- Speaker #0
Chers utopistes, bonjour et bienvenue dans le podcast du projet Utopia, un podcast qui s'intéresse aux rapports entre science et société. Aujourd'hui, nous continuons notre discussion avec Vivien Soldé sur les rapports entre esprit critique et cinéma. Nous allons désormais approfondir la discussion en parlant d'éducation au cinéma et par le cinéma. En somme, comment les films peuvent nous aider à affiner notre esprit critique par leur image, leur thème, mais également par leur écriture ou les messages qu'ils véhiculent. Allez, sans plus attendre, continuons cette discussion. Donc, est-ce que tu peux nous expliquer du coup, selon toi ? comment le cinéma de fiction peut éveiller l'esprit critique ? Parce que là, on a parlé du coup de questionnements, de thématiques sur lesquelles on peut rebondir quand on veut transmettre. Mais est-ce que déjà, en soi, les films peuvent nous aider, en tant que spectateur individuel, à des réflexions, à améliorer notre esprit critique, etc. ? Est-ce qu'on peut déjà commencer par parler de ça, et après on développera sur cette thématique ?
- Speaker #1
Alors, il y a deux choses là-dessus, parce que quand on parle d'éducation et cinéma, on va dire ça comme ça, il y a deux grandes formes en fait, il y en a deux grandes formes. La première grande forme, c'est l'éducation par le cinéma. Donc l'idée de l'éducation par le cinéma, c'est d'utiliser le cinéma en gros comme une fenêtre ouverte sur le monde, c'est-à-dire que le cinéma va nous parler de choses qui se passent dans le monde, à nous ouvrir des sujets, à des thématiques. En gros, c'est l'approche par le fond du film, c'est-à-dire qu'est-ce qu'il nous raconte ce film, qu'est-ce qu'il nous apprend sur le monde. Et donc là, on a parlé dans la scepticothèque de films qui parlent de compétitivisme, de films qui parlent de justice, de films qui parlent de comment est-ce qu'on fait la différence entre le vrai et le faux, de... de films...
- Speaker #0
Qui parlent de délire sectaire,
- Speaker #1
pour en revenir au délire sectaire. Exactement, j'allais. Voilà, on va avoir des films qui vont parler de certains sujets, qui vont nous apprendre des trucs sur ces sujets. Ça, c'est une des premières phases. Et la deuxième, c'est ce qu'on appelle l'éducation au cinéma. Et donc, c'est un peu le... Là, c'est pour coup, c'est l'approche plutôt par la forme du film. Et donc, ça va être d'essayer de comprendre ces cours à film, simplement. qu'est-ce que ça nous raconte, comment est-ce qu'on sait ce que ça nous raconte, comment est-ce qu'on l'analyse, comment est-ce qu'on s'en fait un avis aussi, et qu'est-ce qu'on en tire de ces films-là, et notamment, et là, ça va être plutôt vraiment l'aspect esthétique qui va nous dire ces choses-là. C'est-à-dire, bon, on a des films qui nous parlent de mouvements sectaires, mais finalement, juste se dire, ils nous parlent de sectes, ils nous montrent aussi ceci, ceci, cela, ça ne va pas nous dire forcément tout de suite quel est le propos du film à propos de ça. C'est-à-dire que le film va développer, par exemple, certaines formes de narration. Comment est-ce qu'il va créer ses personnages ? Qu'est-ce qui va suivre ? Comment est-ce qu'il va cadrer ? Comment est-ce qu'il va éclairer ? Comment est-ce qu'il va filmer ? Enfin, voilà. Tout cet apport-là esthétique va être une deuxième approche. Et donc, là, dans l'approche esthétique, par exemple, ce qu'on va mettre aussi en avant, il n'y a pas que l'approche esthétique, d'ailleurs, c'est aussi l'approche culturelle cinématographique en général, c'est-à-dire aussi replacer le film dans son contexte de production. avec ses auteurs, mais aussi son contexte culturel global de production, c'est-à-dire un film qui est réalisé dans les années 70, un film qui est réalisé dans les années 2020, ce n'est pas du tout le même contexte au niveau mondial, au niveau de l'actualité, au niveau des sujets qui sont portés. Il va y avoir des divergences, donc il faut essayer de comprendre ça aussi dans le discours d'un film. Il y a plein de choses à prendre en compte, et nous aussi, dans le podcast, c'est ce qu'on essaye de faire. Cette Ausha par le fond et cette Ausha par la forme. les deux approches.
- Speaker #0
En fait, on a très peu parlé aussi du lien avec tout ça et la science. Tu vois, finalement, on ne doit pas parler de démarches scientifiques ou de méthodes scientifiques au sens plus large, on va dire. Et là, quand tu parles aussi d'éducation au cinéma, c'est-à-dire apprendre à décrypter les images, apprendre à analyser les films, pour moi ça rejoint de toute façon l'analyse en général quand tu analyses une oeuvre quand tu analyses un document ou quand tu analyses une information t'as un certain réflexe à avoir quoi déjà qu'est-ce que l'autre veut vraiment exprimer qu'est-ce que moi je comprends est-ce que les deux sont ce que je veux Est-ce que je comprends ? C'est la même chose que ce qu'il va exprimer. Est-ce que je surinterprète ? Est-ce que je ne surinterprète pas ? Est-ce qu'il y a des éléments qui peuvent contredire mon interprétation ? Tu vois, tout ce genre de trucs, en fait, qui ne sont pas forcément hyper intuitifs. Souvent, quand on analyse une œuvre, on a plutôt tendance à aller vers le biais de confirmation totale. C'est-à-dire qu'on a une hypothèse sur des films qui sont un peu ambigus en général, comme Matrix, comme Inception, ou je ne sais pas... des films qui suscitent beaucoup d'imagination, ces films-là permettent de nourrir l'aspect critique mais ils permettent surtout de nourrir l'imagination. Et si on veut nourrir l'esprit critique, ça demande aussi d'appliquer une certaine méthode derrière, un certain mécanisme, un certain réflexe qui ne sont pas forcément innés.
- Speaker #1
Complètement. Oui, on est d'accord. Ça, effectivement, on est entièrement d'accord là-dessus. Et sachant même que quand on parle aussi de théories ou scénarios compotistes, par exemple, il y en a plein sur les films aussi. C'est-à-dire des surinterprétations complètes de films, notamment comme tu parles de films qui dévoilent l'imaginaire, notamment Inception par exemple sur la fin. Quand on va regarder sur les forums, il y a plein de théories assez extravagantes qui vont être... complètement tombé dans le biais de confirmation, c'est-à-dire regardez, il y a ça, ça, ça dans le film qui a un sens, qui montre bien que, oui, mais si tu regardes cette scène-là, cette scène-là, cette scène-là, ça contredit complètement, en fait. Oui, mais non, parce que, enfin, voilà. Donc, il y a ça aussi, ça existe, en fait, sur le mécanisme, sur les films. Et c'est pour ça que, aussi, dans le principe du podcast, on va parler, ça peut faire peur, on va parler de pendant une heure et demie, deux heures d'un seul film et ça je pense que même dans le podcast actuellement dans les podcasts ou les vidéos YouTube ou quoi que ce soit qui existent actuellement aujourd'hui, il y a très peu l'occasion d'écouter du discours pendant deux heures sur un film. Alors, bien sûr, on pourrait nous dire, votre podcast il n'est pas très vendable. Il est long, ça ne parle que d'un seul film, ça va très vite lasser. Oui, mais en même temps, nous, ce qu'on essaye de faire, c'est déjà d'aller au fond. On n'essaie pas d'être... exhaustif mais on essaye de faire quand même d'essayer de parcourir vraiment le film en large notamment clairement on oublie toujours des choses après coup on se dit ah mais j'ai pas dit ça j'ai pas parlé de ça alors qu'on a déjà discuté pendant deux heures du film et qu'on est les suivis à la fin des émissions mais enfin voilà et en fait ce qui est intéressant dans l'émission de C'est Éthique c'est qu'on est pas là juste pour apporter du contenu aux gens c'est à dire juste ils nous écoutent, ils s'apprennent c'est aussi qu'on est là pour pour essayer nous-mêmes de faire montre d'une certaine démarche d'écoute, d'argumentation, et notamment quand on n'est pas d'accord, c'est-à-dire d'être capables entre nous d'argumenter, de faire un peu une démarche d'esprit critique en direct, qu'on va dire ça comme ça. On essaye de faire ça, c'est-à-dire qu'on est ensemble, on est trois, quatre, cinq autour d'un film, et on va discuter de nos différentes interprétations, parce qu'on n'est pas tous issus des mêmes milieux, on n'est pas tous complètement d'accord sur les films, on va avoir des interprétations différentes. Et on va avoir nos argumentations diverses et variées dessus. Donc le but, ce n'est pas de passer rapidement là-dessus et de se dire, celui qui gagne, c'est celui qui parle le plus fort, c'est celui qui a la meilleure phrase, etc. Mais vraiment d'argumenter pour essayer qu'on comprenne ensemble le sens du film, même si parfois, on ne tombera juste pas d'accord. Mais voilà, c'est ça, à mon sens aussi, l'importance de ce podcast, à la fois dans sa longueur et dans sa forme, en fait.
- Speaker #0
Oui, du coup, on essaye de parler du fond et de la forme, justement, des films. Ce qui, comme tu le dis, par cette idée de part et haut cinéma, une approche de part et haut cinéma, c'est de mélanger les deux. parce que ça permet, comme dans toute analyse artistique finalement de comprendre l'oeuvre dans son ensemble ou d'appréhender l'oeuvre dans son ensemble parce que comprendre ça veut dire quelque part que c'est quelque chose qui a été voulu comme tu l'as bien dit précédemment, en fait c'est pas forcément toujours voulu par les cinéastes ou par les scénaristes etc ça veut dire des choses qui sont présentes dans le film mais qui sont pas forcément voulues à la base néanmoins je pense Je pense que cette vision complète est vachement importante. Nous, on apporte notre pierre, mais comment, du coup, est-ce que c'est... Comment les gens qui n'ont pas écouté le podcast, par exemple, selon toi, appréhendent ces films-là ? Est-ce que ces films-là sont des films qui, de par leur seule narration, leur seule existence, finalement, seront appréhendés par les gens comme des outils de réflexion, à ton avis, ou pas ?
- Speaker #1
Bon alors là c'est très difficile parce que ça dépend en soit à la fois des films et des gens pour le coup qui vont les regarder et avec quel pris ils vont les regarder. Nous, à Cynetic, on a un prisme clair, c'est-à-dire on analyse en matière d'esprit critique. C'est une approche qui est voulue, mais après, il y a certains qui pourraient nous critiquer là-dessus et nous dire « oui, mais si vous faites ça, vous passez à côté de l'œuvre » . Le but, c'est toujours de choisir des œuvres qui sont globalement intéressantes là-dessus. Après, il y a des œuvres où, effectivement, à côté de ce message-là, il y a d'autres sujets qui sont reliés de fait à ça. On essaie de faire un petit peu le tour, mais nous, notre axe, il est là-dessus. donc on peut très bien parler d'une oeuvre nous l'interpréter de notre manière discuter de notre manière de cette oeuvre là et quelqu'un qui va prendre par un autre bout et découvrir tout un autre penchant d'une oeuvre, notamment d'oeuvres extrêmement riches, il y en a plein et nous c'est notre façon de l'aborder c'est notre façon de créer aussi du discours autour des films, c'est à dire que normalement ce qu'on dit sur ces films là ça a quasiment jamais été dit avant en fait créé même de l'information sur ces films-là. On ne répète pas ce qu'ont déjà dit des critiques avant nous, généralement. On se base un petit peu sur ce qu'ont été écrits. Après, ça dépend des films. Quand on va sur Matrix, par exemple, il y a tellement de gens qui sont passés avant nous que, oui, on va répéter un peu ce que les gens ont déjà dit. Mais sur Piquet, par exemple, il n'y a pas grand-chose à se mettre sous la dent, en tout cas en français.
- Speaker #0
Il n'est pas très connu, mais malgré tout, il y a des films qui ont fait parler. Il y a eu des textes, des analyses, ou des articles. de journaux qui en parlent et pourtant ils n'ont pas forcément abordé ces angles là, par exemple je pense à Club Zero qui a été perçu quasi exclusivement comme un film parlant des troubles alimentaires alors qu'en fait pour nous c'est un film qui parle de dérive sectaire et c'est même assez clair et c'est même ce qu'a dit la réalisatrice en interview en ouverture du Festival de Cannes en réponse à quelqu'un qui disait oui pourquoi vous avez voulu faire un film sur les troubles alimentaires je ne pense pas que ce soit un film qui parle de troubles alimentaires c'est en fait un film qui parle de dérives je ne crois pas qu'elle ait dit dérives sectaires mais elle a parlé de ça de manière implicite mais en tout cas elle a rejeté l'idée que c'était un film qui parlait de troubles alimentaires alors que je pense 80 voire 90% des articles que j'ai pu lire sur ce film ont analysé ça comme ça. Et donc du coup, je pense qu'on a quand même, on apporte un petit truc, il y a quand même une sorte de lacune sur ces questions-là, en tout cas médiatiquement parlant, et c'est important d'en parler malgré tout. Oui,
- Speaker #1
je suis entièrement d'accord avec toi, notamment sur ce film-là, qui a reçu une critique vraiment à ouf, ce qui est nommable, parce que je trouve que c'est un film qui est très bon sur son sujet, parce que son sujet, c'est pas du tout les troubles alimentaires, et moi-même, sur les critiques que je suis, qui ont analysé le film sur cet angle-là, forcément, c'est un angle... Ça ne dit pas grand-chose là-dessus. Les gens disent que ça passe à côté de son sujet. Non, puisque ce n'est pas son sujet. C'est un autre sens aussi. Un film que j'aime bien défendre aussi, alors qu'il est mal aimé, c'est Régression de Ahmed Abar sur la question de la vague sataniste aux États-Unis. Si on n'a pas le contexte dans lequel se passe le film, ça peut être... très bizarre, très particulier comme film.
- Speaker #0
C'est pas trop où il veut en venir.
- Speaker #1
Voilà, exactement. Quand on rentre un peu dans une certaine forme d'analyse, surtout qu'Amenabar, c'est quand même un réalisateur, je pense qu'à Cinétique, maintenant, on commence à en soi bien connaître, parce qu'en fait, je pense que c'est un réalisateur qui a une analyse qui regroupe un peu celles qu'on peut avoir, c'est-à-dire qu'on a quand même déjà parlé de deux films de ce réalisateur-là, donc on ne trouve pas déjà deux films d'un réalisateur, c'est-à-dire qu'il y a... quelque chose qui revient. Et même les autres films d'Amedabar, même s'ils ne sont pas centrés sur ces sujets-là, on pourrait leur voir, je pense à Lettres à Franco, par exemple, qui est tout le parcours d'un intellectuel espagnol, si je ne me trompe pas.
- Speaker #0
C'est vrai que je n'y ai pas venu.
- Speaker #1
Qui va tromper dans le franquisme, qui va y aller un peu de manière naïve, et puis en fait, très vite se rendre compte qu'en fait, il s'est fait avoir et qu'il va revenir sur ce qu'il a décidé et qui a devenu en fait un opposant. Et donc, Amenabar va s'intéresser à comment, finalement, cette personne-là va se remettre en question et va complètement changer d'avis, finalement. Et ça, c'est l'œuvre d'Amenabar, elle est complètement là-dessus, en fait. Et moi, je pense, pour moi, ce qui est le chef-d'œuvre d'Amenabar, c'est Agora, qui est un excellent film sur la science et la croyance, qui est un film qui, pareil, va être interprété d'une manière très caricaturale. comme un film qui oppose science et croyance, et notamment fait l'apologie de la science face à la croyance, qui va être forcément délétère, qui va pousser à la violence, etc. Mais ça, c'est en ayant une analyse qui est complètement... en mon sens, en surface du film et qui ne va pas entrer dans la profondeur du film, dans les actions de ces personnages-là, qui ne va pas voir qu'en fait, finalement, la science, derrière le conflit science et croyance, il y a un conflit social entre les classes dirigeantes et les classes populaires.
- Speaker #0
Ce qui est intelligemment fait dans le film, en plus, c'est que ce conflit-là, en fait, il est contrebalancé par des relations humaines, en fait. Et quand on voit que... Malgré tout, malgré les conflits idéologiques et sociaux, il y a aussi des humains derrière et que ce n'est pas toujours si évident que ça. Il faut arrêter aussi de caricaturer tous ces positionnements.
- Speaker #1
Complètement. Et Agora, il est exceptionnel ce film. C'est vrai que la première fois qu'on le voit, généralement on va tomber dans cet écueil-là en sortant en disant « mais franchement, la religion c'est vraiment de la merde, etc. » Mais quand on regarde bien le film, on se dit « ah oui, mais la religion dans le film, elle sert à quoi ? » Vous voyez bien qu'ils sont les seules personnes à essayer de secourir les gens qui sont complètement dans le malheur et que les autres, les classes dirigeantes et intellectuelles qui sont dans leur tour d'ivoire, parce qu'ils sont dans les restes de la bibliothèque d'Alexandrie, qui est jugée tout au haut du sommet d'une colline qui surplombe complètement la ville. On est vraiment un peu dans Métropolis de Fritz Lang. On ne l'a même pas dit dans le podcast, ça me vient là tout de suite. C'est-à-dire qu'il y a vraiment une ville à deux vitesses. Il y a vraiment les... la population tout en bas dont tout le monde se fout,
- Speaker #0
et les élites éduquées, qui sont privilégiées, etc.
- Speaker #1
Et qui sont sur son petit nuage, qui ne se posent pas trop la question. Il y a des esclaves, on ne va pas remettre en cause les esclaves, on a toujours fait comme ça.
- Speaker #0
Mais ça pose aussi la question de, en fait, c'est justement les privilégiés qui ont cette possibilité, cette capacité en termes de... temps de se poser des questions existentielles, des questions scientifiques, etc. Les autres qui sont y croyants, après, ils mobilisent leurs croyances pour des raisons politiques ou pour des raisons personnelles. Ça dépend des personnes. Mais en tout cas, c'est des travailleurs, c'est des gens qui triment, qui sont un peu en galère et qui ont moins l'occasion, qui sont peut-être moins éduqués. Donc forcément aussi, ils se posent moins de questions. Au final, ça crée des dichotomies qui, au bout d'un moment, créent des révolutions. Oui,
- Speaker #1
c'était totalement ce qui était montré dans le film d'Amedabar. Ce sont des films sur lesquels on a des choses à dire, des points de vue à apporter parce qu'on est à même d'avoir une analyse pertinente. sur ces questions de sujet là et je pense que sur Matrix c'est pareil mais Matrix la différence c'est qu'on va avoir notre approche et en fait là ce qu'on peut c'est apporter notre point de vue là dessus sur un film qui est pour beaucoup ce que beaucoup appellent une machine philosophique c'est à dire que en fait on peut parler de plein de choses à travers Matrix il y a plein de choses à travers Matrix moi je trouve que personnellement l'analyse à travers la science et à travers le scepticisme et à travers enfin surtout comment dire comment l'avait abordé Matrix déjà c'est la philosophie vraiment assez compliquée je vais pas refaire les milliers d'épisodes sur Matrix mais enfin voilà il y a beaucoup de choses super intéressantes dans Matrix qui sont extrêmement complexes en fait en matière d'analyse à avoir et notamment je pense c'est mon point de vue c'est aussi parce que c'est un film très ambigu et donc forcément il laisse beaucoup de place Et c'est surtout une saga à 13 ans d'aiguë, parce que pour moi, le premier, vraiment, c'est pas le moins bon, parce que c'est faux, parce qu'il est très bon, mais c'est le film qui est philosophiquement le moins intéressant. En fait, les deux suites apportent beaucoup plus philosophiquement que le premier. Et ça, beaucoup de gens passent à côté de ça, parce qu'en fait, le 2 et 3 rajoutent une complexité à l'univers, alors que là, on est sur une dichotomie, vraiment, sur le premier, entre les machines et les hommes. Ensuite, on va arriver sur la question de la symbiose, qui est une question beaucoup plus complexe. Enfin bon, passons là-dessus. Mais enfin voilà, je pense qu'on a des billets à apporter. Et bien sûr, encore une fois, il y a toujours des gens qui voient des choses que nous, on passera toujours à côté. On n'est pas là pour donner un point de vue définitif, ou quoi que ce soit, pas du tout. C'est vraiment pour nourrir le débat. pour avoir un point sur...
- Speaker #0
Ouvrir la réflexion même, je dirais.
- Speaker #1
Ouvrir la réflexion, exactement, c'est ça. Et nous, notre but, c'est qu'ensuite, il y ait des discussions qui se passent autour de ces films-là et qu'on en discute. C'est ça qui nous semble passionnant. Mais toujours avec, nous, notre point de vue à nous, qui est un point de vue plutôt sceptique. Après, on n'est pas fermé à avoir d'autres interprétations non plus, mais ce ne sont peut-être pas des interprétations qui vont nous parler autant. Disons que je pense qu'on n'a rien à dire sur beaucoup de films. C'est ça le truc que je veux dire. Il y a beaucoup de films qui ne sont pas dans la cinémathèque, sur lesquels on n'aurait pas un truc pertinent à dire. Je pense qu'il y a des gens beaucoup plus pertinents que nous qui pourront en parler.
- Speaker #0
Je comprends bien. donc du coup l'éducation par le cinéma, si je comprends bien ce que tu veux dire, c'est que c'est le contenu des films, le contenu thématique, le contenu de l'histoire, de ce que ça raconte, les réflexions qu'on peut tirer de l'histoire que ça raconte. C'est ça ? Oui,
- Speaker #1
c'est ça.
- Speaker #0
Le film en lui-même aurait cette capacité-là, selon toi, de faire générer des réflexions chez les gens. Comme tu disais, ça dépend des gens, mais bon, oui. Oui,
- Speaker #1
oui, oui. En fait, nous, à Cinéty, comme on l'a pensé à la base aussi, la création, comme je l'ai dit, de contenu, qui peut permettre à des gens de s'approprier ces films-là. Et puis, en fait, je ne sais pas, par exemple, il y a quelqu'un, il est passionné par un sujet, il est passionné par la science, il veut en apprendre plus sur la science. Il peut essayer de regarder un des films et de voir comment il peut réfléchir sur la science à travers, par exemple, iOrigins. Voilà, ça peut être ça. Ou alors, c'est un prof dans sa classe qui va aborder des questions liées au dérive sectaire. Bon, il y a quoi comme film qui peut être intéressant sur ces questions-là ? Après, il n'y a peut-être pas que nous là-dessus. Je pense que d'autres associations seront plus pertinentes que nous. Mais nous, on peut avoir aussi un point de vue qui peut être intéressant sur ces films-là, notamment pour préparer... une projection, une discussion par la suite. C'était comme ça que c'était pensé aussi, c'était du contenu mis à disposition pour être capable ensuite d'avoir quelques billes pour parler du film, sans forcément être d'accord avec l'entertainité de nos arguments. Donc voilà. Et donc oui, l'éducation part, c'est l'idée qu'en voyant un film, de fait, on va garder des choses. On va voir alors. C'est vrai que l'éducation part, ça marche quand même pas mal avec... Surtout avec les documentaires, par exemple, qui ont un apport authentifiant. C'est-à-dire que les documentaires, c'est censé être la vérité, entre gros guillemets. Entre très très très très gros guillemets. Les guillemets sont plus gros que le mot documentaire, vous voyez, comme ça. Mais les films de fiction sont censés être justement de la fiction. Mais même de la fiction, on arrive toujours à en tirer quelque chose, notamment... Enfin voilà, ça nous apporte toujours... des choses, des réflexions à avoir.
- Speaker #0
Après, il y a des œuvres qui véhiculent un message que le réalisateur, l'auteur, que ce soit le réalisateur, le scénariste, les deux, en tout cas, ceux qui racontent l'histoire à travers leur œuvre, ils ont un message à faire passer, ils ont des idées à faire passer, des réflexions, etc. Donc ça, ça existe. Mais après, il y a des films qui sont, on va dire, peut-être plus inoffensifs. quelque part, mais dans lesquelles on peut quand même trouver des choses, des pistes de réflexion. Sans forcément qu'il y ait de messages hyper mis en avant et identifiés. Et puis il y a des films des fois qui vont être en contradiction avec le propre message qu'ils ont porté tout le long du film.
- Speaker #1
Là-dessus, oui.
- Speaker #0
Et ça, des fois, c'est parce que c'est le milieu du cinéma, je pense, bien souvent. Je pense par exemple à Red Light. qui tout le long est un film clairement sur le scepticisme sur l'analyse des phénomènes paranormaux d'un point de vue scientifique avec une quête pour essayer de faire en sorte qu'un faux médium tombe et à la fin du film sans spoiler toute cette réflexion là tout ce qui a été amené comme thématique et comme réflexion autour de ça ça tombe complètement à l'eau, c'est complètement renversé et je pense qu'il y a une question de production derrière, c'est à dire que c'est pas assez vendeur comme questionnement il faut vendre du rêve, il faut rajouter une dimension surprenante fantastique ou je ne sais quoi qui fait que le public en fait va rêver, sinon on ne sort pas le film ou alors il ne faut pas fâcher les...
- Speaker #1
les croyants qui représentent une grande partie du public. Oui,
- Speaker #0
c'est vrai que c'est un film américain, donc ça peut aussi jouer.
- Speaker #1
Il faut aménager aussi. Même si c'est un film à petit budget, je crois, Red Light, c'est pas énorme. Quoique, il y avait quand même Robert De Niro, et puis si, il y en avait Weiser dedans. Oui, là-dessus, on est d'accord. Non, mais par exemple, toi, tu parlais de la question de l'éducation par le cinéma. Mais l'éducation par le cinéma, c'est utiliser aussi le film pour faire passer nous-mêmes des messages, par exemple. ou faire passer des connaissances. Par exemple, je parle de Red Light. Là, on pourrait faire une éducation par le cinéma en se disant, voilà, Red Light, ça parle de quelqu'un qui n'est pas cité dans le film, mais qui s'appelle James Randi. Et donc là, nous, dans le podcast, par exemple, on va faire un truc sur James Randi. On en avait parlé, c'était une de nos émissions test au tout début qu'on n'a jamais diffusée et qu'on ne fera pas sans le temps le jour. Mais voilà, l'idée, c'est aussi, à partir d'un film, on peut parler de choses tangibles. que dans le film parle ou évoque un petit peu, mais nous, on peut en dire des choses. Par exemple, pour comprendre ce film-là, déjà, il faut que vous compreniez qui est James Randi, pour que vous compreniez la démarche du film, sur qui est-ce qu'il s'appuie, pour faire créer, par exemple, ces personnages. Et voilà, donc on transmet des informations à travers le film. Ensuite, l'éducation au cinéma, c'est-à-dire, regardez dans le film, comment on analyse, comment est faite la narration, comment c'est éclairé, etc. si dans Red Light il y a vraiment beaucoup de choses à dire là-dessus parce que je sais pas si Red Light a une si je me rappelle plus si Red Light a pas une mise en scène si incroyable que ça elle est efficace mais elle est pas très parlante d'un point de vue visuel quoi,
- Speaker #0
de souvenir en tout cas oui bah c'est ça,
- Speaker #1
disons qu'elle est elle est très classique quoi, sans être novatrice donc voilà mais il y a des films qui sont plus intéressants que ça à dire même en termes de narration ...
- Speaker #0
Finalement, vaincre ou mourir était plus intéressant que ça. Parce qu'il y avait des choses à dire sur la forme.
- Speaker #1
Exactement. Mais là, c'est même pas... En plus, c'est une catastrophe. Vaincre ou mourir, il y a plein de trucs qui sont horribles dedans. Mais je parle même pas en termes d'idées. Je parle aussi en termes de pure mise en scène. C'est-à-dire quand on noie des personnes dans la Loire et qu'on les met dans un petit ruisseau, où l'image, on plonge les gens dans un petit ruisseau. C'est juste...
- Speaker #0
Mais pourquoi ?
- Speaker #1
Voilà, pourquoi ? Si, c'est la manque de budget, mais voilà.
- Speaker #0
Ils avaient peut-être peur que s'ils les mettaient vraiment dans la Loire, ils meurent vraiment.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. C'est-à-dire qu'il faut dépenser un petit peu plus cher pour avoir peut-être des hommes grenouilles ou quoi que ce soit qui aillent chercher les gens une fois qu'ils sont tombés dans la Loire, ou je ne sais pas quoi. Il faut avoir un cadre plus grand, donc il faut dégager une plus grande surface, donc il ne faut pas qu'il y ait de... de poteaux électriques, il ne faut pas qu'il y ait... Voilà.
- Speaker #0
Maisons, oui.
- Speaker #1
Il ne faut pas qu'il y ait de maisons, c'est plus compliqué aussi. Donc, enfin bon. Voilà. Mais en gros, c'est vrai que, disons que la séparation entre éducation par le CMA et éducation au CMA, pour moi, elle est très théorique. Elle est probable, elle est faisable dans certains cas, mais d'une manière générale, et c'est ce que je disais notamment dans ma thèse, c'était que tout le monde de l'éducation à la fois par et à la fois au cinéma. Tout le monde fait ça. Mais par contre, après, par exemple, on sait que dans les milieux des profs, on va avoir plutôt tendance à faire des éducations par le cinéma. On va utiliser le cinéma, par exemple, c'est ce que fait pas mal le programme des volontaires de services civiques sur le cinéma unicité dans certaines régions. Ils vont venir dans des classes animer des films, et souvent c'est des films qui vont parler de harcèlement, qui vont parler de violences sexuelles et sexistes, etc. Donc là, c'est des films qui sont vraiment conçus comme des films qui sont faits pour parler de choses spécifiques. C'est-à-dire qu'on ne va pas parler de la forme du film, on va parler vraiment...
- Speaker #0
Disons que la capacité d'analyse, elle est plus simplifiée, là, en fait. Tu n'as pas besoin d'être hyper analytique sur la forme, qui n'est pas quelque chose qui parle à tout le monde, quoi. Moi, je sais que... Mon père, c'est différent, parce qu'il est photographe, donc l'image, ça lui parle. Mais ma mère, par exemple, les films, elle ne voit pas quand il y a un mouvement de caméra. Ce n'est pas un truc qui l'intéresse quand elle le regarde. Elle ne le voit même pas tellement que ça ne l'intéresse pas. Forcément, c'est une difficulté supplémentaire. C'est beaucoup plus simple de faire de l'éducation par le cinéma, du coup, que de l'éducation au cinéma.
- Speaker #1
Exactement. Mais après, comme je dis, on peut aussi allier les deux. C'est ça qui est intéressant. et pour moi Assyntique c'est obligatoire qu'on fasse les deux parce qu'on peut pas faire on peut juste parler du fond des films mais regardez c'est un super film, ça parle d'esprit critique les personnages sont comme si lui on voit bien c'est le complotiste lui on voit bien c'est le scientifique mais si on va pas plus loin que ça en fait on dit rien on fait de la psychologie de comptoir sur des personnages en disant regardez bien comment est-ce que lui il agit, comment est-ce que lui il agit mais si on dit pas, qui a créé le film ? pourquoi est-ce qu'il a créé le film et dans quel sens il a créé le film, ou en tout cas, dans quel sens, nous, on interprète qu'il a voulu créer le film. En fait, on manque une dimension de l'analyse du film. Donc, on n'a pas le choix, il faut qu'on le fasse. Et c'est notamment ce qu'on fait en étude de Ciema, même si là, je reproche aussi, je pense aussi à... en tout cas certaines personnes en études cinématographiques, à occulter complètement le fond, parler uniquement de la forme. Et là, c'est une autre dérive pour le coup. Elle entre dans une dérive de plus de l'élitiste, à mon sens, parce que de ce que disait Bourdieu, à mon sens, les gens qui parlent de cinéma pour ne parler que de cinéma, c'est une approche extrêmement sélective, en fait. C'est une manière de sélectionner que les gens qui sont capables de parler des films uniquement pour l'aspect esthétique. C'est intéressant pour moi, mais ce n'est pas le plus... C'est intéressant dans une question artistique.
- Speaker #0
Il manque quand même une dimension. Il manque une dimension.
- Speaker #1
Mais si tu veux, sur du film expérimental, par exemple, ou sur certains films qui sont vraiment uniquement sur la forme. Quelques-uns, quoi.
- Speaker #0
Des films qui sont très poussés sur la forme, sur le langage par la forme. Il y en a certains... Tu parlais de Russell Noël tout à l'heure, c'est quelqu'un qui poussait beaucoup sur le langage cinématographique. F4 Fake,
- Speaker #1
par exemple, c'est beaucoup ça. Mais après, il y a un peu de fond. Mais pareil, F4 Fake, en fait, quand on voit pour la première fois F4 Fake, on a besoin de faire des recherches après sur Internet, parce que tu sors de ça, tu es complètement... Tu ne sais pas ce que tu viens de voir. On va revenir sur la question du documentaire, mais... C'est une sorte de documentaire, mais qui n'en est pas vraiment un. C'est très perturbant comme film. Mais enfin, voilà. Et après, je pense que, pour en parler uniquement, en fait, c'est surtout le but. Le but de l'analyse, c'est vraiment que d'arriver à la question de forme. Pour moi, c'est passer à côté de tout ce qui fait le cinéma. C'est passer à côté aussi des passions que ça soulève par le fond aussi. Le cinéma, c'est aussi... Merci patron par exemple de François Ruffin qui va être projeté lors de Nuit Debout et qui va notamment créer le mouvement Nuit Debout c'est pas juste une question de forme c'est une question de fond pour moi allier les deux c'est de fait même philosophiquement c'est
- Speaker #0
philosophique de séparer les deux théoriquement le fond sert la forme le forme sert le fond les deux sont imbriqués l'un dans l'autre mais après c'est vrai qu'il y a des cinéastes qui vont plus favoriser l'un que l'autre voilà
- Speaker #1
Oui, ça on est d'accord. Complètement d'accord.
- Speaker #0
Il y a quand même un truc par rapport à l'analyse cinématographique qui est un truc très fréquent. Mais de toute façon, dans l'analyse artistique en général, je dirais, c'est en fait la surinterprétation. Je vais en parler un petit peu tout à l'heure, mais c'est un plaisir intellectuel d'interpréter, de trouver des messages, de trouver des liens entre les choses. Il y a une forme de plaisir intellectuel qui est... hyper satisfaisant et que qui peut être hyper fascinant aussi donc je ne renie pas complètement la surinterprétation maintenant le problème c'est que la surinterprétation se confond avec la volonté de l'auteur la volonté de l'artiste et dire qu'en fait la surinterprétation qu'on a nous-mêmes en fait c'est l'artiste qui l'a voulu là il y a un biais là-dessous qui est assez fort à mon avis et Dans ce domaine-là de la surinterprétation, il y a un truc qui est quand même assez récurrent et ça nous parle du coup, c'est des thématiques dont on n'a pas trop parlé dans Cinétique, mais c'est des thématiques dont on parle en dehors, entre nous, c'est les interprétations psychanalytiques. Il y en a quand même beaucoup dans l'art en général et dans le cinéma aussi énormément. Alors, ce n'est pas complètement dénué de sens, dans le sens où la psychanalyse... nourrit l'imaginaire collectif depuis plus de 100 ans et donc forcément et notamment dans le milieu artistique je trouve beaucoup et donc forcément les cinéastes, les auteurs recrachent un petit peu de ce langage là plus ou moins volontairement et donc c'est pas inintéressant de l'analyser dans ce pile en se disant en fait ils ont cette culture-là et donc ils le transmettent. Mais malheureusement, ce n'est pas toujours le cas. Des fois, il y a des choses qui, a priori, n'ont pas forcément de lien direct, mais il va y avoir des surinterprétations qui vont être faites, psychanalytiques, alors que ce n'est pas le sujet. Oui,
- Speaker #1
la surinterprétation, moi aussi j'en fais. On est tous à en faire un petit peu, même à cinétique. Des fois, dans les truies de résumé, soit je suis d'accord, soit je dis bonsoir. un peu de surinterprétation quand même, mais après, ça dépend de comment est-ce qu'on argumente. C'est pas grave,
- Speaker #0
quoi,
- Speaker #1
en soi. C'est pas grave en toi, la surinterprétation. Et en fait, c'est pas très grave quand ça parle d'œuvre. Mais après, les mécanismes qui sont en œuvre sont les mêmes que ceux du complotisme. En fait, on les a tous. Le truc, c'est qu'après, il y a des enjeux plus ou moins importants en fonction de comment est-ce qu'on... comment est-ce qu'on analyse. L'interprétation psychanalytique, il ne faut pas la mettre de côté, même pour nous. Il y a une différence entre la réalité scientifique de l'application des théories psychanalytiques en psychothérapie, par exemple, qui, voilà, moi je ne suis pas un expert sur ce sujet-là, mais globalement, de ce que j'entends, ne sont pas incroyables, mais bon, voilà, et la différence est l'analyse d'œuvres à travers la psychanalyse, qui est valable pour certaines œuvres, notamment. Nous, on avait traité, tu n'étais pas encore là quand on a traité de l'orphelinat, par exemple. Sur l'orphelinat, il y a énormément de choses qui sont issues aussi de la théorie de l'inconscient, psychanalytique, etc. Donc Adi n'est plus, est mieux qu'avec moi sur ce sujet-là, par exemple. Mais on sait que le cinéma, c'est drôle, le cinéma, enfin, je pense qu'il y a plein de choses qui sont reliées au cinéma, il y a plein de choses qui sont reliées au cinéma historiquement. Le cinéma, déjà, historiquement, c'est la science aussi, à la base. On ne l'a pas rappelé, mais... C'est quand même à la base l'invention des images en mouvement. À la base, c'est une fusée chronophotographique, etc. Donc c'est à la fois un art, notamment si on remonte à l'aspect... L'aspect... Ouais, non, je voulais dire lanterne...
- Speaker #0
Obscure ? Oui, la caméra obscura.
- Speaker #1
La caméra obscura, puis t'as la lanterne magique. La lanterne magique qui est un procédé de narration avec des images en mouvement du cinéma. mais voilà, là on n'est plus sur de l'artistique mais après on va inventer la chronophotographie pour analyser les mouvements par exemple d'un cheval au galop ça va être lié à la science le cinéma a un lien historique avec la science et à côté le cinéma va être extrêmement parce qu'il va naître en 1800 fin du Xe siècle pour être très large je ne valorise ni Edison ni les frères Lumière comme ça et Et je n'alimente pas la guéguée entre les Français et les Américains en savoir qui c'est qui a créé le cinéma, en oubliant aussi tous les autres pays qui ont eu des procédés cinéma à peu près en même temps que les Frères Lumière.
- Speaker #0
C'est Tesla, voyons.
- Speaker #1
Ou Tesla. Et la psychanalyse arrive à peu près dans ce moment-là aussi. Et donc, la psychanalyse a beaucoup, beaucoup imprégné le cinéma. Et notamment, la psychanalyse a beaucoup imprégné aussi l'art, comme tu l'as dit, de manière générale. Mais aussi, je pense, les surréalistes, les expressionnistes. Enfin... C'est des formes d'art qui sont marquées, je pense, par ces nouveaux courants de pensée et qui vont marquer ensuite par reflet le cinéma. Par exemple, je pense à un film très psychanalytique de Hitchcock qui s'appelle La Maison Edward, je crois. Le titre est plus long. Où dedans, tu as toute une scène onirique qui est issue de la psychanalyse, de l'hypnose, etc. Ça parle sur l'hypnose. Et en gros, la personne est plongée dans ses rêves, c'est ça, c'est sur les rêves, dans des tableaux impressionnistes, tableaux surréalistes, type Dali, etc. Il y a plein de films qui sont comme ça, qui sont marqués vraiment par les théories psychanalytiques. Et moi, je ne suis pas le plus à même basé pour en parler. Après, ce qu'il faut voir, c'est... pour ne pas rentrer dans la surinterprétation psychanalytique des films, d'ailleurs voir de la psychanalyse partout. Mais en fait, il ne faut pas rentrer, il faut voir déjà le lien entre ce qu'on dit des réalisateurs, le lien de réalisateurs ou des créateurs du film en manière générale sur la question de la psychanalyse, et voir s'il y a vraiment un lien à avoir ou pas.
- Speaker #0
Oui, parce que par exemple, le personnage d'Imar Bergman, typiquement... particulièrement psychanalytique, mais rien que le titre fait référence à une théorie de Jung. Donc c'est évident, on le sait du coup, on peut interpréter ce film comme ça parce qu'il y a des marqueurs qui sont déjà présents. Je ne sais pas lui-même s'il en a parlé, je n'ai pas lu l'interview sur ça, mais en tout cas, dans le film lui-même, il y a des éléments tellement flagrants que c'est évident. Mais après, c'est moins le cas dans d'autres. J'ai vu, par exemple, il y a M. Moubine sur YouTube qui a fait une interprétation psychanalytique basée sur Jung aussi, de me souvenir, de Gravity. Alors là, par exemple, pour moi, c'est tiré par les cheveux total, quoi.
- Speaker #1
Ah, à voir, à voir, à voir, parce que... À voir. Je vois l'argumentaire,
- Speaker #0
mais... En tout cas, je n'ai jamais vu le réalisateur ni son fils, parce qu'ils ont co-scénarisé ensemble, en parler du tout. Après,
- Speaker #1
c'est vrai que j'ai dit ça, mais même moi, je vais me contredire en disant que des fois, on a des... Il faut voir aussi à quelles œuvres il se réfère, etc. Il faut faire attention à ces... En fait, si tu veux, j'ai envie de dire, en matière d'analyse d'œuvres, c'est une approche comme une autre. après c'est la qualité des arguments qui fera la qualité de l'interprétation si tu veux si ça rentre dans la surinterprétation ou pas et je pense que pour beaucoup de gens nous même, vu qu'on a une approche pas psychanalytique mais esprit critique pour certaines personnes on pourrait rentrer dans de la surinterprétation sur Tantanfi parce qu'ils n'auraient pas du tout la même vision que nous en fait et après comme tu l'as dit tout à l'heure c'est aussi une question de réception et donc si la personne qui réceptionne le film est dans un prisme psychanalytique Merci. peut-être que son prisme d'analyse à lui fonctionnera là-dessus. Et à voir après la qualité de l'argumentation.
- Speaker #0
Mais est-ce que ça va développer son esprit critique ? Je ne sais pas.
- Speaker #1
En fait, oui, là-dessus, est-ce que ça développe l'esprit critique ou pas ? En fait, c'est ce que je te dis, c'est la différence qu'il y a entre la psychanalyse en tant que théorie. En fait, il faut voir à quoi mène.
- Speaker #0
Parce qu'en fait, souvent, c'est des... C'est des liens qui sont faits entre les idées. On va relier telle idée avec telle idée. Et ça, c'est comme ça qu'on l'interprète et qu'on surinterprète.
- Speaker #1
C'est pour ça que je parle de la qualité de l'argumentation.
- Speaker #0
Et voilà. Et donc, du coup, si tu te limites à juste faire ça, tu restes du domaine, à mon sens, de l'analyse psychanalytique qui fonctionne par association d'idées. Ça a été conçu comme ça, on va dire. Ça n'a pas été conçu par des expériences scientifiques, la psychanalyse. Ça a été conçu par association d'idées, par observation et association d'idées. Et en fait, si on fonctionne comme ça en faisant de l'analyse de cinéma, pour moi, en fait, on perd aussi ce que je disais aussi précédemment, c'est-à-dire une réflexion critique qui va être, mais finalement, qu'est-ce qui peut, par exemple, contredire ma théorie ? Qu'est-ce qui peut peut-être être aussi une autre théorie à côté, alternative, comme avec le rasoir d'Ockham, par exemple ? Il servira de cet outil pour voir quelle autre piste d'analyse il pourrait y avoir sur le film. Mais non, on va se concentrer sur celle qui nous plaît, ça va être la théorie psychanalytique. Parce que là je parle de Salam, ça peut être une autre, mais voilà. Mais juste pour faire le lien entre comment la psychanalyse a été conçue, comment elle est pensée en général par les psychanalystes, c'est-à-dire par association d'idées, beaucoup. Et du coup pour moi ce n'est pas une méthode très pertinente pour analyser des œuvres. Même si ça peut avoir du sens, dans le sens où effectivement le cinéaste peut avoir utilisé dans son langage cinématographique des liens avec la psychanalyse, des références ou des imageries psychanalytiques ou des concepts. Ça oui, donc ça c'est important de l'analyser parce que ça y est. Mais après l'interprétation psychanalytique qu'on peut faire en tant qu'analyste, là je trouve que c'est pas très pertinent pour ces raisons-là. Oui,
- Speaker #1
oui, je vois ce que tu veux dire. Après je suis pas un spécialiste de l'analyse psychanalytique des œuvres, je t'avoue.
- Speaker #0
Je vais relier un autre concept qu'on utilise pas mal à l'esprit critique, c'est l'illusion de profondeur explicative. Ça va donner une image de profondeur qui n'est peut-être pas présente et on va passer à côté d'autres profondeurs beaucoup plus pertinentes finalement.
- Speaker #1
Et puis moi, mis à part te dire que généralement, j'en lis très peu. J'ai pas l'occasion d'en lire énormément. Des analyses psychanalytiques, des oeuvres. je ne sais pas si je pense qu'il y en a un sur Matrix par exemple mais sur toutes les autres oeuvres ça dépend des oeuvres,
- Speaker #0
il y en a certaines qui s'y potent plus que d'autres aussi je pense que sur Alien par exemple il y en a pas mal oui,
- Speaker #1
du moment qu'il y a du sexe à mon avis en même temps sur Alien il y a quand même des trucs sur la création de l'Alien, oui effectivement qui sont hyper sexualisés etc et donc de fait la... l'inconscient, psychanalytique, etc. Oui, là-dessus, oui. Là, oui, je vois ce que tu veux dire. Mais par contre, tu vois, Alien n'est pas dans la scepticothèque, ce que je pense qu'on n'a pas grand-chose à dire sur Alien. Non,
- Speaker #0
effectivement, c'est un film que... Un très bon film.
- Speaker #1
Un film qu'on peut aborder de plein d'autres manières différentes, mais nous, par exemple, tu vois, c'est peut-être la différence qu'on aura avec l'analyse psychanalytique par rapport à la nôtre, c'est que nous, on ne peut pas l'appliquer sur tous les films, et on est conscient de ça. On ne peut pas appliquer notre grille de lecture à tous les films. ça va avoir un sens On le sait. Il y a des films où on tente de l'appliquer, on essaie de voir si ça marche, parce qu'on pense qu'il y a peut-être des choses intéressantes à dire, et il y a des films où tout simplement, ça ne marchera pas. Et Alien, ça en fait partie. Et c'est un film super, il y a énormément d'écrits sur Alien, avec des trucs super intéressants à faire voler, parce que c'est un monstre du cinéma aussi. Mais nous...
- Speaker #0
C'est pas ce film-là qu'on mettrait en avant pour travailler sur l'esprit critique.
- Speaker #1
Par contre, peut-être un truc important que je n'ai pas dit. C'est que nous, on a une approche esprit critique avec, tu l'as parlé, le concept de science, le concept de croyance, le concept d'adhésion, on a parlé des dérives sectaires, on a parlé aussi... pas mal politique, on a pas mal de choses quand même dans notre contenu, dans notre cadre intellectuel, argumentatif, on va dire ça comme ça. Par contre, précisons bien que l'éducation, comme on l'a dit au et par le cinéma, il y a toujours des éléments d'esprit critique dedans, on peut toujours avoir des éléments d'esprit critique, on peut analyser de manière très critique et avec une méthode très critique, etc. Alien, par exemple. Mais on ne parlera pas...
- Speaker #0
Comme dans n'importe quelle œuvre, en fait, effectivement. Voilà,
- Speaker #1
exactement. Et on peut très bien développer l'esprit critique des spectateurs et des spectatrices sur les questions des images, en parlant d'Alien, par exemple, enfin voilà, sur n'importe quel autre film. Enfin voilà, à développer l'analyse tout simplement des images, faire de l'éducation à l'analyse des images, tout simplement. C'est aussi œuvrer à développer un esprit critique sur les images. Et nous... c'est important pour moi de le dire quand même on ne s'est pas à être l'association qui apporte l'esprit critique au cinéma attention, je veux bien le préciser pour ne pas qu'il y ait de trucs là-dessus en disant nous on est seul à parler d'esprit critique au cinéma c'est pas ça la question, c'est qu'on parle du contenu d'esprit critique à travers le cinéma et en même temps on essaie de parler d'esprit critique sur les images l'esprit critique c'est un prétexte du coup pour parler de cinéma et le cinéma est un prétexte pour parler d'esprit critique Oui, c'est un peu ça. Disons qu'on essaie de faire les deux à la fois. C'était cette question-là de la question de parer au CIEM.
- Speaker #0
Mais c'est vrai qu'on n'aborde pas trop. On parle en fait de nos analyses, comment on analysait telle ou telle scène, par exemple, parfois, ou tel élément. Donc, on parle finalement implicitement de la méthode qu'on a utilisée pour en arriver à telle ou telle conclusion. Mais c'est vrai qu'on n'a jamais poussé la réflexion jusqu'à se dire comment... on pourrait transmettre une analyse... Enfin, on ne transmet pas, en fait, des méthodes d'analyse cinématographique en tant que telle, quoi. On ne va pas en parler de manière explicite, en tout cas.
- Speaker #1
Ça avait été un projet à un moment, mais manque de temps, manque de moyens, humains notamment, pour le mettre en place. Et puis c'était compliqué, là.
- Speaker #0
Ça devait presque faire de la théorie du cinéma et tout. Donc c'est au sujet, quoi.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Disons que... On est quelques-uns dans l'association à avoir aussi un bagage en cinéma, mais oui, ça c'est important. On n'est pas tous dans l'association, on a tous des profils très divers, notamment dans ceux qui chroniquent les films, et on n'est pas tous des anciens étudiants en cinéma. C'est aussi ça qui me paraissait pertinent aussi dans cette association-là, de l'ouvrir à tout le monde, c'est-à-dire qu'on a tous nos prismes de lecture des images. Et par exemple, entre Adeline et moi qui avons un bagage en cinéma, mais moi je ne travaillais plus sur des conceptions. J'ai un peu dérivé et j'ai bossé en sociologie du CMA et en histoire du CMA, en contradiction avec les ciné-clubs. Adeline a fait un mémoire sur le CMA vraiment esthétique, sur l'histoire du CMA impressionniste français dans les années 1920. C'est une autre approche.
- Speaker #0
C'est très pointu.
- Speaker #1
Je ferai une analyse très médiatique, toi aussi, surtout par ton prisme d'analyse à toi. Nikos va avoir un prisme d'analyse beaucoup plus esthétique parce que lui il vient vraiment des on a tous des prismes d'analyse vraiment très différents ce qui permet aussi d'avoir une diversité aussi d'interprétation qui peut être intéressante je pense pour les auditeurs et auditrices moi j'aime
- Speaker #0
beaucoup la narration par l'image je vais beaucoup avoir pas toujours parce que des fois ça s'y prête pas forcément mais en tout cas quand ça s'y prête je vais en parler parce que c'est des choses qui m'intéressent et c'est des choses que j'ai vues parce que moi aussi j'ai eu des cours de cinéma même si c'était juste en option c'était justement l'analyse du cinéma différentes formes d'analyse du cinéma et l'histoire du cinéma j'avais les deux j'ai aussi des petites bases même si elles sont assez lointaines mais elles sont quand même toujours là parce que c'est des choses qui m'ont marqué pour la plupart Merci de nous avoir écouté encore une fois jusqu'au bout. La prochaine fois, nous parlerons essentiellement des documentaires, ces documentaires volontairement trompeurs. Si vous voulez soutenir le projet Utopia, rien de plus simple, rendez-vous sur Tipeee ou sur LibéraPay pour faire un petit don. Et sinon, le plus simple reste de partager. C'est toujours simple mais efficace. Merci encore, au revoir.