- Speaker #0
Alors celui qui m'agace le plus, c'est les avocats, ils n'ont pas trop de morale ou une morale quand même un peu différente des autres parce que pour arriver à défendre des criminels et délinquants,
- Speaker #1
il faut se dire un mot. Un matin, on s'est réveillé et bim, 40 piges. Comment ça va les quadras ? Bienvenue dans votre univers, bienvenue dans Quadra. Ensemble, on va parler des joies et des galères de la quarantaine. Vous savez, cette période où vous vous rendez compte que ce qui prend plus de poids que vous,
- Speaker #0
Ce sont vos responsabilités.
- Speaker #1
Quadra est diffusé sur les plateformes audio comme Spotify, Apple Podcasts, Deezer, etc. Mais aussi sur YouTube et sur les réseaux sociaux Instagram et TikTok quadra.podcast. Donc faites une pause dans le Quadro-univers, lâchez les biberons, lâchez les applis de rencontre et bienvenue dans Quadra. Comment ça va les quadras ? Aujourd'hui, je reçois Sébastien Wüst. ancien avocat pendant 18 ans il est devenu humoriste et il démonte avec beaucoup d'humour les clichés sur la justice dans son spectacle maître vous avez la parole qui est actuellement au théâtre des maturins à paris on va parler de son parcours de la réalité du métier d'avocat de celui d'humoriste et surtout on va voir si on peut vraiment rire de tout sébastien bonjour comment ça va et bonjour très bien très heureux d'être là et ben moi aussi je suis ravi on a mis un peu de temps pour le faire mais je suis ravi qu'on passe et je vais te faire une première confidence. Pas besoin d'un avocat. Non, c'est bon, ça c'est réglé. Je t'embrasse, Maitana et Pérez. Mais mon rêve, c'était de devenir avocat.
- Speaker #0
C'est vrai ? Ouais, ça ne m'étonne pas.
- Speaker #1
Quand j'étais môme.
- Speaker #0
C'est une profession passion, c'est une profession qui est aussi très fantasmée par toute la fiction, et ça se comprend. C'est pour ça. La profession de médecin, toutes ces professions-là, c'est normal qu'elle fasse rêver. Moi, ça ne me surprend pas.
- Speaker #1
C'était grâce ou à cause du film Slippers. Je me rappelle de ce film. Tu avais Brad Pitt qui jouait un procureur, et celui qui jouait l'avocat en face, c'était Dustin Hoffman, qui était un très mauvais avocat.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
C'était un film avec Kevin Bacon sur des gamins qui se faisaient maltraiter, qui étaient violés en prison.
- Speaker #0
Très bien, ça me revient.
- Speaker #1
Et ce film m'avait fasciné, et je m'étais dit, un jour je serai procureur ou avocat. Et comme j'ai arrêté l'école en troisième...
- Speaker #0
Il m'en fait quelques années, c'est utile.
- Speaker #1
À quel moment... Un avocat sérieux pendant 18 ans, enfin sérieux j'imagine, au moins un métier, se dit tiens je vais faire rire avec la justice.
- Speaker #0
Ça c'est venu progressivement. Moi je faisais une activité d'avocat qui était tournée vers la victime. Au bout de quelques années, je suis spécialisé en fait dans ce domaine des victimes d'agressions, d'accidents. Et donc c'était très lourd émotionnellement et j'ai eu besoin avec le temps de trouver des moments où... plus léger, alors j'aurais pu faire de la musique, moi j'ai des copains avocats qui sont dans des groupes de rock, faire de la peinture plein de choses.
- Speaker #1
J'espère qu'ils ne disent pas que le code civil tous les jours.
- Speaker #0
Certainement pas et voilà, moi je me suis remis au théâtre, j'ai été remis parce que j'en avais fait quand j'étais étudiant, lycéen et puis voilà, le théâtre j'ai voulu faire de la comédie parce que j'avais besoin d'alléger un peu tout ça Et j'ai eu envie ensuite d'écrire et je me suis dit, écrire sur quoi ? Je vais écrire sur ce que je connais le mieux, c'est cette profession d'avocat, puis ça va m'aider aussi à désamorcer plein de choses. Voilà, donc ça s'est fait progressivement, en tout cas l'envie de rire et de faire rire avec ce boulot.
- Speaker #1
Et c'était une reconversion ou tu faisais déjà rire les clients ?
- Speaker #0
C'est marrant cette question parce que j'ai toujours eu un comportement plutôt... Oui, avoir ce besoin de... avant de désamorcer, de prendre les choses avec légèreté, avec recul. Mais dans mon boulot, je le faisais beaucoup dans ma vie privée, dans mon boulot, c'était quand même plus compliqué. Quand tu as face à toi des victimes de préjudice parfois assez lourds. J'ai une blague. Exactement. Après, l'humour, tu l'utilises quand même comme un outil. Quand tu es avocat, parfois pour, en plaidoirie, reprendre l'attention d'un juge ou essayer de faire un effet. Oui, l'humour fait partie des outils comme le silence, comme comme parfois la colère. Mais de là à te dire que quand j'étais avocat, je faisais déjà beaucoup rire à les salles d'audience. Non, là, ça serait mentir.
- Speaker #1
Si t'arrives avec les mêmes vannes que tu fais sur les réponses, parce que tu fais aussi des chroniques sur les réponses, parfois elles sont un peu caustiques.
- Speaker #0
Non, ce qui était plus difficile, c'est parce que moi, j'ai commencé à faire rire sur scène alors que j'étais encore avocat. Et c'est vrai qu'il y a eu un moment où j'avais envie aussi de lier un peu ces... Donc à la fois je parlais de droit sur scène, mais j'avais très envie de faire rire aussi en dehors de la scène. Et c'est vrai qu'il y a eu ces moments où, quand j'arrivais, parce que aussi des fois t'as des juges qui peuvent venir te voir sur scène et qui te retrouvent en salle d'audience. Donc il y a eu cette période un peu entre les deux.
- Speaker #1
Parce qu'on dit souvent, les avocats ils font du théâtre dans l'inconscient. pour les gens qui ne sont pas du métier, vous êtes des comédiens déjà pour nous. Est-ce qu'on écrit une plaidoirie comme on écrit un sketch ?
- Speaker #0
Un sketch ou une chronique ? Non, parce qu'une chronique ou un sketch, surtout quand tu fais de l'humour, tu réfléchis en termes d'efficacité d'humour, même si tu peux avoir un propos, un fil conducteur du fond. Mais tu as une sorte de gymnastique aussi qui se crée pour essayer de faire rire avec un effet de surprise, avec des punchlines, etc. et tu n'écris pas une plaidoirie comme ça. En tout cas, moi, je n'écrivais pas une plaidoirie. Moi, les plaidoiries, je les écrivais en ayant toujours en tête l'objectif de quoi je voulais convaincre le tribunal. Et en fait, ça me guidait tout au long de la plaidoirie. Mais par contre, sur la notion de théâtre, de dire que les avocats, finalement, ils font un peu du théâtre, c'est marrant parce que quand on me posait cette question, quand on me disait ça au début, moi, j'avais tendance à me dire, non, pas du tout, monsieur n'a rien à voir, c'est du cliché, moi qui combat tous les clichés. Et tu vois, il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis. Je reconnais, je ne vais pas dire que c'est du théâtre, mais oui, en tout cas, il y a des outils que l'on peut utiliser sur scène et que l'on utilise aussi d'une certaine manière dans une salle d'audience parce que dans les deux cas, on veut convaincre. Alors, si ce n'est pas un public, ça va être un juge. Et dans les deux cas, il faut savoir prendre la parole en public, utiliser les mots pour convaincre. Et donc, il y a des outils quand même qu'on voit effectivement dans les deux univers. Et c'est vrai que le... Le Palais de Justice, c'est du théâtre vivant, alors souvent malheureux, rempli de tristesse, d'émotion. Mais oui, il y a une sorte de part théâtrale au sens que c'est un miroir de la vie, de la réalité.
- Speaker #1
Quand j'étais... Parfois je raconte un peu ma vie.
- Speaker #0
Ah mais avec plaisir !
- Speaker #1
Quand j'étais ado justement, après la troisième où on m'a dit tiens, tu vas aller en filière professionnelle, il ne servit à rien. Comme je séchais beaucoup les cours dans cette bière professionnelle, qui était l'hôtellerie, au final, j'ai fait de la restauration après. C'est un comble. Mais quand je séchais les cours, j'allais au tribunal de Paris. Ah, il y avait une vraie.
- Speaker #0
J'allais voir les...
- Speaker #1
Ah oui, oui. Et j'allais, parce que j'allais voir ça comme si j'allais voir un film.
- Speaker #0
Oui, oui. Et je comprends. Et je comprends complètement. Et d'ailleurs, à la limite, c'est mieux. Plutôt que de regarder uniquement, aujourd'hui, des séries télé des films et se dire la réalité, c'est ça. Moi, je pense qu'il vaut mieux aller voir, finalement, un... une audience, parce que la plupart des audiences sont publiques, il y a assez peu d'audiences à huis clos finalement, et on apprend plein de choses, c'est génial. Et puis, en mettant le spectacle, je dis, ça fait relativiser aussi. Parfois, quand on fait une audience en tant que spectateur, dans le public, pendant une demi-journée, on sort, moi ça va finalement. Mais c'est pas ça. Bien sûr.
- Speaker #1
Tu sors, tu dis, ça va. Ça va, finalement ma vie elle est bien. Bien ma vie. On relativise. marqué parce que un jour, il n'y avait que des mecs qui passaient à la file pour des délits d'alcool au flanc. Et ça s'enchaînait. Il y a autant de mecs qui boivent et qui prennent la route. Et du coup, maintenant, j'en suis moi qui... Donc, t'as 47 ans, on le dit. On peut le dire. T'es dans la génération quadrate, donc on peut... À quel moment, à quel âge t'as la bascule de te dire Ok, ça fait 18 ans que je fais avocat, ok j'ai fait du théâtre, et bien je vais aller sur scène.
- Speaker #0
Au moment de ma vie où je ne suis plus en mesure de faire les deux, à 100% et de les faire bien. Puisque comme je te disais, il y a eu une période de ma vie où j'étais à la fois sur scène et encore en cabinet. Et la scène a pris de plus en plus de place, surtout avec le One Man Show. Parce qu'au début je faisais plus de pièces de théâtre, et là il y avait encore un rythme qui était faisable. que je pouvais équilibrer avec ma vie professionnelle. Et le one-man show, par chance, a fonctionné. J'ai eu de plus en plus de dates. Et là, je me suis retrouvé à être au cabinet du lundi au jeudi, partir jouer jeudi, vendredi, samedi. C'était à Avignon. Moi, j'ai fait le festival à Avignon deux étés de suite, alors que j'étais encore en cabinet. Donc, c'était une vie de dingue. Souvent, les comédiens, quand tu leur demandes comment se passe Avignon, ils vont te dire que c'est dur à Avignon, parce que tu tractes toute la journée, tu joues. Moi, je faisais ça et en plus, je traitais mes mails de cabinet dès que j'avais un peu de temps ou dès que je rentrais le soir dans mon studio. Bon, là, je me suis dit, ce n'est plus possible. Puis, j'avais une vie de famille, une femme, une fille. Et là, il faut prendre une décision. Alors, toi, tu gardes finalement cette activité sur scène comme un loisir. et puis tu continues ton activité d'avocat qui fonctionnait bien, dans laquelle j'étais quand même heureux. Soit tu décides de basculer. Et là, par contre, la décision, je l'ai prise en quelques secondes. J'étais, en tout cas, même si j'ai mis un an à préparer la sortie, parce qu'il ne s'agissait pas de dire aux gens et notamment aux victimes que je suivais, allez, salut, je m'en vais, débrouillez-vous. Mais la décision, elle a été prise en quelques secondes parce que je ne me voyais pas. ne pas aller au bout de cette aventure sur scène. Et c'est d'ailleurs ce que je raconte dans le spectacle, je dis j'avais peur de me réveiller à 80 ans, me retourner et me dire ah t'as pas été au bout, maintenant c'est trop tard.
- Speaker #1
Et c'est marrant parce qu'on parlait de ça tout à l'heure tous les deux en off, on parlait de la génération de nos parents, qui elles faisaient le même métier toute sa vie.
- Speaker #0
Et tu ne peux pas poser la question, ou si cette génération, enfin la génération de nos parents, si elles s'étaient posé cette question, elles auraient dit c'est pas grave, je vais jusqu'au bout. Voilà. Allez, réveille-toi ! Un coup de mousse, un caprice, ça ira mieux pendant les vacances, tu verras. Et notre génération, cette réflexion, c'est sans doute ce que j'ai appelé ma crise de la quarantaine. C'est qu'en fait, ça n'a pas juste été une question, ça a été une réflexion. Remettre le plaisir au milieu des cercles de priorité. Et puis voir aussi les conséquences que ça avait sur la vie de famille. Moi, si j'ai basculé aussi... finalement si j'ai pris la décision aussi vite de basculer c'est parce que j'avais une femme, ma femme qui m'a dit à l'époque écoute moi je préfère que tu reviennes à la maison avec la banane plutôt que rentrer alors certes avec une super carrière d'avocat mais en faisant la gueule et elle m'a dit si c'est là que t'es heureux vas-y fonce, fonce le soutien c'est hyper important dans le temps il y a une reconversion j'imagine essentielle en plus des reconversions où tu bascules les gens des fois c'est comme ça limite. Tu étais avocat de 18 ans et tu as basculé pour reprendre tout à zéro. Parce que même si j'étais déjà sur scène, mais c'est mieux que je connaissais peu ou personne ou peu me connaissait. Donc, il fallait tout renouer, les relations, l'expérience. Donc, il y avait un challenge énorme. Et ce challenge-là, tu peux y aller que si tes proches te disent « Vas-y, fonce, banco ! » Là, si eux, ils mettent les feux verts, là, tu manques beaucoup de courage si tu n'y vas pas non plus. Tu en as très envie. Tes proches te disent... ok, banco, il n'y a plus grand chose qui t'arrête.
- Speaker #1
Tu crois qu'on est une génération de quadras, justement, qui se paye le luxe, qui peut se permettre et qui est sans doute la première génération à le faire ?
- Speaker #0
Alors oui, et en même temps, je suis convaincu aussi que c'est une chance que certains d'entre nous ont. Mais tous n'ont pas cette chance. Moi, j'ai eu... C'est pour ça aussi qu'il y avait une sorte de gratitude de me dire, au bout d'un moment, tu as la possibilité de le faire. Tout le monde te dit, vas-y, si tu ne le fais pas. Mais franchement, tu vas avoir du mal à te regarder dans une glace par rapport à toutes les autres personnes de ta génération qui aimeraient peut-être aussi changer de vie, qui n'ont peut-être pas les moyens matériels, financiers de le faire pour telle ou telle raison, parce que des crédits trop importants, que sais-je. Donc Armand, toi, tu as cette chance-là. C'est possible maintenant. Ça ne le sera peut-être plus dans 5 ans, dans 10 ans. Vas-y, fonce. Donc oui, on est une génération où on a cette chance-là. Mais j'ai l'honnêteté et... l'humilité de penser que toute notre génération ne l'a pas non plus.
- Speaker #1
C'est vrai que quand on y pense, c'est quand même fou de se dire, je pense que tu as dû l'entendre autour de toi, tu passes d'avocat à saltimbanque. Ah bah oui, à clown, à... Démarre le truc, c'est pas comme si t'arrivais en ayant... T'es pas le meilleur pote de Dujardin ou dans son film, tu vois ce que je veux dire.
- Speaker #0
Mais complètement, mais c'est ce qui a été d'ailleurs le... C'est ce qui a été et ce qui est sans doute encore le plus difficile, c'est que moi au bout de 18 ans avocat, j'avais nourri tout un réseau professionnel, j'avais une réputation. assez forte. Dans mes dernières années d'avocat, j'avais plus besoin de faire de publicité ou de trop communiquer. Les gens savaient ce que je faisais, savaient que je le faisais bien. Donc les dossiers rentraient de manière naturelle. Et là, je suis arrivé dans un milieu professionnel où j'ai mis tout le travail possible, mais le travail, ça ne suffit pas. Il faut aussi du relationnel pour pouvoir être diffusé dans tel ou tel endroit, pour que les projets puissent se monter, pour que des gens qui... te fassent confiance et disent ok, je produis ce projet-là, etc. Et ça, évidemment, le gap, il est énorme. C'est sans doute d'ailleurs ce qui a été pour moi le plus difficile, le plus frustrant dans la transition. J'avais tellement d'envie, tellement d'impatience aussi que ça avance. Et c'est le problème de notre âge. Je trouve, c'est-à-dire qu'on a, comme je te disais avant, ma peur, c'était d'être à 80 ans, me retourner et me dire Pourquoi tu ne l'as pas fait ? Aujourd'hui, j'ai cette peur de dire « Oh là là, ça ne va pas assez vite. Il faut que ça avance, il faut que ça avance. » Tu as quand même 47 ans.
- Speaker #1
C'est-à-dire que quand t'arrives à 40 ans, tu te rends compte que t'as quand même fait une bonne moitié de ta vie, et surtout les 40 années qui vont te rester, imaginons que tu ailles jusqu'à 80...
- Speaker #0
C'est pas celle qui sera le plus en forme.
- Speaker #1
Les 20 dernières, ça va pas être... Donc en fait, tu te rends compte qu'il t'en reste vraiment 20 devant toi. Donc moi je le vois, c'est pareil avec ce truc-là, je suis là, je suis plein d'idées, j'ai envie que ça avance, que ça aille vite, que ça augmente, forcément, t'as envie.
- Speaker #0
Moi je dis souvent aux gens qui m'accompagnent et qui bossent avec moi, je leur dis, alors vous inquiétez pas, je suis pas capricieux, dans le sens où vous allez me dire non, on va nous dire non pour telle chose, telle chose, Je l'accepte volontiers et ça fait partie du jeu. Par contre, je suis impatient. Ça, c'est vrai. Une impatience qui est liée à mon âge, à la volonté aussi d'aller plus vite, pas trop vite, mais plus vite peut-être que si j'avais 20 ans. Ça va, j'ai le temps de mettre les choses en place.
- Speaker #1
J'ai le temps, c'est fini.
- Speaker #0
L'âge, il est à la fois une force, parce qu'il y a la maturité, il y a le recul sur plein de choses, mais il y a aussi cette faiblesse-là.
- Speaker #1
Tu as eu des gros moments de doute ? Tu t'es dit je fais une connerie vraiment.
- Speaker #0
Alors, pas à ce point-là. Je n'ai jamais regretté, en tout cas pour l'instant, mon choix d'avoir basculé. Et j'ai pu avoir des moments où je me suis dit, finalement, est-ce que ton rêve n'était pas trop grand ? Est-ce que finalement tu as tous les outils ? Est-ce que tu as bien suffisamment préparé les choses ? Est-ce que les conséquences aussi ? sur tes proches, sont pas plus difficiles que ce que tu pensais. Bref, ces moments de doute-là, oui, je les ai eus, je les ai encore. Mais il suffit que je monte sur scène.
- Speaker #1
Oui, il y en a tout le monde. Justement, dans ton spectacle, tu parles de la scène, tu démontres pas mal de clichés dans la justice. C'est lequel celui qui t'agace le plus, celui où tu dis ok, tout est faux ?
- Speaker #0
Alors, celui qui m'agace le plus, c'est... Les avocats, ils ont... pas trop de morale ou une morale quand même un peu différente des autres parce que pour arriver à défendre des criminels et délinquants on se dit à un moment ou à un autre ça c'est celui sans doute qui m'agace le plus parce que moi j'ai des amis avocats et je sais leur valeur je sais leur bienveillance et je sais aussi voilà combien ce sont de belles personnes et c'est voilà leur faire cette critique là ce reproche là c'est un cliché qui voilà me blessent encore aujourd'hui. Alors que les autres, quand j'entends les avocats sont menteurs, les avocats sont un peu des mercenaires, etc. Ça, ça me fait rire parce que c'est souvent lié à l'image qu'on a des fictions, etc. Le rapport de l'avocat à la morale, les avocats, ceux que je connais, mes amis, sont des gens avec, encore une fois, beaucoup de valeur. Donc j'en parle d'ailleurs sur scène de ce cliché-là.
- Speaker #1
C'est ce que j'allais te demander, tu l'as tacté. Comment ce cliché-là ? Parce qu'il faut arriver à convaincre des gens.
- Speaker #0
C'est peut-être la partie du spectacle où je suis un peu moins volontairement drôle. Ça dure une minute et je l'amène par un biais un peu particulier, mais qui n'est pas nécessairement un biais d'humour. Parce que je n'étais pas arrivé peut-être aussi à trouver l'angle. Et aussi parce que j'avais peut-être au moins sur ce passage-là, pas spécialement envie d'être drôle, mais juste d'interpeller.
- Speaker #1
Et à l'inverse, les clichés qui sont vrais.
- Speaker #0
Je ne sais pas, quels sont pour toi les clichés que tu as sur la profession d'avocat ? Je vais te dire si c'est vrai ou si ce n'est pas vrai.
- Speaker #1
Que vous n'avez pas de vie.
- Speaker #0
Non,
- Speaker #1
ça peut être que les avocats travaillent tout le temps, parce qu'ils ne répondent jamais quand tu... Ouais, parfait.
- Speaker #0
Non, oui. Édicapes à mon avocat. J'ai l'impression qu'il y a quelque chose de très personnel. Non, non. Non, non, alors ils n'ont pas de vie. Ils travaillent beaucoup, oui, ils travaillent énormément, comme beaucoup d'autres professions. Ce ne sont pas les seuls, comme moi j'ai... Un copain qui est boulanger, il bosse comme un dingue. Un copain qui est médecin, il bosse comme un dingue. Donc, ce n'est pas la seule profession qui demande beaucoup de temps de travail par semaine. Après, je pense qu'avec le temps, on arrive aussi à s'organiser. C'est comme tout. Moi, je bossais beaucoup au début de carrière. Et après, j'ai trouvé aussi une organisation qui me permettait de retrouver un certain nombre de week-ends, etc. Donc, oui, on bosse beaucoup. De là à dire qu'on n'a pas de vie, non.
- Speaker #1
Oui, d'accord.
- Speaker #0
Oui, et puis c'est important d'en avoir une en plus, par rapport à ce que je disais. C'est-à-dire que c'est des... on est quand même... alors moi j'ai travaillé avec beaucoup de victimes, mais même tu prends les avocats qui travaillent dans le droit pénal ou dans le droit de la famille, les divorces compliqués, etc. Tu travailles dans le dur. Les gens qui viennent voir un avocat, c'est que ça va pas. Donc il faut équilibrer ça, donc il faut une vie de famille. Il faut trouver du temps, enfin vie de famille, vie d'amis, une vie privée.
- Speaker #1
Il faut aussi accorder une vie privée.
- Speaker #0
C'est indispensable.
- Speaker #1
Je suis sûr que t'as des gens croisés qui bossaient...
- Speaker #0
Ouais, mais t'en as qui vont dans le mur. Mais comme t'as des... En même temps,
- Speaker #1
le jeune avocat qui sort d'école, il faut qu'il se donne à fond, j'imagine.
- Speaker #0
Oui, mais c'est ce que je disais, en début de carrière, on a tous beaucoup, beaucoup bossé. C'est après que tu trouves cette organisation, mais c'est normal, ça au début, t'as envie de prouver, t'as envie aussi d'aller chercher tes propres clients. tu ne suis pas de visser ta plaque pour que les gens viennent te voir donc il faut y aller mais en même temps tu fais pareil quand tu commences l'humour aussi quand tu démarres l'humour et que tu fais 2-3 plateaux de comédie club par soir c'est pareil à un moment ou à un autre ça te fait du bien à plus de 40 ans de dire j'en fais moins des comédie club, j'ai mon spectacle qui tourne voilà donc c'est pareil c'est plus dur de se lancer dans l'humour passé 40 ans ? je pense oui peut-être que si tu euh... discuter avec quelqu'un qui a 30 ans et me dire « Moi, j'ai tellement galéré de 20 à 30. » Non, c'est pas plus dur. C'est dur parce que j'ai pas l'expérience, tu vois, j'ai pas démarré à 20 ans. Mais je... Oui, c'est difficile parce que t'as un chemin à faire et qu'il y a cette impatience-là dont je parlais et que t'as envie d'aller vite. Et puis, il y a aussi, t'es confronté à un milieu qui est très jeune. Je parlais notamment dans les comédies-clubs. Après, quand le spectacle tourne, ça va. C'est un peu différent parce que tu... Tu tournes dans des théâtres où finalement tu as des humoristes de tout âge, donc là c'est différent. Mais dans les comédies club, il y a quand même beaucoup beaucoup de jeunes. Mais finalement, moi je trouve ça aussi motivant. Tu vois, c'est très excitant finalement d'être toujours avec des jeunes. Puis ça te donne d'autres manières de faire de l'humour, de faire des vannes. Il y a beaucoup de partage dans ça, c'est quelque chose de très individuel. L'humour, le one man show, le one woman show, l'avantage des comédies club, des plateaux, des festivals. Si tu te retrouves avec d'autres, ça fait du bien. Donc ça, c'est agréable aussi. Je trouve ça plus dur, de par l'impatience, de par l'âge, mais après, moi je trouve que c'est une expérience qui est enrichissante d'être au contact de gens qui ont 20 ans de moins que moi.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui est le plus dur ? Faire rire une salle ou convaincre un juge ?
- Speaker #0
Ça dépend du dossier. En tout cas, pour l'avocat. Il y a des dossiers qui sont plus faciles que d'autres.
- Speaker #1
Sur scène, tu entraînes plein des dossiers.
- Speaker #0
Oui, tu entraînes plein. Et puis, c'est toujours... presque toujours le même dossier. Quand tu rodes un spectacle, tu as quand même la chance de pouvoir affiner. Donc, normalement, tu devrais arriver de plus en plus à faire rire avec un spectacle, en travaillant bien. Un dossier, tu le plaides une fois, les chances de succès dépendent de plein de choses. C'est difficile à répondre à ta question. Ce qui est certain, c'est que c'est difficile de faire rire. Moi, je pourrais aussi monter sur scène dans des pièces, dans des drames ou des choses plus sérieuses. Je trouve que l'humour, c'est quelque chose d'extrêmement compliqué parce qu'il y a plein de choses qui rentrent en jeu. Le rapport au public, le rapport que tu installes au public chaque soir. Chaque soir, ça peut être très différent, un public très différent. Le rythme, les silences, la manière dont tu vas donner ton texte, dont tu vas laisser part un peu d'impro. Il y a tellement de choses qui rentrent et tu te rends compte qu'il faut que ça matche. Il y a une relation qui se crée avec le public chaque soir. Et c'est comme une relation amoureuse. Si à un moment, tu déçois parce qu'il y a quelque chose où tu les lâches, il faut aller les rechercher, les récupérer. Donc, c'est...
- Speaker #1
Tu arrives à le sentir, ça, quand tu es sur scène ?
- Speaker #0
Oui. Alors, parfois, ça a pu m'arriver de ne pas le sentir. Mais oui, généralement, tu sens quand même si la salle, si ça match et si tu es entré dans leur univers et eux sont entrés dans le tien et ça y est, tu peux surfer. Moi, je dis souvent, il y a des salles ou des soirs où parfois, tu surfes. Puis d'autres, tu as l'impression qu'à chaque fois, tu retombes au creux de la vague. Il faut remonter, il faut travailler. Donc oui, ça, tu le sens quand même.
- Speaker #1
Dans ton spectacle, tu es souvent sujet à l'impro. Parce que l'autre fois, on parlait de l'impro avec Alex Vizorek, il me disait qu'il y en a de plus en plus. Parce qu'en plus, maintenant, les humoristes montrent beaucoup ça.
- Speaker #0
Oui, j'ai écouté le podcast. C'est pour les raisons qu'il explique très bien aussi. C'est que ça permet de faire aussi de l'image pour les réseaux sociaux.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Et ça t'évite de montrer effectivement ton spectacle, ce que personne ne veut faire. Évidemment, tu n'as pas envie de griller les vannes. Sur les réseaux et l'impro, ça te permet de faire de la...
- Speaker #1
Il y en a d'assez peu. Assez peu.
- Speaker #0
Assez peu.
- Speaker #1
T'as pas des gens qui viennent te raconter leurs problèmes de justice, justement, et tu t'en rigoles ?
- Speaker #0
En fait, mon spectacle, il existe depuis 2021, il a beaucoup évolué. Il y a eu une phase où, en fait, moi j'interrogeais les gens sur leur rapport à la justice, leur rapport à l'avocat, que sais-je. Et donc là, tu ouvres la porte. Donc ça te permet, effectivement, d'aller chercher quelques impros. Ça dépend des lieux où je suis. Il y a des lieux où, parce que tu es plusieurs humoris, plusieurs spectacles dans la même soirée, tu as un timing à respecter. Tu sais ton texte après le timing dont tu vas avoir besoin. Là, tu laisses moins de place à l'impro, parce que c'est aussi du respect pour ceux qui sont après toi. Et puis, quand des fois tu joues dans des salles où tu es le seul le soir, là, tu n'as pas de temps et là, tu y vas. Et donc, effectivement, l'impro, c'est aussi... Enfin, moi, je pose quelques questions. Ça m'arrive de poser quelques questions, mais c'est aussi, surtout, quand tu as des réponses ou des interactions, quelqu'un qui réagit, Bah allez ! de rebondir et puis de te laisser voilà donc ça m'arrive mais c'est pas un spectacle d'impro et je démarre pas comme on n'a pas qu'arriver en disant moi je suis en plein divorce non alors mais par contre c'est souvent à la sortie parce que moi j'échange avec les gens les gens qui Il raconte des anecdotes de justice, évidemment. Ben forcément. La justice, c'est le quotidien. C'est pour ça que moi j'ai un spectacle, j'ai l'âge de l'avoir un spectacle très grand public. Déjà, il a été écrit pour ça. C'est pas un spectacle de niche. Il est vraiment écrit pour que tout le monde puisse le comprendre, l'aborder et rire de ce qu'est la justice. Et surtout, c'est de dire aux gens, la justice c'est votre quotidien, c'est le rapport au couple, c'est le rapport aux voisins, c'est le rapport au patron, c'est le rapport au fils, que sais-je. Toute notre vie au quotidien, c'est du droit. Et c'est du droit, on a du droit tout le temps. Et en fait, moi, quand je dis, quand je vous parle du droit, je vous parle de vous, je parle de votre quotidien. C'est ça qui est... Alors moi, je parle beaucoup des accidents, de circulation, de choses comme ça, parce que c'était ma vie, mais tout le monde, enfin, beaucoup ont le permis, prennent leur bagnole, et ça évoque et ça fait écho parfois à des choses que même on vécu.
- Speaker #1
Oui. Tu vois, pas de petite pensée.
- Speaker #0
Je le savais.
- Speaker #1
Tu dis que la justice, c'est hyper fantasmé par les séries, par les films. C'est justement quoi qui te fait le plus rire quand tu regardes une série d'avocats ? Parce que tu abordes ça dans ton spectacle.
- Speaker #0
Un petit peu, ouais. Moi, ce qui me fait rire, c'est surtout, alors c'est pas tant les séries, c'est de voir comment peuvent réagir certaines personnes dans les tribunaux en ayant la rêve des séries en tête. Par exemple, votre honneur, pour dire au président du tribunal, au juge. Alors que votre honneur, c'est aux Etats-Unis ou dans les pays anglo-saxons. Jamais en France. Là, tu sais que la personne, elle a été nourrie de séries télé américaines et que donc, ça rêve, c'est ça. Ou qu'ils te disent, maître, vous allez dire objection, là. Ah non, en France, on ne dit pas objection.
- Speaker #1
Ah, il n'y a pas objection. Ah non,
- Speaker #0
non, non, il n'y a pas objection. Il n'y a pas objection, à part devant les cours d'assises, pas aussi. Il n'y a jamais objection, là, je change un peu de sujet. Mais à part devant les cours d'assises, un avocat n'interroge pas directement un témoin.
- Speaker #1
Ce qu'on voit tout le temps, là,
- Speaker #0
on a l'impression. Ça, c'est devant les cours d'assises. Mais sinon, il y a un formalisme qui fait que devant la plupart des juridictions en France, on dit au juge, Madame le juge, Monsieur le juge, Madame le président, Monsieur le président, pourriez-vous demander à un tel ? Et donc, ce qui permet d'éviter de la tension supplémentaire, etc. Donc, il n'y a pas ce théâtre qu'on peut voir dans les séries télé, mais surtout les séries télé américaines. Et alors là où c'est très drôle, quand tu as des séries télé françaises, je te raconte un truc. Un jour, je tourne. Qu'est-ce que les potes ont pu rire de ça ? Je tourne, je joue à un juge dans une série télé. C'est marrant ça. Voilà, ça commençait bien. Et alors, surtout, j'arrive et donc c'est un juge pour un divorce. Et là, je vois le décor de tribunal. Il me faut installer à la place du juge. Et là, il y a un marteau. Tu sais, les marteaux de commissaire priseur. Et là, je dis, il n'y a pas de marteau. En droit français, les juges n'ont jamais de marteau. Je dis, c'est pas possible. Si je leur dis, je ne leur dis pas. J'adore. qu'est-ce que je fais ? Et toi, je leur dis, tu vois, excusez-moi, je dis, bon, vous savez, moi, j'ai, peut-être pas dit, mais j'ai une ancienne cadavre, j'ai dit, ça, c'est, ah bon ? Alors là, prends le bas de combat, je te jure, tout le plateau, l'assistant réel, le réallongé, non, non, non, ils se posent des questions et tout, ils reviennent, ils disent, bon, on a réfléchi, mais c'est quand même plus sympa pour le côté on va le garder. Et donc, ils me font faire l'audience élevée, pom, pom, les potes, les potes, tu m'étonnes, qui voient l'ancien pote avocat faire le juge avec un marteau, ce qui est... complètement fait, qui n'existe pas. L'audience est levée, papa ! Tu te penses bien que, voilà, j'ai eu le droit...
- Speaker #1
T'avais pas une grande perruque. Non, j'avais pas le droit à la perruque.
- Speaker #0
J'avais une grande robe, mais pour la robe, ça allait. Mais le coup du marteau... Donc si tu veux, les séries télé françaises, parce qu'elles, souvent, elles sont conseillées par des avocats ou des juristes, et je pense que parfois, ils disent, ok, mais je prends quand même la liberté moi, en tant que scénariste, parce que ça permet, c'est plus sympa que ça. Je m'en suis rendu compte avec cette série.
- Speaker #1
C'est vrai que moi, j'ai eu une histoire avec un ancien employé. employeur, enfin bon bref. Il y a eu une première instance, première... Oui,
- Speaker #0
première instance. Oui, c'était une première audience.
- Speaker #1
Et moi j'y étais. La partie adverse n'y était pas. Moi j'y étais parce que j'avais voulu aller voir. Mais pourquoi j'y étais aussi ? Parce que j'espérais ardemment qu'on me dise est-ce que vous avez quelque chose à ajouter ? Alors qu'au bout du compte, personne ne m'a vu. J'étais assis, il y avait d'autres affaires qui attendaient, j'ai attendu, je ne le faisais pas.
- Speaker #0
Ça, on aurait pu te le demander au pénal. C'est-à-dire les grosses affaires au pénal. Enfin, les grosses affaires au pénal. Donc, tout ce qui est délit, etc. On finit toujours en laissant le dernier mot à l'accusé ou prévenu en disant est-ce que c'est quelque chose à ajouter ?
- Speaker #1
Je le dis au conseil des prud'hommes. Demandez aux gens ce qu'ils en pensent.
- Speaker #0
Mais tu sais ce qu'on fait des fois, moi quand je suis avocat, suivant les clients, on se dit tu viens de plaider toi. Tu es l'avocat du prévenu, l'avocat de l'accusé. Donc, tu es le dernier à plaider. Tu dis j'ai fait le taf, j'ai tout. Vous n'avez rien ajouté, monsieur. Quand on va vous poser la question, n'ajoutez rien. Vous dites, non, non, mon avocat tout dit. Ou alors, on va préparer ensemble ce que vous allez dire. Pas d'impro, à ce moment-là. Pas d'impro.
- Speaker #1
Mais tu sens, mon avocat, je sentais qu'elle n'était pas trop pour que je revienne. Je suis venu une fois, les autres fois, il m'a dit, non, mais restez-vous, vous inquiétez pas.
- Speaker #0
Eh oui, parce que tu sais, c'est... C'est une pression supplémentaire. Parce qu'en fait, quand l'avocat plaide, il plaide avec la volonté de gagner. Je veux dire, il n'y a pas un avocat. Donc, en fait, les clients ne doivent pas douter de cela. Mais quand tu plaides, tu plaides pour convaincre un juge. Et parfois, ça peut justifier de ne pas évoquer tout le dossier, de simplement certains points très techniques. Mais le client, des fois, il ne comprend pas ce qu'il peut te dire. Mais attendez, pourquoi vous n'avez pas raconté ça, raconté ça à toi ? Donc, ce qui est compliqué parfois dans la présence du client. Voilà. C'est de devoir ensuite expliquer. Donc, c'est pour ça que parfois, les avocats, bon, ne souhaitent pas ou ne sont pas chauds d'avoir le client dans la salle. Ou le client dans la salle, c'est pour cette raison. C'est parce qu'il y a un biais d'efficacité avec le juge que parfois, le client, légitimement, peut ne pas, dans la première intention, comprendre.
- Speaker #1
Parce qu'en plus, le client, il est plus dans l'émotionnel que dans le factuel. Il a envie de raconter des choses.
- Speaker #0
Mais c'est normal. Et c'est normal. Il n'y a pas qu'une autre version des choses. Exactement.
- Speaker #1
Justement, on parle de juge, de jugement, etc., des séries de télé qui peuvent avoir faussé les choses. Est-ce que tu trouves qu'on est devenu justement une société qui juge tout ?
- Speaker #0
Ah ben on est une société, oui. Alors, oui, en tout cas une société dans laquelle il y a de plus en plus de dossiers, de plus en plus d'accès à la justice. Et certains en profitent et, on pourrait presque dire, en abusent, même si le mot est sans doute un peu fort. Mais oui, bien sûr, pour plein de raisons aussi, parce qu'on est... nourris de revues, d'émissions, de consommateurs. Donc on a toujours la sensation, on peut avoir la sensation, ah ça j'étais roulé, je vais aller en justice, je vais déposer plainte. Pour le coup, notre génération, la génération de nos parents, on les a peu entendus dire, je vais déposer plainte. Mes parents n'ont jamais passé la porte d'un coup. Donc oui, notre génération, parce qu'on a plus d'infos, il y a des choses qui sont aussi très bénéfiques dans cela. C'est comme toutes les évolutions. c'est comme l'évolution technologique, il y a des avantages et des inconvénients. C'est très bien, ça permet aussi cette évolution-là que des gens qui, finalement, n'auraient peut-être pas été protégés il y a 20 ou 30 ans, que ces personnes-là le soient aujourd'hui. Donc, c'est très bien. Mais l'inconvénient, oui, c'est qu'il y a une judiciarisation de notre quotidien et qui fait d'ailleurs que les tribunaux sont engorgés, qu'on sait de plus en plus long pour avoir une décision. Voilà, donc, il va falloir vraiment trouver une solution à cela parce que sinon... on va se retrouver à attendre 5 ou 6 ans pour avoir une décision en première instance. Et ça, honnêtement, ce n'est pas possible. Et ce n'est pas possible. Comment tu veux expliquer à quelqu'un ? Moi, c'est ce que j'avais le plus de mal à expliquer aux clients.
- Speaker #1
Je n'ai jamais compris.
- Speaker #0
Et tu sais que les avocats, ils font tout pour que ça évite, parce qu'ils n'ont qu'un intérêt, à ce que ça dure. Mais tu ne maîtrises pas ça. Quand tu vois, moi j'ai des copains aujourd'hui sur les réseaux sociaux, ou des groupes WhatsApp, ils envoient des fois les dates de convocation pour les audiences. Et des fois, quand le dossier, ça a été au bout des échanges, des conclusions de chaque partie, le juge dit « Ok, vous avez échangé vos écritures, je fixe la date d'audience de plaidoirie. » Deux ans après !
- Speaker #1
Je vois des gens qui disent « Mais... » « Wow ! » « L'histoire, c'est ce qui m'avait choqué le plus. »
- Speaker #0
« Ils ont trop de dossiers, plus assez de moyens, plus assez de personnel. »
- Speaker #1
« On en est à juger le mec qui glisse sur... » « Si on doit faire une affaire parce qu'un mec a glissé sur une frite, ou l'autre il a vomi parce qu'il a été au restaurant... »
- Speaker #0
« Je sais. » Je sais bien. Il y en a un pote à moi. C'est pour ça que... Ouais, ouais.
- Speaker #1
J'ai un client qui a juste été malade. C'est le seul. Eh ben, le mec a voulu aller en juge. Enfin, tu te dis, bon, arrête.
- Speaker #0
Après, ça dépend beaucoup. Moi, qui faisais beaucoup de victimes d'accidents, ça dépendait beaucoup aussi du préjudice. Tu vois, moi, j'ai eu des dossiers de gens qui ont chuté sur des feuilles de salade dans les grandes surfaces. Mais quand tu chutes et que tu te fractures la hanche et tout, le dommage sent tel que... Oui. Tu comprends. Maintenant, si tu chutes, que tu ajoutes un bleu... Moi le premier, je disais de toute façon, madame ou monsieur, vous allez être indemnisé à hauteur de votre préjudice. Un bleu ou quelques équimaux, c'est pas ça qui va... Donc tu savais aussi, c'est aussi le travail de l'avocat, que de parfois savoir mesurer les choses et de dire, là ça vaut pas le coup.
- Speaker #1
Je digresse justement au propos de ça, t'as déjà refusé des affaires ?
- Speaker #0
Oui, bien sûr.
- Speaker #1
Parce que tu t'es dit, non mais faut arrêter de me déconner.
- Speaker #0
Ouais, ou parce qu'on n'avait pas la même ligne de défense, d'argumentation, parce que ce que voulait le client, moi ça me paraissait... Pas possible, pas envisageable. Et là, je crois que la première responsabilité de l'avocat, c'est de dire, ben non, je ne peux pas vous accompagner. Vous aurez sans doute quelqu'un qui vous accompagnera, mais ça ne va pas être moi.
- Speaker #1
Donc tu démontres ce fameux cliché comme quoi ils n'ont pas de morale. La preuve que si, en fait.
- Speaker #0
Oui, bien sûr.
- Speaker #1
Quand tu sens que l'affaire, ça ne sert à rien.
- Speaker #0
Ouais, ou que ça va, pour plein de raisons, que ça va faire plus de mal à la personne qu'autre chose. Ou parce que, ce que j'ai avant, monter tout un dossier pour peut-être récupérer... quelques centaines d'euros. Je dis, mais vous allez payer plus de frais du dossier, ça n'a pas de sens. Voilà. Ou quand tu penses aussi, ça peut arriver que le dossier, il y a 99 risques sur 100 que ce soit un échec. Tu te dis, écoutez, moi je pense que le dossier, il est perdu. Ah, j'y crois. Vous y croyez aujourd'hui, mais le jour où il y aura la décision qui dira vous avez perdu, vous me direz, mais ça n'a pas été bon. Moi je vous dis, je pense que ça ne vaut pas le coup d'y aller. Voilà, il peut y avoir plein de raisons.
- Speaker #1
Ton humour, il est un peu décrit comme un peu insolent, sans filtre ?
- Speaker #0
Oui, parce que je m'amuse de sujets qui sont graves et sérieux, en fait. Il n'est pas trash, mais effectivement il est insolent dans le sens où je m'amuse. Et puis je m'amuse aussi de l'actu judiciaire et l'actu de justice.
- Speaker #1
Je suis en train de avoir du boulot là !
- Speaker #0
Et quand l'actu c'est Dupont de Ligonnès, Daval, évidemment, tu peux pas dire que ton humour il est pas insolent. Donc oui, par exemple, c'est vrai que sur scène je parle un peu de Sarkozy, de Dati, parce que c'est l'actualité aussi de notre justice.
- Speaker #1
C'est ça qui est bien, c'est que tu as une source intarissable. Oui,
- Speaker #0
et puis ça me permet d'adapter régulièrement le spectacle. Moi, ça m'amuse, ça me permet de jamais m'ennuyer. J'aime beaucoup écrire, moi, c'est ce que j'aime dans l'exercice de la chronique radio. Et cet écriture, ce plaisir de l'écriture, par petites touches, je le fais encore sur scène. Il ne s'agit pas de bousculer toutes les semaines un quart d'heure du spectacle. Mais voilà, alors il faudrait que je fasse une revue de presse. Mais voilà, changer une ou deux minutes de temps en temps. Et puis voilà, progressivement. Moi, je dis souvent aux gens, si vous revenez me voir dans un an, globalement, j'aurais sans doute changé presque 50%
- Speaker #1
du spectacle. C'est bien au moins.
- Speaker #0
Ouais, moi j'aime bien en tout cas.
- Speaker #1
Tu t'auto-censures ?
- Speaker #0
Non,
- Speaker #1
jamais.
- Speaker #0
Non. Ma seule règle, c'est déjà, est-ce que c'est drôle ? Est-ce que je trouve l'axe pour en rire sans blesser ? Je vous donne un exemple tout bête. Je vous donne un exemple tout bête. Par exemple, c'est, tu vois, l'affaire des viols de Mazan.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Je pense que plein d'humoristes qui traitent d'actu, on se pose la question, mais il faut trouver l'axe à la fois drôle et décent pour en rire. Donc voilà, c'est pas de la censure, mais j'aime bien trouver qu'il y ait toujours un équilibre entre décence et rire. Voilà, donc tant que j'ai pas trouvé l'axe pour faire rire, j'y vais pas. Je monte pas sur scène pour faire un pamphlet ou faire un meeting politique.
- Speaker #1
Donc la fameuse question, est-ce qu'on peut rire de tout ?
- Speaker #0
Je crois que oui, moi. Moi je crois que oui, après il faut trouver la bonne manière pour que le message passe et qu'on n'ait pas de doute sur le fait que c'est de l'humour et qu'on est là pour désamorcer. On est, au sens noble du terme, les humoristes des bouffons, dans le sens où on est là pour rire d'une actualité qui est anxiogène, pour faire rire les gens d'une actualité qui est anxiogène. Donc prenons ce rôle très au sérieux.
- Speaker #1
Moi je sais que je suis quelqu'un qui rit beaucoup de tout et que j'adore l'humour noir. Je me dis, il y a une seule règle, c'est que moi, je ne fais pas d'humour. Mais je suis sur un projet d'écrire un truc sur le quadra. Mais bon, c'est pour beaucoup plus tard. Mais ce ne sera pas forcément de l'humour. C'est un peu mélangé. Mais moi, je rite beaucoup de tout. Et l'humour noir, j'adore. La seule condition pour moi, c'est que ce soit bien fait et bien écrit. L'humour noir, juste pour que ce soit trash et insultant.
- Speaker #0
Il faut éviter la facilité. C'est toujours un peu ça le truc. et puis... C'est ce que tu dis, moi voilà, tu parlais, il ne faut pas que ce soit insultant, moi je disais, il ne faut pas que ce soit indécent. Donc tu vois, on est sur la même ligne de ce point de vue. Il faut effectivement trouver l'équilibre. Parce que c'est toujours un peu casse-gueule, les sujets d'actu lourds, noirs, d'humour noir, il faut trouver l'axe. Ce n'est pas toujours facile. Alors quand tu n'es pas sûr, tu peux... Tu prends le temps de travailler. Travailler, c'est du travail.
- Speaker #1
C'est de l'écriture.
- Speaker #0
C'est de l'écriture. Et puis après, il y a aussi, je pense qu'avec le temps, une expérience, une gymnastique. On y arrive plus facilement avec le temps. Moi, les chroniques radio, pour le coup, m'ont beaucoup aidé en ce sens.
- Speaker #1
Mais on est quand même, je trouve, dans un monde qui est devenu beaucoup plus intolérant à l'humour. Je trouve. C'est mon point de vue. Peut-être que toi, d'un point de vue d'humoriste, tu vas le voir autrement. Et je trouve que les gens s'offusquent beaucoup plus facilement, et tout le monde va de son petit « moi, ça, ça me dérange » . Je prends un exemple. L'autre jour, j'ai regardé une vidéo d'un humoriste que j'adore, que j'ai été voir, qui est Franjo. Il y en a dans la salle qui dit clairement qu'il a vu. Il en a fait une vidéo derrière. Il a eu tellement raison, d'ailleurs. Je trouve que sa réponse est géniale. Parce que justement, les gens commencent à la lui dire « non, non, non, c'est important que lui ait ce retour-là » . Mais c'est vrai que la réaction qu'elle a est une réaction que beaucoup de gens ont. Et ce n'est pas une peur que vous avez aujourd'hui, les humoristes, de se dire, on va choquer, de toute façon, ça va déranger quelques personnes.
- Speaker #0
Alors, non, parce qu'on sait que, de toute façon, des fois, tu peux faire un sujet complètement, enfin, où tu dis, il n'y aura pas de souci, et puis tu te retrouves de toute façon quand même avec des retours de gens qui ont été heurtés. Moi, j'ai fait un jour une chronique, c'était la journée de l'autisme. Et je fais toute une chronique radio en disant que le problème, ce n'est pas les personnes qui ont des symptômes autistiques, qui ont le trouble autistique, mais c'est les... les gens à côté qui ne les comprennent pas en fait. Et je fais toute une chronique qui est ultra bienveillante. Gros, mais en disant que le problème, c'est, si je pourrais dire, c'est nous, entre guillemets. Eh ben, j'ai eu des commentaires de peu de gens, heureusement, en ce sens, mais des gens qui ont dit, oh là là, j'étais heurté, choqué, en gros, vous me manquez, des gens qu'on ne trouve pas du tout.
- Speaker #1
Parce que t'as osé toucher à l'autre. Ouais,
- Speaker #0
et puis parce que t'as des gens aussi qui, peut-être, n'ont pas envie, prennent pas le temps de comprendre, des fois, le second degré, l'ironie. Donc ça, à bout d'un moment, tu te dis, tu ne peux pas te changer. Tu te dis, il y a des gens qui ne comprendront pas, qui n'aimeront pas ma manière aussi de... d'aborder l'actu, les sujets. Voilà, mais c'est comme, de toute façon, c'est la règle pour l'humour. L'humour, c'est pas consensuel. Il y a peu de gens qui vont te dire « Moi, je ris aux larmes devant Jamel Debbouze, devant Blanche Gardin, Bigard et Popec. » Toi, chacun a... Et le problème qu'on a, moi je me mets dans cette case des humoristes où on est peu connus, et donc les gens viennent nous voir par curiosité, on sait qu'il y a un risque d'avoir dans la salle des gens ça va moins matcher parce que on va leur proposer quelque chose qui n'est pas leur style d'humour bon ben ça on l'accepte parce que de toute façon tu ne peux pas rien faire contre et puis que de toute façon aujourd'hui voilà moi j'ai mon souhait, mon souci c'est que les salles se remplissent bien et que je sais que de toute façon dans la salle il y aura beaucoup de gens qui vont venir aussi avec un certain fantasme une idée peut-être de ce qu'ils vont voir, certains vont se dire il a été avocat lui, il a dû voir des trucs, là on va être dans l'humour noir bien trash et puis d'autres vont se dire oh ça... Le dernier avocat qui va monter sur scène, c'est Dupond-Moretti. Donc ça va être très sérieux. Ça va être sérieux, une analyse un peu piquante. Puis d'autres qui vont peut-être se dire « Ah, ça va être... Il parle bien, les avocats. Donc on va être dans quelque chose qui se rapproche de Fabrice Lucchini. » Mais tu vois, quelqu'un peut venir avec son idée. En voyant l'affiche, tu peux te faire plein de... Donc tu peux surprendre des gens, tu peux, d'autres, leur donner exactement ce qu'ils attendaient, puis d'autres, les décevoir. Ça peut arriver. Il faut l'accepter.
- Speaker #1
En tout cas, moi, je te souhaite encore plus de succès avec ce spectacle qui s'appelle Maître, vous avez la parole. Je le redis, qui est au Théâtre des Maturins à Paris. Mais maintenant, tu vas passer sur le grill des quadras, comme tout le monde. Avec plaisir. Cinq questions rapides, réponses rapides. On peut en débattre.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Attention. Le goût d'un bonbon de ton enfance qui te manque.
- Speaker #0
Alors, comment c'est ces bonbons ? Tu sais, avec les personnages où tout vrai... Les pièces. Les pièces. Les pèses ! Je ne sais pas si c'est pour le goût ou pour le plaisir de les jouer. Moi,
- Speaker #1
je les bouffais d'un goût.
- Speaker #0
Moi, tout de suite, tu me parles bonbons de mon enfance. Il fallait les recharger. Il y avait plein de pommes, il y avait des loups, il y avait des restes.
- Speaker #1
L'émission de ton enfance qui te manque ?
- Speaker #0
Mon adolescence,
- Speaker #1
La Brosse à Dents. Ah ouais ! Animée par Nagui,
- Speaker #0
avec Jean-Luc Peschman. N'oublie pas votre brosse à dents. Adam ! et ça moi j'ai rêvé de la faire il fallait avoir 18 ans pour la faire et quand j'ai eu mes 18 ans l'émission s'était arrêtée peut-être 6 mois ou un an,
- Speaker #1
j'ai jamais pu la faire et j'en gagnais des lotos et tu arrivais avec ton passeport,
- Speaker #0
tu te souviens il fallait être prêt à partir tu pouvais arriver, il pouvait refaire ta cuisine devant toi c'était des trucs de dingue,
- Speaker #1
cette émission était dingue un truc que disaient tes parents qui te saoulait mais que t'appliques quand même aujourd'hui que j'applique beaucoup ?
- Speaker #0
Range ta chambre je l'ai rangée en fait je suis sans doute même un peu maniaque Moi ça me saoulait quand j'étais minot et je reconnais qu'aujourd'hui c'est moi qui dis ça à ma famille. Rangez un peu, sérieux.
- Speaker #1
J'espère que ta femme commentera en disant oui il est maniaque. Un adjectif pour qualifier la génération Z les 20-30 ans ?
- Speaker #0
Je sais pas, le mot qui me vient comme ça c'est parce que je les entends beaucoup dire ça dans les comédies-clubs à Bordeaux puisque moi je vis pas loin de la région bordelaise. C'est gavé. Gavé. Ah c'est gavé bien, c'est gavé drôle. C'est une génération gavée.
- Speaker #1
Tu devais faire quoi à 40 ans, quand tu étais petit ?
- Speaker #0
Un médecin. Moi, j'ai commencé, avant de faire la fac de droit, j'ai fait deux fois ma première année de médecine.
- Speaker #1
C'est fou.
- Speaker #0
Donc, mon premier projet. Pour finir un avocat. Exact. Et finir ensuite Saletin Bank. T'imagines ?
- Speaker #1
C'est une belle carrière.
- Speaker #0
T'as vu ça ?
- Speaker #1
Belle carrière. Merci beaucoup, Sébastien. Donc je rappelle qu'on retrouve donc ton spectacle Maître, vous avez la parole, au Théâtre des Maturins. Je te souhaite plein de belles choses, plein de réussites. Merci encore, merci les Quadras, merci les autres, merci à tous ceux qui suivent, qui s'abonnent, qui commentent, qui like. Merci, je le dis tout le temps, mais c'est grâce à vous que Quadras existe. On se retrouve très vite dans un épisode de Quadras. Encore merci Sébastien.
- Speaker #0
Merci pour l'invitation, c'était super.
- Speaker #1
Ciao les Quadras.