- Speaker #0
Le Learning Show, ce sont deux journées au cours desquelles il faut faire preuve d'endurance. Visiteurs, partenaires, animateurs d'ateliers et bénévoles s'élancent pour un marathon qui les voit se croiser, se soutenir, se ravitailler, s'orienter, se relayer, faire corps dans l'effort. Sébastien Meunier et Nicolas Lausancic sont les Talk Trotters. Le temps d'une pause, ils accueillent tous les acteurs du Learning Show pour recueillir leurs témoignages, leurs impressions.
- Speaker #1
Et on se retrouve en direct du couvent des Jacques Aubin avec une invitée de marque de prestige, que dis-je ? Peut-être là, est-ce qu'on peut dire que... Qu'est-ce qu'il se fait ? Ah oui, on fait des selfies en direct à la télé, vous avez vu, c'est magnifique. Tu veux nous parler d'intelligence artificielle, elle écrit un bouquin aux éditions Clique, on avait hier son prénom chez Vladimir. Donc elle a des éditions Clique. Éditions Clique que tu connais bien Nicolas aussi, tu as fait un truc je crois chez Éditions Clique.
- Speaker #2
Ah ah ah, on dirait qu'il a préparé. Ouais, placement de produit. T'as vu, c'est carré hein !
- Speaker #3
Incroyable, cette voix, c'est radiophonique, c'est incroyable.
- Speaker #1
C'est complètement ça.
- Speaker #3
Je vais aller parler avec vous, c'est un grand jour.
- Speaker #1
C'est ma voix du matin que je peux avoir à la demande. Bon bref, on est donc en direct et on accueille Lucie. Comment ça va Lucie ?
- Speaker #3
Mais ça va et toi ?
- Speaker #1
Très bien, regarde.
- Speaker #2
Lucie, tu commences à être, j'ai envie de dire, pardon pour l'introduction, mais un peu un pilier du Learning Show, mais pas que. Néanmoins... s'il y a quelques personnes encore qui n'ont pas eu l'occasion de voir tes publications sur les réseaux sociaux, d'entendre parler aussi du livre qui a été rédigé aux éditions Clic, dont Sébastien parlait à l'instant, de venir assister à un de tes ateliers ou de suivre des webinaires en ligne, est-ce que tu peux juste en quelques instants te représenter ?
- Speaker #3
Je m'appelle Lucie Dorn, oui ça fait en effet quelques années que je viens ici tu sais ça me fait peur quand tu dis ça Merci. Je me dis, mais mon Dieu, mais je vieillis.
- Speaker #2
On ne vieillit pas, mais le temps passe.
- Speaker #3
Le temps passe, c'est incroyable. Donc oui, en fait, je suis plutôt connue à la base pour l'innovation pédagogique, parce que c'est quand même ça la base de ce qui peut-être me différencie. Tu sais, on a tous un secteur où on se différencie. Moi, j'aime bien réfléchir, j'aime bien être créative, j'aime trouver des idées différentes. Et voilà, j'ai gagné plusieurs prix d'innovation. Et en fait, je me suis rendu compte que finalement, il y avait peut-être des clés, il y avait des leviers et il y avait des moyens d'eux. Et le levier, selon moi, ce n'est pas une solution technologique, mais c'est une solution à la base pédagogique avec une vraie réflexion de fond. Mais l'outil nous aide et l'outil peut nous permettre de faire des choses maintenant assez incroyables. Et voilà un peu mes positionnements. On réfléchit, on étudie bien notre problématique et on trouve des solutions. au lieu de se dire tout de suite, c'est quoi la solution ? Tu fais un e-learning, je te fais un e-learning, alors qu'en fait, ça ne serait pas du tout ça qu'il nous faut.
- Speaker #2
Oui, genre, il me faut quel logiciel pour faire les choses bien ? Non, on commence déjà par apprendre à faire bien. Et puis Lucie, tu es présente cette année sur le Learning Show pour plusieurs raisons, mais l'une d'entre elles qu'on peut présenter comme une forme de nouveauté, c'est le fait que les ateliers qui ont rencontré le plus de succès l'année passée ont été invités à se représenter, ont été reconduits. Alors si tous n'ont pas repris le déroulé absolument identique à la saison, à l'édition passée, en tout cas, dans l'ensemble, c'est à peu près le cas. Donc tu fais partie de ces cinq ou six ateliers reconduits depuis l'année passée parce que le tien avait cartonné. Ah, elle est humble, elle n'ose même pas. Je ne te connais plus.
- Speaker #3
J'attendais la suite de la phrase. Encore plus de fleurs, Nicolas. En fait, l'année dernière, il y a eu pas mal de gens qui étaient intéressés par ce sujet de l'IA et de la créativité. Et il y avait pas mal de gens aussi un peu déçus qui ne pouvaient pas y assister. Donc, pour donner de la place à tout le monde, pour que tout le monde puisse participer à ces ateliers, ils les ont reconduits. C'était un peu le sujet. Les sujets coup de cœur ont été reconduits pour que toutes les personnes puissent avoir la chance ou l'opportunité, je ne sais pas, de participer à ces ateliers. Et du coup, moi, j'ai reconduit IA et créativité. Et j'en suis tellement, tellement, tellement ravie parce que je pense que c'est vraiment l'enjeu maintenant. C'est un des enjeux. Créativité, pensée critique, littératie technologique, ça fait partie vraiment des sujets qu'il faut aborder aujourd'hui sur l'IA. Moi, je ne les traite pas tous. Je traite plutôt la partie créativité et éthique derrière tout ça.
- Speaker #2
On va reprendre les choses dans un ordre quelconque. Après, tu trie. Tu me connais aussi, c'est-à-dire qu'on a échangé suffisamment souvent pour que tu saches à peu près où on va aller. Déjà, la curiosité qui continue d'être suscitée autour de l'IA dans nos métiers, dans la formation, c'est toujours effectif. Est-ce que par rapport à ne serait-ce que pas seulement l'année passée, mais encore l'année d'avant, ou peut-être encore celle d'avant, on en est où aujourd'hui ?
- Speaker #3
C'est vraiment intéressant pour moi de venir sur des salons comme ça, en dehors des clients que je vais côtoyer au quotidien. C'est qu'en fait je vois l'évolution de la maturité de la manière de penser des gens. L'année dernière, on cherchait un peu de la recette magique, quelque chose de plus clé en main, déjà tout fait, parce que je pense qu'il y avait une vraie méconnaissance des possibilités de l'IA. Là, cette année, je vois plus de maturité, on est moins à demander de la recette magique, je vois plus d'esprit critique, je vois plus des gens qui acceptent quand je leur dis « mais en fait, moi j'écris un livre avec des promptes, mais les promptes que j'écris ce sont... » mes visions, c'est pas du tout quelque chose d'absolu en fait vous, vous allez vous même adapter mes idées c'est ça l'idée en fait, et donc les gens commencent à accepter qu'il n'y a pas de recettes qu'il va falloir qu'ils adaptent, donc ça c'est intéressant et en plus de ça je pense qu'ils ont déjà testé, moi je vois de plus en plus de gens là dans les ateliers qui me disent bah oui bien évidemment qu'il faut savoir prompter alors que l'année dernière vraiment on n'avait pas du tout ce genre de discours, donc il y a une maturité qui est grandissante, ça c'est chouette Et du coup, je pense qu'avec cette maturité grandissante, on va aussi dans des usages qui vont peut-être de plus en plus dans le bon sens et dans le sens de l'apprenance, de l'apprentissage.
- Speaker #2
Oui, ça va dans le bon sens.
- Speaker #3
Doucement, ça y va, oui. Non, vraiment, ça y va.
- Speaker #2
Question naïve.
- Speaker #3
Oui, enfin bon, il n'y a pas vraiment de question naïve au nom de toi. Moi,
- Speaker #2
j'en ai des faux qui ont été de mauvaise intention. Non, c'est vrai qu'on peut observer évidemment un accroissement un peu de la maturité. Parce que le moment de la découverte, même s'il n'est pas refermé, ce chapitre de la découverte, on a un niveau d'information qui continue de s'élever. Or, en termes d'usage ?
- Speaker #3
En fait, je pense qu'il y a aussi... Maintenant, il faut qu'on accepte Nicolas, tous ces gens où... Moi, au quotidien, maintenant, je ne fais que ça, en fait. Je bosse, je réfléchis, je lis des articles scientifiques. Je ne fais que ça. C'est-à-dire que je teste. J'ai la chance de faire que ça. Et il y a des personnes dont le métier, ce n'est pas vraiment de faire que ça. Nous, on doit être, tu sais, la théorie du crayon. Nous, on doit être la pointe du crayon et on se doit d'être en avance. Donc, c'est vrai que c'est difficile parce qu'on sent qu'il y a une inertie. On aimerait que ça aille plus vite et ça ne va pas aussi vite que nous, dans notre tête, ça va. Et on a toujours l'impression qu'on est en retard dans la formation. C'est difficile. Je le comprends, ce sentiment. C'est sûr que quand je travaille pour des multinationales à l'international, ce ne sont pas les mêmes pensées de projet que quand je vais travailler pour une petite boîte. très françaises et dans les pratiques qui ne sont pas encore totalement développées sur ce sujet-là. Moi, ce que je note, par exemple, tu disais que j'avais sorti un livre, j'en ai sorti trois, en fait.
- Speaker #2
Il y a eu une première édition, il y a eu des ajouts, et ainsi de suite.
- Speaker #3
J'arrête pas de les réécrire pour qu'ils soient toujours à jour. Et en fait, là, les gens me font des retours. Les gens ont lu mon premier livre, le premier qui est sorti il y a un an et demi. Et il commence à me dire, ça y est, j'ai appliqué ce que tu as mis dans ton livre et je vais aller plus loin. Donc, tu vois, il y a un décalage entre ce que moi, j'ai mis sur le papier il y a un an et demi et ce que les gens appliquent aujourd'hui. Donc, je suis positive. Après, il y a encore des gens qui cherchent de la recette toute faite. Et puis, finalement, en fait, ils ne vont pas avancer. Ces gens-là sont toujours au même stade. Ils veulent de la solution clairement.
- Speaker #1
On a quand même toujours l'impression que l'IA, c'est magique. C'est trop bien. Là, on peut faire un plan de formation, on peut faire des modules. Tu parlais de créativité, créer des visuels, des vidéos à la demande. Ça marche à tous les coups, pour toi ? C'est une question...
- Speaker #4
Oui, c'est une vraie question.
- Speaker #3
C'est une question rhétorique. Un peu des deux, je pense.
- Speaker #1
Un peu des deux, parce que nous, on l'utilise beaucoup dans nos activités. Et puis, tu t'aperçois quand même, la plupart du temps, ça fait un peu ce que ça veut. Donc, il faut maîtriser la bête. Même la notion de prompte, en fait, avant la notion de prompte, c'est comprendre comment on parle à une machine et qu'est-ce qu'on peut en attendre.
- Speaker #3
Dans l'introduction d'une de mes conférences, c'est parmi vous, qui a déjà utilisé l'IA ? Donc les gens lèvent la main et je leur dis gardez la main levée si vous avez obtenu un bon résultat dès le premier coup. Et là, tu as plein de mains qui se baissent. Et après, je leur dis parmi les gens qui ont gardé la main levée, ceux qui maintenant arrivent à obtenir un bon résultat dès le premier coup, première ou deuxième itération max, parmi vous, qui utilise une méthodologie ? Et là, tous. quasiment tous ceux qui ont la main levée me disent bah oui moi j'ai une méthodologie parce que j'ai compris que je ne pouvais pas obtenir de bons résultats sans méthodo et dans cela des fois j'en ai un ou deux qui me disent moi j'ai pas de méthodo et j'obtiens des bons résultats bah eux ce sont ces personnes qui n'ont pas forcément trop d'exigences trop d'attentes pas d'esprit critique et puis qui en fait ça donne des trucs très ça marche à peu près ça marche à peu près bah pour eux ils sont contents donc je pense que tout le monde trouve un peu son contentement je pense que les gens exigeants aujourd'hui ne peuvent pas se permettre d'utiliser l'IA sans méthodo ça c'est clair et net si tu veux de la Merci. qualité et de la différence.
- Speaker #2
Et c'est là qu'on fait intervenir la créativité.
- Speaker #3
Oui ! Et voilà, merci. Perche tendue, perche tendue. Et ça a été exactement le propos de mon atelier et je suis trop, trop contente des retours que j'ai eu, là vraiment je suis contente. En fait, il y avait trois étapes dans mon atelier, je m'appuie sur une étude qui a évalué qui a évalué l'impact de l'IA sur la créativité. Et en gros, cette étude-là, elle est en trois temps. Et donc, j'ai reproduit dans mon atelier le contexte de l'étude. Donc, dans l'atelier, les apprenants que j'avais vivaient trois situations. La première situation, ils devaient écrire une histoire à partir d'un sujet donné, mais c'était totalement libre, donc avec leur cerveau, ce que le groupe que j'appelle Brain Only. La deuxième partie, ils avaient une autre histoire à raconter, mais avec juste, je leur donnais un petit input de l'IA. Donc, l'IA, en fait, leur donnait peut-être des indices. Et ils avaient une histoire à raconter. Et c'est le groupe que j'appelle LLM to Brain. Ça s'appuie sur ses études. Et le troisième groupe, lui, il devait réfléchir déjà à les différents points de l'histoire. Puis après, j'avais déjà créé un assistant qui était déjà compté. Et ils mettaient leurs idées dans l'assistant. Et l'assistant leur aidait à générer des idées. Donc, ça ne générait toujours pas d'histoire. Et là, c'est le groupe qui s'appelle Brain to LLM. Donc, il y avait trois groupes. Et je leur demandais vraiment de bien noter un peu leurs réactions qu'ils avaient et comment ils avaient l'impression d'avoir été créatifs ou pas. En début de l'atelier, ils ont tous passé un test de créativité. Donc, ils avaient tous une note de créativité. Et en fait, ce qui s'avère, c'est que moins tu es créatif, plus l'IA va t'aider. Donc, en gros, le groupe, parce qu'après, à la fin, leurs trois productions sont évaluées par l'IA, par un autre assistant que j'ai paramétré. Donc, moins tu es créatif à la base, plus ta note va être haute quand tu te fais assister par l'IA. Par contre, à l'inverse, plus tu vas être créatif au début, et plus finalement tu ne vas pas tant évoluer que ça. Si tu avais une note évaluée, je ne sais pas moi, 70% dans ton premier exo avec ton cerveau seulement, en fait dans ton troisième exercice, tu es peut-être à 75%. Alors que quand tu es moins créatif, tu t'es peut-être commencé à 60%, puis à la fin tu es peut-être monté à 80%. Et c'est ça que les études montent. Elles montrent qu'il y a une corrélation positive. Moins on est créatif, plus l'IA nous aide à être créatif. Mais plus on est à créatif, moins on est assisté par l'IA. Donc c'est intéressant, je pense, pour les gens de se rendre compte que l'IA n'est pas créative. C'est nous qui avons des idées créatives et l'IA peut nous augmenter avec une bonne approche, une bonne méthodologie. Et puis finalement, dans le groupe où on donne des idées glissées par l'IA avant même que notre cerveau y réfléchisse, en fait, les gens se sont retrouvés bloqués. Et il y a plein de gens, je leur ai dit, vous prenez cette histoire ou vous ne la prenez pas. Moi, je vous donne une idée que l'IA a donnée. Ça vous intéresse, ça vous intéresse. Donc, c'est une histoire de cinq lignes. Ça vous intéresse, vous l'apprenez. Ça vous intéresse pas, vous l'apprenez pas. Les trois quarts de mes groupes, ils prennent l'idée de l'IA. Ils la prennent parce qu'en fait, l'IA les chante. Elle les chante. Et vu qu'ils sont chantés par l'IA, en fait, ils se sentent obligés d'écrire l'histoire de l'IA.
- Speaker #2
Donc,
- Speaker #3
il y a un effet castrateur, il y a un effet améliorateur. Et en fait, tout ce que je dis aux gens, c'est prenez conscience de tout ça. Faites vos choix en votre âme et conscience. Mais on ne peut pas, en première intention, demander à l'IA, parce que ça, ça nous coûte notre créativité.
- Speaker #2
Oui, c'est se mettre au service d'eux. C'est s'abandonner à l'IA, perdre le contrôle de l'initiative qu'on a entrepris. Et puis, on refuse peut-être de lutter, de combattre. Est-ce que tu as vu des formateurs, formatrices, qui ont fait évoluer ? leur pratique de formation grâce à l'IA. Alors pas sur les contenus pédagogiques, l'ingénierie, tout ça, ça ne m'intéresse pas. Par rapport, si tu vas voir où je vais en venir, par rapport au potentiel que l'IA a intrinsèquement et que quelqu'un qui prend vraiment conscience de ce que l'IA permet, ce quelqu'un va faire quelque chose qu'il n'aurait jamais imaginé faire.
- Speaker #3
Je crois que c'est peut-être un peu tout encore. J'ai un peu l'impression que c'est la... tendance, tu vois, dans les ateliers, je vois beaucoup le côté neurosciences qui revient, là, dans l'atelier de Rony, tu vois, il a encore couplé neuroapprentissage, je vois bien qu'on nous amène là, dans le livre que j'ai écrit, Innovation pédagogique, c'est pareil, en fait, je vais prendre toutes les théories de l'apprentissage, les Vygotsky, les Maj, etc., et je vais coupler ces théories-là pour aller faire des choses que... Moi-même, même si j'ai des connaissances, ça m'aurait pris énormément de temps de coupler plein de théories de socioconstructivisme pour essayer de faire la meilleure séquence pédagogique possible. Honnêtement, quand je fais mon déroulé, je fais du bloom et c'est tout, alors que je suis une ingénieure pédagogique. Moi, j'en suis dans ce cheminement-là. J'ai un peu l'impression que c'est là où je vais. J'ai un peu l'impression que c'est là aussi où les autres personnes sur le Learning Show nous emmènent. Je le sens, c'est un peu une tendance cette année.
- Speaker #2
Oui, un peu aspirateur.
- Speaker #3
Il y a cette notion aussi. Ce n'est pas encore, en tout cas dans les clients que j'accompagne, on n'en est pas encore là. Ce n'est pas ce que je ressens. Peut-être que tu me diras l'inverse.
- Speaker #2
Non, non, non, c'est en cours de construction. C'est vrai que j'ai pu rencontrer un ou deux ovnis.
- Speaker #3
Ok, cool.
- Speaker #2
Des personnes qui ont vraiment, vraiment fait des choses qu'ils ne s'imaginaient pas faire. Et puis qui ont obtenu des résultats absolument fabuleux, qui leur ont permis de dispenser des formations. comme elle ne pouvait pas s'imaginer les faire, et tout simplement grâce au potentiel de l'IA, mais en étant ce que tu as décrit, c'est-à-dire en étant aux manettes, en étant au contrôle. Parce que ça aussi, c'est une phrase qu'a Bondo, c'est oui l'IA, mais c'est nous qui contrôlons. Ça veut dire plein de choses, c'est nous qui contrôlons. Ce n'est pas juste dire, c'est moi qui décide quand on arrête. C'est avoir le contrôle, c'est avoir déjà compris ce qu'on a entre les mains, ce que c'est capable de faire, et ce que je peux en tirer. Et c'est là qu'effectivement intervient... Le fait de mettre ses idées au clair, de mettre ça dans une grille d'analyse par rapport au potentiel de l'IA, etc.
- Speaker #1
Tu vois, nous, on donne des formations aussi sur l'IA à des entreprises. Et à un moment donné, on a demandé à un de nos clients de nous remonter des cas d'usage entre deux modules qu'on travaille dessus. Et puis, en fait, sur les 10 cas d'usage des 10 apprenants, il y en avait 7 qui étaient soit pas d'IA, soit il y a déjà un autre outil qui fait. Donc, est-ce que, en fait, dans tous ces domaines, parce que l'IA, c'est génial, oui, mais il faut savoir quoi faire avec. Et ce n'est pas la solution à tout. Et en fait, le truc, typiquement, il y avait une commerciale qui voulait organiser ses tournées. C'est une espèce d'IA magique qui t'organise ta tournée en fonction pour optimiser ton temps de déplacement, ton essence, tes frais. C'est génial. Mais il y a un truc qui s'appelle Route Manager. Ça coûte 10 euros. Ça s'appuie sur OpenStreetMap et ça marche, en fait. Ça te fait un fichier, ça t'envoie... Ton itinéraire, il n'y a pas besoin d'IA parfois. Donc, est-ce qu'on n'est pas dans un moment où tout le monde veut mettre de l'IA de partout parce que c'est super tendance et qu'au final, en fait, juste refaire un déroulé pédagogique où tu vas dire, on va t'apprendre ça, ça, ça et ça et ça parce que tu as été un professionnel de la formation, parce que tu es un professionnel de ton domaine. Tu n'as peut-être pas besoin d'IA, si ce n'est pour faire ton syllabus. Le syllabus qui est le truc que personne ne lit. À part les Calliopi, les Opco et compagnie. Ce n'est pas le truc le plus fun à écrire non plus.
- Speaker #3
J'ai un gros questionnement là-dessus sur apprendre à pêcher, donner du poisson. Mais il y a plein de questions.
- Speaker #2
L'image est bien.
- Speaker #3
Mais je me questionne tous les jours. Par exemple, l'autre jour, j'ai fait une conférence très spéciale. Le matin, j'étais dans un CFA en formation continue. Et l'après-midi, j'étais en formation initiale. Deux directions différentes, même établissement, mais deux directions différentes, deux équipes totalement différentes. Le matin, formation continue, ils étaient super moteurs, ils avaient vraiment les chakras ouverts et donc du coup ils comprenaient un peu les usages, les tenants, les aboutissants et puis c'est moi, franchement ce que je fais principalement c'est de la vulgarisation, c'est ce que je fais, je suis une vulgarisatrice, je présente des choses de manière simple, je fais beaucoup de métaphores. Et donc l'après-midi, bref, j'étais en formation initiale et en fait les gens étaient encore dans la peur, dans la crainte de cette IA. qui va tous les remplacer donc bref, il y avait déjà deux niveaux de maturité ça répond pas totalement à ce que t'as dit donc il y a déjà une maturité qui monte où il faut prendre conscience des usages de ce qui est vrai et de ce qui est pas vrai et là il faut prendre du recul et ensuite il y a un autre sujet que je vois beaucoup, c'est que maintenant tu sais c'est facile avec le no-code, avec l'ov-ball, avec les artifacts de Claude tu peux vraiment faire des applications super simplement donc du coup maintenant tout le monde veut faire son application c'est terrible mais ça marche pas Il faut être froid de la vie. Et c'est ça, du coup, tu vas vouloir faire ton chronomètre. Tu sais, tu dis, ah oui, moi, dans ma formation, je voudrais un chrono. Donc, tu vas aller faire du no-code pour faire un chronomètre. Alors que des applications de chronomètre, il y en a des millions. Voilà, gratuites en plus. Et donc, voilà, on retombe un peu là-dedans. Je suis d'accord avec toi dans ces usages qui sont encore en non-sens. Mais voilà, c'est à nous de démystifier. C'est à nous de remettre l'église au centre du village.
- Speaker #2
depuis tout à l'heure je fais des gestes oui parce qu'il veut arrêter,
- Speaker #1
on enchaîne bah oui mais on fait l'IA, on a le temps on demandera à l'LGBT on mettra le cliché de trucs non juste pour terminer, on est avec Thaïs qui bosse avec moi et qui est très sensible à l'IA d'ailleurs c'est dans un cours sur l'IA qu'on s'est rencontré et ça a tout de suite matché nous retrouvons au Learning Show attends je vais mettre ma petite caméra comme il faut et si t'as une petite question toi Thaïs à poser à Lucie avant qu'on arrête une minute
- Speaker #4
Moi, j'avais une question sur l'atelier, mais du coup, tu l'as plutôt bien décrit. Est-ce que tu penses qu'un jour, en tout cas peut-être l'année prochaine, dans un futur proche, on arrivera justement à avoir le deuxième niveau de maturité qui arrive à celui qui arrive à comprendre vraiment le rôle de l'IA et comment bien l'utiliser ? Ou est-ce que tu penses qu'il y aura toujours ces deux écoles où il y aura encore peut-être cette malconnaissance ? Je ne sais pas si on peut parler de ça.
- Speaker #3
Je crois qu'il n'y aura pas de réalité. Je pense qu'il y a une notion de responsabilisation à avoir. Il faut qu'on se responsabilise avec l'IA. Il faut qu'on se responsabilise dans notre vie de tous les jours. Et si, par exemple, je suis en train de m'intéresser à l'impact des réseaux sociaux sur ma vie, je me dis qu'aujourd'hui, je diminue les réseaux sociaux parce que ça a un impact négatif. Mais je me suis intéressée, je me suis responsabilisée. Donc si les gens se responsabilisent et si les gens s'intéressent vraiment au sujet, alors oui, ils vont atteindre ce niveau de maturité. Mais s'ils restent dans la consommation passive, malheureusement, en fait, ça ne plongera pas.
- Speaker #4
Tu penses à nous, formateurs, qui devons aussi peut-être réveiller leur curiosité ? Leur esprit critique, tout à fait.
- Speaker #3
Et je pense en effet que c'est à nous, mais individuellement, tu vois, plus que formateurs. Maintenant, c'est à nous aussi de nous rendre compte dans quel univers on est et de prendre du recul et de se responsabiliser, de se dire, en fait Tu vois, moi, je suis en train de changer beaucoup de choses sur mon approche. Je me rends compte de mon déclin cognitif sur certaines choses. Par exemple, l'écriture manuscrite, j'écris moins à la main. Donc, du coup, ça me coûte plus en énergie. Je me responsabilise et je me dis, voilà, cette compétence, si elle est importante pour moi, c'est à moi de l'entretenir.
- Speaker #1
Eh bien, ce sera le mot de la fin, parce que là, elles sont parties. On peut les laisser, on va les manger. Il y a des petites choses qui sont là. Merci, Lucie. On en jette. Merci beaucoup.
- Speaker #2
Bonne continuation pour le Learning Show.
- Speaker #3
Ouais, merci, Nico. Au plaisir. Merci à vous deux. À très vite. À bientôt.