- Speaker #0
Bonjour à toutes et à tous, et bienvenue dans le podcast Proches. Êtes-vous proche de votre famille ? Avec mes invités, on s'interroge à propos du lien que vous avez avec vos parents et vos frères et sœurs. Comprendre son lien à sa famille permet-il de mieux comprendre son lien aux autres ? Quelle est l'influence que nos proches ont sur la personne que l'on devient ? Je m'appelle Guillemette. Vous êtes dans le podcast Proches, et je vous invite à rejoindre notre conversation. Hello Alex, merci infiniment d'être avec moi ce matin et d'avoir accepté mon invitation. Tu l'auras compris aujourd'hui, l'idée c'est de parler de nos proches, et plus particulièrement de nos parents et de nos frères et sœurs. afin de comprendre un peu l'influence qu'ils ont sur notre vie, sur nos projets et puis sur la personne que l'on devient en fait. Donc j'aimerais d'abord te présenter parce que les gens qui nous écoutent ne le savent pas, mais toi et moi sommes très amis dans la vie, on est très proches. On s'est rencontré au travail et j'ai découvert une femme lumineuse, sincère, qui aime la vie et qui a toujours un beau sourire sur son visage. Tu m'as tout de suite touchée. Et puis comme je le fais toujours avec les gens que je commence à apprécier profondément, on a parlé de nos familles, de nos proches. On s'est confiés, on a beaucoup ri. Et puis on a beaucoup pleuré, si tu veux. Alors, démarrons tout de suite cette conversation par la question qui nous intéresse aujourd'hui. Est-ce que tu te sens proche de ta famille ?
- Speaker #1
D'abord, merci pour cette présentation qui me touche énormément. Je n'ai rien à ajouter, si ce n'est qu'en effet, on a énormément ri et énormément pleuré ensemble. Surtout sur les sujets qu'on est en train d'aborder. Alors oui, je suis très proche de ma famille, depuis toujours. On a toujours été très fusionnels. Alors quand je dis, je vais quand même préciser ce que j'entends. Sur le côté proche des membres de ma famille, c'est surtout trois personnes. Ce sont mes parents et ma soeur, ma petite soeur.
- Speaker #0
Oui, tu as une soeur.
- Speaker #1
J'ai une petite soeur, enfin, petite soeur, on n'a même pas deux ans d'écart. Donc aujourd'hui, il n'y a même pas cette idée d'âge entre nous deux. C'est ma meilleure amie, c'est ma confidente, c'est mon gars sûr. C'est plein de choses à la fois. Et tous les quatre, c'est vrai qu'on a cette fusion. qui n'a fait que s'accentuer avec le temps et qui est présente au quotidien. C'est vrai qu'on a besoin de se sentir pas loin, en tout cas pas trop longtemps les uns des autres.
- Speaker #0
Oui, pas loin, pas trop longtemps. Oui,
- Speaker #1
pas trop longtemps. Parfois c'est bien d'être très loin, mais pas très longtemps.
- Speaker #0
Donc tu dis que ça a toujours été le cas. Et justement, ma prochaine question c'était ça. Est-ce que ça a toujours été le cas ? Donc depuis que tu es enfant, tu as toujours... cette fusion des toutes petites, quand tu étais toute seule d'abord et puis après à l'arrivée de ta soeur ?
- Speaker #1
Ça a toujours été... J'ai toujours été couvée par mes parents. J'ai une mère très mère poule. Je vous passe les détails, mais vraiment, c'est du très haut niveau. Et qui fait que j'ai toujours eu mes parents à côté et ma soeur à côté. J'ai pas beaucoup de souvenirs de... Puisqu'elle arrivait très vite, j'ai pas eu le temps de profiter, de kiffer ma life toute seule. Elle arrivait très rapidement. J'avais même pas deux ans. Mais de ce que m'en disent mes parents, j'ai tout de suite été ravie qu'elle soit là. Il n'y a pas eu de...
- Speaker #0
Tu l'as accueillie ?
- Speaker #1
Apparemment, ouais. Ça m'étonne pas de moi, mais bon, c'est vrai que...
- Speaker #0
Tu devais être contente d'avoir une petite soeur aussi.
- Speaker #1
J'étais hyper contente, ouais.
- Speaker #0
Quand on est enfant, en plus, je suis plus tout seule, en fait.
- Speaker #1
C'est ce qu'on m'a dit, en tout cas. J'ai pas du tout de souvenirs de ce moment-là. Et après, il y a eu ce côté adolescent, enfance déjà, où on était plus ou moins proches. Mais il y avait quand même déjà ce rapport de grande sœur à petite sœur. Et ensuite, l'adolescence est arrivée. Bon, ça a été une catastrophe entre elle et moi, parce que justement, on n'avait pas beaucoup d'écart. Mais malgré tout, la différence de chiffre, bien qu'elle n'était pas très importante, faisait quand même qu'on ne pouvait pas faire les mêmes activités. parce que quand on a 16 ans et quand on a 14 ans ça semble rien mais en termes d'activité d'adolescent c'est complètement différent
- Speaker #0
Et vous aviez chacune vos chambres ?
- Speaker #1
On a eu chacune nos chambres, nos parents nous ont fait l'extrême gentillesse de nous laisser une de leurs chambres pour aller dans la plus petite des chambres Vous voyez déjà un peu l'ambiance, un peu des Padre Madre, c'est des parents assez sympas, très sympas Ce qui fait qu'on avait toutes les deux deux immenses chambres, ma soeur et moi. Et ça arrivait assez vite parce que je sais que quand j'étais au lycée, j'avais déjà ma chambre. Dès la seconde, j'avais déjà ma chambre toute seule. Et donc, ils sont partis quand même relativement tôt dans leur petite chambre pour laisser à ma soeur sa chambre à elle.
- Speaker #0
Donc, à l'adolescence, c'est un peu chacune dans ses chambres. En fait, chacune sa vie. Et on n'est pas trop sur la même longueur.
- Speaker #1
Pas sur la même longueur d'onde. En revanche, avec les parents, c'est à ne pas bouger. Avec les parents, c'est toujours le socle, c'est toujours le phare dans la nuit, le soutien indéfectible de toutes les questions qui ont pu se poser pendant la scolarité, pendant la vie adolescente, amoureuse, amicale, vraiment, ils ont toujours été...
- Speaker #0
Donc c'est la famille, vous parlez de tout, et comment ça se passe ? C'est au repas, on se retrouve tous les quatre, on discute un peu de nos vies, chacun fait un peu le tour de table, est-ce que c'est eux qui viennent te voir ?
- Speaker #1
C'est spontané, c'est vraiment... Quelqu'un a envie de dire quelque chose, il le dit. C'est vrai, cette facilité de dialogue, en en parlant, je m'en rends compte aussi, qu'il n'y avait pas ce côté « chacun raconte sa petite journée » , c'était complètement chaotique dans les prises de parole, où quelqu'un dit quelque chose, ça lui fait penser à autre chose, et chacun raconte sa journée.
- Speaker #0
Et chacun s'écoute.
- Speaker #1
Et chacun s'écoute. Et j'ai jamais eu de... Bon, à part pour les conneries que j'ai pu faire et qui sont bien sûr restées silencieuses et muettes, mais j'ai jamais eu trop de difficultés à parler de mes problèmes à mes parents. Sauf plus tard dans la vie d'adulte où j'ai été confrontée sur le plan professionnel à des particularités, dirons-nous pour l'instant. J'ai pas eu... Enfin, parce que j'avais pas... réalisé l'importance de la chose, je n'ai pas eu l'occasion de leur en parler. Mais sinon, à part ça, je me suis toujours sentie libre de leur demander conseils, de raconter, comme eux l'ont toujours fait avec nous en fait.
- Speaker #0
Et eux, ils partageaient un peu sur leur vie ? Ou est-ce que c'était beaucoup centré autour de vous les filles ? Sur leur vie professionnelle par exemple ?
- Speaker #1
Ils nous ont toujours parlé de leur vie professionnelle. Ouais. Parce qu'avec ma soeur, on avait cette curiosité de raconter nous votre journée, une espèce de « alors il se passe quoi dans la vie d'adulte ? » « T'as parlé avec qui ? » Enfin je me rappelle, on connaissait les prénoms des collègues de nos parents. Et quand ils nous racontaient, on savait qui ils étaient, sans jamais les avoir vus. On savait qui était qui, un peu comme nous quand on se raconte nos vies à l'étude.
- Speaker #0
Oui, tout à fait.
- Speaker #1
On n'a pas vu les collègues, mais on le sait. Et donc, ils nous racontaient, bien sûr, dans ce qui était audible pour un enfant ou une adolescente.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
ils s'adaptaient. Ils s'adaptaient à nous, oui, parce qu'après, on a su plus tard que quand il y avait eu des périodes de stress, de machin, ils nous avaient quand même particulièrement préservés pour ne pas qu'on ait le côté sombre des histoires, mais plutôt les côtés sympas. Oui,
- Speaker #0
d'accord. Donc, enfance-adolescence vis-à-vis de tes parents, c'est comme tu l'as dit, c'est ton phare dans la vie. C'est le soutien des effectifs. C'est intéressant. Et donc, tu disais qu'après, quand tu deviens un peu adulte, quand tu commences à avoir toi, ta propre vie, là, il y a eu... Un peu moins de fluidité dans les échanges, en fait.
- Speaker #1
Il y a eu un peu moins de fluidité parce que... Il y a eu un... Comment dirais-je ? Il y a eu ce moment qui a pris énormément de temps à arriver où j'ai arrêté d'être une enfant dans ma tête. J'ai compris que j'étais un individu à part entière.
- Speaker #0
Comment tu l'as senti ?
- Speaker #1
Différent. Au moment où je me suis dit... mais c'est de la merde ce qu'ils racontent et on était pas d'accord et je me disais mais moi je pense pas du tout ça et je trouve leur réaction complètement à côté de la plaque et ça a été dur pour moi d'accepter que parfois ils pouvaient avoir en fait c'est ça mes parents ont tort comment mes parents ces super héros ont
- Speaker #0
tort comment comment est ce possible donc toi tu as été confronté à une difficulté qui te regardait toi et tu t'es dit les conseils qu'ils me donnent ils sont complètement inadéquat en fait.
- Speaker #1
Pour la première fois de ma vie...
- Speaker #0
Mais est-ce que c'est pas là où on devient un peu adulte en fait ? Quand on fait le deuil un peu de ses parents héros comme tu viens de très juste avant de le dire.
- Speaker #1
Ouais c'est exactement ça et là ça a été...
- Speaker #0
Et t'as réagi comment alors ?
- Speaker #1
Bah ça a été sur le moment assez brusque, j'étais complètement dans le déni de... Non non mais c'est pas possible, on n'a pas du se comprendre, dans ces cas là on a genre des tonnes de solutions qui sont complètement fausses. les unes et les autres, mais sur l'instant, il n'était pas concevable qu'ils aient tort. Et donc, il a fallu que je me construise un discours dans ma tête qui allie le fait que j'avais raison et que je n'avais pas tort. Donc, c'était un espèce de truc un peu bizarre dans ma tête, où il fallait quand même que je ménage. Je ne pouvais pas dire au revoir à cette période-là. Je ne pouvais pas attendre à cette période, à ce piédestal que je leur avais donné. Parce que ça remettait quelque chose en jeu et je n'étais pas prête à remodeler mon monde à ce moment-là.
- Speaker #0
Tu as senti que c'était la fin d'un truc dans votre relation, en fait ?
- Speaker #1
Alors, pas dans notre relation, mais dans les niveaux de relation, plutôt. C'est-à-dire qu'on n'était plus dans un rapport, comment dirais-je, vertical. On passait à un rapport horizontal.
- Speaker #0
Avec une autorité, tu veux dire ?
- Speaker #1
Exactement, avec une autorité, une expérience. Alors attention, ils ont toujours plus d'expérience que moi dans la vie. Je ne vais pas manquer pas leur temps.
- Speaker #0
A priori, oui.
- Speaker #1
Normalement, sans prévoquement. Dans le sens où ils n'ont plus parole d'évangile. Et ça, aujourd'hui, c'est sûr, c'est plus qu'il y a. Même s'ils sont toujours de très bons conseils à certains moments. Mais aujourd'hui, j'ai ma propre vision qui s'est vraiment détachée. Je ne suis plus dans le giron. au niveau réflexion, au niveau personnalité et rôle dans la famille.
- Speaker #0
Et est-ce que finalement, le fait de se détacher un peu d'eux, de manière, comme tu dis, au fur et à mesure, et puis très naturelle, en fait, il n'y a pas eu un moment de rupture, il n'y a pas eu un événement qui a fait que, mais c'est venu naturellement. Et est-ce que ça t'a pas enlevé aussi une petite pression qu'on peut tous avoir avec nos parents, de se dire... Ah oui. Justement, on est voir super héros, mais alors cette notion de super héros ça s'implique aussi pour nous, de dire il faut être à la hauteur de ce qu'ils sont pour nous,
- Speaker #1
de ce qu'ils représentent.
- Speaker #0
Donc ce cheminement naturel de dire c'est bon, j'écoute pas forcément les conseils et puis ça peut être aussi complètement faux parce que ça vient de mes parents certes, mais c'est pas forcément pour ça que c'est vrai. Est-ce que... Est-ce que ça t'a enlevé une petite pression ?
- Speaker #1
Ça m'a complètement enlevé de la pression, mais ça a été en deux temps, parce que justement, elle a été colossale cette pression au début, quand on comment justement, parce que le premier mot qui vient à l'esprit, c'est « Ah, je suis ingrate. Ah, je ne suis pas une bonne fille. Je ne leur rends pas. Comment est-ce que je peux oser contredire, contre-penser après tout ce qu'ils ont fait pour moi ? » Donc il y a vraiment ce côté « Je dois rendre. » Et donc avec cette pression qui va avec. où on s'interdit de répondre parfois à certaines choses, on va se minorer au maximum jusqu'au moment où on n'y arrive plus tout simplement. Et petit à petit, on s'en extrait, on se rend compte que ce n'est pas ça la vie, que ce n'est pas ça les rapports familiaux, que finalement dans l'absolu, il n'y a pas de rapport d'un donné pour un rendu avec ses parents, il y a juste la vie et parce qu'on les aime, on le fait. c'est pas parce qu'on doit, c'est parce qu'on le veut de tout son cœur. Et ça enlève un poids colossal sur les épaules. De se dire, en fait, j'ai le droit de dire non, j'ai le droit de dire je ne suis pas disponible, je ne suis pas assistante auxiliaire de vie, ni secrétaire personnelle. J'ai le droit d'avoir ma vie indépendamment de mes parents et de ma famille.
- Speaker #0
Et est-ce que ce rapport que tu racontes avec tes parents, avec des mots super justes ? Est-ce que tu vois un lien avec ton rapport aux autres, avec les amitiés que tu as créées et les gens autour de toi que tu as choisis ? Donc d'autres proches en fait, mais ceux que tu as choisis pour eux.
- Speaker #1
C'est complètement ça, le mot est très juste aussi je trouve de choisir, parce que dans le même temps où je fais ce travail qui est conscient et inconscient à la fois, puisque au travers des discussions qu'on a pu avoir d'ailleurs toi et moi... il y a des choses on les ressent, on arrive à verbaliser, à mettre des mots dessus, mais il y a quand même aussi une partie on sent que ça gratouille un peu et on n'arrive pas à mettre le mot exact, la formule, ce qui fait qu'on capte, ça y est on sait ce que c'est, un peu comme on...
- Speaker #0
Il faut du temps pour la remettre. Voilà,
- Speaker #1
il faut beaucoup de temps. Ça fait le même effet du côté des relations amicales, professionnelles, enfin dans tous les types de relations que j'ai pu avoir, à savoir que j'ai Arrêter d'être sur tournée vers les autres, à dire oui tout le temps, à faire parfois des choses que j'avais pas forcément envie de faire, mais le truc qu'on a tous fait, à savoir oui on dit oui à une sortie, oui à un resto, alors qu'on n'en a pas envie, on est fatigué de sa semaine et en même temps on a été élevé comme ça. Non, c'est un mot que personne connaît, ça ne se fait pas, ça va brusquer l'autre. ça va le gêner et puis tout ce côté, il faut que ce soit lisse, il faut que ce soit smooth, il faut être à la hauteur, comme tu le disais, de tout au temps, jusqu'au jour où on se rend compte que c'est OK. En fait, de dire à son ami, écoute, je suis fatiguée, avec plaisir, mais la prochaine fois, et parce que c'est son ami, il va dire, oui, aucun problème,
- Speaker #0
je comprends.
- Speaker #1
Et si ce n'est pas son ami, il va dire, ah oui, ça ne se fait pas, ce n'est pas gentil, etc. C'est aussi une manière de découvrir aussi les réactions des uns et des autres et de voir qu'on peut être déçu. Et ne pas comprendre d'une réaction aussi simple que je suis très fatiguée, ou je ne suis pas dans le mood, là je ne peux pas, je n'ai pas de place mentale, je n'ai pas d'espace pour accueillir ce moment-là. Et si l'autre ne le comprend pas, ça peut être source de réflexion sur la relation que je peux avoir avec la personne. Oui,
- Speaker #0
mais en fait, c'est hyper intéressant parce que quand on pense à... à tes parents, ce que tu dis, en fait ils t'ont transmis énormément de ce qu'on appelle des valeurs en fait. Et ces valeurs là on les croit indéfectibles et on se dit, on n'arrive pas à comprendre que finalement ça peut être peut-être pas le mot valeur mais plutôt le mot limite, qu'à quand on nous a imposé des règles sociales et tout ça on n'arrive pas à comprendre, on se dit mais non c'est des valeurs qu'on m'a transmises donc évidemment que je refais la même chose. C'est schématique, on fait tous... C'est en ça que c'est intéressant de comprendre son lien à sa famille, parce que c'est pour ça qu'on comprend mieux son lien aux autres. Moi, c'est ce que je pense fondamentalement. Mais du coup, c'est hyper intéressant ce que tu dis, parce que c'est se rendre compte, prendre du recul et se dire, mais mon Dieu, on m'a appris tant de choses, donc il faut que je garde plein de choses, mais il faut aussi que j'enlève. Pour moi, avoir ma propre réalisation, en fait. Et me dire, m'entourer aussi de gens qui sont des gens bien, parce qu'en fait, ces carcans-là, ils peuvent aussi te faire choisir les mauvaises personnes, parfois. Ou comme tu dis, perdre du temps, t'investir dans des relations qui, en réalité, t'apportent rien. ou ne sont pas positives, voire même carrément toxiques. Tout ce travail-là, il est important, mais tout le monde n'est pas capable de le faire. Donc c'est formidable. Déjà, tu disais tout à l'heure que tu ne verbalisais pas forcément facilement à l'époque, et puis là, ça y est, la fantaisie,
- Speaker #1
ça va. Là, ça y est, elle a laboré, carrément, ça ne l'arrête plus, même s'il y a encore beaucoup de chemin à faire. Mais je suis complètement d'accord avec ce que tu dis, où ça prend du temps de se rendre compte que ce qu'on fait, c'est, en tout cas pour ma part, C'est de la reproduction pour beaucoup de ce que mes parents ont fait. Ce côté, moi j'ai eu des parents qui sortaient énormément, qui étaient entourés de plein de monde. Chez nous, c'était la maison du bonheur. C'est tout le temps du monde. Je me vois ma mère qui faisait de la bouffe pour des dizaines de personnes tout le temps. des gens qui aiment la fête, qui aiment être entourés, qui aiment la vie, qui aiment le partage, les moments conviviaux, tout ça. Et donc forcément, j'ai été très vite comme ça, de « il faut tout le temps, tout le temps, oui, oui, il faut » . Et jusqu'au moment où on se dit « mais il y a des choses qui ne me vont plus » . Mais que ce soit dans les rapports amicaux, dans les sorties, mais aussi que ce soit sur le plan financier, l'investissement de temps et d'argent vers les autres. Ça dépend sans compter, sans réflexion, de se dire, mais est-ce que ce sont des gens avec qui vraiment je suis proche ? Ou est-ce que c'est des relations qui n'apportent rien, et qui moi non plus je n'apporte rien finalement, si ce n'est de la superficialité sur l'instant.
- Speaker #0
Faire la différence entre ce qui est bon pour toi et ce qui ne l'est pas. En réalité, quand tu as beaucoup de carton, ce n'est pas évident, comme tu dis. Parce qu'on ne t'a pas appris à dire non. Tu vois, tu l'as réprimé.
- Speaker #1
On ne m'a pas appris à dire non. Et puis mes parents, il n'y avait pas de... À la différence de moi, je ne vais pas dire que j'ai une hiérarchie dans mes relations amicales, mais je n'ai pas les mêmes relations. Et ça, il ne faut pas avoir peur de le dire. Parce que c'est... Quand on écoute les gens, ils ont 20 meilleurs amis, ça, ça me fascine. Non, c'est pas grave pour ça. Quelqu'un qui te connaît, il y a une différence entre une copine, une amie, une collègue, juste collègue, mais avec qui on est quand même très proche, une collègue qui est devenue une amie, la preuve aujourd'hui. Et mes parents, il n'y avait pas de ça. Il y avait tout le monde dans le même panier, et que ce soit quelqu'un qu'on connaît à peu près, ou quelqu'un de très proche, l'investissement va être le même. amicale, de temps, de partage et c'est vrai que il y a un moment ça se retourne un peu contre soi parce qu'on habitué aussi les gens à une certaine relation.
- Speaker #0
Donc est-ce que tu as vu en fait un peu toi avec tes yeux d'enfant et puis d'ado et d'adulte aujourd'hui tes parents s'investir dans des relations qui est complète. Toi avec du recul te dire c'est pas forcément bon pour eux.
- Speaker #1
Mais on en parle souvent eux et moi et je leur dis souvent parce que ça peut m'arriver de le raconter, enfin ça m'arrive toujours de le raconter autant ma vie, et à chaque fois je leur dis mais je ne referai pas ce que vous avez fait. Je ne vais pas dire les erreurs parce que c'est la vie, j'ai juste vu les événements qui se sont produits et j'ai pris des leçons très jeunes dans les relations humaines en voyant mes parents et leurs amis, leurs entourages en me disant merde. mon dieu mais comment comment comment les gens peuvent être aussi ingrats et aussi méchants fin et et en même temps je vais pas dire que c'était écrit mais bah quelque part si parce que c'était juste
- Speaker #0
pas les bonnes personnes ouais et c'est là que tu déconstruis vis-à-vis de tes parents de dire je les voyais comme des super héros et à me dire mais c'est tellement formidable ils envoient tellement de choses positives aux autres ouais mais eux qu'est ce qu'ils reçoivent en fait ça va donner beaucoup de coups
- Speaker #1
énormément de coups d'amis, je mets des guillemets parce que on peut pas plus dire, de leur entourage qui à un moment donné a complètement changé et de se dire en fait ça peut aller très vite et c'est là que le fait de se voir souvent c'est pas un gage forcément de profondeur dans la relation. Quand tu vois ces gens, je les voyais tous les week-ends. Pour moi, c'était maison qui nous pente. Et du jour au lendemain, on ne les a plus vus. C'était... Et parce que, et là j'ai pris une claque dans le raisonnement en me disant mais c'est faux comment on peut voir autre. On partait au ski ensemble, on faisait toutes les vacances ensemble, les mariages, les témoins, les baptêmes. Enfin c'était dans le truc tout le monde est le parent ou la marraine de quelqu'un là-dedans. Et au final ça ne veut rien dire. Et c'est faux, c'est complètement faux.
- Speaker #0
Et ça m'a...
- Speaker #1
Et ça m'a dit tout ça.
- Speaker #0
Parce que c'est hyper fort que vous puissiez en discuter. Tes parents, ils pourraient t'envoyer un peu dans les roses en te disant « On a fait notre vie, on n'a pas de compte à rendre. » Et sûrement pas de jugement de ta part, peut-être, tu vois. Est-ce qu'eux aussi, ils ont du recul ?
- Speaker #1
Aujourd'hui, oui. Alors, je fais quand même attention. Il n'est pas question de critiquer leur choix ou de leur dire « Regardez, voilà, pas du tout. » Au contraire. Jamais de la vie je me permettrais quoi que ce soit.
- Speaker #0
Non, tu ne les juges pas en fait.
- Speaker #1
C'est sans aucun jugement, c'est juste de voir de façon... Expérience empirique. Vraiment, voilà ce que ça peut être la vie, voilà ce que ça peut être les relations humaines. Je n'ai pas kiffé comment ça s'est fini. Je devrais me préserver si c'est possible. Du coup, sur la base, vous, de votre test, de vos choix et réactions, je vais peut-être tenter autre chose. en me disant, mais peut-être que ça ne va pas m'intéresser.
- Speaker #0
Et qu'est-ce que tu tentes aujourd'hui alors ?
- Speaker #1
Moi, ce que je tente aujourd'hui, c'est vraiment de... Le mot que tu avais choisi et justement, c'est celui-là, me paraît être le bon, c'est le choix, c'est de m'entourer de gens qui m'apportent de la lumière. Vraiment, les prises de tête futiles, le côté d'aller chercher les petits problèmes, le négatif, quel qu'il soit, je n'en veux plus. Le... Je veux de la sérénité dans les relations. Et j'attends moi aussi d'apporter ça à la personne en face de moi. Il ne s'agit pas de tout prendre et rien donner, bien au contraire. C'est justement d'avancer ensemble et de s'élever les uns vers les autres. De s'élever ensemble, de ne pas se tirer vers le bas, de se tirer vers le haut ensemble. Et de ne pas justement éviter la mesquinerie, le côté... retenir les petites choses et souvent ce qui va faire la différence c'est la communication tout simplement là où il y a de la communication il n'y a pas de mesquinerie, il n'y a pas de bassesse, il n'y a pas tout ça et je le vois aujourd'hui Il y a des personnes dont je me suis éloignée, d'autres qui ont été des révélations, notre hôte aujourd'hui, dans ma vie, entre peu de temps, parce que finalement, ce n'est pas comme si on se connaissait depuis 10 ans. Mais d'un coup, il y a un soleil en face de toi, et tu te dis, non mais attends, je ne peux pas laisser passer un truc comme ça dans ma life. Je le veux ce soleil, en espérant être à la hauteur, pour aussi être à minima une petite boule de lumière.
- Speaker #0
Pour pouvoir rendre... Moi, j'ai un truc qui est intéressant chez toi, c'est que tout ce que tu dis, je pense que tu as fait un travail sur toi fondamental et que tu te sens bien dans tes baskets aujourd'hui parce que tu l'as entrepris ce travail de prise de recul et de se dire, voilà, qu'est-ce que je veux dans ma vie, qu'est-ce que je ne veux plus ? Et en même temps, par le fait que tout ce que tu choisis, on a l'impression qu'il y a vachement d'exigence aussi. Et est-ce que cette exigence-là, elle est aussi envers toi-même ? elle est d'abord en train de se sentir hyper exigeante ce que tu as le droit d'être à la suite mais et du coup est-ce que ça ça n'est pas aussi le passé question je me pose pour moi et moi aussi l'exigence qu'on attend ce que l'on attend aussi parce que du coup on choisit mieux les gens mais du coup on attend peut-être beaucoup aussi de ces personnes-là comment
- Speaker #1
on équilibre ça c'est ça aussi être proche c'est aussi accepter que l'autre n'est pas forcément abattu dans un parc s'arrête nous-mêmes ça c'est compliqué c'est sûr à meyer je pense qu'on est surtout c'est parce qu'on est exigeant à parfois trop avec nous-mêmes qu'on les envers les autres. Ça, c'est une certitude. Je sais, parfois, des espèces de paranoïa de bien faire vis-à-vis des autres.
- Speaker #0
Tu te fais la pression vis-à-vis de ça.
- Speaker #1
Voilà, c'est ça, qui m'arrive de moins en moins. En tout cas, sur le côté, ça va aller, en fait, il n'y a pas besoin de chercher midi à 14h. Tout va très bien se passer. On est entre amis. Et ça, ça ne marche qu'avec, justement, des gens qui me... connaissent et que je connais. Il n'y a pas de besoin de paraître, il y a juste besoin d'être soi. Et il y a un truc que dit mon père, une phrase que j'aime beaucoup, et qui devrait d'ailleurs s'appliquer à lui-même, c'est « j'arrête de me faire mal à la tête » . Et cette phrase, « mal à la tête » ,
- Speaker #0
je l'aime beaucoup,
- Speaker #1
je l'aime beaucoup, je la dis souvent, dans le sens où, comme tu dis, on est tous imparfaits, et plutôt que, justement, S'arrêter sur des points de détail où on se dit ah là j'ai pas kiffé, là j'ai pas ceci, qu'est ce que ça signifie et monter les trucs en tête d'épingle négative, parfois qui peuvent aller jusqu'à la méchanceté les uns vers les autres ou en tout cas des intentions pas très sympa pas bienveillante en tout cas, de juste se dire mais en fait j'ai pas envie de me faire mal à la tête avec ça, la personne elle est comme elle est. Ok, je... c'est pas grave.
- Speaker #0
Faut la prendre comme elle est.
- Speaker #1
Je la prends comme elle est.
- Speaker #0
Et ça, quand on est exigeant avec soi-même, ça peut être compliqué.
- Speaker #1
C'est très dur. C'est très très dur.
- Speaker #0
On peut aussi donner un rapport avec les gens de... J'attends plus encore. J'attends plus. Mais alors des fois, ce j'attends plus, il peut être un peu... presque toxique dans certains moments. Et c'est vrai que ça peut être... Oui, il faut analyser tout ça, prendre du recul et c'est... Non mais c'est passionnant de se sentir peut-être, c'est ce que tu tentes de faire,
- Speaker #1
c'est super important. Comme si j'arrivais à faire ça au quotidien, mais non, il y a des moments où il y a beaucoup plus de ratés que de réussites. Bien sûr,
- Speaker #0
c'est la vie. Heureusement qu'on gratte et qu'on se relève derrière, ça c'est important.
- Speaker #1
Mais j'essaye de me dire, voilà, j'ai pas envie d'avoir mal à la tête, le temps, il doit être consacré, le peu de temps qu'on a en tout cas. à justement la sérénité, le plaisir, la vie, le positif et justement le fait de lâcher prise. Voilà, ça aussi, ça fait partie de cette philosophie de ne pas vouloir avoir mal à la tête.
- Speaker #0
Et tu vois, toutes ces valeurs-là, alors on parle de... parce que l'idée, c'est toujours de relier à sa famille. En fait, c'est hyper intéressant parce que tes parents t'ont peut-être imposé un peu ce carcan, comme on disait tout à l'heure, et puis au final, toi, ça t'a libéré de ça. Et donc, tout le recul que tu as aujourd'hui... sur les valeurs que tu crées toi maintenant pour toi-même. Et ça, c'est formidable. C'est ça la vie. C'est ça qui est extraordinaire en fait. Et du coup, je voulais aborder... Là, on a beaucoup parlé de tes parents. Et moi, je voulais te parler un petit peu de ta sœur. Avec plaisir. Parce que du coup, c'est aussi important. Parce que tu l'as dit, et c'est justement une question que j'ai notée dans ma petite feuille qui est devant moi là. J'avais noté par rapport à ta sœur, est-ce que c'est possible selon toi d'être à la fois sœur et très amie.
- Speaker #1
Ça n'a pas été vrai pendant une période. Ça n'a pas été possible, en tout cas. Aujourd'hui, parfaitement. Je pense que... Enfin, parfaitement. Non, pas parfaitement parce que rien n'est jamais parfait. Mais en tout cas, aujourd'hui, je peux dire que ma sœur est une amie, est une de mes meilleures amies. Ça, c'est une certitude. Tu l'as dit au début. Aujourd'hui, c'est elle aussi mon phare dans la nuit. Mais oui, Shannon, pour ne pas la citer, c'est mon amie, bien sûr.
- Speaker #0
Et comment on gère ce rapport de « on a reçu la même éducation, donc les mêmes valeurs, comme on disait, et puis en même temps, on se crée aussi avec nos propres valeurs après ? » Comment on arrive à tout cumuler, à pouvoir sortir avec ses amis et sa sœur, et puis en même temps, être en famille avec sa sœur ? Est-ce qu'on n'a pas deux rôles différents ?
- Speaker #1
Complètement, mais... C'est fou parce que du coup, je pense que c'est absolument vrai qu'on a des espèces de facettes qui se mettent en place de façon absolument automatique. Et c'est vrai que la sœur avec qui je sors, avec les amis, nos amis en commun, nos amis pas en commun, parfois je sors avec les miens, je sors avec les siens. Et j'aime à penser que mes amis l'adorent et moi j'adore ces amis. Il y a ce côté, on a une certaine façon d'être. Et enfin, nous, on a encore une autre façon d'être. Mais il y a une chose, en tout cas, sur ces deux plans, qui ne change jamais entre nous deux, c'est la complicité. Même parfois, le côté télépathie qu'on peut avoir. On a très souvent des références qui n'engagent que nous, et on est seul au monde, que ce soit en famille ou avec les amis. Et ça, c'est vrai que ça se reproduit dans les deux cas. Mais... On adapte nos comportements, alors de pas grand chose, selon qu'on est en famille et selon qu'on est entre amis. Je peux me clasher beaucoup plus vite avec ma soeur quand je suis en famille que pas où je suis, parce qu'on reprend nos rôles de soeur qu'on n'a pas quand on sort avec des amis. C'est pas ma soeur quand je sors avec des potes, c'est ma pote qui sort avec mes potes. C'est exactement ça. En famille, on redevient la grande soeur, la petite soeur, totalement consciemment d'ailleurs, c'est marrant. quand je pense. Mais je pense qu'il y a aussi ce côté, les parents nous le remettent un peu. Toujours,
- Speaker #0
toujours.
- Speaker #1
Eux aussi,
- Speaker #0
sans doute. Dans la famille, on a tous une place,
- Speaker #1
c'est vrai. De, on passe la porte de la maison, paf ! C'est moi l'aîné, c'est toi la petite. Et puis les parents qui rejouent ce rôle de...
- Speaker #0
Et vos parents, ils vous donnent ça, ce rôle de l'aîné, de la petite sœur ? Ou est-ce que vous, vous avez...
- Speaker #1
Oui, alors ils le donnent... Il y a cette vision dans ma famille où mes parents ont une image de ma soeur qui me fascine, qui est qu'elle est plus fructifible que moi. C'est la petite dernière. C'est vraiment le cliché de la petite dernière. Alors que ma soeur, c'est une machine de guerre, elle est brillante. C'est une femme Barbara Gould. C'est un rock, il n'y a pas de problème. S'il faut gérer un milliard de trucs, c'est une machine de guerre, ma soeur. Et eux ont cette vision de... Ils me le disent quand elle n'est pas là. Et Jadonne, c'était contre le podcast. Ah oui, mais ta sœur, tu sais, elle est plus fragile, plus sensible. Et ça me fait marrer. Parce que je me dis...
- Speaker #0
Elle est plus sensible que qui ?
- Speaker #1
Que moi ? Parce qu'il n'y a jamais que qui. Elle est plus sensible que toi.
- Speaker #0
C'est ça qui est intéressant dans ces réflexions.
- Speaker #1
C'est moi. C'est pas la voisine. C'est... Mais ils ont cette image-là et je pense que ça, ça a été un vrai sujet avec mes parents où il a fallu m'émanciper de la vision qu'ils avaient de moi et qui me mettait cette telle pression de, tu sais, l'aînée, celle qui gère, elle est forte, elle a un dos large comme la Chine, c'est vraiment, on peut tout lui demander, elle peut tout faire. Et jusqu'au moment où... Alors, c'est malsain, enfin c'est malsain, c'est pas malsain, c'est insidieux parce qu'au début, on est très fiers d'avoir cette place.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
c'est un honneur de se dire ils ont enfin reconnu en moi le général que j'étais je me suis complètement fait niquer en fait dans l'affaire c'est horrible cette place là de devoir gérer tout le monde et là dessus c'est parce que Shannon était partie de la maison plus tôt elle était partie en colocation moi j'étais restée c'est aussi pour ça que je me suis retrouvée avec cette place là et Shannon du coup c'est un peu entre les mailles du filet franchement tout le monde mais aujourd'hui tout ça c'est quand même un peu plus posé, un peu plus serein. Et notre relation avec Shannon, aujourd'hui, on se parle. Ce qu'on ne faisait pas forcément avant, quand on était beaucoup plus jeunes. Moi, j'ai eu besoin de lui dire certaines choses. J'ai dû lui dire à un moment donné que j'avais besoin de son aide dans la dynamique de la famille, que je me sentais seule, que j'avais besoin qu'elle reprenne sa place. Pas de petite sœur, mais de ma copilote, en fait. Il n'y a pas de hiérarchie. Il y a vraiment, quand on veut, une relation horizontale. Et aujourd'hui, dès qu'il y en a une qui se sent le besoin de dire à l'autre « là, j'ai besoin de toi » ou « là, tu prends trop de place » ou « là, ceci » , ça se fait dans nos modes de communication qui sont parfois très sanguins, très vifs et qui peuvent en étonner plus d'un. Parfois, on a l'impression vraiment qu'on n'est pas trop plus dans la dispute que dans la communication, mais ça reste dans la communication. Et donc, c'est très agréable. d'avoir aujourd'hui cette relation.
- Speaker #0
Vous avez toutes les deux été super forte en fait parce que vous avez recréé un nouveau dynamisme familial tu vois de dire on nous donne ces places là bah non nous on l'entend pas on entend pas faire ce projet là en fait on veut comme tu l'as dit être copilote être copilote ensemble,
- Speaker #1
prendre la place qui est la tienne si tu le veux bien évidemment parce que il y a aussi ce truc là c'est que Je pense qu'on peut aussi pouvoir dire, mais en fait je ne veux pas du tout autant de charge. Moi j'ai envie de liberté, j'ai envie de me barrer, j'ai ce côté très libre, moi qui n'ai pas du tout mon cœur, je suis très contente d'être à côté de mes parents, je ne peux pas mentir, je suis pas soeur. Mais elle aurait pu me dire, écoute Alex, ta place que tu as voulu prendre c'est ton choix, mais moi ce n'est pas du tout le mien. Et j'aurais dû, quoi qu'il en soit, respecter sa décision. Ça n'a pas été le cas, parce qu'on est tous très proches, comme je l'ai dit au début. Et donc, elle a aussi pris...
- Speaker #0
Mais ça se travaille, en fait, de garder cette proximité. Parce que c'est vrai qu'on se dit, de fait, le lien familial, il est là. Mais en fait, le lien familial, il se crée et il peut changer. Il s'entretient. Et il s'entretient. Et comme tu l'as justement dit, il faut beaucoup de communication. Et moi, je crois que ta force, elle est là. C'est que tu arrives toujours à communiquer. Là où on peut dire que tu es une femme super forte, c'est là. C'est que tu refuses certains schémas et tu te dis non. Je ne sais pas comment ça doit se passer, mais en tout cas, moi, cette situation-là, je ne l'accepte pas. Il faut communiquer. Ce n'est pas forcément quelque chose qu'on t'a appris. Ah non, ça vient de toi. Ah oui, on a analysé beaucoup de choses pour en arriver là.
- Speaker #1
J'ai rencontré aussi beaucoup de personnes qui m'ont...
- Speaker #0
Oui, mais tu es allée vers ça. Ah oui,
- Speaker #1
bien sûr. Bien sûr,
- Speaker #0
je les ai écoutées. Et c'est vrai que je pense que... C'est là où le lien se crée toujours, familial ou pas, dans tous les cas ça nous le crée complètement.
- Speaker #1
Cet entretien du lien familial, il est de tous les instants, ça n'empêche pas qu'il y a des moments où on peut vouloir aussi souffler de son côté, et prendre un peu de distance pour mieux revenir.
- Speaker #0
Et ça, avec la famille, ce n'est pas évident.
- Speaker #1
Moi, j'ai une famille qui est très... Les familles du Sud, comme vous l'aurez sûrement compris, c'est présent, c'est là. Et je remercie d'ailleurs mon compagnon de tous les jours pour m'assurer de ça. Parce que c'est vrai que ce n'est pas simple, mais oui, ils sont très présents, forcément. C'est aussi une de nos caractéristiques. Mes amis, c'est vrai que quand je leur en parle, ils ont aussi très justement cette image d'eux. pour ceux aussi qui les ont vus, c'est là quoi, c'est présent, c'est ensemble, c'est proche physiquement. Et c'est vrai qu'à un moment donné, ça n'est pas arrivé par hasard non plus. Parce qu'on a eu tous aussi des moments où on arrive, il y a deux chemins devant soi, qu'est-ce qu'on va droite, on va gauche, on fait demi-tour, qu'est-ce qu'on fait, qu'est-ce qui se passe ? C'est aussi de décider de prendre du temps. pour ses parents, pour sa sœur, pour son oncle, pour ses grands-parents, pour toutes les personnes qui font, pour tous les membres de sa famille à qui on a envie de consacrer du temps, je précise bien. Ça peut ne pas être tout le monde. Mais on avait une discussion d'ailleurs là-dessus, et j'avais adoré justement pour faire le parallèle entre le choix qu'on fait et l'investissement qu'on donne. Ils ont coté l'ingratitude qu'on peut avoir vis-à-vis de ses parents. Moi je sais que je suis passée par là, quand j'ai commencé à gagner un peu de sous, les premiers jobs, etc. De se dire, il faut que je leur achète tout. J'étais devenue complètement folle. J'ai voulu rendre en me disant, mais attends, tout ce qu'ils ont fait, je voulais tout payer tout le temps. Ça les a saoulés d'ailleurs. sans tout le padré, ça commence à me saouler.
- Speaker #0
Mais oui, parce que la dynamique,
- Speaker #1
elle change. Et bien, on peut s'adapter, parce que nous aussi, nous avons dû s'adapter la nuit. Et aujourd'hui, je me rends bien compte que ce qu'on peut leur donner, ce n'est pas de l'argent, ce n'est pas des restos, ce n'est pas du matériel, c'est que du temps. Et ça, on le décide. Parce que oui, le dimanche, après une grosse soirée avec des potes, on a envie de rester mourir dans son lit avec une verveine. De se dire, en tout cas, c'est comme ça que je réfléchis. C'est de dire, en fait, ça fait deux semaines que je n'ai pas vu mes parents. Bon, allez, je vais me traîner dans la rue. Je vais rentrer jusqu'à chez eux parce que je veux leur donner... J'en ai aussi besoin pour moi. Je veux ce temps avec eux. Mais c'est un choix de le faire. Parce qu'on pourrait aussi dire, on se verra au prochain anniversaire. Ça n'a pas si longtemps. Voilà.
- Speaker #0
Je crois qu'on va pouvoir terminer là-dessus. Sur cette notion de choix, comme tu le dis. Et finalement, être proche de sa famille, c'est aussi quelque chose que l'on peut décider ou pas. Je crois qu'on peut s'arrêter là-dessus. Merci beaucoup, Aless.
- Speaker #1
Merci,
- Speaker #0
Guilhemette. Merci pour cette conversation. C'était génial.
- Speaker #1
C'était super. Je suis très fière. Très stressée.
- Speaker #0
Ami, on l'aidait toutes les deux, forcément, parce que c'était une première pour toi, mais surtout une première pour moi aussi. Je suis hyper fière de t'avoir eu avec moi. Très, très fière.
- Speaker #1
Merci.