- Speaker #0
On essaie de donner envie aux jeunes d'exercer ce métier parce qu'on l'exerce dans des conditions hyper difficiles et c'est pas facile de leur donner foi quand même, tu vois, dans ce métier. Et en fait aussi j'ai assisté, je suis très très attachée à l'hôpital. L'hôpital c'est comme une seconde maison pour moi. Il y a quelque chose que je peux pas expliquer, mais c'est dans mon corps quoi, j'aime l'hôpital.
- Speaker #1
Un matin, on s'est réveillé et bim, 40 piges. Comment ça va les Quadras ? Bienvenue dans votre univers, bienvenue dans Quadra. Ensemble, on va parler des joies et des galères de la quarantaine. Vous savez, cette période où vous vous rendez compte que ce qui prend plus de poids que vous, ce sont vos responsabilités. Donc faites une pause dans le Quadraunivers, lâchez les biberons, lâchez les applis de rencontre, et bienvenue dans Quadra. Musique Comment ça va les quadras ? Aujourd'hui, je suis heureux de recevoir une femme qui exerce probablement l'un des métiers les plus exigeants qui existent. Quand la plupart d'entre nous fuit les urgences, elle, elle y consacre sa vie. Depuis près de 20 ans... Elle est médecin urgentiste. Chaque jour, elle fait face à des situations où quelques minutes peuvent parfois tout changer. Vous l'avez également découverte à la télévision où elle intervient régulièrement pour rendre la médecine plus accessible au grand public. Aujourd'hui, on va parler de son parcours, de l'hôpital, de notre santé, mais aussi de tout ce qui change quand on devient quadra. Je suis très heureux d'accueillir aujourd'hui... Abigail Deby, Abigail, bonjour, comment vas-tu ?
- Speaker #0
Ça va très bien, merci de l'invitation.
- Speaker #1
Ça va, je n'en ai pas trop fait dans l'intro ?
- Speaker #0
Non, ça va, c'est super, merci.
- Speaker #1
J'aimais bien la phrase quand la plupart d'entre nous fuient les urgences, elle est l'icontacte sa vie, même si je trouve qu'il y a trop de monde aux urgences.
- Speaker #0
Il y a trop de patients, mais c'est sûr que côté soignant, il y a une petite désertion. C'est l'inverse en fait. On les comprend, c'est pas facile.
- Speaker #1
On va parler d'abord de ton parcours et de la médecine. Est-ce que tu te souviens du moment dans ta vie ? Où tu t'es dit, moi je veux devenir médecin.
- Speaker #0
Ouais, mais du coup c'est intervenu très très jeune et c'est complètement lié à ma famille. Moi je viens d'une famille nombreuse donc j'avais déjà trois frères et quand j'ai eu dix ans, mes parents ils ont dit on va devenir famille d'accueil. Et on va accueillir des enfants de la... On appelait ça la DAS à l'époque.
- Speaker #1
Mais vous étiez déjà nombreux et vous vouliez être encore plus.
- Speaker #0
Exactement ! Et donc moi je me souviens j'étais en 6ème et mes parents ont dit à partir de maintenant il y aura d'autres enfants qui vont venir vivre à la maison. Et on a été jusqu'à 7 enfants et ma mère a élevé 13-14 enfants, quelque chose comme ça. Ça tournait enfin. Oui ça tournait, c'était pas en même temps. Pas tous en même temps. Et moi j'ai eu un lien hyper fort avec ces enfants-là et je voulais être pédopsychiatre. Et je voulais m'occuper des enfants de la DAS, mais je le formulais comme ça, tu vois. Je me suis dit, moi je veux être pédopsychiatre. J'étais hyper passionnée par la psychanalyse, même si j'en suis quand même bien revenue. J'adorais, tu vois, mes parents m'offraient des livres de psychologie, des livres de Freud et tout, quand j'étais ado. Quand j'étais ado !
- Speaker #1
Moi j'avais des trucs, comment ça s'appelle, fais-moi peur, ou Tom et Nana. Moi j'avais des barbies aussi. T'avais le psychinosa toi.
- Speaker #0
Et donc j'ai vraiment entré en médecine pour faire ça. Et en fait, il y a eu deux choses. Un, j'ai découvert la médecine somatique. Tu vois, quand on soignait les corps. Mes premiers stages, c'était des stages de maladies infectieuses, de réanimation et tout. J'ai dit mais c'est incroyable. Alors que moi, j'étais hyper douillette. J'avais peur de la vue du sang. Mes parents disaient mais tu ne vas pas être médecin. C'est impossible. Tu es une chochotte. C'est complètement fou. En plus, j'étais littéraire. Je n'étais pas scientifique et tout. Et puis après, je ne sais plus, en quatrième année, j'ai fait un stage de pédopsychiatrie. Et là, ça a été la claque parce que ce n'était pas du tout ce... à quoi je pensais. Je crois que j'avais trop regardé de films et tout, tu vois. Je croyais qu'on était dans l'éveil avec Robert De Niro et Robin Williams. Et en fait, malheureusement, ça n'a pas correspondu du tout à ce que je pensais. Et puis après, j'ai découvert les urgences et ça allait vachement bien avec mon mode de vie parce que comme je fais plein de trucs à côté, notamment de la musique qui prend beaucoup de temps dans ma vie. J'aime écrire, j'aime glander aussi. J'aime être maman à plein temps et tout. Les urgences, c'était vachement bien pour avoir une vie à côté et pour vivre plusieurs passions.
- Speaker #1
Mais les urgences, du coup, c'est devenu une vocation ? Non, tu viens de m'expliquer que ça ne l'était pas, mais le premier jour où tu fous les pieds aux urgences, tu sens tout de suite que c'est là que tu vas être ?
- Speaker #0
Oui, et je ne sais pas vraiment pourquoi, mais j'ai adoré le défi, c'est-à-dire te dire que tu es la première interface entre le patient et l'hôpital. Tu as très peu de temps. En fait, je dis toujours aux étudiants aujourd'hui qui viennent faire des stages aux urgences, je leur dis en fait c'est un des métiers les plus difficiles parce qu'il faut que tu prennes un volume de décisions énormes avec très peu d'informations, très peu de temps et dans un milieu qui est complètement hostile. Et très peu de moyens aussi. Et très peu de moyens, tu vois. On va y venir tout à l'heure. Et ça, je trouve ça hyper passionnant et en plus il y a un aspect plus... que je n'arrive pas à trop expliquer, mais j'aime bien la nuit, parce que j'aime bien être un peu en décalage, j'aime bien sortir de garde, être un peu éclatée, et être en sens inverse des gens qui vont au travail, et avoir une vie un petit peu comme ça, à la marge, ça me plaît.
- Speaker #1
Est-ce que pour un médecin, surtout dans ton cas, aux urgences et en plus de nuit, ce n'est pas obligatoire d'avoir ces choses-là ?
- Speaker #0
Moi je pense que oui, parce que je pense qu'un bon médecin, c'est avant tout un bon être humain. Et c'est quelqu'un qui prend soin de lui, qui cultive une vie intérieure, qui a le temps aussi de cultiver ses relations aux autres, qu'elles soient amoureuses, familiales, amicales, etc. Parce que c'est comme ça que tu vas pouvoir ensuite garder ton humanité, garder de l'empathie, etc. Mais il faut savoir qu'en médecine, c'est pas encore très bien vu. C'est-à-dire que dès que tu fais autre chose, à côté, t'es considéré un petit peu comme un dilettante, quelqu'un qui s'investit pas, etc. C'est en train de changer. Mais tu vois, il y a quand même un truc très sacrificiel dans la médecine. D'ailleurs, on disait, tu vois, tu entres en médecine, un peu comme si tu allais entrer, je ne sais pas, dans l'armée ou dans les ordres. Après,
- Speaker #1
c'est vrai que dans l'inconscient des gens, médecin, c'est le métier sacré. Oui, c'est vrai. Quand tu regardes dans les discussions, quand on parle d'études, etc., genre, ton môme, il va faire des études, le graal pour des parents, c'est s'il fait médecine.
- Speaker #0
Oui, oui, c'est vrai. Et d'ailleurs, c'est bien. Moi, je trouve qu'aujourd'hui, les médecins devraient se souvenir de cette fonction sacrée. tu vois ? Quelque part, même, tu vois, tu as des objets qui fonctionnent un peu comme des talismans. Le stéthoscope, la blouse.
- Speaker #1
C'est ce que je t'ai dit hier. Je t'ai dit, prends pas ta mallette de docteur. Non, mais tu vois,
- Speaker #0
il y a un côté qui est complètement... Et puis, c'est vrai que c'est un métier où tu dis, tu touches à ce qu'il y a de plus immense, de plus incompréhensible. D'ailleurs, même après 20 ans, 25 ans dans les hôpitaux, je n'ai toujours pas compris le secret de la vie, la mort, la maladie. Pourquoi on est sur Terre, etc. Ça, c'est des trucs que tu vas te poser tous les jours, tu vois. Et pourtant, j'ai vu des gens rendre leur dernier souffle devant moi. J'ai vu des naissances, etc. Donc, c'est vrai qu'il y a un côté complètement... Oui, on peut dire ça. C'est mystique. C'est sacré, quoi. Oui, c'est vrai.
- Speaker #1
Est-ce qu'aujourd'hui, après 20 ans...
- Speaker #0
C'est toujours un métier passion.
- Speaker #1
Oui, mais un peu différemment. Parce que quand même, les urgences, c'est une vraie spécialité. D'ailleurs, il faut le savoir, parce qu'avant, c'était pas considéré... C'était un peu le parent pauvre de la médecine. Tu étais un peu vu avec mépris et condescendance par les autres spécialistes. Mais ça fait pas très longtemps que c'est reconnu comme une vraie spécialité parce qu'en fait, en vérité, il y a vraiment beaucoup de choses à savoir, des choses très spécifiques. n'importe quel médecin ne peut pas venir et faire des gardes. Parce que ce n'est pas que gérer un patient, c'est gérer un patient dans un contexte. Et ça, c'est hyper difficile. C'est-à-dire que tu n'es pas comme un médecin qui va être en face-à-face pendant une consultation ou dans son bloc opératoire, il s'occupe d'un patient à la fois. Toi, tu dois tout gérer en même temps et être toujours en train de hiérarchiser. Tu es tout le temps interrompu, que ce soit par le téléphone, par le SAMU, par les autres patients, par les familles. Il faut avoir quand même vachement de sang-froid. Et en même temps, il y a des connaissances très spécifiques pour gérer l'urgence vitale, tout comme pour gérer des petites urgences du quotidien. C'est quand même un champ de connaissances qui est vachement important. Donc maintenant, cette partie-là, si tu veux, le côté médical, à force de faire des milliers et des milliers de gardes, je pense que je l'ai. Mais il y a d'autres choses qui m'intéressent, notamment déjà la formation, la transmission. Essayer de donner envie aux jeunes d'exercer ce métier parce qu'on l'exerce dans des conditions hyper difficiles et ce n'est pas facile. de leur donner foi quand même, tu vois, dans ce métier. Et en fait aussi, j'ai assisté, je suis très très attachée à l'hôpital. L'hôpital, c'est comme une seconde maison pour moi. Il y a quelque chose que je ne peux pas expliquer, mais c'est dans mon corps, j'aime l'hôpital. Tu vois, il y a plein de gens qui disent « Ah, je n'aime pas l'odeur de l'hôpital, je n'aime pas y aller et tout. » Moi, il y a quelque chose qui me lie à cet endroit, c'est incroyable. Et en fait, comment dire, j'ai assisté. à l'effondrement du système de santé, en temps réel. Il est effondré.
- Speaker #0
Oui, depuis 20 ans.
- Speaker #1
Oui, mais c'est vraiment bien pire qu'au départ. Et moi, maintenant, aujourd'hui, j'essaye, pendant mon temps libre et même dans la façon dont j'exerce la médecine, déjà en ne quittant pas le navire, c'est déjà une première chose, en restant dans le système de santé public, de défendre l'hôpital et de dire notre système de soins, il était magnifique, il faisait la fierté de la France, mais c'était un modèle dans le monde entier. Et moi, j'ai envie de me battre aujourd'hui pour que l'hôpital retrouve sa grandeur et qu'on ait un système de soins qui permette à chacun d'être pris en charge, quels que soient ses moyens, ses origines. Et maintenant, j'ai plus envie de faire ça. Et moi, j'ai envie maintenant de mettre au service mon expérience de terrain, les coupler avec des réflexions plus intellectuelles, plus politiques, et d'essayer de mettre... De faire avancer un petit peu les choses, modestement. Mais c'est ce que j'aimerais faire maintenant pour la deuxième partie de ma vie et de ma carrière. Parce que c'est ça aussi, le cadre, c'est ça, le basculement.
- Speaker #0
Concrètement, ça se traduit comment, cet effondrement du système de santé ? On le dit tout le temps, mais nous, patients, mis à part que nous, quand on y va, on attend. Mais ce n'est pas ça qui fait que le système de santé s'effondre.
- Speaker #1
Il y a plusieurs choses. En fait, la sécurité sociale et le système de santé, ils ont été créés tels qu'ils sont, tu vois, un peu après-guerre, mais dans une population qui n'était pas du tout la même. C'est-à-dire que l'espérance de vie n'était pas la même. Les progrès de la médecine sont tels aujourd'hui que tu peux vivre avec une, deux, trois, quatre maladies chroniques sans que ça altère ton espérance de vie, mais ça nécessite quand même des soins. Tu vois, même moi j'ai connu, mon premier stage de médecine, c'était un stage en maladie infectieuse. C'était à la Pitié-Salpêtrière. Et on avait des patients qui avaient des VIH au stade SIDA avec des pathologies opportunistes hyper graves. Tu vois, t'imagines qu'on est passé d'une maladie... Puis on a connu l'époque où le SIDA, ça faisait son travail. Voilà, où on en mourait, tu vois, au début des années 80, etc. Et aujourd'hui, je me souviens que quand j'étais à l'hôpital Bichat, il y avait des patients, je leur disais, est-ce que vous avez des problèmes de santé ? Ils me disaient, ben non. Et je leur disais, mais vous prenez des médicaments tous les jours ? Et puis, il me disait... Il disait, oui, je prends telle trithérapie. Je fais, mais vous avez le VIH ? Ah oui, mais ça... Donc, tu vois, c'est... Non, mais tu vois, les progrès de la médecine, c'est incroyable, c'est fantastique quelque part.
- Speaker #0
C'est là où c'est antinomique. C'est qu'il y a des progrès de la médecine et en même temps, un effondrement énorme du système.
- Speaker #1
Mais tu as à la fois des progrès techniques qui font qu'on peut vivre hyper longtemps avec des maladies chroniques, avec des soins quand même qui sont hyper compliqués, qui coûtent cher, même dans la progression aussi des thérapeutiques dans le cancer, par exemple, tu vois. par rapport à il y a 10, 20, 30 ans, ça change tout le temps. Mais la population aussi vieillit. Tu vois, d'ici quelques années, un tiers des Français ont plus de 65, 70 ans. Et aujourd'hui, quand on hospitalise des patients, les deux tiers, c'est des patients qui ont plus de 75 ans. Et parfois même, moi, par exemple, dans le service d'aval des urgences, parfois la moyenne d'âge, elle est à 85 ans, 90 ans. On voit des centenaires. Mais tout ça, c'est aussi des problématiques. C'est des gens qui vont rester parfois longtemps à l'hôpital. C'est une intrication, c'est des soins qui coûtent... qui coûte beaucoup, mais qui ne rapporte pas beaucoup d'argent, parce que ce n'est pas technique. Et en fait, ce vieillissement de la population, le fait qu'il y a plein de patients avec des maladies chroniques, le fait aussi qu'on soit dans une crise économique, climatique, politique, les gens ne vont pas très bien. Il y a beaucoup plus de gens pauvres, de gens mal logés, de gens en détresse. On l'a vu par exemple post-Covid, la santé mentale, c'est quand même un sujet qui a été vachement mis sur le devant de la scène. Donc il y a tout ça à anticiper, mais avec une médecine. qui est resté un petit peu coincé à l'époque des 30 Glorious, je dirais. Et en plus, il y a beaucoup moins avec le numerus clausus, c'est-à-dire le fait de limiter le nombre de médecins chaque année. Par exemple, quand j'ai commencé médecine, on était 700 à passer le concours, il y avait 90 places. Et ça, c'est aussi... Il faut que les médecins sachent faire leur autocritique, mais c'était une décision politique, mais c'était aussi les médecins. qui ne voulaient pas qu'il y ait trop de médecins pour, j'imagine, garder leurs patientes. Donc il y a de moins en moins de médecins et il y a de plus en plus de patients malades, âgés, qui sont dépendants. Et donc il y a tout ça qui n'a pas été anticipé. Et puis, après, il faut le dire, on est dans une société qui est une société ultra-libérale, capitaliste, où le profit est sanctifié. Et à l'hôpital aussi, il y a une mesure qui a été prise au début des années 2000 qui s'appelle la T2A, qui en fait va... On va tarifier les actes et en gros il faut que les médecins et les chefs de service rendent des comptes et il faut faire des choses qui sont rentables. Donc un patient... Vas-y continue, mais c'est ça en train de... Ça rend fou en fait, ça rend fou parce que l'hôpital il a vocation, il n'a pas vocation... À faire de nos ailes ? Non, il n'a pas vocation à être géré comme une entreprise. Un patient ne peut pas être un bon soldat, un bon patient. C'est pas un client quoi. C'est un patient, c'est pas un client. Et l'hôpital il doit juste être... bien géré intelligemment pour pas gaspiller des ressources humaines, financières, techniques mais s'il n'est pas rentable, tant pis, c'est comme ça et donc ça aussi beaucoup détruit en partie la façon dont on gère le système de soins.
- Speaker #0
Mais est-ce qu'il y a des choses qui ont aussi été enlevées ? Il y a déjà un bon moment, j'avais vu une interview de Jérémy Ferrari qui était face à Castaner, donc à l'époque Castaner était ministre Donc je crois que c'était pendant le Covid ou avant, enfin c'était à cette période-là. Et où il lui dit, le problème, c'est pas seulement que vous avez enlevé des lits, c'est qu'en plus... Enfin non, c'est pas ça qu'il lui dit. Il lui dit, c'est bien beau de filer 200 balles de plus, mais en fait, c'est des gens qui aimeraient travailler dans des conditions normales et dignes, avec des places pour les patients, etc. Vos 200 balles, en fait, ils s'en foutent.
- Speaker #1
Non, mais d'ailleurs, aujourd'hui, on voit qu'il y a vachement de... Ça, c'est un truc que je ne voyais pas avant, mais on voit pas mal de soignants qui abandonnent le soin. Tu vois, par exemple, en post-Covid, nous on a perdu 90% de notre personnel paramédical, c'est-à-dire infirmiers, aides-soignants, brancardiers, ASH, les auxiliaires, etc. 90%. Mais ils ne sont pas forcément partis pour aller dans un autre service ou se dire je vais faire du libéral, etc. Ils sont partis pour faire autre chose. Et ça, c'est fou quand tu réfléchis à ça parce que ce n'est quand même pas un métier où tu vas t'engager par hasard. En général, tu as quand même une vocation. Et le fait d'abandonner le soin... Ça veut vraiment dire que t'es complètement désabusé, dégoûté. Et la plupart des gens te disent pas, bien sûr que... Alors moi, je vais pas me plaindre en tant que médecin, je trouve que je gagne très bien ma vie. Ce serait indécent, surtout dans le contexte actuel, d'avoir des revendications salariales. J'en ai pas, moi en tout cas en ce qui me concerne. Il y a des médecins à l'hôpital public qui sont très mal payés. Moi, c'est pas mon cas. Mais tu vois, tu dis un infirmier, un aide-soignant, etc. C'est... C'est atroce d'être payé comme ça.
- Speaker #0
Par rapport au travail qui est fait.
- Speaker #1
Avec cette responsabilité, le fait que tu vas côtoyer la souffrance tous les jours, que tu vas y engager ta santé mentale mais aussi ta santé physique. Une aide-soyante, à partir d'un certain âge, elle a le dos détruit, elle a des problèmes de santé. C'est dur. Et tu te dis, c'est fou que ces métiers... Mais là j'enfonce des portes ouvertes parce que c'est la même chose dans l'éducation. Tous ces métiers essentiels, ils sont sous-cotés sur le plan salaire.
- Speaker #0
C'est délirant ! En plus du manque de salaire qu'on leur donne, il y a aussi le manque d'investissement dans l'hôpital en lui-même. Mais oui, c'est ça. Moi j'ai de la chance, je vis à Neuilly, le peu de fois où j'étais aux urgences, j'étais aux urgences de Neuilly, et je les remercie pour le coup. Oui, c'est pas pareil, bien sûr, il y a des endroits qui sont encore... C'est beaucoup mieux qu'à la pitié, je ne veux pas te mentir. Même si ça reste des urgences comme... beaucoup mais en termes de moyens bon tu sens que tu es déjà un peu mieux j'imagine qu'il ya des urgences où ça doit être même quasiment toutes les urgences même en tant que personnel bon tant que patient battu subi le truc mais en tant que personnel pour vous c'est pas aller
- Speaker #1
dans ces conditions là c'est ce que je dis souvent un jour je me souviens il ya quelques années j'ai été invité sur France Culture et j'étais à la matinale en plus donc du coup il m'avait envoyé un taxi et tout à 6h30 du mat' mais vraiment genre deux minutes avant j'étais en train de suturer et puis après maison de la radio et c'était un débat sur les urgences, la crise des urgences l'été etc et j'étais avec un autre invité, moi je croyais que c'était un médecin et en fait pas du tout donc pour moi on parlait un petit peu d'égal à égal et en fait ensuite j'ai découvert que c'était le directeur de l'assistance publique des hôpitaux de Marseille et donc c'était un technocrate, c'était un bureaucrate. Le mec n'avait jamais été sur le terrain. Et il commençait un peu à pontifier, à dire oui, alors on a fait ci, puis ça marche bien, etc. Je lui dis, mais vous savez, la nuit dernière, on n'avait plus de repas pour les patients. Il restait un yaourt pour 80 patients. Avec des gens âgés, des gens diabétiques, des gens qui restent très longtemps, parce que maintenant, comme on a fermé 80 000 lits en 20 ans, les gens restent aux urgences parfois 3-4 jours, 5 jours, parfois sur des brancards, en attendant une place d'hospitalisation. Et ces gens-là ne vont pas manger. Donc en fait, on est à un stade de décrépitude tellement avancé qu'on va manquer de choses aussi essentielles que de la nourriture. C'est fou. Et je veux bien qu'on débatte sur les urgences, etc. Mais il faut savoir qu'aux urgences, maintenant, vous n'êtes plus en sécurité et les besoins primaires, vos besoins primaires, ne sont pas assurés. C'est-à-dire que vous avez soif, vous avez faim, vous avez froid, vous voulez dormir, maintenant vous êtes sous les néons sur un brancard. C'est ce qu'on a vu ce qu'était avec l'histoire des crimes dans les hôpitaux. Oui, mais c'est tout le temps. Mais c'est tout le temps comme ça Donc on en est à ce stade là Et c'est pour ça que parfois il y a des soignants Tu vois tu disais effectivement les gens n'ont pas forcément envie de gagner plus Ils ont quand même envie de gagner plus Parce que c'est une honte Mais en général quand ils partent C'est pas spécialement pour ça Ils partent parce qu'ils en ont marre de travailler contre leurs valeurs et de ne pas avoir les moyens d'exercer dans de bonnes conditions.
- Speaker #0
Ce que je disais, ce n'est pas qu'ils ont envie de gagner plus, c'est que les 200 balles qu'on leur donne, si c'est 200 balles pour travailler par mois, pour travailler dans des conditions, excuse-moi du terme, merdiques, les mecs, ils n'ont pas envie. C'est bien bon, tes 200 balles. C'est exactement ça. Si c'est 200 balles pour que tu restes 4 heures de plus au taf, en gros, on te les a payées normalement. C'est ça.
- Speaker #1
Mais après, moi je pense que c'est pas un syndrome de Stockholm, mais j'ai un peu ça avec l'hôpital. Mais je pense que vous êtes beaucoup à l'avoir dans l'hôpital. On est beaucoup à l'avoir, mais aussi parce que je me dis, aujourd'hui je suis un médecin quand même qui a de l'expérience, et je me dis, si je pars, j'aurai l'impression un peu d'aller contre le serment d'Hippocrate. Je me dis, toutes ces connaissances que j'ai emmagasinées, toute cette expérience, au moins je me dis, médicalement, quand un patient arrive aux urgences, je suis capable de le prendre en charge. Au moins ça. Mais après, je ne peux pas lui garantir malheureusement des conditions... de séjour qui soit acceptable. Et ça, parfois, c'est quand même... Souvent, d'ailleurs, c'est très dur à encaisser. Quand on sort de garde, moi, je dis souvent, parfois, j'ai honte. J'ai honte de prendre en charge les gens comme ça. Mais je ne peux pas... À mon échelle, je ne peux pas faire grand-chose.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a un patient ou une histoire... que tu n'oublieras probablement jamais.
- Speaker #1
Ça fait quelques années que je tiens une chronique sur Instagram qui s'appelle « Mal traité en deux mots » où je raconte justement mes souvenirs les plus marquants, etc. Il y a quelques patients comme ça que je ne peux pas oublier. Le premier, c'est celui qui m'a donné justement, qui m'a fait basculer un petit peu de la psychiatrie vers l'envie de faire de la médecine somatique. C'était quand j'étais en deuxième année de médecine où en fait... En gros tu sors de la bibliothèque T'es un rat de bibliothèque T'as passé un an ou deux à préparer ce concours horriblement dur Mais tu connais rien à la vie Moi franchement 3 ans avant je jouais au Barbie Et je lisais des livres Du coup je me suis retrouvée dans un stage de maladie infectieuse Et ce qui est drôle c'est que du coup t'as la blouse blanche C'est comme si tu vois T'as la blouse blanche et le stéthoscope Mais tu connais rien à rien Donc les patients vont quand même t'identifier Ils voient bien que t'es jeune Mais ils savent pas que t'es deuxième année T'as aucune connaissance médicale Mais tu dois quand même aller voir les patients. Donc qu'est-ce qui te reste en fait ? Une fois que tu les as examinés et que ton chef t'a montré deux, trois trucs, à part parler avec eux, tu ne peux rien faire. Et moi, je m'étais vachement attachée à un patient qui était tout le temps tout seul, qui s'appelait Gérard, je me souviens très bien. Il avait une cinquantaine d'années. Il était cachectique, c'est-à-dire hyper maigre. Il avait un VIH au stade SIDA. Et il était là depuis des mois. Personne ne venait jamais le visiter. Parce qu'à l'époque, la maladie, elle l'est encore d'une certaine façon. Elle était encore plus stigmatisante et tu vois, elle t'isolait du reste de la société. Et il n'y avait pas de date de sortie prévue. On ne savait pas du tout quand est-ce qu'il allait sortir. Et en fait, je me souviens très bien que comme je ne savais rien faire, le matin, je me mettais au pied de son lit et on s'asseyait, on parlait pendant des heures. Et c'est lui qui m'a donné envie de... Je me suis dit mais c'est... quelle chance j'ai de pouvoir faire ce métier. Et je me souviens d'un jour particulier où c'était l'hiver, il faisait hyper froid et c'était à la Pitié-Salpêtrière. Et tu vois, la Pitié, je ne sais pas si tu connais, mais c'est grand comme une ville. C'est vraiment un hôpital énorme, je pense que c'est peut-être le plus grand de France. Et j'arrive et Gérard n'est pas là. Et moi je suis en panique parce que je me dis peut-être qu'il est mort en fait. Il était tellement dans un état. Et je n'ose pas demander aux infirmières parce que j'avais peur de la réponse. Et je me souviens, mais vraiment j'étais tremblante et tout, je ne le vois pas. Et puis c'était à la période de Noël. Et à un moment, je le vois, je vois sa petite silhouette au bout du couloir. Et il marchait vraiment, tu vois, un à l'heure et tout. Et en fait, il avait traversé tout l'hôpital pour m'acheter des Kinder, parce que c'était Noël. Et il m'a dit, tiens, Viguel, c'est ton cadeau de Noël. Et je me souviens, j'en ai pleuré. Rien que d'y penser. Et je me suis dit, il ne se rend pas compte. Et j'ai gardé l'emballage de Kinder. Je l'ai encore aujourd'hui dans ma boîte de souvenirs. Et je me suis dit, n'oublie pas. C'est vraiment, tu vois, je l'ai serré dans mes bras. Je ne l'ai plus jamais revu. Et c'est lui qui m'a donné envie de faire ce métier d'une autre façon et de rester à l'hôpital.
- Speaker #0
Et justement, tu parlais de... Cette peur de te dire, d'arriver et de te dire il est mort, alors là t'étais en deuxième année, mais quand on devient médecin, quel rapport on a à la mort ?
- Speaker #1
Je pense qu'il y a autant de médecins que d'êtres humains, enfin tu vois c'est très difficile de donner une réponse définitive, moi je pense plusieurs choses. La première c'est qu'on ne fait jamais médecine par hasard, et on ne choisit pas sa spécialité par hasard, donc il y a forcément quelque chose de l'ordre de l'angoisse ou de... d'un questionnement métaphysique que tu n'as pas résolu qui fait que tu vas faire ce métier. Bien sûr, après, tu ne peux pas comparer quelqu'un qui est médecin militaire ou quelqu'un qui est chirurgien esthétique dans le 16e. Et sans... Voilà, je respecte tous mes confrères et puis chacun a son rôle à jouer, tu vois. Mais c'est très difficile de dire, voilà, entre un neurologue et un pédopsychiatre, tu vois, il y a forcément quelque chose de commun et puis il y a des raisons très différentes. Moi, j'ai toujours été hyper... C'est vrai, j'ai toujours été très, très angoissée par la mort. Et peut-être que quelque part, tu vois, tu as plusieurs façons de vivre tes angoisses. Soit tu les repousses le plus loin possible et tu es dans le déni et tu ne veux pas t'y confronter. Soit tu vas quand même essayer d'aller voir, peut-être pour exorciser, etc. Je n'ai pas trop répondu à cette question. Et puis après, il y a quand même des choses qui se passent. C'est-à-dire qu'au bout de 25 ans à l'hôpital, confronté à la mort tout le temps, Heureusement, il y a une part de moi qui... Je ne m'effondre pas. à chaque histoire triste, à chaque décès, à chaque fois que j'annonce un diagnostic difficile, je ne m'effondre pas, tu vois.
- Speaker #0
C'est un peu ce que sous-entend ma question, c'est qui est confronté. Donc, c'est-à-dire, comment on le vit ? Est-ce qu'on se dit, bon, il est parti, allez, patient suivant ? Ou il y a toujours un code ? Non, on ne se dit pas ça. Après,
- Speaker #1
il y a des histoires qui vont te toucher plus que d'autres parce que ça va réveiller chez toi soit une peur, soit une expérience, soit quelque chose que tu as déjà vécu. Mais après, il faut savoir que, en tout cas, moi, à titre personnel, ça ne m'a pas apaisée. Et quand il s'agit, par exemple, de m'occuper de mes parents, ou quand un problème de santé va toucher, je ne sais pas, mon enfant, quelqu'un de proche, mes parents, mes frères, etc., je vais perdre, je suis comme tout le monde, je vais perdre toute rationalité. Et en fait, il y a aussi ce truc de se dire, moi, je connais, je sais que le pire peut arriver. et je suis désolé c'est peut-être un peu c'est pas très gai mais je me rends compte aussi que parfois le c'est ça qu'il faut qu'il faut savoir tu vois la la santé c'est pas quelque chose que tu peux contrôler à 100% tu peux essayer évidemment tu as l'hygiène de vie il ya plein de choses tu as une part génétique tu as plein de trucs le suivi la prévention bien sûr mais il ya quand même une part de hasard et parfois tu vois on y bat d'un d'une minute à l'autre, ta vie peut basculer parce que tu vas faire, je sais pas moi, un AVC ou on va découvrir une maladie grave, etc. Et tu n'y pourras rien. Il y a ce côté-là un peu de se dire, c'est random en fait.
- Speaker #0
C'est ce que dit Franck Lopvet, il faut être conscient que tu es toujours à une seconde de ta mort.
- Speaker #1
Ouais, voilà, c'est ça. Évidemment, on ne peut pas vivre toute notre vie avec cette pensée-là en boucle. Mais il y a quand même quelque chose de l'ordre de se dire chaque journée est un cadeau. Chaque minute que tu passes avec quelqu'un de proche, c'est un cadeau aussi. Rien n'est garanti. Et ça t'incite à prendre soin de toi, mais aussi des autres. Et en tout cas, moi, ça m'a donné cette envie d'être encore plus proche de ma famille.
- Speaker #0
Qu'est-ce que les urgences t'ont appris sur l'être humain ?
- Speaker #1
C'est difficile. Ça m'a appris... En fait, les urgences, c'est la société en miniature.
- Speaker #0
une salle d'attente des urgences c'est tous les problèmes de la société tu les vois là moi je suis quelqu'un qui adore observer et s'il y a bien un endroit où tu as un milliard de choses à observer,
- Speaker #1
c'est les urgences oui parce que c'est un concentré de souffrances qui ne sont pas seulement la souffrance de L'accident de voiture et donc t'as une fracture ou de l'infarctus et t'as mal dans la poitrine, c'est une somme de douleurs de tous les ordres en fait. Souffrance psychologique, souffrance sociale. Tu vois qu'il y a beaucoup de gens qui sont très isolés, très seuls, très stigmatisés. Tous les gens qui sont rejetés de la société peuvent se retrouver aux urgences parce que c'est l'endroit par définition où il y a toujours de la lumière, c'est toujours ouvert. On te demande pas, c'est d'ailleurs ce que j'avais euh adoré, moi mon coeur est resté j'y travaille plus mais mon coeur est clairement resté à l'hôpital Bichat qui est un hôpital situé dans le nord de Paris qui brasse des populations extrêmement différentes. Ce que j'aimais c'est que il y avait des patients qui arrivaient, on ne savait même pas leur nom, on les appelait X samedi par exemple s'ils arrivaient le samedi de mai, on les appelait X samedi, X mai tu ne sais pas qui c'est et même s'il a besoin des soins les plus difficiles, les plus coûteux qu'il a besoin d'aller en réanimation, d'être dialysé d'être intubé, tu vas le faire. Et il y avait à la fois ça et puis... des ministres, mais on traite tout le monde pareil. Et c'est ça, enfin, déjà je me suis dit, on est un peu tous égaux devant les questionnements les plus essentiels, à savoir la naissance, la vie, la mort, même si après l'accès aux soins, c'est quand même pas du tout la même chose. Et j'ai vu quand même aussi à la fois le système de santé se décomposer, mais aussi je vois une société en temps réel souffrir. Tu vois, la vie est quand même en ce moment plus difficile qu'elle n'était il y a quelques années. Et évidemment, tous les problèmes les plus... qui agitent la société, là, on l'a vu par exemple avec la canicule. Enfin, voilà. C'est là qu'on voit les inégalités se creuser et c'est là qu'on voit l'impact de politiques mortifères. Tu vas le voir sur la santé des gens directement.
- Speaker #0
Est-ce que, d'après toi, est-ce qu'il y a beaucoup de gens dans cette société, dans ce pays, qui confondent urgence et petits bobos ? C'est-à-dire qu'est-ce qu'on... Yep. pas beaucoup de gens qui, plutôt que d'attendre d'aller chez le médecin, engorgent les urgences. Et je ne parle pas en termes de moyens. Je parle en termes juste de facilité du truc.
- Speaker #1
Alors, oui, forcément, il y a quelques patients qui viennent et tu te dis que ce n'est pas justifié. Maintenant, il faut quand même savoir qu'actuellement il y a plus de 6 millions de Français qui n'ont pas de médecin traitant. Et que c'est hyper dur de trouver... 6 millions ? 6 millions. Et c'est sans doute plus, maintenant. Il y a quand même... La France est devenue un grand désert médical quoi, c'est-à-dire que tu sais que là, le 18ème arrondissement c'est un désert médical, le Val-de-Marne c'est un désert médical.
- Speaker #0
Moi je pensais que les déserts médicaux c'était les campagnes. Non pour toi c'était la Lausère ou la Creuse. Non en réalité l'île de France c'est le plus grand désert médical de France.
- Speaker #1
Donc aujourd'hui, moi je me souviens quand j'étais petite, je sais pas si quand j'avais une angine. Mais mon médecin traitant, il venait le jour même. Et j'étais dans ma chambre avec mes peluches. Et puis il me disait, ça va ma grande ? Moi,
- Speaker #0
mon médecin traitant que j'embrasse, le docteur Lafitte, ne prenez pas votre retraite, docteur. C'est interdit. Je sais qu'il va bientôt la prendre. Mais je vous paye s'il faut plus. Mais je l'appelle. Bonjour, c'est monsieur. Enfin, je lui dis bonjour, c'est Camille. Parce qu'il me connaît depuis que je suis ado. Il me dit, oui, t'as quoi ? Je peux venir ? Oui, ok, 14h30.
- Speaker #1
Encore aujourd'hui ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
C'est rarissime. Mais il est rarissime. Avec lui,
- Speaker #0
il n'y a pas de doctolib, tu ne fais rien par mail, c'est un coup de fil, c'est à l'ancienne.
- Speaker #1
Donc l'accès maintenant à ton médecin traitant, il est hyper dur quand tu as la chance d'en avoir un. L'accès aux spécialistes, je n'en parle même pas. Tu vois, cherche un dermatologue aujourd'hui.
- Speaker #0
C'est une galère.
- Speaker #1
C'est impossible, tu vois.
- Speaker #0
Je me suis déjà fait, moi, la réflexion d'aller aux urgences. Je me rappelle, je discutais avec une, parce que j'ai des petits soucis cardiaques, pas grave, c'est une malformation de naissance. Mais de temps en temps, je peux avoir un peu peur. Comme en plus je somatise beaucoup, tu l'as vu, on en a parlé. Je suis allé un jour aux urgences et vraiment j'avais une douleur. Ils m'ont pris direct. Et à côté de moi, je retrouve une fille que je connais. Elle était là parce que son fils, il s'était coupé le doigt. Mais coupé le doigt, quand je te dis coupé le doigt... Oui,
- Speaker #1
ça t'as toujours... Mais ce n'est pas ces patients-là qui nous causent le plus de problèmes. Mais l'autre chose aussi, tu vois que... Donc, mis à part l'accès aux soins qui est quand même plus difficile, donc les gens finalement, ils finissent par aller quelque part. Parce que même si ce n'est pas grave... parfois tu as quand même besoin de soins, d'ordonnances, de conseils et tout ça. Donc tu n'as pas trop le choix. L'autre chose, et ça tu vois, on parlait de politique, et c'est un truc dont je n'entends pas beaucoup parler, et qui à mon avis me semble fondamental, c'est l'éducation sanitaire. C'est-à-dire que moi c'est un truc qui me fait halluciner. Je me dis comment ça se fait que le savoir médical appartienne au corps médical ? On a tous un corps. Pourquoi on n'apprend pas dès l'école maternelle comment fonctionne le corps humain, la physiologie ? comment maintenir son corps en bonne santé. T'imagines, on a de l'âge de 3 ans jusqu'à 18 ans, 15 ans de médecine. On pourrait tous être des médecins. Et en fait, tu te dis, il y a quand même quelque chose de l'ordre de... Tu vois, peut-être du pouvoir. En fait, si on avait tous cette connaissance-là, mais c'est un outil démocratique hyper...
- Speaker #0
Au moins des petites bases.
- Speaker #1
Mais au moins des petites bases. La médecine de base, elle est accessible à tout le monde. Et moi, ce qui me fait surtout halluciner, c'est de voir qu'on est très nombreux à très mal connaître notre corps. Et même parmi les médecins, si tu veux, les études de médecine, elles sont construites autour de la maladie, du corps malade. Donc c'est ça qu'on va t'apprendre. On va t'apprendre à soigner le corps quand il dysfonctionne. Mais tout ce qui est... C'est pas le maintenir en bonne santé. On sait la physiologie, c'est-à-dire un corps, comment il fonctionne, la nutrition, le sport. le sommeil, la santé mentale, les hormones, tout ça, c'est des sujets que tu vas devoir te sur-spécialiser ou apprendre par toi-même. Alors que c'est la base, tu vois. Et si tout ça, ça faisait partie du cursus normal de tout un chacun, la société serait totalement différente. Et les urgences seraient sûrement désengorgées.
- Speaker #0
Il y a plein de trucs où on n'irait pas consulter parce qu'on dirait c'est bon, je ne sais rien. Mais évidemment,
- Speaker #1
mais évidemment. Mais tu te dis en fait, c'est fou de se dire... que tu vas apprendre à l'école primaire, tu vas apprendre la place des planètes dans le système solaire, mais que tu demandes à quelqu'un de placer sa rate et à quoi ça sert, il ne sait pas. La place des organes dans ton propre corps, tu ne sais pas.
- Speaker #0
Tu réfléchis à une maladie, une petite maladie, qui est une phobie chez moi, c'est les angines. Mais si on m'avait appris qu'avoir une angine, c'est une angine et que ça va passer, tu prends du Doliprane et puis tu t'attends. Parce qu'en vrai, mis à part si elle est blanche, il n'y a pas grand-chose à faire sur une angine. Mais après,
- Speaker #1
la médecine c'est aussi une institution. C'est une institution qui est en train de changer, mais qui est quand même une institution bourgeoise, etc. Et je pense que les médecins ont envie de garder la médecine en tant qu'institution, a peut-être envie de garder son pouvoir et son savoir et de le distiller comme ça aux gens. Mais en fait, pareil, il y a plein de choses que tu pourrais faire. Tu vois, on pourrait déléguer des actes. Là, ça fait vachement débat parce que tu as ce qu'on appelle des infirmiers aux pratiques avancées, IPA. Donc, ils font des études supplémentaires et ils sont à mi-chemin entre l'infirmier qui fait trois ans d'études et l'interne de médecine. Mais ça suscite vachement de controverses et parfois, beaucoup de médecins se cabrent un peu. Ah non mais c'est pas à lui de le faire Déjà les médecins qu'ils apprennent à faire un plâtre Parce que les infirmiers ils font mieux Mais tu pourrais déléguer Non mais c'est totalement vrai Tu peux déléguer plein de choses Tu peux déléguer aux pharmaciens, tu peux déléguer aux infirmiers Ouais bien sûr Mais c'est une question plus C'est une question de pouvoir C'est là d'ailleurs que tu vois le désespoir des gens C'est qu'avant tu vois les gens qui s'inscrivaient pour des motifs hyper bénins On va dire un rhume parce que ça arrive, des gens viennent pour le... Mais vraiment ! Une fois, j'ai eu un patient, il y avait marqué motif coloration violacée au niveau des yeux. Je dis quoi ? Qu'est-ce que c'est que ça ? Et en fait, il me dit, docteur, regardez, vous avez des cernes. Il me fait, ah c'est ça des cernes ? Merci ! Je te promets que c'est vrai. Mais ça, ou bien quelqu'un qui m'a dit, oui ma copine, elle a une relation avec un... Je voudrais savoir si elle est encore vierge. D'ailleurs, c'était une cadre. Bref, bon...
- Speaker #0
Mais tu dois en voir des trucs. Oui, bien sûr. En plus, en 20 piges, t'as du... Je pense qu'il y a des moments où vous vous mettez dans la salle et vous rigolez quand même pas mal. Heureusement.
- Speaker #1
Oui, on est humain, donc... Heureusement. Bah oui, oui.
- Speaker #0
Mais tu penses au pauvre patient qui lui prend son truc vachement au sérieux.
- Speaker #1
Non, non, parce qu'il voit, évidemment. Après, il y a toutes les histoires de chasse que tout le monde raconte tout le temps. Tu vois, les corps étrangers dans des parties bizarres. Ah oui, bah... Du corps, etc. De l'anatomie. Heureusement qu'on a... Donc,
- Speaker #0
c'est pas une légende.
- Speaker #1
Non, c'est pas du tout une légende. Mais vraiment, tu peux faire un vide-grenier avec tout ce qu'on a. Au bout de 20 ans, je peux faire un vide-grenier.
- Speaker #0
On parle beaucoup du côté un peu... On a parlé de tout le côté négatif. Il y a de la bonne humeur. Il y a des bonnes choses dans les urgences.
- Speaker #1
Oui, oui. Après, ça dépend de tes équipes et tout. Mais ça reste un endroit tellement vivant, tellement foisonnant, tellement what the fuck très souvent. Je suis sûr que là,
- Speaker #0
tu es sourie parce qu'il y a plein de trucs qui te reviennent en tête. Bien sûr.
- Speaker #1
Mais c'est vrai que... Et la nuit ? Tu vois, mais d'ailleurs, les gens, on dit souvent le monde de la nuit. Oui, bien sûr, j'ai travaillé, c'est autre chose. C'est autre chose, c'est un décalage et ça crée une sorte de connivence quand même avec les gens avec qui tu travailles et tout ça. Donc oui, oui, ça reste un endroit exceptionnel. Et puis en fait, parfois aussi, tu vas partager des moments. Il y a un côté un peu étrange, par exemple, la passée de Noël. à l'hôpital ça doit arriver une fois de temps en temps on essaye d'éviter mais parfois il faut quand même il faut bien y être de temps en temps celui qui se laisse en ouvrant les huîtres ou bien dans des moments il y a des moments plus joyeux c'est là d'ailleurs que tu vois que le concept d'urgence est quand même assez relatif parce que dès qu'il y a un grand match de Coupe du Monde, de Ligue des Champions ou du PSG ou je sais pas quoi il n'y a plus personne aux urgences et tout le monde vient et les gens viennent après, vraiment c'est vide pendant les matchs et tout le monde vient après les gens ne sont plus malades et après mince il y a mal à la poitrine et oui après c'est vachement bien quand tu es dans des périodes aussi de liesse tu vois par exemple l'hôpital où j'étais avant il n'était pas très loin des Champs-Elysées donc du coup voilà si c'est les moments Coupe du Monde et tout ça là tu vas en général il y a Une petite gueule de bois ! Voilà, toi tu récupères après le match. Ok, c'est génial.
- Speaker #0
Donc on t'a aussi découvert dans l'émission Belle et Bien Ensemble sur France Télévisions. A quel moment la télé s'est entrée dans ta vie ? Et qu'est-ce qui t'a poussé à te dire au-delà de médecin je vais faire ça ?
- Speaker #1
Alors c'était pas quelque chose auquel j'avais pensé. Parce que moi je suis comme beaucoup de gens, aujourd'hui j'ai plus la télé. Ça fait des années que j'ai plus la télé. Donc ça veut pas dire que je la consomme pas d'une certaine façon, mais en tout cas pas comme ça. Mais c'est des portes qui s'ouvrent et en fait c'est comme un cercle vertueux, c'est-à-dire que plus tu fais de choses, plus on te propose des choses. Et en fait, moi il y a quelques années, j'ai été castée pour faire partie d'un groupe qui s'appelle Les Soignantes, qui est un groupe de médecins chanteuses. Donc on était trois, maintenant on n'est plus que deux. Et l'idée c'était de faire un album pour rendre hommage justement au corps soignant. Et cet album est sorti il y a quelques temps, il s'appelle Les Voix du Coeur. une partie des bénéfices et reverser à des associations justement pour aider les soignants et les patients bref, donc je fais partie de ce groupe on est signé en maison de disques et la maison de disques nous dit ok mais vous faites la France un incroyable talent alors moi c'est pareil, en plus les télé-crochets j'ai jamais voulu faire ça c'était incroyable, je me suis dit je suis dans un rêve sous acide mais de toute façon tout ce projet c'est incroyable, c'est des trucs auxquels t'aurais jamais pensé et donc on fait la France un incroyable talent il y a quelques saisons maintenant on a le Golden Buzzer on va jusqu'en finale et donc sort notre album. Et dans le cadre de la promotion de l'album, il y a quand même des moyens, parce que notre maison de disques, c'était Warner. Donc, tu vois, c'est pas un truc en indé, c'est un gros truc. Et donc, on fait plein d'émissions. Donc, je me retrouve à faire des choses, à découvrir déjà le monde de la télé en tant qu'invité. C'était hyper rigolo, tu vois, j'étais sur le canapé rouge de Drucker, j'étais dans C'est à vous, j'ai chanté avec plein de gens, on a été dans des émissions caritatives. Donc, j'ai découvert ça un peu, le monde de la... faire sa promo, etc. Et donc j'ai été invitée avec le groupe pour la promo de l'album dans l'émission Bel et Bien, l'hebdo un samedi. Et donc ils m'ont repérée comme ça. Et des mois et des mois plus tard, ils m'ont rappelée. Alors en sous-marin, ils sont venus voir nos concerts, la production et tout ça. Tu sais comment ça fonctionne. Bah oui, tu sais, mais moi je ne savais pas, tu vois. J'étais très, très naïve. Et des mois plus tard, ils m'ont dit, voilà, on a un projet, on va faire un pilote pour une quotidienne qui parlera de bien-être et de santé et tout ça. Est-ce qu'on voudrait te tester pour faire ça ? Donc, j'ai découvert ce monde de préparer ses chroniques et de faire de la vulgarisation. C'est un sacré taf. Et donc, toute l'année dernière, j'ai été chroniqueuse là-bas. Et au départ, ils prennent plein d'experts différents. Et finalement, je m'étais dit, j'irais quelques fois comme ça de temps en temps. Et je me suis retrouvée à faire deux, trois émissions par semaine.
- Speaker #0
Les émissions qui commencent où il y a un pilote, c'est un système d'entonnoir. Au début, tu as plein de monde. Et après,
- Speaker #1
c'est tout pour l'émission. J'ai découvert, mais j'ai... Ouais, c'était une expérience incroyable.
- Speaker #0
T'es la star des urgences alors ?
- Speaker #1
Bah écoute, non je suis pas du tout la star, mais parce que quand même, c'est une émission qui passe le matin, vers 10h. J'imagine les patients qui disent, vous êtes médecin ou la dame de la télé ? Non, non, mais du coup, une fois, je me souviens, il y a quelques mois, j'ai donné une ordonnance à une dame, genre vers minuit et demi, une heure, ses papiers de sortie, elle me fait, bah demain docteur, je fais, pourquoi ? Elle me fait, bah demain, à demain sur France 2 ! Mais ça m'arrive pas tous les jours non plus quoi.
- Speaker #0
Et justement, comme tu donnes des conseils... Tu donnes des conseils santé et bien-être sur cette émission. Et j'invite les gens à aller regarder sur tes réseaux les conseils que tu donnes. qui sont souvent meilleurs que certains autres qui le font, mais je ne citerai personne.
- Speaker #1
Ça taille, ça taille.
- Speaker #0
Non, mais t'en as où ils se font flipper. Je ne le citerai pas, mais il y en a un, et je pense que beaucoup vont penser comme moi, si tu l'écoutes, tu bois de l'eau, tu manges du pain sec, tu ne fais plus rien de ta vie.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
c'est anxieux. En plus,
- Speaker #1
je pense que c'est contre-productif, parce que du coup, les gens vont finir par se détourner de ce genre de conseils, alors qu'il y a plein de choses à savoir. Utile.
- Speaker #0
Mais justement, il y a plein de... de trucs comme ça qui tournent sur les réseaux, souvent de gens qui ne sont pas les meilleurs. Quel est le pire conseil santé que toi tu vois sur les réseaux ? Ou un qui t'a fait halluciner ?
- Speaker #1
Le pire, ça va être, par exemple, continuer à promouvoir la culture du régime, par exemple. Et tu as l'impression que... Moi,
- Speaker #0
je ne le suis pas du tout, ce conseil.
- Speaker #1
Par exemple, on dit, oui, mais maintenant, tout le monde sait que les régimes restrictifs, tu vois, comme nous, à notre époque, Merci. Le régime du camp. J'avais essayé une journée. Les régimes les plus farfelus.
- Speaker #0
Les trucs avec les couleurs.
- Speaker #1
Oui, les couleurs. J'ai vu des copines qui faisaient des trucs hallucinants. Genre manger que des pommes pendant deux semaines. Couper complètement certains groupes, s'affamer, etc. On dit, ça y est, maintenant, les régimes restrictifs, c'est fini. Mais en fait, c'est un serpent de mer. Ça a pris d'autres formes. Maintenant, on appelle ça rééquilibrage alimentaire. Et en fait... Tu vois bien qu'une fois tous les X temps, tu as un truc qui va devenir super à la mode, genre les protéines, ensuite il faut diaboliser le sucre, ensuite on te dit... Miser le sucre. Par exemple, tout le délire autour de glucose godesse. Bon, désolé, on peut dire des gens.
- Speaker #0
Ah oui, bien sûr, vas-y, en plus je ne les connais pas.
- Speaker #1
Tu vois, je me dis, par exemple, faire acheter à des gens bien portants des capteurs pour surveiller sa glycémie, les capteurs qu'on réserve normalement aux patients diabétiques. Bah ouais, mais ça maintenant... T'es pas sérieuse ? Bah si, c'est ça son truc, c'est de dire les pics de glycémie, c'est-à-dire tu manges quelque chose de sucré et ça va provoquer un pic... forcément ton taux de taxisémie va augmenter. C'est une femme, tu ne la connais pas. Non, je ne la connais pas. Déjà, s'appeler la déesse du glucose, c'est déjà un peu bizarre.
- Speaker #0
Les réseaux, c'est bien depuis que je vois ça.
- Speaker #1
Et en fait, diaboliser le sucre, créer des peurs, générer possiblement des troubles du comportement alimentaire, autour de ces questions-là, c'est hyper dangereux. Et d'ailleurs, tout ça pourquoi ? Pour ensuite vendre des compléments alimentaires à 100 balles, soit disant des gélules anti-spike, anti... anti-piques de glucose, alors qu'en fait, les piques de glycémie, c'est quelque chose qui est physiologique. Ça ne veut pas dire qu'il y a des gens chez qui il ne faut pas surveiller la consommation de sucre. Il y a des gens qui vont... Effectivement, le diabète de type 2, c'est un problème de santé publique et tout, mais le faire de cette façon-là, c'est délirant. Et en plus, les gens devraient se dire « Oui, mais non, mais ces conseils sont utiles, ils m'ont fait du bien et tout ça. » En général, quand on fait une découverte, parce qu'elles, elles se targuent de faire des découvertes scientifiques, etc. Mais les conseils, ils font toujours du bien quand tu as envie de les entendre. Mais en fait, quelqu'un qui est un vrai scientifique, un, il va publier dans des revues à comité de lecture, Et deux, il ne commercialisera pas ces découvertes. Ces découvertes, elles serviront au plus grand nombre, c'est-à-dire au système de santé, à créer des médicaments ou de nouvelles pratiques. Elles ne serviront pas à vendre des compléments alimentaires à 100 balles la boîte. Donc voilà, déjà...
- Speaker #0
Ça rend ouf ! Je vois ce que tu m'as dit sur le coup des trucs pour la glycémie. Tu regarderas Glucose Godesse,
- Speaker #1
c'est un peu la polémique actuelle. Je crois qu'elle a sorti un livre sur des conseils nutritionnels pendant la grossesse. Or, tu vois, les femmes enceintes, Quand tu es enceinte, ton corps change énormément.
- Speaker #0
Les grossesses ne sont pas les mêmes.
- Speaker #1
C'est déjà un moment hyper délicat à vivre. Tout le monde va se targuer de donner ton conseil. Tu as déjà beaucoup de raisons de flipper. Mais si en plus on te dit qu'il ne faut pas manger, qu'il faut survivre à la glycémie, c'est hyper difficile.
- Speaker #0
Je sais que j'ai des petits soucis de santé. En plus, je n'en prends pas vraiment soin. Je commence un peu à réaliser. depuis un moment, des choses qu'il faut changer, que j'améliore, etc. Mais s'il y a bien un truc, justement, comme en plus, je psychote beaucoup sur ce truc, mais le moindre truc de santé que je vois, si je scrolle, je le zappe direct. Le truc, ton foie, il fait ci. Non, si je veux savoir, je vais voir un médecin. Je ne vais pas, ce n'est pas un mec sur les réseaux, je ne sais pas qui c'est. Je vais voir un médecin qui s'appelle docteur machin. Et c'est lui qui va m'expliquer ? Non voilà,
- Speaker #1
mais en plus, de façon générale, sur les réseaux, il faut se méfier des trucs miracles, genre perdre du ventre en 10 jours, tu vois ce genre de choses, ça n'existe pas. Et la santé, c'est jamais un truc, en fait, un seul truc. Il y a un concept qui s'appelle les déterminants de santé, c'est-à-dire tout ce qui va jouer sur ta santé, mais il y en a des centaines en fait. Il y a une partie que tu peux contrôler, et puis d'autres qui ne dépendent pas. de toi, et dont il y a aussi une part de hasard, de génétique, de conditions de vie, de décisions politiques, économiques, tout ça.
- Speaker #0
C'est comme le fameux débat qu'il y a sur le... après on passera aux questions qui va beaucoup intéresser Équadra. C'est comme le débat qu'il y a en ce moment sur tout ce qui est les développements personnels. Et en fait c'est vrai que moi c'est quelque chose avec lequel je ne suis pas d'accord parce que déjà ça forge l'individualisme, ça te met dans une espèce de quête du bonheur permanente que tu n'atteins jamais, or une quête ça doit terminer un jour. Et ça te fait croire et espérer des choses qui te font changer, qui t'aident, alors que chaque personne est différente. Et je pense que les conseils de santé, c'est pareil. Oui, c'est un peu pareil. Je te parle de l'histoire du foie. J'ai une mère qui a un foie d'alcoolique, elle n'a jamais bu une goutte d'alcool. Oui,
- Speaker #1
parce que c'est complexe. Moi, le mien, il va bien,
- Speaker #0
alors que je fais l'inverse. Donc, tu peux lui dire, le mec qui fait cette vidéo qui te parle du foie, il peut le dire 50 fois à ma mère, ce n'est pas de sa faute pour le coup.
- Speaker #1
Non, c'est ça. Et le développement personnel, tout comme les conseils de santé, type glucose godesse et tout ça. Ça fait peser sur l'individu une responsabilité qui n'est pas que la sienne. Et ça peut te faire culpabiliser. Et en fait, nous-mêmes, on n'est pas une petite entreprise à optimiser. On ne doit pas se penser comme des machines performantes à améliorer en permanence aussi. On a le droit d'être imparfaits et on fait bien comme on peut.
- Speaker #0
Et puis tout le monde... Tu sais, il y a ce côté genre, si tu ne vas pas bien... D'ailleurs, il y a de la polémique en ce moment avec Sylvie Tellier, mais on ne va pas s'étaler là-dessus. Je t'enverrai une vidéo. Je pense que... Il y a moyen que tu fasses toi une petite... Sylvie Tellier,
- Speaker #1
qui était une Miss France. Oui,
- Speaker #0
c'est la présidente du comité Miss France. Limite, elle dit que le cancer, on en guérit. Et que c'est une question de volonté aussi de ne pas rechuter. Je vais t'envoyer le truc, tu vas voir. Et c'est à cause de l'anxiété. Oui, mais tu vois, ça, ça se voit que c'est quelqu'un qui a été bercé au développement. personnelles à la con, et qui du coup, on lui a mis dans la tête que tout dépendait de toi, mais alors qu'en réalité c'est pas vrai, tout le monde n'a pas la force de se bouger le cul, tout le monde n'a pas la force de se filer un coup de pied au cul, et parfois t'as des gens qui ont des grosses faiblesses, et en fait il faut vivre avec, et ils ont des maladies qui vont avec, et c'est pas en voyant trois vidéos qu'ils vont guérir.
- Speaker #1
Bah non, sûrement pas.
- Speaker #0
Enfin bon, pardon, c'était mon coup de gueule.
- Speaker #1
Non mais je comprends, tu as raison. Tu as poussé le tien,
- Speaker #0
j'ai poussé le mien. Les petits problèmes de santé, les choses qui changent chez Quadra, on le fait un peu rapide et après tu passeras sur le grill des Quadra. Pourquoi est-ce qu'à partir de 40 ans, on commence tous à avoir les bras trop courts pour lire un menu ?
- Speaker #1
Eh bien, écoute, parce qu'à partir de l'âge de 40 ans, les fonctions sensorielles vont s'altérer. Donc l'audition et la vue. En fait, le corps, c'est une machine qui petit à petit va... nos fonctions vitales vont décliner, nos organes déclinent un petit peu. Et la vue, ça en fait partie. Et donc, à partir de 45 ans, on est déjà 80-90% à être presbyte, c'est-à-dire à ne pas bien voir. Mais c'est quelque chose qui est inéluctable. À 65 ans, c'est 100% de la population qui est presbyte.
- Speaker #0
C'est pas vrai. Oui, c'est vrai que je ne connais pas de personne depuis 60 ans qui n'a pas de lunettes.
- Speaker #1
Et ça, c'est lié au fait que le cristallin va se rigidifier. Il y a le muscle ciliaire qui va être un peu moins fort, donc on va être moins capable d'accommoder. Et il y a un message aussi que... que je voudrais passer, c'est que contrairement à ce qu'on croit, on pense que quand on est myope, on est préservé de la presbytie, mais non, on peut être myope et presbyte en même temps. Ah le pot, c'est bon ! Moi je suis hyper myope par exemple !
- Speaker #0
Non mais c'est vrai, moi je suis allé chez l'Oftalmo parce que justement je commençais à me dire tiens, je commence à allonger, et il m'a dit dans 3-4 ans on passe au verre progressif.
- Speaker #1
Bah oui, mais tout le monde !
- Speaker #0
Alors que j'ai jamais porté de lunettes de ma vie avant !
- Speaker #1
Non, non, mais là pour le coup ça concerne 100% des gens.
- Speaker #0
C'est tellement bizarre cette sensation là, bah là tu vois flou. Là ça va.
- Speaker #1
La première fois c'est chelou. Moi je suis ultra myope, mais je veux pas me faire opérer parce que ma myopie c'est un peu mon arme. Tu vois quand je suis trop fatiguée, que j'ai envie d'être dans ma bulle, j'enlève mes lunettes. Ou alors aussi pour des soucis esthétiques, tu vois j'aime pas. Et du coup j'ai l'impression de vivre sur Instagram, tout est flou, tout le monde est beau. Et je distingue pas les visages à deux mètres et tout. Et je veux pas me faire opérer, tu vois l'idée de voir le monde clairement 100% du temps c'est... ultra oppressant pour moi.
- Speaker #0
Mon père est devenu sourire, il fait comme toi. Quand il a envie d'être seul, il coupe ses appareils. Je le vois quand il fait ça au repas de Noël, par exemple, il est au bout de la table et il sourit tout seul. Il a un sourire niais et là je me dis ça y est, il a coupé.
- Speaker #1
Moi je te jure, c'est une idée qui m'angoisse de fou, de me dire que je pourrais voir clairement tout le temps, c'est non.
- Speaker #0
Pourquoi on récupère moins vite après une soirée un peu trop arrosée, passé 40 ans ?
- Speaker #1
Alors, bah... Il faut qu'on explique un peu comment ça marche quand on boit de l'alcool. Tu as une partie qui va être absorbée par l'estomac et par l'intestin grêle et ça va diffuser hyper rapidement partout, notamment au niveau du cerveau, ce qui explique les effets. Et en fait, tu as à peu près 90% de l'alcool qui va être éliminé par le foie. Et donc, il va être transformé en un composé qui est hyper toxique, qui s'appelle l'acétaldéhyde, qui est responsable de la gueule de bois, puis en acétate, puis en dioxyde de carbone et en eau. Et donc il va être éliminé comme ça Et les 10% restants ils sont éliminés Par la sueur, par les poumons, par l'urine Après 40 ans Il y a plein de trucs qui se passent Déjà le cerveau il devient plus sensible Parce que tu as des modifications hormonales Des modifications de neurotransmetteurs etc Donc le cerveau est plus sensible à l'alcool Notre sommeil il devient moins Le sommeil aussi s'altère avec l'âge Et donc notre sommeil devient plus fragmenté Plus court moins réparateur, de moins bonne qualité. Et en fait, l'alcool, souvent, ça te fait dormir, mais ça fragmente ton sommeil. Donc si tu bois le lendemain matin, ton sommeil est déjà de moins bonne qualité, mais avec l'alcool, ce sera pire. Donc tu auras du mal à récupérer. Le foie, il est comme tous les autres organes, il peut fatiguer un petit peu, et donc il va moins bien éliminer. Et globalement, ça fait que tes mécanismes d'épuration de l'alcool, ils sont moins performants.
- Speaker #0
En fait, les filtres commencent à se boucher, ça marche bien. Voilà,
- Speaker #1
donc c'est un peu plus délicat.
- Speaker #0
Et on ne peut rien y faire.
- Speaker #1
Non, ben...
- Speaker #0
À part ralentir et faire...
- Speaker #1
Non, c'est ça. C'est que, tu vois, à partir d'un certain âge, il y a quand même des ajustements à faire si on veut rester en bonne santé. Comme je dis. C'est un peu une... Ouais, il n'a pas dit ça, de ce que je dis, mais c'est vrai.
- Speaker #0
À 25 ans, c'est une gueule de bois. À 40, c'est une convalescence.
- Speaker #1
Ouais, ben...
- Speaker #0
Est-ce que c'est vrai, ça ne me concerne pas cette question, est-ce que c'est vrai qu'après 40 ans, on prend plus facilement du ventre ou c'est juste une excuse qu'on se donne ?
- Speaker #1
Non, non, c'est vrai. Non, non, mais c'est super intéressant. Voilà la raison. Mais il y a plein, c'est l'occasion de dire des trucs que peut-être les gens ne savent pas toujours, mais je trouve ça vachement intéressant. Alors déjà, il faut savoir que les hommes et les femmes, on ne stocke pas la graisse de la même façon. Parce qu'en fait, le stockage du gras, il est hyper lié, hyper influencé par les hormones sexuelles. Donc on le voit, on va dire pour les gens avant 40 ans, avant la ménopause. Avant la ménopause, les femmes... Elles vont stocker le gras, plutôt c'est ce qu'on appelle une répartition gynoïde, donc elles vont stocker dans les cuisses, dans les fesses, dans les hanches. Et les hommes stockent plus au niveau du ventre. Après la ménopause, les femmes vont avoir tendance, il y a moins d'oestrogène, et donc elles vont commencer à stocker aussi le gras au niveau du ventre. Et en fait, ce qui se passe avec l'âge, il y a plein de mécanismes qui font qu'on va grossir plus facilement et développer si on ne fait pas trop attention. ce qu'on appelle la graisse abdominale, la graisse viscérale, et cette graisse-là, elle peut être potentiellement dangereuse. Alors les mécanismes, c'est les hormones. Deuxièmement, en fait, ce qu'il faut savoir, et ça c'est ultra intéressant aussi, c'est que tu sais qu'on commence à perdre de la masse musculaire à partir de 20-30 ans, on commence déjà à perdre de la masse musculaire, c'est la sarcopénie. Et t'en perds toute ta vie en fait. Exactement, et ça s'accélère pour les femmes à la ménopause. Et pourquoi c'est embêtant ? C'est que le muscle, c'est ce qui brûle le plus de calories, au repos comme à l'effort. Donc si tu veux perdre du poids, il faut avoir de la masse musculaire. Parce que même quand tu ne feras rien, tu brûleras plus de calories. Donc si tu as moins de masse musculaire avec l'âge, parce que parfois tu peux avoir aussi des maladies, ou tu vas faire moins d'activité physique parce que tu es limité par des douleurs, etc. Donc tu perds du muscle encore plus, tu vas avoir tendance à grossir plus facilement. Si tu fais moins d'activité physique, le stress, c'est un facteur hyper important. Et notamment, on sait que l'âge de 40-50 ans, ça peut être un âge aussi... J'imagine, tu vois, avec tous les invités que tu as reçus, tu sais que ça peut être une période charnière. Ah bah oui, j'en ai reçu. Ah mais c'est même plus charnière, c'est un flip. Ça peut être séparation, divorce, les enfants qu'on a ou qu'on n'a pas, qui grandissent plus ou moins facilement, tes parents plus ou moins âgés, tu peux être confronté au deuil, à des reconversions professionnelles et tout. Et en fait, d'un point de vue biologique, quand tu stresses, tu vas sécréter une hormone qu'on appelle le cortisol. Et le cortisol, en fait, il va te mettre en mode survie. Il dit stress égale danger. danger égale stockage de l'énergie tu vois et en fait pareil avec l'âge tout ralentit un petit peu donc ton métabolisme de base il ralentit donc tu brûles moins de calories en fait tout simplement mais tout ça c'est pas complètement irrémédiable et t'as plein de mécanismes comme le fait de détruire tes graisses etc ça fonctionne moins bien et il y a un dernier truc qui est important c'est de savoir qu'on parlait du sucre tout à l'heure, le sucre il est pas stocké tel quel dans le corps, quand tu manges Merci. trop de sucre, entre guillemets, eh bien l'excès, il va être stocké dans des cellules graisseuses, ce qu'on appelle les adipocytes. En fait, il va être transformé par le foie, ce qu'on appelle la lipogénèse, il va être transformé en triglycérides et stocké dans des cellules qu'on appelle les adipocytes, qui sont ces cellules graisseuses. Et pourquoi c'est embêtant...
- Speaker #0
Je me repense à mon bilan sanguin, en fait, quand tu dis ça. Le triglycéride, il clignote.
- Speaker #1
Voilà, tu vois. Et pourquoi c'est... Pourquoi c'est intéressant et pourquoi c'est important ? Parce que si c'était juste que des considérations esthétiques, Qui sont quand même teintés de grossophobie De dire ah oui non mais Mais pourquoi au niveau de la santé C'est qu'en fait pendant hyper longtemps C'est dit bah le gras c'est du gras C'est du tissu graisseux point Mais en fait non ce dont on s'est rendu compte C'est que les adipocytes ces cellules graisseuses Elles sont métaboliquement actives Elles sécrètent des médiateurs Des médiateurs de l'inflammation Et elles provoquent ce qu'on appelle une inflammation de bas grade Et cette inflammation elle fait le lit de maladies cardiovasculaires de certains cancers, etc. Non mais c'est vachement intéressant de savoir ça ! Je sais bien, je sais bien ! Je suis bien fatigué ! Elle influence aussi la sécrétion d'hormones impliquées dans la faim et la satiété, d'hormones de stress, et en fait elle est impliquée, en fait c'est métaboliquement actif, ça provoque de l'inflammation, ça joue sur les hormones, etc. Et d'ailleurs c'est pour ça qu'aujourd'hui, tu sais quand on calcule ton risque métabolique, le médecin va prendre ton tour de taille, parce qu'on sait qu'au-delà d'un certain tour de taille, eh bien ton risque métabolique augmente. Alors bien sûr, il y a d'autres facteurs. Hypertension, diabète, tes antécédents, tabagisme.
- Speaker #0
J'ai tout. Sédentarité. Pourquoi je suis encore en vie ?
- Speaker #1
Mais on sait qu'effectivement, le tour de taille, ce n'est pas qu'esthétique. Au-delà d'un certain tour de taille, ton risque cardiovasculaire, ton risque métabolique augmente. Donc tu vois, c'est comme ça que ça...
- Speaker #0
Quels sont les examens médicaux que tous les quadrats devraient faire, mais qu'on repousse souvent ?
- Speaker #1
Alors, déjà ce qu'il faut savoir c'est qu'il n'y a pas de bilan type, il n'y a pas de check-up type à faire à 40 ans spécialement. Ça va dépendre déjà de ton sexe et puis de tes antécédents personnels et familiaux. Bon, on peut dire ce qui serait raisonnable, c'est de dire un petit check-up cardiovasculaire, tu vois, faire prendre ta tension, vérifier que tu n'as pas de diabète, le cholestérol, même si c'est plus complexe que ça, mais voilà, évaluer ton risque métabolique. Bon, ça, ça peut être déjà une première chose. Faire un électrocardiogramme, ça c'est pas mal. ça c'est bien depuis,
- Speaker #0
pour la santé bien docteur j'ai tout fait, bon les résultats électrocardiogramme il va bien,
- Speaker #1
cholestérol tout ça après pour le reste ça dépend vraiment des antécédents dans ta famille et puis aussi de ton mode de vie aussi tu vois effectivement c'est bien aussi de faire un petit check up santé mentale addiction, ça c'est super important checker son sommeil Parce que ça aussi, vérifier que t'es pas par exemple un syndrome d'apnée du sommeil J'ai Parce que ça c'est un facteur de risque cardiovasculaire Tu dis je comprends pas que je sois encore en vie Non mais parce que le syndrome d'apnée du sommeil c'est aussi un facteur de risque Non seulement ça fatigue évidemment parce que ton sommeil est pas de bonne qualité Mais c'est aussi un facteur de risque cardiovasculaire Et puis après pour les hommes c'est pas tout de suite qu'il faut faire checker Sauf antécédents particuliers ou symptômes
- Speaker #0
la prostate ça se vérifie un peu plus tard ce que sous-entendait ma question c'est que je sais que désolé Aurélien je sais que mon frère il a dû recevoir le petit papier il faut aller faire le test puisqu'il a 50 ans il va recevoir le petit papier de aller prostate,
- Speaker #1
colon le dépissage systématique pour les femmes la mammographie c'est recommandé à partir de 50 ans c'est vrai qu'aujourd'hui aussi J'ai du mal à dire des choses définitives parce qu'aujourd'hui, on sait que le taux de cancer... Je ne veux pas déprimer les gens, parce qu'en plus... Mais le taux de cancer est en train d'exploser un peu chez les gens jeunes. Je pense à cause de l'alimentation, à cause des pesticides, à cause de la pollution, de plein de choses. Et du coup, voilà. Mais en théorie, pour l'instant, la mammographie s'est recommandée à partir de 50 ans. Sauf si on a des antécédents familiaux, particuliers. Allez voir le gynéco une fois par an pour les femmes. Je te dis ça, mais moi, je ne le fais pas du tout. Les médecins c'est les pires, c'est les pires du pire. Il paraît, j'ai déjà entendu dire ça. Non mais c'est vrai parce que du coup en plus... Non, il n'y a même pas de médicaments chez vous quoi. Non mais non, ça fait hyper longtemps que je n'ai pas vu de gynéco, mais plus je n'y vais pas, moins j'ose y aller, parce que j'ai peur de me faire engueuler, et plus je me dis, en plus quand je vais y aller, on va me trouver forcément un truc très grave, parce que ça fait des années que je ne suis pas allée. Donc je suis en train de donner des conseils que j'applique. que de l'appliquer pas moi-même.
- Speaker #0
En gros, les quadras, s'il y a des examens à faire, c'est cardiovasculaire quand même.
- Speaker #1
Femmes comme hommes,
- Speaker #0
parce que les femmes ont souvent tendance à se dire « moi je suis tranquille pour le cœur » , c'est pas vrai. Non, pas du tout, et d'ailleurs,
- Speaker #1
ça c'est super important à dire, c'est que la ménopause, en fait les oestrogènes sont protecteurs pour le cœur, protecteurs cardiovasculaires. Donc avant la ménopause, les femmes ont moins de risques cardiovasculaires que les hommes. Mais après la ménopause, Eh bien, en fait, le risque cardiovasculaire chez les femmes rejoint celui des hommes. Et parfois, même dans certains cas, il peut être plus élevé. Or, on sait en plus que la présentation de l'infarctus chez les femmes, c'est pas la même. C'est pas la douleur thoracique qui irradie dans le bras et qu'on se tient la poitrine. C'est pas la même chose. Ça peut être une anxiété brutale. C'est pas sérieux. Si, si. Des nausées, des vomissements, un inconfort, malaise. Et c'est pas la même chose. Et on sait que comme, en fait, la médecine... Elle n'a pas été pensée du tout, tu vois... Pour les femmes. Pour les femmes. Eh bien, encore aujourd'hui, les femmes, elles ont un retard de prise en charge pour l'infarctus, une surmortalité. Elles sont prises en charge en moyenne 30 minutes, avec 30 minutes de retard. Or, chaque minute compte dans l'infarctus, parce qu'à chaque fois, une minute en plus, c'est des cellules du cœur qui se détruisent, qui se nécrosent, tu vois. Donc ça, c'est super important. Et pareil pour les femmes à partir de 40 ans, checker si on a des symptômes inhabituels qui arrivent. Il faut savoir que la périménopause, c'est-à-dire la face qui vient. avant la ménopause, elle peut durer jusqu'à 10 ans avant. Et tu peux expérimenter des tonnes de symptômes, vraiment sur tous les plans, psychologiques, physiques, digestifs, tout, En gros, n'importe quel signe nouveau qui apparaît à partir de la quarantaine et quand tu es une femme, il faut poser la question à ton médecin, parce qu'en plus les médecins sont hyper mal formés sur la ménopause. Parce que comme c'est un problème qui concerne les femmes, on s'en fout.
- Speaker #0
On commence à en parler un peu plus, je trouve. Je trouve que ce n'est plus un mot tabou. Non, ce n'est plus un mot tabou, mais il faut que ça rentre.
- Speaker #1
J'ai demandé ça parce que pour une autre raison, je préparais un travail là-dessus. Et pas plus tard qu'hier ou avant-hier, j'ai posé la question aux étudiants en médecine en disant, vous avez des cours sur la ménopause aujourd'hui, spécifiques. Par exemple, tu vois ce que je viens de te dire sur l'infarctus, ce n'est pas encore dit de façon vraiment claire aux étudiants en médecine. Et la ménopause, pareil, c'est une demi-page, tu vois, dans un cours. Bon,
- Speaker #0
donc, mesdames, comme messieurs, c'est 40 ans. Mesdames, je le redis, vous aussi. Petit examen cardiovasculaire, ça ne coûte rien. En plus, moi, je l'ai fait, j'ai tout fait. Le test d'effort, bon, ça prend une demi-journée, ce n'est pas grave. Oui, c'est vrai. Et en plus,
- Speaker #1
je crois que la Sécu t'envoie des... Je ne sais pas, j'ai vu... Tu peux faire des bilans avec la sécu. Ou tu passes une journée dans un centre de la sécu, tu fais tout. Y compris les dents, les yeux, le cœur. Tu vois ? Faut en profiter tant que c'est encore possible.
- Speaker #0
Bon, Abigail, tu vas passer sur le grill des quadras comme tout le monde. Une réponse, question courte, réponse courte, du mieux que tu peux. Le goût d'un bonbon de ton enfance qui te manque ?
- Speaker #1
Tu sais, les fils de coca. C'est super long, là. Ceux qui piquaient ou ceux qui piquaient pas ? Ceux qui piquaient. Et aussi, d'ailleurs, quand je me suis dit... Je me souviens que ma mère elle me donnait 10 francs Tous les jeudis 10 francs mais c'est rien en fait C'est 1,50€ Et en fait c'était quand je faisais Parce que j'étais en musique études donc j'étais au conservatoire Et c'était après mes cours de musique du jeudi On allait à la boulangerie avec mes 10 francs Et tu ressortais t'avais un sac énorme Et c'est là que tu vois que l'inflation Et tu mettais plein de trucs en plus Aujourd'hui c'est le goût de l'inflation.
- Speaker #0
Mais voilà, c'est ça. L'émission de ton enfance qui te manque ?
- Speaker #1
En fait je suis une hyper grande fan de Sailor Moon. D'ailleurs regarde, tu vois, j'ai un tatouage de Sailor Moon. C'était mon rêve d'ado et je l'ai réalisé à la quarantaine. Ça c'était ma crise de la quarantaine.
- Speaker #0
C'est bien fait.
- Speaker #1
Et évidemment tous les dessins animés qui m'ont servi à faire mon éducation sentimentale. Tu vois parce que je me souviens... Lucille Amouré Rock'n Roll. Voilà, Lucille Amouré Rock'n Roll. Jeanne et Serge, Juliette Je t'aime, Sailor Moon. et en fait, Candy... Gwendoline, tout ça. Et je me souviens qu'à l'époque, pour moi, c'était genre érotique au dernier stade.
- Speaker #0
Moi, petit, Candy, ça me gênait un peu des fois.
- Speaker #1
Et en fait, je me souviens que je me levais en scred pour aller regarder la télé. C'était vers 7h, 8h au Club Dorothée. Et dès que mes parents arrivaient, j'avais peur comme si je regardais un truc incroyable.
- Speaker #0
Un truc que disaient tes parents qui te saoulaient mais que t'appliques quand même aujourd'hui.
- Speaker #1
Non, mais mes parents, ils disaient pas grand-chose. C'est pas des... C'est des parents extraordinaires, mais qui ne font pas de grandes leçons de vie, de morale et tout ça. Mais c'est plus en les observant. On parlait du fait qu'ils étaient famille d'accueil. Ils sont hyper généreux. Mais c'est vraiment incroyable. Ils viennent de deux familles assez difficiles. Et en fait, je les ai vus donner sans relâche aux autres. Mais toi,
- Speaker #0
un truc que tu appliques ?
- Speaker #1
Que j'applique ? Qu'il faut s'intéresser aux autres et essayer de donner. Après, je le fais beaucoup moins qu'eux. C'est des seins par rapport à moi.
- Speaker #0
Un adjectif pour qualifier la génération Z, les 20-30 ?
- Speaker #1
Un certain
- Speaker #0
Tu te voyais faire quoi quand t'étais petite à 40 ans ?
- Speaker #1
Je me voyais Je voulais être artiste Je voulais faire de la musique Donc j'en fais Et je voulais être médecin Et je voulais écrire Donc il me reste encore Il me reste l'écriture Mais très sincèrement Je pense que je vis J'ai vécu vraiment plein de mes rêves et je suis hyper contente.
- Speaker #0
Merci beaucoup Abigail. Merci à toi. Merci pour ton engagement, pour ton regard sur notre système de santé et surtout pour le travail que tu accomplis. Je tiens à remercier aussi tout le personnel médical à travers toi. Vraiment merci parce que moi, vous m'avez, dans ma vie, j'ai pu le croiser souvent et donc c'est pour ça que ça me tenait à cœur de t'inviter. Donc merci vraiment. Merci à toi pour l'invitation. Et encore merci à tout le personnel médical. Et je souhaite que vous puissiez travailler dans des meilleures conditions. Je te souhaite une très belle continuation, aussi bien aux urgences que dans tout ce que tu entreprends. Je vous remercie beaucoup les Quadras. Merci encore à tous ceux qui suivent, ceux qui s'abonnent, ceux qui likent. Je le dis souvent, mais c'est grâce à vous que Quadras existe. On se retrouve très vite dans un épisode de Quadras. Encore merci à Abigail. Ciao les Quadras. Générique