- Speaker #0
Marion Trigodet vous accueille dans PédagoClash pour explorer avec ses invités les idées qui bousculent le monde du learning. Des points de vue décalés, parfois provocateurs, toujours constructifs pour ouvrir d'autres manières de penser la formation, l'apprentissage et le design pédagogique. Le rendez-vous pour celles et ceux qui veulent former et apprendre autrement.
- Speaker #1
Et c'est reparti pour un nouveau PédagoClash. Aujourd'hui, j'ai encore une nouvelle invitée à mon micro. Tania, merci de nous rejoindre.
- Speaker #2
Merci de m'avoir invitée Marion.
- Speaker #1
Tania, tu vas nous dire un peu plus sur qui tu es, parce qu'aujourd'hui, à chaque fois, le propos de l'émission, c'est découvrir une personne et son opinion à contre-courant et comment est-ce qu'elle peut nous la disséquer pour qu'on puisse en apprendre plus sur son positionnement. Alors déjà, juste pour commencer, qui es-tu ?
- Speaker #2
Moi, je suis Tania Lelouch-Chopy. j'ai plutôt envie de vivre dans un monde où chacun d'entre nous est responsable. Et c'est pour ça que depuis 25 ans, je mets mon énergie au service de projets de formation et que je suis vice-présidente de l'Université du facteur humain.
- Speaker #1
L'Université du facteur humain, peut-être que tu peux nous dire en une phrase ?
- Speaker #2
Alors, en une phrase, l'Université du facteur humain, c'est une association qui porte différents ateliers pour permettre à chacun de prendre soin de lui, de prendre soin des autres, de prendre soin de son environnement en mobilisant ses ressources cognitives et tout ça pour faire face pour traverser plutôt les turbulences actuelles et à venir.
- Speaker #1
Ok, trop bien. Bon ben, sacré programme. Et aujourd'hui, à l'occasion du Pédago Clash, tu nous apportes une idée, une opinion qui te tient à cœur et qui est présente dans tes pratiques. Est-ce que tu peux nous en dire plus ?
- Speaker #2
Moi, j'ai envie de te parler de la confiance, de la confiance en formation, parce que je te l'ai dit, moi j'ai envie de vivre dans un monde dans lequel on est tous responsables. Or, pour être responsable, il faut pouvoir choisir. Et pour pouvoir choisir, il faut être libre de choisir. Et je trouve que malheureusement, dans notre monde et dans nos activités, il y a encore beaucoup de cas où on n'est pas tellement libre de faire ce qu'on veut en tant qu'apprenant ou en tant que pédagogue. Il y a vraiment une grosse culture du contrôle et il me semble qu'elle s'oppose un peu à la confiance et qu'on aurait beaucoup de choses à gagner à faire confiance à l'être humain.
- Speaker #1
Trop bien, trop intéressant. J'ai peur, j'ai envie d'en savoir plus. au office non mais déjà Donc, faire confiance aux apprenants, faire confiance aux formateurs, faire confiance aux équipes enseignantes, est-ce que c'est quelque chose que tu arriverais à décliner ? Comment est-ce que tu le vois aujourd'hui ? Où c'est le plus challengeant, où c'est le plus bloquant peut-être ? Par où commencer ?
- Speaker #2
Je crois que c'est faire confiance aux apprenants. Parce qu'il me semble que bien souvent, on est sur une vision du monde où il y a des gens qui savent mieux que d'autres, ce qui est bon pour eux. Et ça me paraît être un peu l'opposé de la définition de la confiance. Et moi, je préférerais être dans un monde où on a confiance dans le fait que chacun peut prendre des bonnes décisions pour lui. C'est un petit peu la morale minimaliste de Rouen Ogien, un philosophe un peu clash aussi, mais qui m'inspire beaucoup en fait. Et on peut être libre du moment qu'on ne nuit à personne. et si on pense à ça Pour le coup, pourquoi la personne qui va apprendre, elle n'est pas suffisamment capable de faire ses bons choix de formation et qu'on arrête un petit peu d'imposer tout et n'importe quoi en organisation, mais aussi de faire son choix dans son parcours, dans son itinéraire pédagogique. Pourquoi est-ce que je devrais absolument commencer par le module 1 et pas par le module 3 en fait ? Et pourquoi je dois commencer par une activité de découverte et pas par la synthèse ? Le pédagogue a pensé ça généralement avec beaucoup d'intelligence, mais on est tous différents. Donc moi, j'aimerais vraiment beaucoup laisser un maximum de liberté aux apprenants pour que chacun puisse créer son chemin.
- Speaker #1
Et comment est-ce que tu penses que... Qu'est-ce que tu penses que ça demande en termes de posture ? Alors peut-être côté apprenant, est-ce qu'il y a une posture particulière à adopter, mais aussi côté formateur, parce que j'imagine que là, dans ce que tu décris, ça veut dire aussi laisser l'espace pour. un peu peut-être aussi de confusion et un peu de de navigage à vue, de navigation à vue ce qui je pense ne rassure pas tous les effrayés qui aimeraient que tout soit déjà bien organisé à l'avance.
- Speaker #2
Mais oui mais c'est ça que tu dis c'est qu'on est dans une culture du contrôle donc on va tout contrôler pour se rassurer mais on va contrôler les gens ben moi je crois que si on laisse cette liberté là, les gens vont donner le meilleur d'eux-mêmes, le précieux facteur humain Et puis, on va aller vers un monde qui sera finalement plus responsable, plus constructif, plus positif. Moi, j'ai vraiment envie de croire ça. Alors, ça veut dire, en termes de posture pour le pédagogue, C'est un choix assez affirmé. Du coup, moi, j'aime bien le triangle pédagogique de Jean-Oussé. Ça m'a toujours vachement éclairée. C'est ma boussole, en fait. Donc, je ne sais pas si tu es à l'aise avec ce triangle. Oui,
- Speaker #1
mais je veux bien que tu nous le remises, parce que moi, peut-être, mais les auditeurs et auditrices, pas forcément.
- Speaker #2
Ça marche. C'est donc un triangle. À chaque pointe du triangle, on a soit le savoir, soit le formateur, soit l'apprenant. Et puis, les relations qui peuvent y avoir entre deux éléments sont définies. Donc, ça peut être soit enseigné, soit formé, soit apprendre. Apprendre, c'est la relation entre le savoir et l'apprenant. Et là, on voit bien que le pédagogue disparaît. Le pédagogue devient facilitateur, en fait, de l'appropriation du savoir par l'apprenant. Moi, ça, j'aime beaucoup. On pourrait parler d'avoir une posture d'appreneur. C'est un mot que j'aime beaucoup, que j'ai entendu dans la bouche de Sandrine Bélier, que j'ai la chance de côtoyer, qui a donné beaucoup pour la plateforme Essain. Et j'aime bien, ouais. la posture d'appreneur. Pas de formateur, pas d'enseignant, mais d'appreneur. Ça veut dire aussi être un peu modeste, s'effacer vraiment pour être au service de la personne qui va se saisir de la compétence. Parce qu'elle en a envie, parce qu'elle en a besoin, et parce qu'elle n'est pas idiote, elle est encore capable de savoir ce qui est bon pour elle.
- Speaker #1
Et ce que ça veut dire du coup pour cet appreneur ? Finalement, il n'est plus dans cette logique non plus de construire tu vois... un chemin très tracé, mais peut-être plus construire des options, des voies possibles, de s'adapter aussi en continu.
- Speaker #2
Oui, exactement. Et en même temps, ce n'est pas toujours facile, on n'est pas tout le temps là, donc on ne peut pas être en permanence en train de s'adapter. Donc, il faut ouvrir plusieurs voies pour que chacun puisse trouver, picorer ce qu'il veut, ce qui est bon pour lui et ce qui va lui permettre d'acquérir cette compétence visée. Donc, ça demande un boulot énorme. Donc je suis désolée, mais c'est vrai. Mais c'est tellement passionnant, pour le coup, parce qu'on ne peut pas savoir à la place de l'autre.
- Speaker #1
Et est-ce que tu penses que côté apprenant, parce qu'on a aussi des apprenants qui sont peut-être habitués d'une certaine façon à recevoir, à être guidés, est-ce qu'il y a des... Comment est-ce qu'on peut les aider à prendre leur rôle ? Ou est-ce que tu penses que leur rôle, ils le prendraient naturellement s'ils avaient l'opportunité de l'avoir ?
- Speaker #2
Non, il faudra aider, il faudra tenir la main. Bien sûr que ce n'est pas facile quand on a toujours l'habitude qu'on nous dise quoi faire, que d'autres savent mieux que nous ce qui est bon pour nous. Il y a quelque chose de confortable et puis on va se calquer dans ce comportement-là. Et du coup, la marche paraît hyper haute quand on nous ouvre le chantier possible. Donc, il faudra tenir la main. Mais en même temps, c'est ça aussi, décréter cette confiance. Ça va permettre de nourrir la confiance en soi.
- Speaker #1
Le sentiment de se dire, je suis capable de faire moi-même le chemin.
- Speaker #2
Exactement. Et là, ça nous ramène aussi au sentiment d'efficacité personnelle de Bandura, qui est nourri par quatre leviers. Moi, si je m'écoute ce matin, jamais je viens de parler, en fait, parce que je suis morte de trouille et j'ai plutôt envie de partir. Mais voilà, tu me souris, donc je vis des émotions agréables. Ça, le pédagogue peut le faire aussi, à la personne qui... un petit peu du mal à avoir l'audace de venir apprendre seule et en autonomie. En autonomie, justement, ça ne veut pas dire seule, en fait. Ça veut dire être soutenue, être accompagnée. Donc, vivre des émotions positives, faire des expériences et puis s'en souvenir. Et pour le coup, on en parlait juste avant, moi j'aime bien les badges quand même, parce que les badges, ça permet de se souvenir qu'on a fait quelque chose et qu'on peut en être fière. La mémoire est volatile. Et quand on n'a pas forcément une grosse confiance en soi, on oublie ça, on a tendance à plus voir ce qu'on n'a pas fait ou ce qui nous fait peur. Donc les collections de badges, les passeports de badges, moi je trouve que c'est une super idée. Et ça nous soutient vraiment. Voir les autres réussir, voir les autres le faire. Donc apprendre avec les pairs, ça vient aussi nourrir cette confiance en soi, ce sentiment d'éthique, d'assauté personnelle. Et puis le dernier point, et celui qui est le plus fort, ça va être le feedback. Le retour d'informations, le retour constructif. Pas forcément positif, constructif. Et ça, c'est hyper puissant.
- Speaker #1
Et là, vous avez déjà donné plein d'éléments que j'imagine que vous utilisez aussi directement dans les propositions que vous faites aux côtés de l'Université du facteur humain. Oui. Est-ce que tu as d'autres conseils là-dessus ? Chois de choses que vous avez déjà mises en place de votre côté et qui vont dans cette direction de se dire, en fait, on fait confiance aux apprenants et on leur laisse l'espace pour s'exprimer et pour se construire dans un cadre, j'imagine, quand même sécurisé ou thématisé. Et je suis curieuse... de voir déjà s'il y a des choses que vous faites que tu voudrais nous partager et peut-être comme vous vous êtes peut-être plus avancé là-dessus peut-être des conseils de débutants de où est-ce qu'on peut commencer si on veut ouvrir cette idée mais qu'on est quand même dans une structure qui est peut-être très solide et très carré et qui veut absolument qu'on ait fait tant de choses dans tel programme et que ce soit sur exactement tant de modules etc.
- Speaker #2
Moi, j'aime bien ce que tu dis parce qu'effectivement, on n'a pas toujours un terrain de jeu qui est complètement ouvert. Il y a quand même beaucoup de contraintes. Et avoir la bienveillance avec soi-même aussi, se dire je fais le meilleur possible dans ce cadre qui m'est proposé. En essayant de challenger à chaque fois, d'essayer de bousculer un petit peu les contraintes. Mais en même temps, quand elle est là, elle est là et on va faire avec. C'est vrai que moi, cette année, j'ai eu la chance à l'Université du facteur humain de monter les formations en ligne sur différents facteurs et différents labos. a pu expérimenter. Et là, on avait un chouette terrain de jeu. Mais on a une contrainte majeure, qui est qu'on est une association, on n'a pas d'argent, donc on n'a pas pu mettre d'humain. On a des formations 100% à distance et en autonomie. Il manque, d'une façon totalement évidente, il manque un retour humain pour accompagner et soutenir l'engagement en formation de celui qui va suivre nos formations à distance. Et en même temps, là, nous, on ne pouvait pas. Donc, déjà, avoir cette bienveillance avec soi-même dans les choses, les projets qu'on va pouvoir mener. Après, moi, il y a une chose qui m'a toujours positivement énervée, c'est vert, c'est bien, rouge, c'est faux. Donc, si on peut éviter ça, en fait, c'est pas compliqué de faire des questionnaires, des cuisses, sans avoir ces retours qui sont hyper durs, qui nous ramènent à une expérience scolaire qui n'est pas du tout engageante. Rien que ça. c'est pas compliqué. Alors c'est vrai que quelquefois on utilise des outils où on peut pas en fait paramétrer autrement il y a toujours un juste ou faux on peut au moins paramétrer un petit peu le texte qui est affiché et plutôt que juste ou faux, pas tout à fait vrai ou tu es en route c'est quand même un petit peu plus engageant que non c'est faux, t'es trop nul
- Speaker #1
Oui donc dans la Même dans la conception même, on va dire dans le détail, là tu parles de détail de quiz, détail de contenu, finalement on peut infuser cette posture de confiance et d'estime de soi finalement. C'est un peu ce que tu nous proposes.
- Speaker #2
Oui, c'est ça. Et en fait, on n'a pas appris à marcher en deux fois. On est quand même tombé un nombre incalculable deux fois avant de réussir à se tenir debout et à traverser la pièce. Donc le droit à l'erreur. Il faut absolument qu'on le mette en formation. Donc, ce n'est pas parce que je me trompe une fois que je n'ai pas compris. C'est comme ça, justement. C'est cette consolidation qui va se faire et qui va me permettre d'acquérir vraiment la notion. Donc, le juste, le faux, le correct, le correct avec pas de trop. Donc, si on arrive à évacuer ça, et puis si on arrive aussi à proposer de refaire les exercices. Ce n'est pas compliqué, ça, de cliquer sur le bouton, lui, réessayer à l'infini. Oui. Voilà. Et la personne le fait quand elle veut. Aujourd'hui, c'est pratique, on a quand même pas mal de solutions pour laisser beaucoup de liberté et où je vais pouvoir faire quand je veux, où je veux, sur le support que je veux, éventuellement avec le contenu que je veux. Mais à nous de mettre les bons paramétrages pour que la personne puisse refaire à l'envie en tout cas. Et parce qu'il n'y a pas d'erreur, il n'y a que de l'apprentissage.
- Speaker #1
Et toi, dans... Là, tu vois, si tu devais le penser dans les prochaines années, dans les formations que tu aimerais mener, les projets que tu aimerais mener, ça serait quoi le rêve de vision optimale que tu aurais pour permettre justement à créer cet espace de confiance, pour que les apprenants soient en totale confiance en eux et aussi confiance en les autres, en l'environnement, pour apprendre.
- Speaker #2
J'avais pas préparé cette nouvelle. En fait, je suis sûre que c'est possible. Parce que si tu décrètes la confiance, tu vas aller chercher le meilleur chez chacun d'entre nous. Et du coup, on va avoir l'audace et le fourrage, parce qu'il faut être courageux pour aller en formation, et puis se confronter à ce qu'on ne sait pas, et puis se challenger pour apprendre quelque chose de nouveau, et puis persévérer. Et puis on va apprendre des autres, et puis on va aider les autres, et je suis sûre que ça va tirer le meilleur de nous-mêmes. Alors, ça ne répond pas complètement à ta question, mais j'essaierai vraiment de m'être de l'humain. Je sais que là, aujourd'hui, on parle beaucoup d'intelligence artificielle. Et oui, ça peut nous aider, ça peut nous faire gagner du temps. Je suis assez convaincue de ça. L'humain reste fondamental dans la transmission et l'acquisition de compétences. Je ne vois pas comment on peut faire autrement.
- Speaker #1
Oui, bien sûr. C'est intéressant ce que tu dis. C'est justement là tout ce que tu as mentionné dans nos petits quarts d'heure. C'est justement là où on a le plus de valeur en tant qu'humain. Parce que c'est aussi des choses qui ne sont pas du tout... qui se passent qu'entre humains. Cette capacité de mettre de la confiance, d'apporter du réconfort, d'apporter du soutien. de pouvoir aussi challenger, mais challenger au bon niveau. C'est des choses qui sont très propres à la façon dont on interagit. Mais aussi, même si elles étaient capacitées par l'IA, dans la façon dont on les reçoit aujourd'hui et on les légitimise, ça se passe entre humains. Et donc, moi, ça serait super intéressant de se dire que, là, dans un monde de main, on voudrait permettre à chacun de se sentir plus en confiance. L'IA a aussi un rôle à jouer qui est aussi peut-être de nous permettre de gagner du temps sur certaines choses pour se focaliser là où on a le plus de valeur dans notre capacité à créer du lien et à créer du réseau en fait aussi de tout ce qui est sensible finalement. Et ok, c'est trop intéressant !
- Speaker #2
Et puis vraiment favoriser l'apprentissage par les pairs aussi. où l'appreneur n'est pas un formateur, n'est pas un sachant, il est vraiment là pour faciliter. Et puis, à un moment, il y a un apprenant qui va peut-être être en difficulté, qui va demander un coup de main des autres, et puis la situation va s'inverser. Mais ça veut dire aussi donner du temps, en fait. Et on est quand même dans une période où on veut aussi que la formation aille vite. qu'on a une espèce de fantasme, que les compétences s'acquièrent en cinq minutes. Mais ce n'est pas comme ça que ça se passe. Donc, je suis d'accord avec toi que l'IA nous aide à peut-être faire quelques ingénieries faciles. Et puis, on garde la valeur de l'humain pour l'ajouter vraiment au moment de l'acquisition, soutenir ce processus-là.
- Speaker #1
Trop bien ! trop riche programme. Est-ce que tu voulais terminer avec un mot ou est-ce que jusque-là tu nous as tout partagé ? Je ne veux pas que tu enleves le micro des mains.
- Speaker #2
Non, mais j'ai vraiment dit « ayons confiance » parce que ça amène beaucoup de bonheur pour nous, mais pour le collectif aussi, en fait. Oui,
- Speaker #1
complètement. Trop bien. Eh bien, merci beaucoup. Merci beaucoup, Tanyen, de m'avoir rejoint au micro. Merci.
- Speaker #3
On est là. Merci Tania. Je vous ai laissé poursuivre d'abord parce que, comme je l'avais dit, on avait un petit peu amputé de votre temps au tout départ. On a prolongé nos échanges avec les deux intervenantes qui nous ont précédés. Et puis, parce qu'on a un peu le temps, on a un créneau qui normalement de 11h à 11h15 devait être dévolu à un nouveau pédago clash. Et puis, évidemment, ça arrive forcément. Ce sont les aléas, donc c'est une personne qui n'a certainement pas pu nous rejoindre. Mario, on va passer juste les quelques minutes qui nous séparent dans 11h15 ensemble, juste comme ça, pour d'abord que les personnes qui nous suivent fassent un peu plus connaissance avec toi, parce qu'ils t'entendent depuis hier, pour certains, ils sont revenus. Certains sont revenus, certains disent c'est pénible parce que si je vous écoute, je ne peux pas bosser, si je bosse, je ne peux pas vous écouter.
- Speaker #1
Est-ce qu'on sera rediffusé ? On a des ambitions de dire qu'on pourra réutiliser un peu tout ce matériel.
- Speaker #3
Oui, tout sera rediffusé. On a les enregistrements vidéo, tu l'as vu, depuis hier, on a nos caméras. L'audio est enregistré. Et puis, l'ambition peut-être, ça va être d'essayer de donner naissance pour le Learning Show à une forme de média en toute humilité, avec un petit thème, sans non plus être prétentieux, mais d'essayer de faire quelque chose qui permette de... d'avoir une présence un peu toute l'année, déjà par ces rediffusions, parce qu'on en a beaucoup sur ces deux journées, et d'essayer de proposer un certain nombre de choses. Et c'est très amusant, ce matin, avec Olivier et Clément, ils ont animé un Simili-atelier en live. Donc c'est une idée à développer. Et si on est déjà en train de... Tu as le bonjour de Charlotte Lordet. Je ne sais pas si vous vous connaissez. Oui, vous vous connaissez. Voilà, tu as son bonjour. Tu peux venir envoyer.
- Speaker #1
Les live chat se passent sur les réseaux en live. Oui, écoute, pour nous, côté Pédago Clash, là, je pense que ce qui a été super intéressant pour l'instant, c'est qu'on a plein d'idées que je trouve qui viennent toutes nourrir une partie un peu différente de ce grand métier formateur d'ingénierie. Euh... et responsable de formation. Enfin, vraiment, il y a eu un peu des éléments de toutes parts, ce qui, pour moi, a été super riche de pouvoir avoir tous ces échanges en très peu de temps. J'ai hâte un peu de voir les échanges qui arrivent aussi dans les restes des épisodes. Et voilà.
- Speaker #3
Il va y avoir des choses sympas. Je vous ai écouté, évidemment, comme j'ai assuré ou tenté d'assurer du mieux possible le côté un peu technique. de l'échange que tu as eu avec Tania, ça me renvoie aussi à un échange que j'ai eu hier avec Rony Germont, où je l'ai un peu asticoté, comme on dit, parce qu'il a joué le jeu. C'est vraiment, on y est allé main dans la main, c'était intentionnel. Mais j'écoute Tania, qui quelque part nous dit ce que j'entends, moi, depuis maintenant plus de deux décennies dans le métier, c'est-à-dire que c'est toujours quelque chose où il faut de l'humain. quand elle prend l'exemple de l'évaluation sanction qu'on te dit c'est juste ou c'est faux c'est bien ou c'est pas bien est-ce qu'il n'y a pas alors pardon c'est vraiment c'est pas du clash en live entre nous mais quelque part un peu est-ce qu'il n'y a pas un côté désespérant à voir que l'on parle tout le temps de la même chose depuis plusieurs décennies et qu'on a le sentiment de faire du sur place alors
- Speaker #1
tu fais partie de la nouvelle génération c'est toi qui doit renverser la table non mais alors écoute moi je me dis que en fait ce qui est intéressant c'est qu'il y a des problématiques de fond qu'on aura à mon avis toujours peu importe les contextes et les outils et les technologies qui sortent mais on a aussi ça oui je pense qu'il y a des problèmes qui effectivement sont presque structurels dans la façon dont aujourd'hui on voit la formation professionnelle. Mais j'ai aussi l'impression qu'il y a quand même beaucoup de sujets qui avancent. Je pense qu'aujourd'hui, moi, dans mon métier, j'ai des missions qui sont juste liées à de la discovery, donc de l'analyse d'apprenants, de comprendre le contexte de formation, de comprendre quels sont les enjeux des apprenants. d'avoir des entretiens avec eux, de discuter avec eux directement, d'aller sur site pour comprendre leur métier. Ça, c'était quelque chose qui n'aurait jamais été même mis numériquement dans des devis il y a quelques années, en fait. Je n'aurais jamais eu d'émission que pour ça. Donc, je me dis quand même qu'il y a des sujets qui avancent. Les sujets de centré apprenant, les sujets aussi de... Comment est-ce que dans la formation pour adultes, on laisse de l'espace ? aux apprenants dans leurs propres décisions et où on n'essaye pas juste de leur tenir la main dans une logique très savante sachant les sachants et les apprenants. Je pense qu'on voit avancer. Moi, je pense que ça n'avance pas assez vite, mais je pense que je fais partie de la même équipe que la tienne, qui est quand même une équipe d'impatients. Mais on voit quand même que ça avance. Et on voit aussi un niveau de maturité du marché qui est en train petit à petit d'augmenter. Après, le temps Le truc qui se retrouve en coalition, en frontale avec ça, c'est qu'à la fois dans la formation pro, mais en fait dans l'environnement métier en général, on se retrouve quand même avec aussi typiquement l'IA qui vient remettre beaucoup. Les tentations,
- Speaker #3
c'est ça, les tentations d'aller faire plus bas. plus vite, moins cher ?
- Speaker #1
Oui, en fait, les outils sont toujours neutres. C'est à nous d'être très intentionnels sur ce qu'on cherche à faire. Et je pense qu'aujourd'hui, oui, avec Delia, on peut faire plus vite, moins cher. Ça peut être un projet pour certaines personnes, mais c'est parce qu'aujourd'hui, la question de comment est-ce qu'on forme les gens et qu'est-ce qui vraiment fait que derrière, on puisse voir de l'impact sur ce qu'ils ont appris ? Est-ce que ça les a changés en tant qu'individus, en tant que collaborateurs, en tant que managers, peu importe le rôle et le statut qu'ils ont ? Comme c'est quelque chose sur lequel on a beaucoup de flou, on ne se pose pas forcément la question des résultats, mais on se pose la question des moyens. Et donc, dans les questions des moyens, on se dit, oui, on peut aller produire moins cher, produire plus vite, etc. Et je pense que c'est quelque chose qui clairement est en train de changer. On le voit là avec des formations comme Next CLO, Chief Learning Officer. C'est des thématiques qui, aujourd'hui, prennent leur place et prennent leur place dans les entreprises aussi, où les équipes learning ne sont plus des fonctions support qui seraient là pour répondre à des réglementations françaises sur le nombre d'heures de formation que chacun doit faire, mais qui deviennent des outils stratégiques. Ça prend du temps, mais bon, ça, je pense que c'est les humains.
- Speaker #3
Oui, ils nous font du temps.
- Speaker #1
Ils nous font du temps, mais après, ça pose vraiment, pour moi, la... La question est aussi, nous, à notre échelle de formateurs, d'ingénieurs pédagogiques, de pourquoi on fait les choses. Pourquoi on utilise l'IA ? Pourquoi on choisit des formats spécifiques ? Pourquoi on croit en le micro-learning, les workshops, les bootcamps ? Quelles sont nos croyances derrière tout ça ? Il n'y en a aucun que je juge négativement ou positivement. Je pense qu'il y a vraiment une question. d'intentionnalité et pas tant de comment on le fait. Parce que comment on le fait, je pense qu'on a à peu près bien pensé le truc.
- Speaker #3
Très bien. Marion, tu vois, on a réussi à tenir y compris le créneau qui avait été involontairement déserté. On te retrouve un tout petit peu plus tard dans la journée. Tu vas venir nous proposer deux ou trois interventions supplémentaires. et on aura des personnes extrêmement intéressantes à écouter Julien Camité, Raphaël Grasset Yannick Graffnel Marion Merci, profite bien de cette fin de matinée et on se retrouve tout à l'heure, merci