- #Enora Teyssendier
Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode. Aujourd'hui, je suis contente d'accueillir à nouveau Cécile Manchon. Donc, pour ceux qui sont là depuis longtemps, peut-être que vous vous rappelez qu'il y a un an, enfin parce que ouais, c'était un an, un an et demi, on faisait souvent des épisodes avec Cécile et où c'est des épisodes en mode plus conversationnel et puis on va parler... Toutes les deux d'un sujet. Et aujourd'hui, ce sujet, c'est concernant le film Pour le plaisir, parce que toutes les deux, on a fait des interventions dans des cinémas pour échanger avec le public qui souhaitait échanger après le film. Donc, je suis emballée dans mon introduction, mais je ne t'ai pas dit bonjour, Cécile. Bonjour, Cécile. Bonjour, Nora.
- #Cécile Manchon
Merci pour l'invitation.
- #Enora Teyssendier
Bon bah du coup comme ça fait longtemps que t'es pas venue sur le podcast Je te propose de te présenter à nouveau
- #Cécile Manchon
Oui d'accord très bien Moi je suis Cécile, je suis sexothérapeute Je suis installée à mon compte depuis maintenant plus de 6 ans Et je suis en train de spécialiser mon accompagnement Sur l'accompagnement des femmes en situation périménopause ou ménopause Et j'accompagne des couples également Donc, voilà, un peu. Je suis en cabinet et en distanciel. Et la dernière nouveauté, si, quand même, depuis la dernière fois, qui n'est pas des moindres, j'ai aussi lancé mon podcast qui s'appelle Au-delà du corps. Et donc, vous pouvez aller m'écouter blablater aussi.
- #Enora Teyssendier
Yes. Et puis, tu es intervenante dans l'école puisque c'est quand même le podcast de l'école. Oui,
- #Cécile Manchon
exact.
- #Enora Teyssendier
C'est à préciser.
- #Cécile Manchon
Exact. Et puis, on a eu notre première session, du coup, au mois de mars.
- #Enora Teyssendier
Oui, qui a été beaucoup appréciée. Et d'ailleurs, il y a un épisode de podcast qui a été réalisé avec les élèves qui font un retour de certains intervenants, notamment des intervenants qui viennent sur le podcast. Et Cécile, je ne sais pas si tu l'as écouté, mais il y a un super retour sur toi.
- #Cécile Manchon
D'accord. C'est ça. Bye Tommy.
- #Enora Teyssendier
Ouais, Et donc, c'était sur le tantra, cet épisode. Et puis, il y a même une élève qui pratique pas mal le tantra et qui était super contente de ton intervention. Et moi, je me disais oui.
- #Cécile Manchon
Ça faisait partie un peu... On avait un peu discuté à la fin de l'échange, mais c'était... Oui, je me souviens d'un chouette moment, ouais.
- #Enora Teyssendier
Mais moi, j'appréhendais un peu quand il y en a qui connaissent un peu le sujet. Et elle disait, tu pourras voir parce que c'est dans l'épisode, dans le vrai spoil l'épisode, que je mettrai dans la description, qu'elle trouvait que c'était difficile d'aborder ce sujet en un temps condensé et que tu l'avais super bien fait et qu'elle avait appris aussi plein de choses, que ça lui permettait de faire des liens dans ce qu'elle pourrait mettre en place vraiment dans les accompagnements.
- #Cécile Manchon
Oui, et puis... C'était ce que je trouvais super intéressant aussi dans ton invitation à intervenir et aussi hyper challengeant, c'est que le tantra, de façon générale, c'est vraiment une pratique assez vite quand on est dans des espaces de tantrique. On va nous inviter à nous mettre dans un certain état d'esprit, à relâcher le corps, à être dans la sensation, etc. Du coup, tout ce qui est de l'ordre de la culture, d'où ça vient, c'est c'est Où est-ce que ça prend ses racines ? Qu'est-ce qui coule aussi à travers ça ? On ne l'a pas forcément, ce qui ne va pas le chercher, parce que tous les facilitateurs n'ont pas forcément déjà à tous le même niveau d'instruction sur la question. Je ne dis pas que je suis hyper sachante, mais moi, ça m'a demandé d'aller creuser, d'aller poser des questions à ma facilitatrice. Enfin, voilà. Et du coup, d'essayer d'avoir une clé de lecture qui rende ça plus clair et surtout que ça... puissent transparaître des outils soit de lecture en tant que thérapeute, soit outils thérapeutiques en tant que temps en la pratique. Donc, voilà.
- #Enora Teyssendier
Yes.
- #Cécile Manchon
Mais ce n'est pas pour ça qu'on se voit aujourd'hui.
- #Enora Teyssendier
Voilà, c'est ça. Fin de notre parenthèse. Revenons à nos moutons. Pour... commencé, déjà, je voulais te demander, toi, comment t'as été accueillie par les cinémas ? Parce que c'est toi qui as fait la démarche de leur proposer de faire des interventions.
- #Cécile Manchon
Ouais. D'ailleurs, je crois que c'était après un échange avec toi. Oui.
- #Enora Teyssendier
Oui, oui, j'ai bien souvenir.
- #Cécile Manchon
C'est ça. Et du coup, ce film était un peu sorti de mon calendrier. Je ne l'avais pas du tout repéré dans l'actualité cinématographique. Et sinon, tu te penses bien que je serais bondée sur le sujet. Et du coup, quand tu m'en avais parlé, je ne sais plus, on devait déjà être au mois d'avril.
- #Enora Teyssendier
Oui.
- #Cécile Manchon
Et le film sortait début mai.
- #Enora Teyssendier
Oui.
- #Cécile Manchon
Donc, du coup, moi, j'ai lancé en fait une... un pack de mails un peu à tout hasard en disant ça prend, ça prend, ça prend pas, ça prend pas. Et donc là, moi je suis dans un département, alors c'est pareil, j'ai un gros complexe cinématographique à l'aval, mais sinon après c'est plutôt des salles de cinéma associatives. Et donc du coup, là aussi, c'était pas le même mode de contact, c'était pas forcément aussi simple aussi de se contacter. Donc il y a des équipes... qui sont un peu plus importantes que d'autres. Et puis, à la fois, on se cherchait. Ma première salle, ça a été la salle la plus importante, celle de Laval.
- #Enora Teyssendier
UGC, un truc comme ça ?
- #Cécile Manchon
Non, c'est Cineville, la franchise. Eux, ils ont répondu tout de suite à mon mail. Il y a eu... Enfin, je crois qu'ils ont répondu le lendemain. Ça a été assez spontané. Pour tous les autres, en fait, il a fallu que je double d'un coup de fil, etc. Parce que je pense que le mail était... tombé dans les méandres de ce qu'ils recevaient. Et puis, eux, ils m'ont contacté tout de suite. Je suis arrivée. C'était un peu rock'n'roll dans le sens où finalement, on s'était échangé au téléphone. On avait rééchangé par mail en mode... Eux, ils m'avaient dit, de toute façon, on fait toute la com, juste tu nous transmets une photo, ton logo, un pitch de présentation, et puis voilà quoi. Mais après, on s'était paru au téléphone. Donc moi, je suis arrivée pour la séance en me disant « Oula, mais du coup, j'espère que c'est OK » . Je suis arrivée, j'ai dit que j'étais attendue. On m'a dit « Oui, oui, tu vas là-haut » . Et en fait, il y avait la personne qui gérait la salle qui m'a dit « Oui, oui, on a branché un micro » . Et hop, tenez quoi. Donc, je n'ai pas été introduite. Enfin, c'était assez rapide. Et du coup, ça s'est fait assez rapidement. Les autres salles... aussi très bien franchement mais ils ont tous eu c'est des cinémas associatifs donc en fait c'est comme s'ils avaient un autre rapport avec leur clientèle donc il y a toute une flopée d'habitués donc ils ont ce petit truc du ben voilà on vous présente aujourd'hui on fait venir un tel et puis vous pourrez poser vos questions après la séance alors que pour la première salle en fait c'était moi qui avais fait cette introduction là Merci. Mais du coup, j'étais plutôt bien accueillie. Après, les autres, ils ne m'ont simplement pas répondu à mon mail ou pas donné suite à mon coup de fil.
- #Enora Teyssendier
Oui, mais tu en as eu trois quand même.
- #Cécile Manchon
Oui, j'ai eu trois séances.
- #Enora Teyssendier
Dans trois cinémas différents.
- #Cécile Manchon
Dans trois cinémas différents et trois salles de tailles différentes. J'ai vraiment lu la grande salle, la moyenne salle et la petite salle.
- #Enora Teyssendier
Gratuit, tu es intervenue gratuitement.
- #Cécile Manchon
Yes. Parce que j'ai fait la démarche.
- #Enora Teyssendier
Oui, mais ils ont fait ta pub, par contre.
- #Cécile Manchon
Oui. Et du coup, j'ai relayé. Mais c'était essentiellement de la pub sur les réseaux sociaux. Et puis, les cinémas associatifs, c'était plus par de l'affichage. Et ce n'était pas très, très présent.
- #Enora Teyssendier
Sur la prog ?
- #Cécile Manchon
Oui. C'était aussi dessus ? Alors, il y en a un, je ne saurais pas le dire. Le dernier, le plus qui, c'était trop tard. Parce que du coup, ils ont une prog trimestrielle. Parce qu'ils ont trois séances par semaine. Donc du coup, ça ne pouvait pas figurer dessus. Et là, c'est un cinéma plus petit. Et j'ai senti que ce n'était pas facile pour eux de communiquer dessus. En fait, ils n'étaient pas complètement à l'aise. Ils étaient d'accord avec le fait que je vienne. Mais ils n'étaient pas complètement à l'aise. Et en fait... De toute façon, j'ai bien vu. Quand j'ai vu les affiches, déjà l'affiche du film, c'était celle qui était choisie pour être la plus petite, alors que c'était la projection du vendredi soir, du week-end. Il n'y avait pas marqué « Intervention sexothérapeute » . C'était vraiment le petit format à cinq à côté de la poignée de la porte. Enfin, voilà. Ce n'était pas du tout mis en valeur ou mis en évidence. Eux, ils faisaient ce qu'ils font Mouah ! Un cartoon, c'est-à-dire qu'il crée un visuel. qui est projeté finalement dans la salle en attendant la diffusion du film. Mais sinon, pour tous les autres, oui, ils communiquaient sur les réseaux sociaux et donc ça, j'ai pu relayer. Et puis, ils ont créé du support visuel. Toi, c'était comme ça ou pas ?
- #Enora Teyssendier
Non. Alors, il y a eu comme... Moi, j'ai eu un cinéma qui m'a répondu dix minutes après l'envoi de mon mail. Tout de suite chaud. Et au final, ça ne s'est pas fait avec eux.
- #Cécile Manchon
D'accord.
- #Enora Teyssendier
Après, on a galéré à se contacter quand c'était la période de projection. Et puis après, ça a été la veille pour le lendemain. Et puis, donc en gros, ils allaient imprimer le vendredi et moi, j'allais intervenir le mardi suivant. J'ai dit non, en fait, moi, mon objectif, c'est quand même qu'il y ait un minimum de pub sur moi. J'interviens gratuitement, mais voilà, qu'il y ait l'échange. Voilà, puis ça a été vraiment trop galère. Et d'ailleurs, ce qui est drôle, c'est que c'est dans la ville où je devais m'installer. où ça avait l'air de tout bien se passer au départ et qu'en fait, ça a foiré total. Donc, je me demande si vraiment, il faut que je lâche prise avec cette ville. Après, il y a un autre cinéma. Donc, j'ai galéré à trouver le mail, mais j'ai eu une réponse. Il m'a appelé. Donc là, c'est celui de le cinéma où j'ai grandi. Donc, j'allais au cinéma avec... J'ai bossé aussi en tant qu'animatrice juste à côté, à 10 mètres du cinéma. Et donc, on allait au cinéma régulièrement, etc. Donc, il savait qui j'étais. Et alors, lui, super motivé. Ah oui, oui, c'est super ta proposition. C'est même primordial de mettre ça en place. Vraiment, lui, il était à fond. Il m'a dit, envoie-moi une affiche. Comme ça, je la mets en projection numérique, là, au niveau du cinéma. Et puis, après le film, moi, ce qu'on m'avait recommandé, c'était de faire une petite affiche, genre pour prendre rendez-vous avec moi ou quoi, avec les appels, avec un numéro QR code et tout. Donc, quand je lui ai demandé de me laisser, il m'a dit, ah oui, mais ça, tu me l'envoies aussi. par mail, et puis moi, je le projetterai là, les prochains temps, je le projette, il faut faire ta pub, et au final, du coup, je m'installe dans cette... enfin, dans un village, c'est un village, dans ce village-là. C'est un petit cinéma, mais... Voilà. Et après, le troisième cinéma que j'ai contacté, et le deuxième où j'ai fait une intervention, c'est un cinéma... Enfin, c'est une ville un petit peu plus grande, je ne connaissais pas la personne, mais... Voilà. normal, je veux dire. Et puis quand je suis venue, j'appréhendais, mais quand je suis venue, ça s'est bien passé. Et il m'a dit, et les deux m'ont dit ça, quand les bandes annonces seront passées, tu te présenteras et tu diras que tu feras l'échange après. Donc en gros, ils m'ont laissé faire. Mais en même temps, le premier, c'était dans la ville un peu plus grande. Non, lui, il est venu avec moi. Il a vu que j'étais en stress, il est venu avec moi. Il m'avait donné le micro. Ça m'a tellement stressée que je lui ai rendu et j'ai vu que... Enfin, les gens m'entendaient, donc j'ai fait sans micro. Et puis le deuxième, il est venu en haut de la salle pour me soutenir au moment où je disais que j'allais intervenir. Mais voilà, c'est moi qui présentais le truc. Et ce qui est drôle, c'est que... Tiens, d'ailleurs, c'était ce que je m'étais dit que j'allais te poser comme question, mais je vais enchaîner et je te laisserai dire pour toi. Dans la ville un peu plus grande, il y a eu moins de monde qui sont venus et à peu près la même proportion de personnes qui sont restées ou de ceux qui sont partis après le film. Et dans la ville plus petite, il y avait plus de monde pour le film et pour l'échange.
- Speaker
Ah ouais ?
- #Enora Teyssendier
Ouais. Et pour les âges, tu as parlé des âges. Moi, j'avais vraiment... J'allais dire, j'avais tout âge. Non. Il y en a un des deux, c'était à partir de... Il y avait deux jeunes de 25 ans, on va dire. Et l'autre, c'était plutôt à partir de 30.
- Speaker
Ok.
- #Enora Teyssendier
Ah ben non, 35, parce qu'en vrai, je sais qui c'est et elles ont mon âge. Donc, maintenant, on a 35 ans même.
- #Cécile Manchon
Donc, moi, la salle plus grande... En fait, ils m'ont fait intervenir. Eux, ils faisaient une avant-première une semaine avant la date de la sortie. Donc, quand j'avais fait ma proposition, ils m'avaient dit trop bien. Comme ça, en plus, nous, on le projette vraiment une semaine avant. Donc, ça fait une vraie avant-première, ça fait une vraie plus-value pour cette date-là, etc. Mais du coup, c'était un mardi soir. Donc, laisse-moi te dire qu'eux, ils n'avaient pas grande espérance sur l'affluence. Moi,
- #Enora Teyssendier
je n'ai fait que des mardis soirs.
- #Cécile Manchon
D'accord. Donc, j'ai fait un mardi soir, un mercredi soir et puis un vendredi soir. Et du coup, le mardi soir, ils ont reçu, ils ont accueilli peut-être 70 personnes. Et ils m'ont dit, mais en fait, tu es venu, ça a fait fois deux parce que... que pour un film de ce type-là, sous-entendu comédie française, une avant-première, on reçoit une trentaine de personnes. Et en fait, ça a eu à peu près le même effet à chaque fois. Le mercredi soir suivant, le jour de la sortie nationale, j'étais dans une ville moyenne. Et donc là, pareil, ça a fait fois deux au niveau de l'affluence. Et le vendredi soir suivant, c'était à la fin du mois de mai, début de canicule, salle pas climatisée, petit cinéma de campagne. Tout le monde était en mode. Et puis, équipe de bénévoles vieillissantes, tout le monde était en mode. Déjà, on observe, est-ce qu'il va y avoir du monde pour ce film ? Et puis, est-ce qu'on t'a fait faire venir ? Pour rien. Pour le coup, c'est le cinéma qui est à côté de chez moi. Dix minutes, pas de stress, les gars. Vous m'avez pas fait déplacer pour rien. Si vraiment il n'y a personne, je rentre chez moi et je n'ai pas fait d'une heure de route. Donc, on est tranquille. Et finalement, ils avaient fait plus de 30 places, je crois.
- Speaker
Donc, ils étaient contents.
- #Enora Teyssendier
Et qui sont partis ou restés ?
- Speaker
Je crois qu'à chaque fois, systématiquement, j'ai dû avoir 20% des gens qui sont partis à la fin du film. Et ouais,
- #Cécile Manchon
20 à 30% quand même, je pense. Des gens qui sont venus voir le film. Je pense qu'il y en a aussi qui sont venus voir le film et qui ont découvert une fois sur place qu'il y avait une animation ou un temps d'échange qui était prévu après. il y en a où très clairement je vois où ça a été dit où ils sont partis pendant l'échange en disant non mais je bosse très très tôt demain je peux pas rester plus longtemps enfin voilà il n'y a personne parti au milieu de l'échange et
- #Enora Teyssendier
par contre dans le premier cinéma il y en a qui ont appelé le cinéma pour savoir si c'était une obligation de rester sérieux ? Oui. Et le deuxième cinéma, en fait, c'était 28 personnes présentes et 18 qui sont restées. Et l'autre, qui est un cinéma plus grand, c'était moins de monde encore, je ne sais plus.
- #Cécile Manchon
En fait, je ne sais pas comment ils ont fait pour toi, mais pour moi, du coup, on laissait diffuser le générique jusqu'à la fin.
- #Enora Teyssendier
Oui, nous aussi.
- #Cécile Manchon
Et donc, en fait, ça laisse cinq bonnes minutes, en vrai. où les gens se regardent, qu'est-ce que tu veux, tu veux rester, tu veux partager ou pas. Et donc voilà, et en vrai, on va peut-être enchaîner sur le film, mais le film est vraiment très très chouette, il est très bien écrit, ça a rigolé à chaque fois, tout le temps, donc il y a une bonne ambiance qui se crée avec ce film-là, et je pense que le film, moi j'ai trouvé qu'il m'avait super bien servi, parce que... Même si, je reprends ça à ma dernière intervention, c'était un petit cinéma, la salle était chaude, les gens étaient avec leur éventail. Ils avaient envie de rester pour continuer de partager un peu de la magie de ce qu'ils avaient vécu. Et donc, c'était plutôt chouette dans ce sens-là. Et puis, à chaque fois... Du coup, oui, ce que je peux dire, c'est que... En fait, à chaque fois, ça a été présenté comme une proposition. Soit quand ça a été présenté par un bénévole de l'équipe, soit par moi, c'était présenté comme une proposition de poursuivre l'échange, en savoir un peu plus, ou poser des questions. Et donc, ce n'était pas présenté comme quelque chose d'accolé. Et je trouvais... C'était assez... Parce que du coup, moi, j'étais plutôt en bas de la salle, tu vois, près de l'écran. Et du coup, je voyais les gens partir. Ils passaient près de moi. Ce n'était pas volontaire que je me mette près de la sortie. Tu vois, c'était des salles parfois que je ne connaissais pas. Et donc, du coup...
- #Enora Teyssendier
Ah oui ! Parce que moi, les sorties étaient en haut, donc je ne me faisais pas la même image de cinéma.
- #Cécile Manchon
Il passait devant moi et ça faisait, j'avais l'impression, pour lui, tu sais, le truc de la marche de la honte, quoi. Et qu'il s'était obligé d'assumer le fait qu'il ne vienne pas. Et, mais, enfin, voilà, c'est OK pour moi, tu vois. Moi aussi, je suis allée voir des films qui m'intéressaient où je n'avais pas forcément envie de rester après. Et voilà, et puis parfois, je reste 10-15 minutes, je vois si ça me branche et puis...
- #Enora Teyssendier
je reste plus longtemps ou pas oui bah oui et alors du coup l'échange il est parti tout seul de la part des gens ou il a fallu que tu amorces quelque chose pour que ça parte pour que ça
- #Cécile Manchon
s'enclenche l'échange c'est jamais parti tout seul à chaque fois j'ai amorcé quelque chose, il y a toujours eu le premier truc donc bonjour je suis Yessesky je refais mon petit pitch etc donc moi je disais bah moi je suis Merci. de savoir vos échanges, vos ressentis par rapport à ce film. Et puis donc là, grand blanc. Donc, je n'ai pas été aussi sadique à laisser le blanc aller jusqu'au bout. Je dis bon, ok, si vous voulez, moi, je vais commencer à vous en parler. Et puis après, je leur dis comme ça, moi, je fonctionne un peu comme à jukebox. Il faut lancer une pièce pour faire tourner la machine. Mais il y a un moment donné où je vais caler, où je vais arriver au bout de piste. Donc, du coup, il y a vraiment des moments où j'ai meublé. avec ce que j'avais vu et puis avec ce que je savais, avec les ponts que je pouvais faire dans ma pratique. Et puis du coup, il y a une partie d'autres. Et une fois que c'était parti, c'était plus facile.
- #Enora Teyssendier
Moi, il y a eu les deux. Donc le premier cinéma, ils ont commencé direct à intervenir.
- Speaker
Génial.
- #Enora Teyssendier
Alors, je ne sais plus comment, mais c'est eux qui ont commencé. Et le deuxième, en fait... Déjà pour le premier, j'avais entendu une critique de sexologue qui disait que les statistiques n'étaient pas justes, qui étaient données dans le film. Et donc moi je me suis préparée... Moi j'aime bien que quand il y a des stats qui sont données, qu'elles soient justes. Et surtout que là, en l'occurrence, toutes les femmes ont déjà simulé, et ça peut faire flipper les hommes aussi. Et donc du coup j'avais préparé mes petites stats.
- #Cécile Manchon
moi aussi je me suis dit j'ai ma fiche,
- #Enora Teyssendier
j'ai tous mes chiffres je suis pas à l'abri d'avoir quelqu'un de pointilleux dans la salle ou qui veut la source voilà et donc j'avais ça de préparé que j'avais révisé aussi un petit peu pour essayer de pas avoir à les lire et de les avoir en tête Et puis, du coup, le deuxième cinéma où, pareil, j'ai commencé un peu à... Non, je ne me suis pas représentée, moi, par contre. Mais bon, quand j'ai proposé d'échanger par rapport au film ou quoi, gros blanc, du coup, j'ai dit, bon, vous voulez que je commence ? J'ai eu des têtes dans la salle qui ont fait oui. Et puis donc, j'ai dit, ben voilà, mon idée, c'est juste, il y a eu des stades de 10. J'ai juste commencé... par ça qui est rien de fou mais j'ai commencé en rectifiant ça et puis après c'est parti. De toute façon souvent il n'y a pas besoin de grand chose pour que ça démarre. Et alors les sujets qui ont été abordés alors petite précision de ce que j'ai compris pour l'une comme pour l'autre ça a été difficile de vu que c'était il y a quelques temps et de se rappeler de tout ce qui a pu être dit donc Voilà, on verra là où l'échange nous mène, mais en tout cas, pour ma part, je ne me rappelle pas de tout exactement.
- #Cécile Manchon
Ouais, les échanges... Enfin, dans ma tête, il y a vraiment trois grandes catégories, c'est-à-dire qu'au final, il y a eu des questions sur mon job et puis le parallèle avec la représentation de la sexo qui est faite dans le film. Des questions sur la sexualité, le plaisir, le thème. Et puis, des questions sur la société de nos jours. Et puis, est-ce que vous ne pensez pas que les jeunes... C'était un peu balisé comme ça. Moi j'aime beaucoup la sexo qui est représentée dans le film, et c'est aussi un problème en vrai. Elle ressemble un peu à la sexo qui est présentée dans la série Sex Education sur Netflix. on voit une femme, je trouve que c'est le même genre de femme, finalement, assez à l'aise, qui parle avec les bras, un peu grandiloquente, avec un cabinet extraordinaire. On n'a pas des cabinets comme ça. Et tu vois, je suis en train de me dire, en fait, les gens, dans la représentation audiovisuelle publique, il commence à y avoir un personnage qui se crée. Et ce n'est pas forcément ce qu'ils vont voir quand ils vont frapper nos portes. Le studio de la CXO, c'est un studio. C'est un appart, elle a un bureau, il y a des plantes partout. Il y a un lit.
- #Enora Teyssendier
Deux places.
- #Cécile Manchon
Deux places, mais qu'est-ce que ça fait là ? Il y a une scène où elle parle avec un couple qui est assis sur le lit. D'où ça sort ? ils étaient allongés même au départ ils s'assoient parce qu'il y a quelqu'un qui arrive et puis on les voit parler l'un à côté de l'autre ils font rien d'autre et du coup on voit quelqu'un qui interrompt donc non jamais il y a des propositions qu'elle fait mais non mon dieu pas du tout enfin consommer des psychédéliques il y a des choses où je me dis il y a des choses où je me dis Oula, j'aime beaucoup ce film, mais en vrai, mon métier, ce n'est pas vraiment ça. Donc, je comprends que ce soit utilisé à des fins de ressort comique pour le narratif du film. Mais il y a un petit côté en moi où je me dis, j'espère que les gens… Enfin, voilà, il faudrait presque un contre-exemple très sérieux ou dramatique qui montre un peu plus ce que c'est. Mais voilà.
- #Enora Teyssendier
C'est vrai que s'il y a un truc qui m'a gênée dans ce film, c'est la sexologue. Ça donne une image quand même un peu particulière.
- #Cécile Manchon
C'est clair que ce n'est pas simple en vrai. Il y a plus de séries où tu as des représentations qui sont plus véridiques, mais finalement, c'est des séries qui sont assez sérieuses. Il y en a une qui me vient en tête, mais je ne me souviens plus du titre. J'ai juste les images. Et donc, je la vois assise sur son siège ballon. Voilà, quoi. Mais voilà, moi, après, j'ai une affinité parce qu'en termes de personnalité, c'est des personnalités qui me parlent. Et je peux être comme ça, mais à l'extérieur de mon cabinet. Quand je suis en consultation, je suis posée, je suis calme, je suis dans l'écoute. Tu vois, c'est pas... c'est mon rôle de thérapeute et de praticienne, ce n'est pas ma personnalité de femme qui ressort. Donc, du coup, voilà. Maintenant, les questions... Il y a eu vraiment des questions autour du film sur le parcours de soins entre Cantam, le personnage principal, parce que du coup, l'histoire, si on peut la repitcher deux minutes, c'est un couple qui a... Ça fait plus de 20 ans qu'on est ensemble. ils sont plus de 40 ans et donc avec Alexandra Lamy et François Cluzet et donc les premières images du film c'est Alexandra Lamy qui est dans ce cabinet de cette sexothérapeute et qui dit du bout des lèvres je n'ai jamais joué et donc et là hop s'entraîne la mécanique du film avec comment et en fait s'entraîne cette quête de l'orgasme c'est vraiment en... tout le film, c'est ça. Et donc, le pivot dynamique et comique, c'est comment ça se vit dans son couple et donc, elle est mariée avec un homme ingénieur, hypochondriaque, qui du coup récupère cette information, que ça fait plus de 20 ans qu'il est en couple avec sa femme, qu'il pensait avoir une intimité épanouissante et que en fait, non, il n'y avait pas d'orgasme. Et donc, on ne voit pas trop le chemin de cet homme, mais en tout cas sa réflexion personnelle, mais en tout cas, lui, dans ses décisions et dans les actes qu'il met en place, il se met en mode « Trouver une solution pour ma femme qui n'a pas d'orgasme. » Et donc, il se dit « Je vais créer le sextoy qui lui permet d'accéder à cet état d'extase suite à l'excitation sexuelle. » Et du coup, il s'entraîne, lui, aussi, une quête de la création du sextoy. qui correspond au plaisir féminin. Et en fait, c'est la genèse du sextoy womanizer qui est arrivé il y a une vingtaine d'années maintenant.
- Speaker
Déjà ?
- #Enora Teyssendier
Attends, non, 2014, douzaine d'années, excuse-moi. Et donc, du coup, on suit ce chemin de cette femme et la quête de cet homme aussi, et de cette dynamique de couple, et donc de tous les échanges aussi qu'ils vont avoir avec leurs entourages, avec leurs potes et compagnie. Donc oui, j'ai eu des questions aussi sur cette histoire du plaisir féminin, de ces questions de difficultés à l'orgasme, le rapport avec les sextoys aussi, avec la place. Est-ce que ce n'est pas contre-productif ? Enfin, oui, j'ai eu tout un tas de questions là-dessus.
- Speaker
Figure-toi que moi, les sextoys, ça n'a jamais été abordé.
- #Enora Teyssendier
Ah ouais ?
- Speaker
Ou à peine, oui. Il y a eu, donc, dans le premier cinéma, on m'a demandé, par rapport à un moment donné, a été abordé un sexothérapeute, enfin, comment ça fonctionne. Dans le deuxième, pas du tout. Et après, ça a été des sujets, mais très, très, très variés autour de la sexualité. Il y a eu, dans les deux cinémas, il y a eu le sujet Évars. Soit Évars, donc l'éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle dans les établissements scolaires, mais, ou alors, commun. Quel rapport, qu'est-ce qu'on doit transmettre à nos enfants ? Qu'est-ce qu'on doit dire ou pas dire ?
- #Enora Teyssendier
Oui, ça aussi, j'ai eu.
- Speaker
Avec, d'ailleurs, je peux aller un peu plus en détail ? Vas-y. Dans un des deux, il y a une jeune qui disait que sa mère lui a parlé trop de sa sexualité à elle, à sa mère. Et que c'était très gênant et qu'elle a été aussi un peu traumatisée et qu'elle avait une haine envers les hommes. Donc ça, ça l'a desservi énormément dans sa vie. Et dans l'autre cinéma, il y a eu l'intervention d'une institutrice en maternelle, qui est plutôt en fin de carrière, mais qui avait un discours juste génial sur ce qu'il fallait aborder avec les enfants et pourquoi. Et elle, avec des enfants tout petits. Alors que souvent, dans les échanges que j'ai pu avoir, c'est plus des profs ou un site de... Plus jeune, qui était ouvert à Eva, c'est plus réfractaire, plus ils approchaient de la retraite. Là, pas du tout. Et un discours, mais au top. Elle, elle était vraiment chouette. Et puis après, plus large, on a eu le côté violence, le côté, oui, ce que tu as dit, les jeunes d'aujourd'hui. Alors là, j'ai été très marquée par ça. En fait, moi... Je me rappelle de ce qui m'a marquée, soit parce que le discours m'agace, soit parce que j'essaye de redire des choses, c'est pas tout à fait vrai, j'essaye de redire ce qui est vrai, mais j'ai peur de blesser la personne, etc. Donc ça, je m'en rappelle aussi. Et donc, ouais, dans ces discours, ah là là, mais aujourd'hui, les hommes, ils osent plus draguer, les pauvres, le consentement, ça va trop loin. Et puis les femmes... Elles portent plainte pour un oui, pour un non. Donc, ils n'osent plus rien faire aux pauvres hommes. Et ça, c'était une femme qui avait un peu plus de 60 ans. De notre époque, il n'y avait pas tout ça.
- #Enora Teyssendier
OK. Moi, le sujet de l'évarse, il est arrivé... Alors, ça m'a marquée parce que... En fait, je me rends compte depuis que je fais ce métier aussi que je ne... ce genre de film, je ne vis pas les mêmes choses que les gens. Quand je regarde ce genre de film, je ne suis pas marquée par les mêmes scènes, les mêmes propos et donc il y a des choses qui pour moi ça passe crème et il y a des gens pour qui ça va pof, ça va faire poc, ça va tilter sur les trucs. Je me suis rendue compte assez dramatiquement avec le film Le Consentement. Et du coup, là, c'était la scène... Donc, en fait, le couple Alexandre Alamy et François Puzet, ils ont une fille d'une vingtaine d'années, un peu plus, qui vient régulièrement dans l'histoire parce qu'elle est en mission de vendre leur maison. Et du coup, elle fait des visites parfois dans des situations rocambolesques parce que l'atelier, notamment... de l'âge du père est complètement en mode fabrique de sextoys donc avec plein d'exemplaires partout, enfin bref et donc du coup et du coup il y a un moment donné il y a cette scène où il y a cette jeune fille qui dit je ne sais pas ce qui se passe pour vous, mais vous allez arrêter vos conneries. Enfin, voilà, elle a vraiment ce truc où tu sens qu'elle est plus adulte que ses parents, tu vois. Elle a vraiment une posture d'adulte. Et ce truc-là, moi, je l'ai trouvé très drôle. Et en fait, je sentis qu'à chaque fois, dans la salle, ou en tout cas deux fois sur trois, il y a vraiment eu un truc de... Oh ! Ils ont choqué leur enfant. Ils ont imposé leur sexualité à leur enfant. Et du coup, dans les questions, à chaque fois, la troisième fois, c'était moins flagrant, mais j'ai senti qu'il y a eu deux premières fois où ça avait été posé question vraiment en mode... Il y a une scène très gênante dans le film et c'est ce moment-là. Et c'est parce qu'il y a ce truc de la porosité des espaces entre l'enfant et les parents. Et du coup, à moi de ramener... ce qui était de l'ordre du problématique et pas, et de l'incestuel et de l'inceste, et du coup de la solution qui était les varses. Et parce que du coup, on voit Alexandra Lamy avoir cet élan vis-à-vis de sa fille, et d'ailleurs, toi aussi, il faut que tu saches que machin, enfin, en mode, je dis ce que j'aurais aimé qu'on me dise, mais voilà, c'est pas forcément reçu comme elle le souhaitait. Mais voilà, on n'oublie pas que c'est une comédie, que c'est un film, qu'il y a des ressorts narratifs. Et que la fille vient jouer un rôle aussi là-dedans.
- Speaker
J'ai eu un autre truc quand même qui m'a marquée, qui va changer un petit peu du sujet. Il y a une personne dans la salle qui est intervenue pour dire « Moi, j'ai trouvé ce film vraiment nul. » Critique cinématographique. D'habitude, dans les échanges, on parle de la réalisation, de comment ça a été réalisé. Là, on n'en parle pas. Ce n'était pas un ciné-débat, en fait. Mais cette personne, figure-toi que c'était mon père.
- #Enora Teyssendier
Mince !
- Speaker
Et du coup, encore bon... C'était pas le sujet en fait, on n'était pas là pour parler si le film il est bien ou il est pas bien, on était là pour parler justement de la sexualité autour de ce sujet. Et en l'occurrence, moi j'ai un père qui, après ça critique et j'ai une amie qui a fait la même. Sauf qu'en échangeant, elle a compris que finalement, je vais en dire plus, que c'est pas assez poussé, que le sujet est trop en surface, que... Peut-être qu'ils s'attendent, enfin je dis ils en incluant du coup mon ami, à des sujets plus profonds où pour eux, bon, le plaisir c'est... Et prendre en considération le plaisir de l'autre, pour eux c'est juste logique en fait. Donc ils sont comme à un niveau, ils voudraient aller à un niveau après quoi. Sauf que ce que j'ai dit à l'un comme à l'autre, c'est que le... En fait, aujourd'hui, on voit bien qu'il y a énormément de femmes qui n'ont pas d'orgasme ou qui n'ont pas de plaisir dans la sexualité. Et donc, c'est le film... Oui, il touche beaucoup de personnes dans la population. Et puis après, quand j'ai expliqué un peu ce qui a pu se dire dans les échanges, notamment les hommes... les pauvres par rapport au consentement etc. mon amie tout de suite elle a dit oui en fait je vois que moi je m'attends à autre chose parce que j'ai cheminé par rapport à ma sexualité, par rapport à mon regard sur la sexualité et qu'en fait finalement pour beaucoup de gens ils n'en sont peut-être pas au même stade de cheminement que moi. Mais mon père il est incapable de comprendre ça. Et en fait, ce qui m'a gênée pour revenir sur cet échange dans le cinéma, c'est que d'autres, du coup, ont répondu. Et que lui n'écoutait plus, il était en train de discuter à côté. Et moi, en tant que quelqu'un qui anime l'échange, c'était pas évident de me positionner pour lui demander d'arrêter de parler. Puisque c'était mon père, quoi. Et que je savais pas comment... Je pense que la moitié de la salle le savait, que c'était mon père dans ce cinéma-là. Et c'était gênant pour moi. Qu'est-ce que je dis ? Je ne vais pas dire papa, tais-toi. Monsieur !
- #Enora Teyssendier
Moi, j'ai eu l'agréable surprise sur ma première salle, qui était la grosse, grosse salle. J'ai ma bande de potes avec qui je n'avais pas communiqué que je faisais ça et qui avaient vu l'info tourner. Et quand je suis entrée dans la salle, je suis arrivée à... Je suis un peu trop comme ça. J'arrive juste sur le fil, tu vois, un plan sur... Putain, j'ai galéré pour stationner et tout, en plus, machin, machin. Et je vois les six nanas. Oh non ! Et puis, surtout de venir me dire « Ouais, on vient en soutien ! » J'étais trop contente. Et j'étais contente de voir qu'elles s'étaient marrées. En plus, du coup... du coup, elle rigolait entre elles, ça mettait vraiment de l'ambiance dans la salle et ça faisait que la mayonnaise prenait vraiment et on a rigolé ensemble. Et j'ai vu des salles où le rire était un peu plus retenu et du coup, ça ne créait pas le même truc. Et là, il y a vraiment eu un truc sur le fait que le rire était déployé et donc ça colorait aussi vraiment l'échange. Je n'ai personne qui est venu discréditer le choix qui était fait, parce qu'en fait, c'est un choix. de la salle, de mettre quelqu'un qui vient parler du film ou du thème du film. Et tu vois, si c'est un ciné-débat ou si c'est la promotion du film, dans ces cas-là, tu as quelqu'un de l'équipe du film qui vient parler du film. Et là, nous, on venait parler du thème du film, on venait poursuivre une réflexion avec le film. Mais je n'ai personne qui s'est positionné là-dessus dans les échanges. J'ai pu avoir des trucs un peu, oui, malaisants, parce qu'il y avait une personne qui, clairement, elle avait profité de ma présence pour commencer à poser des questions assez personnelles pour elle. Et du coup, en fait, ça devenait gênant pour tout le monde, parce que ce n'était pas le lieu, ce n'était pas l'endroit. Et moi, je retoquais, mais en fait, la personne reprenait, Et donc, j'ai dit, ben non, on va passer à autre chose maintenant, parce que là, je vous ai donné ma réponse, je vais pas... Enfin, je l'ai reformulée deux fois, mais voilà. Donc ça, c'était un peu le côté gênant. Je sais que du coup, ce film, il a... Oui, il a un côté iceberg, dans le sens où on parle de la face émergée, et pas du côté... immergé, c'est-à-dire que là on parlait de l'absence de plaisir ou d'orgasme mais le vrai problème c'est le trouble du désir chez la femme et donc je pense que ce film-là va peut-être plus être utilisé pour les femmes pour parler de leur difficulté à avoir du désir ou avoir de l'envie mais c'est pas encore fait, c'est un film c'est une comédie, c'est pas un documentaire ça peut pas être quelque chose de on peut pas lui demander de fournir du contenu hyper étayé non plus, c'est pas son rôle.
- Speaker
Ouais, je pense la même chose que toi, et ce que je me suis dit, c'est que ce sujet, il n'est pas beaucoup sorti, voire pas du tout. À ce moment-là, j'ai questionné le... le... mince, comment on dit ? Celui qui... le projectionniste. Et je lui ai demandé, vu qu'il s'y connaît bien plus que moi en film, je lui ai dit est-ce qu'il y a... toi, ta connaissance, il y en a d'autres des films qui traitent ce sujet-là ? Et il m'a dit que lui, il ne voyait pas quel autre film traitait concrètement le problème d'avoir un orgasme pour une femme. Et puis donc, j'ai dit, c'est un sujet où enfin on en parle. Il fait rire les salles. Peut-être que oui, mon père n'a pas rigolé. Mais bon, voilà, c'est son côté... un télo pour ne dire que ça. Après, lui, il animait des ciné-débats. Donc, il reste dans son truc, dans sa vision. Mais en tout cas, le film aborde un sujet qui a jamais ou très rarement été abordé. Il fait rire. En général, les salles rigolent. Pour moi, il a fait le job. Et en plus, ce qui est dans le film, en tant que sexologue, mon regard en tant que sexologue, c'est que c'est pas déconnant. Oui, j'ai pu dire que j'étais gênée par la sexothérapeute du film, mais j'ai pu parler des stats, mais en soi, le film, je le trouve bien. Il aborde, enfin, voilà, s'il y a des problématiques concrètes. Non, moi, je l'ai trouvé bien. Et perso, je me suis marrée. Et par rapport à ce que tu disais, dans les deux salles, ça a bien rigolé, vraiment. Et moi, dans la deuxième, la deuxième fois, j'anticipais, je rigolais en amont.
- #Enora Teyssendier
Et je trouve que le fait que ça rie, que ça déploie, ça met dans une humeur qui est complètement favorable à l'après, et c'était facilitant. Et en vrai, ce film, oui, on rigole, mais dans le fond, ce qui est dit, comme tu dis, c'est très, très cohérent, parce que finalement, on observe les transmissions familiales par rapport au plaisir féminin et le fait de s'autoriser à avoir du plaisir, la dynamique de couple, le côté des fantasmes, le rapport à son propre corps, connaître son propre corps, et l'auto-érotisme. Voilà, mais du coup, c'est très, très cohérent. C'est vraiment des piliers qu'on va explorer dans le contenu en séance. Donc, je n'ai rien à dire par rapport à ça. Que ce soit narrativement amplifié, déformé, pour pouvoir créer du rire ou des situations cocasses, très bien, ça fait un bon film qui va être vu et recommandé. Donc, c'est génial. Le film fait un super job. Pour nous, c'est un super job. Moi, ça m'est arrivé de dire « Va voir ce film-là avec une pote. »
- #Cécile Manchon
Ouais, et puis... Donc, le deuxième, il y avait des élèves de la formation qui étaient là parce que c'était pendant le présentiel de la formation.
- #Enora Teyssendier
OK.
- #Cécile Manchon
Et il y en a une qui l'a sorti sur sa copie. Je n'y avais pas du tout pensé de recommander. c'était un cas concret pour l'évaluation de fin d'année et elle a mis recommandé d'aller voir le film pour le plaisir et d'ailleurs tu parlais de copines qui étaient venues te soutenir moi le premier en fait je savais qu'il y avait de les avoir plus de monde que j'allais connaître dans le deuxième qui est plus mon village du coup et dans le deuxième dans la... Le premier, j'étais en panique. Je ne connaissais pas la personne qui gérait le cinéma. Je ne connaissais personne qui allait venir au film. Ça m'astressait toute la journée. Ce n'est pas le genre d'exercice facile pour moi d'animer un échange. Et au final, ma mère, qui rentrait d'un salon d'une autre ville, elle a fait un détour pour venir à ce cinéma-là. Elle arrivait pile à l'heure pour me soutenir parce que j'étais trop en stress. Mon père voulait venir, mais il a... Au niveau médical, il n'a pas pu. Et au final, peut-être que c'est aussi bien que ce soit ma mère. Et puis le deuxième, j'ai eu toute ma famille. Ma mère est revenue. Mon père, donc ils sont séparés. Ma belle-mère qui est aussi séparée, mais qui est amie avec ma mère. Donc il y a eu eux, il y a eu des élèves. Il y a eu...
- #Enora Teyssendier
Oui, donc tu avais amené du client.
- #Cécile Manchon
Un peu, mais même sans chercher plus que ça. Il y avait mon premier directeur. Et avec sa compagne avec qui j'échange régulièrement. Et puis après, quelques potes. Donc voilà, il y avait du monde connu dans cette deuxième projection. Ce qui ne rend pas forcément les choses plus faciles pour moi. Pour l'échange, voilà. Mais non, c'était sympa.
- #Enora Teyssendier
Le côté exercice pas facile, c'est vrai que c'est... Il y a un côté, en fait, sans filet, parce que tu ne sais pas ce qui va sortir de la salle, etc. Et en fait, moi, je me suis rendu compte que c'était quelque chose que j'avais pu muscler avec deux autres situations. J'ai fait des émissions de radio où, du coup, l'émission dure une heure, mais en vrai, t'es diffusée peut-être 4 fois 10 minutes parce que t'as tellement d'autres choses qui se passent. et du coup tu viens sur un thème mais en fait les questions sont rarement écrites avant et mes réponses du coup globalement non on échange, on se dit ok pour un angle en tout cas pour moi à chaque fois que c'était passé comme ça je pense que c'est lié aussi à l'animateur et à ce qu'on nous demandait mais du coup j'avais jamais les questions précises je savais sur quel angle on allait travailler et c'était tout. Et du coup, tu dois sortir quelque chose devant un micro qui soit cohérent, sans sortir de blanc et avec des références, avec quelque chose. Donc ça, ça s'est apparenté. Et j'avais animé aussi plusieurs espaces de type apéro-sexo. Et du coup, les gens venaient poser leurs questions anonymes sur un petit papier dans une sexo-box. Et du coup, Du coup, j'animais une première partie où je donnais des news un peu sur les infos, l'actualité de la sexo qui ne passe pas aux infos, mais qui sort quand même tous les mois. Et puis, il y avait une deuxième partie où je sortais les petits papiers et puis du coup, on répondait ensemble. Généralement, il y a toujours une partie des papiers. Il y a des questions qui se ressentent, donc tu fais des groupes, puis tu parles des sujets qui abordent, qui viennent. Tu échanges aussi avec les gens qui sont là, parce que c'est leur question, et puis ils échangent entre eux aussi. Donc, je n'avais plus déjà exercé ce truc-là, mais c'est vrai que c'est un exercice qui n'est pas facile de s'exposer comme ça à un échantillon de population. Tu ne sais pas qui est toujours présent dans la salle, si c'est des gens qui sont bienveillants ou pas. qui ont déjà un avis sur la question ou pas, quel type d'éducation ils ont sur le sujet ou pas. Et il y a un exercice de vulnérabilité où en fait, tu te présentes et on voit ce qui se présente en face, comment c'est accueilli et est-ce que la mayonnaise prend.
- Speaker
De mon côté, je ne crains pas trop des sujets abordés ou quoi, parce que je n'ai vraiment pas de difficulté à dire là, je ne sais pas répondre. Mais par contre, là où mon gros stress, c'est j'ai peur de blesser en face. Et justement, ce que je disais tout à l'heure, s'il y a quelque chose qui est dit, mais qui n'est pas tout à fait vrai, voire pas vrai, rétablir une vérité sans blesser. Et ça, pour moi, c'est très stressant, en fait. J'ai toujours peur. que la personne en face le prenne mal, même si j'essaye de prendre toutes les pincettes du monde. Donc voilà, moi, c'est vraiment ça qui vient me challenger.
- #Enora Teyssendier
Oui, je comprends ce que tu veux dire, parce qu'en fait, personnellement, pour moi, le pire cas de figure, c'est des gens qui vont... un peu comme la femme que tu as eue qui a pris la parole en disant « pauvres hommes » . On ne les laisse plus agresser les femmes tranquillement. Et alors ça, pour moi, c'est compliqué. Parce que j'entends qu'elle a une partie de l'info, mais que son avis est forgé de plein de trucs. Et que c'est compliqué. Ce n'est pas un contexte qui est favorable pour avoir une discussion. Ce n'est pas un one-to-one. Tu te rends compte dans un événement, on discute avec quelqu'un, et puis il y a quelqu'un qui te dit « Tiens, tu ne penses pas que c'est un peu trop là, quand même, ce qui se passe dans la société ? » Tous les hommes se retrouvent accusés, etc. Et puis les pauvres, ils ne peuvent plus draguer comme ils veulent. Et typiquement, on se rend compte, on est dans cette situation-là. Je vais enclencher une conversation, un débat. Mais là, quelqu'un qui est niché dans une petite assemblée, Et moi qui suis en bas, avec un micro ou pas, mais qui est référencé entre guillemets comme le sachant, je suis assez d'accord. C'est un exercice qui est un peu délicat à poser. Et là, parce que je sais que ma spontanéité, il faut vraiment que je l'abride. Parce que spontanément, je serais capable de dire ce que j'ai dit tout de suite. Ils ne peuvent pas agresser les femmes comme ils veulent, c'est dommage. Clairement, tu ne peux pas dire ça dans ce genre de situation parce que un, tu te flingues, et puis l'idée, ce n'est pas de se mettre la salade au dos. L'idée, ce n'est pas non plus d'humilier la personne qui vient de prendre la parole. Et donc, il y a un truc de pédagogie à avoir parce qu'il y a un regard à éduquer. Il y a toujours un truc du... Oui, je suis d'accord, il y a quelque chose qui se passe, il y a un mouvement qui se passe, les choses sont en train d'évoluer, tout le monde est en train de remettre en place des nouveaux codes. Cette question, je l'ai eue en fait, maintenant que tu es en train de parler, pas de la même façon, pas aussi vindicative, mais elle a été abordée dans les cinémas. Et ce que je me revois être dans cette posture, de dire oui, les choses bougent, à la fois pour les hommes et pour les femmes aussi. Et que du coup, cette histoire de la séduction, de la drague, les codes sont en train de changer. Les nouvelles générations ne fonctionnent plus de la même façon. Il y a d'autres attentes et c'est plutôt simple, c'est plutôt bon. Et je crois que j'ai fait une bascule en disant, par contre, il y a une grande éducation sur ce que c'est la limite. Et ça, on doit l'éduquer et à nos garçons et à nos filles. Et c'est là qu'on est reparti après sur l'éducation via affective relationnelle et sexuelle. Donc, tu vois ?
- Speaker
Elle, elle avait...
- #Enora Teyssendier
Mais je suis d'accord. Pour moi, c'est ces situations-là qui sont plus challengeantes.
- Speaker
Elle, elle avait... tout un discours de à mon époque, à notre époque, on était plus libre, plus libre. Et même en tant que femme et tout ça. Et donc, elle, elle disait qu'en gros, c'était mieux, même en tant que femme, à son époque.
- #Enora Teyssendier
Et c'est quelque chose que je peux entendre, vraiment. Mais c'est pas comparable en vrai. Je pense que j'aurais une question de ce style-là, parce que... Probablement que la liberté qu'elle fait référence à ce qu'elle a vécu au moment des années 70. Et effectivement, il pouvait y avoir un vrai souffle de sentiment de liberté parce que...
- Speaker
Je ne sais pas. Elle était de 64 ou par là.
- #Enora Teyssendier
D'accord. Donc, ce n'était pas les années 70. C'était plutôt 80. Un peu après,
- Speaker
oui. Mais il y avait ma mère qui était de la même... de la même génération qui a un peu intervenu pour dire que c'était... Elle, elle a donné aussi son regard qui n'était pas aussi tranché qu'elle. Oui,
- #Enora Teyssendier
mais c'est particulier parce que tu vois, dans ce point de vue-là, tu as du ressenti personnel et tu ne sais pas c'était quoi sa vie, elle finalement, en tant que femme à ce moment-là, dans quel univers elle a grandi pour pouvoir avoir vécu, ressenti ce sentiment de liberté. Bon, bah écoute, tant mieux. et en même temps, c'est des moments de fort militantisme pour nous. Je pense que le militantisme change, il évolue et c'est bien. Maintenant, être dans un truc où il faut défendre les hommes à tout prix et puis arrêter de leur taper dessus, non, là, il faut établir quelque chose de plus juste.
- Speaker
Et tu vois, ce qui était drôle, Ce que je remarque, c'est que dans cette même ville, j'ai fait un genre de café sexo. Et à un moment donné, ce sujet-là était là, dans le même genre. Pauvres hommes et tout ça, puis les femmes en même temps, bon, maintenant sur les réseaux, elles se montent à moitié à poil, donc c'est normal et tout. Et tandis que dans le cinéma, le deuxième où je suis intervenue, où il y avait un peu plus de monde... là où je me réinstalle, eh bien, ce sujet n'a pas du tout été abordé. C'était vraiment un tout autre. Et je pense que ça montre aussi la population de... C'est un peu plus représentatif de la population qui vit dans ce village. Oui,
- #Enora Teyssendier
oui. Mais c'est un pur produit de la culture du viol, cette femme-là. Tout le courant de pensée du... Les filles, elles ne sont plus dévêtues. donc finalement, elles le cherchent, enfin, elles ont plus de liberté, enfin, tout ça, c'est une culture où c'est difficile, là, finalement, d'aller bouger quelque chose, quoi. Mais avoir une posture où balancer des opinions, moi, je trouve ça culotté, quand même, mais en fait, je pense que je le ferais pas. d'aller dans un cinéma et puis d'aller prendre la parole et de balancer des opinions comme ça sur les comportements actuels de société. Je ne sais pas quelque chose que je ferais, donc je trouve ça culotté. Je ne sais pas ce que cherchent les gens qui font ça, s'ils cherchent à être validés dans leur processus de pensée ou s'ils cherchent un regard de quelqu'un qui leur dise qu'ils ont raison. Je ne sais pas.
- Speaker
Ouais. En tout cas, ça, ça fait partie de ce qui m'a marquée quand même dans ces échanges.
- #Enora Teyssendier
Oui, tu m'étonnes.
- Speaker
Est-ce qu'il y a un dernier truc que tu souhaites aborder par rapport à ces échanges autour du film pour le plaisir ?
- #Enora Teyssendier
Mon seul regret, moi, par rapport à ce film, et c'est quelque chose qu'on touche du doigt un petit peu au début et un petit peu à la fin, c'est le vécu de l'homme. Et tu vois, ça fait quoi pour lui ? ça renvoie quoi pour lui cette histoire d'avoir vécu l'intimité qu'il pensait satisfaisante et qu'il découvre 20 ans plus tard que sa femme n'a pas eu d'orgasme j'ai eu des questions à ce sujet d'ailleurs génial on
- Speaker
m'a demandé et de façon plus large on m'a demandé est-ce que j'ai accompagné au final qui vient le plus dans mes consultes homme ou femme Est-ce qu'il y en a qui viennent comme eux ou l'homme il est vraiment impliqué ?
- #Enora Teyssendier
Et justement, en plus, j'ai eu un couple qui est venu où lui, il découvrait que ça faisait 20 ans qu'elle n'avait pas de désir. Pareil, on était sur la même tranche. C'est marrant. Mais elle, elle avait un orgasme à chaque fois. Donc, il y a le côté où encore, il avait l'impression qu'elle lui avait menti pendant 20 ans. Elle se forçait. Elle arrive quand même à avoir un orgasme. Donc, du coup, pour lui, il y a le côté encore plus incompréhensible. Et ce côté où, en fait, moi, du coup, c'est hors de question que tu te forces. En fait, je n'ai pas envie de faire l'amour à quelqu'un qui se force, mais découvrir qu'il était, du coup, sans le vouloir, dans cette position-là pendant 20 ans parce qu'elle se forçait. Et du coup, ce sujet a été abordé. Ils étaient intrigués de savoir si ceux qui venaient en consultation étaient vraiment dans cette démarche. Comme dans le film, il y a eu la question autour de comment il le vit. Et puis il y en a qui ont soulevé que c'était chouette de voir qu'il y a un homme qui est présent. pour sa femme, en fait, et qui cherche à trouver des solutions avec elle.
- Speaker
Oui, ça pourrait presque faire l'objet d'une suite, enfin, ou j'en sais rien, ou d'un autre volet, mais il manque une partie de l'histoire, quoi. On le voit devenir proactif, etc., mais on devine... Il y a moins d'éléments de réflexion, finalement, sur ce qui se passe pour lui.
- #Enora Teyssendier
Mais tu vois, j'avais eu tout un échange quand même avec une amie en amont de ce film, qui justement, c'était suite à une discussion par rapport au couple que je viens d'aborder. Ouais, mais moi, je n'arrive pas à plaindre les hommes qu'elle me disait. Et donc, on avait vraiment échangé autour de tout ça. En fait, leurs émotions, là, tu apprends que ça fait 20 ans que... que tu crois quelque chose et que c'est pas vrai, son émotion, elle a aussi sa place.
- Speaker
C'est clair. Et puis, il se passe quelque chose. Moi, j'avais... Tu parlais de ton instinct de maternelle qui avait pris la parole. J'ai une infirmière qui avait pris la parole. Je me souviens plus dans quel service elle exerce, mais elle me disait qu'elle était très contente de voir ce film-là parce que toute sa carrière, finalement, elle a... Elle a été dans de l'éducation à la sexualité des jeunes filles, des femmes, et des femmes plus avancées, plus mûres, quoi, et que c'est répété pendant des années. Elle devait être en fin de carrière. Là, tu vois, de mémoire, elle a encore quelques années à travailler, mais du coup, elle était très contente que ce film-là arrive, parce qu'il balance quand même pas mal de notions qui sont justes. Et j'avais une femme, sur la dernière intervention, je te disais, c'est une salle plus petite avec une moyenne d'âge plus âgée, qui a pris la parole et qui a dit « Oui, alors du coup, moi, j'ai 70 ans, et je voulais vous dire que la sexualité, c'est quelque chose qui évolue tout au long de la vie et qu'il y a des moments bien, il y a des moments bien, et à chaque fois, on réinvente, etc. » Et en fait, elle venait partager son parcours et avec le qu'il fallait de pudeur et de sensibilité, mais de dire qu'il n'y avait pas d'âge, qu'il y avait toujours une exploration qui était possible, il y avait toujours de nouvelles découvertes qui se faisaient, il y avait toujours de nouvelles sensations qui se mettaient en place, et une nouvelle complicité, et qu'il y avait quelque chose qui continuait de s'explorer quand on restait avec le même partenaire. Et donc du coup, je trouvais ça très très chouette finalement, il y a eu des personnes, j'ai eu comme ça quelques personnes qui se sont autorisées à... prendre la parole et puis à témoigner de leur parcours individuel et j'ai eu à chaque fois des personnes que j'avais eues en consultation que je ne savais pas qu'ils seraient là et qui étaient dans la salle et il y en a une, elle m'avait sauvé la mise parce que je ne sais plus je crois que c'était dans la deuxième salle l'échange ne prenait pas et puis elle promit Merci. et puis elle dit, je ne sais pas si vous vous souvenez de moi, parce qu'à un moment, on ne s'était pas vus. Il m'a dit, mais vous m'avez accompagnée et je vous remercie toujours aujourd'hui quand je suis avec vous. Et je dis là, tu vois, j'avais la lumière, je ne voyais pas très bien. Elle avait changé de couleur de cheveux. Enfin, tu sais, je dis, oh, mais bravo, mais oui, mais bien. Je suis contente de savoir que ça va bien. Et du coup, ça a détendu un peu le truc et ça avait embrayé après sur autre chose. Et dans la première salle où j'étais allée, il y avait une cliente. qui vient me voir à la fin, qui me sert la main. « Ah, Cécile, ça fait trop plaisir de vous voir. » Je suis venue avec des copines. Je dis « Tu n'es pas venue. » Je les voyais en couple. Elle me dit « Non, non, mais je reviens avec lui. » « C'est sûr, il y a des trucs qu'il faut qu'il en fasse. » C'est un couple que je ne vois plus parce que c'est bon, les choses sont lancées. Je trouvais ça chouette aussi de revoir un autre contact, un autre moment hors-contre. contexte du cabinet, c'était agréable aussi.
- #Enora Teyssendier
Trop bien. Et puis chouette qu'elle prenne la parole en plus pour dire qu'elle a été accompagnée.
- Speaker
Oui. Après, c'est une femme, très clairement, elle le regarde de l'autre, elle n'en a rien à carrer. Donc, en tout cas, elle était venue avec sa fille. Et c'était sa fille qui voulait l'amener voir le film. Et donc... Je crois que c'est la seule situation où ça s'est présenté. Mais tu vois, je la vois avec le micro et puis qu'il me dit, tu vois, je suis venue avec ma fille. Tu vois ? Enfin, voilà. Et c'était son ado qui lui avait dit, mais si, maman, viens voir. Et du coup, elle a découvert une fois sur place qu'il y avait un échange après la séance et que l'échange après la séance, c'était moi. Donc, il y avait plein de choses qui n'étaient pas du tout préméditées. Et donc, enfin, c'était... Non, non, c'était très, très chouette, quoi.
- #Enora Teyssendier
Trop bien. Je pense que là, en termes de timing, on n'est pas mal.
- Speaker
Je ne sais pas ce qu'on va faire.
- #Enora Teyssendier
C'est bon pour toi qu'on s'arrête là ?
- Speaker
Merci beaucoup pour la proposition, Edora.
- #Enora Teyssendier
Et puis, petit teasing, il y aura bientôt un épisode qui va sortir à nouveau, toutes les deux, sur comment on accompagne quand quelqu'un a du vaginisme.
- Speaker
Tout à fait.
- #Enora Teyssendier
Je n'ai pas encore la date. Ah, et puis autre petite pub, si jamais il y en a qui écoutent et qui sont en Corrèze, eh bien on va refaire un ciné-échange dans le même cinéma, dans un des deux, celui de Neuvik, donc celui où il y a le projectionniste qui est à fond pour que ça parle plus autour de la sexualité, etc. Et donc, il m'a proposé, alors je n'ai pas encore la date, mais en juillet, il va y avoir à nouveau un ciné-échange autour de ce film.
- Speaker
Super.
- #Enora Teyssendier
Allez, merci Cécile pour ce temps d'échange. Et puis, je vous dis à tout bientôt.
- Speaker
Salut.