- Speaker #0
Alors déjà, j'ai pardonné à tout le monde et je me suis pardonnée, clairement, mais vraiment, avec le cœur, avec un amour inconditionnel aussi. Remercier les épreuves, ça a été déjà la première action que j'ai pu faire, de me dire que les addictions m'ont permis d'aller... Tu vois, cet emprisonnement m'a permis d'aller découvrir la liberté. La maladie me permet d'explorer la santé et c'est comme ça qu'on vit.
- Speaker #1
Un matin, on s'est réveillés et bim, 40 piges. Comment ça va les quadras ? Bienvenue dans votre univers, bienvenue dans Quadra. Ensemble, on va parler des joies et des galères de la quarantaine. Vous savez, cette période où vous vous rendez compte que ce qui prend plus de poids que vous, ce sont vos responsabilités. Donc faites une pause dans le Quadra Univers, lâchez les biberons, lâchez les applis de rencontre, et bienvenue dans Quadra. Comment ça va les quadras ? Aujourd'hui je reçois une artiste qui a marqué toute une génération avec son titre La Liste. Un titre qui a accompagné beaucoup de vies. Beaucoup d'histoires et beaucoup de quadras. Mais derrière les chansons, il y a aussi une femme qui a traversé des tempêtes, connue des combats intimes, qui s'est reconstruite et qui aujourd'hui transforme son vécu en paroles utiles et en transmission. Chanteuse, maman, autrice, podcasteuse, une femme libre, sincère et profondément engagée. Je suis très heureux de recevoir Rose. Rose, bonjour, comment vas-tu ?
- Speaker #0
Merci Camille, bonjour Camille, ça va très bien.
- Speaker #1
Les intros, je fais toujours gaffe à ce que je dis, mais c'est toujours une éloche.
- Speaker #0
Non mais ça m'a fait rire d'être d'abord chanteuse et après maman. Maman avant podcasteuse et le reste, donc c'est rigolo.
- Speaker #1
En même temps t'as été maman...
- Speaker #0
Non j'ai été chanteuse et après... C'est ça, on est d'accord. Bravo. Chronologiquement on est bon.
- Speaker #1
Je me rappelle de ce que tu m'as dit au téléphone.
- Speaker #0
Voilà, mais c'est parfait.
- Speaker #1
Quand tu repenses à la rose de la liste, donc il y a 20 ans, qu'est-ce que cette période ça représente pour toi ? aujourd'hui ?
- Speaker #0
C'est une période, on va dire, de folie. Vraiment d'euphorie. Tu sais, quand t'as passé 20 ans à pas savoir ce que tu voulais faire de ta vie, et que chaque fois que tes copines te disaient « je vais faire leur master, je monte à Paris parce que moi je suis niçoise, je monte à Paris pour faire le DESS droit des médias, moi j'étais en droit mais je savais pas pourquoi j'étais là. »
- Speaker #1
Comme beaucoup de gens qui vont en droit,
- Speaker #0
je crois. Ma mère disait toujours « t'as fait 4 ans de droit et tout le reste tordu. » Merci. C'est vraiment moi, mon vrai mal-être, il était dans je ne sais pas ce que je vais faire, qu'est-ce qu'on va faire de toi ? Il y avait même un titre à l'époque, je l'aimais beaucoup, c'était qu'est-ce qu'on va faire de toi ? Et là, à ce moment-là, je sais ce que je vais faire de moi. Les gens autour ont l'air de savoir ce qu'on va faire de moi. Et ça fonctionne pour tout le monde. Non, c'est une vraie euphorie. Alors après, je ne touche plus seule. Et il y a énormément d'amnésie. Je ne vais pas dire traumatique, mais peut-être même. Mais il y a pas mal d'amnésies sur cette période et sur plein d'autres périodes d'ailleurs.
- Speaker #1
Il y a des trucs que tu as oubliés ?
- Speaker #0
Moi j'ai oublié des pans entiers de ma vie. Je ne peux pas te citer un prof de maîtrise, de mes cours de droit. Je ne peux pas te citer... Je ne me rappelle pas avant 8 ans, toute ma petite enfance. Dans cette période-là de Rose qui commence, il y a des salles de concerts, des tournées. Je ne me rappelle pas du tout. On me dit mais là, je t'ai vu à tel concert, à telle salle. Je dis ah bon, j'ai joué dans cette salle ? Donc je sais que je pense que les consommations, en tout cas, ont eu sûrement pas mal d'effets sur mon cerveau. Et aussi, je pense qu'il y a des choses que j'ai préféré oublier parce qu'elles sont associées, pas parce que ça n'allait pas, mais c'est que j'ai eu un moment autour de 30 ans où tout a basculé pour moi une première fois, avec un divorce vraiment impromptu. Et c'est le moment où je suis au sommet de ma gloire. Donc je pense qu'à ce moment-là, j'ai associé le rose, premier album, succès. et des astres amoureux.
- Speaker #1
On n'associe pas forcément toute cette période-là d'euphorie à quelque chose de négatif. Il y a eu aussi des choses très positives. Ah non,
- Speaker #0
complètement, c'est ce que je te dis. J'ai effacé des choses et il y a d'autres pour moi qui restent gravées à tout jamais. Par exemple, la cigale en 2007, c'est le plus beau jour de ma vie. Alors que je le dis tout le temps, alors que j'ai eu un enfant. Il y a vraiment ce moment où je monte sur scène, je n'avais pas compris que j'avais des fans. Avant de monter sur scène, je suis dans ma loge et j'entends chanter, j'entends du bruit, je dis qu'est-ce qui se passe ? Et ils viennent me voir, mes musiciens, ils me disent ça fait 15 minutes qu'ils sont en train de chanter Tchao Bela. Et donc ils m'attendaient, le public et là je comprends qu'il y a 2000 personnes ou je sais plus combien qui sont en train de chanter Tchao Bela je me dis donc ils connaissent le disque ? C'était quelques mois après la sortie. Qui sont-ils ces gens ? Et puis là je monte sur scène et j'ai que un album à jouer donc j'ai 12 titres, le concert dure 56 minutes tu vois et je suis là je me rappelle que j'ai pas touché le sol et que j'étais comme si galvanisée et je me répétais à moi-même mais c'est le plus beau jour de ma vie donc évidemment j'ai des moments de fou et tu sais quand on t'appelle toutes les 5 minutes pour te donner une bonne nouvelle t'es va ta ra ta ta, allo oui c'est Michel Drucker, ça y est tu vends 20 000 disques par semaine, t'es numéro 1 des ventes pendant 6 mois Donc c'est que des bonnes nouvelles. Donc oui, en plus on a créé Rose de toute pièce avec ma meilleure amie qui est devenue ma manageuse. Donc on était toutes les deux en mode euphorie permanente.
- Speaker #1
Oui parce qu'il faut savoir que tu n'appelles pas Rose au départ.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Tu t'appelles Keren.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Voilà, donc pas Rose. Mais Rose c'est très bien. D'ailleurs ma mère m'a dit, si tu avais une fille, tu pourrais l'appeler Rose. Je lui ai dit, ouais mais maman, oublie cette idée. Pourquoi ? Parce que c'est trop tard, je n'ai plus envie. J'ai déjà expliqué mille fois dans les autres épisodes.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Pour moi, même pour les mecs, il y a une date limite.
- Speaker #0
C'est vrai ?
- Speaker #1
Voilà. J'ai pas envie d'avoir un enfant vieux, d'être vieux en ayant un enfant. J'ai pas l'énergie. Ah oui, oui, je vois. J'ai pas l'énergie. Peut-être que d'autres raisons m'empêchent de le faire, mais j'ai pas l'énergie.
- Speaker #0
Moi, je peux tout à fait comprendre ça.
- Speaker #1
Comment le succès, ça a influencé sur la femme que tu es, l'artiste que t'es devenue ?
- Speaker #0
Déjà, tu te construis en tant qu'artiste. sur un métier que tu ne connais pas.
- Speaker #1
Ce n'était pas un but au départ.
- Speaker #0
Non, et surtout je n'avais pas travaillé pour. Je ne savais même pas que je voulais faire ça quelques mois avant. C'est-à-dire déjà tu arrives et tu ne sais pas faire ton métier. C'est comme si d'un coup on te dit que tu es avocat, mais tu n'as jamais lu un contrat. Moi je ne savais pas ce qu'étaient des retours sur scène, je ne savais pas ce que c'était de répéter, je ne savais rien, je ne savais pas comment on enregistrait un album en studio. Quand j'étais en télé, pour moi, je m'habillais au début, j'avais l'impression d'aller à une bar mitzvah, tu vois. Non mais tu sais, tu crois que c'est ta fête, tu vois.
- Speaker #1
Non mais tu sais,
- Speaker #0
tu vas chercher les plus belles robes, t'es à l'ouest quoi. Et puis je suis niçoise, donc un peu cagole aussi. Donc déjà, il y a ce truc-là, j'ai l'impression de ne pas savoir faire ce métier. Donc du coup, petit syndrome d'imposteur qui devient de plus en plus grand. Parce que plus j'avance, et moi je sais faire mon métier en vrai, parce que c'est des plus grandes salles, des moments qui me paraissent... à mon sens, démesurée par rapport à ce que je sais faire, tu vois. Et puis en plus, je commence clairement à avoir besoin, moi, de boire, de faire la fête et d'aller sur scène en ayant bu un verre, deux verres, et puis de plus en plus. Puis parfois sur scène, j'ai besoin d'avoir de l'alcool, évidemment. Donc je me construis comme ça. Et puis je commence ce métier-là avec déjà un déficit de confiance et tout simplement beaucoup de névrose, beaucoup de choses pas réglées. qui sont devenus, en fait, c'était des petits démons qui sont devenus des monstres.
- Speaker #1
Des grands monstres. Le succès, c'est pas fait pour tout le monde.
- Speaker #0
Moi, je pense que c'est fait pour personne. Mais c'est comme les enfants. Tu veux pas avoir un enfant tard. Moi, je pense que plus les choses arrivent tard, mieux c'est.
- Speaker #1
Bon, peut-être que je vais changer d'idée. Mais quand je dis le succès, c'est pas fait pour tout le monde, j'entends, c'est vrai que t'as des gens qui ont du succès, mais dont une... qu'on n'a pas les travers qu'on imagine avec, qu'on vit très discrète qu'on vit tout à fait normal et à la limite tu te dis que le succès c'est peut-être fait pour eux c'est vrai,
- Speaker #0
moi quand je pense à Alain Souchon par exemple je me dis ouais c'est ça pour moi les Francis Cabrel c'est vrai qu'il y a des gens qui arrivent à garder la tête froide, j'appelle ça les vieilles âmes, c'est-à-dire qu'ils continuent à faire leur vie tranquille.
- Speaker #1
Oui pour eux c'est un métier pas au-delà de ça.
- Speaker #0
Il y a tellement de façons aussi d'avoir du succès il y a des succès médiatisés beaucoup trop vite il y a des succès qui sont financier où personne ne connaît les gens. Il y a toutes sortes de succès. Moi, je pense que c'est surtout le fait qu'on te reconnaisse partout qui fait vraiment un coup. Parce que tu te retrouves à aller faire tes courses au Lidl et puis les gens, tous, te montent du doigt et disent « Ah, t'as vu, c'est rose ! » Ça arrive du jour au lendemain.
- Speaker #1
Donc on peut avoir du succès à aller chez Lidl quand même.
- Speaker #0
On continue, on continue.
- Speaker #1
Les pauvres ont marché.
- Speaker #0
Alors aussi, évidemment, il y a ce complexe-là aussi, le fait que tu te dis, comme je te disais, il faut que je m'habille. À un moment donné, il fallait que j'achète tout, plus cher et plus grand et plus que tout le monde.
- Speaker #1
À quel moment de ton parcours tu as senti que tu n'étais plus seulement une chanteuse, mais que tu étais une femme avec quelque chose de plus profond à transmettre ?
- Speaker #0
Très tard. Parce que quand je chantais, les albums que j'ai faits, les fans que j'ai eus me disaient « Tu nous guéris, ton album m'a sauvée » . Le nombre de fois où on m'a dit « Mon premier album ou la liste t'avait sauvée » , je ne comprenais pas pourquoi les gens pouvaient dire ça. Je me disais « À quel moment un album ou une chanson te sauve ? » Je n'ai pas compris mon utilité. Je me sentais vraiment tout à fait inutile. J'avais l'impression que je faisais ça vraiment pour moi. Et que c'était moi, moi, moi, le succès, tout le monde me disait tout ce que tu donnes, tout ce que tu offres. Donc il y avait vraiment ce truc imposteur, il avait l'impression d'être quelqu'un de faux, tu vois, parce que moi je voulais juste faire la fête. J'essayais de guérir mes névroses à travers le succès. Donc en fait c'est un raccourci foireux à l'auto-approbation. C'est-à-dire le succès c'est vraiment le raccourci foireux pour s'aimer. Donc au début tu crois que tu vas t'aimer parce que des milliers de gens t'aiment. Tu t'aperçois que c'est un fossé qui ne cesse de se creuser. Et en fait, finalement... je me suis... C'était quoi la question ? Ah oui, c'est quoi la question ?
- Speaker #1
À quel moment t'as senti que t'avais autre chose que la chanteuse à francier ?
- Speaker #0
Ça a commencé en 2017 quand j'ai commencé à écrire Kérosène. Quand j'ai arrêté de boire et de prendre de la cocaïne, en fait, le 11 octobre 2017, je me suis accompagnée d'un journal de bord qui est devenu un livre qui s'appelle Kérosène. Et là, je sentais en fait qu'il y avait... Je ne sais pas, je me sentais investie d'une mission aussi qui était de... transmettre mon histoire, de dire peut-être ça va aider des gens, peut-être ça va réveiller des gens. Et j'avais aussi l'impression d'avoir tout compris. Et ça, ça a été plusieurs moments dans ma vie comme ça. C'est-à-dire, j'ai fait dix ans de thérapie, j'ai cru que j'avais tout compris. J'ai écrit un livre, j'ai cru que j'avais tout compris. J'ai eu un cancer du sein. Je me suis dit, ça c'est l'épreuve qui va faire que j'ai tout compris. Et aujourd'hui, c'est génial parce que j'ai compris que je ne comprenais rien et qu'on ne comprendrait jamais rien jusqu'au bout. Donc ça, déjà, ça va déjà mieux là-dessus. Mais j'ai commencé à voir que kérosène... Les Montagnes roses, le livre sur le cancer du sein, donc ça a été d'affilée. C'était en 2021 où tout ça est arrivé en fait. Et derrière la création du podcast Contradictions, je me suis rendu compte que depuis 2017 en fait je ne fais que des choses... En fait je reviens à mon premier métier qui était institutrice.
- Speaker #1
J'allais dire, il y a un besoin de transmettre là dans ce que tu dis.
- Speaker #0
Mais c'est pas pour rien, je sais pas pourquoi j'ai été institutrice deux ans. À chaque fois on me dit c'était une vocation, je dis non. Mais il faut le faire quand même de se dire j'ai fait du droit, je vais être instit. Je sais pas pourquoi. Et je sais... qu'il y a quelque chose de l'ordre de la transmission qui pour moi est essentiel et je crois qu'on est là pour ça.
- Speaker #1
On parle de tout le monde mais bon quand on sait le faire autant le faire.
- Speaker #0
Ah si je pense, on est là, tu vois t'es en train de faire ça, tu le fais pas avec ta fille Rose mais tu le fais là. On le fait avec des livres, on le fait avec nos enfants, on le fait tellement... Je pense que de toute façon l'art est vraiment aussi multiple, ce n'est que de la transmission.
- Speaker #1
Et comme on est dans le quadra, t'as eu ce succès jeune, la quarantaine c'est quoi pour toi ?
- Speaker #0
Alors j'ai eu de la chance, j'ai préféré ma quarantaine à ma trentaine parce qu'à ma trentaine je me retrouve donc succès. Je croyais que j'étais en haut de l'affiche, j'avais de l'argent, un mari. J'avais tout ce qu'il me fallait puis tout s'effondre parce que mon mari décide que finalement il s'est trompé. Il faut savoir que c'était lui qui déjà m'avait quitté et pour lequel j'avais écrit la liste. Donc après on s'est fait faire l'histoire folle et à 40 ans, c'est la première fois que je fête un anniversaire sobre. Déjà, c'est une folie. J'ai arrêté à 39 ans.
- Speaker #1
On peut dire l'âge que t'as ?
- Speaker #0
47 aujourd'hui. Et en fait, même s'il y a eu des écarts, moi j'aime pas dire le mot rechute, mais en tout cas c'est comme ça qu'on avance, pour moi, à mon sens, c'est en tombant. Et en tout cas, à ce moment-là, mes 40 ans, par exemple, j'ai demandé comme cadeau à mon mec de m'offrir un saut en parachute. J'ai demandé à mes amis, ils me disaient « qu'est-ce que tu veux pour tes 40 ans ? » Je voulais un jasmin. En fait, je voulais des choses qui restent. Et j'ai compris, pour moi, la quarantaine... C'est en fait une espèce d'ancrage et en même temps sauter dans le vide. Donc c'était ça pour moi la quarantaine, c'était je voulais des plantes et sauter en parachute. Donc tu vois, je crois que j'ai passé toute ma quarantaine, c'est-à-dire pour l'instant 8 ans pratiquement, comme ça. C'est-à-dire je me sens vraiment bien ancrée, je me sens sereine et en même temps j'ai toujours envie de me mettre en danger, de prendre des risques et de jamais être en sécurité.
- Speaker #1
C'est marrant parce que tu vois tout à l'heure tu parlais de... que pour certaines personnes, l'Alice, ça leur a sauvé la vie et tout, et je fais lien avec la quarantaine. Moi, par exemple, quand j'y repense, c'est la chanson « L'envie » de Ben Mazoué, qui m'a clairement sauvé... Mais je vous dis honnêtement, j'en ai déjà parlé de cette chanson, mais pas au point de dire vraiment, ça m'a sauvé la vie, mais sauvé la vie au sens propre du terme. Parce que la quarantaine, plus cette chanson, ont fait que je me suis dit Tac, je vais un peu m'ancrer dans le sol, tu vois. Et je pense que la quarantaine a ce truc.
- Speaker #0
C'est quoi ce titre ? Parce que c'est dans l'album 35 ans ?
- Speaker #1
C'est dans l'album Paradis. Ah,
- Speaker #0
après.
- Speaker #1
Et je ne suis même pas sûr qu'elle soit dans toutes les versions de Paradis. Parce que moi, Ben aussi,
- Speaker #0
tu vois...
- Speaker #1
C'est une chanson où il dit, c'est pas l'espoir qui sauve, c'est l'envie. Et il décide d'arrêter de se battre contre des chimères et d'arrêter de croire que la faute, c'est les autres. Et qu'à un moment donné, il est temps de se regarder dans le miroir et de se dire, les coups de pied au cul, tu vas te les foutre tout seul.
- Speaker #0
Mais il est très bon pour les résolutions. Une des dernières chansons qui s'appelle Résolution, elle est incroyable. J'imagine qu'elle doit te parler. Mais moi, c'était 35 ans, un trottoir sale sous tes pas. Et à la fin, ça finit par « il reste un sachet à finir » . Donc je pense que Ben et moi, on a pas mal de points communs. Je pense d'ailleurs qu'on devrait tout à fait se marier, mais il veut pas.
- Speaker #1
Faites au moins du haut déjà.
- Speaker #0
Mais ça non plus il ne veut pas. Déjà on devait aller marcher en forêt la semaine dernière et ça ne s'est pas fait finalement. Donc je relance en fait un appel à Ben Mazuet à quand la marche en forêt ?
- Speaker #1
Et tu peux lui dire qu'il me ferait le plus grand cadeau de Quadra s'il acceptait un jour de vie.
- Speaker #0
Il n'accepte pas grand chose.
- Speaker #1
Parce que je pense que je lui ferais une déclaration d'admiration.
- Speaker #0
Et moi je l'y ai déjà faite parce que je pense que c'est de loin le meilleur auteur.
- Speaker #1
Aujourd'hui oui.
- Speaker #0
Je ne vois pas mieux.
- Speaker #1
Comment tu perçois les choses, contrairement à quand tu avais 30 ans, le regard sur la société, le regard sur le monde, les réseaux sociaux ? Comment aujourd'hui tu perçois les choses, maintenant qu'il y a la sobriété et l'âge qui est arrivé aussi ?
- Speaker #0
Je me sens en décalage avec le monde parce que j'ai évolué d'une façon depuis quelques années qui est assez particulière, qui s'éloigne beaucoup du côté matérialiste de la vie, du monde, parfois même un peu perché. très spirituel. Et donc, il y a plein de choses que je ne comprends pas. La façon dont fonctionnent les gens, le fait de faire des choses pour un but ou pour une question financière, par exemple, je n'y arriverai jamais. Donc, quand le monde, on va dire, entre guillemets, fonctionne de façon capitaliste, la réussite, une réussite, c'est souvent ça, aujourd'hui, déjà, j'ai du mal. Après, j'ai compris aussi que je devais arrêter de comparer mon intérieur avec l'extérieur des autres. Donc les réseaux sociaux, c'était fini. Donc j'ai des réseaux sociaux qui sont gérés par quelqu'un. Je vais sur ma messagerie, sur mon ordi, je réponds aux gens, mais je ne vais pas voir. En fait, je ne comprends pas. Et pareil, dans le métro, je ne comprends pas non plus qu'on puisse plus croiser le regard de personne. Donc j'ai l'air complètement, comment on dit, réac. En vrai, je m'en fous. Je m'en fous même. Je n'ai pas du tout vocation à vouloir ni changer les choses, ni me battre, ni râler. Ce n'est pas ça du tout. Il y a une incompréhension. Et maintenant, moi, je m'occupe, je m'attèle plutôt à soigner ma propre écologie, c'est-à-dire le monde, la planète, tout ça. J'avoue, en fait, j'ai un peu baissé les bras. Et je me dis, de toute façon, si tout le monde faisait le travail déjà avec sa propre personne, avec ses enfants, si on transmettait des belles valeurs... Déjà ça irait beaucoup mieux, tu vois, si tout le monde faisait du yoga, il n'y aurait pas de guerre, tu vois, la meuf, la folle. Écoute ça Donald Trump ! Écoute ça, voilà, j'espère que ça sera la punchline, si tout le monde faisait du yoga, il n'y aurait pas de guerre.
- Speaker #1
Ça sera le titre.
- Speaker #0
Non mais il y a quand même un problème dans la politique, dans le sens où il n'y a jamais eu un politicien qui a eu envie de changer les choses pour de bon, c'est plutôt des gens qui veulent avoir du pouvoir et en fait ça ne m'intéresse pas. Voilà comment je vois le monde.
- Speaker #1
Et le fait d'être maire, ça a changé des choses.
- Speaker #0
En fait, ça a changé que déjà, ce que le fait d'être mère a changé pour moi, c'est-à-dire que ça a renversé mon monde, c'est-à-dire que je ne me détruisais plus moi. Je détruisais aussi mon fils, ma famille, son avenir, la vision de la vie. Je lui donnais une vision de la vie d'un sordide, parce que quand tu vas mal, tu ne peux pas transmettre la joie. Et moi, c'est surtout ça que j'ai voulu changer au début. je me suis dit c'est ce que je te dis, c'est de travailler ma propre écologie mais quand je dis écologie c'est ton corps, c'est pas être vegan c'est tes pensées, c'est qu'est-ce que tu dis qu'est-ce que tu transmets, moi j'étais à fond en mode bitch j'adorais parler des gens dire des trucs, tout le monde est jamais assez bien moi je suis meilleure et en fait tu regardes les autres, tu les envies, tu les jalouses et tous ces sentiments-là ils m'ont ruiné je pense qu'ils m'ont même usé et renié mon cœur jusqu'à ce que je crée un cancer du sein quoi Mais vraiment, j'en suis sûre. Et donc j'ai cette vision-là, moi, de l'écologie des pensées, qui est que tu crées... Aujourd'hui, il y a la mode de Michael, tout le monde montre partout qu'en fait, Michael... Et c'est pas lui, en plus, qui a dit la phrase qui est dans le film. Ils disent, si tu peux visualiser quelque chose et que ton cœur peut y croire, alors tu peux le réaliser. C'est Jesse Jackson, c'est pas Michael Jackson qui a dit ça, donc c'est complètement fou. Mais c'est vraiment ça. Ça veut dire que je considère, aujourd'hui, c'est ça que j'apprends à mon fils, c'est qu'en fait... C'est tes pensées qui sont créatrices et si tu penses à mal, si tu es tout le temps en train de critiquer, d'envier et surtout de parler mal de toi, c'est par le bien de ta personne et moi j'ai passé 40 ans. 40 ans, écoute bien, à dire que j'étais une grosse merde. Voilà, à chaque fois.
- Speaker #1
Et en vouloir aux autres.
- Speaker #0
Ah ouais, et puis c'est la faute des autres. Et vous ne comprenez pas comment je souffre. Et c'est ça que je faisais dans mes albums avant. Vous ne savez pas pourquoi, moi ce n'est pas pareil, moi c'est plus dur. Et c'est ça que je fais là dans Rose Movie, c'est d'expliquer qu'en fait, j'ai compris vraiment qu'il y avait une universalité de tout ça. Et que ce que je dis dans Mitraillette, c'est que je ne suis pas pire que toi, mais pas mieux en fait. Vraiment ça. finalement on est tous des êtres humains en chemin et chacun le sien t'as parlé publiquement de tes addictions ce qui demande beaucoup de courage comment c'est venu cette prise de conscience et l'envie d'en parler alors la prise de conscience elle est très progressive les gens veulent toujours avoir un déclic je pense qu'il y en a eu plusieurs donc il y a eu déjà mon fils ça a duré encore quelques années d'abord j'ai J'ai pas consommé pendant un an quoi que ce soit, mais moi j'ai arrêté d'allaiter pour pouvoir revoir, donc déjà il y avait un problème. Donc là j'ai vu que j'avais hâte d'arrêter d'allaiter, donc j'ai commencé à avoir et puis j'ai commencé à aller très très mal, et donc comme je te disais, ce déclic de dire je veux avoir de la joie à transmettre à mon fils. Donc de toute façon c'est soit je continue comme ça, soit je meurs, soit je me suicide, soit je vis comme un déchet et mon fils lui va être impacté toute sa vie, soit je change tout. Donc il y a eu ça, mais il y a aussi j'ai rencontré l'amour à ce moment-là et donc je voulais que ça fonctionne pour une fois. Donc je me suis dit il faut que je sorte ça de ma vie. Mais l'élément déclencheur du fait que tu as vraiment un problème, c'est ce moment-là où après tous ces déclics, tu décides d'arrêter. Et tu t'aperçois que tu n'arrives pas. Parce que tu es là à dire ok, donc tout est sur la table, je sais pourquoi je vais arrêter. Tout est là. J'ai envie d'arrêter, j'ai la volonté d'arrêter. Je prends une psy, je prends une psychiatre, je me rends à l'hôpital Fernand Vidal où il y a un centre addicto. J'ai une super psy que je vois encore, mais je commence à chaque fois à arrêter une semaine, deux semaines et je reviens. Deux semaines, trois semaines, je reviens. Et en fait je m'aperçois qu'en fait je suis incapable de mettre un pied dehors sans boire. Et moi je voulais juste arrêter la cocaïne, donc ça je l'ai tellement dit, je l'ai dit deux milliards de fois, mais voilà, il a fallu à un moment donné que j'arrête de boire parce que c'était trop lié. Et ça, ça a pris, mais... A partir du moment où j'ai pris conscience que c'était un problème en 2000... En 2016, avant ça, je croyais que j'étais juste une teufuse, quoi. J'étais rock'n'roll.
- Speaker #1
L'allégorie de la fête, la fameuse.
- Speaker #0
Et puis moi, vous ne comprenez pas, moi je suis rock'n'roll, et puis moi c'est Janis Joplin, voilà. En 2016, vraiment, je prends en main le truc. J'arrive quand même à la conclusion, plus d'un an et demi après, à dire, ok, bon, donc ce n'est pas la cocaïne, le problème c'est l'alcool. Et donc, forcément, j'ai arrêté de boire et j'ai tout arrêté. Donc là, à partir de là, je me suis dit, ok, tout ce que j'ai fait avant... il y a plusieurs phases, il y a la phase où tu penses que t'as été une espèce de mensonge pendant toutes ces années parce que tout ce que t'as fait tu l'as fait sous substance, donc d'un coup je me rappelle de concerts, je me rappelle de soirées je me rappelle d'anniversaire de mon fils où j'étais là avec mes verres de blanc et je me sens malhonnête et j'avais envie juste de pouvoir dire aussi aux gens que j'aimais même mes parents et tout ça, je voulais en fait qu'on sache ce que j'avais vécu toutes ces années où les gens pensaient que j'étais fêtarde alors qu'en fait j'étais dans un déni total quoi. Et en fait en écrivant le livre, comme tous les artistes et comme j'ai toujours fait, ça veut dire que j'ai écrit toujours sur moi, je me dis c'est une oeuvre maintenant je vais la sortir tu vois. Je me suis même pas dit, je suis courageuse, pas du tout, je me suis dit de toute façon c'est ça que je sais faire, je vis les choses, je les écris et après je les offre à qui veut. Et donc j'ai fait ça.
- Speaker #1
Faut forcément une souffrance pour être addict.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Alors oui,
- Speaker #0
mais j'irais plus loin, c'est que partout où il y a de la souffrance, il y a un manque d'amour. Donc c'est vraiment, tout est une sorte de lien. Donc la blessure d'attachement, elle est là à l'origine de tout. On va toujours trouver des exceptions, mais je veux dire... Il y a un rapport au lien avec les autres et avec soi, c'est-à-dire soit on est en dissociation, donc moi je pense avoir été dissociée de mon corps pendant des années, soit on est en représentation, c'est-à-dire que moi j'avais l'impression qu'il y avait moi, il y avait Rose au-dessus, comme ça, qui faisait sa vie, enfin vraiment, c'est comme si j'étais inconsciente.
- Speaker #1
Et le fait d'avoir créé Rose, ça a pu jouer ?
- Speaker #0
Oui, parce que déjà, moi je pense que les personnages qu'on joue, c'est-à-dire Keren, Camille, ces corps incarnés, qui à la base sont des âmes, déjà on crée un personnage de toutes pièces, on a décidé qu'on était comme ceci, comme cela, moi je suis Gémeaux, moi je suis ci, moi je suis ça. Donc déjà on se crée des rôles, on joue vraiment, et ça c'est normal, c'est le jeu de l'incarnation, c'est pour ça qu'on appelle ça l'ego, on s'incarne dans un corps avec un ego, l'ego c'est pour pouvoir être une individualité entre toi et moi.
- Speaker #1
Le pire des maîtres et le meilleur des servites.
- Speaker #0
Et en fait, le problème il devient quand tu t'identifies au personnage que tu as créé, c'est-à-dire que maintenant j'ai quand même un recul qui est là de dire je crois que je suis comme ça, mais non, moi je ne suis pas ça Et en fait, quand l'ego il crée un autre personnage, t'imagines le bordel Donc il y a Keren, qui était déjà un personnage créé de toutes pièces, qui crée Rose Donc oui, c'est toujours un bordel
- Speaker #1
Et cette addiction, on en a parlé un peu l'autre fois, parce que j'ai entendu cette phrase où je t'ai dit, où on disait une dame qui disait que la Merci. L'addiction, avant d'être un problème, c'est d'abord une solution. Qu'est-ce qui fait qu'on se rend compte que c'est devenu un problème ?
- Speaker #0
C'est à partir du moment où la solution ne fonctionne plus. Ça veut dire que vraiment, elle fonctionnait pour faire tout un tas de choses. Donc au début, c'est vraiment une façon d'auto-réguler ses émotions, c'est une façon de surmonter une timidité, c'est une façon de surmonter une mésestime. Donc évidemment, ça fonctionne. Moi, je pensais que je m'adorais. Parce que j'étais là, moi, regardez-moi, regardez-moi, je voulais attirer les yeux, la lumière sur moi. Et j'y arrivais. Donc, grâce à l'alcool, mais l'alcool m'a aidé à monter sur scène aussi au tout début dans des bars, par exemple. Et puis, il m'aidait à avoir mon personnage social et à être en joie et enthousiaste et d'avoir envie de faire des choses. Au bout d'un moment, de toute façon, non seulement ça devient dépresseur, donc c'est tout l'inverse. En plus, c'est un cercle vicieux de dépression, tout simplement. Donc, à un moment donné, vraiment, moi, je suis devenue suicidaire. Et non seulement la solution est obsolète, mais en plus, ton corps ne peut plus s'en passer et ton cerveau pense encore que ça va marcher. Donc oui, c'est une solution avant de devenir un problème.
- Speaker #1
Mais c'est vrai que c'est problématique quand ça devient cette solution, comme tu viens de dire, de t'amener une espèce d'énergie. Je le dis officiellement, donc j'ai un problème avec l'alcool. où ça devient obligatoirement quotidien parce que la vie est comme un ennui quand il n'y a pas. Tu vois ce que je veux dire ? Pourtant, je suis quelqu'un de joyeux au départ. Et comme je te dis, ce n'est pas mon podcast, c'est le tien.
- Speaker #0
Comme je te le dis, c'est que tu le sais très bien qu'à la base, on est lumière, on est joie. Regarde les enfants, c'est très rare quand même un enfant dépressif. Tu vois ce que je veux dire ? Malheureusement, les personnages qu'on a dû se créer, ce n'est pas des personnages, c'est des boucliers. Donc, tu te protèges de telle et telle et telle chose. À la fin, tu es en muret, tu vois ce que je veux dire ? Mais je veux dire, à la base, la joie, la lumière, elle est là. C'est comme le ciel, quand on te dit aujourd'hui, Christophe André, pour t'apprendre à méditer, il te dit, les nuages, ça passe dans le ciel, mais le ciel est toujours là. Donc, c'est la même chose. Moi, j'ai compris que cette lumière et cette joie, elle était là. Et que parfois, j'avais quelque chose de triste, quelque chose de douloureux, quelque chose de colérique. Mais je ne suis pas à colère, je ne suis pas triste, en fait. C'est que je ressens de la tristesse, et puis c'est tout. Mais si tu te rappelles tout le temps que la joie, elle est là, tu n'as pas besoin de falsifier quoi que ce soit. Tu vois ce que je veux dire ? Mais une fois que tu as ancré ça dans ta tête, que toi, la vie, elle est ennuyeuse, et que si tu ne prends pas de l'alcool, tu vas te faire chier, tu vas crever d'ennui, chose que j'ai crue pendant vraiment 20 ans, mais vraiment, je ne comprenais même pas que ce soit possible de ne pas boire. En fait,
- Speaker #1
si tu veux, c'est ce que je t'ai expliqué tout à l'heure, Je m'en ch... pas, comme Maximilien que tu as reçu dans ton podcast, qui était un excessif quand il buvait, où lui ça allait à beaucoup de bouteilles, etc. Moi, c'est juste, c'est quotidien, régulier, et le fait de ne pas avoir, c'est là où je vais devenir... Mon caractère va changer. Mais, je suis conscient, et ça m'amène à cette question justement que je vais te poser, concernant tout le monde, tous les gens qui sont dans ce problème-là, une fois que tu as compris qu'il y avait un problème, donc que tu es passé par cette phase-là, Tu te poses forcément la question de te dire, ouais mais la vie va ressembler à quoi sans ça ? T'as l'impression que la vie va être un néant total, sans. Donc comment tu supportes, quand le jour où toi tu décides vraiment de passer le cap, malgré les écarts comme tu dis, et non pas les rechutes, comment tu décides de dire un jour, ben en fait non, la vie c'est bien sans ?
- Speaker #0
C'est un processus qui peut être très long. Donc souvent, ceux qui n'y arrivent pas, c'est ceux qui veulent aller très vite, et qui pensent qu'on leur a fait croire aussi beaucoup, j'ai arrêté de boire, c'est formidable.
- Speaker #1
C'est faux, mais c'est faux.
- Speaker #0
mais au début oui, alors au début d'abord tu peux très vite avoir une espèce de lune de miel avec la sobriété qui est déjà de retrouver ton énergie de par exemple tu perds du poids t'as une meilleure gueule, tout le monde te dit t'as l'air enfant tu vois ça mais ça dure vraiment des fois 3 mois et en général derrière tu fais de la boulimie, enfin tu vois de toute façon tu bouches un trou et il y en a un autre donc ça c'est sûr, mais en fait c'est un processus qui est de l'ordre de comment est-ce que je vais pouvoir me remplir de quelque chose que je ne vais pas avoir besoin de répéter en continu, parce que ça, par exemple, le nombre de choses que j'ai découvertes, que j'aimais, mais je me dis, attends, mais ça, ça veut dire que si je continue comme ça, je vais en avoir besoin tout le temps. C'est-à-dire, maintenant, je sais ce qui me nourrit pour de bon ou ce que je vais devoir répéter. Non-stop, ad vitam aeternam, et qui va me faire du mal au final. Tu vois ce que je veux dire ? Parce que tu peux remplacer une drogue par une autre, il n'y a pas de souci. Tu arrêtes de boire, tu fais autre chose. En fait, c'est de se rendre compte que tu peux te nourrir d'autres choses, de découvrir en toi quelque chose de plus grand que toi. Et c'est pour ça que la spiritualité aide énormément les addicts et que tous les groupes de parole, le programme des 12 steps, les 12 étapes... et basé sur un programme spirituel, évidemment, sur un éveil. C'est pour ça que les psychédéliques aujourd'hui fonctionnent aussi parce qu'elles induisent un éveil. Qu'est-ce que c'est un éveil ? C'est pas Bouddha. Un éveil, c'est... Non mais t'es pas en train de l'éviter quoi ! C'est qu'en fait, tu vas créer des nouveaux chemins neuronaux où finalement, quand tu vas vivre telle chose avec ta mère ou avec qui que ce soit, eh ben, ton cerveau, il va pas fonctionner de la même façon. Tu vas te dire, bah oui, mais là si je vais boire, ça va être pire. Donc je vais plutôt faire ça. Et là, d'un coup, tu ouvres un nouveau chemin neuronal. et ainsi de suite et c'est une chose c'est la théorie des petits pas c'est une chose qui va t'en amener à une autre t'en amener à une autre mais là tu t'es construit en pensant que la vie était d'un ennui mortel sans alcool déjà je vais te dire c'est faux parce que honnêtement pour
- Speaker #1
moi l'alcool rend extrêmement triste mais le pire si tu veux c'est ça c'est que plus ce poison est là plus il est là tous les jours Plus tous les matins, je me réveillais de plus en plus triste. Et je vais commencer à être heureux à 16h. Parce que tu vois ce que je veux dire.
- Speaker #0
Parce que tu commences.
- Speaker #1
Et encore, je vais y penser toute la journée. Et ça, c'est depuis, parce que je suis parti vivre dans le Sud, et ça va m'amener à ma question d'après. Quand j'étais là-bas, que j'étais tout seul, après une série d'événements, de licenciements, de deuils, ruptures, tout en même temps. Ruptures le lendemain des obsèques, ça c'est fort. Mais c'est pas grave, justement, ça m'a appris.
- Speaker #0
Les obsèques de qui ?
- Speaker #1
De mon beau-père. Ah oui, alcoolique. Et là, je me suis mis à boire beaucoup, mais ça va, c'est à midi.
- Speaker #0
Donc tu vois bien que c'est une réponse à un dysfonctionnement émotionnel.
- Speaker #1
C'est ce que j'allais te poser comme question. Du coup, quand tu décides de te séparer de n'importe quelle addiction nocive, comment tu fais quand tu dois affronter un événement ? Mais d'abord,
- Speaker #0
tu décides. pas.
- Speaker #1
C'est moi, tout a commencé après mon licenciement.
- Speaker #0
Mais en fait, c'est pas une décision, c'est pas une histoire de volonté aujourd'hui, tout le monde le sait. Parce que tout le monde a... Sinon, personne ne fumerait, personne ne boirait, personne ne se ferait du mal, personne ne se scarifierait. Tu vois ce que je veux dire ? On le saurait si le fait de savoir suffisait ou de dire je veux. Pas du tout. En fait, là, ce qui se passe, c'est que déjà, si tu veux savoir pourquoi tu bois, il faut arrêter de boire. C'est-à-dire, c'est déjà...
- Speaker #1
Tant que tu bois, tu ne peux pas être conscient.
- Speaker #0
Tu ne peux pas. Et donc, en fait... il y a un travail évidemment à faire puisque c'est une autorégulation et une solution que tu as trouvée. Il va falloir travailler avec des thérapeutes, aussi redescendre dans le corps. Aujourd'hui, il y a beaucoup de thérapies par le corps, beaucoup de MDR, EFT, beaucoup de choses qui fonctionnent vraiment sur les traumas et les addictions. Et donc, il va falloir peut-être juste déconstruire aussi ce système-là qui est celui d'avoir cru que c'était ça et rien d'autre qui fonctionnait, parce que en fait, on a le pouvoir de s'autoréguler à la base, et qu'on l'a perdu enfant à un moment donné, où quelque chose ne s'est pas produit. Tu vois, mais moi je ne suis pas thérapeute, je ne veux pas te dire ce que je veux te dire, ce que je veux te dire, c'est que ce n'est pas une décision que tu dois dire j'arrête de boire pour la vie. En fait, c'est une décision que tu réitères chaque jour. Tu dis voilà, aujourd'hui je ne vais pas boire et je vais faire différemment.
- Speaker #1
Là on parle d'alcool, mais ça marche pour tout de toute façon. Oui,
- Speaker #0
parce que là tu me parles d'alcool, mais je veux dire aujourd'hui je ne vais pas consommer et donc je vais faire autre chose, au moment où je suis censée aller boire, et bien je vais peut-être faire autre chose aller voir, bon moi j'ai pas envie de rentrer là-dedans parce que là c'est des thérapies aujourd'hui cognitives et comportementales où vraiment on t'aide à justement changer tes habitudes, le moment précis où il y a le craving et tout ça, ça c'est pas mon job moi mon job il est juste de dire que c'est possible tu vois, que c'est pas si difficile et que en plus le chemin il est lumineux. Je ne dis pas l'arrivée. Parce que l'arrivée, on n'arrive jamais. J'ai étudié, par exemple, moi, ce qui m'a aidée, c'était la philo. Donc d'un coup, je me suis mis à fond dans des philosophes, Spinoza, Epictète, et puis d'un coup, c'était beaucoup les stoïciens, c'était Sénèque, c'était Marc Aurel, tout ça. Et en fait, moi, Spinoza, c'est le premier truc que j'ai vraiment compris, c'est tu crois que tu es libre, mais tu ignores les causes qui te déterminent. Voilà la phrase de Spinoza, les hommes croient qu'ils sont libres. Mais ils ignorent les causes qui les déterminent. Donc en fait, moi je croyais que je... J'ai dit, moi je suis libre, je prends ce verre et je le bois si je veux, parce que c'est moi qui décide. C'est pas toi qui décide. C'est que si tu prends ce verre, c'est parce que t'es persuadé que ça va t'apaiser tel truc, et que sinon la vie elle est chiante et tout ça. Moi, ce que je veux te dire, c'est qu'il y a moyen de faire de ce chemin quelque chose de lumineux. Parce qu'en fait, ce chemin, il va vers toi. Et ça, c'est ça que... L'addiction, elle te fait aller vers l'extérieur. De penser que quelque chose de dehors va te sauver. Mais c'est là que le chemin de l'addiction, il est passionnant, c'est-à-dire que tu vas être obligé de faire l'inverse. Tu vas être obligé d'aller chercher ta propre ressource. Et Christiane Singer, elle disait cette phrase, et c'est ça qui pour moi est la clé, c'est que si tu ne veux pas mourir de soif... « Deviens ta propre source. » Voilà. Dans ce monde qui se dessèche, voilà ce qu'elle dit. Si nous ne voulons pas mourir de soif, il nous faudra devenir source. Mais en fait, c'est pas une métaphore, quoi. Et la soif, c'est pas une métaphore non plus. L'alcool, tout commence par la soif. Tout le monde l'a écrit. Le dernier livre de la psychiatre Camille Charvet, psychiatre addicto à Marmottan, s'appelle « Les assoiffés » . On a soif. Mais soif de quoi ?
- Speaker #1
Eh ben,
- Speaker #0
c'est pas d'alcool. S'il y a une certitude, c'est que ton âme, c'est pas de l'alcool qu'elle attend.
- Speaker #1
J'ai tendance à penser que si l'alcool n'avait pas de problème sur la santé, il y aurait plus d'alcooliques. Si ça n'avait aucun effet.
- Speaker #0
Moi je pense que c'est une drogue qui rétrécit la conscience et qui rend con. Aujourd'hui, je m'autorise de te dire que je déteste l'ivresse et je n'aime pas les jambourés du tout. Je n'aime plus ça. Mais par exemple, je suis une grande amatrice de psychédéliques. Pour moi, les drogues qui ouvrent la conscience, l'ayahuasca... la plante, voilà, ou les champignons, la psilocybine, et puis les thérapies psychédéliques, pour moi c'est l'avenir quoi. Ouvrir la conscience ou rétrécir la conscience. L'alcool à haute dose comme la cocaïne, c'est rétrécissement de conscience, tu tournes en boucle sur toi-même. Moi j'ai quelques amis alcooliques, ils tournent en boucle sur eux-mêmes. T'as qu'à aller dans un PMU, t'écoutes parler les gens qui boivent depuis le matin, tu vas voir... il faut voir Chicandier comment il raconte ça, il dit ouais hier, ils finissent pas leur phase non mais c'est vrai, en fait c'est en boucle sur les impôts et la politique mais sérieux et je peux te dire que quand j'ai arrêté ça, c'est pour ça que c'était facile c'est que soudainement mon monde et ma conscience s'ouvraient à 360 j'ai pu explorer la philosophie, j'ai pu explorer le yoga, la Ayurveda j'ai pu explorer tellement de choses qui ne m'intéressaient pas pas une seconde, je n'avais qu'un seul intérêt, c'était moi, l'alcool, l'alcool, l'alcool, sortir, sortir, sortir, acheter,
- Speaker #1
Et bien justement, à propos des autres, ça fait...
- Speaker #0
Je t'ai mis un tunnel, là.
- Speaker #1
Non mais c'est génial, mais non, mais c'est très bien. Et sans avoir rien pris.
- Speaker #0
Gros tunnel, waouh ! Imagine quand je prenais moi, la cocaïne, les pauvres, les gens...
- Speaker #1
Une nuit entière. Mais justement, en parlant des autres, après 4 saisons de ton podcast Contradiction, Est-ce que tu es encore consciente de pourquoi tu as décidé de créer ce podcast ?
- Speaker #0
Oui, au début c'était clairement pour moi, mais j'ai compris très vite que je croyais que c'était pour moi, mais en fait pas du tout. C'est que j'ai rechuté en 2021 pendant le Covid, et tu vois cette fameuse volonté, ce désir, tout ce que tu dis, la décision. En fait, à un moment donné, tu ne retrouves plus les clés, tu ne sais plus le chemin par où tu étais passé pour être soap en trois ans, et je n'y arrivais plus.
- Speaker #1
Tu es où ?
- Speaker #0
En plus je pensais être guérie, moi j'ai repris un peu l'alcool par-ci par-là et en fait très vite c'est reparti et là j'étais confinée comme tout le monde et je voulais pas retourner en enfer, en plus je venais de sortir un livre qui racontait que j'avais arrêté tout non mais j'étais dans un mensonge et je me sentais encore une fois c'est revenu comme les 30 ans d'avant Kéren tu es une grosse merde ça veut dire que tu as dit des choses et tu n'y arrives pas J'ai bien compris après, grâce au professeur Carilla au début, parce que je l'ai appelé, on se connaissait un peu, il m'a expliqué que c'était normal que les rechutes faisaient partie du chemin. Je dis « Ouais, tu perds et tout » .
- Speaker #1
Ah bah je peux recommencer.
- Speaker #0
Et là, je découvre les groupes Zoom de Narcotique Anonyme et en écoutant parler les gens dans les réunions, je me suis dit « Non mais attends, ça guérit ce truc d'entendre les expériences, les histoires » . quelqu'un qui vient de rechuter, il te raconte sa soirée d'enfer et toi t'es là si t'avais envie d'aller consommer, bah t'y vas pas c'est un truc de fou, ou alors quelqu'un qui te raconte la merveille qu'il est en train de vivre et tous les partages sont fous et je me suis dit il faudrait qu'on puisse écouter plus d'addicts parler, donc au début et moi j'ai écrit tout le pitch de contradiction chez moi pendant le Covid, pendant que je réarrêtais avec Narcotic Anime pendant encore, j'ai arrêté encore un an et puis après j'ai eu un cancer du sein et là j'ai encore rechuté parce que encore une fois des régulations émotionnelles. Et tant que t'as pas trouvé cette autorégulation naturelle normalement, et c'est pour ça qu'aujourd'hui je me considère comme guérie, c'est que je n'ai plus ni l'envie ni le besoin d'aller chercher quelque chose en fait.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui t'a marqué le plus depuis que t'as ce podcast ? Est-ce qu'il y a un témoignage ou une chose ?
- Speaker #0
Moi ce qui m'a marqué le plus depuis le début de mon rétablissement et de tout ce que j'ai appris en... cinq ans là, c'est la spiritualité. C'est que malheureusement... Ou heureusement, mais je dis malheureusement pour ceux qui n'y adhèrent pas ou qui n'ont pas du tout ça en eux, cette grâce, j'ai envie de dire, parce que c'est une grâce quand soudainement tu peux avoir un peu de foi, ça libère tellement... Et ce qui est fou, c'est qu'il y a plein de gens pour qui ça va être très naturel, et d'autres qui vont dire, mais t'es folle, quel rapport Dieu et l'alcool, tu vois ? Marguerite Duras, quand Laure Adler a lui posé cette question sur France Culture dans les Nuits Magnétiques, elle lui dit, est-ce que l'alcool c'est lié à l'amour ? Elle dit non, c'est lié à Dieu. à ce manque d'ordre existentiel. Ça veut dire qu'en fait, on va chercher une connexion à quelque chose de plus grand, puisque en effet, cette vie, elle est trop triste. C'est pas assez grand, c'est trop petit, c'est trop ennuyeux. Tu vois ce que je veux te dire ? Et en fait, je sais très bien ce que tu vas chercher, c'est ce que je vais chercher aussi, mais maintenant, je l'ai trouvé ailleurs. Et ce qui m'a marquée, c'est que même Camille Charvet, la psychiatre de Marmottan, elle te dit que les patients qui ont une forme de spiritualité s'en sortent. Alors il y en a qui te diront, oui, faire semblant d'être spirituel pour s'en sortir, à la limite pourquoi pas, si c'est pour s'en sortir.
- Speaker #1
Parfois il faut se convaincre.
- Speaker #0
Mais en fait au début, tu sais, on te dit, prie et après tu comprendras. Moi on m'avait toujours dit ça dans le judaïsme parce que je suis feuge, et moi je n'ai jamais cru en Dieu, je n'ai jamais pratiqué, je ne suis pas du tout une bonne juive on va dire. Et en fait j'ai trouvé une autre spiritualité, au grand dame de mes parents. Mais c'est-à-dire que j'ai compris que Dieu, c'était bien autre chose. C'est le vivant, le dieu de Spinoza. C'est un dieu immanent, c'est pas transcendant, c'est pas quelqu'un qui va te juger ou te récompenser, pas du tout. C'est une loi universelle, c'est la loi de rétribution, le karma, les causes et les conséquences. C'est très simple en fait. C'est beaucoup plus simple qu'on ne le croit. Après, j'ai été aidée par les psychédéliques, j'ai été aidée par des apparitions dans des trucs, par des messages de médiums. J'ai été aidée, c'est-à-dire que je suis obligée d'y croire en fait.
- Speaker #1
On va parler un peu de ce que tu fais. Je sais que tu n'aimes pas parler projet, tu n'aimes pas parler promo.
- Speaker #0
Ah si, j'adore faire de la promo. Attends, dis donc, quand même.
- Speaker #1
Je ne veux pas me faire taper sur les doigts par André. Non,
- Speaker #0
André,
- Speaker #1
que je salue. Rosemary. Ah, c'est génial, oui. Rosemary. C'est parce qu'il faut que j'appelle une rédaction qui s'appelle Rosemary. Non,
- Speaker #0
mais Marie, c'est ma révélation.
- Speaker #1
Alors, tu as un projet qui est sorti qui s'appelle Rose Movie. où tu explores la musique, l'écriture, la scène. Qu'est-ce qui t'a donné envie de raconter ton histoire de cette manière ? D'arriver avec les trois. En général, t'arrives avec un livre ou un album ou un truc.
- Speaker #0
En fait, les choses, elles se font souvent. Comme je te dis, j'ai pas de projet. Quand ça arrive, d'un coup, c'est cathartique, tout sort. Et voilà, ça jaillit, on va dire. Puis c'est souvent un besoin nécessaire. Et à ce moment-là, j'avais juste envie d'écrire un spectacle qui reprenait mes anciennes chansons. et finalement je trouvais que ce que j'avais envie de raconter ça n'allait pas avec les anciennes chansons donc j'ai écrit des nouveaux textes puis j'ai changé la liste et puis finalement ce que je racontais dans le spectacle je me dis il faut que ça soit aussi dans un livre immortalisé parce qu'il n'y a pas tout le monde qui va aller voir un spectacle loin de là et donc finalement c'est devenu un triple projet mais ça s'est fait en six mois mais c'est pas mon histoire que je voulais raconter moi il y avait vraiment cette idée de dire vous avez vécu un film, moi j'ai vécu le mien je trouve que tous ces détails improbables qui font... qu'on appelle plus communément la vie. Tous ces trucs qui font que là, par exemple, toi et moi, on soit face à face. Il s'est passé des milliards et des milliards de choses arborescentes pour que tu aies mon contact, pour que je te dise oui. Mais c'est comme ça pour chaque micro-événement de la vie. Et je trouve que ça, ça ressemble à un scénario, clairement.
- Speaker #1
Et pourtant, j'hésite de te contacter avant.
- Speaker #0
Ben oui, mais tu vois ce que je veux dire, le scénario du haut. C'est-à-dire, quand tu le regardes d'en haut, le scénario, c'est qu'en fait... C'était écrit, c'était possible, c'était écrit dans les possibilités qu'on se rencontre, mais c'était pas le bon moment. Il y a toujours un bon moment, il y a toujours la bonne personne, il y a toujours la bonne rencontre. Donc c'est ça que je voulais raconter, c'est que ça ressemble à un scénario, tout simplement, si on le regarde d'en haut. Donc il faut être un peu éveillé, encore une fois, c'est-à-dire regarder les choses, pas le nez collé à la vitre, mais un peu au-dessus. C'est-à-dire, putain, c'est quand même dingue ! que si j'avais pas fait ça, j'aurais pas eu ça, et si j'avais pas fait... Tu vois, ça devient fou.
- Speaker #1
En fait, ce projet, c'est la conséquence de tout ce que t'as traversé.
- Speaker #0
Mais c'est le karma, en fait. Mais le karma, c'est pas une punition. Le karma, c'est la cause et la conséquence des choses. Oui, ça, les gens, ils ont tendance à croire que le karma, c'est tu seras puni parce que t'as fait quelque chose de mal. Genre, il t'arrive une merde, on dit, bah, karma, hein ! Ou alors, j'ai dû être une grosse merde dans les vies d'avant, parce que... Oui, alors bon, y'a pas ça, y'a pas cette histoire de punition du tout. C'est juste que chaque cause a un effet, chaque effet a une cause, et en fait, il suffit un petit peu de... d'agir en conscience pour que les conséquences de nos actes soient plus justes, on va dire, et pour créer moins de karma. Le karma, c'est une dette karmique, tu vois, mais c'est une balance, en fait, c'est neutre, il n'y a pas de bien ou de mal, en fait. Et pour essayer d'aplanir ce karma, ce qu'on vient faire vie après vie, je fais une petite parenthèse réincarniste, eh bien, voilà, il va falloir un petit peu aplanir le karma. Donc tout ce qui arrive est nécessaire, comme dans un scénario, et donc je raconte dans cette histoire que les gens qu'on rencontre, Et bien ils sont nécessaires parce qu'ils font évoluer le personnage dans le film, parce qu'on ne paye pas des acteurs pour rien dans un film. Si le mec il est là, c'est qu'il a un rôle. Et nous, dans notre vie, on ne se rend pas compte que telle personne, on veut absolument dire « Ouais, t'as vu ce mec-là, ce qu'il m'a fait ? » Mais en fait, il est venu jouer le rôle, celui-là, pour te réveiller telle ou telle chose. Donc chaque événement...
- Speaker #1
C'est très stoïcien comme...
- Speaker #0
C'est plutôt bouddhiste, mais...
- Speaker #1
J'avais vu un truc de Marc Aurel où il dit que, de toute façon, tous les matins quand tu devras te lever, tu seras obligé d'accepter un relou. Un méchant... Je ne suis pas sûre qu'il l'ait dit comme ça, Marco. Il ne l'a pas dit comme ça. Marco, il ne parlait pas comme ça. Je ne parle pas latin et je n'ai plus la phrase exacte. Mais qu'en gros, le problème n'est pas toujours les autres. De toute façon, tu vas les rencontrer.
- Speaker #0
Oui, mais c'est surtout nécessaire et que ça passe par ça. Il n'y a aucun autre intérêt à ce qu'on ait des égaux, des individualités pour se rencontrer. Donc finalement, ce qui va se passer, c'est que chaque événement... Chaque personne que tu vas rencontrer dans ton film va pas forcément te sauver, mais te révéler à toi. C'est-à-dire que l'autre comme un miroir... Moi souvent je donne des conseils à des gens et je me rends compte que c'est exactement ce que je devrais faire. T'as envie de t'appliquer. Donc c'est pour ça, voilà, appliquons un peu nos conseils parce que c'est même pas parce que ça fait bien d'appliquer ses propres conseils mais c'est juste que souvent quand tu donnes un conseil, c'est qu'il est pour toi. Et en fait c'est comme ça pour tout. Donc voilà, c'est ça Rose Movie.
- Speaker #1
Ok, on a hâte de découvrir Rose Movie. Il y a forcément, au moment où... où tu étais addict, etc., des mauvaises décisions que tu as prises, est-ce qu'aujourd'hui, tu dirais pardon à certaines personnes, et est-ce que tu te pardonnes à toi ?
- Speaker #0
Alors déjà, j'ai pardonné à tout le monde, et je me suis pardonnée, clairement, mais vraiment, avec le cœur, avec un amour inconditionnel aussi. Remercier les épreuves, ça a été déjà la première action que j'ai pu faire, de me dire que les addictions m'ont permis d'aller... Tu vois, cet emprisonnement m'a permis d'aller découvrir la liberté. La maladie me permet d'explorer la santé et c'est comme ça qu'on vit. Je ne vois pas d'autre façon de vivre et surtout d'autres raisons. On vient juste expérimenter des choses. C'est-à-dire que tout ce que j'ai vécu, comme je t'ai dit, ça faisait partie des personnages de mon film et ils étaient utiles pour tout. Donc ça, je n'ai aucun souci, mais je reviens sur l'idée des mauvaises décisions. Je ne pense pas qu'il y ait du bien ou du mal. Je pense qu'il y a des décisions plus ou moins élevées pour le choix de notre âme. C'est-à-dire qu'on est venu évoluer. Donc, tout simplement, il y a des décisions qui ne font pas évoluer.
- Speaker #1
Non, mais je dis ça parce que c'est vrai que moi, je me rends compte du nombre de... Justement, depuis que j'avais qu'on allait faire ce podcast, bizarrement, j'y pense. Mais le nombre de choses à côté desquelles je suis passé, de mauvaises décisions que j'ai prises, de gens que j'ai pu blesser ou moi être blessé. Parce que l'alcool était là. Parce que sobre, j'aurais fait autrement.
- Speaker #0
Mais en fait, il est toujours temps.
- Speaker #1
Oui, mais je ne dis pas.
- Speaker #0
Tu sais, dans les 12 étapes... tu as 12 étapes et tu en as une où tu fais il y a une étape où tu fais la liste de tous les gens que tu as lésés, l'étape d'après tu vas voir chaque personne et tu fais un monde honorable donc le programme c'est pas un programme pour arrêter de boire c'est un programme pour devenir la personne que tu es et pour surtout vivre en paix parce qu'il n'y a qu'une seule chose qui compte c'est la paix parce qu'en fait on va chercher la paix tout le temps on dit ouais je vais faire ça pour avoir la paix, non tu as la paix, tu trouves la paix en toi et après tu vas chercher les choses grâce à la paix Mais il faut arrêter de penser qu'il y a des choses qui vont t'apporter la paix, c'est pas vrai. Tu vas la trouver en toi, et cette paix-là, et je pense que tout ce que tu viens de décrire là, c'est justement ça qui va être ta force pour justement pouvoir faire ce switch-là et te dire en fait, il y a une autre vie à mener, il y a autre chose à vivre. Parce qu'en fait, il y a une phrase très importante qu'il faut que tu saches, c'est que tout, tu connais déjà tout avec l'alcool. Donc si tu crois que tu vas te faire chier en arrêtant de boire, crois-moi, ça va être tout l'inverse. Parce que... Il te reste tout le reste à faire sans.
- Speaker #1
Donc ça ne marche pas que pour moi. Ça marche pour tous les gens qui sont dans ma situation. Tu vas passer quand même sur le grill des quadras, comme tout le monde.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
On va le faire rapidos. De toute façon, c'est une question rapide, une réponse rapide.
- Speaker #0
Oui, je vais essayer, promis.
- Speaker #1
Tu as déjà un peu triché tout à l'heure, puisque tu en as vu un bout.
- Speaker #0
J'ai entendu une question.
- Speaker #1
Allez, c'est parti, Rose, sur le grill des quadras. Le goût d'un bonbon de ton enfance qui te manque ?
- Speaker #0
C'est les petits sachets avec les trucs qui piquent.
- Speaker #1
Ah, les fizzy-pazzy ! Fidzi Pazzi, il n'y a que la soucette dedans.
- Speaker #0
Le doigt ! Le doigt rouge !
- Speaker #1
L'émission de ton enfance qui a disparu et qui te manque ?
- Speaker #0
Le club de Roté, pas de pitié pour les croissants.
- Speaker #1
Ah ouais, c'était trop bien avec les jeux.
- Speaker #0
Le dimanche, tu vois, le dimanche c'était une joie à l'époque.
- Speaker #1
C'est un capa ! T'en avais welkeur, on avait tout. Un truc que disaient tes parents, qui te saoulait mais que t'appliques quand même aujourd'hui ?
- Speaker #0
Mon père, c'est le roi des proverbes. En plus, il les dit tout à l'envers. Il me disait « arrête ton charme, baigneur » . Non, mais j'aime bien celui de ma mère qui dit « et aujourd'hui, je l'applique, c'est comme on fait son lit, on se couche » . Et ça, c'est vrai.
- Speaker #1
Elle, elle le disait bien. Elle ne disait pas « arrête ton charme » .
- Speaker #0
Ouais, « arrête ton charme, baigneur » .
- Speaker #1
Un adjectif pour qualifier la génération Z, les 20-30 ans ?
- Speaker #0
TDAH. TDAH. C'est pas un adjectif, mais on peut y aller.
- Speaker #1
On l'avait dit. Tu devais y faire quoi ? Ça va pas s'arranger. Non, je pense pas. Tu devais faire quoi à 40 ans, quand t'étais petite ?
- Speaker #0
Bah c'est fou parce que je pense que... En tout cas j'ai une vidéo de moi petite qui dit... Je m'en rappelle pas, moi, mais je sais que j'ai une vidéo qui dit « Qu'est-ce que tu veux faire plus tard ? » J'ai dit « Je veux être une star ! »
- Speaker #1
Bah écoute, tu l'es et on est bien contents. Une star pour plein de choses. Merci beaucoup.
- Speaker #0
C'est moi qui te remercie.
- Speaker #1
Je rappelle qu'on retrouve ton podcast Contradiction. Je te remercie de l'avoir fait. Je prends plaisir à le découvrir et à l'écouter de plus en plus et les messages que tu portes depuis plusieurs années. Je rappelle aussi Rose Movie, donc on a un album déjà disponible, un livre à retrouver en librairie et un spectacle qui repart en tournée en automne et on pourra te retrouver en juillet au Francophonie de la Rochelle. J'ai tout bon ? C'est parfait. Merci beaucoup Rose. C'est moi, vraiment merci. Merci beaucoup les Quadras, merci à ceux qui suivent, qui s'abonnent, qui commentent, qui likent. Je dis toujours la même chose, je sais que je le dis. Merci parce que c'est grâce à vous que Quadra existe. Donc on se retrouve très vite dans un épisode de Quadra. Encore merci Rose.
- Speaker #0
Merci beaucoup Camille. Vraiment c'était...
- Speaker #1
Avec plaisir.
- Speaker #0
C'était intense. Merci.
- Speaker #1
Ciao les Quadras.