- Speaker #0
Hello vous, moi c'est Marie, future psy. Bienvenue dans Psycho Pop, le podcast, une pause et un podcast. Dans Psycho Pop, deux fois par mois, on plonge ensemble dans des sujets universels. Amour, travail, parentalité, légitimité. On prend une pause, on se donne des tips de vie ou de survie, et on sait qu'on est dans le même bateau. On va aussi débunker des grands mythes de la psycho et répondre à des questions bizarres, tu verras. Une fois tous les trois épisodes, il y aura aussi une surprise pop. Je poserai des questions à quelqu'un que tout le monde connaît, mais qui n'existe pas vraiment intéressé. Alors viens te poser par ici, ça va commencer. Coucou Sophie. Coucou Marie. Merci beaucoup d'être là. C'est un plaisir toujours. Franchement, ça fait trop plaisir. On arrive enfin à enregistrer cet épisode.
- Speaker #1
Pas évident dans nos vies bien chargées.
- Speaker #0
Voilà, il y a beaucoup de choses. On est maman toutes les deux et puis c'est vrai qu'on est passionnées toutes les deux par nos projets et on travaille aussi. Trouver le créneau, il faut le faire. Mais on a réussi. Et donc, nous, on s'est rencontrés il y a quelques années à l'EMI.
- Speaker #1
À l'EMI, l'École des métiers de l'information. Et c'était il y a bien 8 ans, 10 ans.
- Speaker #0
Mais c'est ça, il me semble que ça commence vraiment sacrément daté. Et je n'arrive pas à mettre la main sur la date exacte, mais ce sera tout à fait possible de vérifier après. Et donc, c'est une formation en cours du soir, en journalisme. Très chouette. Dans le dixième, on avait des formateurs vraiment très pros. Et on a appris à faire de la titraille, à faire des micro-trottoirs. C'était vraiment des très beaux exercices et c'était quand même très pro.
- Speaker #1
C'était hyper pro, oui. C'était super, on avait une équipe de choc là. On n'était que des filles de mémoire.
- Speaker #0
Non, il y avait un prêtre avec nous.
- Speaker #1
Ah oui, il y avait un prêtre avec nous, c'est vrai.
- Speaker #0
Je vais oublier un lien,
- Speaker #1
mais oui. Qui s'appelait ? Qui s'appelait, je ne sais plus.
- Speaker #0
Amori ou ? Amori, il me semble.
- Speaker #1
Je ne sais plus. Mais oui, et c'était hyper chouette.
- Speaker #0
C'était très chouette.
- Speaker #1
C'était vraiment un moment, une parenthèse, ces cours du soir.
- Speaker #0
Exactement. Et à l'époque, je t'ai déjà trouvée assez inspirante, en fait, parce que tu étais comédienne et ça fait partie de mes métiers rêvés, des choses que je n'ai pas choisi de faire, que je n'ai finalement pas faites, ou alors à la marge. Et donc, je trouvais ça très chouette. Et je t'ai vue plusieurs fois sur scène, d'ailleurs, avec des gens de l'OMI, d'ailleurs. On était venues te voir en groupe. C'était vraiment bien. Et en fait, je t'ai vu lancer... aussi des comptes Instagram sur des choses qui te passionnaient entre temps lancer une activité aussi autour du développement personnel autour de la psychologie et puis autour du dessin aussi et j'ai toujours admiré ta capacité justement à te lancer en fait à oser et à briller tout simplement et c'est hyper agréable parce que moi ça m'a inspirée à oser parce que je me suis pas mal empêchée de faire des choses pendant des années et pour moi t'es un modèle inspirant en fait vraiment Merci. Donc c'est pour ça que je voulais, j'avais envie de t'interviewer aujourd'hui parce qu'on est dans la saison du podcast qui parle de légitimité et aussi de parentalité et de maternité. Donc on va aborder les deux volets aujourd'hui. Donc je voulais vraiment t'interroger sur cette question justement de la légitimité, du questionnement, du fait d'oser être tout simplement soi et briller quoi. Et voilà, et donc ma toute première question c'est, je voulais savoir si tu te souviens ce que tu voulais faire quand t'étais enfant.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Est-ce que tu t'en souviens ?
- Speaker #1
Ah oui, je m'en souviens. Quand j'étais petite, j'ai eu... Alors, je voulais tout faire. J'ai voulu être... Alors, je voulais être chanteuse, avant toute chose. Je voulais être écrivain, mais je voulais être aussi laborantine. Je ne sais pas pourquoi, j'avais une fascination pour les laboratoires et les gens qui manipulaient les aiguilles, alors que je ne suis pas du tout une scientifique. Et j'ai voulu faire, en fait, plein, plein de choses. Mais vraiment, je crois que mon premier, premier, premier rêve, c'était vraiment d'être chanteuse. Et en grandissant, en fait... Je me suis rendue compte que je me dirigeais vraiment vers les mots. J'adorais écrire, je m'amusais à créer des magazines. Je découpais des images dans d'autres magazines. Après, j'écrivais des articles sur la machine à écrire de ma grand-mère. Génial. J'avais créé le Cheval Magazine. Les chevaux, c'était ma passion. J'ai fait 15 ans d'équitation. Cheval Magazine, évidemment avec des photos de chevaux, mais je mélangeais avec des trucs un peu mode. J'adorais ça. C'était vraiment mon truc de m'amuser à créer des choses, mais vraiment juste pour le plaisir, qui mêlaient toujours l'image et les mots. Et j'adorais ça.
- Speaker #0
Et tu fais ça aujourd'hui aussi.
- Speaker #1
Et je fais ça aujourd'hui finalement, parce que c'est vrai que dans mes activités, il y a de l'image, avec la photo, le dessin. Et tu es journaliste aussi. Je suis journaliste, auteure. Donc tout ça, ça fait partie de ma vie. Et en fait, je me rends compte vraiment que depuis toute petite, j'avais déjà cette étincelle-là. Tu vois,
- Speaker #0
cette appétence. pour les mots, l'image. La beauté aussi, peut-être. L'esthétique aussi, qu'on retrouve dans la photo et dans tes illustrations. Complètement.
- Speaker #1
L'esthétique, c'est hyper important. Moi, je me souviens, toute petite, en fait, c'est rigolo parce que ça, c'est mon regard à moi, mais je me suis toujours dit que ma mère et ma grand-mère, donc sa mère à elle, du côté de ma mère, du coup, pour moi, ces deux femmes étaient des femmes de regard. Parce que je voyais que chez elle, il y avait toujours un objet à sa place et pas un autre. Chaque chose avait sa place. Tout était visuellement joli, tu vois. Et en fait, c'est vraiment ce qu'elles m'ont transmis. Ces deux femmes-là, c'est vraiment ce regard en fait des choses. Et du coup, j'ai très vite, en grandissant, commencé à... Forcément, ça fait partie de l'éducation. À agencer moi-même, j'avais envie que les choses soient jolies. Donc je m'amusais à créer des petites choses, même faire des petits objets et tout ça. pour décorer ma chambre parce que justement, je voulais retrouver cet esprit-là en fait.
- Speaker #0
Il y a une vraie transmission.
- Speaker #1
Il y a une vraie transmission à ce niveau-là.
- Speaker #0
Il me semblait que tu avais écrit un texte sur ta mère, sur le regard.
- Speaker #1
Oui, tout à fait.
- Speaker #0
Ça me rappelle quelque chose. Oui,
- Speaker #1
il y a un bout de temps.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Il y a un bout de temps, oui.
- Speaker #0
C'était très beau et il était marquant. Tu vois, ça fait longtemps, mais je m'en souviens encore.
- Speaker #1
Oui, parce que ça, c'est quelque chose qui m'a marquée, tu vois, qui est très important. Et c'est là que j'en reviens à la légitimité. Parce que la légitimité, ce n'est pas évident. Ça dépend des périodes aussi, parce qu'il y a des périodes si t'es pas bien, je pense que tu peux avoir du mal à te lancer sur certaines choses. Mais moi, petite, j'ai beaucoup vu ma mère, en fait, se limiter et avoir peur de se lancer sur des choses. Elle avait un potentiel. Enfin, je veux dire, elle peignait ma mère. Elle avait vraiment un regard singulier. Mais je trouvais qu'elle se limitait sur pas mal de choses. Et je trouvais ça hyper dommage parce que moi, je voyais déjà, petite, le potentiel, en fait, qu'elle avait. Et ça a été pour moi un grandissant, je pense. Maintenant, j'arrive à te le dire comme ça, mais je pense que... Il y a une époque où je ne l'intellectualisais pas du tout, tu vois. Quand tu vois le potentiel chez les autres, ça veut dire forcément, tu te dis, mais lui, elle, il peut tout faire. Il a telle qualité, telle compétence, etc. Et à un moment donné, en fait, il faut bien finir par l'appliquer à soi-même en te disant, j'ai aussi des qualités, j'ai aussi des appétences, des compétences et tout. Et la légitimité, pour moi, elle arrive si je ne réfléchis pas trop. Elle arrive au moment où je me laisse aller juste à la spontanéité, à la joie. Un truc d'un coup me met en joie et je me dis « Ah, j'ai trop envie de faire ça ! » Et je me lance avant tout déjà pour m'amuser, tu vois.
- Speaker #0
Oui, c'est le plaisir qui peut te guider dans ces cas-là. C'est un peu quelque chose que j'ai essayé de décrire dans l'épisode dans lequel je parle de cette étincelle ou de ce petit feu intérieur. C'est celui-là qui doit nous guider quand on a la capacité, le temps à faire les choses. pour avancer et pour essayer de souffler sur les braises de la légitimité, justement de ne pas se laisser arrêter par des concepts qui nous dépassent et qui nous écrasent un peu, le plaisir.
- Speaker #1
Le plaisir avant tout, parce que le plaisir, il me semble, te fait revenir à la simplicité. Parce que c'est sûr que si tu veux te lancer dans des projets en te disant « Oh, je ne sais pas, je ferais bien ça, mais oh là là, c'est compliqué, parce que ça veut dire qu'il faut monter un dossier, et puis après il faut faire ça, et puis après, oh là là, est-ce que je suis assez formée pour le faire ? » Blablabla. Alors que si tu te dis... juste je fais un tout petit machin, je commence à composer un truc parce que ça m'amuse en fait et j'ai envie de le tester. Et comme ça, après, je pense que c'est là que tu arrêtes de réfléchir et que tu te lances. Et une fois que tu as fait un pas, tu te rends compte que même si tu le fais à ta façon, même si parfois il te manque des outils ou tu as besoin d'apprendre encore un peu sur certaines choses, en fait, tu es lancée. Et ça, ça se retrouve absolument dans tout. Pour mon roman, Ingrid Bergman, c'est parti d'une simple idée où à un moment donné, dans ma tête a germé, va savoir pourquoi, une idée d'une femme qui parle à un poisson. Et ça m'a amusée et j'ai noté deux, trois phrases et puis après je me suis dit quand même c'est rigolo, le poisson il est vivant, il faut qu'il parle, il faut que ce soit un truc un peu fou, un peu absurde. Et j'ai écrit une petite nouvelle, mais vraiment minuscule, ça faisait peut-être trois pages. C'est ça en fait, j'ai continué sur ce cercle-là, tout simplement en fait. Et à un moment donné... Tu tiens un truc et tu te dis, je déroule le fil. Et puis, à un moment donné, tu te rends compte qu'en fait, il y a quelque chose qui existe et que tu ne l'avais même pas prévu, en fait.
- Speaker #0
C'est ça. Il y a quelques années, je me disais, j'ai envie d'écrire, Et mon conjoint m'a dit, tu as envie d'écrire ? Écris. Et en fait, ça m'a fait grogner. Je me suis dit, c'est une espèce d'honneur de leçon. Mais c'est exactement ce que tu viens de dire. C'est ça, c'est faisons quoi. On commence par planter la petite graine. Voilà. On l'arrose quand on peut. Et c'est ça. Et Ingrid Bergman, qu'est-ce que j'ai ri. Et sourit. Et il m'a éclaté, ce roman. Vraiment, c'était... En plus, moi, j'ai eu la chance de le lire avant qu'il sorte. Je me souviens. Donc, les premières épreuves et tout. Et c'est vrai que c'était un voyage assez puissant. Et en même temps, il y a ce décalage qui rappelle un peu Murakami aussi. Le surnaturel qui est là. C'est hyper vivant. C'est hyper cru aussi. Des fois, c'est vachement... C'est très vivant, quoi. Ça te prend à haut trip et on rigole. C'était vraiment une belle œuvre. Et c'est bien que tu les fais sortir, justement. Vraiment, parce que ça aurait été dommage que ça reste une petite nouvelle de trois pages.
- Speaker #1
Oui, mais tu vois, ce qui m'a fait aller au bout, je pense, j'ai eu un trou quand même. Je crois que cette histoire-là, je l'avais mise de côté pendant bien un an, si ce n'est pas un an et demi. Et je ne sais plus pourquoi, avec qui je parlais une fois, qui m'avait dit... t'écris bien qui m'avait dit mais tu pourrais être auteur mais pour ça il faut bien aller au bout d'une histoire à un moment donné parce que sinon ça reste à l'état de rêve tu vois et là je me suis dit mais il a raison en fait à un moment donné même si je sais pas on dit souvent un premier roman est moins bon que la suite ou enfin peu importe mais je me suis dit à un moment donné j'ai toujours eu cette envie là sauf que si je l'acte pas et que je ne crée pas quelque chose qui est fini parce que ça finir quelque chose c'est toute une histoire Merci. J'en ai commencé des tas des projets où je ne suis pas allée au bout, que j'ai lâchés en route et tout. Et là, ce jour-là, je me suis dit, cette personne, malheureusement, je ne me souviens plus qui, m'a dit, super, mais pour être auteur, il faut bien mettre un point final à un premier livre, en fait, à un manuscrit. Et là, je me suis dit, bah oui, en fait, il faut y aller.
- Speaker #0
Tout à fait. Et ce qui est étonnant, c'est que, comme tu disais, pour ta mère, on a les capacités en nous. Puisque la personne te dit, tu sais écrire, t'écris bien. Moi aussi, mon mec me dit « tu veux écrire, écris » . Et on a à des moments besoin que quelqu'un d'extérieur nous le dise parce que ce feu intérieur, il faut qu'il soit entretenu. Et de temps en temps, nous, on a du mal à entretenir notre propre flamme, je trouve. Et ça, je trouve que ça rejoint un peu la question de la légitimité. La question d'avoir envie de se lancer et de s'autoriser à se lancer et de se dire « je vais au bout de ce projet justement » . Parce que c'est vrai qu'ouvrir un compte Instagram... et poster des choses, ce n'est pas pareil que d'aller au bout d'un roman. C'est quand même du boulot. Et pour pouvoir, je pense, travailler les projets à fond, il faut aussi de la motivation et il faut aussi que ce feu intérieur brûle bien. Parce que c'est une chose de se lancer et c'est autre chose d'aller au bout. Comme on disait, ça demande aussi de l'énergie.
- Speaker #1
Ça demande de l'énergie. Il faut que ce soit nourri forcément par nos échanges parce que forcément, on est en lien. Nourrir ce feu, c'est un travail de tous les jours, en fait, tu vois.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
C'est pas toujours évident. Il y a des jours où le feu, il est au ras du sol, il est même pas là, tu vois. C'est la vie de l'homme. C'est même pas, t'es dans l'eau, tu vois. Tout à fait. Et il y a des jours où d'un coup, ça revient. Et puis, mais ça, je pense que c'est normal aussi d'avoir des up and down, tu vois. Les moments de créativité, c'est pas H24. Enfin, il y en a peut-être, mais moi, perso, pas du tout. Il y a des jours où, en fait, je suis bonne à rien.
- Speaker #0
Tout à fait.
- Speaker #1
Et je l'ai accepté, ça, tu vois. Je ne culpabilise pas, je ne me dis pas, oh là là, moi qui peux être si créative, je ne fous rien aujourd'hui. Non, pas du tout, il y a des jours où je sens que ce n'est pas le moment. Et je me dis, aujourd'hui, j'ai besoin d'autre chose et c'est tout. Mais tu vois, la question de l'autorisation, elle est hyper importante parce que souvent, on ne s'autorise pas. Ou alors, on attend une validation extérieure. Et le problème, c'est qu'à moins d'avoir quelqu'un de très bienveillant qui te connaît, qui va finir par te dire, lance-toi, il est possible que la validation, tu l'attendes toute ta vie. Oui, tout à fait. Il me semble qu'en fait, l'autorisation, peut-être que c'est un pied de nez à la vie, tu vois, de pouvoir justement conserver ce feu intérieur. C'est de se dire, il n'y a pas d'autorisation, il n'y a pas de validation. En fait, ça est déjà. La validation, elle est donnée quand t'es née, en fait. Tu vois, l'autorisation, pareil. Et comme ça, quand on arrive à chasser ça de son esprit en se disant, mais en fait, comme toute personne dans ce monde, j'ai pas besoin de validation. Je peux tout faire, en fait. Le champ des possibles, il est totalement ouvert. Ça permet aussi de se foutre un peu la paix, tu vois ?
- Speaker #0
Oh oui, je vois.
- Speaker #1
Ouais, de se foutre un peu la paix. Quand t'as un élan, moi je pars du principe. Je me dis, bon c'est sûr qu'il y a des choses sur lesquelles il faut se former, il faut avoir des compétences. Mais je pars du principe que tout humain qui a un élan vers quelque chose, ça veut dire qu'il en est capable, tu vois ? Même si, je sais pas, s'il a l'élan d'être... d'être un grand chirurgien, il est certain qu'il va te falloir quelques petites années de travail, tu vois. Mais cet élan, c'est la base. Et ça veut dire que ça fait partie de toi, tu vois. T'as l'élan d'aller vers quelque chose, donc ça veut dire que c'est fait pour toi ou en tout cas une partie de ta vie. Et donc cet élan, pour moi, il est capital. C'est comme quand j'ai commencé à faire de la photo. C'était il y a quoi ? Il y a 4 ans, 5 ans, je ne sais plus. Je n'y connaissais rien. Mon chéri m'a offert un Fuji et il m'a montré quelques petites choses. et en fait... franchement la technique m'emmerde surtout, j'avais pas du tout envie de me lancer dans tu vois des explications trop compliquées et machin je fais tout au feeling, alors je connais un peu les rudiments forcément maintenant bah il faut bien tu vois mais vraiment je me suis dit si j'utilise cet outil pour moi c'est un outil de regard, on en revient au regard la photo, je me suis dit c'est mon oeil en fait dans l'oeilleton qui va me guider et j'ai commencé à prendre en main l'appareil, bon forcément maintenant je le connais par coeur enfin presque, mais vraiment je me suis dit je le fais à ma manière en fait parce que tu vois, si on avait commencé à me dire ouais mais tu comprends, faut prendre des cours de photo quand tu veux être photographe, donc tu vas aller prendre des cours de photographie et puis on va t'apprendre les iso les machins, les bidules, etc il va bien falloir que tu travailles pendant un an avant de te lancer, j'aurais abandonné, franchement j'aurais abandonné parce que moi la technique ça m'emmerde j'ai envie que ce soit un moment plaisir et j'ai envie de me laisser guider par mon oeil en fait c'est mon oeil qui juge Et c'est pour ça que je me suis mise à la photo, que j'ai fait pas mal de shooting et tout, parce que je me suis autorisée en fait à le faire à ma façon.
- Speaker #0
Oui, il y a des gens que ça pourrait rassurer, tu vois, d'avoir les bases théoriques pour avoir ce cadre, pour s'appuyer dessus et ensuite faire à leur façon. Moi, je suis un petit peu comme toi. Si je dois faire quelque chose de pénible pour atteindre quelque chose de plaisant, je vais avoir beaucoup de mal à passer par la phase pénible pour atteindre le plaisant. Ça se retrouve dans mes études de psycho. Je veux dire, les cours de statistique,
- Speaker #1
ça doit être fun.
- Speaker #0
On adore surtout de 18h à 20h. Mais c'est vrai que c'est nécessaire. Comme tu disais, pour être chirurgien, il faut en passer par quelques études. Et c'est vrai que pour être psy, moi, j'avais envie d'en passer par ces études-là. Pour s'autoriser à aller vers nos objectifs, il faut un peu se connaître et savoir ce dont on a besoin, en fait, de quoi j'ai besoin. Par exemple, moi, j'aime bien apprendre en groupe. J'aime bien être plusieurs. J'aime bien travailler avec les gens. J'aime bien être dans mon entre à créer. Et j'aime aussi beaucoup échanger. C'est pour ça que j'aime les interviews. C'est pour ça que j'aime inviter des gens. et co-créer aussi beaucoup. C'est vachement chouette. On avait écrit des textes ensemble aussi, par exemple.
- Speaker #1
C'était trop bien.
- Speaker #0
Oui, c'était trop chouette. On en a plusieurs, d'ailleurs, qu'on a écrits à quatre ans. C'était vachement sympa. Et je pense que c'est ça, il faut trouver un petit peu ce qui peut alimenter notre feu intérieur. Il y a des gens, ils aiment être dans leur grotte et en faire émerger des choses tout seuls. Et puis, il y a des gens, ils aiment bosser de façon collective. Et puis, il y en a qui aiment la théorie, qui ont besoin de ça pour s'envoler. Et d'autres qui marchent plus au plaisir et au côté instinctif. C'est vrai que quand on trouve sa façon de fonctionner, on peut plus glisser aussi vers la pente de s'autoriser à agir. C'est ce que je me disais.
- Speaker #1
Puis aussi, quand s'autoriser aussi à se connaître, tu le disais, de comprendre comment on fonctionne, tu vois ? Parce qu'on ne peut pas, clairement, on ne peut pas se changer. Enfin, on peut s'améliorer, on peut évoluer. Mais de comprendre comment on fonctionne, c'est hyper important. Parce que moi, je sais que plein de fois, j'ai tenté de faire à la manière de... Pourquoi ? Parce qu'on me disait souvent, t'as des bons conseils, tu vois, on te dit mais c'est comme ça qu'il faut faire pour aller vers cette voie-là. Ah bon d'accord, bon bah si on me le dit c'est que voilà. Et en fait tu te rends compte que cette façon de faire n'est pas du tout la tienne et que moi je fonctionne comme ça et à un moment donné je lâche, je lâche total. Alors que si je le fais à ma manière, je me rends compte que c'est là que je m'amuse et c'est là que je m'autorise, que j'y vais, que je me lance vraiment. Et c'est là qu'il y a un résultat, pour le coup. Il est ce qu'il est, le résultat. On peut aimer, ne pas aimer, tu vois. Mais c'est comme ça que moi, je fonctionne. Évidemment, tout le monde fonctionne différemment. Ce qui importe aussi, c'est de... Tu vois, quand on te donne un conseil en te disant tu veux faire ça, c'est comme ça qu'il faut faire, etc. C'est pour le coup de s'autoriser à se dire je me dis à moi-même, tu veux faire ça, c'est comme ça que tu vas le faire. C'est d'écouter la voix intérieure avant.
- Speaker #0
Oui, avant. C'est bien de recevoir les conseils de l'extérieur. Clairement, c'est chouette d'être tous humains et de pouvoir compter sur l'expérience des autres, mais aussi comparer avec notre version intérieure et se dire, oui, je veux bien tenter, mais j'aime bien aussi ma façon de voir les choses. Je vais faire un mix, je vais voir ce que je fais de ce conseil. Comment il résonne en moi et est-ce que ça me parle, etc. Ça me fait penser au conseil non sollicité. Là, je passe de la légitimité à la parentalité, mais en fait, c'est une question que je voulais te poser aussi. Mais ça me fait penser au conseil non sollicité quand on est maman, enfin, parent, maman, et qu'on reçoit des foules de conseils par rapport à nos enfants. Je ne sais pas comment toi, tu l'as vécu.
- Speaker #1
C'est affreux. Au début, ça a été compliqué parce que quand t'es maman pour la première fois, donc moi, j'ai une petite fille de 7 ans et demi, et c'est ma seule enfant, donc quand c'est la première ou le premier, tu ne l'as jamais traversé, tu ne sais pas ce que ça fait. Et donc, je me souviens au tout début, à la maternité, quand on te dit, on va vous montrer comment il faut faire le bain. Bon, d'accord. Alors moi, je savais déjà parce que j'ai des petits frères, des petites sœurs et tout. Et après, on te dit, c'est pas comme ça qu'il faut donner le sein au rayon. Ah bah non, il faut faire ça. Ouh là là, il ne va pas y arriver. Là, il va falloir que vous mettiez un embout. Ah bah non, ça ne va pas être... Je ne sais pas si ça va marcher l'allaitement quand même. Enfin, tout autant de choses.
- Speaker #0
C'est dur.
- Speaker #1
qui font qu'à un donné, t'es un peu perdue parce que tu écoutes aussi parce que c'est la première fois que tu expérimentes ça. Et je me souviens du moment où en fait, vraiment, j'ai dévissé et j'ai dit maintenant ça suffit. C'est qu'une fois rentrée chez moi, je ne sais pas pourquoi, tu sais, ils font parfois venir chez toi une infirmière.
- Speaker #0
Tout à fait.
- Speaker #1
Ou quelqu'un qui vient chez toi pour, je pense qu'ils viennent vérifier si tu t'occupes bien de ton bébé et que tout est ok. Oui,
- Speaker #0
tout à fait.
- Speaker #1
Et donc, il y a deux nanas qui ont débarqué à la maison. Et moi, j'avais lancé, donc j'allaitais ma fille. C'était le début, donc ça allait, mais bon, on tâtonnait un peu. Et elles sont arrivées, et je me souviens qu'elles m'ont limite chopé l'épaule en me disant « Mais c'est pas comme ça du tout qu'il faut se tenir, voyons, pour allaiter son enfant, enfin ! » Et en fait, ça a été un envahissement, et à un donné, j'ai dit « Écoutez, ça suffit en fait, maintenant. » D'accord ? Je sais comment faire, je suis une femme, mon corps, c'est sa nature de faire ce genre de choses. Je pense que les femmes le font depuis la nuit des temps. Je pense que j'ai besoin de personne et j'ai besoin de moi de construire mon lien avec mon enfant. Il y a vraiment un truc en moi qui a dit stop, il faut arrêter les conneries. Je veux bien jouer le jeu des conseils, mais là, lâchez-moi. Et depuis, je n'ai plus supporté qu'on me donne un quelconque conseil.
- Speaker #0
C'est extrêmement intrusif de te dire ça, c'est pas comme ça. Si ta fille prenait bien et qu'elle grossissait, tu vois, je veux dire, sur quoi il se basait.
- Speaker #1
Un bébé de 4 kilos, quand il sort, tu sais, je pense qu'il est bien, il est en forme.
- Speaker #0
C'est pour ça que je suis un peu, désolée, mais sur le cul d'entendre ce que tu me dis. Parce que ce n'est pas comme ça qu'il faut faire. Si ça marche, je ne vois pas où est le problème, en fait. Je ne vois pas où est le problème, je ne vois pas pourquoi elle t'a dit ça. Je trouve que tu as très bien fait et elles t'ont laissé tranquille, du coup, elles ont compris.
- Speaker #1
Oui, elles se sont calmées parce qu'elles ont vu que j'avais l'air de gérer, en fait, et que je savais ce que je faisais. Voilà, tout roulait. Mais elles n'étaient pas aimées, de toute façon.
- Speaker #0
Oui, parce qu'il y a des postures, je veux bien qu'il y ait des choses un peu théoriques. Mais honnêtement, quand un bébé prend bien le sein et qu'il mange,
- Speaker #1
il dort, je ne vois pas. Il va bien.
- Speaker #0
Il y a des côtés, il y a quelque chose de très intrusif. intrusif sur un peu l'irruption du médical.
- Speaker #1
C'est un peu ça, c'est la posture du sachant, c'est la posture ou de l'infirmière ou du médecin. C'est comme au départ, j'allais à la PMI.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Donc elle était tout bébé et j'allais à la PMI parce qu'apparemment, son bébé, il faut l'emmener une fois par mois, je ne sais pas quoi, une fois toutes les deux semaines, je ne me souviens plus.
- Speaker #0
C'est toi qui choisis, il y a des gens qui vont à la PMI, d'autres non.
- Speaker #1
Et moi, on m'avait dit, il faut aller à la PMI pour peser votre enfant, vous assurer qu'il grandit bien, machin. Et moi, je me suis dit, ah bon, il faut faire ça aujourd'hui ? Enfin, ok. Et c'est pareil, j'y suis allée une fois ou deux peut-être.
- Speaker #0
Et j'ai dit plus jamais, allez on plus jamais. Quand t'arrives et qu'on te dit, il est bien accroché votre bébé là sur le porte-bébé ? Bon on vérifie, bon ça va, bon alors on va le déshabiller, le peser, c'est affreux le bébé, il est tout nu sur une balance froide, c'est horrible. Et t'as envie de dire mais c'est un beau bébé, il mange, pourquoi il faut le peser toutes les semaines en fait ?
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Tu vois ?
- Speaker #1
En gros je pense qu'il y a une sorte de cadre qui est posé, je pense par l'OMS au niveau... nationale, internationale, mondiale, oui, c'est international, mais il y a aussi un problème d'ingérence un peu dans la vie des familles. Et c'est vrai que moi, la PMI, tout le monde a une expérience différente. Moi, je n'y suis pas allée parce qu'on avait une sage-femme qui venait effectivement en hospitalisation à domicile pour suivre un peu le bébé, parce que j'avais eu un diabète sous insuline et que du coup, il y avait un petit suivi, il y avait des petits trucs un peu supplémentaires. Moi, ça m'allait très bien. Puis c'est vrai qu'au bout de X jours, je me suis dit, tiens, j'ai plus besoin qu'elle passe. je me sens bien, j'ai confiance en moi en fait, ça faisait du bien de se dire ça et du coup je suis jamais allée à la PMI parce qu'il y a eu ce suivi puis ensuite on a embrayé sur le pédiatre et ça a été, enfin c'était la pédiatre au départ et ça a été très fluide mais c'est vrai que j'ai aussi entendu des choses par exemple par rapport à la PMI qui était un peu dure, des jugements ou sur la façon dont, donc soit le bébé est considéré comme un peu en sous-poids donc on va dire aux parents oh là là il faut mettre des céréales dans le lait, il faut ceci, il faut cela, il faut épaissir il faut machin d'accord ou soit le bébé est un peu en surpoids sur les courbes et donc du coup il faut dire bah ah dis donc il faut un petit peu le sevrer, dis donc. Et en fait c'est vrai qu'ils ont des sortes de cadres et quand on déborde du cadre et en fait comment ne pas déborder du cadre puisqu'on est des êtres humains.
- Speaker #0
Évidemment t'es obligé de déborder du cadre.
- Speaker #1
Eh ben oui parce que soit, enfin je veux dire personne n'est absolument dans la norme sur tous les plans. Et en fait, c'est très culpabilisant, c'est très anxiogène et ça peut être problématique, effectivement. C'est sécurisant dans l'absolu parce qu'il y a une sorte de surveillance, comme pendant la grossesse. Mais il y a un peu des débordements. C'est très culpabilisant. Mais du coup, les conseils non sollicités, c'était surtout toi. Tu as reçu ça plutôt de la part du personnel médical, des soignants.
- Speaker #0
Oui, c'est pour ça que j'ai vite arrêté. Je te dis, la PMI, une ou deux fois, peut-être deux fois, j'y suis allée. J'ai arrêté parce qu'en fait, il me disait, il faut allaiter trois fois par jour, pas plus. il faut faire ci, il faut faire ça. Et à un donné, je me suis dit, c'est toujours une question de conscience. Je me suis dit la mère de cet enfant, c'est moi. Et ce petit bébé, il est ce qu'il est. Donc, on apprend à se connaître et en fait, c'est moi qui sens ses besoins. Et je n'ai pas besoin qu'on me dise peut-être que trois fois par jour, ça va convenir à un autre bébé et pas à celui-là et inversement. Trois fois par jour.
- Speaker #1
Je n'ai jamais entendu ça.
- Speaker #0
Peut-être quatre, je ne sais plus. Mais on m'avait vraiment... C'était genre... ah non, la tétée, pas plus de temps par jour parce que c'est pas bon. Et puis sinon, le bébé est...
- Speaker #1
Alors que c'est psycho-affectif, que c'est pas seulement de se nourrir. Et qu'en plus, au bout de quelques semaines, tu régules toi-même, tu vois bien.
- Speaker #0
Évidemment. Mais quand tu sais que le lait, il évolue.
- Speaker #1
Mais oui, en plus.
- Speaker #0
Au fur et à mesure que l'enfant grandit des besoins de l'enfant. C'est quand même... La nature, elle est tellement bien faite que t'as juste envie de dire, en fait, ça se fait tout seul. Il n'y a rien à cadrer.
- Speaker #1
Non, tout à fait.
- Speaker #0
Et il m'avait dit aussi, oui, alors six mois, l'allaitement, c'est bien. Moi, je fais trois ans.
- Speaker #1
Non, mais en plus... Dans les pays scandinaves, il y a jusqu'à parfois 4-5 ans, ça arrive aussi. Ça, c'est chacune en plus qui fait en fonction de son corps, de son enfant, du lien mère-enfant, etc. Et puis, il y a celles qui n'ont pas envie d'allaiter ou qui ne peuvent pas. En fait, c'est vrai que l'irruption, il n'y a pas de règle. C'est ça. C'est vrai que c'est dur. C'est ce qu'on disait tout à l'heure. Parfois, il n'y a pas de mode d'emploi. Donc, on est sur un fil. On doute. Mais c'est vrai qu'il y a cette sensation. qu'on a parfois cette intuition de ce qui est bon pour l'enfant et pour nous. Parce que c'est une diade, c'est un duo mère-enfant et parent-enfant aussi, parce que le coparent, le père aussi, a son propre lien très puissant avec l'enfant. Mais là, on parle des mères, puisqu'on est maman toutes les deux. Et c'est vrai que moi, on m'avait dit, suis ce que tu sens. Et je me disais, mais je ne suis pas sûre que ce que je sens, c'est la bonne chose. Et finalement, bah si. parfois, on a quand même le sentiment qu'on sait ce qui est bon, et pour nous et pour l'enfant. Et puis, c'est vrai que la question du sommeil, la question de l'allaitement, l'alimentation, tout ça, il y a quelque chose de très jugé un peu par l'extérieur. Et en même temps, moi, j'ai entendu des mamans dire aussi « Mais c'est moi qui ne suis pas prête à ce qu'il dorme dans sa chambre. » Et en fait, c'est ok parce que si on ronfle, qu'on renâcle, qu'on parle dans son sommeil et que ça réveille l'enfant quatre fois par nuit, oui, là, il faut se poser la question. de le mettre dans sa chambre, le ou la mettre dans sa chambre. Mais en fait, c'est un duo aussi, ou un trio. On fonctionne ensemble, on est des êtres humains. Donc, il faut écouter aussi un peu tout ce fonctionnement. Il faut s'écouter, en fait. Mais on ne nous apprend pas à le faire.
- Speaker #0
On ne nous apprend pas à le faire et c'est hyper dommage. Mais en fait, c'est un instinct. C'est comme la façon dont tu vas être avec ton enfant. Tu l'as quand même porté neuf mois. Enfin, je veux dire, il sort de ta chair. Ton enfant, en fait, il sait, lui, il a déjà l'intelligence de savoir comment ça grippait à toi, comment montrer qu'il a faim. Réflexe archaïque. Mais réflexe, c'est quand même incroyable. C'est-à-dire que l'enfant, il montre à sa mère. Et la mère, elle sent instinctivement, si elle s'écoute. En fait, ton enfant, moi, au bout d'un moment, avant même qu'elle se réveille, je sentais, tu sais, j'avais des pulsations dans la poitrine et je me disais, elle va se réveiller à la fin. Parce que mon... corps me parler avant même qu'elle soit réveillée. Et quand tu es attentif à ces signes-là, tu te rends compte qu'en fait, le corps, il est hyper intelligent. Et que si tu laisses aller, surtout que le lien entre une mère et un enfant, il est unique au monde. Si tu laisses aller ça, tu te rends compte qu'en fait, instinctivement, ton corps, il te dit tout. Il te dit vraiment tout.
- Speaker #1
Si on a la chance d'être connecté, je pense aussi à notre corps, parce que c'est peut-être lié à... toi comme moi, c'est peut-être lié à notre éducation, à cette capacité qu'on a à s'écouter ou à avoir été écoutée, je ne sais pas. Mais moi, j'ai ressenti comme toi. Alors moi, je n'ai pas pu à l'été, mais c'est vrai que je me réveillais juste avant qu'il se réveille. S'il changeait de respiration, je me réveillais alors qu'il ne faisait pas de bruit. Une nuit, il avait une espèce de stridor. Je ne sais pas si tu sais ce que c'est. Il avait un reflux et donc du coup, il avait une espèce de... de sifflements assez puissants. Oui, c'était vraiment dur. Sauf qu'une nuit, il ne l'a pas fait. Mais en fait, il n'était pas sur le point de s'étouffer, mais ça n'allait pas trop. Et en fait, ça m'a réveillée parce qu'il ne respirait pas comme d'habitude. Mais c'était très fin. Mais c'est parce qu'il n'y avait pas ce gros bruit que justement, je me suis réveillée et j'ai vu qu'il fallait le changer de position. Et c'est impressionnant parce que les sons, ils sont infinitésimaux à ce moment-là. Donc, c'est vrai que les sons sont très affûtés. Je sais que la communauté scientifique ne parle pas vraiment d'instinct, En revanche, quand on vient d'accoucher, en postpartum, on a l'essence hyper affûtée. On peut entendre une fourmi marcher sur une feuille, moi j'ai l'impression. S'il y avait une araignée qui allait dans le berceau, je te jure, je l'aurais entendue. Vraiment ? Pardon, en plus, c'est pas ton truc. Non, c'est pas mon truc. C'est pas le mot à prononcer, je suis désolée. Ah là là.
- Speaker #0
Je fais un travail.
- Speaker #1
Oui, je sais, je sais, on en avait parlé en plus il y a quelques années. Ah là là. La mauvaise. Bref, mais en tout cas, oui, on a l'impression d'entendre des trucs. très puissamment. Et oui, si on est connecté à soi et qu'on s'écoute, il y a beaucoup de choses qui sont extrêmement naturelles comme la façon de le porter, la façon de le câliner. Moi, je sais aussi que j'ai eu un petit frère et j'ai beaucoup pris soin des enfants. Donc, il y avait des tas de choses que je savais déjà faire qui sont venues très naturellement. Mais aussi parce qu'on est des filles, on a été des filles, on est des femmes et on nous a aussi transmis ça, j'ai l'impression. Pourquoi je dis ça ? Parce que j'ai mon coiffeur, tout simplement, qui me disait la dernière fois... Donc c'était un homme et il me dit je sais pas faire avec les enfants Et il me dit chez vous c'est naturel Et je lui dis je ne crois pas Moi je crois que j'aime profondément les êtres humains Et que du coup oui j'ai une envie J'ai un élan de protection et d'amour Envers les êtres humains de manière générale J'avoue Et en plus de ça oui j'ai eu un petit frère J'ai eu beaucoup d'enfants autour de moi Et donc effectivement changer une couche moi c'est en 2 secondes Je réfléchis même pas Ça va très vite Et je sais comment serrer pas serrer Machin habillée c'est pareil parce que j'ai eu beaucoup de poupées j'ai bien aimé ça et je lui disais c'est vrai que c'est pas très juste parce que nous on nous apprend vachement de choses comme ça et vous vous avez un peu l'impression de démunie mais je t'assure c'est pas si difficile en fait c'est s'habiller mais en habillant un plus petit que soi et en fait c'est pas si compliqué mais je pense qu'il y a des hommes qui se sentent manquants par rapport à ça et moi j'avoue que la maternité ça m'a donné une sensation de puissance pour la première fois de ma vie et pourtant je sais faire des trucs dans la vie ça va Mais la maternité m'a donné une sensation de puissance sur ce point-là. Que des choses que je savais déjà faire naturellement, alors que je ne suis pas sûre que ce soit si naturel. Mon corps, oui. Être enceinte, oui. Mais câliner, aimer, oui, bien sûr. Mais tout ce côté prendre soin d'eux, c'est quelque chose qui m'a été appris et qui a été fait pour moi aussi. Donc, il y a une inégalité, je pense, là-dessus. Et en même temps, ça pèse fort sur les femmes, ce truc-là. Parce qu'en fait, on nous dit que c'est naturel. Et je pense que le corps, oui, mais l'esprit, pas forcément. Par exemple, moi, j'ai eu un coup de foudre pour mon fils à la naissance. Je ne m'y attendais pas. Je me disais, est-ce que ça va m'arriver ? J'avais des doutes. Bon, ça a été absolument sublime. C'est vrai que c'était vraiment d'une fluidité. Moi, j'ai eu beaucoup de chance. J'ai eu une grossesse vraiment très chouette. Après un parcours moins chouette, mais vraiment, j'ai eu beaucoup de chance. Et donc, mon accouchement était dans la même ligne. Un accouchement magnifique et vraiment très, très beau. mais c'est pas toujours le cas pour tout le monde et ça complexe beaucoup de femmes de se dire ah je devrais ressentir un lien naturel organique, fluide, je devrais avoir ce coup de foudre mais c'est pas obligatoire non c'est pas obligatoire et c'est dur mais c'est pas grave, ça arrive à tellement d'entre nous évidemment je sais pas comment ça s'est passé pour toi si t'as envie d'en parler mais moi ça a été très fusionnel dès le départ ouais
- Speaker #0
Très fusionnel. Après, oui, il y a des femmes chez qui le lien se construit.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Et c'est ok. Il n'y a pas de... Ce n'est pas pour autant qu'on ne caline pas le petit ou qu'il va ressentir qu'il n'est pas aimé.
- Speaker #1
Non, parce que ça se construit différemment et ça vient.
- Speaker #0
Il y a plein de gens et c'est sûr. Il n'y a pas de recette toute faite pour tout le monde. Moi, ça a été assez évident aussi, un peu comme toi, tu vois. Ça a été assez évident. Ça a été très, très fusionnel dès le départ. je me souviens quand même parce que le congé pour le papa, alors je ne sais pas où ça en est aujourd'hui, mais à l'époque, c'était dix jours. C'est toujours... C'est hallucinant.
- Speaker #1
Il me semble que c'est plus long.
- Speaker #0
Ah ouais, c'était dix jours. Oui,
- Speaker #1
c'est rien.
- Speaker #0
Et donc, voilà, on était un peu dans notre petite bulle et tout. Et puis, au bout de dix jours, bon ben, je retourne travailler, salut ! Et je me souviens d'avoir la petite sur les genoux, j'étais seule à la maison, et d'un coup, le poids de la responsabilité, je me suis dit je suis seule, et en fait, c'est à moi de m'en occuper H24. Et cette prise de conscience, soudain, je me suis dit, ah ouais, quand même. Ça a été un moment de vertige, je t'avoue, parce que je me suis vraiment rendue compte. Je me suis dit, en plus, au départ, je ne voulais pas particulièrement allaiter. Ça s'est fait naturellement. Donc, j'allaitais. Tirer mon lèche, j'avais du mal. Je n'y arrivais pas. Enfin, je trouvais ça... J'avais l'impression d'être une vache. Donc, forcément, j'ai été très, très proche d'elle et présente tout le temps de l'allaitement. Et donc, il fallait que je sois là. Et ça, quand tu te rends compte de la responsabilité que c'est, Ça a été pour moi vraiment un vertige. Ça n'a pas été simple. Même si le lien avec elle a été évident dès le départ, quand même, tu te dis, c'est moi qui suis responsable de cette petite chose-là.
- Speaker #1
Oui, et en plus, avec l'allaitement, tu es vraiment nourricière de façon exclusive et entière. Ce n'est pas du tout comme préparer un biberon, c'est encore autre chose. Ce n'est pas un jugement puisque moi-même, je n'ai pas allaité. Mais je sais que des amis m'ont décrit... À la fois, c'est magnifique et à la fois, c'est vrai que si tu n'es pas là, l'enfant, si en tout cas l'allaitement est exclusif, l'enfant ne mange pas, il faut tirer son lait. Ça fait un autre rapport à l'enfant que quand je pense que tu donnes le biberon aussi, même si le psycho-effectif se lie aussi autour du biberon. Je sais que notre fils, par exemple, à un moment donné, il mangeait beaucoup moins bien à la crèche qu'avec nous parce que c'était papa et maman le bib. Et il mangeait plus du solide à la crèche. Donc, il dévorait ses repas à la crèche quand il a été diversifié. Mais les biberons, c'était papa et maman. Et c'était adorable parce que ça veut dire que c'est un moment. Ce n'est pas seulement le contenu, c'est aussi le lien, la connexion. Et ça, j'ai trouvé ça. Moi, ça m'a un peu réparé le fait que je n'ai pas pu allaiter ce truc qui veuille prendre le biberon qu'avec nous parce que je trouvais ça. C'est génial. Ça m'a, voilà, c'est beau. C'est génial. C'est assez beau.
- Speaker #0
C'est ce lien qui est quand même... qui nourrit certes, mais qui est un moment de partage. C'est avec papa et maman. C'est hyper bien.
- Speaker #1
Et je repense à ce vertige. Est-ce que tu as eu du soutien social ? Est-ce que tu as eu des gens qui sont venus te voir ? Ou est-ce que tu avais besoin de ta bulle à ce moment-là ?
- Speaker #0
Je n'en ai quasiment pas parlé. Je n'ai pas eu particulièrement de soutien. Surtout que moi, la famille était assez loin. Mais pour autant, je suis restée beaucoup dans ma bulle avec elle. ce qui m'a vraiment en fait beaucoup aidée, c'est qu'elle est arrivée, heureusement, un mois de mai. Après, c'était l'été. Et je me souviens que je sortais tout le matin quand il faisait encore frais et je faisais des grandes, grandes balades avec elle, en fait, en porte-bébé. Et j'adorais ça parce que le fait d'être en marche, d'être dehors et tout, ça, ça m'a vraiment réconciliée, en fait, avec ce lien naissant qui pouvait être un peu envahissant, écrasant. Le fait d'être dehors, de marcher, de... Plus c'est pratique, bon, parce que pour le coup, effectivement, quand elle est... Si d'un coup, elle a un petit creux, ben, c'est facile. Donc je partais vraiment un peu à la cool. Et ça, ça m'a vachement aidée en fait. C'est le fait de marcher, je crois, qui m'a permis d'apprendre à m'approprier cette responsabilité-là.
- Speaker #1
C'est très beau la marche qui permet de développer le lien et puis un peu d'une sorte d'ancrage et en même temps de se décentrer de la pression que ça peut mettre de devenir maman. Complètement.
- Speaker #0
Le fait de marcher, puis j'en profitais pour aller faire une petite course. Je me faisais un petit parcours. Au tout début, à cette époque-là, j'étais au Lille, là, en 93. Et donc, je me faisais ma petite marche matinale et tout. J'aimais bien. Et vraiment, d'être en mouvement avec elle, ça m'a vraiment, vraiment aidée.
- Speaker #1
Oui, et on ne pense pas à des choses toutes simples comme ça parfois.
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
On rumine un peu, on n'est pas bien, on se sent enfermée. Et c'est vrai que même dix minutes de marche pour aller chercher le pain, ça peut tout changer. Et on ne se rend pas compte quand on reste entre le canapé et le lit, on va dire, si on est épuisé par l'accouchement, par plein de choses. Et c'est vrai que ça peut beaucoup aider, des petites choses comme ça. Ou même quand bébé dort, 10 minutes de yin yoga ou je ne sais pas. Ou juste une méditation, une respiration. Ou 5 minutes d'une série qui vous déconnecte. Mais c'est vrai que le corps, ça aide.
- Speaker #0
Le corps, ça aide vachement. Si tant est que tu l'écoutes un tout petit peu au moins, le corps, il te dit, moi je me souviens que j'étais dans l'appart. et j'avais une sensation d'enfermement et il y a un truc en moi qui m'a dit « va dehors » . J'ai pas réfléchi, le bébé dans le porte-bébé, hop, on y va. Et je me suis rendue compte, j'ai dit, ah, ça me fait du bien, en fait. Je suis en mouvement, je suis dehors, je respire, je suis pas enfermée. Et en fait, ça a été mon petit rituel tous les matins, pendant l'été entier. Vraiment parce que j'avais trouvé mon truc, en fait.
- Speaker #1
Et c'est tout simple, et ça coûte rien.
- Speaker #0
Ça coûte rien, et même une balade, une arche.
- Speaker #1
Même si on n'a pas forcément un grand parc, des grands arbres, rien que l'air sur la peau. Alors c'est vrai que quand on accouche en hiver...
- Speaker #0
C'est un peu, ça doit être mon fun.
- Speaker #1
C'est un peu plus gonflant, mais c'est vrai qu'il y a des très bonnes couvertures pour porte-bébé qui s'adaptent vachement bien. J'en sais quelque chose, nous, c'est notre fond de commerce là. Pourtant, il est à 18 mois, mais on l'utilise encore. On est sur le point d'arrêter là parce qu'il commence à peser lourd. Mais on peut aussi sortir avec le porte-bébé ou la poussette bien équipée. La sieste nordique.
- Speaker #0
Mais oui.
- Speaker #1
C'est un truc que je ne connaissais pas forcément avant d'être maman. et ça nous a sauvé nous carrément nos endormissements. Un truc auquel on ne pensait pas, c'est qu'on essayait de l'endormir en le berçant, mais à l'intérieur. Et en fait, on s'est mis à le bercer dehors l'été, sous les étoiles, et il s'endormait en vraiment 2 minutes 30 top chrono parce que le léger air sur le visage, je ne sais pas, l'air du soir, on faisait ça chez mes parents à la campagne. En rentrant, on l'a fait sur le balcon et même je l'ai déjà fait à Noël chez mes beaux-parents, là où il n'y a pas de balcon, en ouvrant juste la fenêtre. Et bien la sieste nordique, c'est le fait de se balader en plein air avec les enfants, juste le visage à l'air et bien habillé. Et bien un souverain. Alors je ne dis pas que c'est une recette miracle, puisqu'avec les enfants on fait comme on peut. Ils sont tous différents. Et ce qui marche un soir peut ne pas marcher le lendemain. Mais c'est vrai que nous ça marche encore.
- Speaker #0
J'ai un peu de la nature forcément.
- Speaker #1
Voilà. Prendre l'air.
- Speaker #0
On le voit quand on est en ville, c'est beaucoup plus stressant que quand tu es en bord de mer, il y a une petite brise légère. Et d'un coup tu fais,
- Speaker #1
ah,
- Speaker #0
on est bien là. En fait le VV, c'est pareil. Surtout que les enfants, eux, pour le coup, ils sont hyper connectés à la nature.
- Speaker #1
Oui, c'est naturel.
- Speaker #0
C'est assez naturel pour eux. Donc, tu m'étonnes qu'un tout petit, s'il est bien couvert et qu'il sent le vent, enfin, je pense qu'il est bien.
- Speaker #1
Ça lui fait du bien. Voilà. C'est vrai qu'à la maternité même, j'avais pu ouvrir la fenêtre. Il n'était pas très agité. Ses premiers jours, il était vraiment déjà assez calme. Mais c'est vrai que je l'avais fait sentir le vent sur le visage. Et je me souviens qu'il avait souri aux anges à ce moment-là. Je trouvais ça. Trop beau ! Il a bien aimé le vent et il aime toujours bien cette petite sensation sur la peau. Je trouvais ça joli. Mais la chance d'accoucher en été, effectivement. Bon, l'interview, elle va bientôt toucher à sa fin. Mais justement, comme on a fait la boucle autour de la légitimité, un peu de la parentalité, je me disais, toi, tu as une fille et tu as vu ta mère un peu se brider ou ne pas réaliser un peu son potentiel. Est-ce que par rapport à ta fille, du coup... Du coup, il y a des choses que tu as envie de lui transmettre. Même si je trouve que la meilleure transmission, c'est l'exemple personnellement. Donc, quand tu vois ta maman épanouie, agir, se faire confiance, je pense que déjà, ça parle de soi-même. Mais est-ce qu'il y a des choses que tu as envie de faire pour elle ou que tu fais pour elle par rapport à ça, justement ?
- Speaker #0
Je ne fais pas tout ce que j'aimerais faire, évidemment. Parce que quand tu es rattrapée par le quotidien...
- Speaker #1
Personne.
- Speaker #0
Non, mais moi, la dernière fois, je me disais, j'aimerais bien commencer à lui apprendre la philosophie pour les enfants, tu sais. J'ai toujours pas commencé parce que j'ai pas eu le temps, mais j'ai envie. Évidemment qu'on me donne l'exemple. C'est pour ça aussi que je me dis, plus moi je suis épanouie, plus je me sens moi-même, plus elle le voit et plus forcément ça donne l'exemple aussi. Ça ouvre la voie pour elle. Mais après, c'est vraiment lui enseigner. Moi, il y a deux choses. C'est un certain goût de l'esthétique. J'avoue que, tu vois, comme je te disais tout à l'heure que ma mère et ma grand-mère étaient pour moi des femmes de regard. Sienna, depuis qu'elle est toute petite, je m'attèle vraiment. à lui faire observer les choses. Donc, j'ai beaucoup crapahuté avec elle dehors où je lui montrais les fleurs, les arbres, etc. Et donc ça, ça y est, je crois que c'est déjà acquis. J'ai essayé aussi de transmettre la musique parce que pour moi, c'était important. Donc, depuis toute petite, je lui ai fait écouter du jazz, du rock, du classique pour former son oreille. D'ailleurs, elle chante très juste. Donc, je pense que ça, c'est bon, c'est acquis.
- Speaker #1
Magnifique.
- Speaker #0
Et enfin, effectivement, la confiance en soi, c'est le socle de tout. que ce soit dans son métier, dans les projets dans lesquels on veut se lancer, dans la parentalité. Il y a toujours une question aussi de se laisser être en faisant et donc de s'autoriser et d'avoir confiance. Ça, cette conscience, ce n'est pas toujours évident. Mais je le vois, j'arrive à faire la différence maintenant. Les jours où je me sens un peu plus enfermée, un peu plus nerveuse, je me rends compte qu'en fait, je ne suis pas dans mon potentiel. Je me dis là, il y a quelque chose qui n'est pas dans le flot, je ne sais pas comment dire. Alors que quand... Je m'autorise vraiment, mais je le fais consciemment maintenant. Tu vois, si je me sens un peu serrée, un peu fermée, je me dis, oula, respire un grand coup, ouvre. Et c'est quand j'ouvre qu'à d'un coup, je me rends compte que, ah tiens, il y a une idée qui me vient, ah j'ai envie de ça. Tu vois, c'est là qu'il est aussi le feu. Dont on parlait au départ, c'est quand tu t'autorises en fait à lâcher la bride, à te foutre la paix et à avoir confiance aussi dans ce qui vient. En tout cas au niveau créatif. Parce qu'il y a des jours, ça fluctue, il y a des jours où d'un coup, je sais pas, te vient une idée d'un truc visuel et d'un coup tu fais de la photo. Ou d'un coup c'est un mot et en fait tu vas écrire. Et... Pourquoi un jour plus qu'un autre ? Eh bien, on n'en sait rien, voilà, c'est comme ça. Et en fait, dans la parentalité, c'est la même chose. J'essaye vraiment de lui transmettre cette confiance-là. Je la vois déjà, je pense qu'à 7 ans et demi, c'est bon, elle peut rouler dans la vie. Je pense qu'elle a un acquis de plus petite qui, sur une confiance en soi, qui, à mon avis, sera relativement solide. Peut-être ébranlée en grandissant, on verra. Mais en tout cas... Je me dis s'il y a bien une chose à transmettre pour qu'elle puisse grandir au moins, en ayant confiance, en osant se lancer pour faire des choses, et surtout en étant elle-même, sans se brider en fait, s'autoriser. Parce que ça moi j'en ai souffert un petit. C'est qu'à un donné tu rentres dans un moule, malgré toi, t'as pas les clés, et tu grandis en essayant de t'adapter comme tu peux, tu vois, en essayant d'être... Toi, mais jamais vraiment toi, parce que tu veux aussi plaire, et tu t'adaptes, et puis il y a aussi le regard et le jugement des autres, qui, quand tu n'es pas construit, ado par exemple, tu vois, est hyper difficile à gérer, et puis tu te retrouves adulte en te disant, est-ce que là, tu sens qu'il y a des verrous, tu vois ?
- Speaker #1
Que c'est pas forcément aligné. Que c'est pas aligné,
- Speaker #0
qu'il y a des trucs où tu te dis mais c'est pas moi ça, ou c'est pas complètement moi, ou c'est pas ce que je voulais faire en fait. Là je me suis lancée dans une voie mais est-ce que c'est vraiment ça que je veux faire ? Et après il faut tout détricoter, faire sauter les verrous, et en général il te faut 5 à 10 ans avant de commencer à retrouver le chemin de toi-même on va dire.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Donc moi ce que j'aimerais avec ma fille, c'est lui éviter ses 10 ans, une fois qu'elle sera adulte. pas de perdu évidemment puisque tout est expérience mais qu'elle puisse être elle-même et s'écouter et se laisser aller à être elle-même, à faire les choses à sa façon, avec son regard parce qu'elle est unique comme tout le monde et que si, je pense que s'il y a bien une chose qu'il faudrait apprendre à l'école aux enfants c'est ça
- Speaker #1
Je trouve que c'est magnifique comme mot de la fin On va rester là-dessus Merci beaucoup Sophie Merci,
- Speaker #0
j'ai répondu à ta dernière question
- Speaker #1
C'est une très belle réponse Être soi-même Et se laisser être On est unique mais tout le monde l'est Se laisser être C'est vraiment beau Parce que ça évite tout ce qui est injonction, pression
- Speaker #0
Et même quand ça arrive Il faut s'autoriser aussi à se planter Il y a des jours où t'es fatiguée T'as pas d'humeur, t'es pressée Et puis d'un coup tu fais un truc avec ton enfant Et après tu regrettes Et tu te dis Et... Il avait l'élan de faire ça. J'ai dit non, surtout pas. Tu vas salir le canapé. Tu vois, une connerie comme ça. Et après, il y a cette petite culpabilité où tu te dis, putain, pourquoi j'ai fait ça ? Ça arrive en fait. Oui,
- Speaker #1
tout à fait.
- Speaker #0
Ça arrive. Il y a des jours où... Enfin voilà, on est humain en fait à un moment donné.
- Speaker #1
Exactement. Il faut se lâcher la grappe. Il faut se lâcher la grappe. Merci beaucoup Sophie. Merci, ça fera... C'est un très bel épisode. Je suis ravie. Merci à toi.
- Speaker #0
Merci à toi.