- Speaker #0
Il y a une jeune fille, enfin jeune fille je ne sais pas, elle avait 30 ans, qui m'écrit et qui dit « Je suis venu vous voir avec ma mère, on avait pris des places pour nous trois avant le Covid, mais mon père... » Elle dit « Ben voilà, on avait un peu peur, on veut le sujet, on avait un peu peur, c'est notre première sortie depuis cette perte. » Et elle me dit « Et je vous en veux un peu. » Elle dit « En fait, à cause du spectacle, on ne sait toujours pas quoi faire descendre de nous. »
- Speaker #1
Le matin, on s'est réveillés et bim, 40 piges. Comment ça va les Quadras ? Bienvenue dans votre univers, bienvenue dans Quadras. Ensemble, on va parler des joies et des galères de la quarantaine. Vous savez, cette période où vous vous rendez compte que ce qui prend plus de poids que vous,
- Speaker #0
ce sont vos responsabilités.
- Speaker #1
Quadras est diffusé sur les plateformes audio comme Spotify, Apple Podcasts, Deezer, etc. Mais aussi sur YouTube et sur les réseaux sociaux Instagram et TikTok. quadra.podcast. Donc faites une pause dans le Quadrounivers, lâchez les biberons, lâchez les applis de rencontre et bienvenue dans Quadra. Comment ça va les Quadras ? Aujourd'hui, je suis particulièrement heureux parce que je reçois quelqu'un que je connais depuis plus de 20 ans. Et ouais, déjà. On s'est rencontrés au cours de Florent. On avait des rêves plein la tête, beaucoup d'humour. Lui les a transformés en carrières brillantes. Mais on a gardé beaucoup de souvenirs. humoriste, chroniqueur radio, passé par France Inter, maintenant sur RTL, auteur de spectacles à succès, comme Alex Vizorek est une œuvre d'art, Advitam est désormais le stand-up 2,5. Il s'apprête aussi à sortir un livre, et en bonus, il est capable de commenter les compétitions de fléchettes. Je vous jure que c'est vrai, on en parlera tout à l'heure. Je suis vraiment, vraiment heureux d'accueillir Alex Vizorek. Alex, comment ça va ?
- Speaker #0
Salut Camille ! C'est la... Ça m'arrive de connaître l'intervieweur, parce que comme j'ai fait des études de journalisme, j'ai été interviewé par des potes. Mais le connaître aussi bien que...
- Speaker #1
On va essayer de ne pas trop en dire.
- Speaker #0
Je ne sais pas à quoi m'attendre.
- Speaker #1
Et je précise qu'on a un troisième ami en commun, avec qui on est très proches tous les trois. Et on sait beaucoup de choses les uns sur les autres. D'ailleurs, avec Ben, on s'est posé une question, mais un truc très sérieux.
- Speaker #0
Vous avez bossé à deux, ça a été préparé ? Non,
- Speaker #1
juste celle-là. Il y a deux questions, mais on se posait vraiment la question. T'en es où de ton niveau de guitare ? On espère un album ou on reste sur une carrière avancée ?
- Speaker #0
Non. Alors, qu'est-ce qui s'était passé ? C'est que j'avais envie de pouvoir m'accompagner pour écrire des chansons. Parce que je trouve ça chouette à faire. Pour l'instant, c'est vraiment un truc que j'ai... gardé chez moi. Et c'est peut-être pour le bien de tout le monde. Mais en fin de soirée, si j'ai un peu bu, c'est possible, mais il faut vraiment être chez moi. Et si vous me le demandez, j'arrive à retrouver des archives. Mais une fois que j'ai su faire à peu près, avec le doigt qui tremble, les 5 accords de base, je me suis arrêté.
- Speaker #1
C'est pour ça que tu m'appelles à Ben pour jouer ta passe.
- Speaker #0
Quand je trouvais que la chanson était un peu bien, je rappelais Ben qui lui était très sympa. qui arrivait à faire des...
- Speaker #1
Et qui, Ben, a fait le générique de Quadra. C'est vrai ? C'est lui qui a fait le générique.
- Speaker #0
Je crois bien.
- Speaker #1
Il m'a pondu ça en deux jours, même pas.
- Speaker #0
Donc c'est que lui n'a pas perdu son niveau.
- Speaker #1
Non, il a même amélioré encore. De toute façon, il ne s'arrête pas, et puis il écoute ces trucs bizarres, progressifs, je ne sais pas quoi. Quand tu repenses à nos années Courflorent, c'est quoi la première image qui te vient en tête ?
- Speaker #0
Waouh ! C'est ce bâtiment... Le premier, donc dans la rue Crimée, je crois ?
- Speaker #1
Ouais, c'était dans la rue de Crimée, le premier.
- Speaker #0
Les premières années, on était rue de Crimée, puis on bougeait...
- Speaker #1
À Jaurès.
- Speaker #0
À Jaurès, ouais, il y avait Arthuro aussi, qui était un peu parallèle. Et c'est vrai qu'après, on allait de l'autre côté du canal Saint-Martin à Jaurès. L'idée d'arriver, et pourtant, moi, j'avais déjà 23 ans, 23, 24 peut-être, j'avais déjà des diplômes, Mais quand même d'arriver... dans ce truc qui est une usine à rêve un peu.
- Speaker #1
Oui, on est honnête, on est très beaucoup.
- Speaker #0
Alors c'est ça, et tu te rends compte que tu es beaucoup, mais si tu n'es pas un peu naïf, tu le sais. Et j'ai souvenir que sur un des murs, il y a toute une grande liste de noms de gens qui ont réussi. Donc Guillaume Canet, Gad Elmaleh, José Garcia, Isabelle Carri, et c'est impressionnant. Et en dessous, il y a trois petits points. Donc t'espères être là.
- Speaker #1
Je ne sais pas avant les trois petits points. Je ne sais pas s'ils nous ont ajouté.
- Speaker #0
Sauf que quand j'ai rencontré Florent quelques années après, quand il est venu à France Inter, je lui avais dit ce qu'il faudrait. C'est une grande liste de tous ceux Quand je n'avais rien fait. Je peux te dire, ce n'est pas un mur. Ce qu'il faut, c'est que tu peux taper tout le bâtiment.
- Speaker #1
D'abord.
- Speaker #0
Mais effectivement, oui, il y en a qui ont réussi. Et d'une certaine manière, je pense que sans Florent, Florent, c'était ma porte d'entrée vers Paris. Peut-être j'aurais fait du théâtre à Bruxelles. Peut-être j'aurais écrit des spectacles. Mais c'est ça qui m'a amené à Paris. C'est aussi, ça m'a cultivé. Moi, j'ai appris plein de choses. Le théâtre, je connaissais, mais pas assez. J'ai lu plein de pièces, j'ai découvert plein d'auteurs, j'ai travaillé. Et puis, le cinéma, pareil, il y avait des cours d'histoire de cinéma. Et puis, j'ai rencontré des gens folkloriques dont potentiellement tu fais partie.
- Speaker #1
Mais non, parce que c'est... Je suis obligé de penser au pamplemousse.
- Speaker #0
C'est vrai qu'il y en a un qui est plus folklorique que les autres.
- Speaker #1
Par respect pour lui, ne sachant pas ce qu'il est devenu, on ne racontera pas.
- Speaker #0
Il n'a jamais su que tu l'appelais le pamplemousse ?
- Speaker #1
Bah on l'appelait, oui, parce que c'était pour sa tirade, le pamplemousse sur Vinavert.
- Speaker #0
Oh, alors il va se reconnaître peut-être. Mais je pense que, il faut dire aux gens que tu choisis ton horaire. Oui. Soit tu viens à 9h du matin, soit tu viens à midi, soit tu viens à 20h.
- Speaker #1
Et nous on était midi du matin. Oui, midi, t'as raison.
- Speaker #0
Et donc, si on arrivait vers 10h pour répéter, notre ami pamplemousse était déjà au bar.
- Speaker #1
Au bar d'un côté qui était un rad pourri en plus.
- Speaker #0
Il travaillait son acteur studio et donc quand sa tirade arrivait deux heures après, les mots n'étaient pas bien liés.
- Speaker #1
Avec Banks, on n'avait plus envie de rire.
- Speaker #0
Il aurait dû jouer Dubukowski. Mais non, mais au moins, ça aurait fait grand surton. Mais c'est vrai que... En miniver, ça n'a pas ses moyens. Mais non, que les gens de France entière et de francophonie entière viennent là. Pour espérer apprendre quelque chose et pour espérer réussir. Mais en fait, ce qui est chouette, c'est la rencontre. Tu rencontres plein de gens très différents. On ne se serait peut-être jamais croisés par ailleurs.
- Speaker #1
Et c'est vrai que si tu y penses, il y avait très peu de Parisiens.
- Speaker #0
Ouais, c'est vrai.
- Speaker #1
Je crois que dans notre classe, avec Romain, Romain Lévy qui a une jolie carrière, je lui ai proposé de venir, mais pour l'instant, il ne m'a dit pas tout de suite. À part Romain et moi, on était les seuls Parisiens.
- Speaker #0
C'est vrai que t'es Parisien aussi.
- Speaker #1
Bah oui, mais c'est normal, non ? Bah oui, mais c'est pour ça que ça a ce truc très sympa aussi, Florent, parce que On tape souvent dessus parce que, comme on dit, c'est une usine. C'est une usine, c'est pas donné. C'est sûr que c'est pas donné. C'est vrai que c'est un lieu de rencontre énorme.
- Speaker #0
Mais si tu... À notre époque, ça a dû bien changer. C'était 320 balles par mois. Ça a augmenté de 5 euros par an. Ça fait quelques années.
- Speaker #1
Je serais très curieux de savoir le prix de...
- Speaker #0
Ça devrait être à 400-450 balles le mois. Oui. T'avais une obligation de 9 heures de cours par semaine, ce qui est très peu. Mais si tu prenais toutes les options... T'avais chant, danse, cinéma, improvisation. Tu pouvais vraiment avoir un cursus hyper complet avec des profs. Moi, j'ai trouvé super. Donc franchement, j'ai toujours défendu Florent.
- Speaker #1
Est-ce qu'on peut reparler de cet exercice que nous n'avons jamais fait, inspiré de Jérôme Bosch ? Est-ce que tu te rappelles de ça ? Ça, c'est Ben qui me l'a rappelé. C'est pour ça que Ben et moi, on a abandonné. On est partis parce qu'on nous avait demandé de nous foutre à poil sur scène. C'était un tableau. C'est un tableau. Le jardin des délits. Et donc, il fallait raconter un peu la luxueux. On était sept visites à poil, un peu entrelacés. Et on avait tous refusé de faire ce tableau.
- Speaker #0
C'était qui le prof ?
- Speaker #1
C'était Jérôme Duplex.
- Speaker #0
Ah ouais ? Parce qu'il n'était pas tourné trop vers la délire ?
- Speaker #1
Ben non. C'est pour ça que quand on lui avait dit non, il n'avait pas insisté non plus.
- Speaker #0
Ah ouais, j'ai le souvenir que... J'ai le souvenir qu'il nous avait fait travailler Shakespeare. J'étais dubitatif. Et en fait, il m'a dit, mais il n'y a pas que des tragédies. Parce que je ne me voyais pas jouer Roméo,
- Speaker #1
tu vois.
- Speaker #0
Ou Hamlet. Bah, je ne sais pas. Et il m'a dit, mais il y a plein de comédies de Shakespeare. Et il m'a fait jouer La Nuit des Rois. Et j'ai adoré. Le problème, c'est que tu n'en profites pas complètement. Parce que tu te dis, c'est peut-être la fin d'un truc. Parce que tu viens essayer de réaliser ton désir, mais il est peut-être en train de se terminer. Et c'est peut-être le début d'un truc. Donc, tu es... On avait... T'as un an, j'aurais perdu les cheveux.
- Speaker #1
Tiens, je mettrais une photo. Non, je commence à bien les perdre. Je mettrais une photo, là, en incruste.
- Speaker #0
Il y a encore des photos de l'époque.
- Speaker #1
J'en ai une de Florence, c'était une photo de mon book. Tu sais, on avait fait tout ça.
- Speaker #0
De toi, mais on n'a pas de photos tous ensemble et tout ça. Ben, il en a, c'est sûr.
- Speaker #1
À l'époque, tu voulais être acteur. Mais à quel moment c'est l'humour qui a pris le pas ?
- Speaker #0
C'est vraiment une bonne question ça, parce que effectivement j'étais monté à Paris en me disant si je veux être dans la télé ou si je veux être sur scène, parce que j'avais pas une espèce de folie de la notoriété, j'avais une folie de me dire sur scène ça a l'air sympa, continue à être un enfant. Je crois que j'avais un peu ce syndrome de me dire tant que je peux continuer à être un enfant ça doit être un chouette métier. Et pourtant, avant de venir à Florent et même depuis que j'ai... Tous 13 ans, j'adore les humoristes. Et c'est ce que j'ai vu le plus sur scène. Pour moi, à l'époque, je lui ai déjà dit Michel Bougenat, ça a été une révélation. Parce que je trouvais qu'il me raconte une histoire comme ça d'une heure et demie. J'ai vu Likaku. J'ai vu le premier spectacle de Danny Boon. Je l'ai vu de tout un bien. C'était un jeune qui montait. C'était Patrick Timsit, qui était déjà un des rois de l'humour noir. Alors que ça n'était pas encore trop arrivé, cet humour-là. Donc, je les ai tous vus. Et quand je viens à Florent, Je ne... Je ne me dis pas une seconde que c'est pour moi ça. Et en troisième année, donc toi, t'es parti. Moi,
- Speaker #1
j'étais parti, mais vous aviez fait un spectacle, j'étais venu voir plusieurs fois.
- Speaker #0
On est resté en contact, mais t'étais plus là. Mais donc, il y a eu cours de one-man show. Peut-être l'aurais-tu pris.
- Speaker #1
Ah merde, tu vois, j'aurais peut-être dû rester en contact.
- Speaker #0
Et alors, ça coûtait 90 balles de plus. Et c'était que sur un mois. Les 90 balles les plus intelligemment investies de ma vie. Et c'était avec Stéphanie Bataille, la météorocéenne. et directrice de théâtre aujourd'hui, qui est toujours ma metteur en scène, d'ailleurs qui, sans elle, je ne serais pas en face de toi en train de raconter ma carrière. Et elle, elle avait un luxe, parce qu'il faut dire qu'à Florent, à peu près, si tu payes ta cotisation, tu peux rester dans la classe. Il n'y a pas d'examen, ou si tu n'es pas bon, on te dit maintenant, monsieur, il faut partir. Tu restes les trois ans. Et Stéphanie, elle, elle avait le luxe de... choisir qui elle voulait dans sa classe. Donc elle a fait une sorte d'audition, elle était 40, elle a gardé 22 je crois. Et elle pouvait les virer. C'est à dire que si les mecs travaillaient pas bien ou elle pouvait être dure avec eux. Parce que souvent on disait aux profs, sois pas trop dur avec les élèves parce que s'ils s'en vont, ils payent plus. Et Stéphanie n'en a rien à foutre, le mois était payé. Donc on a commencé à 22, on a dû finir à 13, mais les 13 on avait putain de bossé quoi. Et donc j'ai appris beaucoup de choses et j'ai surtout appris que j'écrivais correctement. Je le soupçonnais, mais je n'avais jamais pensé que ça pouvait être vraiment mon moteur, l'instrument de travail qui me ferait vraiment avancer. Et après, tout ce que j'ai appris pour être comédien, je l'utilise encore. Mais c'est vraiment l'écriture qui drive tout ce que je fais aujourd'hui.
- Speaker #1
Donc l'idée d'aller vers quelque chose de plus acting, c'est pas...
- Speaker #0
J'estime que c'est pas une hiérarchie, c'est-à-dire que c'est pas mieux. Je sais qu'il y a plein de gens qui pensent ça, c'est-à-dire qu'il y a plein de gens qui ont fait... Je pense qu'elle ne m'en voudrait pas, Julie Ferrier, si je dis qu'en fait, à un moment, elle ne travaillait pas assez comme comédienne, elle a fait son spectacle qui était un carton absolu, et du coup après on l'a beaucoup demandé comme comédienne donc elle était ravie, donc elle a fait moins de spectacles, peut-être y reviendra-t-elle. Thomas R. Sisley, par excellence, il voulait être comédien, il a fait un spectacle, il a fait un spectacle de faire connaître, et puis c'était basta. Et il y en a d'autres comme ça. Moi, je n'ai jamais pensé ça. Je trouve, pour moi, que c'est l'exercice absolu, pour moi, et un spectacle. Si on me demande de jouer, je le fais. J'y vais, je l'ai déjà fait. Honnêtement,
- Speaker #1
c'est moins drôle. On te donne un texte. Des fois, tu le trouves bien, des fois, tu ne le trouves pas bien. On te dit à peu près ce que tu dois faire. Tu es un instrument, quoi. Je peux te dire un truc que m'a dit ma mère un jour. Tu as vu dans un film. Elle m'a dit, je le préfère sur scène. Ça ne veut pas dire que tu jouais mal. Il y a du sous-texte, quand même.
- Speaker #0
écoute je remercie Bayak Asmi là parce que récemment dans le parfum du bonheur elle m'a fait jouer un psy et en fait c'était pas dans celui-là c'était un truc qui avait un petit rôle alors c'est cool parce que dans celui-là je me suis trouvé enfin je me suis trouvé pour une fois plutôt bon et les gens m'ont écrit pour me dire que j'étais bon et en fait elle a fait elle a travaillé en fonction de qui j'étais et c'est pour ça que je la remercie infiniment parce que je crois que si un jour les réalisateurs ont envie de m'avoir parce que j'ai la gueule du truc ou parce que j'ai l'énergie du perso, ils pourront obtenir quelque chose s'ils bossent avec moi. Mais je ne suis pas un Stradivarius, le son qui va sortir ne va pas être bon directement. En revanche, si tu bricoles un peu et si toi-même tu es un bon joueur de violon, tu auras un bon son. Et elle, elle me disait fais-le comme ci, fais-le comme ça, elle était très derrière moi et je suis très à l'écoute quand c'est comme ça.
- Speaker #1
Ça a dû te faire bizarre de retourner à cette pratique-là, sachant que ça fait un moment que tu fais vraiment beaucoup de scènes. et beaucoup de chroniques radio où t'es dans ce que t'aimes faire toi et enfin t'as pas un personnage forcément qu'on t'impose entre guillemets t'as pas à travailler un personnage c'est ça mais alors ça c'est la partie un peu agréable c'est que tu
- Speaker #0
n'es pas ton propre chef donc tu écoutes ce qu'on te dit et tu fais et donc quand je l'ai fait avec Daniel Benoît où j'ai fait du théâtre dans une pièce Merci. sérieuse, où j'étais un broker de la City, là aussi, j'ai écouté ce qu'il me disait de faire. Et il a pu m'arriver de penser que je ne l'aurais pas dit comme ça, ou je pensais que la personne, je ne la dirais pas comme ça. Mais c'était évidemment sa mise en scène, c'était son choix de me mettre en scène, et c'est très reposant. Alors j'essayais, parce que c'est ça le truc, c'est que tu essayes de faire comme lui, et parfois tu n'y arrives pas. Et donc, lui doit faire avec ce que tu donnes. Et donc, tu arrives parfois à un compromis. Mais Baya et Daniel m'ont choisi parce qu'ils me connaissaient et savaient ce que j'étais. Baya, très mignonnement, m'a mis des chemises à fleurs, parce qu'elle m'a vu sur des photos avec des chemises à fleurs. Et elle a mis une cible de fléchette dans le bureau du psy.
- Speaker #1
C'est sympa ça.
- Speaker #0
Et elle a dit, je t'ai vu faire un truc avec les fléchettes, je trouvais ça génial. Donc, j'ai mis une cible de fléchette.
- Speaker #1
Et donc, on va y venir en fléchette.
- Speaker #0
Quand Caroline Anglade, ma cliente, arrive, je suis en train de jouer aux fléchettes. Donc dans ma tête, au lieu de réfléchir à être le personnage, je suis en train de me dire, essaye de bien lancer comme ça dans le film. Tu auras une flèche dans le mille.
- Speaker #1
C'est marrant parce que même dans le film, tu veux qu'on sache que tu sais jouer aux fléchettes.
- Speaker #0
Oh non, je veux pas, mais je trouvais ça drôle qu'elle ajoute ça. Non,
- Speaker #1
parce que t'es un vrai passionné. Mais on va y venir tout à l'heure, mais t'es un vrai passionné de... Ah passionné, oui,
- Speaker #0
bon joueur. Non, mais passionné, oui.
- Speaker #1
Quand tu lances Alex Vizorek et tu es une œuvre d'art... Moi au début, c'est ce que je m'étais dit, je me suis dit si je pouvais le faire, un spectacle sur l'histoire de l'art, tu y croyais vraiment parce que t'aimes ça ? Non mais la question est plutôt sérieuse, tu t'es dit on verra bien. De toute façon c'est ce que j'aime.
- Speaker #0
Alors c'est un peu parti d'un truc, oui j'aime l'art et la culture et c'est pour ça que moi à Florent j'ai appris beaucoup de choses et j'ai eu l'impression de sortir plus malin, enfin plus cultivé. Malin c'est un autre mot. Et on allait à l'époque chez J.Bergen acheter les livres, qui n'existent plus je te souviens. Donc tu avais des livres avec la bande-lettre jaune qui étaient des livres à utilisation. Tu pouvais aller revendre tes livres. Et puis tu avais d'acheter les nouveaux. Bon, j'achetais les livres dont on avait besoin. Et puis de temps en temps, j'achetais l'un ou l'autre livre en me disant, tiens, pourquoi pas ? Et donc j'avais acheté un livre de correspondance entre deux auteurs japonais qui se sont, je savais, suicidés les deux, mais je ne savais pas qu'ils se connaissaient. Et en fait, ils se sont écrits pendant 20 ans. Et puis il y en a un qui s'est fait harakiri. Et l'autre qui s'est tiré une balle dix ans après. Je me dis, qu'est-ce qu'ils se sont racontés ? Ils finissent tous les deux en l'air. Ils sont collés. J'ai acheté le bouquin de correspondance. Et c'est à peu près au moment où il y a le cours avec Stéphanie Bataille et qui dit, écrivez-moi un sketch, comme ça je vois sur quoi on bosse. Et je me dis, j'avais vu Fabrice Lucchini faire des explications de livres et bien parler des bouquins. Je me dis, je vais faire un sketch où... J'essaye de comprendre pourquoi ces deux-là se sont tirés une balle. Et donc, j'écris un truc un peu absurde sur... Il y avait des infos sur l'art et puis des trucs que c'est moi qui inventais et que je mettais de la drôlerie. Et je me suis dit, en fait, c'est marrant de parler de culture parce que les gens t'écoutent avec cette idée de je vais apprendre quelque chose et en plus, je vais me marrer. Et donc, au sortir... Après, elle m'a fait travailler sur d'autres trucs, Stéphanie, mais au sortir de ça, du stage, du mois, je me suis dit, mais en fait, écrit... des choses sur la culture. Et je m'étais mis comme contrainte d'écrire un truc sur la musique classique, ce qui est mon premier sketch qui a cartonné le joueur de cymbale, un truc sur le cinéma, le sketch Mora Venise, un truc sur l'histoire de l'art contemporain, celui-là qui tourne encore beaucoup, il y a des profs qui me demandent s'ils peuvent le passer en classe, leurs élèves d'histoire de l'art. Je dis bien sûr que oui, allez-y.
- Speaker #1
On va les mettre tout ça dans un spectacle, et je me suis dit en fait ça ne parle que d'art, c'est le seul fil rouge. C'est pas un cours d'histoire de l'art Donc oui j'aime ça, mais je ne sais pas si ça va marcher On vit dans une société Où j'ai l'impression que les gens se cultivent de moins en moins Surtout les jeunes C'est un point de vue de ce que je vois un peu La culture est différente
- Speaker #0
Donc j'imagine qu'il y a un peu le côté C'était mieux avant parce qu'on est comme ça Il y en a toujours un peu Mais quand même je vois passer pas mal de trucs sur la culture Mais en fait c'est des jeunes qui essayent d'apprendre A d'autres des trucs culturels Oui il y en a,
- Speaker #1
tu sais je t'avais envoyé le titre L'insta d'une... Je ne sais plus comment elle s'appelle. Et elle, elle est top. Mais justement, c'est ce qui m'avait vachement surpris avec ce spectacle que moi j'ai adoré pour le coup, comme beaucoup de gens. Comme tous mes potes, vous êtes venus me voir. On a vu l'évolution. Non mais c'est l'évolution. C'est le succès que ça a eu.
- Speaker #0
Pas si vite que ça. J'ai travaillé. C'est ça qui m'a permis de travailler.
- Speaker #1
Ça s'adresse au départ à un public un peu... averti entre guillemets et tu as réussi à intéresser des gens, on découvre aussi tu vois dans ce que tu fais. C'est à dire que c'est là où je pense que ma stratégie mais il s'avère que c'était des chances de la vie aussi c'est qu'au début tu as raison qui vient à un spectacle sur l'art,
- Speaker #0
j'en comme bien l'art, j'en comme bien l'humour mais pas le grand public et en fait le grand public est venu parce que J'ai fait beaucoup de chroniques en radio, je suis rentré à France Inter, je suis devenu sociétaire de la bande avec Charline et Guillaume. Et donc à 17h on était dans les radios, dans les voitures des gens. Et donc au fond je serais venu avec n'importe quel sujet, ils seraient venus me voir parce qu'ils me connaissaient, ils avaient la sympathie. Et c'est à ce moment là que le spectacle est devenu un peu plus mainstream. Et quand ils venaient ils se rendaient compte qu'en fait c'était pas un spectacle d'un télo du tout. Mais non c'est ça,
- Speaker #1
c'est là où je trouve que t'as été très fort. C'est d'intéresse. Parler de choses que les gens ne s'intéressent pas forcément ou ne connaissent pas, tout simplement.
- Speaker #0
Moi-même je ne connaissais pas.
- Speaker #1
Et d'arriver à en parler. Moi j'invite les gens, il est disponible.
- Speaker #0
En ce moment je fais ça avec la musique classique. Je suis sur scène avec un orchestre, un ensemble, ils sont 6 musiciens hyper talentueux. Et je fais des vannes sur Mozart, Beethoven, Brahms, Gershwin, Piazzolla. Et eux jouent derrière 5-6 minutes de chaque compositeur. Et donc, je pense qu'on apprend des choses, et qu'en plus, on vit un moment d'art. Donc c'est quelque chose qui me poursuit l'idée de pédagogie permanente.
- Speaker #1
De toute façon, t'as toujours aimé, et puis t'es un des mecs les plus curieux que je connaisse.
- Speaker #0
C'est un beau compliment. Honnêtement, je trouve que l'intelligence et la culture, c'est con comme concept. La curiosité, c'est important, parce qu'on n'est pas tous cultivés.
- Speaker #1
Moi, je me rappelle, je fais une parenthèse sur Florent, mais tu sais, quand on a eu une grosse période de Vinavert, moi, ça me gonflait, ce truc. T'as rencontré après ? Ah ouais ! T'es venu comme invité ? J'ai rencontré Michel Vinavert. Ouais,
- Speaker #0
je l'ai fait venir comme invité à... Moi, je me rappelle,
- Speaker #1
je voulais pas le jouer, ça me saoulait, ce truc, sans ponctuation. C'est toi qui m'avais convaincu parce que tu m'as dit mais attends j'ai regardé un peu qui est le mec, regarde. Tu vois t'avais été curieux de découvrir qui était le mec tu vois.
- Speaker #0
Il avait une grande carrière je crois, il avait été directeur chez Danone. Il était pointu dans les ressources humaines et donc après il a fini par écrire des pièces.
- Speaker #1
D'ailleurs une des pièces qu'on jouait c'était un truc qui se passait dans des bureaux.
- Speaker #0
Je crois que la grande partie de l'oeuvre de Michel Vinavet a passé dans des bureaux.
- Speaker #1
Ton deuxième spectacle c'est Advitam, c'est un spectacle sur la mort, le thème central c'est la mort. Pourquoi ce terrain là ?
- Speaker #0
Comme le premier sur l'art avait eu du succès Et que les gens venaient me dire C'est chouette qu'il y ait un thème Je constate, mais on parle du symboliste encore Que souvent les gens Trois semaines après avoir vu un comique Ne savent plus très bien de quoi il a parlé Et c'est comme ça pour à peu près nous tous Avec deux et demi c'est un peu plus le cas Mais après je leur ai dit Il y avait quand même la partie sur le womanizer On a adoré la partie sur les enfants Donc en fait ils se souviennent de tout Ils se souviennent qu'ils ont passé une bonne soirée Mais il n'y a pas des... comment dire, des thématiques qui sont des points de chute. Avec l'œuvre d'art, je constatais que les gens me disaient, bah oui, c'est vous l'art. Je me suis dit, bah, refaisons un thème. Quel thème ? Parce que c'est pas... Je me suis dit, en fait, déjà même les thèmes, choisissons le thème le plus difficile pour faire un spectacle d'humour. Et du coup, ça s'est assez vite imposé. Oui,
- Speaker #1
le thème le plus difficile.
- Speaker #0
Et donc, je me suis dit, vas-y, on essaye de regrouper ça dans un thème et après, on... en fait au fond,
- Speaker #1
j'ai fait deux heures de spectacle assez peu on parle de la mort non c'est le point de départ t'as réussi ta mission de dédramatiser ce thème de la mort je l'ai fait un peu égotiquement et psychanalytiquement pour moi mais
- Speaker #0
le but était que personne ne puisse ressasser de souvenirs douloureux en regardant le spectacle et ça marche mon angoisse c'était le premier parce que je ne savais pas, en plus on sortait du Covid Donc il y avait des gens à la période du déproche. Le spectacle devait exister avant le Covid. Et donc je crois, après trois semaines d'exploitation du spectacle, encore il y avait des trous dans les salles, les gens étaient en masque et tout. Il y avait une jeune fille, elle avait 30 ans, qui m'écrit et qui dit « Je suis venu vous voir avec ma mère, on avait pris des places pour nous trois avant le Covid mais mon père... » Et à ce moment-là, elle ne dit pas qu'elle a aimé ou pas. Donc je dis... et donc on dit ben voilà on avait un peu peur, on veut le sujet on avait un peu peur, c'est notre première sortie depuis le décès de mon père et tout et elle me dit et je vous en veux un peu wow et c'est tu lis tu te rends mais tu dis elle dit en fait à cause du spectacle on sait toujours pas quoi faire descendre C'est tellement touchant ! Parce que je parle de plusieurs possibilités qu'on va faire descendre. C'est une partie du spectacle, et donc je suis répondu hyper ému. J'ai dit, écoutez, c'est un des messages les plus importants pour moi, parce que j'ai cette peur, justement, de ressasser des choses douloureuses chez des gens. Et en fait, elle m'a prouvé que non, donc ça m'a beaucoup touché.
- Speaker #1
Tu t'attaques à deux et demi, donc tu vas au spectacle, tu passes au stand-up. Donc il y a un côté plus direct, peut-être plus personnel. Qu'est-ce que ça change pour toi sur scène ? Et de quoi ça parle de Ennemi ? Puisque je ne l'ai pas vu.
- Speaker #0
Je voulais remonter sur scène assez vite. Et Advitam, pour moi c'était un gros aboutissement, c'était un beau travail, j'étais fier et tout. Et je ne voulais pas que... je crée quelque chose de comparable. Je voulais pas un Advitam 2. Mais en vrai, je voulais le plaisir d'avoir les gens. Qu'est-ce que je leur ai pas encore donné sur mes années de boulot ? Et en fait, j'ai assez peu parlé de moi. J'ai parlé d'art, j'ai parlé de mort, mais...
- Speaker #1
Oui, non, tu parles vraiment de toi. Par ailleurs, c'est pas inventé. Genre, dans Alex, c'est une oeuvre d'art, tu dis que t'as un enfant qui s'appelle Jean-Pierre, alors que je sais que c'est pas vrai.
- Speaker #0
C'est pas vrai. Et en fait, la seule un peu partie dans Advitam, c'est que j'explique que j'ai pas d'odorat. Ça, c'est vrai, et donc je raconte deux, trois trucs là-dessus. Mais c'est à peu près tout. Et dans le dernier, je me suis dit, vas-y, fais des trucs perso. Qu'est-ce qui colle bien au perso, le stand-up ? Quand je dis c'est facile, c'est très difficile le stand-up. Comme tout ce qu'on fait sur scène, dès que vous montez sur scène, les gens ont besoin de voir quelque chose de qualitatif. En revanche, c'est facile de travailler. C'est-à-dire que j'ai donné cette idée à mon producteur, il me dit, ok, je suis enthousiaste pour toi, tu vas t'amuser, tu vas aller travailler. On a lancé des salles. de 100 places, comme je suis un peu connu aujourd'hui, on a très vite rempli. Donc j'avais 40 dates où il y avait 120 personnes qui s'étaient bourrées. Et moi, je savais que j'allais pouvoir travailler 40 fois avec des gens, on allait rigoler, on allait s'amuser. J'ai demandé que ce soit moins cher au début pour que j'en ai pour leur argent. Et donc, le spectacle a évolué avec les gens. On a passé des soirées formidables où il s'est passé des trucs. Récemment, j'ai mis sur mon montage une dame qui m'a fait une quiche.
- Speaker #1
Il me l'a anticipé.
- Speaker #0
il m'a fait un petit vomi t'as fait un beau vomi le minutage mâle oui mais là t'es obligé de trouver des vannes un peu tu vois pour détendre les autres pour laisser le temps aux gens de faire blinquer le vôtre et d'enlever apparemment l'odeur parce que comme j'ai pas d'odorat je m'en rends pas bien compte mais oui maintenant
- Speaker #1
que je fais le lien parce que c'est vrai que je me dis mais c'est marrant ils sont pas les gens de derrière elles oui les gens de derrière elles ils m'ont fait eux ils étaient là avec des mouchoirs et tout C'est ça.
- Speaker #0
C'était fou Après ça peut arriver dans n'importe quel spectacle C'est arrivé une fois au Casino de Toulouse avec Advitam Je voulais remonter sur scène et donc je me suis dit Stand-up c'est chouette, parle de toi Donc j'ai demandé un beau micro Et je voulais des spectacles un peu plus courts Un peu plus faciles à transporter C'est-à-dire que je voulais que Si on me dise Alex on a une scène Avec des francophones à Barcelone, viens jouer Avant avec Advitam j'avais des projections Il fallait se prendre On était 4-5 sur la route Donc c'était un gros spectacle. Ici, j'arrive les mains dans les poches, je mets ma chemise dans le gilet, allumez-moi le micro, mettez-moi une lumière, et j'ai des trucs à vous raconter. Et donc il a fallu écrire en fonction de ça, pour avoir des trucs à raconter, un peu comme je te raconte là, mais avec van, parce que sur une heure et quart, une heure vingt, ça rit quand même beaucoup. Surtout maintenant, peut-être moins à la première. Et donc c'est très joyeux, et je vois que les gens ont été enthousiastes de ça. de l'idée de venir me voir créer avec eux et de se marrer, j'ai joué à Agin il y a 10 jours à 90 places, alors que maintenant on en fait plus et que j'étais là pour autre chose et ils m'ont dit tu veux pas venir j'ai dit bah vas-y, on a vendu 90 vite et j'ai passé un moment à la scène, elle est super ça s'appelle le Palace, si vous êtes à Agin allez voir, c'est un nouveau comédie club qui a ouvert tout le monde est bien placé c'était très joyeux, c'est comme si t'es à un dîner et puis tu te lèves et tu parles et les autres ils ont l'impression d'être avec toi tes potes, tu peux leur raconter des trucs un peu différents que quand tu joues devant 800 personnes et c'était super souriant il y a une dame qui est venue me dire, c'est pour ça que je disais ça merci beaucoup c'est tellement chouette de pouvoir vous avoir,
- Speaker #1
t'as essayé l'accent d'agent là ?
- Speaker #0
que pour nous, pas du tout j'ai essayé la dame elle a pas bien marché, de vous avoir que pour nous et c'est drôle parce qu'il était 90 donc j'étais pas là que pour elle et ton mari merci d'être venu chez nous mais quand même c'était que pour elle que j'ai joué Merci. Et elle a eu ce sentiment-là, donc c'est que j'ai réussi. Le côté, je vous parle directement et je suis vraiment avec vous. Je suis en train d'un peu réussir ça et ça me fait plaisir. Pourquoi 2,5 ? Hommage à Fellini, qui a fait un film qui s'appelait 8,5. Parce qu'il ne voulait pas faire de 9e film et il voulait faire un film un peu hybride entre les deux. Et donc il l'a appelé 8,5. Parce qu'il n'avait pas de titre. Et donc je me suis dit, c'est parfait. Parce que comme ça... Les gens ne vont pas penser que c'est un troisième spectacle dans la lignée des deux autres, qui soit très écrit sur un thème. Je ne dis pas qu'il n'est pas écrit sur le thème, bien sûr que si, mais le côté thématique, le côté pseudo-conférentiel que pouvaient avoir les deux premiers. Et donc, en l'appelant Deux Ennemis, c'est le petit frère des deux autres. Il n'a pas de prétention, mais on y rit beaucoup, beaucoup.
- Speaker #1
Et tu abordes beaucoup de choses de toi qui concernent les gens.
- Speaker #0
Je parle de la fin. En fait... J'explique qu'on m'obligeait à parler de moi, que j'ai pas tellement envie, et que souvent la meilleure chose pour parler de soi c'est de parler de sa famille, donc je parle un peu de mes parents, je parle de mes grands-parents, de mes grands-mères, et tout le monde se reconnaît. Je connais là-dedans, je parle du fait que j'ai pas de gosses, donc du coup je parle le monde veut. Et après, je finis par parler de moi, je raconte deux, trois cochonneries quand même.
- Speaker #1
Et j'en aime le cul. T'as l'art de savoir raconter les cochonneries. Bien raconter.
- Speaker #0
C'est un des trucs les plus difficiles à faire. D'essayer d'être élégant en parlant de cul sur scène. Parce que les gens, ils pensent parfois que parler de cul, c'est le plus facile parce que tout le monde rit. Bah, le faire bien, c'est...
- Speaker #1
pas si facile.
- Speaker #0
Et je me suis pris des tunnels, des trucs où je me suis dit, t'es en train de raconter un truc, tu gênes tout le monde. C'est énorme. Et donc, tu recules et tu te dis, ok, on va viser là. Et puis à un moment, tu te rends compte que tu trouves le bon vibrato de ton histoire.
- Speaker #1
Et ça, c'est génial.
- Speaker #0
Advitam, déjà, quand j'ai joué la toute première en création, il y a des gens qui sont venus me dire
- Speaker #1
Tout est très bien, sauf... Alors, il y a deux choses. La partie sur le cul et la partie sur les religions, c'est peut-être pas nécessaire.
- Speaker #0
Et c'est effectivement, c'est les deux sujets les plus difficiles à travailler.
- Speaker #1
Ah oui ?
- Speaker #0
Parce que, du premier coup, tu peux pas y arriver. Il faut affiner. Et une fois que t'affines, c'est sans doute les deux moments les plus forts du spectacle.
- Speaker #1
Quel regard tu portes sur l'humour aujourd'hui ? Est-ce que tu crois que... Cette fameuse phrase que je déteste, est-ce qu'on peut rire de tout ? Et est-ce qu'il y a de l'autocensure ?
- Speaker #0
Alors, c'est trois questions d'un coup.
- Speaker #1
Ouais. Regarde que je ne peux pas faire des études de journalisme.
- Speaker #0
Normalement, tu sais faire. Je vais prendre la première. J'ai beaucoup d'admiration et de curiosité envers la nouvelle génération. Ils sont hyper nombreux, ils sont hyper créatifs, ils sont dynamiques, ils travaillent énormément, ils font trois Comédie Club par soir. Je les envis de cette boulimie que j'avais moi aussi, mais il n'y avait pas les Comédie Club, on avait moins l'occasion. Et donc c'est aussi pour ça que je suis venu sur leur terrain, entre guillemets, à leur côté, je prends un micro et je parle. Je dis, mais moi aussi je sais faire, moi aussi j'ai envie d'aller dans les comédies club quand je suis dans une ville. Tu sais quand j'ai joué dans les villes où mes salles de 150 étaient remplies, à Nantes j'avais une 180 qui était remplie trois soirs. Je jouais à 21h et donc, plus drôle, à Nice j'avais 250 qui étaient remplies trois soirs. Et je jouais à 21h. Et le premier soir, en première partie, il y a un jeune gars et je lui dis... Il y a des comédies clubs, il me dit « Ah ouais, il y en a un, c'est super ! » Dans le Vieux-Nice et tout, j'ai dit « Tu crois que je peux venir ? » Il me dit « Si je lui téléphone, il va être ravi que tu viennes ! » Et donc il téléphone à l'organisateur, il dit « Vraiment, il voudrait bien venir ? » Le gars me dit « Oui, bien sûr, super ! » C'est chouette, les gens sont contents. Ça surprend, le public est là, et puis on fait deux, trois photos, genre « Il est venu ici, et donc c'est gagnant-gagnant ! »
- Speaker #1
Et moi, j'ai un public qui ne m'a pas choisi.
- Speaker #0
Et donc le mec est au téléphone, il raccroche, il dit c'est bon tu peux venir demain à 19h30, tu passes en premier comme ça après tu viens vite ici, tu fais ton spectacle. Moi je suis boulimique de ça, je dis trop bien. Et il me dit en plus c'est complet. Je dis génial, trop bien. Il dit c'est combien complet ? 33. Je dis ça fait longtemps que je n'avais pas joué 33. Et c'est dans une cave comme ça.
- Speaker #1
Mais je suis sûr que tu as pris du plaisir.
- Speaker #0
Mais tellement, tellement. Et alors quand j'arrive, tu as la moitié de la scène qui est ouf.
- Speaker #1
Et l'autre moitié qui fait « mais pourquoi ces gens font « wow » alors qu'on ne le connaît pas plus que le précédent ? » Et donc c'est vraiment très très joyeux à faire.
- Speaker #0
Et donc en ça je suis admiratif de la génération et je les rencontre maintenant grâce à ça.
- Speaker #1
Et l'impro, parce que justement, t'en as parlé, il y a cette impro que j'invite les gens à aller voir sur Instagram, où on a cette dame, le vomi, ça a une... tu trouves que ça... enfin, aujourd'hui j'ai l'impression que ça a une place extrêmement importante. dans la carrière d'un humoriste ?
- Speaker #0
Je vais t'expliquer. Ce que tu vois, c'est sur Instagram et TikTok. Et en fait, on ne veut pas mettre des morceaux de spectacle. Parce que si tu mets un morceau de spectacle, il est cuit, il est vendu. Les gens, quand ils viennent voir un humoriste, ils ne viennent pas voir un chanteur qui doit chanter la chanson la plus connue parce que sinon il râle. Ils viennent voir quelqu'un qui va leur raconter une histoire qu'ils n'ont pas encore entendue. Donc s'ils l'ont déjà entendue, c'est mort. Donc on ne peut pas mettre, on ne veut pas mettre des morceaux. Tu peux en mettre... Tu distilles le vrai.
- Speaker #1
Dans l'impro, limite.
- Speaker #0
En revanche, l'impro, comme tu sais qu'elle est perdue, parce que tu l'as faite là, je ne vais pas tous les jours avoir un mec qui vomite.
- Speaker #1
C'est ce que tu dis d'ailleurs dans la vidéo. Et non, ce n'était pas vrai.
- Speaker #0
Exactement. Donc, ça, tu dis, c'est chouette, c'est marrant, il y a 250 personnes qui l'ont vu parce qu'ils sont là. Pourquoi je ne le montrerai pas à tous les autres pour montrer qu'on s'amuse bien à mon spectacle ? Mais donc, ça donne une fausse idée de ce qu'est le stand-up, parce que ce que tu vois et ce que les gens voient sur les réseaux, s'ils aiment ça, s'ils suivent des humoristes, c'est beaucoup d'impro. Mais si vous allez voir un humoriste, normalement, il y en a très peu.
- Speaker #1
Mais est-ce qu'il n'y a pas le risque ? J'ai en vécu, mais je ne citerai personne, le risque que certaines impros sont très drôles, mais le spectacle, ça aurait été vrai si tu n'avais pas vu d'impro,
- Speaker #0
ça aurait été vrai. Et alors les gens attendent de toi que tu sois très très bon en impro, quand tu as été très aimé pour ça. Sauf qu'une bonne impro, ça ne tombe pas toujours. Et là que tu tombes sur un gars qui n'a pas grand chose d'intéressant à dire, c'est raté.
- Speaker #1
Le public, aujourd'hui, alors toi je ne pense pas que ton public soit concerné, mais est-ce qu'il n'y a pas un public qui en fait un peu trop justement parce qu'il y a ces impros ? Il y en a qui racontent des choses très intimes ou qui vont jusqu'à la confrontation. Il y a des humoristes qui n'hésitent pas à insulter le public.
- Speaker #0
C'est-à-dire que c'est toi qui donnes le ton à ton public. C'est-à-dire que si tu ne leur donnes pas la porte, alors à part, et on a déjà eu un mec un peu ivre, qui lui pense qu'il est chez lui dans son salon, il va raconter sa vie. Mais sinon, si tu ouvres la porte à poser des questions, Il faut que tu sois là. apte à pouvoir accepter ou entendre les réponses. Et moi j'ai souvenir, on fait un grand gala, festival de Saint-Etienne, et c'était des duos improbables. Donc chacun avait écrit son sketch, moi je faisais un truc avec Olivia Ruiz, c'était improbable, donc à moitié c'était chanté, à moitié c'était des vannes, et c'était très chouette. Et un autre duo c'était Popek et Redouane Bougaraba. Donc improbable, mais très drôle comme idée. Et donc ils avaient un peu bossé, ils avaient écrit. Et donc Red One, il faisait un sketch avec Popec. Sauf que sur l'affiche, il y a marqué Grand Gala Saint-Etienne, Regne de Bougaraba, Les Vizorek, Popec, Olivier Raoult, tous les autres, machin. Et en fait, les fans de Bougaraba, ils étaient là très tôt et ils ont couru pour être devant, pour se faire un peu alpaguer par lui et pour pouvoir faire une joute avec lui et lui répondre. Sauf qu'il n'y avait pas prévu ça.
- Speaker #1
Lui, ils ont sketché avec Popec et voilà.
- Speaker #0
Et donc, à un moment où, salut ! Il voit bien que les gens veulent lui parler et tout donc pour faire plaisir il a fait 5 minutes mais en fait les gens demandaient ça de lui mais parce qu'on a mis tellement des magnifiques sur le réseau que les gens pensaient qu'il faisait que ça.
- Speaker #1
T'étais sur France Inter, maintenant sur RTL 12 ans sur France Inter, RTL ça fait combien ? 3 ? Ouais c'est ça. Bon en même temps c'est parce que je suis.
- Speaker #0
On se voit quand même.
- Speaker #1
Pourquoi le choix de partir de France Inter après 12 ans pour aller voir RTL ? C'était un besoin de nouveaux horizons ?
- Speaker #0
C'est un peu les deux. En vrai, c'est comparable à un couple. Je me sentais un peu moins aimé au sein de mon couple avec France Inter, pas du tout avec Charline, pas du tout avec mes copains. Et je sentais que d'ailleurs, nous tous, on était moins aimés. Et donc, RTL qui me draguait un tout petit peu depuis 2-3 ans, pour laquelle j'avais le plus profond des respects, parce que c'est la radio qui écoute toujours mon papa. mais qu'on écoutait dans la voiture c'est pour ça que tu voulais l'écouter c'était pour lui faire plaisir alors on a dû l'écouter la partie Zappimax j'étais pas né la partie Jean-Pierre Poucault c'est pas impossible qu'on en ait écouté ensemble parce que c'était les années 2000 donc ouais ouais je commençais à conduire moi mais enfin bon du coup on avait RTL en longue zone moi j'écoutais les grosses têtes de Bouvard avec de la grande époque Jean-Yann, Jacques Martin, Gérard Juniau à l'époque, Isabelle Mergot, qui sont encore là et avec qui j'ai l'occasion de travailler aujourd'hui.
- Speaker #1
Tu étais au Gros Stade de l'Université.
- Speaker #0
J'y vais 21 fois par an.
- Speaker #1
C'est vrai ?
- Speaker #0
Dans mon contrat. Et je serais content. Et donc voilà, il y a ça. Et donc, je sentais qu'on n'était plus aimés. De l'autre côté, j'étais demandé, je me disais, est-ce que ce n'est pas le bon moment ?
- Speaker #1
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Parce que tant que j'étais aimé à Inter, j'avais dit non à RTL deux fois de suite. Et donc, cette année-là, c'est moi qui ai été redrague à RTL. J'ai téléphoné, j'ai dit... en fait c'est bon où on en est de ce date ? elle me dit bah nous on a toujours plutôt envie allons boire un café donc c'était Régis Ravannas qui me dit bah écoute nous on est toujours ok on aimerait bien on regarde ce qu'on peut te proposer ils m'ont proposé l'après-midi la bande du matin aussi on rigole bien le matin il y a des gens de tous horizons qui ont la gentillesse de rester pour rire si on est drôle mais ils sont là ils sont généreux Thomas Soto, moi, il m'avait casté à l'époque pour faire Télé Matin. Donc, c'est lui qui était venu me chercher pour Télé Matin. Oui, parce qu'il y a aussi le Télé Matin. T'en fais tellement, ou d'un an, je sais plus. Mais même moi !
- Speaker #1
D'écrire une chronique par semaine, c'est de la discipline militaire ou c'est juste du plaisir tout le temps ?
- Speaker #0
Les deux, mon général. Honnêtement, alors... Cette semaine, j'ai remplacé Philippe Carrière toute la semaine. Donc j'ai envie d'en écrire... Il en a fait double. Double travail cette semaine. Il est double parce qu'il en a deux tous les matins. Donc j'ai vraiment mal dormi. Si j'ai des cernes, il faut m'excuser. Mais sinon, j'en écris une pour Télématin, une pour RTL. je fais un truc pour l'émission d'Ali Badou sur l'art, ou je fais encore des trucs sur l'art. Et il a été des années quand j'étais chez Charline où j'écrivais tous les jours des choses. J'ai, depuis ma deuxième année en radio, troisième année en radio, travaillé avec des gens. D'abord un, puis deux. Aujourd'hui, j'ai un groupe d'autres personnes qui sont sur un groupe WhatsApp auteur. Et ils travaillent sur tout ce qu'ils veulent. avec moi. C'est-à-dire, je leur dis, voilà, moi j'ai ça, Et donc, ils m'envoient des trucs, je prends des blagues, je remodule, j'essaye d'avoir le meilleur de ce qu'ils m'ont donné pour faire un truc encore mieux. On se parle. C'est vraiment très joyeux de travailler comme ça. Et j'essaye de les enthousiasmer en les gardant, en les payant bien. Mais la plupart... Tous même, ça fait au moins 5 ans qu'on travaille ensemble. Et pour le plus ancien, ça doit faire 10-12.
- Speaker #1
C'est bien, au moins la complicité est là. Vous savez où vous allez rapidement.
- Speaker #0
Carrément. Alors, ils se charrient entre eux sur le groupe. Chacun a un peu sa spécificité. Tout ça se passe très joyeusement. J'ai beaucoup de chance.
- Speaker #1
Est-ce qu'on peut parler de la passion fléchette ? Parce que oui.
- Speaker #0
Ça, c'est un truc de casoir.
- Speaker #1
Alex a une passion pour les fléchettes. Il faut savoir qu'à l'époque, quand tu me l'as dit, je ne t'ai pas cru. Quand à l'époque,
- Speaker #0
tu m'as dit que je devais lui dire ça à Florent.
- Speaker #1
Oui, c'était à Florent. Tu m'avais dit que tu avais une passion pour les fléchettes jusqu'à ce que je te vois jouer et que je me dise « Ah oui, bon, en effet, il sait placer sa flèche. » Parce que nous, on a tendance à jouer aux fléchettes bourré dans un bar. Passer une certaine heure, « Ça me parle du fléchette ! » C'est dangereux, ça ! Oui, en plus, c'est dangereux. À quel moment c'est devenu sérieux pour toi au point de quand même être le speaker des compétitions de fléchettes à la télé ? Pour toi, c'est un honneur, ce truc.
- Speaker #0
Alors, moi, j'ai toujours dit que J'allais essayer de faire plaisir aux gamins que j'étais. Donc pour moi, être dans le showbiz, moi tu sais, j'ai collectionné des autographes quand j'étais petit. Donc être dans le showbiz, j'ai l'impression de vivre dans Disneyland. J'ai un gamin qui continue à être heureux. Quand j'ai fait des trucs de foot et que j'ai rencontré des joueurs d'Underlect à l'époque où j'étais petit, j'ai les yeux qui brillent, tout ça. C'est toujours pareil. Et donc je continue à faire des trucs en fonction. Mais après, quand j'ai appris la poésie à l'école, j'aimais ça. de lire les correspondances de Baudelaire dans des festivals chics, c'est aussi un truc... J'avais envie d'appeler le gamin en disant « Lis bien Baudelaire, parce que bientôt ça va être nous qui allons le faire ! » Et quand j'avais 12-13 ans, pendant les vacances de Noël, je m'ennuyais comme tous les enfants peuvent s'ennuyer, on allume la télé, et il y avait chaque année sur la BBC, car en Belgique on a la BBC, comme on a une chaîne espagnole, deux chaînes italiennes... Deux chaînes allemandes et on a deux chaînes anglaises. BBC 2.
- Speaker #1
Deux chaînes belges.
- Speaker #0
Si !
- Speaker #1
Ça serait con. Ça pourrait être une blague belge.
- Speaker #0
Et donc, il y a les championnats du monde de fléchettes. Et je commence à trouver ça fascinant, mais à 12-13 ans, tu vois. Et j'ai compris le jeu assez vite, parce qu'il ne faut pas non plus être un intellectuel.
- Speaker #1
Bon, attends, j'ai regardé pour toi, pour t'écouter. Vous sortez des termes, des trucs, moi je n'ai toujours pas compris. J'ai compris où ils mettaient la flèche et les points que ça rapportait.
- Speaker #0
Aïe, mais bon. mais bon on explique c'est pas non enfin tu vois c'est sûr que c'est moins la stratégie du basket et donc ce qui me fascine c'est les joueurs c'est à dire que c'est des gens qui ressemblent au père de mes potes au club de pouces il y en a qui sont trop gros qui sont mal rasés mal coiffés et à l'époque dans la fiche du joueur parce que c'était pas un sport professionnel ça passait deux semaines par an sur BBC c'est tout Tu avais son âge, le poids de sa fléchette, machin. Et tu avais son métier. Parce qu'ils avaient tous un métier.
- Speaker #1
Ils n'étaient pas professionnels.
- Speaker #0
Et donc, tu en avais un qui était facteur, tu en avais un qui était builder, qui travaillait dans le BTP. Tu en avais un qui était électricien. Tu avais d'autres métiers, quoi. Des métiers concrets. Et je me dis, c'est fascinant, ces mecs-là, en fait, toute l'année, ils font... Ils sont tous entiers. Ils font l'année. et c'est leur jour de l'année et donc j'écoute ces trucs là avec grand intérêt comme un gosse peut se passionner pour un truc un peu couillon c'est pas mal parce que j'écoute de l'anglais j'apprends à compter parce qu'il faut quand même compter correctement et chaque année c'est un peu traditionnel et quand j'ai 18 ans à l'université je m'en ouvre à d'autres potes et un ou deux potes me disent mais moi et nous aussi on faisait ça je lui dis c'est pas vrai, elle dit si on montait un club Et donc, on découvre qu'il y a une ligue, il existe toujours, ligue de fléchettes bruxelloises. Et donc, on va à nous dans...
- Speaker #1
Je suis sûr que t'es le parrain.
- Speaker #0
Je ne suis pas parrain, mais j'aime bien parler. Donc, on va... Allez-y, inscrivez-vous à l'ADBDF. Et donc, je vais dans un café à côté de l'université où il y a une cible. Je dis, est-ce que ça vous dérange si on crée un club ici ? C'est le vendredi soir. Ils me disent, ah non, le vendredi soir, souvent les gens qui n'habitent pas Bruxelles, ils rentrent dans leur famille, donc il y a moins de monde. Bon, on vous accueille volontiers. Et donc, on va s'inscrire. Et on est une équipe que des étudiants. Il y en a deux, trois qui n'avaient jamais tenu une flèche de leur vie. Et on ne sait pas ce qui nous attend. Tu vois, il faut être au moins quatre dans une équipe. Et donc, tu vas jouer contre d'autres gens. Et tu joues une fois sur deux en déplacement. Une fois dans ton café, une fois dans le café de l'autre. Et donc, on n'éche pas des poules de 14. Donc, tu as 13 déplacements. Donc, je connais énormément de cafés. Parce qu'on a joué 5-6 ans quand même en championnat. C'était notre tradition du vendredi. On était genre une équipe de 8 et il en fallait 4. Donc, ceux qui avaient des soirées avec leur meuf ou ceux qui devaient aller chez leurs parents, ils n'étaient pas là cette semaine-là, mais la semaine d'après, c'était eux. Et le premier jour, on arrive et on joue contre des gens qui ont la tête. des mecs que je regardais à la télé, des moustaches des troncs, ils existent ils étaient fumés encore dans les cathares à l'époque et tout, et donc c'est un monde génial et en fait ils sont drôlissimes c'est des mecs hyper sympas et qui étaient eux aussi surpris de voir arriver que des étudiants universitaires de 19 ans quoi.
- Speaker #1
Mais ce qui est drôle c'est quand on t'écoute les commenter, c'est sur quelle chaîne, c'est sur l'équipe que tu es ? J'ai fait une fois l'équipe parce qu'il manquait quelqu'un qui m'en appelait là où j'écoute
- Speaker #0
Mais RTL Sport, je commande pour la Belgique ?
- Speaker #1
Tu commandes ça comme si tu commentais la Coupe du Monde de foot. Mais en même temps, heureusement. Il y a un mec sur Instagram, je vais te l'envoyer après. Il commande des sports improbables.
- Speaker #0
Tu l'as vu ? J'adore,
- Speaker #1
c'est mon idole.
- Speaker #0
Est-ce que tu as vu le coupage de Légume en deux ?
- Speaker #1
Oui, parce qu'on va y avoir Ben direct. Et Ben me répond, moi je suis pour Stéphane.
- Speaker #0
Ah, quand il commente, il faut expliquer aux gens. C'est-à-dire qu'apparemment, il y a un sport, ça m'a l'air d'être en Allemagne, je crois.
- Speaker #1
Oui, mais non, ça doit être en Suède, parce qu'il y en a un qui s'appelle Stéphane. Ah,
- Speaker #0
peut-être. Et donc, ils ont un légume, et il faut s'arranger pour le couper en deux, et que le légume ait le même poids. C'est fou comme sport. C'est un sport. Et à un moment, il a cette phrase, le commentateur, et attention, là, c'est à Stéphane, c'est jamais facile, la carotte.
- Speaker #1
et j'ai le cœur mec il est génial suivez-le mets-le je mettrais son nom parce que hier j'ai regardé quoi la ligue de football roller c'était Juvisy contre Joinville-le-Pont il te commande ça il
- Speaker #0
est très très bon il va finir par y être vraiment sur les gros matchs mais ce que je trouve formidable c'est que je n'ai toujours pas entièrement pigé si ça le passionnait un peu ou s'il était dans le décalage je ne sais pas et c'est Merci. C'est ça qui est drôle.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui t'anime vraiment aujourd'hui ?
- Speaker #0
Je me pose la question à l'inverse. Je ne me dis pas ce qui m'anime, je me dis est-ce que je suis toujours animé ? Parce que je travaille beaucoup, je pourrais refuser des trucs, j'en refuse d'ailleurs, mais même sur tout ce que je fais aujourd'hui, je pourrais dire, vas-y, je n'ai jamais deux jours d'affilée à moi, je peux enlever, aujourd'hui ça fait six ans que je suis sur Télématin, je peux me dire, ok, je réduis la voilure. J'arrête de faire des spectacles pendant six mois, c'est pas grave, j'en préparerai le suivant. Mais pour l'instant je suis toujours animé.
- Speaker #1
Plus dur avec toi-même ?
- Speaker #0
Plus dur ?
- Speaker #1
Qu'avant ? Plus exigeant ? Je crois pas, je crois que je l'étais,
- Speaker #0
peut-être par moments pas assez, peut-être par moments trop, mais plus ou moins qu'il y a 20 ans, je crois pas. Sauf que maintenant il y a des trucs que je sais. Il ne faut pas avoir la certitude des vieux concavras.
- Speaker #1
Vas-y.
- Speaker #0
Je t'aimerais tomber dans les cueils.
- Speaker #1
Non, je t'ai gaffe. Depuis que j'ai fait le podcast, je me calme.
- Speaker #0
Je suis devenu moins réac. Ce n'est pas un problème d'être réac. C'est que d'expliquer aux jeunes comment il faut faire. Moi, j'aime bien quand on peut faire un échange. Parce que je pense qu'ils ont des trucs à nous expliquer.
- Speaker #1
Sinon, on va finir. C'est vrai qu'il y a fait un épisode avec Maud Verdeyen, une ancienne de la Star Academy, la dernière fois. Et à un moment, on parle de l'éducation et tout. Je l'ai regardé et vraiment, j'avais l'impression de voir deux vieux cons. Genre à nous à l'époque on répondait pas aux parents Et surtout j'ai pas d'enfant C'est drôle Toi non plus ?
- Speaker #0
Non je sors des pas comme toi Je me suis rarement levé le matin en me disant c'est ça qu'il faudrait Parfois je me pose la question de et si un jour ça m'arrivait Qu'est-ce que je peux dire ? Je crois que déjà, j'ai commencé par me recoucher pour vérifier si ce n'est pas un coup de malchance. Mais je prends de réponse et je n'ai pas très envie de me poser la question. Et puis, tant que ça ne se mentionne pas... Très tranquille quoi.
- Speaker #1
Le mot coucher, ça me fait penser à une phrase que tu dis. Elle va être censurée, c'est obligé. C'est vrai qu'il fait la montage. Tu m'avais dit à l'époque, je ne sais plus, je vais voir un truc. Tu m'avais dit, je te donne un conseil, avant de faire une connerie, vide-toi. Dans le sens que, à la main. Parce qu'en effet, ça vide la tête avec. Toi, tu vas te recoucher.
- Speaker #0
C'est un conseil très important. je dirais dans la séduction c'était parce que c'était avant un rendez-vous avant même par exemple d'envoyer un texto un peu houleux avant de... c'est toujours bon c'est genre bon conseiller d'y penser ça fait un reset dans le cerveau c'est là où c'est bien fait c'est pas con on le dit pas assez et c'est pour ça que c'est bien les podcasts comme ça On peut parler de choses un peu plus...
- Speaker #1
Oui, on peut un peu plus se lâcher. Mais c'est vrai que...
- Speaker #0
Parce que souvent, tu fais des masterclass ou tu fais des rendez-vous avec des jeunes qui ont envie de faire ce métier. Est-ce que vous avez un conseil ?
- Speaker #1
Oui, mais cela dit, je pense que c'est un des meilleurs conseils que tu m'aies donné dans ma vie.
- Speaker #0
Mais non, je vais sans doute, quand il y a le professeur dans les classes, je ne vais pas dire ça. Mais je vais sans doute voir ta bête tête sur mon épaule que ça.
- Speaker #1
Dis-leur ! Hors de se branler ! Plutôt belge ou plutôt français aujourd'hui ? Plutôt belge. J'en étais sûr.
- Speaker #0
Mais parce que c'est comme si tu demandes à un arbre les racines ou les feuilles.
- Speaker #1
L'arbre est joli, ça.
- Speaker #0
Il ne va pas te répondre parce qu'il ne parle pas. Mais il va te dire sans les racines, il n'y a pas les feuilles. Donc je me sens très heureux d'être chez moi en France, même si chaque fois que je critique un petit peu la France... On me conseille de rentrer chez moi. Mais c'est que ça veut dire que j'ai fait de bonnes blagues. Mais ouais, profondément belge.
- Speaker #1
Et tu fais pas trop l'accent, donc ça va.
- Speaker #0
Tu l'as moins fait. Je l'avais pas trop. Non, en fait, parce qu'à Florent, on m'avait plutôt conseillé de...
- Speaker #1
Oh, efface ?
- Speaker #0
Bah, comment tu veux jouer le sid avec un accent belge ?
- Speaker #1
Tu peux faire ta loche.
- Speaker #0
Tu viens quand même à lancer... à Chimène que t'as tué son père. Tu peux pas arriver à dire, alors là, je suis désolé.
- Speaker #1
Il est mort.
- Speaker #0
Oui, c'est un père. Mais pour y aller par quatre chemins,
- Speaker #1
il est mort. En vrai, ce serait une bonne version. T'as une idée. T'as un livre qui arrive. Ouais. Dans lequel tu retraces, enfin, tu parles des personnes qui... Enfin, des personnes. C'est pas des personnes, enfin si, des personnes, des grands artistes qui t'ont marqué. Ça va quand même de Léonard de Vinci à Johnny Hallyday, en passant par Balzac, on a Molière, Gustave Eiffel, il y a Rezard, il y a Colette, il y a quand même Magritte. Parce qu'en regardant la liste, je me suis dit, mais il n'y a pas de belge. Il y a Brel, il y a Magritte, au moins. Et on finit évidemment par Johnny, il y a Goscinny. Déjà, pourquoi cette idée-là est venue ? Et je trouve, il y a un passage que j'aime... bien dans chaque personnage, c'est comment être Molière, comment être Gustave Eiffel.
- Speaker #0
C'est ça, c'est-à-dire que en fait, c'est marrant que j'en parle avec toi, parce que c'est l'une des premières interviews que je fais sur le livre. Mais quand on est arrivé au cours Florent... Mon rêve est d'être Pacino. Sauf qu'il y a plein de routes. On a l'impression qu'il n'y en a qu'une et qu'on est dedans et qu'il faut la réussir. Comment tu deviens un artiste ? Comment tu peux devenir cette personne qui continue à créer et qui gagne sa vie avec ça et qui passe à la postérité ? Ce n'est pas mon rêve de passer à la postérité, mais si ces gens ont influencé d'autres gens, c'est qu'ils ont été importants pour quelqu'un. notamment en l'occurrence ici j'en ai choisi 35 pour moi et je racontais ça à mon éditrice, j'ai dit moi ce que j'aime bien c'est la création j'aime bien savoir comment Picasso est devenu Picasso, comment Brel est devenu Brel histoire de trouver des points communs genre est-ce qu'il faut commencer jeune, est-ce que est-ce qu'il faut être aidé par ses parents, est-ce que justement l'inverse, est-ce qu'il faut être rejeté et donc tu deviens quelqu'un d'autre et je me suis dit je vais regarder des artistes et je vais voir et il va... Il devrait sortir des évidences. Et en fait, l'évidence, c'est qu'il n'y en a aucune. Et c'est très rassurant, parce que, j'aime bien prendre ces exemples-là, mais Rimbaud, il a fini d'écrire à 19 ans, et ça le fait chier, et il n'écrit plus. Proust commence à 38. Et donc tu te dis, en fait... Qu'est-ce que je dois faire si j'ai envie d'être auteur ?
- Speaker #1
Est-ce que je vais avoir 38 ans ou est-ce que je m'arrête à 19 ?
- Speaker #0
C'est ça. Et Hitchcock a raté ses trois premiers films.
- Speaker #1
Et tout ça est très bien expliqué dans le livre.
- Speaker #0
Et donc, tu te dis, en fait, tu peux même faire des échecs. Et il y en a qui ont été dorlotés par leurs parents, Mozart, Picasso. Il y en a qui ont été rejetés carrément. Rejetés. Donc, tu vois, je trouvais que c'était assez passionnant. Si tu as envie de devenir artiste, parce que c'était mon cas, tu vas avoir plein d'exemples. Si tu es curieux des artistes, parce que tu es amateur de ça, tu vas avoir envie d'en découvrir d'autres et de peut-être mieux connaître ceux que tu aimais déjà. Et si tu l'es, ça va te permettre de te comparer en disant « Tiens, ça, moi, c'est très différent. Moi, je peux du tout comme lui. »
- Speaker #1
Donc,
- Speaker #0
j'invite les gens à lire de la première à la dernière œuvre chez Michel Laffont.
- Speaker #1
Maintenant, tu vas passer sur le grill des quadras. Cinq questions rapides, réponses rapides.
- Speaker #0
Le goût d'un bonbon de ton enfance qui te manque ? Moi j'aimais bien les Kinder avec du blanc à l'intérieur. Tu vois qui faisait comme ça ?
- Speaker #1
Oui, les Kinder Maxi. C'est ça ? Oui.
- Speaker #0
Ça existe encore ?
- Speaker #1
Bah oui.
- Speaker #0
J'ai arrêté de manger ça.
- Speaker #1
Ah oui, c'est pour ça.
- Speaker #0
Ah tu veux un canis par contre ?
- Speaker #1
Ah non, pour moi c'est un souvenir d'enfant. Ah bah celui-là, il peut exister.
- Speaker #0
C'est bien mais je crois que comme il était très calorique, on m'en donnait pas beaucoup. Ouais, il est fat hein.
- Speaker #1
L'émission de ton enfance qui a disparu et qui te manque ?
- Speaker #0
Club Dorothée.
- Speaker #1
Eh oui, encore un ! Tu sais,
- Speaker #0
quand j'ai rencontré Dorothée... Oh non, tu l'as rencontrée ? Je rêve de l'inviter. En fait, la pauvre, tous les gens de notre génération doivent lui dire ça. Je lui ai dit, vous savez, j'ai passé plus de temps avec vous qu'avec ma mère. Et elle m'a dit merci, mais je crois qu'on lui dit 120 fois par jour, donc à un moment, ça la touche peut-être moins.
- Speaker #1
Si j'arrive à l'avoir ici, je lui dirai pas la phrase
- Speaker #0
J'ai vu que t'as eu l'Ali
- Speaker #1
J'ai eu l'Ali, bien sûr, et je l'embrasse C'était un vrai moment de bonheur On est tous amoureux de l'Ali On l'est toujours Mais Dorothée,
- Speaker #0
c'est le Graal Pour moi,
- Speaker #1
c'est le Graal
- Speaker #0
Un truc que disaient tes parents, qui te saoulait, mais que t'appliques quand même aujourd'hui Bah si, il y avait ce truc Quand tu terminais pas ton assiette
- Speaker #1
Pense à ceux qui n'ont rien à manger Voilà.
- Speaker #0
Mais... Tu peux jauger de la génération en fonction de la famille. Et aujourd'hui, quand quelqu'un ne termine pas son assiette, je le pense. Tu le penses, voilà. J'ai dit, bah tous ces gens.
- Speaker #1
Un adjectif pour qualifier la génération Z ? Enthousiasme. Très bien. Tu devais faire quoi quand tu étais petit, il y a 40 ans ?
- Speaker #0
Rien.
- Speaker #1
Ça, c'est la première.
- Speaker #0
Et du coup ? Bah, c'est une récite. Et non, mais tu sais, et ça, je le dis de temps en temps, j'aime pas faire le vu-con, mais de temps en temps, je dis des trucs pour rassurer les jeunes. Moi, à 18 ans, quand j'ai choisi mes études, je ne sais pas. Je n'imagine pas qu'un jour, on me paye pour que je fasse quelque chose en échange de ce pour quoi on me paye. Et donc, j'ai choisi un truc qui était un peu difficile. Parce que je me dis, si c'est des bonnes études, peut-être que je serais utile à quelque chose. Et au moins, on verra bien si je suis con ou pas. J'ai réussi en rattrapage. On n'a toujours pas la certitude. On a toujours un doute. On a toujours un doute. Mais donc, ouais, ouais, vraiment. La réponse est rien.
- Speaker #1
Merci Alec. De rien. Merci beaucoup. Je rappelle qu'on peut retrouver ton spectacle 2 et demi. Oui, on peut retrouver plein de choses. Bon, je vais tout afficher. Les dates qui ont tourné 2 et demi. 2 et demi, ça tourne. Pour les parisiens, il sera au théâtre des maturances. Oui, théâtre des maturances. On a hâte. Bientôt le livre, la radio, toujours sur RTL. Je te souhaite encore plein de succès. Continue à être celui que t'es. Parce qu'il y a un truc que j'ai toujours aimé, c'est que tu... n'a jamais pris le melon. C'est sincère.
- Speaker #0
C'est la chance qu'on a, j'ai ça avec pas mal de gens, que j'ai rencontré avant. Donc nous on en a chié ensemble, d'autres on a grandi ensemble. Tu peux pas leur faire à l'envers à ces gens-là.
- Speaker #1
Non déjà, mais oui, mais t'aurais pu tirer un trait, passer à autre chose, on se répond plus.
- Speaker #0
Il y en a sans doute à qui c'est arrivé, parce que voilà, mais vous aussi vous avez la gentillesse de dire « bah on va le laisser aller et puis quand il reviendra de temps en temps ça nous fera plaisir » . Mais c'est très très important, votre retour. Donc le jour où je fais de la merde...
- Speaker #1
On te le dit aussi.
- Speaker #0
Merci vraiment,
- Speaker #1
tu sais à quel point je suis fier de ta carrière aujourd'hui Merci beaucoup les Quadras merci ceux qui continuent à s'abonner à suivre, à liker, à commenter parce que comme je le dis à chaque fois c'est grâce à vous que Quadras existe d'abord, encore merci Alex on se retrouve très vite dans un épisode de Quadras Ciao les Quadras