- Speaker #0
La société est violente, c'est-à-dire qu'aujourd'hui tout est polarisé, il faut être comme ci ou comme ça, t'as pas de nuance. L'éloge de la nuance aujourd'hui elle est vraiment impalpable, enfin tu vois, elle commence tout d'un coup à monter parce qu'il faut que certains s'en saisissent pour cette présidentielle, mais réellement, être nuancé aujourd'hui, tout le monde te dit ah non c'est mou.
- Speaker #1
Oui. Un matin, on s'est réveillé et bim, 40 piges. Comment ça va les quadras ? Bienvenue dans votre univers, bienvenue dans Quadra. Ensemble, on va parler des joies et des galères de la quarantaine. Vous savez, cette période où vous vous rendez compte que ce qui prend plus de poids que vous, ce sont vos responsabilités. Donc faites une pause dans le Quadro-Univers, lâchez les biberons, lâchez les applis de rencontre, et bienvenue dans Quadra. Comment ça va les quadras ? Aujourd'hui j'ai le plaisir de recevoir une femme qui a grandi dans les médias, qui a connu la télé d'hier et qui continue aujourd'hui à se réinventer dans celle de demain. A 48 ans, elle est maman, journaliste, animatrice et forcément elle a pas mal de choses à nous raconter sur l'âge, les femmes, la vie perso et la vie pro. J'ai le plaisir de recevoir Virginie Guillaume. Virginie, bonjour, comment vas-tu ?
- Speaker #0
Salut Camille, je suis ravie d'être là.
- Speaker #1
Je te fais une petite intro.
- Speaker #0
J'aime bien tes petites intros.
- Speaker #1
J'aime bien les faire un peu enrobées. Virginie, aujourd'hui donc 48 ans, bientôt 49, dans un mois. Quand tu regardes la femme que t'es devenue, tu te dis plutôt putain déjà ou finalement j'ai encore plein de trucs à faire ?
- Speaker #0
Ah non, et c'est surtout ce qui m'intéresse, c'est l'après, c'est le futur. Le passé, moi, je ne regarde pas trop, je ne regarde pas la télévision en général. Enfin ce que je fais, je veux dire, la télévision évidemment, mais ce que je fais, pas trop. Quand je regarde le passé, c'est plutôt les liens que j'ai créés, les bons moments. Mais en général, je suis plutôt futuriste que passéiste.
- Speaker #1
Et la limite de la quarantaine, elle s'est très bien vécue ?
- Speaker #0
Avec évidemment des petits à côté. Mais si tu me parles de l'âge concrètement, ah oui, je le vis très bien. Je le vis très bien parce qu'il y a plein de trucs géniaux aujourd'hui pour ressembler à un charpé et en même temps garder le côté naturel, j'espère.
- Speaker #1
Mais du coup, on n'est plus les femmes de 40 ans, il y a 30 ou 40 ans, quoi.
- Speaker #0
Ben disons que je pense qu'elles s'alimentaient mieux, donc elles avaient moins ces sujets aujourd'hui de VDS et autres, on a peut-être moins de pollution, enfin, tu regardes les photos d'ailleurs, qui sont très belles, de Doisneau, etc., d'avant, tu regardes les portraits, on est plus fins, plus robustes, plus sportifs, ils ont des visages beaucoup plus, quelque part, beaux, je parle pas effectivement de l'après-guerre, je parle d'il y a 40 ans. Et aujourd'hui, je pense qu'on a des petits sujets liés à tout ce qui nous pollue de l'intérieur à l'extérieur.
- Speaker #1
Et est-ce qu'on se connaît mieux ?
- Speaker #0
Ah bien sûr.
- Speaker #1
Après ces 40 ans.
- Speaker #0
Bah évidemment.
- Speaker #1
Parce qu'il y en a plein qui ont cette peur de la quarantaine. Je pense à 2-3 qui sont venus ici.
- Speaker #0
Non, je n'ai pas peur. Non, je n'ai pas peur. Au contraire, c'est quelque chose qui me plaît. Quand j'étais jeune, je voulais être vieille. Là maintenant forcément j'ai moins cette envie, mais disons que je vis bien le côté 48, 49 ou ce que tu veux. Après quand j'en reste 70 je ne sais pas, je te dirais, mais j'espère qu'on sera là encore pour pouvoir discuter. Je ferai les septards. Voilà c'est ça. Mais ce n'est pas un sujet, je trouve que la quarantaine c'est un moment qui est génial. On parle juste d'esthétique. Je pense que les garçons vivent mieux que les filles, forcément. J'ai des garçons volontairement. Tu veux dire que t'es un peu enfantin là-dedans. Mais en fait, moi, je l'ai très bien vécu cette quarantaine. Parce que tu t'accomplis, tu sais où tu vas, tu te connais vraiment bien. T'acceptes surtout tes défauts, tes échecs. Parce que bon, accepter ses victoires, ça n'a pas vraiment de sens. T'acceptes aussi tout ce que tu n'es pas. Et il faut en faire une force.
- Speaker #1
Et par rapport aux injonctions ? Surtout dans un métier comme tu fais, que ce soit la télé, que ce soit... Je ne sais plus qui avait entendu dire ça, je crois que c'était Nathalie Baye qui disait que malheureusement une femme passée 40 ans dans le cinéma elle est obligée de passer par des trucs, sinon elle ne peut plus avoir de travail. Est-ce que tu sens ça ?
- Speaker #0
Il y en a pas mal aujourd'hui, mais l'avantage c'est que la société a évolué, qu'il y a eu pas mal de choses sur le côté, sans le hashtag MeToo, mais sur le côté... du féminisme et du regard des hommes posés sur cette question-là. Il y a plein de sujets dont on ne parlait pas du tout avant, des podcasts qui se tournent aussi ici sur l'allaitement, etc. Tout d'un coup, il y a des sujets qui s'ouvrent et qui étaient réservés, qui étaient genrés. Je crois qu'aujourd'hui, ça l'est beaucoup moins. Alors après, je ne dis pas qu'il faut absolument l'être ou ne pas l'être, mais je crois vraiment qu'il n'y a plus ces sujets-là. Donc, les injonctions, si j'ai envie de mettre une robe, j'en mets une, une minute du poupa, mais je ne me sens pas obligée de quoi que ce soit. Et en télévision, tu n'as plus ce côté-là. Tant mieux. Maintenant, s'il y a encore des différences, oui, il y en a. Ou les injonctions, forcément... Mais c'est plutôt, je pense, quelque chose de perso. Tu te l'aimais toi-même, tes injonctions.
- Speaker #1
Oui, il n'y a plus personne qui te dit, il faut que tu sois comme ci, il faut que tu sois comme ça si tu veux faire ton boulot.
- Speaker #0
On ne te dira pas parce qu'on ne peut plus le dire. Donc l'injonction, elle est pernicieuse. Donc ça reste là, quoi qu'il arrive.
- Speaker #1
Justement, en parlant télé... Tu y es toujours, je rappelle que tu es actuellement sur T18, où tu présentes l'hebdo des médias.
- Speaker #0
Oui, Pure Média l'hebdo.
- Speaker #1
Pure Média l'hebdo, pardon. Je t'en prie, c'est ça ? D'accord, donc tu présentes ça sur T18, tu es aussi sur School TV, mais tu as connu aussi une autre télé à l'époque où tu as fait Accès Privé, La Nouvelle Star. Est-ce qu'avoir cette exposition à ce moment-là, sachant que tu étais beaucoup plus jeune, est-ce que c'était une vraie pression ?
- Speaker #0
En fait, les autres la ressentaient comme une pression, bien plus que moi. Comme ce n'était pas du tout un rêve de faire de la télévision. Quand je dis faire de la télévision, ça veut dire faire de l'antenne. J'ai démarré, j'ai fait une école de journalisme, j'étais passionnée par les parfums, donc j'aurais voulu peut-être dans une autre vie être née, peut-être que je le serai plus tard, j'en sais rien. Mais j'étais passionnée surtout par le journalisme, par la presse écrite, par les reportages, tout ce qui se faisait à l'étranger, et donc mon but n'était pas du tout vraiment de faire de l'antenne, et encore moins dans le divertissement. C'était plus des questions de fond, ce qui m'intéressait c'est ce qui se passait, c'était les zones de guerre, de conflits. les zones où les humains malheureusement vivent le cauchemar absolu et qui sont maintenant toujours aussi présents mais la vie tu sais comment c'est en fait ce sont les rencontres, les choix et puis des moments de passage je ne sais plus quelle est ta question initiale mais la pression dans le divertissement je pense que si j'avais été un journaliste pur j'en aurais plus Non pas que je dénigre pas du tout le divertissement, mais si tu veux, moi j'y suis allée par hasard, et quand on m'a proposé par hasard, mais pour le coup en prime, en direct et sur France 2, donc c'est quand même un gros par hasard de faire de la télé, j'étais en plus avec un mec génial qui est Olivier Mine, qui t'ouvre ses bras en disant « Viens ma chérie, t'inquiète, je vais gérer, ça va être cool, smooth. » On prend ça avec recul. Donc moi je l'ai pris effectivement avec ce recul-là. Tu fais l'antenne et je pense que tu fais la même chose, tu l'as fait.
- Speaker #1
En fait quand je t'écoute ça me fait repenser au fait que J'avais même oublié pourquoi j'avais fait du journalisme au départ Tu vois Moi au départ quand je me lance dans le journalisme Déjà je passe mon bac j'ai 26 ans Parce que avant je faisais de la restauration Et je décide de le faire tard Mais ma passion c'est les fêtes d'hiver Je voulais travailler dans les fêtes d'hiver Et au final je suis né à 100% mag
- Speaker #0
Ça se rapproche un peu.
- Speaker #1
Tu me trouves à faire des sujets sur la pâte feuilletée et les animaux. C'était une super émission,
- Speaker #0
ça,
- Speaker #1
pour son magasin. C'était très cool. C'est Stel et Faustine. Pareil, moi aussi. C'est fou, comme dans ce métier, tu peux avoir une envie au départ et vite amener à autre chose.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. C'est une affaire de rencontre, c'est une affaire de moment. J'avais une histoire un peu particulière avec la télévision, familiale un peu particulière. un rapport d'amour-haine toujours avec ce monde-là. Donc tout d'un coup, tu y vas, tu ne sais pas trop pourquoi tu y es, en même temps que tu y es, tu es bien, tu es bien accueilli. C'est très particulier. Et donc, j'avais tous mes amis qui n'étaient évidemment pas dans ce milieu-là, et qui ne le sont toujours pas d'ailleurs, qui me disaient « mais qu'est-ce que tu vas foutre là-dedans ? » Et aujourd'hui, si vous avez une soirée où vous ne savez pas quoi foutre, vous ne savez pas quoi faire, tel jour, c'était en 2007, je ne me souviens plus de la date, février, je ne sais pas, Merci. Il y a la Saint-Valentin en chanson. Quoi, la Saint-Valentin ? Mais tu n'as jamais fêté la Saint-Valentin. Oui, justement, c'est l'occasion.
- Speaker #1
Je m'y mets enfin, mais publiquement.
- Speaker #0
Allez, voilà. Avec plein d'artistes, dont Olivier Mine, qui était à mes côtés. Et on va faire cette soirée-là. Mais je me rappelle de la couvre de télé 7 jours avec Olivier et moi. J'ai un bouquet de fleurs. J'ai une choucroute sur la tête. On verra comme ça tous les deux et tout. Tout est gaquet. On s'est tellement marrés. Il a tellement de recul, Olivier, sur cette télévision. Et il y en a plein d'autres à la voir aussi. Et moi aussi. C'est vrai qu'on se disait, on prend ce qu'il y a à prendre. On offre. Et ce qui, moi, me plaît, c'est le lien avec les gens. C'est la générosité. C'est tout ce que tu veux. La rencontre que tu vas créer, on l'a fait avec Aznavour sur Hier Encore. Il y a eu des moments incroyables avec les artistes. Et en fait, c'est ça qui prédomine dans ces moments-là.
- Speaker #1
Et justement, tu disais... qui vient d'une famille qui est des médias. Comment on est accueilli, ça n'a pas été mon cas, mais comment on est accueilli dans ce milieu quand on vient d'une famille qui est déjà de ce milieu ?
- Speaker #0
Alors il y a tous ceux qui connaissent effectivement ta famille, et puis il y a ceux qui ne connaissent pas. La majeure partie ne connaissait pas parce qu'il y avait une question de temps, de génération. En fait, ton papa a été... Oui, mais c'était il y a longtemps. C'est-à-dire que mon père a été président de France Télévisions, effectivement, mais c'était en 89. Donc ceux qui sont restés n'étaient pas nombreux, qui le connaissent bien. Le nom évoquait quelque chose, mais peut-être moins que celui d'Hervé Bourges ou d'autres. ou des tiens de moujottes, etc. à l'époque. Et ma mère était effectivement directrice de la communication de France Télévisions. Mais c'est vrai, enfin France 2, puis après France Télé pour les opérations dans 2000, mais c'est vrai que, si tu veux, c'était un peu lointain. Donc il n'y avait pas trop, en tout cas, tous ceux qui ont pu penser que j'étais là grâce à leur famille, j'aurais dû écouter mon père est mort en l'occurrence en 2007, 94, j'ai 20 ans. Voilà. Bon. évidemment on n'a pas d'influences et ma mère encore moins mais donc tout de suite les choses se calment et je suis désolé etc bon mais on peut pas s'empêcher ça c'est un truc qui effectivement quelque chose qui revient assez bah oui dans ce que ça va en faire un jeu voilà non mais de faire pipette même de le vivre c'est à dire qu'on se pose la question de pourquoi ou pourquoi il ou pourquoi elle est là et bon je crois que c'est valable dans tout malheureusement partout mais plus ça va et je pense que tout de suite suite dès que tu purges. l'histoire, la question se pose plus et puis après il y a un comportement qui va avec aussi en revanche il y a tous ceux qui connaissaient mon histoire et qui m'ont dit là tu remets un pied dedans si tu ne sais pas pourquoi tu es là moi je vais t'expliquer pourquoi tu es là et c'est vrai que c'était des questions en fait où tu te dis mais qu'est-ce que je viens réparer qu'est-ce qui se passe, pourquoi finalement c'est un métier que je ne voulais pas faire de l'antenne particulièrement en revanche oui être derrière la caméra reporter c'est-à-dire raconter ce qu'il se passe, oui je l'ai fait pendant un temps Mais tout d'un coup, je ne le fais plus. Pourquoi, tout d'un coup, tu es dans cet exercice-là ? Et ça, c'est une question que tu te poses forcément longtemps. Tu vas voir un psy, un deuxième, un troisième. Et tu leur retournes le cerveau dix fois. Et tout ça se compose, espèce de truc.
- Speaker #1
Tu y retournes un peu derrière la caméra ?
- Speaker #0
Derrière la caméra, pour l'instant, un peu moins. Mais comme j'écris pas mal, parce que je fais une autre émission qui s'appelle le Grand JT de l'éducation sur School TV. On est quand même trois à la faire. C'est assez peu nombreux pour ceux qui ne connaissent pas encore la télévision. Les rédacs, en général, sont plus imposantes, plus déterminantes. Là, on est une petite équipe. Vraiment, c'est génial. Mais on fait tout. Et donc, forcément, il y a quand même pas mal de boulot en amont.
- Speaker #1
Ça t'a manqué, ça ? De pouvoir mettre un peu les mains partout ?
- Speaker #0
Évidemment. Et surtout d'être dans le fond, d'être dans le sujet. Éducation, encore plus en ce moment, avec les mobilisations lycéennes et enseignantes, tu ne peux pas passer à côté. C'est un sujet, c'est comme la santé. Pour qu'une société marche, santé, agriculture, éducation. Après, une fois que tu peux te soigner, t'éduquer et manger, après on parle du reste. Notre métier, etc. Bien qu'informer est essentiel. Tout le reste reste anecdotique. Je pense que ça, c'est vraiment les piliers d'une société. Et donc l'éducation me passionne. C'est un sujet qui est hyper transversal. Tu peux aller sur tout le... Et donc le fait de pouvoir travailler sur ce sujet-là, forcément, ça m'a plu.
- Speaker #1
D'accord. Comment on se réinvente dans ce métier-là ? Parce que moi, ça a été très court, ce que j'ai fait sur M6. Après, j'étais surtout moi derrière.
- Speaker #0
Mais pourquoi t'es passé derrière, toi ?
- Speaker #1
J'ai toujours été derrière. Et on m'a demandé de passer un jour devant pour faire le con.
- Speaker #0
Mais pourquoi t'es repassé derrière ?
- Speaker #1
Parce que l'émission s'est arrêtée et parce que j'ai peut-être pas été, j'ai transformé l'essai pour y retourner, tu vois, et j'étais bien derrière en fait.
- Speaker #0
Ouais, finalement c'est ce qui te plaisait le plus ? Ouais,
- Speaker #1
je voyais pas ce que j'aurais pu faire d'autre que le con sur M6, tu vois. Mais c'est pas mon podcast, c'est ton podcast.
- Speaker #0
Oh mais attends, je suis journaliste. Le problème c'est que je suis curieuse.
- Speaker #1
Quel regard t'as justement sur cette évolution de la télé face aux nouveaux médias type les réseaux, Youtube ?
- Speaker #0
Je trouve ça passionnant, je pense qu'on a beaucoup de chance de vivre cette période-là justement. à l'époque c'était très segmenté il n'y avait que quelques chaînes donc qu'une façon de voir les choses, de penser alors qu'il y avait quand même la cinquième qui était une chaîne folle où il se passait des trucs de dingue et canal quand tu repenses au grand journal tu repenses à Chabat, à Faroukia et par ailleurs de Cône Garcia c'était quand même magique les guignols de l'info c'était magique magiquissime, j'espère tellement que ça va revenir quand je vois que Roland revient je me dis waouh, bonheur on a besoin de ça Mais oui. On a besoin de côté disruptif. Donc, je pense que les réseaux sociaux aujourd'hui, les plateformes, etc., amènent ça. Et puis, quand tu vois tous les programmes qui sont proposés sur Amazon, sur Netflix, c'est incroyable. Tu as des formats qu'on n'aurait jamais faits il y a 20 ans.
- Speaker #1
On fait même revenir des choses, justement, sur ces trucs-là.
- Speaker #0
Oui, après, tu fais revenir parce que ce sont des marques fortes. Donc, si tu prends, effectivement, des marques en politique ou autre, ou ailleurs, en culture, etc., la marge du siècle et autres, évidemment, Ce sont des marques fortes, t'as envie de les voir revenir. Mais plus parce que tu les utilises pour pouvoir brinder. Mais voilà, moi je te parle de carrément autre chose.
- Speaker #1
Et justement, tu présentes une émission sur les médias. Donc j'imagine que t'as forcément un oeil et un regard sur ces médias, sur la télé, etc. Qu'est-ce qui te réjouit le plus et qu'est-ce qui t'inquiète le plus ?
- Speaker #0
Ce qui m'inquiète le plus, ce sont ceux qui pensent que la télé est morte. Enfin, c'est pas que ça m'inquiète, c'est que je pense qu'ils sont à côté. Je ne crois pas que la télé soit morte, je pense que la télé diffère et je pense que surtout l'offre qui est proposée n'est pas forcément la bonne. C'est ne pas se remettre en question en fait. Quand tu te dis je ne regarde plus la télé, mais pourquoi ? Ce n'est pas juste parce qu'il y a des plateformes. C'est aussi parce que ce que tu proposes à un moment va convenir à celui qui va regarder ou celle qui va regarder.
- Speaker #1
En ce moment j'ai l'impression qu'il n'y a que des débats à la télé.
- Speaker #0
On en a dit présidentiel, c'est souvent le cas. Effectivement tu n'as que beaucoup d'émissions de débats. Il faut juste repenser la télévision différemment. Quand à l'époque, tu disais, ton iPhone sort et que tu as des applications et que tu vas mettre exactement ce qui t'intéresse, ta télévision à toi, c'est celle-là. Tu t'intéresses au sport, à la culture, je dis n'importe quoi, et aux vieilles bagnoles, tu crées ta propre chaîne de télévision. Après, le risque, c'est que lorsque tu te resserres sur ce qui t'intéresse, forcément,
- Speaker #1
tu ne regardes plus le reste.
- Speaker #0
Tu n'as plus d'appétence et donc de curiosité happée par d'autres choses que tu n'aurais jamais regardées si...
- Speaker #1
Tu trouves qu'il y a une certaine violence dans la télé d'aujourd'hui ?
- Speaker #0
La société est violente. C'est-à-dire qu'aujourd'hui tout est polarisé. Il faut être comme ci ou comme ça, t'as pas de nuance. L'éloge de la nuance aujourd'hui elle est vraiment impalpable. Elle commence tout d'un coup à monter parce qu'il faut que certains s'en saisissent pour cette présidentielle. Mais réellement, être nuancé aujourd'hui, tout le monde te dit ah non c'est mou.
- Speaker #1
Oui, tu parlais du fait que tu regardes ou non sur les réseaux ce qu'on t'impose, etc. Tu as des enfants ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Comment tu le gères ça ?
- Speaker #0
Extrêmement mal. Je le gère hyper mal. Je n'arrive pas du tout à gérer le problème des réseaux sociaux, le problème du temps d'écran, du truc. C'est-à-dire qu'en fait, j'ai une relation avec mes enfants. Alors, j'ai un grand-fils de 15 ans et puis une fille qui a 8 ans. Donc, ma fille, ce n'est pas le sujet. Évidemment qu'elle n'a pas de portable et qu'il n'y a pas de sujet. Mais il y a déjà l'iPad. Donc c'est un sujet. Donc il faut pouvoir déjà bien border ce qu'elle regarde. Et c'est ce que je fais. Et puis le temps, etc. Mais mon fils, je vois bien la situation. J'ai toujours eu cette relation Pas d'amis, parce que je reste sa mère et il reste mon fils, mais évidemment que je partage les choses, je lui dis les choses. Je lui dis quand il y a un sujet, je lui parle des... Et puis il a pour le coup un tel intérêt, une telle appétence pour la politique, la géopolitique, l'histoire et ce qui se passe aujourd'hui, que forcément il est intéressé. Donc je ne peux pas à la fois le couper et en même temps l'intéresser au sujet. Maintenant, lui dire tu ne seras pas sur TikTok, ni sur Snapchat, ni sur Insta, c'est très compliqué. D'autant que je l'ai fait, évidemment, comme toute maman, et qu'il a créé 12 comptes derrière. 12 comptes malins ! Mais j'aurais fait la même chose. Et surtout, depuis le début, je dis, je n'ai pas oublié que moi, j'ai été plus jeune. Donc forcément, quand tu pars de ce postulat, tu ne peux pas lui expliquer que je suis une fille sage, que je n'ai pas investi, pas politisé, etc. Non, c'est tout l'inverse. J'ai eu cette image pendant très longtemps. Et c'est tout l'inverse de moi.
- Speaker #1
Tu me dis que ton fils s'intéresse beaucoup à la politique, etc. Mais le problème de ces réseaux, c'est que selon ce que tu regardes avec l'algo, on ne te nourrit que de ce que tu penses.
- Speaker #0
Bien sûr, c'est tout le problème des écrans.
- Speaker #1
Et comment t'arrives, toi, comment on fait pour pousser un enfant à s'intéresser à d'autres choses que juste...
- Speaker #0
Eh bien, je crois que c'est ce que tu dois faire, j'imagine. C'est-à-dire que ce sont les discussions que tu as à table, lors des déjeuners ou des dîners. Tous les moments que tu vas préserver, c'est de pouvoir... parler de ce qui se passe justement, d'où la difficulté parce qu'il ne faut pas non plus apeurer, il ne faut pas non plus terroriser, nourrir des débats qui peut-être ne sont pas des débats d'enfants. 15 ans, il va y avoir 16 ans là, tu restes entre les deux. Tu es évidemment mineur, mais enfin c'est vrai que tu peux bientôt faire ta vie. Tu passes bientôt ton permis de conduire. Donc voilà. Tu ne votes pas à 16 ans malheureusement, mais j'espère qu'ils voteront tous à 18 en tout cas. Et et Et donc, la question de savoir comment tu vas... Pas commuer les choses, mais essayer à peu près d'encadrer. Pour moi, ce sont tous les partages que tu vas avoir, évidemment, à table. Donc, pas de téléphone à table. Donc, des discussions dans tous les sens. Donc, évidemment, aussi, des engueulades dans tous les sens. Il faut l'assumer. C'est-à-dire que, ben ouais, forcément.
- Speaker #1
Est-ce que tu penses, justement, que cette génération-là d'ados, vu que t'en as un... et moins cultivés, moins...
- Speaker #0
Pas du tout.
- Speaker #1
Voilà. Pas du tout. On n'arrête pas de nous parler du classement PISA et machin...
- Speaker #0
Non, pas du tout. Le classement PISA c'est un problème d'éducation, ça n'a rien à voir avec nos ados qui ne le sont pas. Je ne pense pas. En revanche, qu'il y ait une forte tendance, effectivement, du fait de l'algorithme dont tu parlais avec les réseaux sociaux, à t'intéresser qu'à un seul ou deux seuls sujets, à communiquer avec très peu de mots vocabulaires... façon effectivement TikTok à être dans un mood qui est un peu restreint bah oui et comme on pense dans les mots on ne peut pas si tu n'as pas un vocabulaire plus élaboré si tu n'es pas plus éveillé à des systèmes de pensée notamment philosophiques intéressants je pense que tu ne peux pas t'ouvrir décemment à ce qui se passe aujourd'hui mais ça c'est pas et puis il y a tous ceux qui n'ont pas accès à la culture aussi qui n'ont pas des parents qui sortent et qui ont cette possibilité, tout simplement, de voir d'autres choses, ne serait-ce que de voyager. Donc, il faut pouvoir composer. Et l'État devrait justement subvenir à ça, à ce côté égalitaire pour tous.
- Speaker #1
En fait, c'est bien que tu sois arrivée sur School TV, parce que tu es hyper passionnée par le sujet des...
- Speaker #0
J'étais déjà avant. C'est pour ça ?
- Speaker #1
C'est pour ça ? Comment ça s'est fait, d'ailleurs, cette aventure ?
- Speaker #0
Hugues Dangy, qui travaillait chez Non-Stop... groupe à l'époque. C'est une boîte, une filiale de Banijé. Ils venaient me chercher. Moi, j'avais arrêté France Télévisions et j'avais démarré le théâtre à l'époque. Je jouais avec Philippe Lelouch, Christian Vadim et David Brécourt dans une pièce qui s'appelle « Temps qui reste » , écrite et mise en scène par Philippe Lelouch. On a commencé à jouer. C'était une sorte de rêve un peu enfoui en moi depuis très longtemps. Je n'osais pas ne serait-ce qu'y songer. Philippe m'en a parlé dix ans avant de me le proposer quand même, une première fois. Je lui ai dit, arrête, pas du tout, sorte quoi. Et puis, dix ans après, il m'a dit, je crois que c'est le moment. Je lui ai dit, non mais t'es fou ou quoi ? Et en fait, on a joué, sauf qu'on a eu la riche idée de jouer six jours avant le premier confinement, n'est-ce pas ?
- Speaker #1
Très bien, très malin ça.
- Speaker #0
Voilà, donc si tu veux, ce fameux rêve que j'ai vécu six soirées, qui a été fou pour moi. C'était vraiment une sorte de révélation absolue. être sur scène, je vivais en plus, je venais d'avoir une petite fille, donc j'étais complètement absorbée entre ma vie de maman, folle de l'arrivée de ma fille, et évidemment de mon fils aussi, qui avait 8 ans à peu près à l'époque. Et puis cette nouvelle aventure, dans une tournée, tu vois, on province, on part, on se balade, etc. On va avoir des gens qui sont... C'est l'inverse de la télévision, dans la télévision t'es chez les gens, donc c'est intrusif, tu vois. Les gens qui viennent à toi, c'est complètement différent. Et dans les deux cas, tu... paye. Alors, la redevance maintenant de télé n'existe plus, mais à l'époque, oui. Mais en l'occurrence, je payais de la place quand même pour aller voir quelqu'un au théâtre. Et donc, j'ai vécu quelque chose de dingue. Sauf que six soirées, bam, ça s'est arrêté. Le rêve il n'a pas été duré longtemps. Petit drame, petit drame. Je l'ai vécu assez douloureusement. Et c'était quoi ta question de départ ? Je l'ai perdue.
- Speaker #1
L'aventure school TV.
- Speaker #0
Ah oui. Et donc j'étais passionnée par le sujet de l'éducation. Quelques semaines en me disant mais qu'est-ce que je vais faire ? Donc là on a le confinement, on va reprendre. Donc j'ai attendu, attendu des mois, etc. On a rejoué, deuxième confinement encore, on a arrêté. Enfin bref, ça a été vraiment terrible. Et puis, ça a commencé comme toi, si tu veux me démanger. Je me suis dit, attends, quand même, c'est vrai que j'ai envie de parler. Mais si je recommence, vu que je ne recommencerai pas sur France 2 ou MC, sur des grosses chaînes, parce que quand tu la quittes, en général, tout le monde t'oublie. Et pourquoi pas, d'ailleurs, fine, il n'y a pas de sujet. Sauf que si tu veux revenir éventuellement, vouloir revenir effectivement sur ces grosses chaînes et en prime, C'est pas... Pas toujours possible, ou en tout cas c'est risqué. Et moi le risque, je me suis dit pourquoi pas revenir finalement à ce que j'aime au départ, à savoir le fond, à savoir le journalisme et ce qui vraiment m'intrigue et me préoccupe. Donc quand, dans J'y m'appelle pour me dire, écoute, avec Jean-Yves Hepp, donc le PDG de You Know Why, la société qui héberge School TV, te propose deux, je me suis dit maintenant, c'est génial en fait. Évidemment, sujet qui me passionne. qui m'intrigue aussi, j'ai quand même plein de choses à apprendre. Et puis t'interviewes quand même des philosophes, des chercheurs, des enseignants, des syndicats. C'est tellement vaste, tellement vaste.
- Speaker #1
Je trouve ça génial la façon dont tu en parles, parce qu'il y en a beaucoup qui pourraient se dire dans ta situation « Ouais, je vais pas passer de la nouvelle star à School TV, tu vois. » Ah non, mais au contraire, au contraire,
- Speaker #0
c'est hyper riche. Et demain matin, je referai par exemple, et c'est ce qui est le cas d'ailleurs, tu vois, sur T18, Pire Média. Je te dis tout de suite, moi je n'abandonne pas School, parce que ça me passionne. Et je pourrais me dire, bon bah écoute c'est un petit truc, etc. Ça me prend beaucoup de temps, c'est très chronophage. Mais en fait non, parce que, enfin tant qu'ils veulent de moi. Mais en fait non, parce que je pense que c'est essentiel. Et la preuve, la preuve aujourd'hui encore une fois. Si tu ne réfléchis pas à l'éducation aujourd'hui de tes enfants, à la protection de tes enfants, aux violences actuelles que l'on voit. Mais franchement... On ne va pas rentrer dans le débat, mais tout ce qui se passe en pédocriminalité, une évidence du périscolaire et tout, comment une société comme la nôtre peut vivre ça ?
- Speaker #1
Et tu arrives à gérer les deux émissions, entre l'hebdo des médias et School TV ? Et une troisième,
- Speaker #0
parce que j'ai Explore Savoie aussi, c'est une série qui me tient beaucoup à cœur, qui met en lumière en fait ce département qui est sublime, et pour lequel je me déplace, là tu vois je pars la semaine prochaine tourner, et donc on va raconter, c'est tout le... C'est pour favoriser le tourisme, évidemment, mais c'est raconter ce qu'on va y voir. Évidemment, tu penses au ski. À la raclette. À la raclette aussi. Au génépique. Justement, on va raconter la gastronomie. On va raconter, évidemment, les activités aussi outdoor. Mais on va aussi se dépasser pour parler de patrimoine, pour parler de ce que c'est que la montagne aussi, l'automne, au printemps. Et pas que juste l'hiver, tu vois, et bien sûr l'été. Tout ça, ça va se raconter au fur et à mesure. Et puis aussi l'inclusion. c'est comment tu fais pour pouvoir... justement ne pas être inégalitaire face à ces activités touristiques extrasportives etc que tu peux avoir hors de ton temps c'est fou parce que justement ça me convainc encore plus dans ce que je fais de t'écouter c'est
- Speaker #1
que évidemment on a tous quand on se retrouve un peu à l'antenne on rêve de la grosse émission du truc alors toi tu l'as fait mais en fait pour beaucoup de gens dans l'inconscient c'est que ça le but alors qu'en fait il y a plein de gens qui ne comprennent pas qu'on veut juste faire notre travail même si c'est sur quelque chose de plus...
- Speaker #0
Demain matin, tu me proposes effectivement un prime sur TF1 sur l'éducation, je te dis oui tout de suite. Mais c'est le sujet qui me plaît. La chaîne aussi, c'est pas le sujet. Mais tu vois, c'est comme la santé. Je suis évidemment hypochondriaque, bon, évidemment, j'ai une armoire infarmacique, vraiment, mais alors, franchement, tu vois, je n'ai rien à en revivre à tous les pharmaciens de la rue. Non mais, honnêtement, je peux te soigner demain matin d'un bon tirume.
- Speaker #1
Tu lis les effets secondaires aussi de chaque médicament ? Évidemment.
- Speaker #0
Mais, non, c'est un sujet, voilà, pareil, qui m'occupe, mais qui m'occupe aussi sur le plan syndicaliste, qui m'occupe aussi sur la manière dont sont traités les conditions de travail. de tous ceux qui nous soignent aujourd'hui. Tout ça, tu ne peux pas passer à côté. C'est impossible. Pour moi, je pense que c'est inconséquent quand tu vis dans une société comme la nôtre.
- Speaker #1
Et le public, il a... Bah du coup t'as plus le même public, est-ce que tu le vois selon les gens que tu peux croiser ? Non,
- Speaker #0
je vois pas trop de différence et tous les gens que je raconte sont ultra sympathiques, s'intéressent à plein de choses.
- Speaker #1
En même temps t'es sympathique, alors t'es normal, mais je te le dis, la dernière fois quand je précise qu'on s'est vu dans un restaurant et que j'ai été t'aborder. Et donc oui ça m'amène à ce truc, je me rappelle quand je travaillais en plus en télé, donc j'ai travaillé aussi bien pour C'est mon choix que pour Lignac, j'ai travaillé pour plein plein de trucs. La question des gens c'était alors il est sympa ?
- Speaker #0
Ah oui !
- Speaker #1
Tu l'as vécu ça ? Ah oui,
- Speaker #0
alors moi on me demande effectivement pour tous les autres. On me demande pas en face à face si je suis sympa, mais on me demande effectivement à chaque fois, ce que je trouve assez... Enfin bon, c'est caractéristique de la télévision quoi.
- Speaker #1
Bah ouais, mais en même temps quand t'es un personnage public, les gens ils t'inventent une vie, t'inventent... Oui,
- Speaker #0
oui. Mais je pense que le voisin du voisin, ça invente la vie du voisin du voisin, tu vois ? C'est pareil. C'est-à-dire qu'en fait que tu sois public ou pas, T'as toujours des fantasmes sur les gens ?
- Speaker #1
Ah bah oui, ça c'est...
- Speaker #0
Et des fantasmes, tout d'un coup, tu sais, les préjugés, les clichés. Tu vois quelqu'un, tu te dis, il dit comme ci, comme ça, etc. Mais il passe tous par là, c'est terrible.
- Speaker #1
Est-ce que tu trouves que ce milieu des médias, de manière générale, a évolué dans le bon sens ? J'entends tout ce qu'on peut entendre, qui se dénonce, tout ce qu'on commence à savoir sur certaines personnes, enfin, au risque, parfois, au risque qu'il y ait de la diffamation aussi, mais...
- Speaker #0
Alors la diffamation c'est extrêmement grave, donc oui, je suis d'accord avec toi, t'as raison de le préciser, mais il était temps. Il était temps qu'on prenne conscience, tu sais, le droit de vote des femmes c'est quand même récent, le fait de pouvoir juste avoir un chéquier pour les femmes, si tu me parles de cela, on est d'accord. C'est pareil, c'est extrêmement récent, le fait de pouvoir tout d'un coup espérer gravir les échelons dans une société en tant que femme, c'est assez récent. Donc, il fallait... qu'on parle de tout ça. Ça n'enlève pas le fait qu'il y a toujours des écarts de salaire, qu'il y a toujours des écarts de comportement, mais ça a beaucoup évolué. Alors, c'est pas non plus que de la faute des hommes, c'est aussi la faute d'une société qui elle-même, structurellement, est comme celle-ci, avec des parents qui ont été élevés comme ça. Le fait, tu sais, c'est éduquons nos fils aujourd'hui. C'est exactement ce qu'on dit, voilà. Plutôt que protéger nos filles, éduquons d'abord. Oui, sensibiliser, éduquer. Maintenant, on reste dans quelque chose qui soit de l'ordre de la sympathie et d'égalité. On ne cherche pas plus. Donc oui, c'était bien que ça change. Et oui, il y a des comportements, mais dans le sport, c'est exactement pareil. Dans beaucoup de domaines, je crois qu'en médecine, c'est assez grave aussi, il y a beaucoup de domaines dans lesquels c'est la même chose. Et en télévision, on l'a toutes vécu. Je ne parle pas de... Pardon. Je ne parle pas de... Moi, je n'ai pas vécu de drame ni d'agression, mais c'était des formes d'agression aussi. Une façon de faire, un comportement qui était là. Pour moi, je suis en respect complet pour toutes les personnes qui ont vécu ça, bien évidemment, et en soutien. J'ai eu la chance de ne pas vivre ça comme des agressions ou du harcèlement, mais j'aurais pu. J'aurais pu, effectivement, très mal le vivre. Parce que... Voilà, si t'as envie de craindre tes échelons, il y a des méthodes directes.
- Speaker #1
Oui, oui, on sait.
- Speaker #0
Mais c'était à l'époque, ça.
- Speaker #1
Oui, c'est ça, c'est qu'aujourd'hui, il n'y a plus ce truc-là. Je pense peut-être que le fait de venir d'une famille aussi, qui vient des médias, t'étais peut-être un peu préparée, non ?
- Speaker #0
Ça change rien. Alors préparée, justement, non, j'étais pire que ça. J'étais complètement...
- Speaker #1
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Mais pas par rapport à ce sujet. Pas par rapport à ce sujet, effectivement, de soit la misogynie, soit le côté patriarcal, soit les différences et tout ça. Non, j'étais préparée à autre chose. Moi, j'étais... préparé, ou plutôt très angoissé, mais c'était assez inconscient, par l'aspect politique. Mon père a vécu vraiment cette phase-là très douloureuse de son passage à France Télévisions, avec un service public qui l'est toujours d'ailleurs, mais très politisé, et on le voit bien à cause de cette commission d'enquête, avec tout ce qui s'est passé et tout ça, donc ça a été très compliqué pour moi, et donc en fait, j'y suis allée en me disant ah c'est sympa, et en même temps, ouh là là, ne rentre pas trop, protège-toi. D'ailleurs, je fais Très peu de dîner, de déjeuner avec les gens du milieu, je ne suis pas du tout dans ce truc-là. J'ai tous mes copains à l'extérieur parce que la vraie vie est ailleurs. Mais petit à petit, j'ai appris finalement à aimer. Je suis arrivée plutôt avec des freins.
- Speaker #1
D'accord. Tu es engagée depuis longtemps dans des associations qui s'occupent notamment d'enfants, de jeunes filles victimes de violences ou confrontées à la maladie. Qu'est-ce que ces engagements, ça a changé chez toi ?
- Speaker #0
Alors ça n'a rien changé, ça n'a que fait que prolonger mon envie d'être engagée. Ça a toujours été en toi ? Ah oui, toujours, toujours. J'étais même peut-être un peu trop plus jeune, très engagée. T'as trop la déléguée ? Non, j'étais pas déléguée, alors ça je pouvais pas, mais j'avais trop peur de commettre des impairs. En revanche, dès l'adolescence, et c'est pour ça que je comprends mon fils et je comprends... Tu vois ce qui se passe dans la rue. L'injustice était insupportable. Mais le problème, c'est que ça n'a pas changé. Je sais que je n'ai pas évolué. Je ne sais pas. Je n'ai pas grandi. Mais c'est insupportable. Et tu dois vivre avec, parce que malheureusement, tu ne peux pas pallier à tout. Mais tu peux contribuer quand même. Tu peux amener ta petite pierre à l'édifice. Donc, tu fais comme tu peux. Et nos engagements, si aujourd'hui, nous ne le faisons pas, qui va le faire ? Je pense que certains n'ont même pas la possibilité de se poser le cœur de la question d'eux. Moi j'ai cette possibilité de me dire oui je peux accorder une heure par ci, une heure par là, je peux prendre le temps de faire ça, je peux aller présenter telle émission évidemment de manière bénévole. Voilà, il faut le faire, il faut le faire parce que quand tu croises des médecins, quand tu croises des gens qui sont là et qui chaque jour se battent pour toi, quand tu croises ces associations qui luttent en permanence pour pouvoir avoir des fonds, pour pouvoir continuer à démarrer, c'est-à-dire que sans les associations je ne sais pas dans quel état serait la France.
- Speaker #1
Tu peux les citer.
- Speaker #0
Non mais... Il y a celle que je porte, effectivement, Caméléon. Il y a aussi Sourire à la vie. Et puis, il y a évidemment ODP, le festival ODP, que j'ai rejoint il y a peu de temps, qui est parrainé par RTL2. C'est Éric Jeanjean qui m'a proposé, donc qui est sur RTL, qui m'a proposé effectivement de les rejoindre. Et je crois qu'on est tous, d'ailleurs, tous les artistes qui y passent, à chaque fois, ils disent, OK, en fait, j'ai envie de m'engager. Le truc est dingue. Festival qui se passe à Talens, dont... Les bénéfices sont reversés aux pupilles des pompiers de France, donc aux orphelins. Tous les gens qui y travaillent, qui viennent à la gare chercher les artistes, qui s'occupent de monter la scène, etc. sont tous bénévoles. Ils sont tous mécanos, routiers, docteurs, avocats, etc. Et tous mettent la main à la pâte. On est dans une espèce de ferveur absolue. C'est vraiment le monde des bisounours au profit du meilleur. Et quand moi je vois des pompiers qui se font... insulter, lyncher, quand je vois des camions de pompiers qui se font incendier, ça me rend dingue. Dingue, mais dingue. Je ne peux même pas comprendre le principe, je ne l'entends pas, je n'entends pas. Donc oui, ces engagements là, bien sûr qu'il faut pouvoir être là et se dire à un moment, tous ceux qui oeuvrent au quotidien pour te sauver, pour être là, pour être avec toi, pour pouvoir justement sauver la vieille dame qui n'a pas les moyens de pouvoir s'en sortir seule, etc. On les bénit, on les bénit. Et donc oui, on les aide. Et toutes ces pupilles qui sont là, qui ont eu des moments extrêmement, évidemment, douloureux et difficiles, et qui continuent de se dire, allez, on y va, on fonce, etc. Oui, bien sûr qu'on est avec eux. Et les artistes sont dingues. Ils répondent tous à l'appel. Ils sont incroyables. Incroyables.
- Speaker #1
Je t'estime que c'est le minimum au moins que vous puissiez faire.
- Speaker #0
Évidemment. Évidemment. Et si on peut faire plus, on fera plus. J'espère.
- Speaker #1
On le souhaite. Et on salue, du coup, tous les bénévoles. Vraiment ?
- Speaker #0
Viens, je t'invite à la prochaine session, si tu peux. Avec plaisir. Tu viens à ta lance et tu verras, c'est vraiment chouette. Et en plus, il y a des food trucks de dingue. Il y a Fred et son food truck. Moi, il me renvole avec ses plats de dingue. En fait, il se passe quelque chose, une énergie que tu ne trouves pas ailleurs dans ces festivals. Très souvent, tu vois. Tu es là pour une cause. Tu sais qu'en plus, c'est pour les enfants. Moi, je suis marraine du village enfant. Et donc, en fait, tu as plein de pompiers qui sont là pour pouvoir raconter les gestes qui sauvent et tout. Mais attends, mais c'est les parents qui se mettent. Pas attaquer. Oui, oui, attends, je veux apprendre, etc. Mais bien sûr. Est-ce que tu as ton baffa, par exemple ? Est-ce que tu as fait tout ça ? Non. Ben voilà. Les gestes qui sauvent, personne ne les apprend. Non. Il faut absolument qu'on sache. Demain matin, tu vois un type par terre. Je ne saurais pas quoi faire. Ben voilà. Un massage cardiaque. Ça, c'est la base. Et donc, nous, moi, j'ai envie de monter ça. J'ai envie de monter, en fait, une sorte de tour de France. Des gestes qui sauvent. Du village enfant, si tu veux, au DP, en disant on va aller voir tout le monde. Tu proposes, c'est comme une sorte de parc d'attractions, avec plein d'ateliers hyper sympas et tout. Les enfants s'éclatent, mais t'apprends plein de trucs.
- Speaker #1
Tu dirais quoi à Virginie d'il y a 20 ans, 30 ans ?
- Speaker #0
Tiens bon, t'inquiète, bientôt c'est fini.
- Speaker #1
J'espère que tu perds le jus de la retraite Tu vas passer sur le grill des quadras Comme tout le monde Même dans cette saison 3 Tu es ma première invitée de la saison 3 Tu vas passer sur le grill des quadras 5 questions sur des souvenirs On répond rapidement Un peu moins si on veut développer Le goût d'un bonbon de ton enfance Qui te manque ?
- Speaker #0
Le goût du gâteau au marron De ma grand-mère Alice Alias mamie évidemment qui en fait ne faisait pas de bonbons mais comme ce qui vient en tête donc un gâteau au chocolat marron qui me rendait hystérique, je me levais la nuit discrètement pour aller en bouffer un congé le jour de demain il ne restait plus qu'une part je ne sais pas l'émission de ton enfance qui a disparu et qui te manque plein de séries que je regardais je vais citer un truc classique quand même il y a l'enfance et puis il y a après le après c'est évidemment d'une part ailleurs D'accord, mais si je parle de l'enfance, je pense que c'est Champs-Elysées.
- Speaker #1
Ah ouais, t'en as jamais cité Champs-Elysées.
- Speaker #0
Ah ouais, j'étais dingue. Ça me rendait dingue, les balais de Reda. Tu te souviens de Reda, le chorégraphe ? Je me rappelle.
- Speaker #1
C'était des spectacles de dingue. Mais oui ! C'était Broadway le truc.
- Speaker #0
Mais bien sûr ! Et puis t'avais les soirées de Marité Gilbert Carpentier qui étaient... Mais tout était fou ! Mais il passait des journées entières, un tournage, on ne pourrait plus le faire aujourd'hui. Ah ouais. Mais c'était... J'adorais en fait les... Les tableaux de chorégraphie. Je suis dingue de danse en fait. Je danse comme un pied.
- Speaker #1
J'invite les gens à aller te regarder danser, ils vont se régaler. Un truc que disaient tes parents, qui te saoulait, mais qui t'applique quand même aujourd'hui ?
- Speaker #0
Sois mesurée.
- Speaker #1
Ah ouais ? Tu t'es pas mesurée ?
- Speaker #0
Non, pas du tout.
- Speaker #1
Ah c'est marrant.
- Speaker #0
Pas du tout.
- Speaker #1
Je te voyais très mesurée.
- Speaker #0
Ceux qui me connaissent me disent...
- Speaker #1
Calme-toi, lève le pied. Lâche la rampe un peu. Un adjectif pour qualifier la génération Z ?
- Speaker #0
Curieuse.
- Speaker #1
Ok. Quand tu étais petite, tu devais faire quoi à la quarantaine ?
- Speaker #0
Créer des parfums.
- Speaker #1
Tu l'as dit tout à l'heure. C'est vrai que c'est un joli métier de nez.
- Speaker #0
Oui, je trouve ça fantastique.
- Speaker #1
Mais en même temps, c'est un métier, tu ne te l'apprends pas. Tu l'es ou tu ne l'es pas.
- Speaker #0
Ah non, ça s'apprend. Sinon, ne t'inquiète pas, je l'aurais fait.
- Speaker #1
Il suffit que tu aies le moindre problème. Genre moi, par exemple, j'ai la cloison tordue et des sinusites tout le temps. C'est mort.
- Speaker #0
C'est toute la question. Parce que figure-toi qu'évidemment, j'ai eu comme beaucoup le Covid. J'ai eu un Covid long. Donc en fait, pendant six mois, je n'ai pas eu d'odorat ni de goût.
- Speaker #1
Paniqué.
- Speaker #0
Six mois, je ne sais pas si tu vois ce que c'est. Moi qui cuisine beaucoup, pas évident. Et en fait, mon odorat a changé. Donc quand je me suis dit, je recommence une nouvelle vie, je redémarre une nouvelle aventure, est-ce que ce n'est pas l'occasion d'aller se faire quoi ? Finalement, j'avais envie d'aller.
- Speaker #1
Tu es prête à le faire ?
- Speaker #0
Franchement oui, le problème c'est que je ne suis pas sûre que ce soit si facile que ça. Ce sont des années d'études. J'ai une amie à Mandane Mentale qui fait des bougies sublimes. Elle fait de temps en temps des ateliers. Donc elle te fait reconnaître la coriandre, la vanille, la menthe, ce que tu veux. Je me plante à chaque fois, c'est un enfer, je me dis non mais attends oublie-moi, et ce dragon tu vois que j'en mets partout dans mes salades, j'suis la mecque qui attend, attend l'odeur, etc, l'on sent et machin, et tout d'un coup tu te perds, c'est pareil dans les tests tu sais de vin. C'est génialissime ça.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Tu te dis, mais attends, l'odeur du cuir, le foin, le machin. Je faisais ça il n'y a pas si longtemps, chez une amie de télé, Cléo Hénabédian, pour ne pas la citer. Et je me suis pratiquement plantée partout. Donc en fait, oui, dans l'absolu. Mais je crois que le Covid m'a tuée. Après Omar, c'est le Covid.
- Speaker #1
Fais gaffe à ce qu'il revient en plus.
- Speaker #0
Ah oui.
- Speaker #1
Bon, en tout cas, je te souhaite de créer des parfums. Je te souhaite de remonter sur scène aussi.
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
Pas plus que six jours. Et toi,
- Speaker #0
de faire de la télé ou de la radio ?
- Speaker #1
Si demain, la proposition est là, je...
- Speaker #0
La livre-antenne ? Je vais garder en tête quand même.
- Speaker #1
On en reparlera, avec grand plaisir. C'est dit publiquement, maintenant tout le monde le sait. Bon, merci beaucoup Virginie pour ce moment. Je rappelle qu'on te retrouve sur School TV, dans Pure Média Lepdo, sur la chaîne T18, le dimanche. à 11h30 on est bon là-dessus et puis moi je te souhaite encore de venir à la guinguette de continuer s'il te plaît j'adore ce resto mais franchement t'es hors du temps je les embrasse à chaque émission on est hors du temps à la guinguette c'est délicieux et en plus t'as l'impression de vivre au rythme de
- Speaker #0
détente, d'être un peu comme à la campagne c'est un bonheur absolu cet endroit j'adore le message leur sera passé c'est sur l'île de la jatte il y en a plein
- Speaker #1
Merci beaucoup Virginie, merci beaucoup les Quadras, merci à ceux qui continuent à suivre, à s'abonner, à liker, à partager, parce que je rappelle que c'est grâce à vous que Quadra existe. Merci beaucoup Virginie. Mais c'est fini encore déjà ? Bah ouais c'est fini. Bah arrête. Bah oui. On a fait combien de temps ? Une heure.
- Speaker #0
Mais non.
- Speaker #1
Mais si.
- Speaker #0
Mais non. Tu mens. Tu mens en allemand.
- Speaker #1
Merci beaucoup.
- Speaker #0
Merci à toi Camille.
- Speaker #1
Ciao les Quadras. Générique