Speaker #0Bienvenue dans ce nouvel épisode de la série Prenez votre place, une série pensée pour vous aider à passer de l'expertise et de l'exécution à davantage d'influence, de leadership et d'impact. Ici, nous parlons bien sûr des méthodes et d'outils, mais aussi de posture, de leadership, de carrière. A toutes et à tous et bienvenue dans ce nouvel épisode de Projetez-vous. C'est le podcast qui va vous accompagner dans votre projet et dans votre évolution en tant que professionnel de la gestion de projet. Ici, nous parlons de méthodes, d'outils, mais aussi de... posture de leadership de carrière. Vous faites tout bien, vous avez les compétences, vous respectez les délais, vous corrigez directement les erreurs. Dès qu'on vous demande de faire quelque chose, vous dites oui. Et pourtant, vous voyez que votre carrière n'avance pas, vous n'êtes pas rétribué à votre juste valeur, récompensé à vos justes valeurs, vous êtes tombé dans la pièce du bon élève. J'en ai souvent été victime parce que moi-même, j'ai été bon élève tout au long de ma scolarité et Je vais fonctionner comme cela. Si on fait ce que j'attends que moi, correctement et sans poser de problème, ça veut dire que quelqu'un va reconnaître ma valeur. À l'école, le contrat est assez clair. On a les félicitations en bulletin scolaire. On passe dans la classe suivante. On a une chance d'accéder à certaines écoles. Mais dans l'entreprise, ça ne fonctionne pas du tout de la même manière et c'est ce que nous allons débunker aujourd'hui. Bien sûr que les organisations vont valoriser la fiabilité. La compétence, les rôles à forte responsabilité demandent aussi beaucoup d'expertise, mais il faut de l'initiative, de jugement, de la capacité à challenger et à prendre position. Et ça, ça va au-delà du rôle de la bonne élève ou du bon élève que vous avez appris à l'école. Donc, n'attendez pas constamment que quelqu'un vous dise quoi faire, que quelqu'un vous complimente aussi sur ce que vous faites ou vous dit merci beaucoup pour le travail que tu as fait. Là, vous vous posez en position d'exécutant et pas en position de leader. Aujourd'hui, ce qu'on attend d'un chef de projet, d'un PMO, d'un manager, de quelqu'un qui a envie d'être ambitieux et d'évoluer dans l'entreprise, c'est d'avoir cette posture de leader. Et donc, c'est de commencer... Ne plus être en demande de ces compliments, qui sont les compliments qu'on donne plutôt aux exécutants, et d'être plutôt ceux qui recommandent, ceux qui montrent leur valeur et leur expertise. Les bons élèves, ils sont souvent excellents, extrêmement compétents, là n'est pas la question. Mais est-ce que, face à une situation difficile, c'est eux qu'on mettrait en priorité, et leur recherche de validation va leur... empêcher de montrer leur capacité. Ne tombez pas dans ce piège et je pense qu'à un moment, votre carrière peut évoluer si vous vous rendez compte justement de cette dimension-là et de la place qu'elle a dans votre vie et vous commencez à vous dire, eh bien, il faut que je change. Donc, ne dites plus, qu'est-ce que vous voulez que je fasse ? Ou bien, nous avons des options, je recommande la seconde parce qu'elle protège la date et réduit le risque. Toujours venez dans la proactivité. Moi-même dans mes équipes, j'ai eu quelques fois des personnes qui voulaient absolument être... augmenter, avoir des meilleures propositions, mais ils étaient toujours dans « qu'est-ce que tu veux que je fasse ? » alors que moi, j'attendais dans la proactivité. Je vois à ce moment-là qu'il y a ceci. « Est-ce que tu penses que je devrais passer par là ? » J'avais une personne, justement, en entretien annuel qui a regretté, justement, ne pas avoir plus de responsabilités, alors que quand je lui ai donné une responsabilité, elle n'était pas assez proactive. Elle était en charge de la montée en compétence d'une personne nouvellement arrivée, le onboarding. Et donc, j'aimais faire des duos un peu plus expérimentés, un peu moins expérimentés, pour que la personne un peu plus expérimentée devienne un mentor pour la personne moins expérimentée. C'était aussi une situation où la moins expérimentée venait un mois avec nous et puis ensuite repartait sur Rennes. Donc, le mentor était souvent sur Paris, là où il y avait l'expertise, et en Rennes, il y avait les débutants. Ce qui m'a un peu dérangée, c'est que, à partir d'un certain moment, la personne qui venait d'arriver, qui est très compétente d'ailleurs, ne posait plus les questions à cette mentor, mais me posait directement les questions et attendait des réponses. Et pour moi, ça veut dire que l'accompagnement de mentorat n'a pas été assez fait et quand j'en ai parlé à cette personne, elle m'a dit mais il n'est pas venu me voir, il n'est pas venu me poser la question. Cela signifie que ce mentor, au lieu d'aller au contact, de demander perpétuellement si la personne va bien, si elle a bien compris les enjeux, où elle en était de sa montée en compétence, était dans l'attente qu'il vienne lui poser des questions. Donc, c'est vraiment une posture qu'on a avec d'autres. Je n'ai pas eu le cas où il y avait communication ininterrompue. On aurait dit que les deux personnes étaient dans le même bureau alors que l'une était à Paris et l'autre était à Rennes. Donc, quand ce n'est pas la personne qui est à Rennes qui lui posait des questions ou qui venait la solliciter, c'est elle-même qui venait solliciter la personne à Rennes. Donc, ce mantra avait bien fonctionné, ce duo avait bien fonctionné et cela me... confortée dans l'idée de donner plus de responsabilité à cette personne parce qu'elle en avait fait l'épreuve déjà. Est-ce que vous êtes dans la posture en attente, attentiste, ou bien la posture de réactivité ? Eh bien, vous allez avoir un petit exercice, c'est d'essayer d'observer votre langage pendant une semaine. Combien demandez-vous ? Deux fois, une validation alors que vous pourriez vous-même apporter une recommandation. Ce changement, il peut paraître minuscule, mais il modifie profondément votre perception, la perception qu'on a de vous. Autre caractéristique du bon élève, vouloir présenter quelque chose de parfaitement. J'aime bien cette phrase parce que moi-même, je me l'applique tous les jours, c'est mieux vaut fait que parfait. On va avoir cette quête, cette recherche de perfection qui va nous faire perdre du temps et surtout retarder certaines conversations importantes. En effet, en gestion de projet, d'ailleurs, on est très procédurier, on aime les processus, on aime tout clair, tout bien ficelé, mais des fois, il va falloir couper, il va falloir faire des raccourcis et revenir plus tard parce que sinon on perd du temps. Par exemple, si on partage un cadrage à 70%, c'est plus utile qu'un document parfait, mais partagé trois mois plus tard. Et oui, on a peur de se mettre en avant, on a peur de montrer ses résultats et de se faire abrouer, et 70%, c'est imparfait. prendre sa place signifie ici accepter de montrer une réflexion en cours de demander un avis ciblé et de prendre les risques raisonnables de ne pas tout maîtriser je vous montre déjà les éléments que j'ai en main j'ai pas besoin d'aller au bout d'attendre encore deux mois et de retarder le départ du projet on a besoin d'avancer donc je suis là si vous ne le faites pas Ça veut dire que vous avez besoin de vous sécuriser. Quel est le bon niveau de préparation ? On cherche souvent à ne décevoir personne, mais on doit, en tant que chef de projet aussi, annoncer des dates qui peuvent être différentes. différente de ce qu'on attendait, plus tardive. On voit qu'un risque est sous-estimé et il y a une décision qui tarde. On aura peur de l'annoncer. Votre objectif ne peut pas être apprécié à chaque instant par toutes les parties prenantes. C'est impossible. D'ailleurs, il y a une voie dans les projets. Il y a toujours du conflit et si vous évitez le conflit ou vous essayez d'être gentil avec tout le monde, vous n'allez pas faire avancer votre projet. Il va falloir aller au conflit. Apporter les bons arguments, bien sûr. Dire non, certaines fois. Et pour quelqu'un qui a ce syndrome du bon élève, dire non est très, très compliqué. Donc, il va y avoir un moment, assumer un désaccord professionnel. Au moment... où vous allez pouvoir l'assumer, pouvoir trancher, vous avez une nouvelle posture de leader qui vous permettra d'accéder à des opportunités. Une position impopulaire, vous devez peut-être l'assumer. Pourquoi elle est nécessaire ? Parce qu'elle caractérise d'un ton fort, d'une personnalité forte, de quelqu'un qui est sûr de lui, qui est confiant. Comment le formuler ? Eh bien, vous apportez les arguments, les faits. Ce n'est pas du tout géré sur l'émotion, mais c'est géré sur toutes les données que vous avez récoltées du terrain. toutes les personnes que vous avez contactées, les besoins qui ont été énumérés. Et vous verrez que le résultat est bien plus satisfaisant que d'essayer de plaire à tout le monde et d'exploser les budgets par exemple ou de ne pas prendre de décisions et de retarder. Donc demandez au lieu d'attendre. Vous voulez davantage de responsabilités ? Demandez ce qu'il faut pour les obtenir aussi. Vous pouvez aussi aller dans cette démarche-là. Bien que je vous ai donné déjà plusieurs pistes, vous pouvez en avoir d'autres. Vous pouvez justement demander du feedback. Pourquoi est-ce que vous n'avez pas aujourd'hui le poste que vous convoitez tant ? Parce qu'il vous manque ceci, cela. Donc c'est bien de demander plutôt que d'attendre. Ce que je propose aussi souvent, c'est d'être votre propre avocat, votre propre vendeur. Ne pensez pas que parce que vous travaillez bien, que vous avez atteint 100% des objectifs, que tout le monde a cela en visuel. Si vous le... communiquez pas là dessus si vous n'êtes pas un peu plus fier de votre travail et ça on l'aborde par exemple dans la série du podcast projetez vos pouvoirs et influence avec Joachim Dehais et bien perso Personne ne saura et personne ne pensera à vous pour d'autres postes. Le savoir-faire est important, mais je pense aujourd'hui dans le monde d'aujourd'hui, dans nos organisations, le faire savoir l'est tout autant. Donc passez moins de temps à peaufiner votre savoir-faire et un peu plus à peaufiner votre faire savoir. Il ne faut pas exiger que tout vous soit donné, il suffit juste d'arrêter de supposer que les autres devinent vos compétences, devinent votre capacité ou devinent vos ambitions. Donc, voilà un petit peu, j'ai fait le tour de cette situation, ce syndrome que l'on peut avoir du bon élève et penser que si on fait tout bien, on nous remarquera et on nous donnera ce qu'on mérite. On ne peut pas rester dans cette posture attentiste, il faut aller prendre ce qu'on mérite, il faut aller prendre cette place qui nous est vraiment... et qu'on mérite, qu'on mérite parce qu'on est fiable, on est compétent, on est leader. Rester consensueux mais ajouter des qualités comme la capacité à proposer, la communication. Donc voilà un petit peu le tour de cette situation. Bon élève, je sais que beaucoup de podcasteurs en parlent dans différents moyens, dans différents secteurs, dans différents métiers, mais c'est vraiment important pour vous d'analyser et de sortir de ce syndrome du bon élève pour pouvoir avoir ce que vous méritez en fait, pour pouvoir prendre votre place. Merci d'avoir écouté l'épisode d'aujourd'hui. J'espère que cela vous a apporté plusieurs réponses. Et je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode de la série « Prenez votre place » . À très bientôt, donc projetez-vous pour un nouvel épisode de « Prenez votre place » . Surtout, n'oubliez pas, votre expertise compte, mais encore faut-il prendre la place qui vous permet de la mettre au service des projets et des décisions. Vous pouvez également trouver les ressources associées à cette série dans la description de l'épisode. Si cet épisode vous a été utile, pensez à vous abonner au podcast et à le partager autour de vous. Voilà pour cet épisode de Projetez-vous. À la semaine prochaine pour un nouvel épisode de la série Prenez votre place.