#Enora Teyssendier Ecole de Psycho SexologieBienvenue sur Psycho-Sexo, le podcast de l'Eipsho. Je suis Enora Tessandier, psychopraticienne spécialisée en sexologie et psychotrauma et fondatrice de l'Eipsho, l'école internationale de psychosexologie. Dans ce podcast, je vous partage des ressources, des témoignages et des approches concrètes en psychosexologie pour approfondir vos compétences et enrichir votre pratique. Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode. Aujourd'hui... on va voir comment j'accompagne les croyances limitantes. Donc déjà, les croyances limitantes, eh bien on en a tous. Peut-être qu'on en entend régulièrement parler par rapport à l'argent, l'estime de soi. C'est des pensées, des phrases qu'on va avoir sur un sujet donné et qui vont... impacté du coup finalement notre manière de voir les choses puisque on y croit, on y croit dur comme fer ou même si le cerveau si avec le cerveau on se dit non mais c'est débile de croire à ça, et bien il arrive qu'à l'intérieur de nous on y croit dur comme fer et donc c'est en ça que j'appelle ça des croyances limitantes. Je rajoute une aparté parce que j'ai dit je mais en soi je n'ai rien inventé Je n'ai aucun mérite à ça, c'est pas moi qui ai inventé quoi que ce soit. Dans la sexualité, bah, ce sujet n'est loupe pas, il y en a aussi, comme partout. Si je vous laissais quelques instants pour réfléchir à ces croyances, à ces pensées, à ces phrases qui ont été dites, que vous avez entendues dans votre vie, je pense que vous pourriez en trouver quelques-unes. D'ailleurs, on va faire l'expérience. Bon, je vais commencer par donner quelques exemples qui sont plutôt sur différents sujets. Je suis nulle, il faut travailler dur pour réussir. Et dans ceux qui vont toucher d'autant plus la sexualité, eh bien, on va avoir, par exemple, je ne suis plus un homme. Par exemple, quelqu'un qui a des problèmes d'érection qui va dire je ne suis plus un homme, je ne suis pas assez virile ou j'ai perdu ma virilité. Il peut y avoir aussi une femme qui aime faire des fellations est une salope. Une femme qui a couché avec plusieurs hommes est une salope. On peut aussi avoir comme pensée, c'est normal de ne pas avoir de désir quand on est une femme. Ou ma mère n'en avait pas non plus, donc c'est comme ça. Et en fait, ces phrases, ces pensées, ces croyances deviennent des vérités intérieures. Du coup, elles vont influencer directement, là en l'occurrence, si on part sur le sujet de la sexualité, qui est quand même un des sujets piliers de ce podcast, elles vont influencer directement sur le désir, sur le plaisir, sur l'érection, sur l'excitation, sur la sécurité relationnelle aussi, la sécurité qu'on retrouve dans la relation, dans le lien à l'autre. Donc, maintenant qu'on a fait le tour un petit peu de... qu'est-ce qu'une croyance limitante, qu'est-ce que c'est que ces vérités intérieures, eh bien on va voir comment elles s'accompagnent, ou du moins comment je les accompagne, je n'ai pas la science infuse de tout ce qui existe. Dans mes débuts de pratique, j'utilisais des outils qui viennent de la TCC, thérapie cognitive et comportementale. Donc concrètement... Il doit y avoir un nom à cette technique, mais j'ai peur de dire une bêtise là maintenant. Mais en tout cas, concrètement, moi, ce que j'utilisais, c'était un tableau en trois colonnes. La première colonne, on y inscrivait la croyance limitante, ou la personne que j'accompagnais, du moins, inscrivait la croyance limitante. Donc, par exemple, je ne suis pas légitime, ou par exemple, je ne bande pas assez longtemps. Oui, je suis un petit peu vulgaire, mais je reprends les exemples. concret, n'est-ce pas ? Donc, dans la deuxième colonne, on mettait la croyance associée qui est plus large, plus profonde. Donc, par exemple, associée à « je ne suis pas légitime » , ça peut être « je ne suis pas assez bien » . Et associée à « je ne bande pas assez longtemps » , eh bien, ça peut être « je ne suis pas un vrai homme » . Et dans la troisième colonne, on allait inscrire une croyance qu'on va appeler, entre guillemets, positive vous alternative. Donc par exemple, je peux avoir confiance en moi ou mon corps est capable. Ou je peux avoir une érection qui dure le temps que l'on souhaite avec ma chérie, par exemple. Et ensuite, la personne, elle devait se répéter cette nouvelle croyance tous les jours, encore et encore. Donc, ça peut fonctionner avec le temps, mais c'est long. Et des fois, ça ne fonctionne pas. Donc, surtout, ce n'est pas aussi juste répéter, mais c'est aussi il faut y croire. et qu'on... Au fond de nous, de façon on va dire plutôt inconsciente, parce que le cerveau il a envie d'y croire, mais la partie inconsciente elle n'y croit pas du tout, ça peut être très très long. Parce que voilà, intellectuellement la personne elle comprend, mais dans le corps la croyance limitante elle est toujours là en soi. Donc elle continue d'agir dans la sexualité, dans les réactions automatiques, dans le stress, dans les blocages. Parce que en général on ne touche pas à l'origine réelle de la croyance. Une croyance limitante, elle peut venir effectivement d'un événement traumatique. Enfin, je dis effectivement parce que peut-être que vous me voyez venir au vu du sujet qui est tellement abordé aussi, les traumas. Mais pas que, en fait. Elle peut venir de quelque chose totalement inconscient, de quelque chose transgénérationnel, de quelque chose qui vient de l'éducation, qui ne nous a pas forcément traumatisés. Mais ça a été intégré comme ça en nous, quoi. Donc, ce que je fais aujourd'hui avec la méthode Célima, déjà, on ne cherche pas à convaincre. Quoi que ce soit, on ne cherche pas à remplacer, du moins pas en première intention, cette pensée par une autre. Mais on va commencer par faire exister cette croyance. Concrètement, je m'explique. C'est une méthode encore un peu bizarre, celle que j'utilise. L'idée, c'est que je vais demander à la personne, là, cette croyance, et je vais dire la phrase, je ne suis pas un homme, que la croyance, là, elle prenne... une forme, une image ou un objet. Donc, on laisse venir ce qui vient. J'utilise les mouvements oculaires aussi pour venir dans le côté un peu plus inconscient et lâcher le cerveau qui se dit encore « C'est quoi encore cette technique bizarre qu'elle me sort ? » Et donc, on va laisser venir l'image, l'objet qui vient. Et ensuite, je vais poser la question « À qui appartient cette croyance ? » Alors, on va faire venir ici toutes les personnes à qui appartient. cette croyance et donc on va visualiser ensemble ces personnes régulièrement vont apparaître des personnes je sais pas la mère le père la famille des fois c'est la société au sens large une personne précise parfois il ya des personnes qui apparaissent et la personne que j'accompagne ne s'y attend pas du tout je sais pas qu'est ce qu'elle fait là mais en tout cas il ya elle qui arrive voilà bon bah ok c'est parfait c'est qu'on est vraiment là dans l'inconscient Et puis, bien évidemment, enfin bien évidemment ou pas, mais en tout cas, ces personnes qui apparaissent là, ça ne veut pas dire qu'on les a déjà entendues nous dire cette phrase-là. Des fois, c'est quelque chose de vraiment totalement inconscient qui a pu être dans l'éducation, sans faire exprès. Moi, j'ai un oncle qui est apparu plus d'une fois. C'est quand je travaille sur le côté légitimité, travail, argent. Cet oncle... J'ai dû le voir deux fois dans ma vie. La deuxième fois que je l'ai vu dans ma vie, j'avais six ans. Mais j'ai dû entendre parler de lui. Et même si je n'ai pas entendu clairement ces croyances-là, eh bien, j'ai dû intégrer certaines choses de lui. En tout cas, peu t'importe, je ne cherche jamais à analyser. Je ne sais pas si vous m'écoutez ou vous écoutez ce podcast depuis longtemps. Moi, l'analyse, ça m'est égal. Je ne cherche pas à comprendre pourquoi... pourquoi c'est cet oncle qui arrive, c'était juste pour vous donner un exemple. On ne cherche pas à comprendre pourquoi il y a ces personnes qui arrivent. Elles sont là, point. Et là, ce que je vais inviter la personne que j'accompagne à faire, c'est de prendre l'objet qui représente la croyance et de le rendre aux personnes concernées. Et de faire le geste vraiment, pas juste en imaginaire. Parce que dans les méthodes que j'utilise, l'idée c'est de mettre le corps en action. Et donc la personne prend l'objet et le rend à celle et ce à qui l'objet appartient. En fonction de l'humeur de la personne, elle peut le rendre tranquillement. D'autres fois, ou alors quand ça met longtemps avant, parce que je leur dis maintenant vous allez le rendre jusqu'à ce qu'on ne voit plus rien. Donc le geste souvent est à faire plusieurs fois. Des fois les gens se lassent. Bon. c'est aussi ok à un moment donné de prendre l'objet et de le jeter et de dire bon maintenant tu le récupères, tout est possible Tout est possible tant qu'à un moment donné, on ne voit plus l'objet. Et là, on va utiliser à nouveau les mouvements oculaires, en tout cas, en général, les mouvements oculaires, mais en tout cas, des mouvements alternatifs. Encore un aparté parce qu'en retravaillant cet épisode, je me dis, ouh là là, quand je dis jusqu'à ce qu'on ne voit plus l'objet, quand je dis on voit l'objet, bref, ça doit faire un petit peu psychotique. Oui, c'est vraiment particulier comme méthode, mais en fait, c'est comme l'hypnose, sauf que c'est à l'extérieur. Donc cet état modifié de conscience finalement qui se sent pas du tout ou à peine, eh bien fait qu'on va visualiser cet objet et fait qu'on va à un moment donné plus visualiser cet objet. Mais non, les personnes que j'accompagne ni moi ne sommes fous, en tout cas pas à ce que je tâche. Et puis on va vérifier à combien la personne croit à la croyance. Pour ça, je lui ai demandé la croyance, d'ailleurs je le demande au début aussi, la croyance, ta ta ta ta ta, vous ou tu y crois à combien entre 0 et 100 ? 0 c'est rien, 100 c'est le maximum. Et donc, si c'est pas à 0, ou ça dépend des personnes, 5, 10, eh bien, on va continuer. On va faire à nouveau prendre une forme, et on va vérifier si c'est toujours les mêmes personnes qui sont sur la scène, si on a des nouvelles ou des qui sont plus là, et puis on va rendre. Encore cet objet. Maintenant, qu'est-ce qui se passe si la personne me dit qu'elle m'appartient à moi ? Alors des fois, elle n'appartient qu'à elle, ou des fois, elle appartient à elle et à une autre personne. Eh bien, dans ces cas-là, je vais inviter la personne, elle ne va pas se la rendre à elle-même, non. Je vais l'inviter à l'envoyer très très loin, comme si elle l'envoyait dans l'univers et que ça disparaissait, ou dans le ciel, peu importe. Et pareil, on va faire ça jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'objet, puis ensuite, la croyance qu'elle y croit, zéro, ou cinq ou dix, ça dépend des personnes. Et c'est fou, parce qu'à un moment donné, il y a vraiment cette sensation qu'on n'y croit plus à la croyance. Et pour vous donner un exemple, on sort du domaine de la sexo, mais par contre, on reste quand même dans le domaine de la thérapie et du fait d'être thérapeute. Donc moi... Je suis éduquée à la base, je ne suis pas psy, je ne suis pas psychiatre, et donc j'avais un problème de légitimité. J'étais déjà installée, et en consulte, j'avais totalement confiance en moi, en ma pratique, mais par contre, à l'extérieur, vis-à-vis de d'autres professionnels, qui pouvaient être psychologues, psychiatres, je me sentais pas légitime en fait. Et donc j'ai voulu travailler ça. avec ma thérapeute et qui utilisait déjà cette méthode-là. Donc je dis, je la transmets dans la méthode Selema, mais en vrai, elle doit venir d'ailleurs, mais je ne sais pas d'où. Bref, on travaille sur ce côté légitimité. La phrase, c'était « je ne suis pas légitime si je ne suis pas » . Et donc là encore, on est sur une phrase un peu bizarre, puisque c'est « je ne suis pas légitime si je ne suis pas psychiatre ou ingénieur » . Rien à voir, mais bon. C'est ça qui venait. Et donc là, cette fois-là, est venu mon oncle. Et je crois autre chose... Non, la société aussi, mais bon, il y avait mon oncle qui était là, bien présent. Et donc, voilà, on a fait cette méthode-là jusqu'à ce que je me sente légitime. Et le truc de fou, c'est qu'en fait, en école d'éducs P, un de mes meilleurs formateurs était le prof de psychosociologie. Et bien en fait, je vous épargne les détails, mais c'était un ami de la personne qui est l'ex actuellement de mon père. Et mon père me dit, ben voilà, il vient dans le coin prochainement et il nous a dit de transmettre que si jamais toi ça te disait, ben que ça lui ferait plaisir de te revoir. Moi je dis ok, pas de soucis, c'était mon meilleur prof quoi, donc voilà, avec plaisir. Donc on va au resto, tous les quatre, mon père s'accompagne à ce moment-là, mon ancien prof, et voilà. Et donc, à ce moment-là, j'étais psychosexologue, en libéral une journée par semaine, à l'hôpital, j'avais un poste d'éduc-spé, mais je faisais des consultations, je traitais les traumas et tout ça, en pédopsychiatrie avec des ados. Et là, à un moment donné, et j'aurais pu m'en douter, à un moment donné il me sort bon et quand est-ce que tu te formes vraiment ? Et je lui ai répondu du tac au tac bah j'ai estimé que j'en avais pas besoin. Et là, j'étais là, what ? Mais qu'est-ce que j'ai sorti ? Comment ça ? Alors, en l'occurrence, j'ai vu mon père, j'ai vu la fierté dans ses yeux, puisque lui, il est plutôt du genre, les diplômes, les papiers, ça veut rien dire, voilà. Mais moi, je me suis dit, mais punaise, mais qu'est-ce qui m'arrive ? Parce qu'il y a quelques temps, justement, trois semaines avant la séance, je me serais liquéfiée, littéralement. sur place, j'aurais fondu sur ma chaise, j'aurais atterri six pieds sous terre. Et bien là, je lui ai répondu ça. Donc après, je lui ai répondu de façon un peu plus sérieuse de mon cheminement, en fait, qu'aller à la fac de psycho, c'est quelque chose que j'avais vraiment envie, mais que j'y ai pensé plus d'une fois dans ma vie, mais qu'en même temps, c'est du temps. Du temps et donc de l'argent. et que j'ai décidé plutôt de me former à des formations où je suis sûre qu'elles vont vraiment m'amener des compétences supplémentaires. Et certes, elles ont un coût, mais au moins, je sais que je vais pouvoir gagner en compétences. Et c'est le cas de la TLMR, la formation que j'ai faite à Nantes, à l'Institut Minetis. Voilà, ça a été un choix que j'ai fait à un moment donné. Et bref, en tout cas, vraiment, j'ai vu la différence. C'était un truc de fou entre ce que j'aurais pu répondre quelques semaines auparavant et ce que j'ai répondu après avoir travaillé cette croyance le mi-temps. Juste en visualisant un objet et en le rendant à une personne concernée. Et donc bref, pour continuer maintenant, une fois qu'on ne croit plus à cette croyance, eh bien, on va installer une croyance fonctionnelle. on va dire ça comme ça, une croyance qui nous soutient, qui est soutenante pour nous, qui va soutenir, je sais pas, le corps, la sexualité les lents de vie, la sécurité intérieure, et donc là, à ce moment-là cette croyance elle va pas s'imposer par la répétition mais elle va venir s'intégrer parce que l'ancienne elle est plus active et donc cette nouvelle croyance on va utiliser des mouvements oculaires à chaque fois je parle de mouvements oculaires ou de mouvements alternatifs, mais il y a des mouvements différents en fonction de ce qu'on est en train de travailler. Donc, on va utiliser un certain type de mouvement pour vraiment venir intégrer cette nouvelle croyance. Et après, effectivement, je peux inviter la personne à répéter cette phrase-là, cette nouvelle croyance fonctionnelle. Et en général, c'est pour venir ancrer d'autant plus qu'on y croit parce que dans la séance, il y a cette manière de faire. eh bien, c'est déjà bien ancré. Mais c'est surtout pour venir appuyer ça. Donc voilà un petit peu pour la méthode que j'utilise et que je transmets dans la formation en psychosexologie. Donc pour conclure, les croyances illimitantes, ce ne sont pas seulement des pensées, ce sont des constructions internes qui sont parfois héritées. Et tant qu'elles sont là, elles continuent d'agir, même si on n'est pas en accord avec elles. Et donc dans la méthode que je transmets, dans la méthode Sélema, le travail c'est pas de chercher à convaincre, mais c'est de dissoudre cette première croyance et de permettre l'émergence d'une croyance fonctionnelle qui va nous soutenir. Donc voilà un petit peu pour cette méthode. J'espère que ça aura été compréhensible et que ça vous aura intéressé et on se dit à bientôt pour un prochain épisode. Nous voilà arrivés à la fin de cet épisode. Si vous entendez ce message, c'est que vous l'avez écouté jusqu'au bout. Et pour ça, je vous en remercie du fond du cœur. Si vous avez apprécié ce que vous avez entendu, pensez à le partager autour de vous, en me taguant par exemple, à laisser 5 étoiles ou même à vous abonner pour ne rien manquer. Et puis, sachez que je suis toujours à l'écoute de vos envies pour de nouveaux sujets. Alors, dites-moi en commentaire ou sur les réseaux sociaux ce qui vous intéresserait pour les prochains épisodes. En attendant... Prenez soin de vous et je vous dis à mercredi prochain.