- Speaker #0
Le Learning Show, ce sont deux journées au cours desquelles il faut faire preuve d'endurance. Visiteurs, partenaires, animateurs d'ateliers et bénévoles s'élancent pour un marathon qui les voit se croiser, se soutenir, se ravitailler, s'orienter, se relayer, faire corps dans l'effort. Sébastien Meunier et Nicolas Lausancic sont les talk-trotters. Le temps d'une pause, ils accueillent tous les acteurs du Learning Show pour recueillir leurs témoignages, leurs impressions.
- Speaker #1
Allez, je joue en direct du Learning Show à Rennes avec mon ami Nico.
- Speaker #2
Ça va Nico ?
- Speaker #3
ça va toujours bien et puis j'en profite j'ai pas encore fait un petit coucou à mon copain Laurent dont vous avez entendu la voix dans le jingle ça doit faire 20 ans que je bosse avec lui je me lasse toujours pas de son talent fallait que ce soit dit exactement merci Laurent pour tous ces beaux jingles qui vous font vivre cet événement comme à la radio tout pareil et
- Speaker #1
là on va avoir une discussion tu nous le tises depuis longtemps c'est presque ton sujet du moment
- Speaker #3
Non, mais c'est vrai qu'il faut qu'on soit vigilant et puis pas s'emballer, chercher un peu, que sais-je, la rigolade ou tomber dans des clichés des lieux communs. Mais c'est vraiment derrière l'intitulé de votre atelier, voir et essayer de comprendre ce que vous avez proposé justement à l'occasion de votre animation. D'abord pour bien faire les choses et puis ça laisse le temps aussi à Sébastien de régler un peu les caméras. C'est pour ça qu'on a cette petite introduction. Vous avez été précédé par David qui était tout seul. Vous êtes deux. On a besoin de régler un peu les caméras. J'ai le plaisir, on a le plaisir tous les deux, de vous recevoir. Si vous voulez bien, on va commencer Léonie déjà ensemble. Si vous voulez bien un tour de rôle, vous présentez votre structure. Et puis ensuite, on découvrira justement le thème de votre atelier, ce que vous avez pu proposer et on développera.
- Speaker #2
Ok, bonjour, donc Léonie Zago, moi je suis consultante, formatrice et facilitatrice. Et depuis 7 ans maintenant, j'accompagne des équipes qui sont dans des moments de transformation. L'idée c'est de leur apporter de la méthode d'eau, de l'énergie aussi, pour qu'ils puissent choisir ensemble la façon dont ils vont modifier leur pratique, et notamment aussi travailler sur leur posture.
- Speaker #3
Merci, Léonie, Lise ?
- Speaker #4
Donc bonjour, Lise Gilbert, et moi je travaille aussi en tant que facilitatrice et formatrice sur le sujet de l'intelligence collective et relationnelle. Et mon objectif, c'est de travailler des méthodologies de travail avec les individus pour qu'ils puissent être un peu plus efficaces à plusieurs, parce que tout seul, voilà, c'est différent quand on est un peu plus, et de très grands groupes à des petits groupes.
- Speaker #3
Très bien, et c'est votre première expérience du Learning Show ou vous êtes déjà venu ?
- Speaker #2
Moi, c'est la première fois. Moi, je suis venue en tant que participante.
- Speaker #3
En tant que participante. Donc, c'est la première fois pour chacune en tant qu'animatrice. Les deux ateliers ont été animés hier ou c'est distribué entre hier et aujourd'hui ?
- Speaker #2
C'est cet après-midi, les deux.
- Speaker #3
Ah d'accord, vous ne les avez pas encore animés. C'est cet après-midi, donc vous allez vraisemblablement les enchaîner. Vous avez fait ça le comble.
- Speaker #4
Ah oui,
- Speaker #2
oui. C'est un peu le cas d'ailleurs de l'engouement, puisqu'en fait, en deux jours, ils ont été complets.
- Speaker #3
C'était complet. Vous accueillez combien de participants ?
- Speaker #4
60 par session. Donc là, on est censé voir passer 120 personnes sur cet après-midi.
- Speaker #3
Oui, et puis il se pourrait qu'il y en ait encore un petit peu plus, parce qu'il y a toujours des personnes qui s'invitent au dernier moment, parce qu'elles n'ont pas pu s'inscrire, l'atelier étant complet, donc elles vont venir un peu s'incruster. Vous gérerez, vous êtes candidate à l'animation. Oui, évidemment, ce n'est pas étonnant que vous ayez fait ça le comble. Si vous voulez bien nous redonner l'intitulé de votre atelier.
- Speaker #2
Alors, ça s'appelle « Comment travailler avec des cons, l'atelier d'entraînement » .
- Speaker #3
Voilà, donc je pense que ça va réagir dans quelques instants dans le chat de YouTube, parce qu'on est évidemment aussi en live sur YouTube. Vous le voyez, il y a deux petites caméras qui retransmettent, et on aura évidemment un enregistrement audio qui sera rediffusé ultérieurement. D'abord, pourquoi un titre comme ça ?
- Speaker #4
Alors en fait, c'est un atelier qui a aspiré d'une formation qu'on donne sur ce sujet-là, qui a le même titre, comment travailler avec des cons. Et comme on travaille avec plein de gens et qu'on accompagne les gens à travailler avec d'autres gens, à un moment donné, on avait très envie de travailler ensemble et on a réfléchi quel était le sujet peut-être manquant, qu'est-ce qui était le plus difficile dans les équipes là maintenant, dans le fait de collaborer et de travailler à plusieurs. Et on s'est rendu compte que bien souvent dans nos formations, dans nos interventions, il y avait ce moment où quelqu'un nous disait Oui, mais là, tout ça, c'est bien, sauf quand il y a quelqu'un qui ne veut vraiment pas. Et donc, on s'est dit, en fait, ce qui faudrait, ce qui serait utile à nos clients, à nos usagers, ce serait ce sujet-là. Comment on fait quand on peut se réunir ? Il y a quelqu'un avec qui ça passe pas.
- Speaker #3
Quand tu dis quand il veut pas ou quand ça passe pas, c'est quelqu'un qui freine un peu des cas de fer, qui a pas trop envie de collaborer, qui fait preuve de mauvais esprit ?
- Speaker #2
Alors il y a plusieurs types de typologies de cons, donc on verra ça aussi tout à l'heure.
- Speaker #3
Mais ça en fait automatiquement ? Mais il faut pas que je commence à m'emballer. Si on part du principe, peut-être qu'il y a un peu de mauvais poil ou de mauvaise humeur.
- Speaker #2
Exactement. Exactement.
- Speaker #3
On n'est pas forcément... Si, on l'est peut-être.
- Speaker #2
On peut partir du principe qu'on est soi-même... La question aussi, c'est quel genre de con on est.
- Speaker #3
Oui, oui, oui.
- Speaker #2
C'est aussi ça qu'on va regarder. Ce n'est pas juste faire des typologies pour dire oui, c'était le type de con, c'était le type de con. La question, c'est vraiment à partir de quel moment on se retrouve dans une situation face à quelqu'un où on se dit, waouh, là, il y a un problème. Je ne sais pas comment faire. Et ça me génère une palette d'émotions. assez puissante pour que je puisse me dire qu'il se passe un truc.
- Speaker #3
C'est intéressant. Ce que je viens d'entendre est intéressant, c'est-à-dire la génération de palettes d'émotions. Vraisemblablement, on aura peut-être l'occasion de passer de la typologie de compte. Il faut que j'arrête de le répéter parce que je commence à considérer que je me répète un peu. Mais effectivement, aussi à peut-être évoquer, je ne sais pas si ce sera le cas, mais évoquer le lien également qu'il peut y avoir avec les émotions. parce qu'elles sont au centre de l'ensemble des interactions qu'on peut avoir les uns les autres.
- Speaker #4
C'est intéressant parce qu'on s'est dit, nous, qu'on voulait justement prendre ce parti pris là de dire des choses qui peuvent un peu perturber quand on le dit. On a des rires, on est un peu gêné de proposer ça peut-être à son équipe, d'aller travailler comment travailler avec des cons. On peut voir un peu la gêne derrière ça. Et en même temps, c'est ce qui nous intéresse, c'est d'aller parler vrai. Parce que quand on parle des émotions, et quand on a des formations autour de l'assertivité, de la position face aux autres dans le collectif, très souvent, on se retrouve à vouloir bien faire. Quand on veut bien faire, on ne peut pas bien travailler la chose. Il y a un moment où il faut travailler ses jugements, travailler ses croyances, travailler ce qui est difficile, et se dire que l'autre, dans cette situation-là, je ne me reconnais vraiment pas dans lui, et donc j'en fais un con, parce qu'en fait, ce n'est pas possible que je sois de la même espèce que lui. Donc il doit être de l'espèce des cons. Et donc de prendre ça vraiment et d'aller le travailler comme ici on est dans un espace où on va se parler vrai, on a le droit de dire les choses. Parce que ça va nous permettre d'apprendre puisqu'on est au learning.
- Speaker #2
Et c'est même quasiment commencer par cet effet cathartique, c'est-à-dire partager ensemble nos histoires de cons. A la fois ça fait du bien, ça peut même être jubilatoire et dans la période qu'on traverse c'est hyper important aussi. de pouvoir déposer à un moment des choses qui sont des fois au quotidien hyper difficiles à vivre, mais qui, quand elles sont partagées, deviennent quelque chose dont on peut se saisir. Et donc, c'est ça aussi le parti pris, c'est de dire, tiens, on va faire une plongée directement dans nos histoires de cons, on les met ensemble, et puis ensuite, on voit comment est-ce qu'on peut travailler cette matière-là.
- Speaker #3
Est-ce que ça veut dire qu'on vide son sac ?
- Speaker #2
En partie. Alors, on n'est pas en train de se taper dessus et tout. Non, non, mais juste... On en parle, on en parle.
- Speaker #3
Ouais.
- Speaker #2
On parle de nos histoires de cons, oui, complètement. Et de connes, parce qu'on a pris le masculin, mais c'est le masculin générique. Oui,
- Speaker #3
mais là, ça tombe bien. Gardons le masculin. On doit être bien représentés, je pense, aussi numériquement. Pardon. Juste une question. Vous animez une formation sur ce thème. C'est une formation que vous animez préventivement ou plutôt, justement, curativement ?
- Speaker #2
Ça peut être les deux. Là, ce qu'on propose, c'est plutôt de faire de la prévention. Mais effectivement, ça peut arriver après aussi. C'est intéressant aussi d'aller travailler avec des choses qui se sont passées et de voir comment on en fait quelque chose. Parce que l'expérience, c'est aussi là-dessus qu'on va s'appuyer. C'est l'expérience que les gens ont eue de situations dans lesquelles ils étaient avec des personnes qu'ils ont trouvé vraiment cons. Et donc, on va aussi donner des définitions parce que c'est important de savoir de quoi on parle. Il y a toute une littérature scientifique sur ce sujet-là. C'était aussi un de nos points d'étonnement quand on a démarré à travailler ce sujet-là l'année dernière.
- Speaker #3
On peut en savoir un peu plus, justement, sur l'étendue de la littérature scientifique, avec peut-être éventuellement une de référence. Ça peut être des articles en ligne, ça peut être, que sais-je, des thèses ou des livres qu'on pourrait même retrouver ici, le cas échéant à la librairie.
- Speaker #2
Exactement. Alors, on peut commencer peut-être par Maxime Robert, qui est un spécialiste de Spinoza et qui a produit un bouquin qui s'appelle « Que faire des cons » . dans laquelle il donne notamment une définition du con comme le con est situationnel et non pas substantiel. Retenez bien cette définition.
- Speaker #3
Il faut le redire, il faut le redire.
- Speaker #4
On parle beaucoup de ça, le fait que, c'est ce que tu disais tout à l'heure. Le con, c'est à un moment donné. Que l'autre devienne con ou qu'on devienne con, c'est un instant.
- Speaker #3
C'est pas une condamnation à faire pète.
- Speaker #4
Non,
- Speaker #2
on peut s'en sortir. On peut s'en sortir. Sauf si on devient un con de haut niveau. Et là, dans ces cas-là, il y a vraiment une persistance dans la connerie et dans la volonté de nuire et on passe dans autre chose.
- Speaker #3
Je suis un peu pas déstabilisé, mais j'essaye de trouver le bon réglage.
- Speaker #1
C'est-à-dire que tu ne veux pas nous raconter toutes tes histoires ? Non, c'est pas ça.
- Speaker #3
En fait, on part vraiment dans des échanges et des descriptions, quelque part où on fait référence, y compris par exemple à M. Robert. Donc je vois qu'effectivement, il est l'auteur de Que faire des cons, ou Parler avec sa mère, ou d'autres encore ouvrages. Et puis après, on revient juste sur un peu d'expression. dans lesquelles, justement, je ne veux pas fondamentalement tomber moi, parce que sinon, j'essaie de faire de l'humour et je ne suis pas bon. Quel est l'objectif visé pendant cette formation ? Quels sont les objectifs recherchés et attendus ?
- Speaker #4
L'objectif principal, il est de s'assouplir. Nous, on aime bien parler, parce qu'on aime beaucoup les images, là, on l'aura compris, on aime bien parler de pilates relationnelles. C'est-à-dire qu'en fait, on va être ancré un peu dans des schémas de relations avec les uns et les autres, dans lesquels on va reproduire et on va fabriquer, devenir notre fabrique à cons, parce que c'est toujours un peu les mêmes qui vont nous irriter, parce qu'ils viennent chercher quelque chose chez nous, finalement. Et nous, ce qu'on a envie de proposer, c'est des espaces d'expérimentation, des espaces de réflexion, pour prendre de la hauteur par rapport à nos relations et se poser la question de « sont mes ancrages à moi, dans ma relation ? » et « qu'est-ce que j'ai comme autre option que celle qui me paraissent ? » évidente dans l'instant donné, quand quelqu'un me propose quelque chose avec lequel je ne sais pas quoi faire, que ce soit une phrase, que ce soit une réflexion, que ce soit une émotion. Et donc, d'avoir plusieurs options et d'ouvrir à ces options-là par la pratique. Parce qu'on lit tous des livres, enfin peut-être pas tous, mais peut-être chez une généralité, mais on est beaucoup à lire des livres de développement personnel et donc on va être sur des sujets assez théoriques avec lesquels on est d'accord. Mais dans la pratique, quand on est dans le feu du direct, là c'est un peu différent.
- Speaker #2
et donc on offre des espaces de simulation et d'entraînement et d'assouplissement derrière ça je crois qu'il y a même une mission de service public ou d'utilité générale pour essayer justement de voir dans des situations données, parce qu'on est même dans le milieu du travail des fois confronté à des situations assez absurdes, avec des process qui fonctionnent pas très bien avec des gens qui ont une parcelle de pouvoir et qui veulent pas la lâcher avec des choses qu'on ne comprend pas ou des enjeux qu'on ne comprend pas Merci. Donc l'idée, c'est vraiment d'arriver à explorer toute la palette des possibles et à éviter de retomber systématiquement dans ces ornières. Et vu qu'on est quand même dans une période assez complexe, avec des enjeux qu'on ne maîtrise pas toujours et tout, cette thématique, elle nous paraissait intéressante. Quand on voit au niveau politique, je ne sais pas, par exemple, les fonctionnements comme un Trump, ça pose question aussi et ça génère quand même des nouvelles... Il va falloir qu'on s'adapte, qu'on crée des nouvelles compétences relationnelles pour pouvoir... apprendre à gérer ce genre de choses, y compris en entreprise, puisque ça arrive d'être homme dans l'entreprise.
- Speaker #3
Ça peut arriver. Est-ce que, enfin là je vous écoute, et effectivement vous avez mentionné par exemple des situations de travail qui peuvent être un peu absurdes et ridicules. Est-ce que vous englobez en fait dans la définition un peu étendue de cette forme de connerie, aussi la situation qui finalement fait que quelque part on devient... con parce que la situation nous y mène. Si Trump a été élu, c'est qu'il y avait un terreau. C'est qu'il y avait une situation favorable, c'est qu'il y a plein de... Je sais pas, c'est ce que je me dis. Est-ce que la situation aussi fait l'objet de... J'imagine évidemment que oui, fait l'objet justement d'un travail ?
- Speaker #2
Bien sûr.
- Speaker #4
Nous, on travaille. Notre métier de base, c'est plutôt de travailler la situation. Justement, de mettre la situation autour pour que les gens puissent travailler ensemble. Et on s'est rendu compte que le facteur pour que ça fonctionne, c'est qu'il faut qu'il y ait de l'écoute, d'ouverture à l'autre et de la communication. Et donc, c'est ça qu'on vient travailler là en complémentarité parce qu'on se rend compte qu'on peut mettre le meilleur outil du monde pour travailler ensemble, avoir un facilitateur génial à côté et puis avoir un objectif très clair. S'il y a quelqu'un à un moment donné qui n'est pas entendu par le collectif, qui est mis de côté parce qu'il va être catégorisé, peut-être que c'est lui le con, peut-être que c'est les autres le cons à ce moment-là parce qu'ils n'entendent pas son point de vue. et bien ça ne fonctionnera pas et donc on s'est dit c'est pour ça que ça vient rentrer avec ce qu'on proposait déjà et en même temps sur la question aussi de posture l'assouplissement dont je parlais tout à l'heure c'est un petit peu ça aussi c'est comment est-ce que je suis plus agile vraiment pour être adaptable. Et donc, en lien avec la question que tu viens de poser, est-ce que tu peux me la redire ?
- Speaker #3
On partait de l'idée de la situation, simplement.
- Speaker #4
La situation, exactement.
- Speaker #2
Et en fait, la situation, ce qu'elle a d'hyper intéressant, c'est qu'elle concentre tous les éléments dont on a parlé tout à l'heure. C'est-à-dire, on n'a pas forcément la vue sur les enjeux, sur les contraintes des autres, sur ses propres limites. ou en quoi son propre fonctionnement va générer une réaction conne. Et c'est ça en fait qui est hyper intéressant dans la situation. Et aujourd'hui, on a des concentrés d'enjeux complexes, de situations complexes qui font que ça va aussi générer plus de cons en fait.
- Speaker #4
J'ai retrouvé ce que je voulais dire exactement. Et donc c'était, en fait, c'est nous redonner du pouvoir d'agir et aussi regarder où est-ce qu'on agit et où est-ce qu'on n'agit pas. Parce que des fois, on est dans un cadre où si on va taper contre le cadre tout le temps en disant « Oui, le cadre, il est nul. C'est à cause de ce cadre-là que je suis comme ça, etc. » Eh bien, où est mon pouvoir d'action, en fait, dans cet espace-là ? Si je reproduis tout le temps, je n'ai pas de pouvoir d'action. Et nous, on se dit comment travailler avec les cons, c'est aussi comment s'affirmer. Ce n'est pas comment faire plaisir aux cons. C'est aussi où est-ce que je m'affirme ? Où est-ce que je pose mes limites ? Et où est-ce que je fais les choix ?
- Speaker #3
Ok. Dans le chat, il y a une question, je pense que c'est Christine. C'est un peu comme un travail de médiation ?
- Speaker #2
Médiation, peut-être, mais c'est aussi surtout un travail de médiation avec soi-même, avec les différentes parts de soi. Avant d'aller vers l'autre, parce qu'effectivement, comment est-ce qu'on va vers l'autre ? Mais comment est-ce qu'on reçoit ce que l'autre nous dit et qu'est-ce qu'on en fait ? Donc, c'est les deux.
- Speaker #4
Dans l'aspect formation, on a tout un travail qui va être assez individuel. Et en fait, il y a aussi toute une... l'aspect collectif qui est important parce que ça permet de soutenir et de porter sa propre réflexion. Donc en fait, là où l'autre va rencontrer un con, moi je ne le vois pas pourquoi il pense que c'est un con. Ça nous arrive tout le temps, en fin de journée il y a quelqu'un qui nous raconte, aujourd'hui au bureau il s'est passé ça, puis on se dit ouais, c'était pas si grave. Parce qu'on n'a pas les mêmes indicateurs de cons. Ça va être soutenu par le collectif qu'on va pouvoir ouvrir cette perspective à voir que l'autre va vivre la chose différemment et ça vient soutenir la réflexion individuelle. Je ne suis que tout seul à réfléchir avec mes situations. Je fais de l'entre-moi.
- Speaker #3
Oui.
- Speaker #2
Et je n'avance pas.
- Speaker #3
Et je n'avance pas. Votre atelier, il a proposé quoi pour en venir un peu ? Ou il va proposer quoi, pardon ?
- Speaker #2
Alors, dans l'atelier, on va notamment, alors assez classiquement, faire en sorte que les gens se parlent au début. On va poser quelques définitions, un cadre. Et ensuite, on va plonger dans des situations. Et on va regarder ensemble. On va les décortiquer ensemble. en faisant quelques apports théoriques pour que les gens puissent repartir avec aussi à la fois un bout de réflexion et quelques outils.
- Speaker #4
On peut peut-être dévoiler quand même que là on est deux, mais tout à l'heure on sera trois, parce qu'on parle de quelqu'un depuis le début, le con, et donc on l'a invité. Et on aura un comédien avec nous tout à l'heure, qui va incarner des situations de cons vécues en formation. ou dans des contextes de responsabilité pédagogique. Là, on a adapté le sujet. L'objet qu'il puisse incarner, en soi, après, des fois dans la situation, ce n'est pas toujours qui est le con, mais qu'on nous donne à voir, on nous donne à vivre et qu'on puisse justement s'entraîner et faire de la pratique face à lui. Et lui, il saura s'ajuster. On pourra augmenter le niveau ou le descendre parce qu'on ne peut pas faire dans la vraie vie. Voilà, donc on parle beaucoup de génération d'IA. Nous, on a généré un con.
- Speaker #3
Le pauvre. Non, mais non, il va s'éclater.
- Speaker #4
Il est volontaire et partie prenante.
- Speaker #3
J'ai deux remarques qui sont tombées. Travailler sur ces sujets pertinents implique une remise en question personnelle du formateur qui n'est peut-être pas prêt à cela. Je ne sais pas si j'ai mis les bonnes intonations là où il fallait pour que vous compreniez la remarque.
- Speaker #2
Oui, oui. On est complètement. Moi, je suis d'accord avec ça.
- Speaker #4
Tout à fait. Et donc là, si on parle du formateur dans la participation de l'atelier ou la participation de la formation, pour nous, ça doit vraiment être une démarche choisie. C'est une démarche choisie. Et après, dans notre cadre qui est posé, puisqu'on est dans l'expérience et l'expérimentation, on est toujours là où on a besoin d'apprendre. Quand j'observe ce que les autres font quand ils se mettent en jeu dans l'exercice, j'ai une occasion d'apprendre aussi. Quand c'est moi qui me mets en exercice, j'ai une occasion d'apprendre. Et après, si je suis libre de mettre le curseur là où j'ai besoin pour mon apprentissage, c'est sûr que si c'est moi qui suis en test, peut-être que je vais le rencontrer différemment. Mais c'est un choix.
- Speaker #2
Et pour revenir sur le formateur, ce n'est pas parce qu'on est formateur qu'on est forcément moins con que les autres. On a aussi nos propres zones de frottement en tant que formateur. Et du coup, c'est aussi très intéressant qu'un formateur soit capable de travailler sur sa propre posture professionnelle. Parce que dans les formations, on rencontre forcément des gens qui nous agacent, des gens qui nous mettent en colère, des gens qui nous prennent de l'énergie. Et en fait, c'est ça aussi qu'on va aller travailler. Donc oui, l'idée, effectivement, c'est que le formateur soit capable de se remettre en question sur sa posture.
- Speaker #3
Je vais profiter aussi d'une remarque à nouveau formulée dans le chat qui nous trouve évidemment très intéressant, le développement que vous nous proposez, et en particulier la réflexion sur soi-même, que réalise le con sur soi-même. Moi, je vais rebondir sur cette remarque pour, quelque part, vous demander, mais si on part d'un espèce de postulat, vraiment, c'est un postulat que je vais prendre, que le con est un con, comment on arrive à lui faire prendre conscience qu'il est con ?
- Speaker #4
Alors ? C'est une très bonne question parce que notre intention, elle est jamais de changer l'autre. Et là non plus, c'est un vrai travail aussi, c'est de clarifier son intention vis-à-vis de l'autre dans la situation. Qu'est-ce que je veux faire ? Si mon but est de transformer l'autre, de le mettre là où il n'est pas, je vais avoir de la contradiction, je vais avoir de l'opposition.
- Speaker #2
Ça va être très chaud.
- Speaker #4
Si mon but est d'entrer en relation... Pour coopérer dans le but professionnel, il y a une troisième partie prenante qui arrive, qui est la relation professionnelle. Et finalement, on est trois. Il y a moi, le con et la relation professionnelle. Et donc, c'est là qu'on arrive à faire quelque chose avec notre trio potentiellement. Et encore, on n'est pas là pour trouver toutes les solutions. Ce que je disais tout à l'heure aussi sur le fait de s'affirmer, c'est qu'on est aussi là pour accompagner les personnes, les individus à se dire à un moment donné, si la relation là, elle est mauvaise pour moi, qu'on n'arrive à rien. et que j'ai clarifié mon intention, on a peut-être eu des intentions louables, on a peut-être essayé, où est-ce que je pose les limites pour que moi aussi, je me protège dans l'histoire ?
- Speaker #2
C'est une question de curseur. Et puis sur l'histoire de comment est-ce qu'on peut changer un con, pour moi, ça évoque aussi en quoi, qui on est, déjà pour dire que l'autre est con, et qui on est pour dire qu'on va changer le con. Ça parle aussi du con qui est en soi, et là, du coup, c'est réveillé.
- Speaker #3
Vous voulez dire qu'on en porte tous ? Un en ouf ?
- Speaker #2
Oui, je le crains. Et bah voilà,
- Speaker #3
on est foutu. Ouais, ouais, non, on aurait attendu, quasiment, pas le terme. Il nous reste quelques minutes. Non mais moi j'ai une question,
- Speaker #1
c'est comment on prend conscience qu'on est con ? Et comment on peut agir ?
- Speaker #3
Non mais c'est incurable, t'as pas à écouter. Non,
- Speaker #1
c'est plaisant. J'ai écouté, mais je pose une question très pragmatique. Par quoi je commence ? Suis-je con ?
- Speaker #4
On a un sujet sur le con substantiel et situationnel dont on parlait tout à l'heure. C'est une question de situation. Le principal outil, c'est quand même l'écoute. C'est-à-dire, qu'est-ce que me renvoie l'autre à ce moment-là ? C'est un bon indicateur pour regarder si on est son con à ce moment-là ou pas, si on est attentif. Mais pas que. Le travail sur l'autre, c'est pour ça qu'on appelle ça comment travailler avec le con. L'autre, on va se concentrer sur l'autre. et à un moment donné comme l'autre est un miroir je vais forcément travailler sur moi mais on prendra là où on est prêt à le prendre il y a des gens qui vont peut-être pas faire le lien sur eux tout de suite et c'est ok et c'est pour ça qu'on propose différents espaces parce qu'on pense que ça peut prendre aussi un peu de temps avant d'aller rencontrer son propre con mais
- Speaker #2
quel cadeau d'aller se connaître sous toutes ses facettes je pense et donc après l'autre question il y a un philosophe qui a bien résumé ça je le cite quand t'es con tu sais pas que t'es con parce que t'es con Merci. Alors que quand t'es pas con, parfois tu sais que t'es con.
- Speaker #1
On peut la redire ? Ouais, elle est pas mal. J'aime bien.
- Speaker #2
Quand t'es con, tu sais pas que t'es con parce que t'es con. Alors que quand t'es pas con, parfois tu sais que t'es con. C'est du Jean-Claude Van Damme dans le texte.
- Speaker #3
Ouais, ça me semblait bien, c'est ça. C'est pour ça qu'il m'a fallu au moins deux lectures pour avoir conscience. Un commentaire à nouveau qui est arrivé dans le chat. Par expérience, la solution est dans la coopération, trouver le bon terrain pour arriver à trouver les bonnes limites.
- Speaker #2
Des fois oui, des fois non.
- Speaker #3
D'accord.
- Speaker #2
Des fois non, parce que quand on est face à quelqu'un qui vient vraiment nous heurter profondément, ce qu'il faut regarder aussi, c'est est-ce qu'on a l'énergie d'y aller ? Est-ce que ça vaut le coup d'y aller ou pas ? Et dans ces cas-là, il faut aussi être capable de se retirer, de se dire tiens, ce n'est pas le moment pour moi. Donc plutôt de trouver la sortie ou de l'invisibilité. Mais en tout cas, la confrontation, la coopération n'est pas toujours la solution. Ce n'est pas systématique.
- Speaker #4
Ça rejoint le fait de parler authentique et on a un chapitre qui s'appelle « Com' mais pas bonne poire » . C'est-à-dire qu'il y a un moment donné où il faut aussi savoir justement couper court si le dialogue constructif n'est pas possible, que ce soit dans ses ressources individuelles ou dans la possibilité, que ce soit le cadre. la personne en face, le niveau émotionnel, comment je l'enregistre ?
- Speaker #2
Ça me fait penser à un des auteurs qui s'appelle Robert Sutton, qui a beaucoup travaillé sur ce sujet-là, et qui disait qu'à un moment, quand on est face vraiment à, alors pour le coup, plutôt à un con de haut niveau, il faut savoir fuir le plus rapidement possible, parce que ça va être long, ça va être difficile, on risque d'y laisser des plumes. Donc à nous de savoir, oui, là-dessus.
- Speaker #3
On a une petite fiche qui est arrivée. Oui. Oh !
- Speaker #1
Tu peux la montrer ? Caméra,
- Speaker #3
s'il vous plaît.
- Speaker #2
On remettra ce manuel de survie, ces consignes de sécurité aux gens qui vont venir faire des évacuations. C'est ça,
- Speaker #3
c'est la petite fiche que le personnel navigant à bord des avions nous invite à consulter pour avoir les bonnes attitudes en cas d'évacuation précipitée.
- Speaker #4
En cas de turbulence, exactement.
- Speaker #3
Très bien, donc vous avez produit cette fiche. que l'on a montré à la caméra. Juste une toute petite chose, on a évoqué à plusieurs reprises depuis hier avec nos différents invités la place des émotions. Et on l'a un petit peu évoqué en tout début d'entretien. Je viens d'entendre aussi encore une fois un rappel aux émotions. Comment sont-elles mises en musique ? Comment elles sont exploitées dans le travail que vous réalisez ?
- Speaker #2
Les émotions ? Pour nous, c'est plutôt le capteur. C'est ce qui nous permet d'aller capter le signal.
- Speaker #3
Ok, c'est l'indicateur.
- Speaker #2
C'est l'indicateur, exactement. Et après, ça nous permet de voir justement d'où on part, y compris en termes d'intensité. Et en fonction de ça, d'aller choisir l'option qui nous paraît la plus adaptée pour réagir à cette situation en étant juste avec soi-même. C'est-à-dire, est-ce que là j'ai l'énergie d'y aller ? Est-ce que j'ai vraiment un enjeu dans cette relation ? Est-ce que j'ai le temps de m'occuper de cette situation ? Et donc, c'est vraiment plutôt un capteur. Et après, justement, le fait de devenir attentif à tes émotions, ça permet de voir aussi comment est-ce que nous, on a bougé dans la situation. Et le fait qu'on bouge, ça peut faire bouger la personne en face. Pour répondre à la question dont tu parlais tout à l'heure, qu'est-ce qu'on fait par rapport à un con, en fait, si nous, on bouge par rapport à lui, c'est lui qui va finir par bouger. On vous donne plein de trucs.
- Speaker #3
C'est enregistré, c'est dans la boîte. En fait, évidemment, on a essayé peut-être un tout petit peu de plaisanter pour essayer aussi de bien nous situer dans la démarche qui est la vôtre. Mais à vous écouter, c'est un travail pour lequel il faut faire preuve d'une extrême sensibilité. Sensibilité, on va dire, au sens où il faut avoir une multitude de capteurs en éveil. En fait, vous décrivez les situations de travail qu'on vit au quotidien, avec nos collègues du quotidien, avec les comportements que l'on rencontre en entreprise comme ailleurs. D'ailleurs, ce sont les mêmes. Enfin, moi, c'est exactement les mêmes depuis le collège jusqu'à la fin de notre vie. Et je pense que c'est une orchestration qui doit être extrêmement compliquée, par-delà, évidemment, la forme de légèreté qu'on peut avoir en discuter comme on l'a fait.
- Speaker #4
On se rend compte que le fait de le traiter avec un sujet léger, avec une approche légère où on s'autorise à dire les choses, ça a l'effet que, dont Léonie parlait tout à l'heure, on rit. Il y a du plaisir à traiter des moments qui ne sont pas forcément plaisants. Il y a ça. Et après, il y a le fait de faire de l'exercice, l'assouplissement dont on parlait tout à l'heure. C'est ça qui est important. C'est-à-dire que moi, si je ne suis pas très souple de base, je ne vais peut-être pas toucher mes pieds, mais je vais commencer à essayer. Et c'est déjà ça, en fait. C'est déjà un premier assouplissement. Et puis, plus je vais y revenir, et plus ce sera facile quand je serai dans une situation ou autre. Donc, on essaie d'avoir des outils très simplifiés aussi de travail pour que l'outil soit simple parce que le sujet est complexe. Et donc, l'outil simple, en fait, nous permet justement de travailler la situation à différents échelles, à différents moments. Et comme c'est un sujet sans fond parce qu'on rencontre des gens tous les jours et qu'on est toujours très surpris, on a des nouvelles occasions de passer des niveaux de souplesse.
- Speaker #2
C'est ça. On va faire des ceintures du chlidoca.
- Speaker #3
Voilà, il y a quelques commentaires. Je ne vais pas poursuivre. On arrive doucement au terme de notre échange. Et on a Marion qui va prendre le relais pour des pédagogues clash. En tout cas, c'est extrêmement intéressant de vous écouter, d'essayer de comprendre votre approche. On a conclu un peu comme ça, c'est-à-dire vraiment d'avoir cette approche légère sur un sujet qui est éminemment important, qui est central, qui est là tout le temps. Je pense que les personnes qui vont assister à votre atelier vont vraiment en ressortir en prenant beaucoup de plaisir, en ayant appris plein de choses.
- Speaker #1
Vous ressortir grandis ?
- Speaker #3
Oui. En tout cas, je vais vous remercier vraiment de votre gentillesse d'avoir accepté de venir témoigner au micro. Vous souhaitez un bon learning show, une super animation d'atelier. Faites-vous plaisir, je n'en doute pas un seul instant.
- Speaker #2
On s'y compte bien. Ah oui.
- Speaker #3
Et puis vous pourrez parler de nous pendant l'atelier.
- Speaker #1
Oui. De votre duo.
- Speaker #3
Voilà.
- Speaker #1
Le duo des contre-auteurs,
- Speaker #3
tu vois. C'est pour nous ?
- Speaker #2
Oui, c'est pour nous. C'est super gentil.
- Speaker #3
Merci beaucoup. Merci. Merci. Merci. Passez une très bonne journée. Profitez. J'espère que vous allez assister à des ateliers. Oui,
- Speaker #2
on m'a déjà fait ça plein hier. C'était super.
- Speaker #3
Vous étiez là hier.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #3
Chouette. Merci encore. Vous avez les remerciements aussi du chat qui, je pense, se sont régalés parce qu'il y a eu plein de confirmations. de remarques et d'interactions.
- Speaker #2
Au revoir. Oui, merci. Au revoir.
- Speaker #3
Au revoir.