- Aurélie Roux
Aujourd'hui, je reçois Chloé Touchais. Chloé est réalisatrice et propose à ses clients de libérer leur parole et d'incarner leurs messages en voix et en images. Elle utilise aussi ses compétences de thérapie psychocorporelle pour créer des espaces sécurisants où la présence peut s'exprimer librement. Souvent, on choisit des clients qui nous ressemblent. Chloé travaille pour des entrepreneurs sensibles, créatifs et engagés. Tiens donc !
Chloé, pour moi, c'est une vidéaste qui danse dans sa lumière, et qui sait poser cette lumière sur les personnes pour leur permettre de délivrer leur propre message.
J'avais envie d'inviter Chloé parce que je trouve qu'on a des approches similaires dans nos missions professionnelles, moi avec l'image et maintenant la voix, et elle avec la vidéo et le mouvement. Et c'est quelqu'un qui pour moi incarne une joie pleine d'alignement et de douceur. Donc bienvenue ici Chloé et merci d'avoir accepté mon invitation.
Première question pour commencer, comment tu arrives aujourd'hui ?
- Chloé Touchais
Émue !
- Aurélie Roux
Ça commence bien.
- Chloé Touchais
Merci beaucoup pour cet accueil.
- Aurélie Roux
C'est quoi cette émotion ?
- Chloé Touchais
Je suis super contente d'être là avec toi. Et puis, je pense que ça me fait toujours le miroir qu'on me tend, tu vois. Le regard sympa qu'on peut poser sur moi.
- Aurélie Roux
C'est un miroir sympa.
- Chloé Touchais
Oui.
- Aurélie Roux
Ce n'est pas le miroir de Blanche-Neige. On est dans un gentil miroir.
- Chloé Touchais
Exactement.
- Aurélie Roux
OK. Pour faire un peu connaissance avec toi. Si je te rencontre aujourd'hui, je te rencontre à quel moment de ta vie ?
- Chloé Touchais
Un moment de ma vie où c'est plus calme, c'est plus ouvert, c'est plus choisi qu'avant, je dirais ça. Un moment où... c'est une drôle de question.
- Aurélie Roux
De rien.
- Chloé Touchais
J'ai l'impression qu'il y a beaucoup de choses possibles. En fait, j'ai l'impression de toujours être en train de me découvrir. En même temps, j'ai l'impression de me connaître déjà très bien et d'avoir des super bases sur lesquelles m'appuyer pour toujours continuer à tisser et construire vraiment la vie que j'ai envie de vivre.
- Aurélie Roux
C'est quoi tes bases ? C'est quoi tes fondations ?
- Chloé Touchais
C'est mon corps, vraiment la connaissance de mon corps, je pense. Le fait d'avoir eu cette chance, je pense, il y a plus de dix ans maintenant, de m'être vraiment penchée, pas penchée mais... D'avoir choisi d'aller rencontrer qui je suis par la connaissance du corps, la conscience du corps. Vraiment le ressenti intérieur, interne en fait. Et de m'intéresser à un certain nombre de méthodes et techniques qui permettent de mieux se connaître.
- Aurélie Roux
T'as exploré quoi comme techniques ?
- Chloé Touchais
Ma principale ressource, c'est la méthode Feldenkrais. C'est une méthode à laquelle je me suis formée. Oui, le nom est... J'entends souvent : "quoi ? Finkeschröch?", ce genre de choses. Feldenkrais.
- Aurélie Roux
Ok.
- Chloé Touchais
C'était le nom de la personne qui l'a développé. Il était ukrainien, juif ukrainien. Ça fait partie de ce qu'on appelle le champ des pratiques somatiques, de l'éducation somatique en fait. Et l'idée, c'est vraiment d'aller sentir comment je bouge. Donc c'est à travers le mouvement. Ça se passe un peu comme des cours de yoga de l'extérieur, si on veut. On est sur des tapis, on fait des tout petits mouvements, assez lentement. On est guidé par la voix, par une personne qui orchestre les séances. Et l'idée, c'est vraiment d'aller sentir comment le mouvement s'organise de l'intérieur. Et il y a une sorte de magie qui se passe dans ce moment de pleine conscience, en fait. Ça joue sur plusieurs niveaux, c'est-à-dire que le fait d'aller poser son attention et sa conscience sur ce mouvement... Le cerveau et le système nerveux apprennent des choses, se régulent, et on peut aller modifier un peu des schémas d'habitude progressivement par ce biais-là. Donc il y a à la fois des bénéfices de très grand calme, des régulations émotionnelles, mais bien plus, ça joue aussi sur la capacité de neuroplasticité du cerveau.
- Aurélie Roux
Tu peux modeler des choses.
- Chloé Touchais
Exactement, par le corps et par le mouvement.
- Aurélie Roux
Comment tu es venue à ça ?
- Chloé Touchais
Complètement par hasard, en fait.
Si on reprend un tout petit peu avant, moi, en fait, j'ai fait des études d'audiovisuel, donc de montage, plus précisément, et de réalisation documentaire. J'ai travaillé pour des sociétés de production. J'ai fait ça quelques années, mais... En fait, j'étais assez malheureuse. Il y avait des choses que j'adorais faire. Et puis, il y avait d'autres moments, quand j'y repense, mon quotidien, ça ressemblait à passer 8 heures par jour dans une pièce de 4 mètres carrés sans fenêtre. Ça ne marchait pas.
- Aurélie Roux
Mais ça, tu le savais en entamant le cursus, non ?
- Chloé Touchais
Plus ou moins, je pense. Tu vois, pendant mes études, tu ne connectes pas forcément, parce qu'il y a l'émulsion, la créativité. Tu projettes quand même autre chose.
- Aurélie Roux
T'imagines pas vraiment les conditions de travail.
- Chloé Touchais
C'est ça. Puis en fait, quand tu débarques comme jeune monteuse, t'as pas trop ton mot à dire sur les choses, t'as un timing, tu vois. Moi, je travaillais aussi pour une émission quotidienne, donc il y avait ce truc du rythme, il y a une cadence, et donc, en plus de ça, c'est les premiers boulots. J 'ai travaillé pour de la télé-réalité, des choses qui n'étaient pas trop alignées avec mes valeurs. Je faisais aussi pas mal de making-of, ça, ça me nourrissait. pleinement à plein de niveaux. Mais bon, à un moment donné, il y a eu une sorte de rupture, une espèce de dépression. Enfin bref, je me suis dit j'arrête là. Je suis partie en voyage. Quand je suis rentrée, je me suis demandé qu'est-ce que je veux faire ? Et je savais juste que je ne voulais pas retourner à vivre à Paris en faisant ce que je faisais avant. Et donc j'ai commencé à prendre plein de cours de danse. Mais très différents. C'est-à-dire que j'ai fait de la danse contemporaine, des claquettes, enfin... plein de trucs différents. Et je suis arrivée à un cours de méthode Feldenkrais, comme ça, par hasard, en pensant que c'était un cours de danse. Et je dis souvent, il y a eu un moment, c'était un cours sur les... En fait, il y en a eu deux. Il y a eu un premier sur les pieds, et ensuite sur la nuque. Donc tu passes trois heures sur un tapis, tu comprends pas trop ce que tu fais là. On te dit de faire des tout petits mouvements, très lentement. Et en fait, au bout des trois heures, je me suis relevée, et justement sur les pieds, je me souviens... Je me suis dit, mais c'est incroyable cette sensation de tout d'un coup...
- Aurélie Roux
Tu conscientises tes pieds ?
- Chloé Touchais
Ouais, et avec une largeur, une richesse de sensations, mais aussi de capacités d'action quelque part.
- Aurélie Roux
Ok.
- Chloé Touchais
Tu vois, c'est-à-dire que tu sens que... Je sais pas comment dire, mais tu te sens articulée, en finesse en fait. Et surtout, tu te sens hyper mobile. Parce que tout est déverrouillé, tout est délié, tout est devenu plus souple. Et donc, tu as juste envie de courir, de sauter, de danser. Ça fait ça, en fait. Moi, en tout cas, ça m'a fait ça. De rentrer dans cette méthode-là, de rentrer dans cet apprentissage, c'est comme si ça avait fait sauter un tas de leviers, un tas de blocages, mais physiques, en fait, qui étaient liés à une insécurité, à beaucoup d'anxiété, à une timidité, et qui faisaient que mon corps était très... En plus, avec ce travail d'audiovisuel, 8 heures par jour devant un ordinateur, enfin bref. Donc en fait, d'arriver dans ces espaces où la proposition, c'est de libérer. Ouais, ça a simplement ouvert un champ de possibilités d'expression de moi, en fait, je pense.
- Aurélie Roux
Mais du coup, cette pratique, tu l'as faite pour toi ?
- Chloé Touchais
Au début, ouais. Et en fait, rapidement, donc ça, c'était en 2000. La découverte de ça. Et en fait, rapidement... J'étais aussi dans une période où je cherchais une reconversion professionnelle. Parce que j'étais rentrée, je me suis réinstallée en région nantaise. Et plus précisément, j'habitais à la campagne, dans un collectif. Vraiment, l'idée, c'était de me rapprocher de quelque chose qui faisait du sens et de faire des choses avec mes mains. Et donc, je ne voyais pas comment ça allait être compatible avec le fait de continuer à travailler dans l'audiovisuel à l'époque. On n'était pas à la même époque, dans le sens où il y avait beaucoup moins de télétravail. L'idée, c'était que ça se passait à Paris. Même à Nantes, il y avait quelques télés locales, mais pas grand-chose. Donc voilà, je me suis dit, je fais autre chose. Et donc assez rapidement, en découvrant cette pratique et en commençant à lire un peu toute la philosophie qui était derrière, et vraiment aussi, je pense, ce qui m'a touchée et attirée très très fort, justement, c'était la proposition de rendre les gens plus libres. Je crois que c'était vraiment ça qui m'a amenée. Je le sentais sur moi. Je me disais, en fait, d'apprendre, de guider les personnes pour qu'elles puissent être plus à l'aise avec elles-mêmes, se rapprocher d'elles-mêmes, du coup, mieux dans leur peau, dans leur corps. Ça fait qu'elles sont forcément mieux avec les autres. Tu vois, il y avait comme ça une espèce de fil logique pour moi parce que je le vivais moi à l'intérieur, en fait, étant plus détendue, plus libre. Ça se passait mieux dans ma vie, globalement. Mon rapport au monde était plus apaisé, mes relations aussi. Et surtout, ce moment où j'ai découvert que j'avais un corps qui pouvait exprimer tout, mais tout. Tout dans le sens des moments de danse où il n'y a pas de limite. Enfin, il y en a forcément. Mais la sensation, elle est quand même vraiment la vastitude ou une liberté énorme, en fait, ressentie. Donc voilà, je me suis lancée dans une formation professionnelle de 4 ans pour apprendre à transmettre cette méthode.
- Aurélie Roux
OK.
- Chloé Touchais
De 2014 à 2018.
- Aurélie Roux
Et t'as pratiqué comme thérapeute ?
- Chloé Touchais
Voilà. Après ça, j'ai enseigné. On parle de pratique d'éducation somatique donc moi quand je parle de thérapeute c'est un peu un abus de langage entre guillemets c'est à dire que ça m'évite de mettre plein de mots les uns à la suite des autres, praticienne somatique accompagnante etc, mais avec cette méthode là officiellement je suis praticienne de la méthode Feldenkrais et donc j'ai commencé à enseigner en groupe. J'avais à un moment donné un cabinet parce qu'on reçoit aussi en individuel. Et puis après, je continuais d'aller me nourrir en allant chercher d'autres pratiques, d'autres méthodes. Et ça a été vraiment le point de départ, mais ça ne s'est pas arrêté là, sur la compréhension du fonctionnement humain. Et donc aujourd'hui, je me définis plus comme thérapeute parce que la manière dont j'accompagne est vraiment beaucoup basée sur le corps, mais pas que. C'est-à-dire que je prends en considération tous les niveaux de la personne, de l'être. Et en effet sur ce travail avec la vidéo.
- Aurélie Roux
Alors la vidéo, comment elle revient ? Quand est-ce qu'elle revient ? Parce que donc là, toute cette période, pas de vidéo.
- Chloé Touchais
Pas de vidéo de manière professionnelle. J'ai toujours gardé une pratique parce que j'aimais toujours faire des images. Il y avait souvent un ami de temps en temps qui me disait « Tu ne pourrais pas m'aider à faire le montage de ça ou le film de ça ? » Bref. La vidéo, elle revient de manière complètement surprenante en 2023, donc il n'y a pas si longtemps en fait. Au départ... vraiment pour des questions financières. Parce que j'ai lancé une activité en donnant des cours, en ayant ce cabinet. C'était quand même galère. Et donc en 2023, ça devenait beaucoup trop compliqué. Et là, je dîne avec une amie de formation qui travaillait dans une société. Et je lui demande vraiment un peu... comme ça, en l'air, "ils ne prennent pas des freelance en montage?" " Mais si!". Et ça a marché tout de suite. Donc en fait, j'ai repris des missions en freelance en montage de chez moi. Pour moi, c'était toujours deux activités séparées. Je me disais, bon, ok, je continue sur mes rails, développer mon activité, et puis il y a ça à côté.
- Aurélie Roux
Tu deviens slasheuse.
- Chloé Touchais
Voilà, un peu, c'est ça. Et quelques mois plus tard, je vais en formation d'une méthode qui s'appelle la neurodance. Donc ça faisait déjà un peu plus d'un an que je me formais à cette méthode qui a été développée par Béatrice Maine. Et je discute donc avec Béatrice et je lui dis que j'ai repris la vidéo à côté. Et elle me dit "mais d'ailleurs j'ai pensé à toi parce que moi j'aimerais faire un film sur ma pratique. Voilà j'aurais envie que ce soit toi en fait." Et donc là moi j'avais pas du tout vu ça venir et ça a allumé un truc de... En fait ça peut intéresser des personnes que j'aie ces deux casquettes. Que j'aie cette connaissance du champ, du corps somatique, thérapeutique, et cette pratique aussi, de connaître ça de l'intérieur, et en même temps toutes ces compétences de réalisation audiovisuelle.
- Aurélie Roux
Et pourquoi ? Parce que du coup tu vois différemment, tu vois des choses qu'un vidéaste lambda ne verrait pas ?
- Chloé Touchais
Je pense qu'il y a de ça, et puis le fait que les personnes puissent se sentir en confiance. J'ai remarqué que souvent, ce qu'on projetait sur les tournages, mes clients et clientes, ils ont l'impression que ça va être très intrusif. En tout cas, là, avec Béatrice, je pense que c'est ce qui se jouait, c'était vraiment le fait que je connaissais sa méthode. Et je pense qu'elle avait confiance aussi dans ma sensibilité et mon regard. Parce qu'en fait, c'est quand même des pratiques qui se passent beaucoup dans le ressenti. Quand on travaille justement avec toute une matière comme ça, qui peut être non visible, comment on montre ça ? Comment on rend compte de ça étant donné que ça ne passe pas par des mots ? Moi, je pense que ça devient un petit peu ma marque de fabrique aussi, de pouvoir témoigner en image. Quand on travaille avec le corps, le champ émotionnel, toute cette matière vivante en nous, le champ du sensible, la question c'est comment on le donne à voir et comment on en parle, parce que souvent c'est au-delà des mots aussi. Donc je pense qu'il y avait... Cette confiance, que j'allais savoir mettre ça en image, en fait. Je pense qu'elle avait conscience, confiance, que mon ressenti interne allait se voir dans mon regard et la manière dont j'allais organiser ce récit en image, quoi. Et en effet, je pense qu'elle a eu raison. D'ailleurs. Je pense que ça fait vraiment partie de mes compétences et de ma zone de génie, entre guillemets.
- Aurélie Roux
Ton talent, c'est de montrer l'invisible. C'est formidable.
- Chloé Touchais
Oui,
- Aurélie Roux
Est-ce que ça, c'était un moment de bascule, du coup, où tu t'es dit, il y a une vraie valeur ajoutée, un vrai sens, un nouveau sens à ces compétences que tu avais en toi ? Et une nouvelle manière de les imbriquer, de les réarranger pour en proposer quelque chose d'unique ?
- Chloé Touchais
Ah bah carrément. Déjà ce que ça a fait, c'est que j'ai vraiment eu l'impression de récupérer une partie de moi avec la vidéo. Ça c'était assez fou. Les mois qui ont suivi, je me suis dit, je m'étais quand même coupée en fait. De toutes ces compétences, parce que pendant des années quand même, j'avais développé en me formant et tout ça. Puis après, hop, tout d'un coup... ça n'existait plus et donc je me suis sentie à nouveau entière ou en tout cas rassemblée, ça me ramenait de la fierté, de la capacité ça m'a ramené quand même pas mal de choses et en effet ça a allumé cette lumière là parce que moi j'avais un regard quand même assez critique sur moi évidemment, sur ma posture de vidéaste je n'aurais jamais imaginé que ça puisse être une qualité d'être discrète tu vois
- Aurélie Roux
Oui.
- Chloé Touchais
Parce que l'image que j'avais imprimée, c'était le fait de ne pas avoir réussi à percer dans ce milieu. Parce que je n'arrivais pas à faire du réseau, parce que j'avais vachement de difficultés à parler de mon travail.
- Aurélie Roux
C'est l'aspect entrepreneur qui te manquait, mais l'aspect visible de l'entrepreneur, commercial. Oui, exactement. Ce n'est pas facile.
- Chloé Touchais
Oui, parce que j'étais très jeune aussi à l'époque. J'avais 20 ans, 22 ans. Donc en effet, plutôt introvertie, pas trop sûre de moi. Et je voyais d'autres personnes à côté qui avaient un bas goût, qui avaient une capacité à vendre des prestations, alors que ce n'était pas ouf.
- Aurélie Roux
Mais c'est quoi du coup ? C'est de la pudeur ? Tu n'osais pas dire je suis, je suis bonne à ce que je fais, je suis douée. Et je peux... Tu n'arrivais pas à exprimer ça ?
- Chloé Touchais
Oui, je n'avais pas confiance en moi, je pense. Bon, je pense de part. Ma personnalité aussi parce que j'avais quand même pas non plus une expérience et une expertise de fou. Donc c'était quand même le démarrage.
- Aurélie Roux
Et du coup, la danse, pardon j'appelle ça la danse, mais ça te donne en fait une clé différenciante qui te donne un peu de légitimité. Comment ça te renforce ?
- Chloé Touchais
Déjà, je pense qu'entre le moment où je suis jeune monteuse vidéaste à Paris et le moment là en 2023, il s'est passé... quasiment 15 ans. Donc, évidemment, il y a un peu de maturité quand même qu'il y a entre temps. Obligée. Voilà, c'est ça, obligée. Et puis, d'avoir plus de connaissances de moi et d'assurance en fait, en étant passée moi-même par ce parcours somatique, corporel, et puis en étant accompagnée de manière thérapeutique depuis des années, tu vois, il y a aussi plein de couches d'anxiété qui se sont enlevées. Donc, il y a aussi... Un terreau qui s'est quand même vachement apaisé et un truc de valeur sur moi-même qui s'est développé. Et je pense de connecter avec des personnes avec une sensibilité commune en fait aussi je pense. Parce qu'en fait c'est très subjectif, qu'est-ce qui fait qu'une image est belle ou pas, qu'est-ce qui fait qu'elle nous touche ou pas. Et moi je pense que je me dévalorisais entre guillemets mais parce que je pouvais aussi être en lien avec des personnes qui n'avaient pas forcément les mêmes sensibilités que moi.
- Aurélie Roux
Qui ne te correspondaient pas.
- Chloé Touchais
Voilà. Et donc, ils ne voyaient pas forcément la beauté dans ce que moi, je pouvais produire, tu vois.
- Aurélie Roux
Oui. Et on est dans des métiers quand même où il faut rencontrer la sensibilité de l'autre.
- Chloé Touchais
C'est ça. Donc, en fait, à partir du moment où on me fait confiance en me disant « En fait, j'ai confiance dans ton regard et ta sensibilité » , déjà, il y a quelque chose où ça s'ouvre parce que je me permets aussi quelque chose. Je crois que je me permets de me dire « Je vais vraiment aller… » faire des images qui, moi, me touchent et où je sens que ça va parler à d'autres qui ont une sensibilité proche de la mienne. Et la dernière chose sur ça, je pense qu'il y a quelque chose, un point de bascule aussi à ce moment-là, c'est-à-dire que je comprends que parce que ma sensibilité, mais aussi justement ma connaissance de ce champ sensible, des outils de régulation émotionnelle, etc., ma présence est rassurante et sécurisante pour d'autres. Et notamment... pour des femmes, pas que, mais là, en l'occurrence, c'était le cas. Et je comprends que je peux aider. à déployer un message, à déployer une parole, je peux aider des personnes à s'exprimer et à diffuser cette parole-là en vidéo. Et du coup, il y a un truc qui se connecte parce que j'ai l'impression que je faisais déjà ça avec le corps. C'était déjà mon élan d'aider à libérer quelque chose d'une expression de soi. Et en fait, je me dis que la vidéo, c'est déjà ce que je voulais faire quand je faisais de la pratique documentaire. C'était faire en sorte...
- Aurélie Roux
Pour témoigner ou aider à témoigner.
- Chloé Touchais
Exactement. Qu'il y ait un récit qui circule, une vision du monde, une sensibilité. Et donc là, ça se connecte. Et ça fait un truc super fort de me dire, « Waouh, ouais, moi, j'ai envie de faire ça, en fait. »
- Aurélie Roux
Et alors, comment tu fais ? Comment tu es organisée ? Est-ce que tu as un studio d'enregistrement où tu reçois des gens ? Comment tu travailles, en vrai ?
- Chloé Touchais
Il y a différentes formules ou différentes cas de figure, on va dire. Je me déplace. Je n'ai pas de studio à proprement parler aujourd'hui.
- Aurélie Roux
Pourtant, il me semble que tu habites de manière très centrale.
- Chloé Touchais
Oui.
- Aurélie Roux
Tu es au centre ?
- Chloé Touchais
Je suis en plein centre. au coeur de la nature j'habite en creuse au plein centre de la France et tu préfères te déplacer je préfère me déplacer pour l'instant c'est plus facile c'est plus facile que de faire venir les gens à moi j'ai l'impression mais qui sait,
- Aurélie Roux
ça reviendra peut-être ça reviendra peut-être et du coup pourquoi je fais appel à toi et si je fais appel à toi tu me fais faire quoi
- Chloé Touchais
Si tu fais appel à moi, plusieurs types d'accompagnement. Déjà, on va travailler la narration, la structuration un petit peu de ton message. Là, moi, je vais aller vraiment mettre à disposition ou en tout cas guider avec mes outils, justement, corporel, somatique, cette connaissance de l'émotionnel, pour aller chercher un discours qui est vécu, qui est senti, qui part de l'intérieur et pas une parole qu'on fabrique un peu. Oui,
- Aurélie Roux
Pas qu'un discours commercial.
- Chloé Touchais
Voilà, c'est ça. En fait, ce qui m'intéresse, c'est vraiment d'aller chercher justement ce que les gens ont, pas de profond intérêt, mais j'allais dire des tripes. Il y a un truc très incarné, en fait, c'est vraiment le mot. Donc, on va aller travailler là-dessus. Et puis ensuite, soit on travaille à distance et je t'aide à prendre en main des outils vidéo, comprendre comment mettre en place un setup pour que ça soit facile. pour toi et que tu deviennes autonome sur le fait de faire des vidéos toi-même, tu vois, avec une image qui est professionnelle, voilà.
- Aurélie Roux
Tu vas m'apprendre à me filmer moi ?
- Chloé Touchais
Oui, ça fait partie de ce que je fais avec des clientes, de les rendre autonomes. Et on va jusqu'à faire un premier tournage à distance, de manière accompagnée, c'est-à-dire qu'on est en visio, moi je suis là, mais c'est toi qui installes le matériel, tu te filmes et tout ça. Et donc ça permet de démarrer en fait. pour commencer à faire des vidéos soi-même. Et ma présence est rassurante pour commencer cette pratique-là. Donc ça, c'est une partie de ce que je fais. Et puis après, il y a la partie tournage en présentiel, où là, je me déplace dans les lieux où les personnes, en général, soit où elles habitent, soit où elles travaillent.
- Aurélie Roux
Donc ça, c'est la manière plus classique dont on connaît le travail de vidéaste.
- Chloé Touchais
Oui. On fait en sorte de réfléchir à des situations pertinentes pour... rendre compte du travail de la personne en image. Donc, soit j'interviens lors d'un stage, ou alors on « simule » un stage, ou sur un lieu. Enfin, voilà, on essaye de... Il y a forcément un petit peu de mise en scène, de préparation. Mais mon idée, c'est quand même de créer un dispositif pour que les personnes puissent être elles-mêmes, comme si elles étaient dans leur quotidien. Et ensuite, moi, je m'insère là-dedans pour que la caméra se fasse oublier.
- Aurélie Roux
Du coup, tu travailles essentiellement avec des entrepreneurs individuels. des solos, tu pourrais implémenter ça dans des plus grosses structures dans une entreprise, pour des séminaires d'entreprise ?
- Chloé Touchais
ça pourrait marcher aussi oui oui complètement j'ai travaillé aussi pas mal avec une fondation et sur des événements plus de communication interne de team building, des choses comme ça des séminaires en interne avec des groupes un peu plus conséquents c'est tout à fait possible aussi et ça s'y prête quoi en fait c'est souvent capter ce qui se joue dans l'humain, dans le lien. Et donc, oui, oui, moi, je...
- Aurélie Roux
Tu le vois.
- Chloé Touchais
Voilà. Tu vois ça. Je vois les choses, ouais.
- Aurélie Roux
Moi, j'aime beaucoup cette idée de voir ce que les autres ne voient pas forcément.
- Chloé Touchais
Oui.
- Aurélie Roux
Surtout dans du team building où les gens sont tous à leurs ateliers et toi, tu vois les choses qui se jouent dont eux n'ont pas encore conscience et hop, tu leur montres et ça, c'est magique.
- Chloé Touchais
Oui, c'est ça. Evidemment, il y a un brief. au départ du client. Parce que souvent, c'est quand même des supports de communication. Donc l'idée, c'est quand même à visée commerciale. Après, des fois, c'est de la communication en interne. Mais j'aime bien réfléchir à... Parce que pour moi, c'est pas juste... Documenter la vie. Il y a un espèce de truc qui m'intéresse dans comment je peux mettre en valeur ou donner de la densité. Tu vois, à un moment donné, je travaillais avec une amie sur un projet où on a fait des mini capsules vidéo sur une personne qui est paysanne herboriste et une autre qui fait de la cuisine, de la cuisine vegane avec des fleurs. Enfin, vraiment quelque chose de qualité. la direction artistique que j'ai voulu donner à ce projet, c'est j'ai envie que l'esthétique, ça soit pub de parfum. Tu vois ?
- Aurélie Roux
Il y a un parti pris, en fait.
- Chloé Touchais
Oui, pour moi, j'aime vraiment aller chercher le beau aussi. Et je crois qu'il y a un truc de... Jouer sur l'image, en fait. L'image, elle est là aussi pour nous donner envie. Et en fait, tout le monde a le droit d'être beau. Tu vois ? Et d'aller chercher ça. Ca fait du bien. C'est nourrissant, le beau.
- Aurélie Roux
Et dans ce travail, dans cette prise de vue, dans cette conception, ou dans la livraison, peut-être, qu'est-ce qui te met le plus en joie ?
- Chloé Touchais
Le moment du tournage, je crois. De découvrir l'univers de la personne. Moi, en fait, j'adore regarder. Je pense. Tu vois, il y a une espèce de curiosité. De vraiment, ah ouais, toi, tu fonctionnes comme ça. Oui, j'adore voir des nouvelles choses. J'adore m'émerveiller. Et je m'émerveille assez facilement, entre guillemets, tu vois, de détails, de matière, de couleurs, de formes. Enfin, je ne sais pas si c'était là à la naissance ou si c'est une déformation professionnelle, mais il y a ce truc du regard, quoi. Je vais facilement aller chercher des choses belles. Donc, au tournage, j'adore ça. Mettre en image les choses belles que je vois. Et puis... Le lien avec la personne aussi. Mais bon, en fait, à toutes les étapes, j'ai du plaisir. Parce que quand on prépare, il y a la rencontre. J'apprends aussi à connaître cette personne, à comprendre où elle est. Et puis à me demander comment je peux l'accompagner au mieux. Tu vois, la rejoindre où elle est et m'adapter pour lui donner en fait ce que j'ai moi dans mes compétences pour la soutenir et pour l'aider. Ça, il y a de la créativité là-dedans. Et puis après, au montage... post-production. Le film prend forme. Il y a aussi une vraie joie parce qu'en fait, il y a quelque chose qui fait du sens. Il y a un objet, entre guillemets, qui parle pour la personne, qui révèle un peu des facettes qu'elle-même ne voit pas forcément, qui la met en valeur. Moi, j'aime bien le montage dans le sens où il y a une idée de tricoter, de tisser. Il y a quelque chose de très créatif là-dedans.
- Aurélie Roux
De raconter.
- Chloé Touchais
Oui, de raconter, mais il y a la narration des mots.
- Aurélie Roux
Oui, raconter avec les images et les sons, tes filtres...
- Chloé Touchais
Exactement. Tout ce que ça peut raconter, une image, quoi.
- Aurélie Roux
Et j'imagine que ton travail, quand la personne le découvre, alors bien sûr, elle a une idée de ce qui va se passer, de ce qu'elle attend, mais quand elle le découvre, est-ce qu'elle a des surprises ? Est-ce que t'as en tête un moment de découverte où ça s'est pas forcément passé comme t'avais imaginé, en mieux ou en... bien?
- Chloé Touchais
Alors, j'ai jamais été là quand la personne a découvert les films. Donc ça, ça fait partie des questions que je me pose. Je me suis dit, ah, est-ce que dans le futur, là, est-ce que je ferais pas une séance de visionnage en étant là, pour pouvoir débriefer ? Ça, je pense que j'aimerais bien, ça m'intéresserait. Bon, pour l'instant, pour des questions techniques, voilà. Est-ce qu'il s'est passé des surprises ? Non, bah, je crois que j'ai que, pour l'instant, des bons retours. Désolée.
- Aurélie Roux
Non, mais ça peut être des bonnes surprises. Je ne sais pas, j'imagine, parce qu'en vidéo, du coup, on est quand même confronté à une image de soi, au regard de quelqu'un sur soi. Enfin, je sais que moi, en photo, quand on parle de photogénie, j'explique que souvent, la seule image à laquelle on est confronté tous les jours, c'est celle dans son miroir de salle de bain, avec une lumière terrible, sans regard, en fait. Et donc, quand quelqu'un vient poser un regard sur toi, forcément, ça touche. Et ça fait écho, ça fait vibrer quelque chose qui peut être nouveau.
- Chloé Touchais
Oui.
- Aurélie Roux
Donc, tu es plus dans ce sens-là. Est-ce que tu as eu des retours là-dessus ?
- Chloé Touchais
Je dirais que les retours principaux que j'ai, c'est les personnes qui me disent « je me reconnais » .
- Aurélie Roux
Ça, c'est déjà beau. C'est énorme.
- Chloé Touchais
Oui, oui. Et en plus de ça, c'est un retour qu'ils me font après, mais qu'au tournage, les personnes se sentent la possibilité d'être elles-mêmes. Et donc, après, ça se voit à l'image, ça se sent.
- Aurélie Roux
Je sais qu'en ce moment, tu as un projet en gestation. Je ne sais pas où il en est, mais j'aimerais que tu nous parles de la maison Inspire-Exprime. Et tu vois, en disant ça, je me sens obligée d'inspirer et exprimer. Respirer
- Chloé Touchais
Oui. Oui, la Maison Inspire-Exprime. Écoute, le lancement est très bientôt. Je ne sais pas quand est-ce qu'il sera diffusé, cet épisode, mais peut-être que le lancement sera déjà fait, je ne sais pas. Le projet, il a émergé en tout début d'année.
- Aurélie Roux
2026.
- Chloé Touchais
2026, tout à fait. Donc, je t'ai expliqué, la vidéo est revenue en 2023 et donc ça fait déjà un petit moment que je travaille à réunir un peu ces facettes. Comme malaxer une matière qui devient une seule. Et j'étais... Peut-être que ça ne sera jamais fini, j'en sais rien, mais...
- Aurélie Roux
T'es en construction.
- Chloé Touchais
Voilà, c'est ça. Et à un moment donné, il y a eu ce mot qui est arrivé. Ces mots, en fait. Inspire, exprime. Il y a eu un peu comme une évidence, en fait, de ces deux mouvements. Je crois aussi que ces dernières années, je me suis rendue compte à quel point j'étais quelqu'un qui retenait une forme d'expression, en fait. Mais sans m'en rendre compte, évidemment. Je pensais que tout le monde était comme ça. J'avais déjà compris avec le corps. Mais il y a quelques temps, je me suis rendue compte, on m'a renvoyé en tout cas cette image-là, que j'avais une pensée très concise. Et j'avais déjà remarqué que je n'étais pas hyper loquace. Je ne sens pas la nécessité d'épiloguer pendant 107 ans et répéter trois fois la même chose. Bref, je dis un truc, voilà, ça suffit. Et... J'ai compris que ça avait pu me nuire, entre guillemets, aussi, cette retenue, en fait. Que quand même, il y avait une partie des choses que je... complètement inconsciemment, mais que je m'empêchais d'exprimer, parce que, justement, la peur du regard, la peur du jugement, quelque chose qui n'est pas suffisamment sécurisé à l'intérieur.
- Aurélie Roux
Tu limites ta parole.
- Chloé Touchais
Oui, je pense.
- Aurélie Roux
Peut-être sous couvert de concision.
- Chloé Touchais
Exactement, voilà. Qui de l'œuf ou de la poule ? On ne sait pas. Mais oui, quelque chose comme ça. Et surtout, j'ai pris conscience que moins je m'exprimais, plus à l'intérieur, ça bouillonnait, aux dépens de ma propre santé mentale, physique, émotionnelle. Donc, ça fait déjà quelques années qu'il y a ce champ qui se libère. Et je vois bien que plus je permets à quelque chose de circuler, que ce soit ma voix, le mouvement de mon corps, mes larmes, quand je joue au piano, quand je danse, quand je chante... Plus il y a quelque chose comme ça qui s'exprime, plus je me sens bien. Plus c'est fluide et plus c'est...
- Aurélie Roux
Tu t'autorises à parler, tu acceptes que ta parole a de la valeur. C'est ça. Enfin, tu donnes toute sa valeur à ta parole.
- Chloé Touchais
Ouais, oui. Je pense en parallèle de ça, ce parcours de moi faire des vidéos pour parler de mon activité depuis quelques années, commencer à accompagner des personnes sur ce sujet-là... Je vois justement que c'est un sujet, en fait. Évidemment, ce que tu disais en introduction, mes clients, mes clientes, ils me ressemblent en général. Donc, on a plus ou moins les mêmes problématiques. Il y a des moments où on n'ose pas, on a peur du regard des autres. Après, il y a énormément de gens qui ont évidemment ces problématiques-là. Et je crois qu'il y a une partie de moi que ça met très en colère, en fait. Qui trouve ça très injuste. Et super dommage, en fait, surtout. De voir des personnes qui sont brillantes, hyper intéressantes, plein de choses à raconter qui se verrouillent entre guillemets dès qu'il y a un enjeu que ça soit un micro, une caméra, une conversation publique tu vois un auditoire où il y a justement cet enjeu. Moi je le vis pour moi et je peux le voir chez d'autres et ça pour moi c'est hyper frustrant parce que je crois que ça s'appuie sur des blessures profondes d'enfants, sans doute que ceux qui parlent le plus fort c'est ceux qu'on écoute.
- Aurélie Roux
Oui, et puis ça ramène à ce que tu disais tout à l'heure sur les entrepreneurs.
- Chloé Touchais
Oui, c'est ça.
- Aurélie Roux
En fait, qui peuvent être très doués, mais tant qu'ils ne le disent pas, tant qu'ils ne le montrent pas, qu'ils ne l'expriment pas, personne ne peut le savoir en fait. Et ils sont les seuls responsables de ça, de leur parole et de leur manière de se présenter au monde.
- Chloé Touchais
Oui.
- Aurélie Roux
Personne ne le fera pour eux.
- Chloé Touchais
Oui.
- Aurélie Roux
Mais du coup, toi, tu peux les aider.
- Chloé Touchais
Oui, c'est ça. En fait, j'ai remarqué sur moi que c'était essentiellement cette question de la sécurité. Déjà la sécurité elle se trouve dans le corps, vraiment au niveau du système nerveux. C'est une de nos fondations, justement, quand on parlait de fondation tout à l'heure. La régulation du système nerveux pour avoir cet endroit où on est détendu,.
Quand on commence à être stressé, qu'on a le ventre qui se tord, la gorge qui se ferme, tout le visage qui se ferme, parler, ça commence à devenir difficile. Et puis, on va encore moins toucher notre cible si on a les épaules qui vont être un peu rentrées en avant, le regard qui se baisse un peu. Les personnes en face vont... pas recevoir grand-chose. Donc en fait, d'installer déjà un cadre dans lequel le corps, le système nerveux et le système émotionnel de la personne peuvent se détendre, ça fait beaucoup, beaucoup de choses. Donc ça, ça se joue sur le cadre que moi je propose et puis ma présence et ensuite les outils que je mets à disposition. Et donc, la maison Inspire-Exprime, elle est partie de là parce que je voyais bien que j'avais dans mes poches beaucoup d'outils. pour faciliter ça, en fait. Et d'avoir envie, en fait, de soutenir ces personnes qui sont peut-être plus discrètes que d'autres, qui ont une sensibilité particulière à prendre la parole, en fait. Et même des personnes qui peuvent être extraverties, peu importe, en fait. Je ne restreins pas mon champ d'action. Mais, bon, les personnes, elles se reconnaîtront, en tout cas, de toute façon.
- Aurélie Roux
Mais du coup, ça s'appelle la Maison. Ça veut dire qu'il faut qu'on vienne te voir en Creuse dans ta maison ? Ou c'est une maison virtuelle ?
- Chloé Touchais
Oui, c'est une maison. J'ai appelé ça une maison, un espace digital, énergétique et mobile.
- Aurélie Roux
Wow ! Tout ça à la fois.
- Chloé Touchais
Maison, c'est venu de plusieurs choses. Il y avait justement cette idée d'ancrage, en fait, dans maison. Ça posait...
- Aurélie Roux
Ca accueille.
- Chloé Touchais
Oui, ça accueille. déjà en effet je crois que je crée des espaces vibratoires au final, qui permettent de vivre quelque chose. Donc, maison, ça crée cet espace-là. Et puis ensuite, ça fait écho à moi, ma vie personnelle, dans le sens où j'ai acheté une maison avec mon compagnon en 2019, donc en Creuse, et on l'a rénovée pendant 5 ans. Et on a fini de la rénover, enfin en tout cas, on a emménagé il y a un peu plus d'un an. Je crois que ça coïncide aussi dans mon ressenti et dans mon vécu, à quelque chose qui se pose. Donc, je ne resterai peut-être pas habiter là toute ma vie, ça ne définit pas tout qui suit, mais dans mon parcours, il y a une concomitance.
- Aurélie Roux
Il y a une installation, quoi.
- Chloé Touchais
Exactement, oui. Et puis, je trouvais ça joli, en fait. Maison Inspire-Exprime.
- Aurélie Roux
Oui, c'est vrai que c'est très joli. C'est bien trouvé,
- Chloé Touchais
Merci. On a dit, il faut que ce soit beau. Ça fait plaisir.
- Aurélie Roux
Je suis bien d'accord. Du coup, elle est quasi prête à lancer cette maison.
- Chloé Touchais
Oui, le site est en finition. Courant mai. J'avais posé une date et mon système nerveux m'a dit qu'on allait enlever la date parce que ça mettait trop de pression. Justement, j'aime quand c'est beau. Je dois dialoguer à l'intérieur entre la perfectionniste en moi et la dame qui adore le beau pour trouver l'équilibre. Mais ça s'en vient.
- Aurélie Roux
Et un peu la dame efficace aussi.
- Chloé Touchais
Et un peu la dame efficace, c'est ça. C'est ça, exactement. L'idée, c'est quand même d'accueillir les gens. Ce n'est pas de finir la déco jusqu'à...voilà.
- Aurélie Roux
C'est quoi le futur de ton métier ?
- Chloé Touchais
Continuer à faire des films. Mais je crois que j'aimerais beaucoup faire des films avec d'autres gens aussi. Ou en tout cas, travailler en équipe. Je ne sais pas exactement à quel endroit, comment.
- Aurélie Roux
Oui, parce que t'as toujours travaillé solo, en fait.
- Chloé Touchais
Je travaille énormément seule. Il y a quelques projets comme ça, des fois, avec une collègue, une amie, des choses comme ça.
- Aurélie Roux
Comment tu travailles à plusieurs, toi, dans ton métier ? Ça veut dire quoi, travailler à plusieurs ? Avec qui tu veux travailler ? Vas-y, lance ton appel à l'univers.
- Chloé Touchais
Je pense à des personnes qui ont un regard similaire au mien, sur une manière de voir les choses, et après, de pouvoir rebondir sur les différentes étapes. Que ce soit, tu vois, le... L'accompagnement au départ, sur la prise de parole, que ce soit sur la préparation à l'image, même au tournage ou au montage, tu vois, différentes étapes.
- Aurélie Roux
Tu pourrais faire une agence.
- Chloé Touchais
Oui, là quelque part. Aujourd'hui, je suis multicasquette, je fais tout, mais je veux bien déléguer. C'est beaucoup aussi, tenir ce rôle-là sur toute la ligne. Donc ça permet une liaison et une présence pour le client ou la cliente dans la relation, tu vois, ça permet ça. Mais c'est vrai que ça pourrait être aussi très nourrissant d'avoir plusieurs regards. Et moi, j'aimerais beaucoup aussi redonner plus de place aux accompagnements avec le corps. Ce qui, là, prend un petit peu moins de place ces derniers temps, parce que j'utilise ces outils-là pour l'image. Mais bon, il y a quand même cet objectif, ce port de communication. Et je crois que ça me plairait. de réouvrir des espaces où on prend le temps d'aller plonger à l'intérieur de soi parce que je trouve ça tellement extraordinaire.
- Aurélie Roux
Donc dans ta Maison Inspire Exprime, il y a un atelier, il y a une pièce dédiée.
- Chloé Touchais
Ah oui, et un dance floor. Oui, parce qu'une fois qu'on a passé des heures sur le tapis à découvrir, à ouvrir des tout petits passages, ou même des grands passages, comment le mouvement peut circuler plus largement, après tu mets la musique à fond et puis bah tu danses ! ça sert à ça ! c'est pas le but en soi d'aller toucher l'extase mystique ! non le but c'est juste après s'amuser et se sentir plus plus plein dans la vie en fait ! pas dans les nuages forcément si t'as envie d'aller dans les nuages tu peux mais ...
- Aurélie Roux
ok on arrive petit à petit à la fin de l'épisode Merci.Chloé, j'ai une dernière question, la question rituelle. En ce moment, qu'est-ce qui te ramène de la joie ?
- Chloé Touchais
J'y ai pensé hier. Je crois qu'en ce moment, tous les matins, on a construit une terrasse l'année dernière. Elle est plein Est, cette terrasse. Là, il a fait super beau ces 15 derniers jours. Tous les matins, j'ai pris mon petit déjeuner sur la terrasse au soleil ou en voyant le soleil se lever. Et juste devant la terrasse, il y a un endroit, il y avait un bâtiment et on l'a détruit. Enfin bref, il y a comme un nouvel endroit. Et c'est assez étonnant parce que du coup, il y a des plantes qui ne poussent pas d'habitude. Il y a un nouveau biotope un peu à cet endroit-là. Et il y a plein de coquelicots. Et ça me réjouit parce qu'en fait, chaque jour, je vois un nouveau coquelicot. Et il y en a de plus en plus. Et c'est hyper beau parce qu'on n'en voit pas partout des coquelicots. Donc voilà, en ce moment, c'est vraiment ça.
- Aurélie Roux
Ok. Connexion à la nature matinale.
- Chloé Touchais
Ouais. Le soleil, les coquelicots, le chant des oiseaux, en plus, là, c'est assez dingue.
- Aurélie Roux
Tu vas nous donner à tous envie de venir en Creuse.
- Chloé Touchais
Ouais, mais venez. Et mon chat qui dort sur la terrasse à côté de moi, je vous attends. Y'a pas de problème. La maison est grande.
- Aurélie Roux
Trop bien. Eh ben, merci Chloé. Merci pour cette conversation et pour toute cette joie lumineuse partagée. Je mettrai en lien où te retrouver tout de suite, tes connexions réseau. Et dès que c'est possible, je rajouterai le lien de la maison Inspire Exprime. Merci, Chloé.
- Chloé Touchais
Merci, Aurélie. Grande joie d'être là, partagée ensemble. Merci.