Speaker #0Et si Dieu n'était plus juste une case à cocher sur ta to-do list ? Bienvenue dans Psaume et Chocolat. Je suis Christine et chaque vendredi je t'ouvre les portes de notre salon chrétien, un espace de douceur où on ouvre la Bible ensemble, sans pression et sans performance. Ici, on ne cherche pas à faire plus pour Dieu, on cherche juste à être plus avec Lui. Alors prends ta boisson préférée. Et installe-toi. Il est 23h. Tu es couché et tu n'arrives pas à dormir. Et tu sais très bien pourquoi tu n'arrives pas à dormir. C'est pas le café de tout à l'heure. C'est pas le bruit dehors. C'est cette phrase que tu as dite. Ou ce regard que tu n'as pas eu. Ou ce silence où tu aurais dû parler. C'est peut-être même plus ancien encore. Quelque chose qui revient toujours quand tu es seul. Quelque chose pour laquelle tu as déjà prié. Quelque chose que tu as déjà confessé à Dieu, peut-être même plusieurs fois, mais qui ne semble pas vouloir partir. Et tu te dis, et c'est ça le plus douloureux, tu te dis que peut-être après tout, ce n'est pas vraiment pardonner. Que peut-être au fond, tu n'es pas vraiment quelqu'un que Dieu peut aimer. Que peut-être ta vie chrétienne c'est une grande performance, mais qu'à l'intérieur tu es resté la même. Si tu te reconnais dans ce que je viens de décrire, et je crois que beaucoup de chrétiennes se reconnaissent là-dedans, plus qu'on ne le dit, alors cet épisode est pour toi. Bienvenue dans cet épisode de Psaume et Chocolat. Aujourd'hui, pas d'études bibliques. Aujourd'hui, on ne parle pas d'un livre. On va prendre un sujet et on va le travailler ensemble, et ce sujet, c'est la culpabilité. Particulièrement la culpabilité quand on est chrétien ou chrétienne. Installe-toi confortablement, prends ta boisson chaude préférée, et prenons ce temps ensemble. Ce qu'on va se dire aujourd'hui, c'est intime, alors respire avec moi. Avant qu'on entre dans le vif du sujet, je voudrais te dire d'où je pars. Je pars d'une expérience personnelle et je pars aussi d'un livre qui m'a marqué sur le sujet, c'est « Où est ta foi ? » de John Bloom. Je t'en ai parlé en détail dans l'épisode bibliothèque qui lui était consacré, juste avant, donc je n'en refais pas la présentation. Mais il y a un passage dans ce livre qui a réussi à mettre des mots sur ce que je ressentais et que je n'arrivais pas à exprimer. Et ce que je veux te dire aujourd'hui, c'est assez simple, c'est que toutes les voies qui te culpabilisent ne viennent pas de Dieu. Il faut apprendre à les distinguer. Ce n'est pas une finesse de théologien, c'est en fait je crois une question de survie spirituelle. Pour entrer dans le sujet, je voudrais qu'on regarde ensemble deux hommes. Deux hommes qui ont trahi Jésus. Deux disciples qui ont marché avec lui pendant trois ans, qui ont mangé avec lui, qui l'ont entendu enseigner et qui au moment décisif l'ont lâché. Le premier, c'est Pierre. Tu connais l'histoire. La nuit où Jésus est arrêté, Pierre suit de loin. Il s'assied près d'un feu, dans la cour du grand prêtre. Et trois fois, on lui demande s'il est avec Jésus. Trois fois, il dit non. Pas en hurlant, pas par bravoure inversée, mais par peur. Tout petit. Je ne le connais pas. Je n'en fais pas partie. Et puis le coq chante. Il sort et il pleure. Le deuxième homme, c'est Judas. Tu le connais aussi. Il a vendu Jésus. 30 pièces d'argent. Quand il comprend vraiment ce qui va se passer, que Jésus va être condamné, qu'il va être crucifié, il essaye de rendre l'argent. Les prêtres refusent, et Judas, pris dans quelque chose qu'il ne peut plus arrêter, va se pendre. Tu vois ce que je veux te montrer ? Les deux ont trahi. Pas avec la même intensité, c'est vrai. Mais les deux ont fait quelque chose d'extrêmement grave. Et leurs fins ne sont pas du tout les mêmes. Pierre se relève. Il retourne avec les disciples. Quelques semaines plus tard, sur une plage, Il déjeune avec Jésus ressuscité et il reçoit publiquement sa mission. « Fais paître mes brebis » . Judas, lui, ne s'en relève pas. Il s'enferme dans une sentence sans appel et il y meurt. Et la question que je me suis posée, c'est qu'est-ce qui les a séparés ? Pas leur péché. Leur péché, quelque part, il est presque comparable. Ce qui les a séparés, c'est la voix qu'ils ont écoutée après. Pierre a entendu une voix qui disait Tu as fait quelque chose de grave, reviens. Et il est revenu. Judas a entendu une voix qui disait, tu es quelqu'un de définitivement perdu. Il n'y a plus rien à faire. Et il a obéi à cette deuxième voix. Il faut absolument qu'on comprenne ça. Ces deux voix ne viennent pas du même endroit. La première voix, dans la tradition chrétienne, on l'appelle la conviction. C'est le travail du Saint-Esprit. Quand l'Esprit te montre quelque chose qu'il y a à corriger dans ta vie, il te le montre. Mais sa manière de te le montrer, elle est très particulière. La deuxième voie, on l'appelle la condamnation. Cette voie-là... Et je le dis avec le plus de précaution possible, parce que je sais que c'est lourd à entendre, cette voix-là ne vient pas de Dieu. Elle peut venir de l'ennemi, elle peut venir de blessures anciennes, elle peut venir d'une éducation rigide, elle peut venir de plein d'endroits, mais elle ne vient pas de Dieu. Et pour les distinguer concrètement, parce que c'est bien beau de poser les concepts, mais à minuit dans ton lit, il te faut des outils pratiques, j'ai trois critères qui m'aident, qui continuent à m'aider, parce que c'est un combat que je porte encore. Le premier critère, c'est sur quoi porte la voix. La voix de Dieu, quand elle te corrige, elle porte sur quelque chose de précis. Un acte, une parole, une attitude. Tu as menti à cette personne hier. Tu n'as pas été honnête sur ce point. C'est précis, c'est nommé. La voix de la condamnation, elle, elle est globale. Elle porte sur qui tu es. Tu es une mauvaise chrétienne. Tu es nulle. Tu es indigne. Tu es mauvaise. Tu vois la différence ? La première dit « tu as fait » . La deuxième dit « tu es » . Le deuxième critère, c'est comment la voix parle. La voix de Dieu est ferme, mais elle est aussi tendre. Elle te corrige, mais elle ne te détruit pas. C'est un peu comme un père aimant qui prend son enfant à part, qui le regarde droit dans les yeux et qui lui dit « ce que tu as fait, c'est mal » . C'est sérieux, mais c'est quand même aimant. La voix de la condamnation, elle, elle est dure, elle harcèle, elle est sévère, elle te répète la même chose en boucle. Tu sais, comme ces gens qui te harcèlent sur les réseaux sociaux ou quand tu étais au lycée. Elles ne te laissent pas en paix, elles te martèlent. Et le troisième critère, et c'est peut-être le plus important, c'est là où la voix te mène. La voix de Dieu te ramène toujours vers lui, toujours. Même quand elle te montre quelque chose de très douloureux, son but c'est la réconciliation. Tu as fauté, mais reviens. La voix de la condamnation, elle, elle te mène loin de Dieu. Elle te fait te cacher. Elle te fait penser que tu n'as même plus le droit de prier. Elle te dit que tu n'as pas le droit de t'approcher. Elle t'isole. Tu sais, c'est ces moments où tu n'oses plus prier parce que tu te sens tellement indigne que tu ne te vois pas prier le Seigneur. Et si tu devais retenir un seul de ces trois critères, retiens celui-là. Une voix qui t'éloigne de Dieu, qui te fait penser que tu ne peux pas t'approcher de Lui, qui te fait honte de prier. Cette voix, elle ne vient pas de Dieu. Dieu n'éloigne pas. Dieu ramène. Et tu sais quoi, dans le livre dont je te parlais de John Bloom, il y a une phrase qu'il écrit en parlant de Pierre. La grâce de Jésus était bouleversante. Bouleversante, c'est un mot rare. Ce qui est bouleversant chez Jésus, ce n'est pas qu'il ferme les yeux sur le péché de Pierre. C'est qu'il revient vers lui. Il lui prépare un petit déjeuner. Il le restaure publiquement, restaure dans tous les sens du terme. Trois questions pour effacer trois reniements. Même tu, même tu, même tu. C'est exactement le nombre de fois que Pierre l'avait renié. Ce n'est pas un hasard. Jésus prend le compte et il le retourne. Il transforme trois trahisons en trois confessions d'amour. C'est ça la voix de Dieu. Elle ne nie pas la faute, elle l'affronte. Mais elle l'affronte pour te restaurer, pas pour te détruire. Et là j'aimerais qu'on s'arrête sur un verset. Un verset que tu connais peut-être par cœur tellement tu l'entends. Mais je voudrais qu'on l'entende vraiment aujourd'hui, parce que c'est peut-être la phrase la plus libératrice qu'il y ait dans la Bible à ce sujet. C'est dans Romains chapitre 8, verset 1. « Maintenant donc, il n'y a plus de condamnation pour ceux qui sont unis à Jésus-Christ. » « Il n'y a plus de condamnation. » Tu sais ce qui me bouverse dans cette phrase ? C'est le mot « plus » . Pas « il n'y a plus beaucoup de condamnation » , pas « il y a moins de condamnation » . « Il n'y a plus de condamnation » . aucune, pas une seule, pas même une petite, pas même celle qui te tombe dans la tête à minuit, pas même celle qui revient toujours sur ce péché ancien que tu as confessé cinquante fois. Et tu me diras peut-être, mais Christine, alors si je ne dois plus me sentir coupable, est-ce que je peux faire n'importe quoi ? Et la réponse, tu le sais, bien sûr que c'est non. Paul ne dit pas qu'il n'y a plus de péché, il dit qu'il n'y a plus de condamnation. C'est très différent. Le péché existe encore dans nos vies, et l'Esprit nous le montre encore. et il continuera à nous le montrer jusqu'à la fin. Mais ce qu'il nous montre, il nous le montre pour qu'on revienne, pas pour nous écraser. C'est ce que Paul dit, en gros. C'est que le verdict est tombé. La sentence a été prononcée. Mais elle n'a pas été prononcée sur toi. Elle a été prononcée sur Christ à la croix, à ta place. Et donc juridiquement, parce que Paul utilise vraiment un langage de tribunal ici, juridiquement, ton dossier d'accusation, il est fermé. Pour celle qui est unie à Christ, il n'y a plus de condamnation. Le passé est réglé. Je sais que c'est difficile à accepter. Je sais que souvent, on a du mal à accepter ce pardon. C'est tellement immense, mais on ne peut pas ne pas l'accepter. Celui qui nous l'a offert a tellement souffert pour ça, que même si c'est difficile pour nous, on ne peut pas ne pas l'accepter. Donc quand cette voix revient le soir et qu'elle te ressort le même dossier pour la centième fois, souviens-toi, ce dossier-là, devant Dieu, il n'existe plus. Il a été cloué à la croix. C'est ce que dit Paul Ayer dans la lettre aux Colossiens. Cloué à la croix. Le document accusateur, il est annulé. Alors à minuit, dans ton lit, qu'est-ce qu'on fait concrètement ? Je ne vais pas te donner une méthode en cinq étapes parce que ce n'est pas mon rôle et on est chacune différente. Mais je peux te dire ce qui m'aide moi, modestement. D'abord, c'est nommer la voie. Quand cette pensée, elle revient, je suis nulle, je n'aurais pas dû, je suis indigne. Au lieu de me laisser noyer dedans, j'essaye de me dire dans ma tête, tiens, voilà la voie de la condamnation. Cette voie-là, elle ne vient pas de Dieu. Le simple fait de la nommer, déjà, ça lui enlève une partie de son pouvoir. Tant qu'on ne nomme pas une chose, elle nous domine. Quant à la nomme, on commence à la voir de l'extérieur. Ensuite, si l'esprit me montre vraiment quelque chose de précis, un péché à confesser, une réparation à faire, un mot à dire à quelqu'un, je le fais. Vite si possible, s'entraîner. Parce que la conviction qui vient de Dieu... Plus on la traite vite, mieux on va. Et une fois que c'est traité, c'est traité. Si la même voix revient là-dessus le lendemain, ce n'est plus l'esprit, c'est autre chose. Et puis j'essaye de revenir à Romains 8.1. Vraiment, je relis le verset, parfois à voix haute. Il n'y a plus de condamnation pour ceux qui sont unis à Jésus-Christ. Plus de condamnation. Et je laisse cette phrase déloger l'autre. Je voudrais aussi ouvrir vers deux choses avant de fermer cet épisode. Il y a une variante. particulière de la culpabilité chez les chrétiennes, qui mérite à elle seule un épisode entier. C'est la culpabilité de ne pas faire assez. Pas assez prier, pas assez lire sa Bible, pas assez s'engager dans l'Église, pas assez tout. C'est la culpabilité de la performance. Celle-là, elle est tellement répandue, tellement spécifique, que je vais lui consacrer un épisode complet bientôt. Aujourd'hui, je ne creuse pas, mais sache que ce sujet va bientôt venir. Et puis, je voudrais te dire une dernière chose. Si ce que tu portes c'est plus lourd qu'une voie nocturne. Si c'est une vraie souffrance, une dépression, des pensées qui te font peur, s'il te plaît, ne reste pas seul avec ça. Je t'en prie, parle à un pasteur, parle à un médecin, à un thérapeute chrétien si tu en connais un. La grâce de Dieu, ça inclut souvent la main d'autres personnes. Ce n'est pas un signe de faiblesse de demander de l'aide, c'est un signe de sagesse. Ne reste pas seul avec ça, s'il te plaît. Si tu veux bien, j'aimerais qu'on termine ensemble par une prière. Seigneur, je voudrais déposer devant toi ce soir toutes ces voix qui ressemblent à la tienne mais qui ne sont pas la tienne, toutes ces sentences qui s'invitent dans nos têtes et qui nous murmurent que nous ne sommes pas assez, que nous n'avons pas le droit, que nous sommes des cas perdus. Apprends-nous à reconnaître ta voix à toi. Apprends-nous à recevoir tes corrections quand elles sont les tiennes, parce qu'elles sont des cadeaux. Mais aide-nous, Seigneur, à laisser partir ce qui ne vient pas de toi. Pour celles qui écoutent, Seigneur, qui s'est senti reconnu dans ce qu'on a partagé aujourd'hui, Seigneur, je t'en prie, dépose-lui ta paix. Amène-lui ta phrase. Pas de condamnation pour celle qui est unie à toi, aucune. Pas même celle qui la réveille la nuit, pas même celle qu'elle traîne depuis des années, aucune. Apprends-lui, Seigneur, doucement, s'il te plaît, à venir vers toi quand la voix revient. Pas pour se justifier, pas pour se cacher, juste pour s'asseoir près de toi, comme Pierre sur la plage à ton invitation. Amen. Voilà, c'est la fin de cet épisode. Si ça a remué quelque chose en toi pendant qu'on parlait, prends un moment avant de retourner à ta journée. Respire. Ce que tu viens d'entendre, c'est peut-être quelque chose qu'il faut que tu digères un peu. Dans un prochain épisode, on continue notre cheminement dans l'évangile de Luc. D'ici là, sois béni et à très vite dans le salon. Si cet épisode t'a fait du bien, partage-le à une amie qui en a besoin. C'est la plus belle façon de m'aider à continuer. On se retrouve vendredi prochain dans le salon. D'ici là, souviens-toi, tu n'as pas besoin d'être parfaite pour venir à Dieu, ni de chercher à faire plus pour Lui. Cherche juste à être plus avec Lui. Que tu aies cinq minutes ou une heure devant toi, que tu sois en pleine forme ou au bout du rouleau, que Dieu te retrouve et te bénisse là où tu es, exactement tel que tu es. À très vite ! Musique Musique Musique