- #Enora Teyssendier
Yes. Donc aujourd'hui, on se retrouve avec un épisode comme les autres avec toi où on échange, on parle de nos manières d'accompagner. Et donc on va parler aujourd'hui du vaginisme. Donc le vaginisme, je commence pour dire un petit peu ce que c'est. Ça te va ?
- #Cécile Manchon
J'en suis, ouais.
- #Enora Teyssendier
Donc le vaginisme, en fait, ça correspond à une contraction involontaire et réflexe des muscles du plancher pelvien, qui peuvent être autour du vagin et qui vont empêcher ou rendre difficile la pénétration. Et c'est donc du coup un mouvement qui est automatique du corps, qui réflexe. Le vaginisme, c'est clair ? Ça te semble clair ? Comment j'ai expliqué ? Oui,
- #Cécile Manchon
alors moi, j'espère que c'est clair pour les gens. Oui, oui.
- #Enora Teyssendier
Et puis après, le vaginisme, il peut être de différentes manières. Il peut être partiel, c'est-à-dire la contraction fait telle que, par exemple, un pénis ne pourrait pas passer, mais un tampon pourrait passer. Ou alors, elle peut être généralisée, c'est-à-dire qu'absolument rien ne peut rentrer dans le vagin tellement les muscles se contractent. Et ça peut être aussi situationnel, donc en fonction des conditions, en fonction du partenaire, en fonction de position, cette contraction va avoir lieu ou pas. Est-ce que déjà tu as quelque chose à rajouter sur la définition, sur l'explication de ce que c'est ?
- #Cécile Manchon
Oui, ça peut être quelque chose qui se présente dès le début de la vie intime. Moi, je peux avoir des femmes qui le rencontrent dès la puberté, au moment où généralement elles essayent le tampon ou la cup, d'introduire quelque chose à l'intérieur du vagin, et elles se rendent compte que c'est très compliqué et douloureux. Et donc, tout de suite, elles passent sur d'autres modes de protection. Mais ça commence à générer aussi une appréhension de l'acte sexuel. Ou alors, ça peut... Aussi arriver au cours de la vie suite à un événement généralement ou à une étape importante qui fait que la sexualité pénétrative pouvait être tout à fait, en tout cas sans difficulté auparavant. Et puis à partir d'un événement, ça va devenir problématique avec un vaginisme qui se met en place.
- #Enora Teyssendier
Exact. Ce que je rajouterais aussi, c'est que c'est bien plus fréquent que ce qu'on imagine. que les personnes qui vivent ça ont souvent une errance de diagnostic ou du moins d'accompagnement dans leur parcours. Parce qu'à la rigueur, un gynéco a pu leur dire que c'est un vaginisme. Mais après, pour autant, on n'a pas orienté sur un professionnel qui a les compétences pour l'accompagner. Je crois qu'au niveau des statistiques, c'est ça, c'est le cas. Mais je ne sais pas si toi, les personnes qui viennent te voir, souvent c'est... depuis longtemps ?
- #Cécile Manchon
Je trouve que maintenant, il y a quand même un changement avec l'information internet et les réseaux sociaux où il y a quand même de plus en plus de nanas, tu vois, sur TikTok ou sur Instagram qui peuvent prendre la parole sur le sujet et qui vulgarisent certaines choses. Donc, moi, ce que je vois, c'est que les nanas, une fois qu'on leur dit le mot, qu'elles l'ont entendu la première fois ou alors qu'elles ont cherché et qu'elles l'ont vu, elles vont pouvoir commencer à faire des recherches, comme ça, à explorer autour. Pour autant, le passage à l'acte, dans le sens enclencher une démarche d'accompagnement, elle reste souvent difficile parce qu'elle est accompagnée d'un sentiment de honte, de culpabilité. Il y a quelque chose de... Ouais, de souvent... C'est compliqué, quoi. C'est compliqué. Je vois bien, c'est des premiers rendez-vous où les filles sont toutes tendues, toutes serrées. Elles ont beaucoup d'appréhension. C'est des premiers rendez-vous où souvent, il y a beaucoup de pédagogie aussi et on dédramatise. Et puis, moi, j'explique le plan d'action. Donc, finalement, les choses se détendent. Puis, on commence à explorer et à parler. Et à parler pas que de sexualité. Donc, du coup, ça aide et ça facilite. Parce que du coup, souvent, c'est des sujets sur lesquels... Elles ne sont pas forcément très à l'aise. Moi, j'ai beaucoup plus de filles qui viennent me consulter et qui ont un vaginisme primaire. Elles ont toujours connu cette difficulté-là. rarement accompagné des personnes où ça s'est déclaré au cours de leur vie. Ça m'est arrivé une fois, après un accouchement traumatique. Mais la majorité des femmes qui j'accompagne, c'est des filles qui l'ont connue, qui ont toujours vécu ça. Mais du coup, tout le temps où elles ont été dans cette errance-là, elles ont cultivé et fait grandir les croyances de « c'est pas possible, ça va pas rentrer, je suis trop petite » . Enfin voilà, elles sont habituées à grandir avec ça. et elles ont... C'est pas facile. Du coup, la sexualité, c'est un sujet sur lequel elles se sentent pas à l'aise parce qu'elles se sentent pas compétentes. Elles ont pas l'impression de vraiment faire l'amour. Et alors, venir en parler en sexothérapie, pah ! Donc, ouais, voilà. C'est pas si simple. Mais une fois que ça s'est passé, c'est déjà un gros, gros... Un gros, gros frein qui tombe.
- #Enora Teyssendier
Ouais. Et puis... Concernant les causes possibles, justement, tout à l'heure, tu parlais en aparté de quelque chose qui me semble aussi tout à fait important à rappeler. Certaines personnes pensent que ça doit venir d'un abus, d'un viol. Et certaines vont dire, je ne m'en rappelle pas, mais ça doit être ça. Oui,
- #Cécile Manchon
parce qu'il y a aussi beaucoup d'informations maintenant qui circulent sur tout ce qui est amnésie traumatique, sur... Et puis aussi, on a des approches thérapeutiques qui peuvent permettre d'aller sur des vécus au-delà de notre mémoire, finalement, par la mémoire corporelle, etc. Et donc, elles vont pouvoir rencontrer des énergéticiens ou des gens qui vont avoir des pratiques thérapeutiques un peu différentes comme ça et qui vont dire « Vous avez certainement vécu » . Du coup, ça rajoute des peurs et des fantasmes et des trucs pas faciles. Oui,
- #Enora Teyssendier
qui fait que ça peut être d'autant plus difficile de passer le cas du cabinet parce qu'elles ont peur de venir aussi se rappeler d'un événement passé comme ça.
- #Cécile Manchon
Tout à fait. Et moi, j'ai eu aussi des femmes qui venaient là en me disant, moi, maintenant, il me faut la vérité. Il me faut la vérité et de leur dire, mais en fait, moi, je peux vous soigner, mais si ça se trouve, je n'aurai jamais la réponse à votre question.
- #Enora Teyssendier
Moi j'ai eu une personne, alors la pénétration était possible, on était plus sur de la dyspareunie, mais c'est par rapport à ce sujet là, il me faut la vérité. Donc dyspareunie c'est des douleurs à la pénétration, et la pénétration elle était possible. Et donc on a commencé, elle pensait avoir vécu des choses traumatiques, et donc avec ma manière d'accompagner, on peut accompagner. sans chercher à aller voir ce qui s'est passé puisque comme tu as dit le corps lui se rappelle les émotions sont là le corps peut avoir des tensions etc donc on peut passer par le corps et l'émotionnel sans se souvenir et elle elle a voulu absolument se souvenir et elle a été voir quelqu'un qui fait de l'hypnose et il y a tout qui est revenu sauf qu'après elle m'a appelé en pleurs m'a dit ben voilà maintenant enfin en gros elle avait tous les symptômes de stress post-traumatique hyper élevé, à sentir sale, à se frotter pendant des heures et ne pas réussir à enlever cette sensation d'être sale, à prendre 10 000 douches dans la journée, etc. Parce que ça a été trop d'un coup pour le corps. Trop brutal, oui. On a pu accompagner la suite.
- #Cécile Manchon
Oui, et puis ces amnésies, quand elles existent, elles ont un sens. Enfin, si le psychisme, il est là, c'est qu'il protège.
- #Enora Teyssendier
C'est clair.
- #Cécile Manchon
Donc, du coup, moi, j'ai très souvent l'impression de dire, le vaginisme, c'est un symptôme. C'est multifactoriel. Je dis, à chaque nana, à chaque femme que je rencontre, il y a ça qui se passe dans votre corps, c'est votre poids commun, mais à chaque fois, c'est une histoire différente, c'est des racines. Ça peut se ressembler, on peut avoir des corrélations, il y a des profils, c'est clair. Mais c'est jamais complètement pareil, parce que chaque personne est individuelle et unique, finalement. Et donc, du coup, je dis par contre, on va accompagner le symptôme. On va accompagner, que ce soit au niveau du corps, au niveau émotionnel et au niveau psychique. Et puis, progressivement, vous allez voir, en 4-6 mois, ça va rentrer dans l'ordre, finalement.
- #Enora Teyssendier
Ouais, ben justement.
- #Cécile Manchon
C'est beaucoup de réassurance, quoi.
- #Enora Teyssendier
Comment ?
- #Cécile Manchon
C'est beaucoup de réassurance.
- #Enora Teyssendier
Oui, alors justement pour les causes possibles, tu disais c'est multifactoriel, on est d'accord. Tu en as abordé quelques-unes, donc des fois un problème au niveau de l'éducation sexuelle, des idées qu'on se fait, justement des croyances qui vont du coup naître, de la peur, la peur peut-être de la douleur, la peur peut-être de ne pas être, tu as déjà abordé ce sujet-là, de ne pas être une femme ou pas une vraie femme. Il y a pu avoir la première pénétration qui a été douloureuse. Il y a pu avoir des traumas, des violences sexuelles aussi. Des examens médicaux aussi qui ont pu être traumatiques.
- #Cécile Manchon
Oui, c'est souvent ça. Enfin, je peux avoir des trucs comme ça où les gens sont surpris.
- #Enora Teyssendier
Des douleurs chroniques aussi. Et puis le facteur relationnel, ça peut jouer pas mal. Je pense à une personne que j'ai accompagnée. Son copain était vraiment dysfonctionnant en fait. Et il n'aidait pas du tout, mais alors pas du tout. Et donc en fin de compte, l'accompagnement, il a été long en fait, enfin long. Vu toute la transformation de cette femme, c'était pas si long. Mais au final, ça a été, on va dire, un an et demi, deux ans. Avant, parce qu'elle venait pour du vaginisme. Avant qu'elle puisse avoir un rapport sexuel avec la pénétration, un an et demi, deux ans. En attendant, elle a pris une confiance en elle énorme. Elle a changé de boulot. Elle a pu s'affirmer au travail. Elle a pu se faire des amis. Bon. Et pour le vaginisme... Moi, je me disais, de toute façon, tant qu'elle sera avec ce mec, ça ne marchera pas. Il y a eu la séparation avec ce mec. Apprendre à vivre seule. Contrer ses angoisses par rapport à différentes choses dans le fait de vivre seule. Ils se sont remis ensemble. Et ensuite, ils se sont séparés. Là, elle a commencé à s'épanouir. Elle a rencontré des mecs sur Tinder et avec un mec sur Tinder. Voilà, pas une relation sérieuse, vraiment. C'était... Eh bien, elle a... pu avoir une relation sexuelle avec une pénétration. Mais voilà, avec quelqu'un qui tient la route, en fait, et bienveillant, etc. Donc voilà, ça aurait pu être avant ses deux ans. En fait, le vaginisme en soi, c'était pas deux ans, mais tant qu'elle était avec ce mec, de toute façon, ça risquait d'être compliqué, quoi.
- #Cécile Manchon
Ouais, ouais. Moi, j'ai un... Je me rends compte que j'ai un profil de consultante sur cette question qui émerge. Elles commencent à toutes se ressembler, c'est marrant. Et donc, je peux raconter leur histoire, peut-être qu'il y en a qui vont se reconnaître. C'est des femmes hyper pointues, tu vois. Elles sont au fait de tout. Elles ont plutôt un profil anxieuse assez contrôlante. Elles vont... issus d'une famille où la sexualité n'était pas parlée. Donc, il n'y avait pas forcément de mauvaises choses qui étaient véhiculées sur la sexualité, mais par contre, il y avait une forme de tabou ou de silence sur le sujet. Et un choix qui était fait assez spontanément à l'adolescence de ne pas s'y intéresser. Plutôt un profil, finalement, de fille bonne élève, assez sage, et qui, du coup, après, ont rencontré... peut-être un partenaire avec qui ça ne s'est pas forcément bien passé. Elles n'ont eu pas de problème à rester célibataires plus ou moins longtemps. Quand je dis plus ou moins longtemps, c'est l'histoire de quelques mois. Et elles ont rencontré leur partenaire avec qui elles sont toujours depuis des années. Ils ont développé une relation épanouie. Ils sont au taquet. Ils ont une belle harmonie de couple. Ils ont une intimité, une sexualité sans pénétration. Et donc... Vraiment avec un partenaire qui est très à l'écoute. Et en fait, c'est le projet bébé. C'est le projet bébé qui les amène, qui les pousse à consulter parce que finalement, elles ont réussi à créer une vie de couple qui leur correspond avec un partenaire qui ne vient pas se plaindre ou qui va faire du pressing là-dessus. Donc du coup, souvent, c'est le projet bébé qui pousse à... à faire le premier pas.
- #Enora Teyssendier
Oui, que moi, la dernière que j'accompagnais, elle est restée célibataire, en gros, jusqu'à ses 37 ans, quelque chose comme ça, parce qu'elle savait qu'elle avait, entre guillemets, ce problème. Enfin, c'est ce qu'elle, elle disait. Selon elle, elle avait ce problème, donc elle ne pouvait pas rencontrer d'hommes, quoi.
- #Cécile Manchon
Elle s'était empêchée la vie affective de couple ?
- #Enora Teyssendier
Oui. Mais elle s'épanouissait dans son travail. Elle avançait, elle, de son côté. Oui,
- #Cécile Manchon
elle a équilibré sa vie sans cette sphère-là.
- #Enora Teyssendier
Mais jusqu'à ce que ça lui tombe dessus, qu'elle rencontre quelqu'un.
- #Cécile Manchon
Génial.
- #Enora Teyssendier
Panique à bord. Et cette personne avait 20 ans de plus qu'elle. Et en fait, elle m'a dit, ce qui m'a poussée à prendre rendez-vous, c'est quand je me suis rendue compte que j'assumais plus la différence d'âge que le fait de que la pénétration ne sera pas possible, qu'elle avait plus de difficultés avec ce sujet qu'avec la différence d'âge et donc elle a pris rendez-vous.
- #Cécile Manchon
Ah tu vois les déclics de passage à l'acte ils sont différents.
- #Enora Teyssendier
Ouais et au final donc ils se fréquentaient et voilà ils se fréquentaient et... En fait, il ne se passait rien tant qu'il n'avait pas fini toute la procédure de divorce qu'il avait avec son ex-femme. Mais elle, ça lui a rangé en fait. C'était un bon prétexte pour elle. Bon après, elle a arrêté le rendez-vous du jour au lendemain. Et en fait, c'est une amie qui me dit « Ouais, moi j'ai super confiance en toi parce que j'ai une amie que je t'ai orientée. » elle, c'est bon, elle a une sexualité super épanouie, elle peut avoir, elle avait du vaginisme, maintenant, elle peut avoir une sexualité avec la pénétration, elle prend du plaisir et tout. Moi, j'étais même pas au courant quand tu disais comment ça, là.
- #Cécile Manchon
C'est les faire-part de bébés que je reçois après le...
- #Enora Teyssendier
Trop bien.
- #Cécile Manchon
Ils ont toujours un petit truc particulier. Et c'était une accompagnée, j'en ai quelques-unes aussi qui sont dans ce profil-là. On a une communauté turque à proximité, sur Laval, et du coup, donc religion musulmane et pas de sexualité avant le mariage. Et donc du coup, c'est des jeunes femmes qui se marient. tôt dans leur vie. J'ai pas l'impression que c'était des partenaires désignés, j'ai plutôt l'impression que c'était des partenaires choisis, c'était OK pour eux là-dessus. Et qui, du coup, découvrent la sexualité la nuit de noces. Et en fait, il y a toute une tradition sur le fait d'aller... C'est toujours parfois ce truc-là. d'aller vérifier les draps après le mariage et tout. Et du coup, il y a...
- #Enora Teyssendier
Et j'ai précisé un truc.
- #Cécile Manchon
Oui, c'est un gros truc, ça.
- #Enora Teyssendier
Mais préciser, vérifier les draps qui est bien du sang.
- #Cécile Manchon
C'est ça.
- #Enora Teyssendier
Alors qu'il n'y a pas du sang nécessairement la première fois.
- #Cécile Manchon
C'est ça. Non, c'est vraiment un truc moyenâgeux. Et du coup... Et c'est des jeunes filles pour qui, finalement, la nuit de noces devenait beaucoup plus préoccupante que toute la journée de mariage. Donc, c'est là que tu te dis, putain, c'est quand même dommage. Et qui, grosso modo, se sont arrangées avec leurs partenaires. Et puis, ils ont géré ça entre eux plus tard. Mais qui, du coup, se rendent compte, une fois mariées, qu'il faut y aller, que ça ne marche pas. Et du coup, c'est là qu'il y a... Et on détricote. Et on détricote les croyances.
- #Enora Teyssendier
Là, par rapport à ce sujet, ma formatrice, elle en accompagne régulièrement. Et là, où j'étais, on a un charron de maritime. Il n'y avait pas beaucoup de communautés musulmanes, enfin turques. pas beaucoup vraiment donc là maintenant que je suis en Corrèze peut-être qu'il y aura plus parce qu'il y a plus de communautés de gens qui viennent de d'autres pays tout simplement après je vois que selon
- #Cécile Manchon
les familles ça pratique pas non plus complètement toujours pareil donc c'est important de de comprendre qu'est-ce qui se passe. Mais, ouais, on a fait le tour un peu sur les causes.
- #Enora Teyssendier
Oui, alors il y a quelque chose que moi, j'aime bien expliquer aux personnes et que je mettrais peut-être dans la partie un peu théorique avant de comment on accompagne, même si ça rentre aussi dans justement la partie psychoéducation, que ce qui peut se passer, c'est que quand il y a une peur que ça marche pas ou qu'il y ait déjà eu une douleur et du coup peur d'une douleur si on cherche à forcer absolument l'entrée. Voilà donc à un moment donné il y a de la peur, il y a de la douleur et ou de la douleur. Et du coup la fois suivante on va anticiper cette peur, cette douleur qui fait que du coup le corps va se contracter, qu'il va y avoir cette contraction réflexe et du coup à nouveau de la douleur, enfin possiblement de la douleur, en tout cas un échec, ça marche pas. Et du coup, ça renforce la peur et on rentre dans ce cercle vicieux. On est dans un cercle vicieux. Douleur, peur, anticipation, contraction des muscles et puis renforcement de ce schéma-là qui ne marche pas.
- #Cécile Manchon
Oui, quand la douleur a été vécue, ça pose une empreinte. Et ça conditionne beaucoup de choses. Quand la sensation de difficulté a été vécue, parce que du coup ça vient confirmer la peur, et alors du coup, le truc se répète à chaque fois. Et comme très souvent dans l'asexualité, dès qu'on anticipe un truc, bingo, c'est la meilleure façon qu'il se mette en place, que le processus se mette en place, et du coup, c'est un mécanisme à enrayer.
- #Enora Teyssendier
Et du coup, par rapport à l'accompagnement, toi, tu fais comment ?
- #Cécile Manchon
Alors, en fait, moi, je me rends compte que j'ai vraiment des femmes très différentes. Et du coup, j'utilise souvent en premier rendez-vous ou au deuxième, une échelle d'anxiété par rapport au vaginisme. et du coup pour savoir où est-ce qu'elles se situent. Et moi, ça va me donner l'indication du protocole pour éviter de leur donner un premier exercice où elles vont se sentir en difficulté. Et du coup, c'est une échelle d'anxiété où typiquement le premier level, c'est se regarder nue dans la glace, pas forcément la vulve, mais juste son corps. Et puis, le dernier level, ça va être... approcher le pénis de la vulve. Enfin, voilà. Et du coup, je ne sais plus, il y a peut-être une vingtaine de situations. Simplement, je les énonce et elles doivent me dire, sur une échelle de 0 à 100, tu vois, en pourcentage, à quel niveau d'anxiété ça les met. Du coup, ça me permet d'identifier les endroits où elles sont sécures et puis les endroits où... où ça s'emballe. Et à partir de là, quand c'est vraiment difficile, dès le début, dès la perception du corps, on va commencer par regarder son corps nu. L'exercice suivant, ça va être regarder sa vulve. L'exercice encore suivant, ça va être de masser sa vulve. Ça, c'est plutôt la partie accompagnement corporel. Et puis, tout en ayant en parallèle le fait de détricoter les croyances éducatives. Donc, je vais donner de la lecture et puis baliser aussi.
- #Enora Teyssendier
Tu donnes quoi comme lecture ?
- #Cécile Manchon
Alors, le premier que je donne systématiquement, c'est un tout petit livre que j'avais eu avec un kit de dilatateur Velvi. Et je ne sais pas s'ils le fournissent toujours actuellement, mais je le trouve bien parce qu'il a juste... Déjà, il est petit, donc il est très synthétique. Et il a beaucoup de choses où ce n'est pas écrit en façon roman, c'est en catalogue. Et il a toute une première partie où en fait, il balaye toutes les croyances autour du vaginisme. Et le profil... des points communs, souvent des femmes qui vivent avec du vaginisme. Et en fait, le fait de faire ça, je me suis rendue compte que ça faisait gagner du temps parce qu'au deuxième rendez-vous, les filles, elles me disent « Ah oui ! » Donc moi, je me suis rendue compte de ça. Je me suis reconnue là, Et ça permet déjà de pointer des éléments de raisonnement ou éducatifs. qu'elles n'auraient peut-être pas pensé à évoquer parce qu'elles pensent que c'est normal ou c'est complètement acquis dans leur processus éducatif et elles ne vont pas chercher à le remettre en cause. Et puis après, ça va être des choses autour de la sexualité positive, pas des choses... Enfin, plutôt pour nourrir une... Jolie perception de la sexualité où on prend soin et puis ça fait partie de la vie de la femme.
- #Enora Teyssendier
Moi, en parallèle de mettre tout ça, je mets en place le Sensei de Focus. Donc, il y a des épisodes consacrés à ça. On en a déjà parlé, je pense, avec Bud dans les épisodes avec toi. Donc, en gros, je vais... Pour réexpliquer très très vite fait, je vais interdire... Je vais dire que j'interdis la pénétration. Et puis souvent, je leur dis, oui, vous allez me dire, de toute façon, il n'y en a pas. Mais là, c'est moi qui ai dit qu'il n'y en avait pas. Et donc, l'idée, c'est vraiment de ne pas tenter. Voir si ça marche, si depuis, il y a eu quelques séances, ça va peut-être mieux. Non, c'est de ne pas tenter. Mais vraiment d'avoir... un contact, après ça dépend peut-être des personnes, des personnes qui ne vont pas jamais tenter, on ne va probablement pas parler du Sunset Focus, mais il y a des personnes qui sont tout le temps en train de tenter.
- #Cécile Manchon
Et qui répètent la douleur et qui répètent le truc.
- #Enora Teyssendier
C'est ça, et ça fait que ça continue de renforcer ce cercle vicieux. Et voir, ça peut... On fait un pas en avant en mettant en place des choses avec les rendez-vous qu'on fait. Et en même temps, quand on retente, c'est comme refaire un pas en arrière parce que ça vient renforcer à nouveau qu'il y a la douleur.
- #Cécile Manchon
Moi, j'aime bien le sens de focus parce que du coup, ça oblige à sentir ailleurs, à sentir autrement et à remettre de l'érotisation ailleurs que dans la génitalité.
- #Enora Teyssendier
Voilà. Ouais, totalement. Mais bon, typiquement, la personne que je disais tout à l'heure, il ne se passait rien pour l'instant. Voilà, ça dépend. Mais c'est comme tout, on va toujours s'adapter avec la personne qui est en face de nous ou les personnes en face de nous.
- #Cécile Manchon
Moi, je parle des dilatateurs aussi. J'en parle au premier rendez-vous en disant... C'est possible que ça fasse partie de votre parcours. Ce n'est pas pour maintenant, mais juste pour qu'elles apprivoisent l'idée, finalement. Ce sont des petits objets qui sont de forme phallique. Ça fait comme des tubes en silicone ou plastique plus ou moins souples, selon les marques, mais qui vont pouvoir... Donc le premier diamètre, généralement, ça correspond à un auriculaire. Et puis après, on grandit en taille jusqu'à avoir un diamètre assez large et une longueur plus importante. Et je les trouve intéressants quand elles se sentent prêtes à le faire parce que c'est quelque chose qu'elles font toutes seules. tu vois, la pénétration c'est elle qui le gère et je lui dis de toute façon vous ne pouvez pas vous faire mal parce que vous allez écouter votre corps vous n'allez pas forcer quelque chose qui ne veut pas et donc enfin voilà en ça je le trouve intéressant c'est un exercice qui est en autonomie et puis du coup parfois il y a un palier et quand ça veut pu progresser à ce moment-là. Il y a souvent un truc en plus à faire. Je travaille avec une ostéopathe, moi, qui est spécialisée, qui s'est beaucoup formée en gynécologie féminine. Elle a plein d'approches super intéressantes. Elle est passionnée. Et du coup, elle a vécu, elle aussi, ces situations-là. Et donc, elle va pouvoir arriver à déverrouiller en travaillant sur le bassin, au niveau des tissus, du sacrum, etc. Donc je leur dis ça, c'est une approche qui est corporelle, que nous ce qu'on fait en consultation, et vous dans vos exercices solos, vous ne pouvez pas faire. Donc c'est intéressant de le faire. Et quand ça ne suffit toujours pas...
- #Enora Teyssendier
il y a des kinés spécialisés en périnéologie qui vont pouvoir accompagner ce processus-là.
- #Cécile Manchon
Parce que j'allais rebondir, moi, les bougies, en fait, je les avais vraiment totalement... Enfin, les dilatateurs sont aussi appelés bougies de Kegel. Et donc, moi, je les avais totalement mises de côté. Ça, je ne sais pas, je trouvais... Je ne sais pas, ça me gêne. Il y a un côté intrusif. Par exemple, une des personnes que j'accompagne, elle avait tendance à vouloir l'enfoncer à tout prix. Un côté un peu bourrin. Et du coup, moi, c'est l'image que j'avais. Et jusqu'à ce que j'interview justement une kiné, Marie Lebrun-Cohel, qui m'expliquait comment elle mettait en place par rapport au J. Et donc, elle passait... Déjà, elle apprenait une méthode de la relaxation. Ça, c'est quelque chose que je propose beaucoup, d'ailleurs, la relaxation. Et ce n'est pas juste, on va le faire une fois en séance, c'est on s'entraîne comme un sport, la relaxation, ça s'apprend. Et donc, elle apprenait la relaxation. Et ensuite, elles allaient mettre ensemble dans la première séance, quand elle est sûre que la personne, elle est bien détendue et tout ça, le premier dilatateur, le plus petit. Et donc après la personne elle allait s'entraîner chez elle mais du coup elle apportait vraiment toute cette douceur de se détendre etc. Et ensuite la fois suivante elles allaient voir ensemble si c'était possible de passer au dilatateur suivant et ainsi de suite. Et ça c'était effectivement après aussi des exercices par rapport au périnée etc.
- #Enora Teyssendier
Je trouve que c'est important De transmettre tout ce processus, tout ce protocole pour être dans le bon état d'esprit, pour ne pas avoir des objectifs qui sont contre-productifs, parce que du coup, finalement, enfoncer, ça n'a pas de sens. L'idée, c'est d'introduire, de mettre du mouvement à cet endroit-là, de respirer en étant déjà dans un espace de détente, de relaxation. Donc moi, souvent, je leur dis, vous faites votre petite playlist. un truc qui dure 10 minutes, vous savez, vous prenez déjà 3 à 5 minutes de cohérence cardiaque, vous avez votre position, vous mettez votre petite bougie, vous prenez votre petit dilatateur, hop, vous introduisez. Il n'y a pas l'idée d'aller jusqu'au bout. En 1, on introduit là où ça passe, c'est très bien, et une fois que c'est là, juste on bouge. Alors il y a les petits cercles, progressivement, il y a les rayons du soleil. Là, ce que vous pouvez faire, on s'arrête, on respire profondément à nouveau et on voit si c'est possible de faire un demi-centimètre de plus. Et là, hop, à nouveau, petit rond, petit rayon du soleil, tac, Ça dure trois, cinq minutes. Et simplement avec ce processus-là, répétez quotidiennement. Ce n'est pas long, mais c'est répété, c'est quotidien. Et c'est surtout, moi, je vous... Je trouve dingue l'effet psychique que ça a sur la fille qui voit son corps recevoir, être en capacité d'être pénétré. Et là, paf, il y a un nouveau cran qui se déverrouille. Et voilà, et l'objectif, c'est ça. L'objectif, c'est le petit doigt. L'objectif, c'est le premier cran. Et une fois que ça, c'est fait, paf, Enfin, voilà, le tricot, il se défait. C'est bon, quoi. Les choses vont continuer d'évoluer. Il peut y avoir des plateaux et à ce moment-là, on a toujours des leviers pour pouvoir soutenir et passer au cap suivant. Mais oui, je suis d'accord, il faut un bon état d'esprit et surtout avoir travaillé la question de la peur auparavant. Si l'espace émotionnel n'est pas sécure, effectivement, la personne va avoir tendance à aborder l'exercice dilatateur de façon déplacée. Elle ne va pas être du bon endroit, elle va être dans la performance. Elle va vouloir résoudre le problème. Elle ne va pas être dans la connexion à soi, dans le fait de « j'ouvre mon corps en relation avec mon cœur, et je l'ouvre de moi à moi. » Quand on est dans la performance, on est dans le « pour l'autre » . Et quand on est dans ce truc-là, il y a un truc qui est plus aligné. Enfin voilà, ça c'est mon sens perso.
- #Cécile Manchon
Oui, mais justement, c'est le côté performance qui fait que j'étais plutôt gênée avec les dilatateurs. Mais c'est vrai que du coup, avant même d'aller là-dessus, moi, je vais vraiment aller sur tout ce qui est émotionnel. Je vais utiliser les méthodes qui servent à accompagner les traumas, même si ce n'est pas forcément du trauma qu'il y a derrière. Mais ça sert aussi pour tout ce qui est peur, pour tout ce qui est croyance limitante. Et du coup, moi, je vais vraiment travailler sur ça avant d'aller sur... en général, avant d'aller sur le périnée ?
- #Enora Teyssendier
C'est indispensable. C'est indispensable. Le côté émotionnel avant d'aller sur le côté pénétratif, sinon on va à contre-courant. J'ai un protocole EMDR pour ça. J'ai des filles, elles ont développé des phobies de pénétration. Les outils du trauma, même si c'est... Toi et moi, on sait quand on parle de traumatisme, on sait de quoi on parle. Dans la croyance publique, il y a quelque chose de véhiculé avec ce mot-là. Mais c'est les bons outils au niveau psychique, au niveau de ce qui se passe. Et puis maintenant, il y a des trucs tout à fait performants. Pourquoi s'en passer ?
- #Cécile Manchon
Là, donc moi, tu parlais de MDR, moi c'est thérapie du lien et des mondes relationnels qui utilise aussi les mouvements alternatifs. Donc moi, ce n'est pas des protocoles et on fait en fonction de ce qui vient. Mais en tout cas, tout ça pour dire que oui, oui, tout ce qui est émotionnel, ça va aider. et au-delà d'émotionnel, en fait, moi, je l'utilise aussi, par exemple, sur... Par exemple, le vagin, si c'est le terme qui sera adapté à la personne, comment je le visualise ou le symptôme, comment je le visualise ? Et j'ai l'impression que c'est, je ne sais pas ce que pourrait dire la personne, qu'en fait c'est un élastique qui est ultra, ultra, ultra serré et finalement ça fait comme un nœud d'élastique. On va travailler avec cette image-là, avec l'alternance de mouvements alternatifs. Pour que petit à petit, cet élastique se desserre, par exemple. Je ne sais pas, ça dépendra de la personne. Mais d'ailleurs, on n'a pas l'objectif que l'élastique se desserre. Ça va venir en fait, au fur et à mesure. Et c'est en ça que ce n'est pas un protocole. C'est qu'elle visualise ça, ok, on fait des mouvements alternatifs. En gros, pour faire très très simple, on fait des mouvements alternatifs comme des mouvements oculaires. Et puis là, qu'est-ce qu'elle voit maintenant ? Et on fait en fonction de ça. C'est desserré, ok, à nouveau des mouvements alternatifs, qu'est-ce qu'on voit maintenant ?
- #Enora Teyssendier
J'aime bien pour remettre de la sécurité, remettre de la sécurité, de la sérénité, et c'est bien, et je trouve que le fait de le faire en parallèle de tout ce qui va être discussion sur la sexualité, j'ai toute une bibliothèque. volante, j'ai une partie qui est là et j'ai une partie qui est chez mes clients, qui va permettre de s'approprier finalement des représentations du sexe féminin. En fait, ça va venir combler tout un espace de curiosité qui n'a pas été nourrie, qui n'a pas été recherchée auparavant. Et au fur et à mesure que ces représentations-là sont Merci. Elles sont plus solides, elles sont plus... Enfin, tu vois, quand tu vois des choses qui sont répétées dans un, deux, trois bouquins d'une façon différente, tu te dis, ah bah oui, tiens, ça, ça reparle de ci, de ça, et de ça. Enfin, ça, tu vois, dans le relationnel, tu commences à mettre des choses un peu différentes en place, tu te commences à te sentir différent, tu commences à avoir des émotions plus solides aussi, moins vulnérables, moins sensibles. à cette perspective-là, tu as tout ce qu'il faut pour pouvoir aller aborder dans le corps un peu plus en dedans. C'est le cas de le dire. Et de continuer de processer. Et là, du coup, généralement, les choses se mettent en place assez facilement. Et c'est la dernière partie qui se détricote et c'est très bien.
- #Cécile Manchon
En fonction des personnes, il y a des choses plus ou moins complexes aussi.
- #Enora Teyssendier
Oui.
- #Cécile Manchon
Par exemple, une où en fait, sa première fois, ça a été douloureux et en plus le mec l'a quitté une heure après. Et donc en fait, là, si de toute façon il y avait une pénétration avec son mec, pour elle, elle avait intégré que ça voulait dire qu'il allait la quitter. Donc, elle ne pouvait pas, en fait, avoir une pénétration avec lui.
- #Enora Teyssendier
Ben non, l'enjeu était énorme. Donc là, tu sécurises le...
- #Cécile Manchon
Ben là, on a été sur le trauma de cet événement-là. Tout ce qui est émotionnel, tout ce que ça génère, cette première fois par rapport à ce mec et tout. Et après, oui, ça dépend vraiment de... À chaque fois, oui. Après, on va sécuriser pour se sentir en confiance par rapport au partenaire. Après, je ne vais pas répéter tout ce que tu as dit parce que tout ce qui est se regarder, se masser, ce sont des choses que je vais proposer aussi. On va devoir aller sur la fin de cet épisode quand même. Au niveau du périnée, si, moi, je peux proposer à un moment donné, ça arrive des exercices de contraction du périnée et de relâchement. L'objectif étant qu'elle est plus consciente du périnée et donc qu'elle puisse le contracter d'elle-même par choix et du coup aussi apprendre à le relâcher.
- #Enora Teyssendier
Ça, c'est super intéressant. Tu vois, d'expliquer que parfois, c'est la contraction qui va venir générer la détente.
- #Cécile Manchon
Et il y a le travail au niveau du couple aussi, qui peut être fait.
- #Enora Teyssendier
Ah oui. Il y a des fois, c'est pas pertinent et puis il y a des fois, c'est indispensable.
- #Cécile Manchon
Tout à fait.
- #Enora Teyssendier
Et tu vois, typiquement, en profit de ce que tu avais rencontré, où la relation était super toxique, là, enfin, pas t'empêcher de penser qu'effectivement, tant que la personne est en couple avec cette personne-là, le corps va dire non, le corps va refuser. Et non, c'est pas simple, mais... Moi, jusqu'ici, j'ai eu que des... En tout cas, sur la question du vaginisme, sur les disparainies, ça peut être encore différent, mais sur l'aspect vaginisme, j'ai vraiment eu que des conjoints ou des partenaires qui étaient hyper aidants, hyper soutenants, voulant être vraiment l'allié de leurs partenaires dans la résolution de cette situation. Enfin, voilà. Je n'ai pas été trop, trop dans cette difficulté-là.
- #Cécile Manchon
Oui, ça, c'est top quand c'est comme ça. La personne que je racontais tout à l'heure que je n'avais plus de nouvelles et qu'en fin de compte, elle était avec quelqu'un qui était en plein divorce. En fait, cette personne, un jour, lui a dit... Elle, elle n'avait jamais abordé le sujet. Un jour, il lui a dit... On n'a jamais abordé le sujet de la sexualité. J'ai l'impression que c'est un sujet problématique pour toi. Sache qu'on ira à ton rythme. Il pointait du doigt tout ce qui était en elle, alors qu'elle n'osait pas le dire. Mais ça l'a aussi énormément soulagé, que lui, il voit ça alors qu'elle n'avait rien dit. Et qu'ils lui disent qu'ils iraient à son rythme...
- #Enora Teyssendier
Ouais. Moi, je vois ça. Et parfois, ça m'est arrivé, une situation comme ça. Finalement, comme c'est acté dans le couple qu'il n'y a pas de pénétration, c'est devenu l'éléphant dans la cuisine. On n'en parle plus. On tourne autour et on n'en parle pas. Et avoir installé une conversation, un dialogue de couple sur l'intimité, sur la sexualité, ça fait vraiment partie des leviers de résolution de situation parce que ça va recréer aussi de la confiance ça va stopper la machine à fantasme, à anticipation de ce que l'autre croit ou de ce que l'autre veut ou de ce qu'on pense que ce serait bien qu'eux mais ouais ouais ce truc là de la conversation il était très très fin ou perspicace en tout cas ce partenaire Oui.
- #Cécile Manchon
Mais en tout cas, pour cette personne, on a juste fait la relaxation et traité des traumas de l'enfance abus inceste. Oui, tu vois. Et on n'a pas travaillé plus sur le périnée, sur tout ça, à partir du moment où le trauma a été traité.
- #Enora Teyssendier
Et c'est la femme dont tu me disais qu'elle avait développé sa vie en dehors de la sexualité, de la vie avec moi.
- #Cécile Manchon
Ouais.
- #Enora Teyssendier
En fait, on ne sait pas à quel point... Si, tu sais peut-être, elle avait continué de vérifier que son corps était fermé.
- #Cécile Manchon
Pendant toutes ces années ? Elle avait la possibilité de mettre un tampon, mais c'est tout.
- #Enora Teyssendier
Ok.
- #Cécile Manchon
Et du coup, ça pouvait être douloureux si elle cherchait... Par rapport au tampon, justement.
- #Enora Teyssendier
Ok. Donc oui, elle avait ce signal-là.
- #Cécile Manchon
Et par contre, il y avait tout un côté... Quand je crois que c'était au dernier rendez-vous, ils avaient quand même dormi ensemble. Et il a effleuré, sans faire exprès, le bas de son ventre. Elle a fait un bond d'un mètre dans le lit, en fait. Il y avait tout ce côté, on ne peut pas me toucher, quoi.
- #Enora Teyssendier
Ouais, ouais. Ça, c'est les trucs, les ostéopathes, ils appellent ça le ventre de bois.
- #Cécile Manchon
OK. Ça,
- #Enora Teyssendier
c'est la mémoire corporelle qui fige au niveau du bassin, du bas-ventre. Une réaction de dureté, quoi, par rapport à un vécu traumatique.
- #Cécile Manchon
Voilà, mais ça dépend. Pour chaque personne, c'est différent.
- #Enora Teyssendier
Ok.
- #Cécile Manchon
Bon, du coup, en petite conclusion, je ne sais pas si tu as une... quelque chose... Moi, je dirais que... parce que certains professionnels peuvent avoir tendance à dire que c'est dans la tête. Non, c'est aussi le corps qui protège. Même si on aimerait bien qu'il nous protège différemment, mais c'est la manière qu'il a trouvée.
- #Enora Teyssendier
C'est vrai. Il y a vraiment ce truc du... On ne sait pas pourquoi, pour une raison x, y, z, le corps débloque cette réponse-là. Mais pour lui, c'est vraiment un mécanisme de protection. Tout le processus, c'est vraiment de remettre de la sécurité. Et parfois, il ne faut pas se faire des nœuds au cerveau. Simplement écouter ce qui va, écouter ce qui vient, écouter ce que vous ressentez. Il y a vraiment un processus qui se fait, qui est tout à fait plausible.
- #Cécile Manchon
Yes.
- #Enora Teyssendier
Oui, et c'est...