Description
Douze ans avant la mobilisation de lycéenne de 1996, Élie Castor et Georges Othily publiaient un livre : “La Guyane, les grands problèmes, les solutions possibles”. Le premier (Élie Castor) est à l’époque député et président du Conseil général, le second (Georges Othily) préside alors le Conseil régional. Et l’école occupe une large place dans ce livre. Leur constat : en moins de dix ans, le nombre d’élèves dans le secondaire avait augmenté de près de 70 %, et les établissements n’arrivaient plus à suivre. Ils estimaient même ce qu’il fallait pour rattraper le retard : 223 millions de francs. L’idée d’un rectorat propre à la Guyane était déjà sur la table. Mais ce rectorat, il faudra pourtant l’attendre douze ans pour l’obtenir. Et ce ne sont pas les élus qui vont l’arracher, ce sont les lycéens. En octobre 1996, ils se mettent en grève pour réclamer des profs et des salles de classe dignes de ce nom. Un mois plus tard, après plusieurs nuits d’émeutes à Cayenne, l’État cède : la Guyane aura son rectorat. Comment donc des lycéens ont-ils réussi là où des élus avaient échoué ? C’est ce qu’a étudié notre invité de ce matin. Et la question n’a rien d’un souvenir : puisqu’en septembre et en octobre derniers, des lycéens guyanais ont de nouveau bloqué leurs établissements.
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