Speaker #0Tu es en réunion et tu sens que ça monte, ce réflexe que ton corps a sans te demander la permission. Alors tu pinces les lèvres, tu retiens, tu fais comme si de rien n'était. Et si quelqu'un l'a remarqué, tu t'excuses presque immédiatement. « Excuse-moi, je ne sais pas pourquoi je baillote. » Ou ce soupir qui t'échappe à certains moments de la journée. Et tu regardes autour de toi en pensant « est-ce qu'on m'a vue ? Est-ce qu'on va croire que je m'ennuie, que je suis agacée ? » Et les larmes, celles qui montent au pire moment. Tu clignes les yeux, tu regardes vers le haut, tu les ravales en te disant « pas maintenant, pas devant eux » . Dans cet épisode, on va parler de ces trois réflexes, le baillement, le soupir et les larmes. D'où vient la honte qu'il provoque en toi ? Et surtout, pourquoi ton corps en a besoin, même si personne ne te l'a jamais dit ? Bienvenue dans Puissance Calme, l'espace où on apprend à écouter ce que le corps essaie de nous dire, même quand on a passé des années à le faire taire. Cet espace, il est fait pour toi, toi qui avances sans savoir t'arrêter. qui soutient tout le monde, qui travaille d'arrache-pied parce qu'on t'a appris que pour réussir, il faut travailler très dur, et qui a appris très tôt que certaines choses ne se montrent pas. Je m'appelle Sarah Glombard et j'accompagne depuis 30 ans l'humain à traverser des moments difficiles de vie. Et ce que j'observe, accompagnement après accompagnement, c'est que les femmes les plus solides en apparence sont celles qui retiennent le plus. Pas forcément par choix, mais par apprentissage. Et aujourd'hui, on va remonter à la source de cet apprentissage, comprendre d'où vient cette retenue et ce qu'elle te coûte vraiment. Je vais te poser une question. Quand tu retiens un baillement public, qu'est-ce que tu ressens ? Pas dans ta tête, mais dans ton corps. Est-ce que tu sens cette légère crispation dans la mâchoire, dans le cou, cette envie de disparaître, ce regard rapide autour de toi pour vérifier si quelqu'un a vu, et le soupir qui t'échappe, celui que tu transformes immédiatement en une respiration discrète pour ne pas passer pour quelqu'un d'agacé. de désintéressé ou qui n'a pas envie d'être là. Et les larmes, celles qui montent au mauvais moment, le clignement des yeux, le regard vers le haut, la gorge qui se contracte, la mâchoire qui se serre. Tu as tellement appris à faire ça que tu n'y fais même plus attention. Ce que tu ressens dans ces moments-là, C'est de la honte. Pas de la maîtrise, pas du professionnalisme. De la honte. Et si ton corps soupire, baille, pleure plus facilement en ce moment, ce n'est pas qu'il dysfonctionne. C'est qu'il est fatigué d'essayer de tout tenir. Fatigué de courir tout le temps, sans temps de pause. honte que ton corps fasse quelque chose d'incontrôlable. La honte d'être vu. La honte de ne pas être à la hauteur de ce qu'on attend de toi. Et cette honte, tu ne l'as pas inventée. On te l'a apprise depuis très longtemps. On ne nous a pas appris à nous réguler. On nous a appris à être acceptable en société. Même au détriment de notre propre corps. Est-ce que tu sais pourquoi on met une main devant la bouche quand on baille ? Ce geste, il ne vient pas uniquement de la politesse moderne. Il ne vient pas seulement de ton éducation. Il vient du Moyen-Âge. À cette époque, bailler était considéré comme dangereux. La bouche ouverte était perçue comme une porte d'entrée pour le diable. En Espagne, les femmes se signaient la bouche en baillant pour se protéger. Dans d'autres cultures, on prononçait des formules sacrées. On faisait claquer ses doigts pour effrayer les mauvais sorts. Et progressivement, couvrir sa bouche est devenu un réflexe. D'abord pour se protéger du mal, puis par pudeur, puis par politesse, puis par honte. Ce geste que tu fais automatiquement, tu le portes depuis des siècles sans le savoir. Et la même chose s'est passée pour le soupir. Pour les larmes, on a appris très tôt qu'une femme qui baille manque de respect, qu'une femme qui soupire est agacée ou frustrée, qu'une femme qui pleure perd sa crédibilité. Ce ne sont pas des vérités, ce sont des perceptions. Mais ces perceptions, elles ont façonné ton comportement et elles se transmettent silencieusement de génération en génération. en génération. Elles se sont logées dans ton corps sous forme de crispation, de retenue, de honte. Mais ce qu'on ne t'a jamais dit, c'est que ces mécanismes que tu caches depuis toujours, ton corps en a besoin. Pas pour te trahir, pour te protéger. Et aujourd'hui, la science confirme ce que ton corps sait. Le soupir, par exemple. Des chercheurs de l'université de Stanford ont publié en 2023 une étude qui révèle que le soupir active le système nerveux parasympathique. Le système nerveux parasympathique, c'est la branche du système nerveux qui ramène du calme, de la récupération quand tu es sous pression, comme une pédale de frein. pour se réguler, pas pour se plaindre. Le baillement, la science a démontré que bailler aide à diminuer le cortisol dans le corps. Le cortisol, c'est l'hormone du stress. Il l'aide à relâcher les muscles de la mâchoire, les muscles du crâne qui sont contractés en situation de tension. La prochaine fois que tu bailles, observe juste... Comment tu te sens après ? Et les larmes ? Les larmes émotionnelles ont une composition chimique unique. En pleurant, ton corps libère des endorphines, ces analgésiques naturelles, et libère aussi de l'ocytocine, l'hormone du réconfort. Et elles activent, elles aussi, le système nerveux parasympathique. Après une crise de larmes, Beaucoup de personnes ressentent une baisse de tension, une respiration plus profonde, une sensation d'apaisement, même une envie de dormir quelquefois. Alors pleurer n'est pas un effondrement, c'est une opération de nettoyage, d'élimination du trop-plein. Bloquer tes larmes, tes soupirs, tes baillements revient à empêcher ton corps de... de terminer le cycle des libérations d'un stress. On retient les larmes, on bloque les soupirs, on étouffe les baillements, et puis on appelle ça être forte. Beaucoup de femmes pensent qu'elles sont stressées parce qu'elles ressentent trop, alors qu'en réalité, beaucoup de femmes sont épuisées parce qu'elles retiennent trop. On nous a appris à contrôler les signaux que notre corps utilise pour se sentir en sécurité intérieure. Ce n'est pas un problème de volonté, ce n'est pas un problème de maîtrise, c'est un problème de permission. Et juste avant de continuer, j'ai envie de te proposer une toute petite expérience. Observe simplement ta mâchoire, là, maintenant. Est-ce qu'elle est serrée ? Et si oui, laisse juste un petit espace entre tes dents, sans forcer. Observe simplement ce que ton corps fait ensuite. La régulation commence dans ces petits moments où le corps réalise qu'il n'a plus besoin de tenir autant. Et moi, j'en suis la meilleure preuve. Je me souviens de cette réunion où je voulais partager une idée. Et au même moment, j'ai senti un baillement monter. J'ai pincé les lèvres et j'ai bloqué ce baillement. Et avec ce baillement retenu, j'ai retenu autre chose. Le doute, ce n'est pas assez intelligent. Ils vont trouver ça banal. La parole était restée bloquée quelque part entre la gorge et la mâchoire serrée. Ce que je ne savais pas, c'est que ce baillement que j'avais bloqué, c'était mon système nerveux qui essayait de relâcher la tension, celle qui m'empêchait de parler. Si je l'avais laissé aller, peut-être que j'aurais parlé, mais j'ai retenu. Et j'ai ruminé pendant des jours. J'aurais dû dire ça. Pourquoi je n'ai rien dit ? Je suis nulle. Qu'est-ce qu'ils ont pensé de moi ? Mais la bascule s'est faite dans mon corps. Quand j'ai commencé à pratiquer régulièrement la respiration consciente, mon système nerveux a retrouvé ses repères. Et avec l'état de calme intérieur, la parole est revenue. Ce que je retenais, Ce n'était pas juste une émotion, c'était ma voix, ce que j'avais à dire, à partager au monde. Et c'est ça le vrai coup de la retenue. Pas seulement la tension dans le corps, mais tout ce qu'on ne dit pas, tout ce qu'on n'ose pas être. Et en te disant ça, je pense aussi à une femme que j'ai accompagnée, une femme compétente, engagée, professionnelle, le genre de femme qui gère tout. Quand elle est venue me voir, elle avait une demande très précise. « Je veux arrêter de pleurer devant mes clients. Ce n'est pas professionnel. Je perds ma crédibilité. Je me sens incapable d'agir quand ça arrive. » Elle ne voulait pas comprendre pourquoi elle pleurait. Elle voulait que ça s'arrête. Les larmes n'étaient pas le problème. Elles étaient le message. Elle était... tellement à bout, son système nerveux était tellement staturé, tellement habitué à tenir qu'elle avait les larmes aux yeux tout le temps. Alors ce qu'on a fait, c'est qu'on n'a pas travaillé à faire taire les larmes. On a travaillé sur ce qu'elle portait, ce qui était trop lourd. On a commencé par le corps. Ressentir ce que son corps exprimait. Relâcher les tensions. Respirez consciemment. Et ces pratiques en apparence simples ont permis de libérer ce qu'elle n'arrivait pas à exprimer avec les mots. Et progressivement, quelque chose s'est apaisé en elle. Et ce n'est pas parce qu'elle avait appris à mieux se contrôler, mais parce que son système nerveux avait enfin eu l'autorisation de jouer son rôle. Les larmes ne se sont pas arrêtées du jour au lendemain, mais elles sont devenues moins fréquentes, moins intenses. Plus espacée. Et au bout de six séances, elle m'a dit « Je réalise que je ne pleurais pas parce que j'étais faible. Je pleurais parce que je ne m'autorisais pas à extérioriser la rage que j'avais en moi. » Parce qu'un corps qui n'est plus constamment en train de retenir n'habite plus la vie de la même manière. C'est une autre façon de respirer, de prendre des décisions, de poser ses limites. Dans cet épisode, on a vu ensemble ce que tu fais depuis longtemps sans t'en rendre compte, retenir ce que ton corps essaie de libérer. On a compris d'où vient la honte qui accompagne ces gestes, une honte très ancienne, une honte que tu as prise, qui t'a été transmise. Et la science nous confirme ce que ton corps sait, depuis toujours, bailler, soupirer, pleurer. sont des mécanismes naturels de régulation, des façons pour ton système nerveux de revenir à l'équilibre. Alors, avant de terminer, je veux te lutter avec trois choses très simples. La première, observer. Dans les prochains jours, remarque simplement les moments où tu retiens un baillement étouffé, un soupir bloqué. Des larmes qui montent et qui repartent immédiatement. Ne change rien encore. Observe seulement. Parce qu'on ne peut libérer quelque chose qu'on ne remarque même plus. La deuxième chose, c'est s'autoriser. Choisis un moment où tu es seul, dans ta voiture, sous la douche, le soir, quand tout le monde dort. Et cette fois, laisse aller jusqu'au bout. Le soupir. Le baillement, les larmes si elles viennent. Sans analyser, sans juger, sans essayer de comprendre. Juste observer ce que ça change quand ton corps n'a plus besoin de se retenir. La troisième, revenir au corps. Plusieurs fois par jour, pose-toi une seule question. Est-ce que je suis en train de retenir quelque chose ? La mâchoire, les épaules, la gorge, le souffle ? Une émotion, pas pour corriger, juste pour remarquer, juste pour remettre un peu de présence là où tout est devenu automatique. Et peut-être que la première étape, c'est d'arrêter d'en avoir honte. Ton corps n'a jamais été le problème, il essaie simplement depuis longtemps de te ramener vers toi. Et si en écoutant cet épisode tu t'es reconnu dans ses comportements, je te propose un espace d'échange de 45 minutes que j'offre. Un espace pour poser ce que tu penses de trop lourd pour toi et de commencer à y voir plus clair. Tu trouveras le lien dans les notes de l'épisode. Si ce que tu as entendu aujourd'hui a résonné, abonne-toi à Puissance Calme pour ne pas manquer la suite. Et partage-le à une femme autour de toi qui s'excuse encore de bailler. Elle a peut-être besoin d'entendre que son corps ne la trahit pas. Dans le prochain épisode, on va parler des effets du multitâche sur ton cerveau. Prends soin de toi et on se retrouve dans deux semaines.