Speaker #0Hello vous, moi c'est Marie, future psy. Bienvenue dans Psycho Pop, le podcast, une pause et un podcast. Dans Psycho Pop, deux fois par mois, on plonge ensemble dans des sujets universels. Amour, travail, parentalité, légitimité. On prend une pause, on se donne des tips de vie ou de survie, et on sait qu'on est dans le même bateau. On va aussi débuguer des grands mythes de la psycho et répondre à des questions bizarres, tu verras. Une fois tous les trois épisodes, il y aura aussi une surprise pop. Je poserai des questions à quelqu'un que tout le monde connaît. mais qui n'existent pas vraiment. Intéressé ? Alors viens te poser par ici, ça va commencer. Hello vous ! Bienvenue dans cet épisode sur la sensation de légitimité. Alors pourquoi je commence mon premier cycle de podcast par la question de la légitimité et pourquoi je l'associe à la parentalité ? Je vais vous raconter tout ça. Aujourd'hui, on va donc parler d'une impression ou d'une sensation très répandue et qui s'infiltre dans nos projets, nos ambitions et même nos relations. c'est cette fameuse légitimité. Ou plutôt l'illusion qu'on a de ne pas être légitime. Et ça va s'exprimer comme ça dans nos têtes quand on va lancer un gros projet ou même proposer un truc sympa à quelqu'un mais qu'on ne l'a jamais fait avant. On se dit, est-ce que j'ai le droit d'être là ? Est-ce que j'ai assez de compétences, d'expérience, de connaissances ? Est-ce que je ne suis pas en train d'usurper ma place ? Tout ça, ça va se baser en général sur des constats ou des raisons de ne pas être légitime. Du style, je ne suis pas assez diplômée, pas assez expérimentée, pas assez prête ou prête. Je l'ai vécu pour la création de ce podcast, que j'ai mis 9 mois à sortir, et à deux jours du lancement, je peux vous dire que je le ressens encore, j'y reviendrai. Donc, quand on a une idée ou un projet et qu'on se sent pas légitime, on va attendre, on va hésiter, on va repousser ce projet. En gros, on veut être parfait ou parfaite avant même d'avoir essayé. Or, moi j'ai l'impression, personnellement, que la légitimité, ça se construit brique par brique. Par l'expérience, par l'action, par les erreurs et l'ajustement. Il faut du temps, de la patience et des échanges, y compris avec soi, pour que ça marche, pour que ça vienne. On va en reparler plus en profondeur, mais avant ça, on va se plonger un peu dans ce que dit la psychologie à ce sujet. La légitimité, c'est un concept fondamental en psychologie qui se situe à la croisée de la perception de soi, de la reconnaissance sociale, donc par les autres, et des normes culturelles. Quand il y a une personne qui doute de sa légitimité, ça veut... pas forcément dire qu'elle manque de compétences ou de valeurs entre guillemets, mais plutôt qu'elle n'a pas du tout intégré pleinement son droit d'être là, d'occuper une place, de s'exprimer ou tout simplement de réussir. Le syndrome de l'imposteur qui a été théorisé par Pauline Clance et Susan Himes, ça désigne ce phénomène où on va attribuer ses réussites à la chance plutôt qu'à ses compétences. Je me sens concernée personnellement par cette phrase. C'est un doute profond qui va être particulièrement marqué chez les personnes qui viennent notamment de groupes historiquement marginalisés ou de milieux où ces personnes n'ont pas de modèle de réussite auquel s'identifier. D'ailleurs, en faisant des recherches sur le sujet, j'ai aussi pu voir qu'il y a beaucoup d'études qui font le lien entre la notion de confiance en soi et le syndrome de l'imposteur. C'est quelque chose qui peut commencer très tôt. Il y a une étude récente, notamment, qui date de 2024, qui montre que les étudiants qui ont souffert de harcèlement ou de rejet dans leur enfance, ils vont être plus susceptibles de développer le syndrome de l'imposteur à l'âge adulte, par exemple. Donc on voit bien ici que la légitimité, c'est pas seulement une question individuelle, elle est aussi façonnée par notre environnement. Par exemple, on a Michelle Obama qui va raconter dans Becoming, son livre, donc comment elle a longtemps douté de sa place à Princeton, qui est une université majoritairement blanche et privilégiée. Et en tant que première génération universitaire dans sa propre famille, elle se sentait différente et observée, comme si elle devait prouver en permanence qu'elle méritait sa place ici à Princeton. Un petit exemple pop culture, puisque c'est un peu le sujet du podcast, dans The Good Place, qui est une série Netflix, Eleanor, qui est un des personnages principaux, elle doute en permanence de sa légitimité à être dans le bon endroit, c'est-à-dire le paradis, The Good Place. même quand elle commence à montrer qu'elle peut être une bonne personne, ce qui n'est pas forcément gagné au départ. Bonne personne avec des guillemets, bien sûr. Parce que son passé, son environnement, lui ont inculqué l'idée qu'elle méritait vraiment pas mieux. Au passage, si vous ne connaissez pas la série, je vous la conseille. Elle se déguste comme une gourmandise, mais elle te file des grosses claques philosophiques au passage. Un autre frein à la sensation de légitimité... C'est cette pression du mérite qui pour moi est... très culturelle, qui est très judéo-chrétienne, en tout cas, en tant que française, je peux bien le dire, je le ressens très fortement. C'est cette idée qu'il faudrait avoir souffert ou fait un parcours irréprochable pour mériter sa place, quelle qu'elle soit. On va retrouver quand même pas mal ça dans des professions ou des métiers où la vocation est mise en avant, comme dans la médecine, l'enseignement ou les métiers artistiques, par exemple. Parce qu'on a... beaucoup d'artistes qui sont autodidactes, qui expliquent qu'ils ont mis des années à se sentir légitimes parce qu'ils n'avaient pas de formation académique officielle. Alors qu'on voit bien que l'histoire prouve que le talent et l'expérience, ça peut surpasser les diplômes, ou ça peut tout simplement être équivalent. Je pense par exemple à Spielberg, qui a été refusé plusieurs fois en école de cinéma, mais qui est devenu un réalisateur, comme on sait, très influent. Si on se... tourne du côté de la pop culture, dans Brooklyn Nine-Nine, qui est aussi qui est maintenant sur Netflix, on a Jake, qui est un des personnages principaux qui va douter de sa légitimité face à Amy, qui elle est ultra diplômée et qui a un côté bonne élève, très scolaire, très appliquée. Pourtant, il travaille très bien, c'est un très bon détective, mais il a des méthodes moins académiques et donc du coup ça le pousse à se remettre en question face à Amy, qui elle est bardée de diplômes et très sérieuse.
Speaker #0ça intéressant de donner des exemples issus de la pop culture, de séries, de films qu'on a toutes et tous plus ou moins regardés parce que mine de rien, on consomme énormément de séries et de films. Et je pense que ça peut façonner la perception qu'on a de nous-mêmes. Et puis des révélations aussi personnelles, des petites épiphanies. Après ce petit tour d'horizon du coup de la légitimité en psychologie et puis un peu dans la pop culture, je vais vous raconter un peu pourquoi je commence par la légitimité et la parentalité dans ces premiers épisodes de podcast. Déjà pourquoi j'ai choisi la psychologie comme voie à 40 ans. J'ai toujours été très intéressée par les humains et par les êtres vivants. Observer les gens, imaginer leurs histoires, essayer de comprendre comment ils fonctionnent, c'est un truc que je fais tout le temps depuis l'enfance. Je le fais dans le métro, je le fais quand j'attends devant la crèche, je le fais même face à mes étudiants et mes étudiantes. Et c'est une curiosité et une empathie pour les êtres humains qui m'a menée vraiment naturellement vers la psychologie. Mais à 18 ans, je ne me sentais pas du tout légitime pour l'étudier, et pas seulement légitime. Je sentais que je n'avais pas les épaules et la solidité pour faire ce métier. Je me sentais trop jeune, je n'avais pas assez confiance en moi, j'avais peur de ne pas pouvoir gérer la souffrance des autres, pouvoir l'absorber, la comprendre. Donc j'ai choisi une voie cousine de la psychologie. En sciences humaines, j'ai fait de l'anthropologie, de la sociologie puis de l'anthropologie japonaise. C'était plus distancié, c'était plus analytique, c'était moins risqué, en somme, pour moi à l'époque. Mais la passion... Elle est restée là, bien sûr, et un jour elle a ressurgi, et je me suis dit, c'est l'heure. C'est l'heure de passer ce diplôme de psychologue, et c'est l'heure de lancer ce podcast. J'ai mis dix ans à passer de l'idée à l'action, et j'ai mis neuf mois à passer de l'idée à l'action pour le podcast. Parce que je me disais, je suis... qui pour parler de psychologie dans ce podcast alors que je ne suis pas encore diplômée ? Je suis qui pour vulgariser alors qu'il y a d'autres personnes qui sont beaucoup plus expertes que moi ? J'ai juste compris un truc essentiel, c'est que je vais le faire à ma façon et je ne vais pas prétendre être quelqu'un d'autre. C'est pour ça que je m'appelle Futur Psy. Ça, c'était une idée de mon acolyte de podcast Yavana et c'est exactement ça. Je suis en chemin et donc on va cheminer ensemble. Voilà, c'est la fin de cet épisode 1 de Psychopop. Merci beaucoup de l'avoir écouté jusqu'au bout. La semaine prochaine, exceptionnellement, il y aura la suite de cet épisode avec le lien que moi j'ai fait personnellement entre parentalité et légitimité puisqu'on rentre dans la saison parentalité et légitimité. Il y aura aussi dans cet épisode 2 des petits exercices ou des tips pour muscler sa sensation de légitimité au quotidien. Je vous dis à très vite pour l'épisode 2 de Psycho Pop. Si vous avez aimé cet épisode et que la pause vous a plu, n'hésitez pas à le partager à quelqu'un qui en aurait besoin. Et à très vite pour le prochain épisode de Psycho Pop, le podcast, une pause et un podcast.