Speaker #1C'est une bonne question. Alors oui, je pense que je changerais deux choses. L'une, qui sont un peu paradoxales ou antinomiques, mais soit, l'une, ça aurait été d'être plus ferme dès le début, de ne pas apporter ce côté « c'est moi qui pars » et donc de ne pas apporter ce côté de culpabilité qui me faisait accepter pas mal de choses dans cette rupture. Et puis, en même temps, je voyais bien qu'il y avait énormément de souffrance en face. Et donc, quelque part, oui, c'était normal aussi d'aménager, que ça se passe le mieux possible pour elle aussi. Mais il y a certaines choses que je pense que j'ai un peu laissées, comme ça, par rapport à la garde, par exemple, un peu trop longtemps. Je pense que si... Si on avait balisé ça de façon un peu plus officielle, un peu plus ferme dès le début, il y aurait eu beaucoup moins après de devoir revenir et revenir et demander plus de façon récurrente parce que ça m'énervait moi, ça m'énervait elle, que je revienne, mais tu vois bien que j'aimerais bien l'avoir plus, c'est normal que son père le voit autant que sa mère, etc. Je pense que si on avait dès le début balisé ça en disant voilà, là il a tel âge, Je comprends qu'il doit rester plus longtemps avec toi, parce que quand je suis parti, il avait 3 ans, maintenant il en a 16, c'est très différent. Donc à 3 ans, je comprenais tout à fait que je ne le vois que le week-end, un week-end sur deux, mais j'aurais peut-être dû, dès le départ, dire ok, maintenant c'est le week-end, mais on va faire comme ça, une progression, etc. Peut-être que ça aurait aidé. Et l'autre chose, c'est un peu le... L'inverse de ça, c'est peut-être parfois m'être un peu moins énervé. Parce que, voilà, comme il y avait ce côté... C'était très à fleur de peau, quoi. C'est mon fils, c'est ma... Voilà, en plus, ça revient... Moi, je me rends compte, c'est quelque chose qui est revenu et qui a rendu la chose extrêmement épidermique. C'est le fait que moi, j'ai perdu mon père et que là, j'étais en train, moi, de me séparer. de m'éloigner, pas de me séparer, mais de m'éloigner de mon fils, ne serait-ce que quantitativement, pas qualitativement. Et ça, c'est quelque chose que ma psy a dû bien me faire comprendre. C'est que ce n'est pas le temps que l'on passe avec un enfant qui est proportionnel à l'amour. Il y a vraiment un lien qui est indépendant du temps qu'on passe avec lui. Et ça, le lien que j'ai avec lui aujourd'hui, à 16 ans, est extrêmement fort. Et même bien plus fort que... plein d'ados que je vois aujourd'hui dont les parents sont incapables d'avoir une relation avec eux, de parler avec eux. Mon fils et moi aujourd'hui, je trouve qu'on a vraiment une super belle relation. Et Valérie le dit souvent, elle est vraiment impressionnée, ma compagne actuelle qui est la belle-mère donc de mon fils, elle dit que c'est vraiment une super belle relation.