dis que ce n'est pas simple ? Enfin, quand t'es tout seul, de quoi tu veux parler ?
- Speaker #1
Là, c'est vraiment du concret. C'est-à-dire faire les trucs... Bon, après, évidemment, t'as plein de tests de psy, donc ça n'a aucun problème, c'est normal. Ils vont regarder ton patrimoine, ils vont regarder tout ça. Mais d'être sur une liste d'attente, de se dire... C'est ça qui me...
- Speaker #0
Parce que ça, ça fait partie du concept même d'adopter.
- Speaker #1
Oui. C'est le côté process un peu long qui va me...
- Speaker #0
D'être de le vivre tout seul en fait. T'as envie d'avoir une épaule avec quelqu'un.
- Speaker #1
C'est quand même quelque chose de dur. Pour moi c'est dur avant toute chose, c'est un bonheur infini après, mais c'est dur au début. Donc c'est pour ça qu'à deux ça peut être un peu plus simple. Et puis après j'ai rencontré les gens. J'ai rencontré un papa qui est en train de divorcer. Ça, on l'enlèvera au montage. Qui a fait une GPA au Canada avec son ex-compagnon. Et au final, ça, là-dessus, par exemple, j'étais totalement contre au début. Pourquoi ? Alors, pas pour des raisons religieuses ou quoi que ce soit. On va relire ça tout de suite. Mais non, il y avait une qualité un peu... Il y avait un côté un peu commercial du truc.
- Speaker #0
Tu le voyais faire ça, toi ?
- Speaker #1
On a été élevé dans du... Je parle juridiquement à la fac, dans le corps et main n'est pas un objet. Donc, on ne peut pas commercialiser, on ne peut pas prendre une lumière porteuse. C'est vraiment... Et vraiment, dans ma tête, c'était un truc de... C'est quand même quelque chose de très spécial. Si on ne le fait pas en Europe, c'est quand même qu'il y a peut-être une raison, une éthique, un truc.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et puis au final, ça, bon, ok, pourquoi pas. Et puis il y a le côté, il y a quand même un côté, il faut une maman. Il faut une maman. Alors, en disant oui, mais c'est un ovule. Non, il faut une maman. Il faut, aujourd'hui, c'est comme ça. Pour faire un enfant, il faut un sexe féminin, un sexe masculin. C'est comme ça. Il n'y a pas de choix là-dessus. Donc, il y a quand même un côté. Il y aura toujours une maman, même si juridiquement,
- Speaker #0
elle n'aura pas le droit.
- Speaker #1
Et puis au final, avec les parrains, le fait de discuter avec des gens qui ont vécu ça, ils disent mais non, il n'y a pas de souci Mais c'était toujours des couples avec deux personnes. Donc bon, c'est pour ça que tout seul... Peut-être que c'est la question aussi du mais c'est qui mon papa ? C'est qui ma maman ? C'est qui les questions qu'ils vont se poser quand il aura à l'école ? Oui,
- Speaker #0
mais je crois qu'en fait, on se pose tous des questions. Effectivement, toi, tu as eu un schéma familial, tes parents sont encore ensemble aujourd'hui. Ça, mine de rien, c'est une chance. C'est aussi un poids, je crois. Parce que du coup, on garde dans un petit coin de sa tête un peu un idéal de vie, se dire d'être deux. Mais finalement, toi, le fait que tu doives de toute façon passer par un schéma, un chemin de vie différent pour avoir un enfant. En fait, nécessairement, ça ouvre l'esprit. Oui. Et je crois que c'est ça qui se passe dans ta tête depuis tes 35 ans. C'est que tu t'es...
- Speaker #1
Il faut l'accepter. Ouais, il faut l'accepter.
- Speaker #0
Il y a beaucoup de choses sur soi même. Qu'est ce que je peux être capable de supporter ? Où est ce que je peux ? Où est ce que je peux aller pour avoir un enfant ?
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Mais moi, il y a un truc qui me marque. Je crois que en fait, quand tu as un désir d'enfant, tu es prêt à tout pour le faire. Je crois que ça, et je crois qu'on le voit, comme tu dis, dans notre métier, quand on a de l'amour à donner à un enfant, on fera tout pour pouvoir le faire.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Donc, pour ceux qui le veulent, quoi. Mais c'est hyper intéressant. Ça veut dire que tu t'es beaucoup renseignée et que... En fait, t'es quelqu'un qui arrive à prendre beaucoup de décisions tout seul. Je ressens ça beaucoup chez toi.
- Speaker #1
Ben... Oui, carrément. Je n'ai pas forcément beaucoup de... Je vais demander conseil sur des trucs où je n'ai pas connaissance, mais normal. Mais pour avoir des infos...
- Speaker #0
C'est plus que du conseil, en fait.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai.
- Speaker #0
Tu es hyper ancré dans ce que tu veux, dans ce que tu ne veux pas.
- Speaker #1
Oui, mais ça, ça a toujours été. On parle du job. Je choquais les gens, je me rappelle, quand on a 15 ans, on est en troisième, les profs nous demandent, ils voulaient faire quoi ? Tout le monde, je ne sais pas. qui disent, ils sont eux, demandés aux enfants ce qu'ils veulent savoir à 15 ans. Et là, moi, je dis, le terre ? J'avais un froid à chaque fois pendant... Mais ton père est notaire ? Non. T'as quelqu'un dans la famille ? Non. OK. Et pourquoi ? Parce que c'est un choix, je sais pas, et j'ai fait en sorte de faire des études, de faire des trucs pour être notaire. Et j'ai toujours dit que c'était beaucoup plus simple, les études, quand tu sais où tu vas, pour moi. Oui. Alors des fois, c'est vrai que c'est un peu jeune d'être autant fixé sur un truc, mais je ne voyais pas autre chose à part... C'est ça,
- Speaker #0
d'être fixé sur quelque chose. Tu t'es fixé en tête de je veux devenir notaire, t'es devenu notaire. Tu t'es fixé à 30 ans, je veux faire un bilan. Tu t'es fixé à 35 ans, je vois si j'adopte ou pas.
- Speaker #1
T'es quelqu'un qui agence beaucoup avec des objets que tu déchires. Ça aussi, je l'ai compris sur moi-même plus tard, mais oui, au final, oui. Pour moi, il y a toujours une petite carotte. Il y a un truc, il y a un but, il y a quelque chose, comment dire ? Mais en même temps, il faut aussi apprendre à lâcher un peu. Mais c'est pareil, je commence maintenant à me dire, en fait, il n'y a pas forcément de but précis dans la vie.
- Speaker #0
Et est-ce que tes parents, ils t'ont inculqué cette valeur-là d'avoir toujours des buts ? Est-ce qu'ils ont joué un rôle là-dedans ou pas ?
- Speaker #1
Pas d'avoir des buts. Il y a vraiment eu le... Très tôt, sans pression, mais de dire, peu importe ce que tu voudras faire dans la vie, montre-la. Mais... Peu importe ce que tu veux faire, il y a l'importance de l'école. Parce que quoi qu'il arrive, il faut passer par là. Et ça, c'était très important. En fait, je me mettais plus la pression, moi, je me rappelle au collège et tout, quand j'avais une sale note, ou mes autres camarades qui avaient une sale note, ils disaient Ah, mes parents vont me tuer ! Moi, j'étais énervé, mais de moi-même, en fait. Mes parents, je dis oui, tiens, j'ai une sale note, mais c'est pas grave. Si, je suis énervé, c'est pas normal. Voilà, mais...
- Speaker #0
Responsable, responsable en fait.
- Speaker #1
Ouais, j'étais... L'école, c'était important, c'est ce qui allait... C'est ce qui allait décider de mon futur, en fait, pour moi. Et je le voyais déjà autour de moi. Et je sentais qu'il ne fallait pas que je reste où j'étais. Parce que je voyais les gens et je voyais ce qui devenait... Qu'est-ce que tu veux dire ? J'ai grandi extrême région parisienne côté Normandie. Oui. Donc, on est à une heure de Paris, mais on ne va jamais à Paris. Oui. Soyons clairs. Ce n'est pas un milieu défavorisé, mais ce n'est pas non plus... Comment dire ? C'est quand même... C'est un autre milieu social. C'est celui de tes parents ou pas ?
- Speaker #0
Ou est-ce qu'il y avait un décalage de tes parents déjà dans ce milieu social ?
- Speaker #1
Non, c'est celui de mes parents, mais mes parents n'ont jamais été très très riches. Mais on a toujours eu cette notion de... On n'est pas des bouffes, quoi. On n'est pas des... On mange proprement, on dit bonjour, on est polis. On n'achète pas un t-shirt avec Johnny derrière. Et c'était tout autour de moi, ça. D'accord. C'était vraiment... On a grandi dans ce truc-là. Et moi, c'était, je ne veux pas être à 18 ans, travailler au carrefour d'à côté. Désolé, mais c'était... Et je voyais, mais le père, c'était la troisième. où mes camarades commençaient déjà à bosser. À 18 ans, ils avaient leur bagnole, ils avaient leur maison et tout. Je disais, mais les gars, on a toute une vie devant nous et vous, vous avez déjà tout calé. Moi, ça, c'était pas possible.
- Speaker #0
Est-ce que tes frères, ils ont fait aussi ce chemin vers un autre milieu social ou pas ?
- Speaker #1
Le grand, oui. Le grand, oui. Lui, il y avait vraiment un besoin de reconnaissance. Il avait besoin de...
- Speaker #0
De s'élever socialement. Oui. Est-ce que toi, tu avais besoin de t'aider socialement ?
- Speaker #1
Pour moi, c'était ça. C'est ce qu'on dit beaucoup. J'ai une autre copine qui, comme moi, a vécu à peu près la même chose. On est très à l'aise dans des dîners mondains parisiens, comme on est très à l'aise quand on retourne chez nous avec une bière à la main à la fête du village. Toujours pareil, sans mentir, à l'un ou à l'autre. Cette faculté d'adaptation et de dire non, moi je n'y vais pas, c'est des beaufs. Non.
- Speaker #0
D'être fier de la dessus.
- Speaker #1
Exactement. Ne jamais oublier d'où tu viens. parce que tout peut s'effondrer en demi-déjà. Donc moi, c'est très, très important. Mon frère, je ne pense pas qu'il ait cette... Il voulait vraiment s'échapper de ça, alors qu'on n'a vraiment pas vécu non plus dans la pauvreté immense. Mais il y avait un côté... Il y a un rejet, en fait.
- Speaker #0
Il y a un rejet. Et qui est encore le cas aujourd'hui, tu penses ?
- Speaker #1
Un peu, ouais. Et moi, notre frère, non pas du tout. Lui, pour le coup, il y avait... C'est très bizarre parce qu'on a été élevés. Je pense pour moi pareil. Mais lui, mon grand frère, mon deuxième frère, lui, c'était pour le coup, se marier, faire les enfants, acheter une maison. Alors que mes parents n'ont jamais été comme ça, on n'a jamais été sur le schéma.
- Speaker #0
Ils ne vous ont jamais dit de faire comme ça, c'est comme ça.
- Speaker #1
Soyez propriétaire et tout, jamais. Et là, par contre, tout seul, il s'est fait vieille France et il a fait ça. Bon, ok, si tu veux, mais ce n'était pas notre schéma, ni à mon grand frère, ni à moi.
- Speaker #0
Ça rejoint ce que tu disais tout à l'heure, le fait que... tes parents vous ont donné beaucoup de liberté d'être ce que vous êtes. Oui. Et donc, toi, ça t'a permis, parce que c'est vrai qu'aujourd'hui, tu es quand même dans un milieu social parisien, tu gagnes bien ta vie, tu fais un métier qui est de notable, vraiment. Donc, toi et moi, on a accès à un milieu social aisé, favorisé. Mais l'éducation que tu as reçue et tes parents, la liberté qu'ils t'ont donnée, te font, comme tu dis, être adaptable et savoir.
- Speaker #1
Bien jauger les gens aussi. Exactement.
- Speaker #0
Ça,
- Speaker #1
c'est... Ça,
- Speaker #0
c'est un cadeau de la vie, ça.
- Speaker #1
Exactement. C'est le meilleur cadeau. Je veux dire, à chaque fois, ma mère... C'est le meilleur cadeau que tu m'as donné. Ma mère, quand elle rencontrait les amis à moi, elle me disait tout de suite J'aime, j'aime pas C'est vrai. Arrête avec ces conneries. C'est n'importe quoi. Elle a toujours eu raison. Toujours eu raison. Et mon... Comment dire ? Mon comportement ne faisait pas que ma mère m'a dit T'aimes pas, donc je vais plus. Non, non. Elle a toujours raison. Et j'ai un peu hérité de ce truc-là.
- Speaker #0
Tu te fais confiance, toi t'es instinctif.
- Speaker #1
Je me suis trompé, je me suis trompé. Ça aussi, c'est hyper important de reconnaître que tu t'es trompé.
- Speaker #0
Le truc de se fier à son instinct, je trouve que là où c'est dangereux, parce que moi je suis un peu comme ça aussi, c'est que ça nous rend très contrôlants. Donc on peut aussi s'auto-persuader assez vite d'un détail de quelqu'un, d'une chose que la personne a dite,
- Speaker #1
et tu te dis,
- Speaker #0
hop, c'est bon. Hop. il est dans une case en matière c'est ce que j'allais dire,
- Speaker #1
on l'a casé celui-là et c'est bon c'est fini voilà alors qu'on se dit, tu l'as dit toi aussi tu te dis très ouvert d'esprit très ouvert aux autres et en même temps un petit côté quand même jugeant aussi parce que un autre paradoxe mais c'est très intéressant parce que c'est vrai que c'est vrai que ça c'est je suis d'accord que c'est pas forcément de juger quelqu'un sur un premier regard une première conversation ça fait pas très ouvert d'esprit je suis tout à fait d'accord avec ça... Mais pour le coup, l'expérience a fait que majoritairement du temps, je ne me trompe pas trop.
- Speaker #0
Oui. Donc c'est pour...
- Speaker #1
Et d'où aussi la confiance en soi là-dessus, la confiance sur... Je vais peut-être prendre... Oui, j'ai pris ma décision ou j'ai... Il y a quand même un côté là-dessus... Oui, c'est important. Mais surtout ne pas avoir peur de se dire Ah ben non, je me suis trompé sur toi ou je me suis trompé sur la personne.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Et ça, ça va, je l'ai eu assez tôt aussi.
- Speaker #0
Oui, savoir s'excuser, savoir reconnaître qu'on a eu tort. Exactement. Ça, c'est des choses aussi importantes et que toi, tu sais très, très bien.
- Speaker #1
C'est pas un problème.
- Speaker #0
Mais c'est super intéressant ce que tu dis sur le fait que finalement, t'as vécu dans un milieu social où tu t'es toujours senti adapté, tu pouvais t'y sentir bien, mais en même temps, t'avais le recul de te dire c'est pas là qu'est ma place en fait. Je sais que c'est pas là. Je l'accepte, je sais que c'est là d'où je viens. mais moi, ce n'est pas là où je vais évoluer. C'est ça. Donc, ça donne une espèce de regard sur l'autre, déjà à la base, toujours à analyser ce qui se passe autour de soi. En fait, c'est rigolo. Oui,
- Speaker #1
oui.
- Speaker #0
Tu vois, tu vas toujours te dire, ah tiens, les gens sont comme ci, les gens sont comme ça. Ça te donne une position très d'observation. Et qui a une vraie qualité. Et donc, ça ne m'étonne pas que tu fasses ce métier aujourd'hui, parce que c'est, allez, 80% de notre job, c'est de comprendre ce que les gens nous disent.
- Speaker #1
Exactement. Bon, concrètement, vous voulez quoi ? Oui. on sait directement mais c'est exactement ça ça aide énormément une partie de notre métier en tout cas qu'on fait nous tous les deux c'est énormément humain on traite avec l'humain on traite avec son patrimoine mais c'est surtout ses enfants sa famille, qu'est-ce qu'il veut faire qu'est-ce qu'il ne veut pas faire donc il y a quand même quelque chose de on est au cœur de leur vie donc il faut on est au cœur de leur vie
- Speaker #0
Mais ça correspond bien à ta personnalité et à la manière dont tu t'es construite.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Je crois qu'aujourd'hui, tu es quelqu'un qui, pour moi, analyse très bien les choses, qui a beaucoup de recul sur tout. C'est ça qui donne aussi le fait que tu es hyper ancré, en fait. Et en fait, quand on a beaucoup parlé de tes frères et de tes parents, et en réalité, on voit les connexions qui se font beaucoup. Et tes parents, quels sentiments ils ont eu le fait que tu deviennes, justement, que tu changes de milieu social ? Ils ont quoi comme regard là-dessus ? Ils sont fiers.
- Speaker #1
Ils sont fiers et mon grand frère, il est banquier, directeur d'agence. Mon autre frère, il est chef de chantier, il pose des fenêtres et des portails, tout ça.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et donc, je suis notaire. Et en fait, elle n'a pas ce côté... Ma mère n'a jamais été très très mes enfants, ils font ça, ils font ça Mais elle a quand même une petite fierté quand elle dit ah ben moi, mes enfants Et il n'y a pas de revanche ou quoi que ce soit, mais c'est vrai que ma mère était ce qu'on appelle une mère poule. Quand elle était plus jeune, surtout avec mes frères, Ah ben, tu vas les emmener au service militaire à la main. Les trucs à la con de la tata qui te dit Ben alors, toujours pas enceinte ? Et au final, elle dit Ben oui, mes gosses, ben voilà. Donc, il n'y a pas d'anargue personne avec ça. Oui, je comprends. Mais il y a une certé de...
- Speaker #0
Elle vous le communique, ça, qu'elle est fière de vous ? Ah oui,
- Speaker #1
oui.
- Speaker #0
Et ton père, qu'est-ce qu'il en pense,
- Speaker #1
lui ?
- Speaker #0
Tu parles beaucoup de ta maman depuis tout à l'heure.
- Speaker #1
Mon papa, on a une relation qui est très saine aussi, mais il y a beaucoup moins de dialogue. C'est plus des faits. Mon père, je lui dis à papa, là j'ai un problème à l'appart où j'ai perdu mes clés. Je sais que dans les 10 minutes, il est dans la bagnole et il arrive.
- Speaker #0
Donc il est là pour que vous ne communiquiez pas facilement ?
- Speaker #1
Ce n'est pas qu'on ne communique pas facilement. Quand on n'est que tous les deux-ci, les petits trajets en bagnole et tout, les trucs tout cons, on va parler. Mais oui, il y a une espèce de... Mon père, il a 74 ans. Il y a quand même une espèce de pudeur aussi du fait de l'âge. C'est quand même une ancienne génération. Oui. Quand même. Moi, j'ai des parents. Ils m'ont mis sur le tard. Mais après, mes parents étaient très modernes aussi. Mon père, il s'occupait de nous, il nous faisait abouper.
- Speaker #0
L'ancienne génération ?
- Speaker #1
Quand je dis l'ancienne génération...
- Speaker #0
Vous avez son âge d'accord, mais lui, il dit qui il est.
- Speaker #1
Tu parles pas. Tu parles pas. Les parents, avant, tu parlais pas. Mon père, de temps en temps, des fois, je l'entends dire, quand il y a des infos, il y a des trucs qui se passent, mais on en parle trop. Il faut pas... C'est une espèce de... On voit les problèmes que ça a causé. Ça a dû communiquer. Non, on met ça sur le tapis.
- Speaker #0
Donc, il ne parle pas de ses sentiments ?
- Speaker #1
Non, pas très. Pas très. Et de temps en temps, tu vas avoir des petits trucs comme ça qui vont jaillir. Tu te dis, ah, ok, bon, d'accord. Mais, non, pas très. Tu n'as pas cette... Mais ça, je pense que c'est vraiment un problème générationnel. Tu ne parlais pas ?
- Speaker #0
Oui, sur tous les hommes en plus, encore moins. C'est vrai.
- Speaker #1
Tu ne parlais pas de tes problèmes ? Oui. ou de ce que tu pouvais ressentir, même si ce n'est pas forcément des problèmes.
- Speaker #0
Avoir eu envie, plus jeune aujourd'hui, de communiquer plus avec lui, ou de le pousser un peu dans ses retranchements, d'aller gratter un peu ?
- Speaker #1
En toute honnêteté, j'ai jamais eu... Non, parce qu'on rejoint l'espèce de pudeur. Quelque part entre nous, on parle de beaucoup de choses, mais...
- Speaker #0
on parle pas on parle pas sentiment on parle pas émotion je sais pas comment dire mais y'a pas de tu vois on est proche mais sans parler voilà je c'est pas quelque chose que vous partagez non mais en même temps toi t'es aussi très secret sur ta vie avec tes parents oui donc c'est ça tu sais au début j'ai dit que t'étais pudique tu respectes beaucoup la pudeur des gens c'est très important pour toi ouais exactement parce que moi aussi on me le respecte on le sait ça ouais
- Speaker #1
Mais parce que mes parents aussi nous ont jamais posé de questions aux trois frères. Il n'y a jamais eu de questions plus que ça. Mes frères ont présenté... Mon frère du milieu, il a présenté sa femme à mes parents. Et mon autre frère, il a présenté les trois copines avec lesquelles il est resté le plus longtemps. Il n'y a pas de... Il y a une question aussi de respect. Tu ne ramènes pas n'importe qui à la maison. Tu as ça aussi à des bases. Pour moi qui... Et puis... C'est pas qu'on parle pas du sentiment, mais il n'y a pas cette... Ma mère, je pense, aurait voulu qu'on soit plus là-dessus. Elle fait prendre des perches parfois ?
- Speaker #0
Justement pour avoir des infos, pour essayer de...
- Speaker #1
Donc c'est cette tête du coup.
- Speaker #0
On ne parle pas la vie sentimentale de Germain.
- Speaker #1
Exactement. Mais de Germain ou de Julien ou autrement.
- Speaker #0
Des trois. Des trois. Oui, mais avec tes frères, vu qu'ils sont avec quelqu'un, en fait, ils ont... accès de fait à...
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Enfin, nous on n'en parle pas. Et en fait, les gens me disent mais ça, c'est pas un espèce de... Il n'y a aucun problème. Il n'y a jamais de gênance.
- Speaker #0
Ben non, puisqu'on n'en parle pas,
- Speaker #1
il ne peut pas être gênant. Non, mais ça pourrait être gênant. Je ne sais pas que des fois quand on parle ou des oncles des tentes qui demandent ben alors, est-ce que tu as quelqu'un ? Ou... Je sais pas...
- Speaker #0
Ça t'a jamais pesé ça ?
- Speaker #1
Jamais.
- Speaker #0
Jamais. Tu fais une pirouette, tu réponds et puis hop, on passe à autre chose.
- Speaker #1
Ah là, il est malin aussi le gamin. T'as pas déconné.
- Speaker #0
Ça c'est un exercice qui fait bon aussi. Les pirouettes, ça te fait sortir des conversations que tu veux pas avoir. Oui.
- Speaker #1
Ça, c'est vrai. Je suis d'accord.
- Speaker #0
C'est là où tu es pudique. Tu es un pudique intelligent, toi.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Parce que je ne pense pas que c'est la première chose qu'on dirait de toi en te rencontrant. Mais encore une fois, quand on te connaît bien, on sait que tu es quelqu'un de pudique.
- Speaker #1
Pudique, ouais.
- Speaker #0
Carrément. Mais ça te donne aussi ce profond respect de l'autre. Ça, c'est vrai que chez toi, c'est merveilleux parce qu'on sent que tu as une ouverture aux autres, oui, mais tu respectes, tu accueilles l'autre extrêmement facilement parce que tu respectes. tellement ce que les gens sont, peu importe leur qualité, leurs défauts, leur milieu social, tout ça.
- Speaker #1
Ça, c'est important.
- Speaker #0
Ça, c'est ce qui fait ta force, en fait.
- Speaker #1
On l'essaye, quoi.
- Speaker #0
Oui. Je pense qu'on a une belle conversation et qu'on peut s'arrêter là.
- Speaker #1
Franchement, c'est pas mal. Est-ce que t'es contente ? Ouais, je suis content. Je suis toujours content de moi. Je pense qu'on vit d'un moment.
- Speaker #0
J'ai adoré cette conversation, c'était un très beau moment.
- Speaker #1
C'était super aussi.
- Speaker #0
Et je suis hyper heureuse de tout ce dont on a parlé.
- Speaker #1
T'as vu ça ?
- Speaker #0
Merci beaucoup,
- Speaker #1
Germain. Avec grand plaisir, merci à toi.