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#60 JULIETTE BIOTTEAU. Réinventer la mode française avec sens et engagement cover
#60 JULIETTE BIOTTEAU. Réinventer la mode française avec sens et engagement cover
RayonNantes - le premier podcast nantais

#60 JULIETTE BIOTTEAU. Réinventer la mode française avec sens et engagement

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53min |20/01/2025
Play
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#60 JULIETTE BIOTTEAU. Réinventer la mode française avec sens et engagement

#60 JULIETTE BIOTTEAU. Réinventer la mode française avec sens et engagement

53min |20/01/2025
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Description

Enregistrer un épisode avec la nantaise Juliette Biotteau, c’est comme ouvrir une page de l’histoire de la mode française.


Juliette est née au cœur d’une famille où l’entrepreneuriat est une seconde nature. Ses arrière-grands-parents ont fondé le groupe Eram en 1927, son grand-père en est devenu le PDG, et ses parents ont créé l’enseigne GEMO en 1991.

Une dynastie ancrée dans le Maine-et-Loire, à Saint-Pierre-Montlimart, toutà côté de Nantes, où elle a grandi.


Alors comment grandit-on avec un tel héritage familial ?

Comment trouve-t-on sa propre voie quand on est issue d’une lignée d’entrepreneurs qui ont façonné l’industrie de la mode en France depuis près d’un siècle ?


Avec sa sœur, Juliette a choisi d’écrire son propre chapitre en lançant Montlimart, une marque de mode masculine engagée, avant de prendre, en 2022, la tête de Bocage, marque emblématique du groupe familial.


Entre audace, transmission et renouveau, elle nous raconte aujourd’hui comment elle conjugue tradition et modernité pour insuffler sa vision des choses et de l’avenir à ces marques.


Bonne écoute !


Ah et comme Juliette est trop sympa, elle vous offre -15% sur votre commande Montlimart (hors promotion) avec le code RAYONANTES15. Rdv sur Vêtements et Chaussures éco-responsables Homme | Montlimart

Vous me direz si vous avez craqué?

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Transcription

  • Speaker #0

    Cette année, les vacances de Pâques pour nous, les Nantais, tombent du 5 au 22 avril. Si vous rêvez de vacances inoubliables en famille à cette période, j'ai un super plan à vous partager. Le ski de printemps au Club Med. Pour l'avoir vécu, je peux vous dire que c'est vraiment une expérience unique. Imaginez, des journées plus longues, le soleil au rendez-vous, les températures qui s'adoucissent, les pistes pour vous seules, bref, l'idéal pour profiter et initier vos enfants à la glisse. Et si comme moi vous aimez skier, mais bon, pas que... Le Club Med, c'est vraiment l'endroit rêvé. L'occasion de tester une balade en raquette, un cours de snow, ou tout simplement se détendre à la piscine chauffée ou au spa. Et pour ceux qui seraient sceptiques, pas d'inquiétude pour la neige, les resorts de Club Med ont l'avantage d'être tous situés dans des stations exceptionnelles en haute altitude. Ah, et j'allais oublier de vous le dire aussi, les prix sont plus doux en avril. Donc maintenant que vous avez le plan, vous n'avez plus qu'à passer voir Caroline et son équipe à l'agence Club Med de Nantes pour en savoir plus et réserver vos vacances. Merci au Club Med de soutenir Réunion Nantes, et maintenant, placez l'épisode ! Hello à tous, je suis Eleonore Vigneron et je suis ravie de vous accueillir sur Rayon Nantes. Dans ce podcast, je pars à la rencontre de personnalités inspirantes qui rythment l'actualité ou l'innovation à Nantes et dans la région. Ensemble, nous discutons de leur parcours de vie, de l'origine de leurs projets et de leur vision de l'entrepreneuriat à Nantes. Rayon Nantes, un podcast original. à écouter quand vous le voulez sur toutes vos plateformes de podcast. Enregistrer un épisode avec Juliette Biotto, c'est un peu comme ouvrir une page de l'histoire de la mode française. Juliette est née au cœur d'une famille où l'entrepreneuriat est une seconde nature. Ses arrières-grands-parents ont fondé le groupe Eram en 1927. Son grand-père en est devenu le PDG et ses parents ont créé leur scène Gémeaux en 1991. Une dynastie ancrée dans le Maine-et-Loire, à Saint-Pierre-Montlimart où elle a grandi. Alors comment grandit-on justement avec un tel héritage familial ? Comment trouve-t-on sa propre voix ? Quand on est ici d'une lignée d'entrepreneurs qui ont façonné l'industrie de la mode en France depuis près d'un siècle. Avec sa sœur, Juliette a choisi d'écrire son propre chapitre en lançant Mon Limard, une marque de mode masculine engagée, avant de prendre en 2022 la tête de Bocal, marque emblématique du groupe familial. Entre audace, transmission et renouveau, elle nous raconte aujourd'hui comment elle plonge une tradition et modernité pour insuffler sa vision des choses et de l'avenir à ses marques. Bonne écoute !

  • Speaker #1

    Bonjour Juliette ! Bonjour !

  • Speaker #0

    Bienvenue dans Rayonnante !

  • Speaker #1

    Merci !

  • Speaker #0

    Écoute Juliette, je suis ravie de te recevoir aujourd'hui. Tu es issue d'une famille à la culture entrepreneuriale très forte, puisque tes grands-parents, tes arrières-grands-parents ont fondé le groupe Eram en 1927. C'est ça. Et ton grand-père est devenu PDG du groupe. Et tes parents ont créé l'ancienne Gémeaux en 91. Alors déjà Juliette, je te propose de commencer par te présenter.

  • Speaker #1

    D'accord, donc je m'appelle Juliette Biotto. J'ai 35 ans, je suis nantaise d'adoption. J'ai fondé la marque Mon Limard, donc marque masculine, avec ma sœur Charlotte en 2017. Et on a repris toutes les deux depuis 2022 la marque de chaussures Bocage.

  • Speaker #0

    Et alors, je le disais, tu es ici d'une famille, la culture entrepreneuriale très forte, qui a perduré de génération en génération. Alors, ma question est un peu évidente, mais comment est-ce que toi tu as grandi avec cet héritage familial ?

  • Speaker #1

    Je crois que c'est dans mon ADN, dans le sens où ça a toujours été normal. Je pense qu'on parlait de chaussures... certainement au-dessus de mon berceau. J'ai grandi avec cette histoire, et c'est à la fois la responsabilité et aussi un peu une fierté quand même.

  • Speaker #0

    Et du coup, je suis assez curieuse, ça se passait comment les dîners, les fêtes familiales chez les Biotos ?

  • Speaker #1

    Alors ça a évolué de génération en génération, puisque du temps de mon grand-père, il n'y avait pas vraiment de limite entre le travail et la vie personnelle. Il habitait de toute façon à deux minutes de son lieu de travail. On poursuivait la journée avec les collègues à la maison. Quand nous, on est arrivés dans sa vie, on était beaucoup avec lui. Et c'est vrai qu'on entendait tout le temps, tout le temps, tout le temps parler de travail et de chaussures. Du temps de mes parents, c'était déjà différent. Il y avait une vraie limite, la maison, le travail. Après, comme ils travaillaient tous les deux ensemble... On va dire que quand on partait en week-end, la première demi-heure était dédiée à des conversations de travail, donc j'assistais quand même pas mal à des discussions professionnelles. Désormais, il y a vraiment deux mondes. Après, je pense que c'est de manière générale une tendance, on sépare peut-être plus vie pro-vie perso. Donc voilà, on a des discussions assez différentes et on sait quand on va parler de travail ou quand on va parler famille.

  • Speaker #0

    Si on revient à toi, est-ce que tu t'es toujours sentie libre de tracer ta propre route ? propre chemin ou est-ce que finalement le chemin était tout tracé ?

  • Speaker #1

    Non je me suis vraiment sentie libre alors pourtant mes deux parents travaillaient dans l'entreprise mais ils m'ont toujours fait comprendre qu'on ferait ce qu'on voulait. On m'a toujours laissé libre après au fond de moi j'ai j'ai grandi vraiment dans le village où ça a été créé. Je pense qu'il y avait deux possibilités soit ça me dégoûtait soit ça me passionnait. En l'occurrence ça m'a passionné et au fond de moi j'ai toujours su que je voulais travailler dans l'entreprise familiale.

  • Speaker #0

    T'as combien de frères et soeurs ?

  • Speaker #1

    On est quatre.

  • Speaker #0

    Toi, t'as la numéro combien ? Deux. Et ta sœur avec qui t'apprendais ? Un. D'accord, les deux aînés.

  • Speaker #1

    On est les aînés.

  • Speaker #0

    Et alors, toi, tu disais que tu voulais être pédiatre, petite. C'est ça. Comment est-ce que t'es passée de pédiatre à entrepreneur ? Je monte une marque.

  • Speaker #1

    Alors, pédiatre, je crois que je voulais être pédiatre parce que j'aimais bien les maths et j'aimais bien les enfants, mais ça ne suffit pas. Je crois qu'à ma première dissection de SVT, j'ai compris que je ne ferais jamais médecine de ma vie. Et puis la passion, je pense, de la mode et quand même du commerce m'a rattrapée. Et voilà, ça n'a pas forcément duré. Et assez rapidement, en fin de lycée, j'ai voulu faire une école de commerce. Et je savais que je voulais travailler dans l'entreprise.

  • Speaker #0

    Et donc, tu as fait une école de commerce en cinq ans ?

  • Speaker #1

    Oui, c'est ça.

  • Speaker #0

    Et tout de suite, tu as travaillé dans l'entreprise ou tu as eu d'autres expériences ?

  • Speaker #1

    Non. Alors déjà, aimant la mode, j'ai fait tous mes stages dans des entreprises. extérieures à l'entreprise familiale, chez Bach, au Galerie Lafayette, chez Figarelle et Chemise. J'ai fait le choix, ça me tenait à cœur, de commencer en dehors de l'entreprise familiale. Donc j'ai commencé à Nantes, chez Maisons du Monde, en tant que chef de produit. Et j'ai travaillé quatre ans chez Maisons du Monde. Donc c'était mon premier job.

  • Speaker #0

    Et après ces quatre ans ?

  • Speaker #1

    On discutait pas mal avec ma sœur, aussi avec mon papa, du fait de monter quelque chose avec ma sœur Charlotte. Au début, c'était plus sur le ton de la blague. Du rêve, je ne sais pas. Et puis finalement, au fur et à mesure des conversations, c'est devenu de plus en plus sérieux, jusqu'à ce qu'on en discute avec mon papa. Et il nous a dit, lancez-vous, allez-y. Et j'ai démissionné de chez Maison du Monde pour rejoindre directement l'entreprise dans le but de créer une marque.

  • Speaker #0

    Vous êtes plutôt dit, on crée, qu'on reprend.

  • Speaker #1

    Oui, c'est ça. parce que je pense que c'est intéressant pour toucher à tous les métiers, pour s'intégrer aussi, enfin s'intégrer dans une entreprise familiale là où nos arrière-grands-parents ont travaillé, mine de rien. L'héritage est lourd. Voilà, aisé. Alors qu'arriver par une petite porte, toucher à tous les métiers, c'était le bon choix, je pense, pour comprendre le fonctionnement de l'entreprise et de tous ces métiers.

  • Speaker #0

    Avant de lancer avec Charlotte, tu étais convaincue que travailler en famille, c'était la bonne option ?

  • Speaker #1

    Avec Charlotte, on s'est beaucoup suivi. On était à l'internat ensemble, on était en colocation aussi. On s'est dit, si on peut survivre à la colocation, on doit pouvoir travailler ensemble. Donc, ce n'était pas une peur. Pour moi, c'était une possibilité et une possibilité qu'on a réalisée.

  • Speaker #0

    Et même si ça peut brouiller les frontières entre vie perso, vie pro, tu parlais justement du fait que vous arriviez à scinder ces deux mondes-là. Comment est-ce que vous faites, toi et Charlotte, pour trouver un équilibre ?

  • Speaker #1

    On aime toutes les deux la tranquillité aussi de la vie de famille. On se voit beaucoup, les enfants, ils sont dans la même école. Donc on a tout de suite décidé de faire une frontière, on va dire. À savoir, on a deux WhatsApp. Une conversation qui s'appelle Travail, jamais urgent Quand on a un message dans Travail on sait que ça va être Travail mais on ne se parle jamais de Travail sur notre conversation de sœur. Quand on se voit le week-end. Alors, sauf s'il y a une extrême urgence ou sauf si c'est passé quelque chose de dingue, on ne parle pas plus que ça de travail.

  • Speaker #0

    Comment est-ce que ton papa a réagi au moment où vous lui avez annoncé que vous lanciez ? Parce que tu disais tout à l'heure qu'il était aussi à l'origine de cette discussion. Est-ce qu'il avait suivi tous vos échanges ou est-ce que finalement, vous êtes revenue vers lui quelques temps après en lui disant ça y est, on se lance ?

  • Speaker #1

    On est revenue vers lui quand même en se disant bon, là, il en entendait parler, mais de là à ce que ça devienne sérieux, on en a... un jour parlé très sérieusement pour savoir ce qu'il en pensait tout simplement. Il était partant, donc on a senti, je pense, sa confiance. Après, il n'a jamais voulu nous pousser. Il nous a toujours dit que la porte était ouverte, mais je pense que c'était important pour lui que ce soit notre propre décision. Donc on a senti qu'il était heureux de cette décision, mais dans la discrétion.

  • Speaker #0

    Vous lui demandez conseil ?

  • Speaker #1

    On lui demande conseil. Oui, forcément. En tout cas, son regard est évidemment très important pour nous. Et quand on discute avec lui, quand il nous fait une remarque, on la prend bien en compte.

  • Speaker #0

    Quel rôle respectif vous occupez toutes les deux au sein de Monlima ?

  • Speaker #1

    Ça s'est fait naturellement. Au départ, on est toutes les deux chefs de produit. Donc plutôt dans le développement du produit. On s'est dit qu'on allait avoir envie de faire la même chose. Donc allez, on va dire les six premiers mois, on faisait tout à deux. Quand on crée une entreprise... On n'a pas envie d'en rater une miette, on est à fond. Donc au début, on faisait tout à deux. Puis finalement, naturellement, on a vu un peu quelles étaient nos forces, nos passions aussi. Finalement, elle était chef de produit, moi aussi, mais il y a plein de facettes dans le métier de chef de produit. Il s'avère qu'elle était meilleure en gestion, en analyse. Donc Charlotte, elle gère toute la partie achat, combien on va commander, à quel prix on va mettre, analyse de collection. la gestion financière, la logistique. Et de mon côté, je m'occupe plus du développement des produits et de la communication.

  • Speaker #0

    La distinction entre les forces de chacune et les postes sur lesquels vous étiez plus à l'aise, c'est fait naturellement ?

  • Speaker #1

    C'est fait petit à petit. Forcément, au bout d'un moment, on a quand même manqué de temps à tout faire à deux. Donc petit à petit, on a pris notre envol sur certaines missions. Et aujourd'hui, on a deux missions bien séparées, même si évidemment la collection... Je dis que je m'occupe du développement produit, mais forcément, elle est dans le même bureau et elle donne son avis sur chaque produit qui sort chez Monimar.

  • Speaker #0

    Et comment est-ce que vous gérez les éventuels désaccords ?

  • Speaker #1

    On n'en a pas tant que ça, parce que déjà, ce n'est pas dans notre nature que... Je pense qu'on se fait confiance sur nos missions, on se respecte, même quand on a un avis différent selon qui est le plus légitime sur la question, on va plutôt aller se rallier à elle, mais on aime bien quand même confronter nos idées, donc on n'est pas toujours d'accord, ça c'est sûr que non. Mais jusqu'ici, on ne s'est jamais trop fâchés, non. Charlotte,

  • Speaker #0

    tu disais qu'elle était chef de produit. Elle a travaillé pour quel...

  • Speaker #1

    Elle a travaillé dans la chaussure. Donc, c'est une marque qui n'existe plus aujourd'hui, mais qui faisait partie du groupe familial qui s'appelait Hero. H-E-Y-R-A-U-D. Donc, chaussure assez haut de gamme.

  • Speaker #0

    Et est-ce que tu penses que le fait que vous ayez monté cette marque à deux, d'avoir ce lien familial, ça donne une force supplémentaire à votre marque ?

  • Speaker #1

    Nous, ça nous donne une force. Donc, dans la stabilité de la marque, On sait que c'est important quand même l'entente des fondateurs, etc. Donc ça, c'est une force. Ça donne, je pense, de l'authenticité à notre marque, dans notre discours. Mais c'était un petit peu ce qu'on racontait à nos clients au départ, l'histoire familiale, soeur, notre village d'enfance. Et en fait, un an après le lancement de mon limard, on a interrogé des clients pour un peu savoir comment ils nous avaient trouvés. Parce qu'il fallait quand même nous trouver au début. Pourquoi ils avaient acheté chez nous ? Qu'est-ce qui les avait intéressés ? Ils nous ont raconté... plein de choses intéressantes, mais à aucun moment ils nous ont parlé du fait. C'était une histoire familiale, des sœurs, un village. Et donc, on a compris que ce n'était pas forcément ce qui les intéressait le plus. Donc, je pense quand même que ça apporte de l'authenticité à la marque. C'est des vrais humains, c'est une histoire, c'est des racines, mais ce n'est pas ce qu'ils font, ils achètent chez nous.

  • Speaker #0

    Et auprès de vos équipes ?

  • Speaker #1

    Auprès de nos équipes, c'est autre chose parce que c'est une histoire qui est assez longue. Déjà, je pense que ça donne confiance. Ce n'est pas une histoire qui peut s'arrêter tout de suite du jour au lendemain. On est quand même dans la vision assez long terme. On travaillait avec deux sœurs. Le plus difficile, je pense, c'est pour le premier employé.

  • Speaker #0

    Pourquoi ça plaît ?

  • Speaker #1

    C'était Laetitia, qui est nantaise, qui fait partie de l'équipe. Mais si elle nous écoute, je lui dis bonjour. Et dès le premier entretien, on lui avait évidemment dit qu'on était deux sœurs, que ce n'était pas une situation forcément qu'elle avait déjà connue. Donc, il fallait qu'elle soit à l'aise avec ça. En l'occurrence, elle l'était. Évidemment qu'il y a une communication qui est sans doute très fluide entre nous. Mais je ne pense pas que ça change le quotidien de l'équipe Mon Limard, à part du fait qu'on s'entend bien et qu'on soit stable dans nos décisions.

  • Speaker #0

    Si on s'intéresse à la marque Mon Limard et à toute sa création et son développement, à ces fameuses discussions que tu avais avec Charlotte, ton papa, qu'est-ce qui vous a mené à cofonder Mon Limard ? Quelle était votre idée de départ ?

  • Speaker #1

    Déjà, ce qui nous a mené à fonder Mon Limard, c'est avant tout, je pense, l'envie d'entreprendre. Donc sans avoir au départ forcément une idée, on s'est dit qu'on avait envie d'avoir une idée et envie de créer notre propre marque. de mode. A partir de cette décision, on s'est dit, ok, mais qu'est-ce qu'on crée ? De là est venue l'idée de créer une marque masculine, assez rapidement. Pourtant, on aimait beaucoup la mode féminine, mais on trouvait qu'il y avait moins de choix sur le marché de l'homme. Il n'y avait pas beaucoup de marques proposant de la qualité à des prix restants, justement, assez accessibles. Voilà, c'était nos deux envies de départ, créer une marque de mode. qualitatif avec un prix qui reste accessible parce que c'est dans l'ADN aussi de notre groupe familial. Ensuite est venu le local. Ça nous tenait à cœur de créer des produits qui soient faits autour de nous, alors au sens large, mais en tout cas pas à l'autre bout du monde. Ça, c'était notre conviction et notre envie personnelle. Donc voilà, on a commencé avec ces idées-là et puis de fil en aiguille, on en est arrivé à Montlimar.

  • Speaker #0

    Et le nom Montlimar, c'est un hommage à votre village natal, Saint-Pierre-de-Montlimar. Pourquoi ce choix ?

  • Speaker #1

    Au départ, on était complètement, comment dire, obsédés par le fait de trouver un nom avec des jeux de lettres, puisque Eram, qui était l'entreprise initiale, ça veut dire le ER, il parlait déjà vers l'an en 1927, le ER c'était René, il s'appelait Albert René, notre arrière-grand-père, et le AM c'était Marie. Ensuite, Gémeaux, créé par nos parents, c'était le nom de mes grands-parents, donc Gérard et Monette, pour les intimes, ou Simone. Et donc, on était assez focus là-dessus. Nos parents, Xavier, Catherine, Leïx, etc., on tournait vraiment en rond, on n'y arrivait pas. Et puis un jour, en arrivant dans notre petit bureau, au feu, à Saint-Pierre-Montlimar, on a regardé le panneau. Et on s'est dit, mais en fait, pourquoi pas Montlimar ? C'est vrai que c'est quand même un hommage à nos racines. Ça va parfaitement avec ce qu'on veut faire de cette marque, à savoir... Plutôt du local, c'est assez masculin, assez chic, Montlimar, Moulinsard. On s'est dit, OK, on se lance là-dessus et c'est comme ça que Montlimar est arrivé et est devenu une évidence.

  • Speaker #0

    Et une marque de mode masculine, pareil, c'était une évidence ?

  • Speaker #1

    Je ne vais pas dire que c'était une évidence, c'était plus une opportunité. On s'est dit, quitte à créer une marque, autant que ça réponde à un besoin. Et on a estimé qu'il y avait plus de besoins sur le marché masculin. Et c'était une évidence, mais on n'y connaissait pas grand-chose au départ. Donc il a fallu aussi s'acclimater, discuter avec beaucoup d'hommes pour comprendre leurs besoins et ce qui leur manquait sur le marché.

  • Speaker #0

    Et le fait d'avoir créé une marque de mode responsable, c'était pareil un choix, une volonté ?

  • Speaker #1

    Alors la volonté, c'était vraiment, je pense, le local. Donc en soi, c'est responsable à savoir du Made in France, enfin pas que du Made in France, Europe aussi, et travailler autour de nous. Et éco-responsable, ça s'est fait naturellement. Au départ, on est toutes les deux chefs de produit, plutôt en 2018. justement après ces interviews clients. Donc quand on a réalisé qu'ils n'étaient pas du tout venus parce qu'on était une marque que deux sœurs avaient créée, ils étaient venus chez nous parce qu'ils nous considéraient, eux, éco-responsables. Et c'est là où on s'est dit, assumons d'être une marque éco-responsable et du coup, soyons-le encore plus. Et c'est à partir de ce moment-là où on a travaillé uniquement des matières dites plus responsables, si jamais parfaites. Finalement, c'est nos clients qui nous ont menés à ça. Et je ne peux pas dire que c'était le... point de départ de l'histoire de mon lima.

  • Speaker #0

    Oui, parce qu'en fait, en 2017, on ne parlait pas encore de responsabilité dans la mode. Ce n'était pas encore un sujet d'accueil.

  • Speaker #1

    Non, on commençait à parler de local, justement, mais l'éco-responsabilité, il y avait quelques marques ou quelques vêtements, mais hyper niche, pas toujours avec un esthétisme poussé. Et donc, ça ne nous était pas venu. Il est plus forcément naturellement de nous placer en tant que marque éco-responsable.

  • Speaker #0

    Raconte-nous un peu les débuts entre cette idée que vous avez et ces premières réalisations, ces premiers vêtements.

  • Speaker #1

    La première réalisation, ça a été de développer la collection, donc de trouver des partenaires qui puissent fabriquer nos vêtements. Je crois que c'est le plus difficile quand on lance une marque de vêtements, puisqu'il faut que le partenaire nous fasse confiance. Déjà, il faut le trouver. Donc, c'est difficile de trouver un savoir-faire. On a fait des salons, on a essayé de démarcher, etc. Il faut visiter parce qu'il faut voir où est-ce que nos vêtements vont être fabriqués, dans quelles conditions. Il faut convaincre les fabricants de bien vouloir travailler pour nous. Parce que nous, au début, on s'est dit qu'ils nous attendent comme les messies. Mais finalement, il y a beaucoup d'entreprises qui ne durent pas si longtemps que ça. Ça leur prend beaucoup de temps de créer des nouvelles relations. Donc finalement, ils sont souvent assez frileux et sceptiques à l'idée de... de travailler avec des marques qui n'existent pas encore. Ça a pris du temps de rencontrer les bons partenaires et je ne vais pas le cacher, le fait d'appartenir à un groupe, même si ça ne veut rien dire, parce que si la marque ne rencontre pas de client, en groupe ou pas groupe, elle ne durera pas longtemps. Mais c'était un peu quand même le certificat et le label de confiance et ça nous a aidés à convaincre des fournisseurs en France et en Europe. C'est ça,

  • Speaker #0

    parce que j'avais demandé si vous aviez justement capitalisé sur les partenaires du Comperam pour aller les démarcher, pour aller les trouver les vôtres.

  • Speaker #1

    Alors le premier fournisseur qu'on a trouvé c'était l'atelier du groupe ERAB. On avait cette première base, c'était un mix de partenaires qu'on nous avait conseillés, mis en relation et aussi pas mal de partenaires qu'on a trouvé sur le salon du Made in France. Alors il y a deux salons, il y en a un qui est vraiment si tout si pour les clients etc. et il y en a un qui est vraiment destiné aux professionnels avec toutes les, enfin pas tous, mais beaucoup d'ateliers en France qui se rendent à Paris au carreau du Temple et nos premiers partenaires on les a trouvés à ce moment là. On développe les produits, en parallèle il faut pouvoir les vendre. Donc on avait décidé dès le début d'être en ligne. Pourquoi ? Ça nous semblait naturel à l'époque. Un magasin ça peut faire peur, ça veut dire tout de suite un stock faire tourner. Au niveau ressources humaines aussi, il faut du monde. Donc le vendre en ligne, on était plus à l'aise avec ça. Développer un site internet quand on n'y connaît rien, c'est pas facile, il faut savoir par quel bout s'y prendre. Là aussi, le groupe a été un soutien. En fait, on l'a fait à notre façon, ce qui a toujours été notre façon de faire, c'est-à-dire sans complexe. Nos briefs e-commerce, je pense qu'ils n'en avaient jamais vu des comme ça, mais avec des copies d'écran de plein de sites en disant, voilà, on aimerait que ce soit comme ci, comme ça. Donc, le site Internet a été terminé à peu près au moment où on s'était fixé avril 2017. Et finalement, ça s'est pas mal goupillé. Le site Internet a été pris en même temps que les vêtements.

  • Speaker #0

    Comment est-ce que tu es allée chercher tes premiers clients ?

  • Speaker #1

    On disait, voilà, on fait des beaux produits, un beau site Internet, le bouche à oreille, ça va arriver. Alors oui, ça s'est fait comme ça, mais il faut quand même sortir du lot et ce n'est pas évident. Donc, les premiers clients, c'était forcément plutôt du bouche à oreille. On a eu la chance d'intégrer très rapidement l'exception qui, d'ailleurs, a fermé cette semaine, mais qui était un concept multimarque parisien. Et nos premiers clients qui, ensuite, ont commandé directement sur notre site, c'est... Et parmi ceux qu'on avait interrogés, il nous avait connus via l'exception. Qui était une boutique ? Qui était une boutique plus inscrite en ligne. Et finalement, ça nous a donné pas mal de visibilité. On a fait des événements à Paris, à Nantes, dans mon premier appartement où j'avais ouvert. On faisait avec les moyens du bord. Mais on avait énormément de...

  • Speaker #0

    Présenter ta collection ?

  • Speaker #1

    Voilà, je présentais ma collection, on avait notre petite caisse sur mon plan de travail.

  • Speaker #0

    Tu avais invité qui ?

  • Speaker #1

    J'avais invité mes amis, bien évidemment, et des personnes de Nantes que je connaissais au gré de rencontres, donc c'était assez large, nos amis avaient le droit d'amener des amis. On avait eu beaucoup de monde, d'ailleurs le ménage avait été bien costaud le lendemain, et c'était assez... rassurant, forcément, ça donnait de l'énergie. Donc, les premiers clients, ça s'est fait plutôt, finalement, en vente physique. C'est qu'ensuite, on a vraiment appris à maîtriser le site Internet. À savoir, il ne suffit pas d'avoir un site Internet, il faut que les gens arrivent dessus. Et donc là, ça a été du référencement. Et puis, la partie plus sponsoring, acquisition sur Facebook et Instagram. Et c'est là que les personnes sont réellement, des vrais inconnus sont réellement arrivés jusqu'à nous.

  • Speaker #0

    Vous vendez ces premiers vêtements. À partir de quand l'équipe a commencé à se structurer ? Est-ce que ça a été assez rapide finalement dans son développement ? Ou est-ce que ça a mis un petit peu de temps ?

  • Speaker #1

    On a rapidement su qu'il nous fallait une personne en plus, justement pour gérer toute cette partie e-commerce qu'on avait appris à apprivoiser. Oui. mais on n'était pas du tout expertes. Donc on a rapidement été trois. Un petit peu avant le lancement du site Internet, on a été trois. Et on est restés longtemps à trois. Ça nous suffisait. Et finalement, on a étoffé l'équipe. D'abord avec des personnes qui étaient arrivées en CDD. Il fallait pour nous un peu tester. Qu'est-ce qu'on va leur donner ? Qu'il y a de mission ? Parce que tout le monde était un peu touche à tout. Donc ce n'est pas si facile que ça, de passer de touche à tout à il faut qu'on se structure, il faut que chacun ait ses missions.

  • Speaker #0

    J'ai vu aussi que vous aviez des boutiques physiques pour la marque Mon Limard. Vous en avez combien des boutiques ?

  • Speaker #1

    À Paris, on a un corner dans un magasin bocage à l'étage d'un grand magasin Boulevard Haussmann. C'est l'adresse qu'on donne à nos clients puisqu'il y a une grosse partie de notre collection là-bas. On a des revendeurs en France, notamment à Paris dans le Marais, on a l'appartement français. Quelques revendeurs en France et à chaque période de Noël, on ouvre un magasin éphémère dans le Marais à Paris.

  • Speaker #0

    Est-ce que vous appuyez justement sur le savoir-faire du groupe Eram ? pour distribuer votre collection ?

  • Speaker #1

    Plus que sur son savoir-faire, on se sert justement d'une boutique. On n'aurait pas un Corner Boulevard Haussmann sans le groupe Eram. On l'avait même avant de travailler chez Bocage, on était déjà dans cette boutique. Donc on se sert de la force de vente, notamment. Et même au moment de notre magasin éphémère, c'est souvent des personnes qui travaillent à Paris qui viennent nous donner un coup de main sur la boutique. Après, aujourd'hui, on n'a pas encore un réseau de boutiques, donc on fonctionne quand même encore comme une marque en ligne, mais on n'est pas organisé comme une marque retail telle que le sont d'autres marques du groupe Eram. Mais si on était amené à ouvrir vraiment deux, trois boutiques, ce qui est notre souhait un jour, là, je pense que ce serait une vraie force en effet et on se ferait, enfin, on se ferait conseiller, ce serait bête de partir de zéro par des experts autour de nous.

  • Speaker #0

    Vous êtes combien aujourd'hui dans l'équipe ?

  • Speaker #1

    Aujourd'hui, on est dix.

  • Speaker #0

    Où est-ce que tu veux l'emmener, cette marque, dans les prochaines années ?

  • Speaker #1

    On aimerait faire de plus en plus d'adeptes. Les premiers clients qui sont arrivés, c'était vraiment, je pense, des clients qui cherchaient de la mode éco-responsable, donc déjà ultra convaincus. Ils nous ont trouvés à force de recherche. Et nous, notre challenge, c'est plutôt d'aller chercher des clients qui consomment de la mode traditionnelle, de les convaincre de faire évoluer leur consommation. et d'acheter mon limard. Quand on est start-up, au départ, forcément, les moyens sont très limités. Donc, pour être une marque établie, il faut des beaux visuels, une belle identité. Donc, ça se construit année après année, ça ne se fait pas tout seul. Et je pense que c'est ça notre cheval de bataille pour les prochaines années, puisque l'éco-responsabilité, les produits, la qualité, je pense qu'on sait maintenant, au bout de sept ans, qu'on a ce qu'il faut et on va continuer à le faire. Et maintenant, notre enjeu, c'est de... rameter des clients de la mode traditionnelle et les amener à avoir une consommation plus responsable.

  • Speaker #0

    Est-ce que tu pourrais nous partager quelques chiffres clés sur ta marque ? Est-ce que vous avez trouvé votre modèle économique ? Est-ce que la marque est rentable ?

  • Speaker #1

    On est en croissance chaque année. C'est ce qu'on recherche de toute façon. Aujourd'hui, il faut qu'on grossisse. On fait 80% de Made in France. Ça n'a pas vocation à rester stable, c'est le constat. Mais on est aussi autour de 80% de fabrication en France.

  • Speaker #0

    Et pas Made in France, les 20% ?

  • Speaker #1

    Les 20%, c'est Made in France. de Portugal et on a quelques chemises faites en Tunisie, qui est l'usine en propre de notre usine française de chemises. C'est la petite particularité. Le chiffre, et ça c'est la promesse qu'on s'est fait depuis le début, c'est les moins de 2000 km. On se l'est écrit dès le début, on s'est dit si on l'écrit partout, on n'aura jamais le droit de les dépasser. Et c'est une promesse client qu'on tient. Et en parlant de client, là je regardais justement hier, parce qu'on fait un peu le point en fin d'année forcément, on a plus de 20 000 clients qui ont passé commande chez Montlimar depuis nos débuts. On commence à avoir quand même pas mal d'adeptes, on commence à en voir dans la rue.

  • Speaker #0

    Vous avez des clients uniques ?

  • Speaker #1

    Oui, c'est ça. On a environ 80 000 personnes qui ont fait le choix de nous suivre par newsletter, donc on intéresse aussi. On commence à avoir une belle communauté, une belle base client et c'est en les fidélisant aussi qu'on arrive à croître chaque année et aussi avec du parrainage, en convaincre de plus en plus autour d'eux.

  • Speaker #0

    Vous êtes rentable aujourd'hui ?

  • Speaker #1

    On ne cherche pas forcément la rentabilité, mais on en est très proche. À chaque fois qu'on s'en approche, on va au contraire réfléchir à comment passer la marche supérieure. C'est pour ça qu'en 2021, on avait embauché plusieurs personnes. Et c'est ce qu'on a fait aussi début 2024 pour aller chercher justement plus de chiffres d'affaires, plus d'adeptes chez Monima.

  • Speaker #0

    En 2022, la marque Bocage est entrée dans vos vies. Raconte-nous un peu comment ça s'est passé.

  • Speaker #1

    Alors, on savait que notre oncle, qui s'occupait de Bocage depuis très longtemps, partait à la retraite. On était fans, enfin on est toujours fans de Bocage, évidemment, mais on était plutôt clients de Bocage déjà, avant d'en prendre la tête. On savait qu'il partait à la retraite, mais on ne s'était pas du tout imaginé ou projeté, et donc positionné pour prendre la suite, parce que mon limard prenait vraiment tout notre espace temps et notre espace mental. Après des discussions, notamment avec notre oncle, qui souhaitait vraiment transmettre son bébé à des personnes aussi passionnées que lui. Par la chaussure et par bocage, ils nous ont proposé avec notre papa de prendre sa suite. On nous l'a proposé, c'était en novembre 2021. Ça a été une surprise et aussi on s'est demandé si on allait y arriver, accepter. Donc j'avoue que je n'ai pas très bien dormi après cette proposition-là. Et puis finalement, l'envie d'y aller était plus forte que la peur. On s'est lancé et on a dit oui avec Charlotte parce que non seulement il fallait se décider toute seule, mais il fallait savoir si on était toutes les deux partantes. C'était un peu la condition sine qua non pour toutes les deux. Ok, mais on continue à deux. On a pris la tête de bocage début 2022.

  • Speaker #0

    T'avais peur de quoi ?

  • Speaker #1

    J'avais peur de ne pas avoir le temps, j'avais peur de ne pas y arriver. Mon limard, ça a été façonné par nous. Donc en fait, tout s'est fait un petit peu naturellement. Au fur et à mesure, on a grandi avec mon limard. Là, c'était quelque chose de complètement différent. C'était s'approprier une marque qui existe déjà depuis 1966. Des équipes. qui sont parfois là depuis notre naissance ou même avant en boutique. On a des personnes qui sont là depuis 40 ans. Donc, c'est quand même un challenge. L'envie a été plus forte que la peur.

  • Speaker #0

    Et pourquoi est-ce que tu penses qu'on est venu vous chercher ?

  • Speaker #1

    Je pense qu'on est venu nous chercher peut-être pour finalement l'œil digital, comme je le disais, qui n'était pas du tout notre expertise, mais qui de fil en aiguille l'est devenu. Apporter, je pense, cet œil plus marque et digital à la marque Bocage et qui est toujours... Une marque très produit. Mon oncle était vraiment un expert de la chaussure, du savoir-faire. Il avait travaillé dans les ateliers. Il y avait un vrai savoir-faire, chaussure, produit, qualité. Et je pense qu'on a fait appel à nous pour peut-être y apporter un œil marque et digital, nouvel ère on va dire.

  • Speaker #0

    Vous, qu'est-ce que vous voulez faire de cette marque ?

  • Speaker #1

    Notre conviction aujourd'hui, c'est qu'un produit c'est très important. Puisque ça fidélise, il faut proposer des produits qui soient beaux, de qualité. Et c'est la puissance de la marque aujourd'hui qui fait la différence. Donc, on travaille sur l'image de marque Bocage. On a revu tout ce qui fait l'image et l'expérience client en plus du produit. C'est vraiment notre cheval de bataille depuis trois ans. On commence à avoir la concrétisation de nos convictions. Ça fait plaisir quelques années après.

  • Speaker #0

    Comment est-ce que tu pourrais nous la décrire, cette marque, pour nous convaincre d'aller acheter ? Les chaussures là-bas.

  • Speaker #1

    C'est une marque qui a un vrai savoir-faire, puisqu'on existe depuis 1966. Il y a une grande partie des collections qui est fabriquée dans notre atelier. Elle a une vraie singularité et elle se différencie par son savoir-faire. La chaussure, ce n'est pas un accessoire chez nous, c'est un objet en tant que tel. Qui dit savoir-faire dit confort, détail. Je sais que les clients sont attirés par le style. On a une vraie équipe de style, achats et chefs de produits. C'est la passion de la chaussure chez nous. Vous venez dans les bureaux, il y a la chef de produit qui est en train de caresser sa chaussure et d'hésiter entre un bordeaux, entre deux teintes qui a l'œil nu, humain, on ne voit pas la différence. Donc c'est la passion de la chaussure qui attire aux premières gales et ce qui fait des fidélistes particulièrement chez Bocage, et on le voit quand on interroge nos clients, c'est le confort. On a des chaussures à talons, des chaussures, on est coquette la journée, mais par contre on galope toute la journée de rendez-vous en rendez-vous et on veut être confortable. Et on sait qu'on fidélise grâce à ça. Notre atelier, il est en Pays de la Loire. Il est à Montjean-sur-Loire. Donc, c'est entre Saint-Pierre-Mont-Nimar, le berceau du groupe, et Angers.

  • Speaker #0

    Et donc, là-bas, vous créez les modèles ? Vous les fabriquez aussi, là-bas ?

  • Speaker #1

    Ils sont créés à Saint-Pierre-Mont-Nimar, par Busty, chef de produit, etc. Et il y a une partie de la collection. Donc, en l'occurrence, chez Bocage, on fait environ 30 de produits qui sont fabriqués dans l'atelier à Montjean-sur-Loire. Donc, c'est la fabrication qui se fait là-bas.

  • Speaker #0

    Et le reste, les 70% ?

  • Speaker #1

    Et le reste, on est environ à 80% en Europe, donc incluant cette partie française. Et après en Asie. On a un partenaire en Inde depuis un long moment avec qui on souhaite continuer.

  • Speaker #0

    Pourquoi pas tout en France ? Parce qu'on n'a pas de savoir-faire ? Parce qu'il nous manque des matériaux ? Parce que quoi ? Qu'est-ce qui manque ?

  • Speaker #1

    Alors pas tout en France parce que... Alors déjà, le prix de la fabrication française, il ne faut pas se mentir. C'est ça. beaucoup plus chères. Les paires qu'on fabrique en France, elles nous coûtent beaucoup plus chères que celles qu'on fabrique en Inde. Le prix de vente pour nos clients, on essaye de ne pas tant le différencier que ça. Donc nos paires françaises, on essaye de les garder à un prix assez accessible. Et c'est pour cela aussi que...

  • Speaker #0

    C'est quoi, un prix assez accessible ?

  • Speaker #1

    Un prix assez accessible... Une... Une paire made in France, alors ça dépend des produits, mais elle peut être à 130 euros, 140 euros.

  • Speaker #0

    Une paire de bottes dans ces cas-là, 130 euros ?

  • Speaker #1

    Non, une paire de bottes, on est plus cher. Plus cher. Une paire d'escarpins, par exemple, va être dans ces prix-là.

  • Speaker #0

    Donc, assez premium en positionnement.

  • Speaker #1

    Assez premium. On ne fait que cuir. Et belle fabrication, on choisit des belles matières. Et le fait de garder cet atelier en France, c'est une vraie conviction, puisque ce n'est pas facile, il faut former des gens aussi. C'est très difficile de trouver des personnes encore. qui veulent travailler dans la chaussure, il n'y a plus vraiment de formation. Donc on a créé l'école de la chaussure. On intègre des personnes qui n'y connaissent rien à la chaussure dans le but de les former et de les faire fabriquer. Et là, je parle de nous et de l'atelier, mais je vois qu'avec Monumar, on est en contact avec énormément de fabricants français. Et l'un des plus gros challenges, soucis pour eux, c'est de recruter et de faire perdurer les savoir-faire. On a créé l'école de la chaussure. En interne, je sais que notre fabricant de chemise, Monimar, qui est dans la région de Choletès, pareil, il a créé une filière de formation et il forme lui-même.

  • Speaker #0

    Qui sont les clients de la marque Bocage ?

  • Speaker #1

    Nos clients, alors c'est très multigénérationnel. Je vais parler des clientes, c'est quand même les clientes, ce sont quand même nos principales clients. Quand on regarde un petit peu les âges, il y a autant de 20-30 ans que de 30-40 ans que de 40-50 ans. Donc on s'adresse à... Toutes les générations, près de la moyenne d'âge, je dirais que c'est autour de la quarantaine. Et le point commun, c'est la recherche de style, bien évidemment, et la recherche de qualité et de chaussures qui durent dans le temps.

  • Speaker #0

    Et donc tu disais qu'au départ, tu avais été appelée aussi pour lancer un peu la digitalisation de la marque ?

  • Speaker #1

    Alors la digitalisation, heureusement, quand même, ils ne nous avaient pas attendus. Il y avait déjà des experts, il y avait vraiment deux mondes, le monde des magasins, le monde du site, qui sont... Non pas qu'ils ne s'entendaient pas, mais c'était parfois même un peu la concurrence. C'était le site, ils nous prennent nos ventes ou alors les magasins. Là, c'est vraiment, on n'est qu'une marque, on est global. Je pense que c'est la clé aujourd'hui pour survivre ou vivre. Et peut-être que ceux qui ont disparu, c'est peut-être ceux qui n'ont pas forcément pris ce virage-là. Et le client, il ne doit pas voir la différence entre son expérience web, son expérience physique. S'il retire un colis en magasin qu'il a commandé sur le web. Il faut qu'on l'accueille de la même façon que s'il a acheté en magasin. Et ça, quand on a des personnes qui travaillent depuis 40 ans parfois dans l'entreprise, mine de rien, c'est un état d'esprit à faire évoluer. Mais quand on voit que les dirigeantes sont en tout cas très à cheval sur le fait d'accueillir un client web, pas web, de la même façon, forcément, ça va plus s'infuser ensuite. Et c'est ce qui fait, je pense, le succès et la dynamique de Bocash, c'est de ne plus voir la différence entre le web et le digital. On est une marque unique.

  • Speaker #0

    Comment est-ce que tu fais pour passer d'une marque à l'autre ? Comment est-ce que tu t'organises ? Comment est-ce que tu gères ça ? Tu ne deviens pas un peu schizo à la fin du tournée ?

  • Speaker #1

    Alors au début, c'était très rock'n'roll. Donc on s'est demandé quand même comment on allait y arriver parce qu'on avait peur, mais en fait, on avait raison d'avoir peur parce que les calendriers se font très en amont chez Bocage puisqu'on développe des collections six mois à l'avance. Tout est forcément prévu, sinon les emplois du temps se remplissent, les validations de collections. On fait beaucoup de co-construction justement avec les magasins. Donc il y a plein de rendez-vous. qui étaient déjà fixés quand on est arrivé. On s'est retrouvés avec deux agendas pas du tout compatibles. Donc, les six premiers mois, c'était vraiment naviguer entre les rendez-vous et puis tout en prenant ses marques. Aujourd'hui, on maîtrise nos agendas. Et dans une même journée, on passe d'un sujet bocage à un sujet Monimar sans trop se poser de questions. Et on se réserve quand même des moments par équipe. C'est important de bloquer les agendas, justement. Le mercredi après-midi, on est systématiquement avec Monimar, par exemple, sur des sujets qui sont prévus à l'avance. Donc... Voilà, organisation, je crois que c'est le mot. Chez Monimar, on pouvait se permettre d'être un peu plus dernier moment et on a gardé cette agilité. Mais par contre, mon agenda, je fais beaucoup plus attention à le gérer la semaine d'avant. Je regarde si tout coïncide, je bouge des choses pour qu'ensuite, ça déroule tout seul.

  • Speaker #0

    Est-ce qu'il y a des synergies entre les deux marques ? Est-ce que ça vous est arrivé de faire les partenariats ?

  • Speaker #1

    C'est important pour nous. Quand on dit, moi je pense qu'aujourd'hui ce qui est important c'est la singularité de la marque. Donc c'est important pour nous que ce soit bien dissocié, que les équipes marketing, produits, etc. soient différentes. Pour s'imprégner d'une marque, c'est important d'y être consacré à 100%. Donc les équipes dans leur mission, ce ne sont pas les mêmes équipes, elles sont différentes, elles travaillent sur leur sujet. Après géographiquement, comme on s'occupe des deux marques, les bureaux sont assez proches. Donc, il y a des synergies, forcément, parce qu'il y a des ententes humaines. Donc, on partage beaucoup. Les équipes partagent. On parlait justement d'acquisition, de sponsoring sur Facebook, Instagram, etc. C'est des métiers d'experts. Et du coup, sans faire la même chose, c'est hyper enrichissant de discuter avec des personnes qui font grosso modo le même métier. Donc, il y a beaucoup de discussions. Et après, de synergie, on… Un corner mon imar dans une boutique bocage et voilà, c'est la plus belle synergie je pense qu'on ait pu faire.

  • Speaker #0

    Où veux-tu emmener cette marque bocage ? C'est quoi votre ambition ?

  • Speaker #1

    C'est d'être la marque... qui arrive à concilier désirabilité et co-responsabilité, donc des enjeux finalement assez Ausha mon limard. Et on veut être la marque chausseur experte dans la tête de nos clients ou de nos futurs clients, donc vraiment la référence chaussure.

  • Speaker #0

    Que ce soit en physique ou sur Internet. C'est quoi la répartition de votre chiffre d'affaires entre les ventes sur Internet ?

  • Speaker #1

    On paie environ 20% sur Internet. très dynamique et en boutique aussi. On fait des bonnes années et ça permet aussi de montrer aux uns et aux autres que même quand le digital est en pleine croissance, au final, ça porte le physique et vice-versa. Alors qu'on aurait pu se dire si le site Internet augmente, c'est forcément que ça va prendre des ventes sur le physique et on va fermer des magasins etc. Alors que non. Quand il y a une dynamique, on voit que les clients, ils commandent sur Internet, ils vont en boutique. Quand ils aiment une marque, ça fait bouger à la fois le physique et le digital. Et quand on a une dynamique positive, je pense que c'est à la fois les boutiques physiques et à la fois le digital qui évoluent. Et là, après des années plutôt de stabilisation du réseau physique, aujourd'hui, on souhaite ouvrir de nouvelles boutiques à Paris, à Lille. On est en conquête, on va dire. C'est assez nouveau pour nous parce que le marché du centre-ville et de la mode... accessible. On a vu qu'on avait des prix de vente, on a des produits quand même de qualité, mais ça reste assez accessible. C'est vraiment un enjeu aujourd'hui. On a beaucoup de concurrents qui ont disparu sur le marché de la chaussure de centre-ville. Donc, il fallait stabiliser et puis être sûr de là où on voulait emmener Bocage en termes d'images, etc. Et aujourd'hui, on se sent prêt à reconquérir certaines villes.

  • Speaker #0

    Vous avez combien de boutiques aujourd'hui en France ?

  • Speaker #1

    On a une soixantaine de boutiques avec les corners dans les grands magasins. On monte environ à 80. Et là, on investit, on va dire, sur le physique puisqu'on refait notre concept boutique. Donc là, c'est vraiment décoration, entre guillemets, mais aussi la façon dont on présente nos produits. C'était une grosse envie parce que de travailler sur ce sujet, c'est hyper intéressant. Sur la décoration, c'était mon tout premier métier. J'avais très envie. mais il fallait aussi que ce soit le bon moment pour Bocage et pour nos clients. Et là, au mois de début mars, on ouvrira pour la première fois notre nouveau concept dans notre boutique qui existe déjà de Villiers. Donc c'est repartir sur un nouveau cycle. Ça se fait tous les dix. Là, ça faisait douze ans qu'on avait le même mobilier, la même déco en magasin. Et je pense que ça va aider aussi tout le réseau physique à repartir encore sur une nouvelle dynamique. Et je pense à convaincre de nouveaux clients qui passaient devant sans forcément rentrer. Et quand on voit qu'il s'est passé quelque chose, nouvelle décoration, nouvelle façon de présenter, je pense que ça va encore plus redorer l'image de marque de bocage.

  • Speaker #0

    Tu as une boutique à Nantes ?

  • Speaker #1

    Il y a une boutique à Nantes qui est rue d'Orléans.

  • Speaker #0

    Sur votre site, je vois qu'il y a de la femme, il y a de l'homme. Vous ne faites pas de l'enfant ?

  • Speaker #1

    On ne fait pas d'enfant, non.

  • Speaker #0

    Ce n'est pas un projet ?

  • Speaker #1

    Non, pas forcément. Après, on a lancé de nouveaux services. Donc aussi, on va vers cette durabilité correspondante. éco-responsabilité, pardon, chez Bocage aussi. On propose la location de chaussures. C'est assez innovant aussi. Et là, secondement.

  • Speaker #0

    Et comment ça se passe ? Tu loues tes chaussures ?

  • Speaker #1

    On loue nos chaussures. Ça a été lancé avant qu'on arrive. Je ne vais pas récolter des lauriers, mais on y croit beaucoup aussi avec Charlotte. On a de plus en plus d'adeptes chaque saison. Louer ses chaussures, on a des abonnements en boutique de deux mois. On choisit une paire de chaussures neuves. Voilà, c'est celle qu'on veut dans tout le magasin. Et au bout de deux mois, soit on la rapporte et on en choisit une autre, ou soit on l'achète avec un prix attractif. Donc ça permet de faire varier son garde-chaussures, sans forcément investir sur l'avenir, ça peut être pour tester une tendance, ou juste voir, celle-là elle me plaise, je vais les mettre deux mois, est-ce que réellement j'en ai besoin, ou est-ce que c'était un coup de cœur. Quand on rend notre chaussure, elle est reconditionnée dans notre atelier à Montjean-sur-Loire. Et elle est revendue ensuite en seconde main dans nos boutiques. Le fait d'avoir notre atelier, c'est ce qui nous a permis de lancer ce service, puisqu'ils ont un brevet d'hygiénisation. Ils peuvent changer la semelle, changer les lacets, les remettre en forme. Ce qui fait qu'honnêtement, elles paraissent presque neuves alors qu'elles ont déjà été portées.

  • Speaker #0

    Tu as beaucoup de clients qui utilisent ce service ?

  • Speaker #1

    De plus en plus. Il y en a environ 5000 en France qui sont abonnés.

  • Speaker #0

    C'est assez innovant comme approche et en plus c'est... responsable. Tu sens que ça SM autour de vous ? Est-ce que d'autres marques vous sollicitent, vous contactent pour lancer ce modèle-là aussi ?

  • Speaker #1

    Je vois que ça surprend et il y a beaucoup d'autres chausseurs où il y a même, l'autre fois, c'était une personne des achats du gouvernement. Je pense qu'ils se posent eux également des questions sur la façon de consommer, comment ils chaussent les personnes de leur ministère, j'en sais rien. mais ça fait poser beaucoup de questions et on est assez souvent soliste. Par curiosité, on répond toujours par curiosité à comment vous faites, qu'est-ce que ça apporte, comment vous y prenez, etc. Un chausseur belge, l'autre fois, qui a pris contact avec moi pour savoir comment on s'y prenait. Donc, on partage.

  • Speaker #0

    Et justement, c'est quoi les grands challenges que vous avez aujourd'hui, auxquels vous êtes confrontés ?

  • Speaker #1

    C'est quand même la vente physique, même si je pense qu'on a trouvé les clés pour la faire vivre. Et puis, on... On va de l'avant avec un nouveau concept, mais il n'empêche que quand on regarde autour de nous, c'est un challenge, puisqu'on voit que ce n'est pas si facile que ça de survivre en centre-ville aujourd'hui. C'est-à-dire qu'il ne faut pas se reposer sur ses lauriers, il faut sans cesse se réquestionner, travailler son image de marque. J'appuie dessus, mais c'est vrai. Et puis innover dans le sens, nos services, là on a la location, la seconde main, on est en train de lancer la réparation de chaussures. En ce moment d'ailleurs on est en test à Nantes parce qu'on aime bien faire des tests à Nantes comme c'est à côté c'est pratique. C'est aussi grâce à l'atelier de chaussures donc on propose notamment vraiment des packs reconditionnement parce que c'est à force de proposer des chaussures de seconde main les clients finissent par dire mais vous pouvez pas faire ça aussi avec mes chaussures et finalement on envoie les paires de nos clients dans notre atelier à Montjean-sur-Loire et ils font ce qu'ils font avec les chaussures louées c'est à dire qu'ils les remettent en forme et on offre ce service à nos clients. On le teste pour l'instant, il faut toujours tester avant de s'emballer. Mais c'était une vraie demande client pour le coup. Et on peut se permettre de le faire toujours avec cet atelier dans la région.

  • Speaker #0

    Et ça prend bien ?

  • Speaker #1

    Et ça prend bien. On n'en parle pas beaucoup parce que forcément, quand on propose beaucoup de choses, c'est difficile de parler de tout. Donc là, on était un petit peu plus en test sous-marin. Comme on savait qu'il y avait des demandes, c'était de se faire la main à l'atelier. Est-ce qu'on y arrive ? Comment on s'organise ? Pour peut-être ensuite communiquer un petit peu plus sur le sujet et l'étendre à d'autres boutiques.

  • Speaker #0

    On parle justement de tous ces sujets de réparation, de recyclage, etc. Mon limard a été labellisé Bicorp en 2023. Qu'est-ce que ça fait aujourd'hui d'avoir une marque qui est labellisée Bicorp ?

  • Speaker #1

    Je pense que c'est une preuve pour nos clients, pour nous aussi. C'est un peu se dire, ok, tout ce qu'on fait, c'est réellement vertueux. Et ça nous permet aujourd'hui d'apporter transparence et preuve à nos clients. et d'éviter de gesticuler par ailleurs. Parce que quand on fait les choses bien, on a envie de tout dire. Donc on avait tendance à dire, ce produit, il a telle matière, il est comme ci, il est comme ça, pour montrer au client qu'il était éco-responsable, verteux. Et ça nous a permis d'avoir une labellisation internationale. ça nous permet d'être plus posés et d'avoir moins besoin de nous justifier. Parce qu'il y a toujours la peur du greenwashing, les clients ils ont toujours très peur, donc voilà, il faut leur apporter beaucoup de preuves. Et le fait d'avoir cette labellisation-là, ça ne suffit pas évidemment, on est toujours transparent par ailleurs, mais ça nous permet de nous sentir plus légitimes dans nos prises de parole, quand on discute avec des clients.

  • Speaker #0

    Mais vous, ça vous engage à quoi concrètement ?

  • Speaker #1

    Ça nous engage à nous améliorer, puisque à la fin de la certification, on a eu un score. qui était assez bon, même très bon pour le prêt-à-porter. Et voilà, c'est pas juste, bon, c'est bon, on est labellisé, on s'arrête. C'est à la prochaine labellisation. Il y a des étapes, tous les deux ans, il faut s'améliorer. Donc, ça veut dire qu'une fois qu'on a un petit peu notre photo, qui est le jour de la labellisation, on nous dit, voilà, vous avez tant, là où on a des bons points, là où on peut s'améliorer, eh bien, il faut direct se mettre en mouvement. puisqu'on pense à la prochaine étape, même si ça paraît lointain. Et il faut aller travailler sur ces points faibles ou des choses qu'on n'a pas encore eu le temps de faire, pour pouvoir montrer qu'on s'est amélioré. C'est vraiment l'amélioration continue Bicor.

  • Speaker #0

    Ça parle à tes clients, cette labellisation ?

  • Speaker #1

    À certains clients. Je ne vais pas te cacher que les labellisations, je pense que ça leur parle, parce qu'ils se disent Ok, c'est connu, ça a l'air gros mais ils ne savent pas toujours exactement à quoi ça correspond, ce que ça implique. Et c'est à nous aussi d'être dans la pédagogie et de leur expliquer comment on s'est fait labelliser, pourquoi on s'est fait labelliser, qu'est-ce que ça implique, etc. Mais de même, c'est connu justement par ce noyau dur de clients hyper engagés et hyper parfois militants. Et c'est moins connu d'un client qui passe comme ça. Mais je pense que ça... Il le voit, ça peut l'interpeller et il a les informations, s'il souhaite creuser, on lui fournit un peu les informations, donc c'est qu'un plus je pense.

  • Speaker #0

    On parle aussi beaucoup dans l'univers de la mode de nouvelles technologies, d'IA, d'intelligence artificielle, de blockchain. Est-ce que vous les utilisez et si oui, comment ?

  • Speaker #1

    On parlait de synergie, groupe, etc. Ça c'est un sujet qui est vraiment traité de façon globale dans le groupe. À savoir, il y a des éclaireurs, des personnes hyper intéressées qui ont été identifiées, qui se sont portées volontaires et on a une commune. Côté intelligence artificielle, et c'est eux qui sont en train en ce moment de faire un peu un état des lieux auprès des différents métiers. Quels sont les besoins des différents métiers ? Pas que sur l'imagerie, le marketing, etc., mais aussi juridique, finance, et comment on peut répondre à ces besoins grâce à l'IA. Donc là, les premières actions, c'est plutôt sur le marketing quand même, et l'imagerie notamment. Après, je pense que c'est une cible de... C'est une population qui est assez à l'écoute aussi des innovations du marché.

  • Speaker #0

    Si tu avais un conseil à donner à un entrepreneur qui souhaite se lancer aujourd'hui dans l'univers de la mode ?

  • Speaker #1

    Souvent, une personne qui a des valeurs éco-responsables, etc., il y a certaines personnes qui peuvent penser que l'image, le marketing, c'est superficiel et que c'est presque triché. Or, je pense qu'il ne faut pas s'en couper. Donc, éco-responsable, pour moi, c'est un critère, c'est un prérequis, mais ce n'est pas ce qui fera la marque. Donc vraiment mettre de l'énergie et quelques moyens, en tout cas humains, dans le visuel, prendre le temps de savoir quel message on a envie de porter, vraiment travailler sur la marque et ne pas se dire, ce qu'on a pu se dire parfois au début, que mon produit, parce qu'il est parfait d'un point de vue éco-responsable, forcément il va trouver preneur. Et c'est justement assez facile avec ce genre de produit de convaincre des personnes qui sont déjà convaincues. Il faut aller chercher les personnes qui ne consomment pas forcément de manière éco-responsable et auquel cas il faut leur apporter la même service, le même plaisir dans l'achat d'un vêtement. Ça passe par les couleurs, les matières, les photos, le message qu'on va porter. Donc je pense qu'il ne faut pas du tout mettre de côté cette partie qui peut paraître superficielle, mais qui est, je pense... indispensable. Et mon autre conseil, c'est de pas vouloir être parfait. Et je pense que nous, on a voulu l'être un petit peu trop parfois. Et surtout, on a beaucoup de marques éco-responsables dans notre écosystème qui ont parfois disparu. Parce qu'à vouloir faire tout parfaitement du bouton à l'étiquette, à l'emballage, à tout, le modèle n'est pas toujours verteux. Et du coup, économiquement, c'est parfois difficile de survivre. Donc je pense qu'il faut se donner des objectifs, aller étape par étape. Se dire ce qui est important pour mes clients, pour moi, c'est ça. Là-dessus, je vais tout donner. Et voilà, l'année prochaine, je vais aller m'améliorer là-dessus, là-dessus, là-dessus. Et pas vouloir rendre une copie parfaite dès le premier lancement, parce que je ne pense pas que ce soit possible.

  • Speaker #0

    Mon Limard, c'est une marque qui est quand même attachée à ses racines, on le voyait. Quel lien en particulier, toi, tu entretiens avec Nantes et la région ?

  • Speaker #1

    Alors Nantes, je me sens à la fois mon Limard toite et à la fois nantaise, puisque j'étais à l'internat à Nantes dès la sixième. Donc j'ai habité finalement à Nantes, en tout cas la semaine.

  • Speaker #0

    Tu étais où ?

  • Speaker #1

    J'étais à Blanche-de-Castille. Donc de la 6e à la Terminale, j'étais à Nantes. Je ne voyais pas beaucoup de pays quand même, notamment au collège. Après au lycée, c'était le temps des sorties du mercredi, donc j'ai beaucoup exploré Nantes en toute liberté. Donc j'ai un vrai attachement pour Nantes. Et finalement, quand j'ai cherché mon premier travail, je cherchais à Paris. Et Nantes, j'ai trouvé à Nantes et donc j'habite à Nantes depuis que j'ai commencé à travailler. Mon mari est parisien. Donc là, tu habites toujours à Nantes ? J'habite toujours à Nantes, oui. J'ai convaincu, mon mari était né à Paris, avait grandi à Paris, mais finalement j'ai réussi à lui vendre Nantes aussi. Donc on s'est tout de suite installé à Nantes et on y est très très bien depuis qu'on habite à Nantes.

  • Speaker #0

    Pourquoi est-ce que Nantes est selon toi un terreau fertile pour des entreprises engagées ?

  • Speaker #1

    J'ai l'impression qu'il y a beaucoup d'interactions. Il y a beaucoup de marques avec des belles valeurs à Nantes qui se créent. Certaines qui existent depuis un moment, certaines qui s'y installent. Donc, je trouve qu'il y a un certain dynamisme pour ces marques. On se sent entouré. On a l'impression d'être dans un écosystème qui ne nous ressemble pas toujours. Mais en tout cas, il y a un effet de groupe, je trouve.

  • Speaker #0

    Et comment est-ce que... Tu fais pour finalement faire rayonner ta marque ici en local ? Les deux marques d'ailleurs.

  • Speaker #1

    Les deux marques, on a un ancrage. De toute façon, on vient d'ici. Donc quand on regarde nos bas clients, même Monimar qui est pourtant en ligne, alors on a une grosse concentration à Paris, mais on a aussi une très grosse concentration dans l'Ouest. Donc je pense que naturellement, nos premières ventes, on les a faites à Nantes. On connaît quand même des personnes à Nantes. Donc au fur et à mesure, à force d'en parler, le bouche à oreille. quelques articles de journaux locaux aussi, fait qu'on est quand même très ancrés dans notre région pour Bocage et pour Montlima.

  • Speaker #0

    Qu'est-ce que tu aimes ici ?

  • Speaker #1

    Qu'est-ce que j'aime ? J'aime la tranquillité. J'ai la chance d'avoir une vie très tranquille à Nantes. Il y a une vraie vie de quartier, je trouve. Donc, je retrouve un peu mon village d'enfance. Mine de rien, j'ai été assez étonnée au fur et à mesure. Ça fait un petit moment qu'on habite dans notre quartier. On retrouve... C'est un peu cet esprit village, on fait coucou au coiffeur en passant. Il y a quand même un esprit de quartier et puis j'ai la chance d'avoir un petit jardin. Donc je trouve que c'est un peu la vie de campagne avec forcément l'accès à la ville et tous ces avantages à proximité, à portée de main.

  • Speaker #0

    Est-ce que tu as des adresses à nous partager ?

  • Speaker #1

    J'aime bien manger. Et particulièrement la cuisine italienne. J'aime bien la pasta à Nantes, Russain Léonard. Il fait des... des très très bonnes pâtes. C'est une histoire de famille d'ailleurs. Parce que je crois que c'était deux couples... Au tout début, quand j'habitais à Nantes, il y avait encore un des deux couples qui était là et c'est leur fille dorénavant qui s'occupe du restaurant. Donc j'aime beaucoup la pasta, je conseillerais. Et après, je parlais de vie de quartier, de commerçant. Je suis très fan de mon fromager. La crèmerie Sando à Sando-Nassien, ça vaut le détour. C'est vraiment le sens commerçant, je trouve. à l'ancienne, ils accueillent tout le monde avec le sourire, ils s'entendent bien, ils reconnaissent les gens. Et j'aime beaucoup cette vie de quartier qui me rappelle la vie dans un village.

  • Speaker #0

    Merci Juliette pour ton temps aujourd'hui, c'était hyper intéressant. Merci beaucoup. Si on veut te suivre sur les réseaux ?

  • Speaker #1

    Sur Instagram principalement, donc monimarebocage et sur LinkedIn. Juliette Biotto.

  • Speaker #0

    Merci Juliette.

  • Speaker #1

    Merci beaucoup.

  • Speaker #0

    Bonne journée.

  • Speaker #1

    Bonne journée.

  • Speaker #0

    Merci pour votre écoute. Si cet épisode vous a plu, partagez-le autour de vous en l'envoyant à vos proches ou en le relayant sur vos réseaux sociaux. Et si jamais vous écoutez cet épisode sur Apple Podcasts et Spotify et que vous avez 20 secondes devant vous, n'hésitez pas à laisser une note et un commentaire en dessous du podcast. C'est grâce à ça que vous m'aidez à le faire connaître et grandir. Si vous venez juste de découvrir cette émission, sachez qu'il y a plus d'une soixantaine d'épisodes enregistrés avec de nombreux invités nantais. passionnant et plein d'autres formats sur l'actualité d'ici, disponibles sur votre plateforme d'écoute préférée. Pour suivre toute l'actualité du podcast, retrouvez-nous sur Instagram et Facebook ou suivez-moi sur LinkedIn. Abonnez-vous au podcast, écrivez-moi, partagez, c'est ce qui fait vivre ce podcast qui n'existerait pas sans votre fidélité. Merci.

Description

Enregistrer un épisode avec la nantaise Juliette Biotteau, c’est comme ouvrir une page de l’histoire de la mode française.


Juliette est née au cœur d’une famille où l’entrepreneuriat est une seconde nature. Ses arrière-grands-parents ont fondé le groupe Eram en 1927, son grand-père en est devenu le PDG, et ses parents ont créé l’enseigne GEMO en 1991.

Une dynastie ancrée dans le Maine-et-Loire, à Saint-Pierre-Montlimart, toutà côté de Nantes, où elle a grandi.


Alors comment grandit-on avec un tel héritage familial ?

Comment trouve-t-on sa propre voie quand on est issue d’une lignée d’entrepreneurs qui ont façonné l’industrie de la mode en France depuis près d’un siècle ?


Avec sa sœur, Juliette a choisi d’écrire son propre chapitre en lançant Montlimart, une marque de mode masculine engagée, avant de prendre, en 2022, la tête de Bocage, marque emblématique du groupe familial.


Entre audace, transmission et renouveau, elle nous raconte aujourd’hui comment elle conjugue tradition et modernité pour insuffler sa vision des choses et de l’avenir à ces marques.


Bonne écoute !


Ah et comme Juliette est trop sympa, elle vous offre -15% sur votre commande Montlimart (hors promotion) avec le code RAYONANTES15. Rdv sur Vêtements et Chaussures éco-responsables Homme | Montlimart

Vous me direz si vous avez craqué?

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Si jamais vous écoutez cet épisode sur Apple Podcast et Spotify et que vous avez 20sec devant vous, n’hésitez pas à laisser une note et un commentaire en-dessous du podcast. 


C’est grâce à ça que vous m’aidez à le faire connaitre et grandir !


Si vous venez juste de découvrir cette émission, sachez qu’il y a plus d’une 60aine d’épisodes enregistrés avec de nombreux invités nantais passionnants et pleins d’autres formats sur l’actualité d’ici disponibles sur votre plateforme d’écoute préférée. 


Pour suivre toute l’actualité du podcast, retrouvez-nous sur Instagram et Facebook ou suivez-moi sur Linkedin. 


Bref, en 2 mots, abonnez-vous au podcast, écrivez-moi, partagez, c’est ce qui fait vivre ce podcast qui n’existerait pas sans votre fidélité ! 



Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Cette année, les vacances de Pâques pour nous, les Nantais, tombent du 5 au 22 avril. Si vous rêvez de vacances inoubliables en famille à cette période, j'ai un super plan à vous partager. Le ski de printemps au Club Med. Pour l'avoir vécu, je peux vous dire que c'est vraiment une expérience unique. Imaginez, des journées plus longues, le soleil au rendez-vous, les températures qui s'adoucissent, les pistes pour vous seules, bref, l'idéal pour profiter et initier vos enfants à la glisse. Et si comme moi vous aimez skier, mais bon, pas que... Le Club Med, c'est vraiment l'endroit rêvé. L'occasion de tester une balade en raquette, un cours de snow, ou tout simplement se détendre à la piscine chauffée ou au spa. Et pour ceux qui seraient sceptiques, pas d'inquiétude pour la neige, les resorts de Club Med ont l'avantage d'être tous situés dans des stations exceptionnelles en haute altitude. Ah, et j'allais oublier de vous le dire aussi, les prix sont plus doux en avril. Donc maintenant que vous avez le plan, vous n'avez plus qu'à passer voir Caroline et son équipe à l'agence Club Med de Nantes pour en savoir plus et réserver vos vacances. Merci au Club Med de soutenir Réunion Nantes, et maintenant, placez l'épisode ! Hello à tous, je suis Eleonore Vigneron et je suis ravie de vous accueillir sur Rayon Nantes. Dans ce podcast, je pars à la rencontre de personnalités inspirantes qui rythment l'actualité ou l'innovation à Nantes et dans la région. Ensemble, nous discutons de leur parcours de vie, de l'origine de leurs projets et de leur vision de l'entrepreneuriat à Nantes. Rayon Nantes, un podcast original. à écouter quand vous le voulez sur toutes vos plateformes de podcast. Enregistrer un épisode avec Juliette Biotto, c'est un peu comme ouvrir une page de l'histoire de la mode française. Juliette est née au cœur d'une famille où l'entrepreneuriat est une seconde nature. Ses arrières-grands-parents ont fondé le groupe Eram en 1927. Son grand-père en est devenu le PDG et ses parents ont créé leur scène Gémeaux en 1991. Une dynastie ancrée dans le Maine-et-Loire, à Saint-Pierre-Montlimart où elle a grandi. Alors comment grandit-on justement avec un tel héritage familial ? Comment trouve-t-on sa propre voix ? Quand on est ici d'une lignée d'entrepreneurs qui ont façonné l'industrie de la mode en France depuis près d'un siècle. Avec sa sœur, Juliette a choisi d'écrire son propre chapitre en lançant Mon Limard, une marque de mode masculine engagée, avant de prendre en 2022 la tête de Bocal, marque emblématique du groupe familial. Entre audace, transmission et renouveau, elle nous raconte aujourd'hui comment elle plonge une tradition et modernité pour insuffler sa vision des choses et de l'avenir à ses marques. Bonne écoute !

  • Speaker #1

    Bonjour Juliette ! Bonjour !

  • Speaker #0

    Bienvenue dans Rayonnante !

  • Speaker #1

    Merci !

  • Speaker #0

    Écoute Juliette, je suis ravie de te recevoir aujourd'hui. Tu es issue d'une famille à la culture entrepreneuriale très forte, puisque tes grands-parents, tes arrières-grands-parents ont fondé le groupe Eram en 1927. C'est ça. Et ton grand-père est devenu PDG du groupe. Et tes parents ont créé l'ancienne Gémeaux en 91. Alors déjà Juliette, je te propose de commencer par te présenter.

  • Speaker #1

    D'accord, donc je m'appelle Juliette Biotto. J'ai 35 ans, je suis nantaise d'adoption. J'ai fondé la marque Mon Limard, donc marque masculine, avec ma sœur Charlotte en 2017. Et on a repris toutes les deux depuis 2022 la marque de chaussures Bocage.

  • Speaker #0

    Et alors, je le disais, tu es ici d'une famille, la culture entrepreneuriale très forte, qui a perduré de génération en génération. Alors, ma question est un peu évidente, mais comment est-ce que toi tu as grandi avec cet héritage familial ?

  • Speaker #1

    Je crois que c'est dans mon ADN, dans le sens où ça a toujours été normal. Je pense qu'on parlait de chaussures... certainement au-dessus de mon berceau. J'ai grandi avec cette histoire, et c'est à la fois la responsabilité et aussi un peu une fierté quand même.

  • Speaker #0

    Et du coup, je suis assez curieuse, ça se passait comment les dîners, les fêtes familiales chez les Biotos ?

  • Speaker #1

    Alors ça a évolué de génération en génération, puisque du temps de mon grand-père, il n'y avait pas vraiment de limite entre le travail et la vie personnelle. Il habitait de toute façon à deux minutes de son lieu de travail. On poursuivait la journée avec les collègues à la maison. Quand nous, on est arrivés dans sa vie, on était beaucoup avec lui. Et c'est vrai qu'on entendait tout le temps, tout le temps, tout le temps parler de travail et de chaussures. Du temps de mes parents, c'était déjà différent. Il y avait une vraie limite, la maison, le travail. Après, comme ils travaillaient tous les deux ensemble... On va dire que quand on partait en week-end, la première demi-heure était dédiée à des conversations de travail, donc j'assistais quand même pas mal à des discussions professionnelles. Désormais, il y a vraiment deux mondes. Après, je pense que c'est de manière générale une tendance, on sépare peut-être plus vie pro-vie perso. Donc voilà, on a des discussions assez différentes et on sait quand on va parler de travail ou quand on va parler famille.

  • Speaker #0

    Si on revient à toi, est-ce que tu t'es toujours sentie libre de tracer ta propre route ? propre chemin ou est-ce que finalement le chemin était tout tracé ?

  • Speaker #1

    Non je me suis vraiment sentie libre alors pourtant mes deux parents travaillaient dans l'entreprise mais ils m'ont toujours fait comprendre qu'on ferait ce qu'on voulait. On m'a toujours laissé libre après au fond de moi j'ai j'ai grandi vraiment dans le village où ça a été créé. Je pense qu'il y avait deux possibilités soit ça me dégoûtait soit ça me passionnait. En l'occurrence ça m'a passionné et au fond de moi j'ai toujours su que je voulais travailler dans l'entreprise familiale.

  • Speaker #0

    T'as combien de frères et soeurs ?

  • Speaker #1

    On est quatre.

  • Speaker #0

    Toi, t'as la numéro combien ? Deux. Et ta sœur avec qui t'apprendais ? Un. D'accord, les deux aînés.

  • Speaker #1

    On est les aînés.

  • Speaker #0

    Et alors, toi, tu disais que tu voulais être pédiatre, petite. C'est ça. Comment est-ce que t'es passée de pédiatre à entrepreneur ? Je monte une marque.

  • Speaker #1

    Alors, pédiatre, je crois que je voulais être pédiatre parce que j'aimais bien les maths et j'aimais bien les enfants, mais ça ne suffit pas. Je crois qu'à ma première dissection de SVT, j'ai compris que je ne ferais jamais médecine de ma vie. Et puis la passion, je pense, de la mode et quand même du commerce m'a rattrapée. Et voilà, ça n'a pas forcément duré. Et assez rapidement, en fin de lycée, j'ai voulu faire une école de commerce. Et je savais que je voulais travailler dans l'entreprise.

  • Speaker #0

    Et donc, tu as fait une école de commerce en cinq ans ?

  • Speaker #1

    Oui, c'est ça.

  • Speaker #0

    Et tout de suite, tu as travaillé dans l'entreprise ou tu as eu d'autres expériences ?

  • Speaker #1

    Non. Alors déjà, aimant la mode, j'ai fait tous mes stages dans des entreprises. extérieures à l'entreprise familiale, chez Bach, au Galerie Lafayette, chez Figarelle et Chemise. J'ai fait le choix, ça me tenait à cœur, de commencer en dehors de l'entreprise familiale. Donc j'ai commencé à Nantes, chez Maisons du Monde, en tant que chef de produit. Et j'ai travaillé quatre ans chez Maisons du Monde. Donc c'était mon premier job.

  • Speaker #0

    Et après ces quatre ans ?

  • Speaker #1

    On discutait pas mal avec ma sœur, aussi avec mon papa, du fait de monter quelque chose avec ma sœur Charlotte. Au début, c'était plus sur le ton de la blague. Du rêve, je ne sais pas. Et puis finalement, au fur et à mesure des conversations, c'est devenu de plus en plus sérieux, jusqu'à ce qu'on en discute avec mon papa. Et il nous a dit, lancez-vous, allez-y. Et j'ai démissionné de chez Maison du Monde pour rejoindre directement l'entreprise dans le but de créer une marque.

  • Speaker #0

    Vous êtes plutôt dit, on crée, qu'on reprend.

  • Speaker #1

    Oui, c'est ça. parce que je pense que c'est intéressant pour toucher à tous les métiers, pour s'intégrer aussi, enfin s'intégrer dans une entreprise familiale là où nos arrière-grands-parents ont travaillé, mine de rien. L'héritage est lourd. Voilà, aisé. Alors qu'arriver par une petite porte, toucher à tous les métiers, c'était le bon choix, je pense, pour comprendre le fonctionnement de l'entreprise et de tous ces métiers.

  • Speaker #0

    Avant de lancer avec Charlotte, tu étais convaincue que travailler en famille, c'était la bonne option ?

  • Speaker #1

    Avec Charlotte, on s'est beaucoup suivi. On était à l'internat ensemble, on était en colocation aussi. On s'est dit, si on peut survivre à la colocation, on doit pouvoir travailler ensemble. Donc, ce n'était pas une peur. Pour moi, c'était une possibilité et une possibilité qu'on a réalisée.

  • Speaker #0

    Et même si ça peut brouiller les frontières entre vie perso, vie pro, tu parlais justement du fait que vous arriviez à scinder ces deux mondes-là. Comment est-ce que vous faites, toi et Charlotte, pour trouver un équilibre ?

  • Speaker #1

    On aime toutes les deux la tranquillité aussi de la vie de famille. On se voit beaucoup, les enfants, ils sont dans la même école. Donc on a tout de suite décidé de faire une frontière, on va dire. À savoir, on a deux WhatsApp. Une conversation qui s'appelle Travail, jamais urgent Quand on a un message dans Travail on sait que ça va être Travail mais on ne se parle jamais de Travail sur notre conversation de sœur. Quand on se voit le week-end. Alors, sauf s'il y a une extrême urgence ou sauf si c'est passé quelque chose de dingue, on ne parle pas plus que ça de travail.

  • Speaker #0

    Comment est-ce que ton papa a réagi au moment où vous lui avez annoncé que vous lanciez ? Parce que tu disais tout à l'heure qu'il était aussi à l'origine de cette discussion. Est-ce qu'il avait suivi tous vos échanges ou est-ce que finalement, vous êtes revenue vers lui quelques temps après en lui disant ça y est, on se lance ?

  • Speaker #1

    On est revenue vers lui quand même en se disant bon, là, il en entendait parler, mais de là à ce que ça devienne sérieux, on en a... un jour parlé très sérieusement pour savoir ce qu'il en pensait tout simplement. Il était partant, donc on a senti, je pense, sa confiance. Après, il n'a jamais voulu nous pousser. Il nous a toujours dit que la porte était ouverte, mais je pense que c'était important pour lui que ce soit notre propre décision. Donc on a senti qu'il était heureux de cette décision, mais dans la discrétion.

  • Speaker #0

    Vous lui demandez conseil ?

  • Speaker #1

    On lui demande conseil. Oui, forcément. En tout cas, son regard est évidemment très important pour nous. Et quand on discute avec lui, quand il nous fait une remarque, on la prend bien en compte.

  • Speaker #0

    Quel rôle respectif vous occupez toutes les deux au sein de Monlima ?

  • Speaker #1

    Ça s'est fait naturellement. Au départ, on est toutes les deux chefs de produit. Donc plutôt dans le développement du produit. On s'est dit qu'on allait avoir envie de faire la même chose. Donc allez, on va dire les six premiers mois, on faisait tout à deux. Quand on crée une entreprise... On n'a pas envie d'en rater une miette, on est à fond. Donc au début, on faisait tout à deux. Puis finalement, naturellement, on a vu un peu quelles étaient nos forces, nos passions aussi. Finalement, elle était chef de produit, moi aussi, mais il y a plein de facettes dans le métier de chef de produit. Il s'avère qu'elle était meilleure en gestion, en analyse. Donc Charlotte, elle gère toute la partie achat, combien on va commander, à quel prix on va mettre, analyse de collection. la gestion financière, la logistique. Et de mon côté, je m'occupe plus du développement des produits et de la communication.

  • Speaker #0

    La distinction entre les forces de chacune et les postes sur lesquels vous étiez plus à l'aise, c'est fait naturellement ?

  • Speaker #1

    C'est fait petit à petit. Forcément, au bout d'un moment, on a quand même manqué de temps à tout faire à deux. Donc petit à petit, on a pris notre envol sur certaines missions. Et aujourd'hui, on a deux missions bien séparées, même si évidemment la collection... Je dis que je m'occupe du développement produit, mais forcément, elle est dans le même bureau et elle donne son avis sur chaque produit qui sort chez Monimar.

  • Speaker #0

    Et comment est-ce que vous gérez les éventuels désaccords ?

  • Speaker #1

    On n'en a pas tant que ça, parce que déjà, ce n'est pas dans notre nature que... Je pense qu'on se fait confiance sur nos missions, on se respecte, même quand on a un avis différent selon qui est le plus légitime sur la question, on va plutôt aller se rallier à elle, mais on aime bien quand même confronter nos idées, donc on n'est pas toujours d'accord, ça c'est sûr que non. Mais jusqu'ici, on ne s'est jamais trop fâchés, non. Charlotte,

  • Speaker #0

    tu disais qu'elle était chef de produit. Elle a travaillé pour quel...

  • Speaker #1

    Elle a travaillé dans la chaussure. Donc, c'est une marque qui n'existe plus aujourd'hui, mais qui faisait partie du groupe familial qui s'appelait Hero. H-E-Y-R-A-U-D. Donc, chaussure assez haut de gamme.

  • Speaker #0

    Et est-ce que tu penses que le fait que vous ayez monté cette marque à deux, d'avoir ce lien familial, ça donne une force supplémentaire à votre marque ?

  • Speaker #1

    Nous, ça nous donne une force. Donc, dans la stabilité de la marque, On sait que c'est important quand même l'entente des fondateurs, etc. Donc ça, c'est une force. Ça donne, je pense, de l'authenticité à notre marque, dans notre discours. Mais c'était un petit peu ce qu'on racontait à nos clients au départ, l'histoire familiale, soeur, notre village d'enfance. Et en fait, un an après le lancement de mon limard, on a interrogé des clients pour un peu savoir comment ils nous avaient trouvés. Parce qu'il fallait quand même nous trouver au début. Pourquoi ils avaient acheté chez nous ? Qu'est-ce qui les avait intéressés ? Ils nous ont raconté... plein de choses intéressantes, mais à aucun moment ils nous ont parlé du fait. C'était une histoire familiale, des sœurs, un village. Et donc, on a compris que ce n'était pas forcément ce qui les intéressait le plus. Donc, je pense quand même que ça apporte de l'authenticité à la marque. C'est des vrais humains, c'est une histoire, c'est des racines, mais ce n'est pas ce qu'ils font, ils achètent chez nous.

  • Speaker #0

    Et auprès de vos équipes ?

  • Speaker #1

    Auprès de nos équipes, c'est autre chose parce que c'est une histoire qui est assez longue. Déjà, je pense que ça donne confiance. Ce n'est pas une histoire qui peut s'arrêter tout de suite du jour au lendemain. On est quand même dans la vision assez long terme. On travaillait avec deux sœurs. Le plus difficile, je pense, c'est pour le premier employé.

  • Speaker #0

    Pourquoi ça plaît ?

  • Speaker #1

    C'était Laetitia, qui est nantaise, qui fait partie de l'équipe. Mais si elle nous écoute, je lui dis bonjour. Et dès le premier entretien, on lui avait évidemment dit qu'on était deux sœurs, que ce n'était pas une situation forcément qu'elle avait déjà connue. Donc, il fallait qu'elle soit à l'aise avec ça. En l'occurrence, elle l'était. Évidemment qu'il y a une communication qui est sans doute très fluide entre nous. Mais je ne pense pas que ça change le quotidien de l'équipe Mon Limard, à part du fait qu'on s'entend bien et qu'on soit stable dans nos décisions.

  • Speaker #0

    Si on s'intéresse à la marque Mon Limard et à toute sa création et son développement, à ces fameuses discussions que tu avais avec Charlotte, ton papa, qu'est-ce qui vous a mené à cofonder Mon Limard ? Quelle était votre idée de départ ?

  • Speaker #1

    Déjà, ce qui nous a mené à fonder Mon Limard, c'est avant tout, je pense, l'envie d'entreprendre. Donc sans avoir au départ forcément une idée, on s'est dit qu'on avait envie d'avoir une idée et envie de créer notre propre marque. de mode. A partir de cette décision, on s'est dit, ok, mais qu'est-ce qu'on crée ? De là est venue l'idée de créer une marque masculine, assez rapidement. Pourtant, on aimait beaucoup la mode féminine, mais on trouvait qu'il y avait moins de choix sur le marché de l'homme. Il n'y avait pas beaucoup de marques proposant de la qualité à des prix restants, justement, assez accessibles. Voilà, c'était nos deux envies de départ, créer une marque de mode. qualitatif avec un prix qui reste accessible parce que c'est dans l'ADN aussi de notre groupe familial. Ensuite est venu le local. Ça nous tenait à cœur de créer des produits qui soient faits autour de nous, alors au sens large, mais en tout cas pas à l'autre bout du monde. Ça, c'était notre conviction et notre envie personnelle. Donc voilà, on a commencé avec ces idées-là et puis de fil en aiguille, on en est arrivé à Montlimar.

  • Speaker #0

    Et le nom Montlimar, c'est un hommage à votre village natal, Saint-Pierre-de-Montlimar. Pourquoi ce choix ?

  • Speaker #1

    Au départ, on était complètement, comment dire, obsédés par le fait de trouver un nom avec des jeux de lettres, puisque Eram, qui était l'entreprise initiale, ça veut dire le ER, il parlait déjà vers l'an en 1927, le ER c'était René, il s'appelait Albert René, notre arrière-grand-père, et le AM c'était Marie. Ensuite, Gémeaux, créé par nos parents, c'était le nom de mes grands-parents, donc Gérard et Monette, pour les intimes, ou Simone. Et donc, on était assez focus là-dessus. Nos parents, Xavier, Catherine, Leïx, etc., on tournait vraiment en rond, on n'y arrivait pas. Et puis un jour, en arrivant dans notre petit bureau, au feu, à Saint-Pierre-Montlimar, on a regardé le panneau. Et on s'est dit, mais en fait, pourquoi pas Montlimar ? C'est vrai que c'est quand même un hommage à nos racines. Ça va parfaitement avec ce qu'on veut faire de cette marque, à savoir... Plutôt du local, c'est assez masculin, assez chic, Montlimar, Moulinsard. On s'est dit, OK, on se lance là-dessus et c'est comme ça que Montlimar est arrivé et est devenu une évidence.

  • Speaker #0

    Et une marque de mode masculine, pareil, c'était une évidence ?

  • Speaker #1

    Je ne vais pas dire que c'était une évidence, c'était plus une opportunité. On s'est dit, quitte à créer une marque, autant que ça réponde à un besoin. Et on a estimé qu'il y avait plus de besoins sur le marché masculin. Et c'était une évidence, mais on n'y connaissait pas grand-chose au départ. Donc il a fallu aussi s'acclimater, discuter avec beaucoup d'hommes pour comprendre leurs besoins et ce qui leur manquait sur le marché.

  • Speaker #0

    Et le fait d'avoir créé une marque de mode responsable, c'était pareil un choix, une volonté ?

  • Speaker #1

    Alors la volonté, c'était vraiment, je pense, le local. Donc en soi, c'est responsable à savoir du Made in France, enfin pas que du Made in France, Europe aussi, et travailler autour de nous. Et éco-responsable, ça s'est fait naturellement. Au départ, on est toutes les deux chefs de produit, plutôt en 2018. justement après ces interviews clients. Donc quand on a réalisé qu'ils n'étaient pas du tout venus parce qu'on était une marque que deux sœurs avaient créée, ils étaient venus chez nous parce qu'ils nous considéraient, eux, éco-responsables. Et c'est là où on s'est dit, assumons d'être une marque éco-responsable et du coup, soyons-le encore plus. Et c'est à partir de ce moment-là où on a travaillé uniquement des matières dites plus responsables, si jamais parfaites. Finalement, c'est nos clients qui nous ont menés à ça. Et je ne peux pas dire que c'était le... point de départ de l'histoire de mon lima.

  • Speaker #0

    Oui, parce qu'en fait, en 2017, on ne parlait pas encore de responsabilité dans la mode. Ce n'était pas encore un sujet d'accueil.

  • Speaker #1

    Non, on commençait à parler de local, justement, mais l'éco-responsabilité, il y avait quelques marques ou quelques vêtements, mais hyper niche, pas toujours avec un esthétisme poussé. Et donc, ça ne nous était pas venu. Il est plus forcément naturellement de nous placer en tant que marque éco-responsable.

  • Speaker #0

    Raconte-nous un peu les débuts entre cette idée que vous avez et ces premières réalisations, ces premiers vêtements.

  • Speaker #1

    La première réalisation, ça a été de développer la collection, donc de trouver des partenaires qui puissent fabriquer nos vêtements. Je crois que c'est le plus difficile quand on lance une marque de vêtements, puisqu'il faut que le partenaire nous fasse confiance. Déjà, il faut le trouver. Donc, c'est difficile de trouver un savoir-faire. On a fait des salons, on a essayé de démarcher, etc. Il faut visiter parce qu'il faut voir où est-ce que nos vêtements vont être fabriqués, dans quelles conditions. Il faut convaincre les fabricants de bien vouloir travailler pour nous. Parce que nous, au début, on s'est dit qu'ils nous attendent comme les messies. Mais finalement, il y a beaucoup d'entreprises qui ne durent pas si longtemps que ça. Ça leur prend beaucoup de temps de créer des nouvelles relations. Donc finalement, ils sont souvent assez frileux et sceptiques à l'idée de... de travailler avec des marques qui n'existent pas encore. Ça a pris du temps de rencontrer les bons partenaires et je ne vais pas le cacher, le fait d'appartenir à un groupe, même si ça ne veut rien dire, parce que si la marque ne rencontre pas de client, en groupe ou pas groupe, elle ne durera pas longtemps. Mais c'était un peu quand même le certificat et le label de confiance et ça nous a aidés à convaincre des fournisseurs en France et en Europe. C'est ça,

  • Speaker #0

    parce que j'avais demandé si vous aviez justement capitalisé sur les partenaires du Comperam pour aller les démarcher, pour aller les trouver les vôtres.

  • Speaker #1

    Alors le premier fournisseur qu'on a trouvé c'était l'atelier du groupe ERAB. On avait cette première base, c'était un mix de partenaires qu'on nous avait conseillés, mis en relation et aussi pas mal de partenaires qu'on a trouvé sur le salon du Made in France. Alors il y a deux salons, il y en a un qui est vraiment si tout si pour les clients etc. et il y en a un qui est vraiment destiné aux professionnels avec toutes les, enfin pas tous, mais beaucoup d'ateliers en France qui se rendent à Paris au carreau du Temple et nos premiers partenaires on les a trouvés à ce moment là. On développe les produits, en parallèle il faut pouvoir les vendre. Donc on avait décidé dès le début d'être en ligne. Pourquoi ? Ça nous semblait naturel à l'époque. Un magasin ça peut faire peur, ça veut dire tout de suite un stock faire tourner. Au niveau ressources humaines aussi, il faut du monde. Donc le vendre en ligne, on était plus à l'aise avec ça. Développer un site internet quand on n'y connaît rien, c'est pas facile, il faut savoir par quel bout s'y prendre. Là aussi, le groupe a été un soutien. En fait, on l'a fait à notre façon, ce qui a toujours été notre façon de faire, c'est-à-dire sans complexe. Nos briefs e-commerce, je pense qu'ils n'en avaient jamais vu des comme ça, mais avec des copies d'écran de plein de sites en disant, voilà, on aimerait que ce soit comme ci, comme ça. Donc, le site Internet a été terminé à peu près au moment où on s'était fixé avril 2017. Et finalement, ça s'est pas mal goupillé. Le site Internet a été pris en même temps que les vêtements.

  • Speaker #0

    Comment est-ce que tu es allée chercher tes premiers clients ?

  • Speaker #1

    On disait, voilà, on fait des beaux produits, un beau site Internet, le bouche à oreille, ça va arriver. Alors oui, ça s'est fait comme ça, mais il faut quand même sortir du lot et ce n'est pas évident. Donc, les premiers clients, c'était forcément plutôt du bouche à oreille. On a eu la chance d'intégrer très rapidement l'exception qui, d'ailleurs, a fermé cette semaine, mais qui était un concept multimarque parisien. Et nos premiers clients qui, ensuite, ont commandé directement sur notre site, c'est... Et parmi ceux qu'on avait interrogés, il nous avait connus via l'exception. Qui était une boutique ? Qui était une boutique plus inscrite en ligne. Et finalement, ça nous a donné pas mal de visibilité. On a fait des événements à Paris, à Nantes, dans mon premier appartement où j'avais ouvert. On faisait avec les moyens du bord. Mais on avait énormément de...

  • Speaker #0

    Présenter ta collection ?

  • Speaker #1

    Voilà, je présentais ma collection, on avait notre petite caisse sur mon plan de travail.

  • Speaker #0

    Tu avais invité qui ?

  • Speaker #1

    J'avais invité mes amis, bien évidemment, et des personnes de Nantes que je connaissais au gré de rencontres, donc c'était assez large, nos amis avaient le droit d'amener des amis. On avait eu beaucoup de monde, d'ailleurs le ménage avait été bien costaud le lendemain, et c'était assez... rassurant, forcément, ça donnait de l'énergie. Donc, les premiers clients, ça s'est fait plutôt, finalement, en vente physique. C'est qu'ensuite, on a vraiment appris à maîtriser le site Internet. À savoir, il ne suffit pas d'avoir un site Internet, il faut que les gens arrivent dessus. Et donc là, ça a été du référencement. Et puis, la partie plus sponsoring, acquisition sur Facebook et Instagram. Et c'est là que les personnes sont réellement, des vrais inconnus sont réellement arrivés jusqu'à nous.

  • Speaker #0

    Vous vendez ces premiers vêtements. À partir de quand l'équipe a commencé à se structurer ? Est-ce que ça a été assez rapide finalement dans son développement ? Ou est-ce que ça a mis un petit peu de temps ?

  • Speaker #1

    On a rapidement su qu'il nous fallait une personne en plus, justement pour gérer toute cette partie e-commerce qu'on avait appris à apprivoiser. Oui. mais on n'était pas du tout expertes. Donc on a rapidement été trois. Un petit peu avant le lancement du site Internet, on a été trois. Et on est restés longtemps à trois. Ça nous suffisait. Et finalement, on a étoffé l'équipe. D'abord avec des personnes qui étaient arrivées en CDD. Il fallait pour nous un peu tester. Qu'est-ce qu'on va leur donner ? Qu'il y a de mission ? Parce que tout le monde était un peu touche à tout. Donc ce n'est pas si facile que ça, de passer de touche à tout à il faut qu'on se structure, il faut que chacun ait ses missions.

  • Speaker #0

    J'ai vu aussi que vous aviez des boutiques physiques pour la marque Mon Limard. Vous en avez combien des boutiques ?

  • Speaker #1

    À Paris, on a un corner dans un magasin bocage à l'étage d'un grand magasin Boulevard Haussmann. C'est l'adresse qu'on donne à nos clients puisqu'il y a une grosse partie de notre collection là-bas. On a des revendeurs en France, notamment à Paris dans le Marais, on a l'appartement français. Quelques revendeurs en France et à chaque période de Noël, on ouvre un magasin éphémère dans le Marais à Paris.

  • Speaker #0

    Est-ce que vous appuyez justement sur le savoir-faire du groupe Eram ? pour distribuer votre collection ?

  • Speaker #1

    Plus que sur son savoir-faire, on se sert justement d'une boutique. On n'aurait pas un Corner Boulevard Haussmann sans le groupe Eram. On l'avait même avant de travailler chez Bocage, on était déjà dans cette boutique. Donc on se sert de la force de vente, notamment. Et même au moment de notre magasin éphémère, c'est souvent des personnes qui travaillent à Paris qui viennent nous donner un coup de main sur la boutique. Après, aujourd'hui, on n'a pas encore un réseau de boutiques, donc on fonctionne quand même encore comme une marque en ligne, mais on n'est pas organisé comme une marque retail telle que le sont d'autres marques du groupe Eram. Mais si on était amené à ouvrir vraiment deux, trois boutiques, ce qui est notre souhait un jour, là, je pense que ce serait une vraie force en effet et on se ferait, enfin, on se ferait conseiller, ce serait bête de partir de zéro par des experts autour de nous.

  • Speaker #0

    Vous êtes combien aujourd'hui dans l'équipe ?

  • Speaker #1

    Aujourd'hui, on est dix.

  • Speaker #0

    Où est-ce que tu veux l'emmener, cette marque, dans les prochaines années ?

  • Speaker #1

    On aimerait faire de plus en plus d'adeptes. Les premiers clients qui sont arrivés, c'était vraiment, je pense, des clients qui cherchaient de la mode éco-responsable, donc déjà ultra convaincus. Ils nous ont trouvés à force de recherche. Et nous, notre challenge, c'est plutôt d'aller chercher des clients qui consomment de la mode traditionnelle, de les convaincre de faire évoluer leur consommation. et d'acheter mon limard. Quand on est start-up, au départ, forcément, les moyens sont très limités. Donc, pour être une marque établie, il faut des beaux visuels, une belle identité. Donc, ça se construit année après année, ça ne se fait pas tout seul. Et je pense que c'est ça notre cheval de bataille pour les prochaines années, puisque l'éco-responsabilité, les produits, la qualité, je pense qu'on sait maintenant, au bout de sept ans, qu'on a ce qu'il faut et on va continuer à le faire. Et maintenant, notre enjeu, c'est de... rameter des clients de la mode traditionnelle et les amener à avoir une consommation plus responsable.

  • Speaker #0

    Est-ce que tu pourrais nous partager quelques chiffres clés sur ta marque ? Est-ce que vous avez trouvé votre modèle économique ? Est-ce que la marque est rentable ?

  • Speaker #1

    On est en croissance chaque année. C'est ce qu'on recherche de toute façon. Aujourd'hui, il faut qu'on grossisse. On fait 80% de Made in France. Ça n'a pas vocation à rester stable, c'est le constat. Mais on est aussi autour de 80% de fabrication en France.

  • Speaker #0

    Et pas Made in France, les 20% ?

  • Speaker #1

    Les 20%, c'est Made in France. de Portugal et on a quelques chemises faites en Tunisie, qui est l'usine en propre de notre usine française de chemises. C'est la petite particularité. Le chiffre, et ça c'est la promesse qu'on s'est fait depuis le début, c'est les moins de 2000 km. On se l'est écrit dès le début, on s'est dit si on l'écrit partout, on n'aura jamais le droit de les dépasser. Et c'est une promesse client qu'on tient. Et en parlant de client, là je regardais justement hier, parce qu'on fait un peu le point en fin d'année forcément, on a plus de 20 000 clients qui ont passé commande chez Montlimar depuis nos débuts. On commence à avoir quand même pas mal d'adeptes, on commence à en voir dans la rue.

  • Speaker #0

    Vous avez des clients uniques ?

  • Speaker #1

    Oui, c'est ça. On a environ 80 000 personnes qui ont fait le choix de nous suivre par newsletter, donc on intéresse aussi. On commence à avoir une belle communauté, une belle base client et c'est en les fidélisant aussi qu'on arrive à croître chaque année et aussi avec du parrainage, en convaincre de plus en plus autour d'eux.

  • Speaker #0

    Vous êtes rentable aujourd'hui ?

  • Speaker #1

    On ne cherche pas forcément la rentabilité, mais on en est très proche. À chaque fois qu'on s'en approche, on va au contraire réfléchir à comment passer la marche supérieure. C'est pour ça qu'en 2021, on avait embauché plusieurs personnes. Et c'est ce qu'on a fait aussi début 2024 pour aller chercher justement plus de chiffres d'affaires, plus d'adeptes chez Monima.

  • Speaker #0

    En 2022, la marque Bocage est entrée dans vos vies. Raconte-nous un peu comment ça s'est passé.

  • Speaker #1

    Alors, on savait que notre oncle, qui s'occupait de Bocage depuis très longtemps, partait à la retraite. On était fans, enfin on est toujours fans de Bocage, évidemment, mais on était plutôt clients de Bocage déjà, avant d'en prendre la tête. On savait qu'il partait à la retraite, mais on ne s'était pas du tout imaginé ou projeté, et donc positionné pour prendre la suite, parce que mon limard prenait vraiment tout notre espace temps et notre espace mental. Après des discussions, notamment avec notre oncle, qui souhaitait vraiment transmettre son bébé à des personnes aussi passionnées que lui. Par la chaussure et par bocage, ils nous ont proposé avec notre papa de prendre sa suite. On nous l'a proposé, c'était en novembre 2021. Ça a été une surprise et aussi on s'est demandé si on allait y arriver, accepter. Donc j'avoue que je n'ai pas très bien dormi après cette proposition-là. Et puis finalement, l'envie d'y aller était plus forte que la peur. On s'est lancé et on a dit oui avec Charlotte parce que non seulement il fallait se décider toute seule, mais il fallait savoir si on était toutes les deux partantes. C'était un peu la condition sine qua non pour toutes les deux. Ok, mais on continue à deux. On a pris la tête de bocage début 2022.

  • Speaker #0

    T'avais peur de quoi ?

  • Speaker #1

    J'avais peur de ne pas avoir le temps, j'avais peur de ne pas y arriver. Mon limard, ça a été façonné par nous. Donc en fait, tout s'est fait un petit peu naturellement. Au fur et à mesure, on a grandi avec mon limard. Là, c'était quelque chose de complètement différent. C'était s'approprier une marque qui existe déjà depuis 1966. Des équipes. qui sont parfois là depuis notre naissance ou même avant en boutique. On a des personnes qui sont là depuis 40 ans. Donc, c'est quand même un challenge. L'envie a été plus forte que la peur.

  • Speaker #0

    Et pourquoi est-ce que tu penses qu'on est venu vous chercher ?

  • Speaker #1

    Je pense qu'on est venu nous chercher peut-être pour finalement l'œil digital, comme je le disais, qui n'était pas du tout notre expertise, mais qui de fil en aiguille l'est devenu. Apporter, je pense, cet œil plus marque et digital à la marque Bocage et qui est toujours... Une marque très produit. Mon oncle était vraiment un expert de la chaussure, du savoir-faire. Il avait travaillé dans les ateliers. Il y avait un vrai savoir-faire, chaussure, produit, qualité. Et je pense qu'on a fait appel à nous pour peut-être y apporter un œil marque et digital, nouvel ère on va dire.

  • Speaker #0

    Vous, qu'est-ce que vous voulez faire de cette marque ?

  • Speaker #1

    Notre conviction aujourd'hui, c'est qu'un produit c'est très important. Puisque ça fidélise, il faut proposer des produits qui soient beaux, de qualité. Et c'est la puissance de la marque aujourd'hui qui fait la différence. Donc, on travaille sur l'image de marque Bocage. On a revu tout ce qui fait l'image et l'expérience client en plus du produit. C'est vraiment notre cheval de bataille depuis trois ans. On commence à avoir la concrétisation de nos convictions. Ça fait plaisir quelques années après.

  • Speaker #0

    Comment est-ce que tu pourrais nous la décrire, cette marque, pour nous convaincre d'aller acheter ? Les chaussures là-bas.

  • Speaker #1

    C'est une marque qui a un vrai savoir-faire, puisqu'on existe depuis 1966. Il y a une grande partie des collections qui est fabriquée dans notre atelier. Elle a une vraie singularité et elle se différencie par son savoir-faire. La chaussure, ce n'est pas un accessoire chez nous, c'est un objet en tant que tel. Qui dit savoir-faire dit confort, détail. Je sais que les clients sont attirés par le style. On a une vraie équipe de style, achats et chefs de produits. C'est la passion de la chaussure chez nous. Vous venez dans les bureaux, il y a la chef de produit qui est en train de caresser sa chaussure et d'hésiter entre un bordeaux, entre deux teintes qui a l'œil nu, humain, on ne voit pas la différence. Donc c'est la passion de la chaussure qui attire aux premières gales et ce qui fait des fidélistes particulièrement chez Bocage, et on le voit quand on interroge nos clients, c'est le confort. On a des chaussures à talons, des chaussures, on est coquette la journée, mais par contre on galope toute la journée de rendez-vous en rendez-vous et on veut être confortable. Et on sait qu'on fidélise grâce à ça. Notre atelier, il est en Pays de la Loire. Il est à Montjean-sur-Loire. Donc, c'est entre Saint-Pierre-Mont-Nimar, le berceau du groupe, et Angers.

  • Speaker #0

    Et donc, là-bas, vous créez les modèles ? Vous les fabriquez aussi, là-bas ?

  • Speaker #1

    Ils sont créés à Saint-Pierre-Mont-Nimar, par Busty, chef de produit, etc. Et il y a une partie de la collection. Donc, en l'occurrence, chez Bocage, on fait environ 30 de produits qui sont fabriqués dans l'atelier à Montjean-sur-Loire. Donc, c'est la fabrication qui se fait là-bas.

  • Speaker #0

    Et le reste, les 70% ?

  • Speaker #1

    Et le reste, on est environ à 80% en Europe, donc incluant cette partie française. Et après en Asie. On a un partenaire en Inde depuis un long moment avec qui on souhaite continuer.

  • Speaker #0

    Pourquoi pas tout en France ? Parce qu'on n'a pas de savoir-faire ? Parce qu'il nous manque des matériaux ? Parce que quoi ? Qu'est-ce qui manque ?

  • Speaker #1

    Alors pas tout en France parce que... Alors déjà, le prix de la fabrication française, il ne faut pas se mentir. C'est ça. beaucoup plus chères. Les paires qu'on fabrique en France, elles nous coûtent beaucoup plus chères que celles qu'on fabrique en Inde. Le prix de vente pour nos clients, on essaye de ne pas tant le différencier que ça. Donc nos paires françaises, on essaye de les garder à un prix assez accessible. Et c'est pour cela aussi que...

  • Speaker #0

    C'est quoi, un prix assez accessible ?

  • Speaker #1

    Un prix assez accessible... Une... Une paire made in France, alors ça dépend des produits, mais elle peut être à 130 euros, 140 euros.

  • Speaker #0

    Une paire de bottes dans ces cas-là, 130 euros ?

  • Speaker #1

    Non, une paire de bottes, on est plus cher. Plus cher. Une paire d'escarpins, par exemple, va être dans ces prix-là.

  • Speaker #0

    Donc, assez premium en positionnement.

  • Speaker #1

    Assez premium. On ne fait que cuir. Et belle fabrication, on choisit des belles matières. Et le fait de garder cet atelier en France, c'est une vraie conviction, puisque ce n'est pas facile, il faut former des gens aussi. C'est très difficile de trouver des personnes encore. qui veulent travailler dans la chaussure, il n'y a plus vraiment de formation. Donc on a créé l'école de la chaussure. On intègre des personnes qui n'y connaissent rien à la chaussure dans le but de les former et de les faire fabriquer. Et là, je parle de nous et de l'atelier, mais je vois qu'avec Monumar, on est en contact avec énormément de fabricants français. Et l'un des plus gros challenges, soucis pour eux, c'est de recruter et de faire perdurer les savoir-faire. On a créé l'école de la chaussure. En interne, je sais que notre fabricant de chemise, Monimar, qui est dans la région de Choletès, pareil, il a créé une filière de formation et il forme lui-même.

  • Speaker #0

    Qui sont les clients de la marque Bocage ?

  • Speaker #1

    Nos clients, alors c'est très multigénérationnel. Je vais parler des clientes, c'est quand même les clientes, ce sont quand même nos principales clients. Quand on regarde un petit peu les âges, il y a autant de 20-30 ans que de 30-40 ans que de 40-50 ans. Donc on s'adresse à... Toutes les générations, près de la moyenne d'âge, je dirais que c'est autour de la quarantaine. Et le point commun, c'est la recherche de style, bien évidemment, et la recherche de qualité et de chaussures qui durent dans le temps.

  • Speaker #0

    Et donc tu disais qu'au départ, tu avais été appelée aussi pour lancer un peu la digitalisation de la marque ?

  • Speaker #1

    Alors la digitalisation, heureusement, quand même, ils ne nous avaient pas attendus. Il y avait déjà des experts, il y avait vraiment deux mondes, le monde des magasins, le monde du site, qui sont... Non pas qu'ils ne s'entendaient pas, mais c'était parfois même un peu la concurrence. C'était le site, ils nous prennent nos ventes ou alors les magasins. Là, c'est vraiment, on n'est qu'une marque, on est global. Je pense que c'est la clé aujourd'hui pour survivre ou vivre. Et peut-être que ceux qui ont disparu, c'est peut-être ceux qui n'ont pas forcément pris ce virage-là. Et le client, il ne doit pas voir la différence entre son expérience web, son expérience physique. S'il retire un colis en magasin qu'il a commandé sur le web. Il faut qu'on l'accueille de la même façon que s'il a acheté en magasin. Et ça, quand on a des personnes qui travaillent depuis 40 ans parfois dans l'entreprise, mine de rien, c'est un état d'esprit à faire évoluer. Mais quand on voit que les dirigeantes sont en tout cas très à cheval sur le fait d'accueillir un client web, pas web, de la même façon, forcément, ça va plus s'infuser ensuite. Et c'est ce qui fait, je pense, le succès et la dynamique de Bocash, c'est de ne plus voir la différence entre le web et le digital. On est une marque unique.

  • Speaker #0

    Comment est-ce que tu fais pour passer d'une marque à l'autre ? Comment est-ce que tu t'organises ? Comment est-ce que tu gères ça ? Tu ne deviens pas un peu schizo à la fin du tournée ?

  • Speaker #1

    Alors au début, c'était très rock'n'roll. Donc on s'est demandé quand même comment on allait y arriver parce qu'on avait peur, mais en fait, on avait raison d'avoir peur parce que les calendriers se font très en amont chez Bocage puisqu'on développe des collections six mois à l'avance. Tout est forcément prévu, sinon les emplois du temps se remplissent, les validations de collections. On fait beaucoup de co-construction justement avec les magasins. Donc il y a plein de rendez-vous. qui étaient déjà fixés quand on est arrivé. On s'est retrouvés avec deux agendas pas du tout compatibles. Donc, les six premiers mois, c'était vraiment naviguer entre les rendez-vous et puis tout en prenant ses marques. Aujourd'hui, on maîtrise nos agendas. Et dans une même journée, on passe d'un sujet bocage à un sujet Monimar sans trop se poser de questions. Et on se réserve quand même des moments par équipe. C'est important de bloquer les agendas, justement. Le mercredi après-midi, on est systématiquement avec Monimar, par exemple, sur des sujets qui sont prévus à l'avance. Donc... Voilà, organisation, je crois que c'est le mot. Chez Monimar, on pouvait se permettre d'être un peu plus dernier moment et on a gardé cette agilité. Mais par contre, mon agenda, je fais beaucoup plus attention à le gérer la semaine d'avant. Je regarde si tout coïncide, je bouge des choses pour qu'ensuite, ça déroule tout seul.

  • Speaker #0

    Est-ce qu'il y a des synergies entre les deux marques ? Est-ce que ça vous est arrivé de faire les partenariats ?

  • Speaker #1

    C'est important pour nous. Quand on dit, moi je pense qu'aujourd'hui ce qui est important c'est la singularité de la marque. Donc c'est important pour nous que ce soit bien dissocié, que les équipes marketing, produits, etc. soient différentes. Pour s'imprégner d'une marque, c'est important d'y être consacré à 100%. Donc les équipes dans leur mission, ce ne sont pas les mêmes équipes, elles sont différentes, elles travaillent sur leur sujet. Après géographiquement, comme on s'occupe des deux marques, les bureaux sont assez proches. Donc, il y a des synergies, forcément, parce qu'il y a des ententes humaines. Donc, on partage beaucoup. Les équipes partagent. On parlait justement d'acquisition, de sponsoring sur Facebook, Instagram, etc. C'est des métiers d'experts. Et du coup, sans faire la même chose, c'est hyper enrichissant de discuter avec des personnes qui font grosso modo le même métier. Donc, il y a beaucoup de discussions. Et après, de synergie, on… Un corner mon imar dans une boutique bocage et voilà, c'est la plus belle synergie je pense qu'on ait pu faire.

  • Speaker #0

    Où veux-tu emmener cette marque bocage ? C'est quoi votre ambition ?

  • Speaker #1

    C'est d'être la marque... qui arrive à concilier désirabilité et co-responsabilité, donc des enjeux finalement assez Ausha mon limard. Et on veut être la marque chausseur experte dans la tête de nos clients ou de nos futurs clients, donc vraiment la référence chaussure.

  • Speaker #0

    Que ce soit en physique ou sur Internet. C'est quoi la répartition de votre chiffre d'affaires entre les ventes sur Internet ?

  • Speaker #1

    On paie environ 20% sur Internet. très dynamique et en boutique aussi. On fait des bonnes années et ça permet aussi de montrer aux uns et aux autres que même quand le digital est en pleine croissance, au final, ça porte le physique et vice-versa. Alors qu'on aurait pu se dire si le site Internet augmente, c'est forcément que ça va prendre des ventes sur le physique et on va fermer des magasins etc. Alors que non. Quand il y a une dynamique, on voit que les clients, ils commandent sur Internet, ils vont en boutique. Quand ils aiment une marque, ça fait bouger à la fois le physique et le digital. Et quand on a une dynamique positive, je pense que c'est à la fois les boutiques physiques et à la fois le digital qui évoluent. Et là, après des années plutôt de stabilisation du réseau physique, aujourd'hui, on souhaite ouvrir de nouvelles boutiques à Paris, à Lille. On est en conquête, on va dire. C'est assez nouveau pour nous parce que le marché du centre-ville et de la mode... accessible. On a vu qu'on avait des prix de vente, on a des produits quand même de qualité, mais ça reste assez accessible. C'est vraiment un enjeu aujourd'hui. On a beaucoup de concurrents qui ont disparu sur le marché de la chaussure de centre-ville. Donc, il fallait stabiliser et puis être sûr de là où on voulait emmener Bocage en termes d'images, etc. Et aujourd'hui, on se sent prêt à reconquérir certaines villes.

  • Speaker #0

    Vous avez combien de boutiques aujourd'hui en France ?

  • Speaker #1

    On a une soixantaine de boutiques avec les corners dans les grands magasins. On monte environ à 80. Et là, on investit, on va dire, sur le physique puisqu'on refait notre concept boutique. Donc là, c'est vraiment décoration, entre guillemets, mais aussi la façon dont on présente nos produits. C'était une grosse envie parce que de travailler sur ce sujet, c'est hyper intéressant. Sur la décoration, c'était mon tout premier métier. J'avais très envie. mais il fallait aussi que ce soit le bon moment pour Bocage et pour nos clients. Et là, au mois de début mars, on ouvrira pour la première fois notre nouveau concept dans notre boutique qui existe déjà de Villiers. Donc c'est repartir sur un nouveau cycle. Ça se fait tous les dix. Là, ça faisait douze ans qu'on avait le même mobilier, la même déco en magasin. Et je pense que ça va aider aussi tout le réseau physique à repartir encore sur une nouvelle dynamique. Et je pense à convaincre de nouveaux clients qui passaient devant sans forcément rentrer. Et quand on voit qu'il s'est passé quelque chose, nouvelle décoration, nouvelle façon de présenter, je pense que ça va encore plus redorer l'image de marque de bocage.

  • Speaker #0

    Tu as une boutique à Nantes ?

  • Speaker #1

    Il y a une boutique à Nantes qui est rue d'Orléans.

  • Speaker #0

    Sur votre site, je vois qu'il y a de la femme, il y a de l'homme. Vous ne faites pas de l'enfant ?

  • Speaker #1

    On ne fait pas d'enfant, non.

  • Speaker #0

    Ce n'est pas un projet ?

  • Speaker #1

    Non, pas forcément. Après, on a lancé de nouveaux services. Donc aussi, on va vers cette durabilité correspondante. éco-responsabilité, pardon, chez Bocage aussi. On propose la location de chaussures. C'est assez innovant aussi. Et là, secondement.

  • Speaker #0

    Et comment ça se passe ? Tu loues tes chaussures ?

  • Speaker #1

    On loue nos chaussures. Ça a été lancé avant qu'on arrive. Je ne vais pas récolter des lauriers, mais on y croit beaucoup aussi avec Charlotte. On a de plus en plus d'adeptes chaque saison. Louer ses chaussures, on a des abonnements en boutique de deux mois. On choisit une paire de chaussures neuves. Voilà, c'est celle qu'on veut dans tout le magasin. Et au bout de deux mois, soit on la rapporte et on en choisit une autre, ou soit on l'achète avec un prix attractif. Donc ça permet de faire varier son garde-chaussures, sans forcément investir sur l'avenir, ça peut être pour tester une tendance, ou juste voir, celle-là elle me plaise, je vais les mettre deux mois, est-ce que réellement j'en ai besoin, ou est-ce que c'était un coup de cœur. Quand on rend notre chaussure, elle est reconditionnée dans notre atelier à Montjean-sur-Loire. Et elle est revendue ensuite en seconde main dans nos boutiques. Le fait d'avoir notre atelier, c'est ce qui nous a permis de lancer ce service, puisqu'ils ont un brevet d'hygiénisation. Ils peuvent changer la semelle, changer les lacets, les remettre en forme. Ce qui fait qu'honnêtement, elles paraissent presque neuves alors qu'elles ont déjà été portées.

  • Speaker #0

    Tu as beaucoup de clients qui utilisent ce service ?

  • Speaker #1

    De plus en plus. Il y en a environ 5000 en France qui sont abonnés.

  • Speaker #0

    C'est assez innovant comme approche et en plus c'est... responsable. Tu sens que ça SM autour de vous ? Est-ce que d'autres marques vous sollicitent, vous contactent pour lancer ce modèle-là aussi ?

  • Speaker #1

    Je vois que ça surprend et il y a beaucoup d'autres chausseurs où il y a même, l'autre fois, c'était une personne des achats du gouvernement. Je pense qu'ils se posent eux également des questions sur la façon de consommer, comment ils chaussent les personnes de leur ministère, j'en sais rien. mais ça fait poser beaucoup de questions et on est assez souvent soliste. Par curiosité, on répond toujours par curiosité à comment vous faites, qu'est-ce que ça apporte, comment vous y prenez, etc. Un chausseur belge, l'autre fois, qui a pris contact avec moi pour savoir comment on s'y prenait. Donc, on partage.

  • Speaker #0

    Et justement, c'est quoi les grands challenges que vous avez aujourd'hui, auxquels vous êtes confrontés ?

  • Speaker #1

    C'est quand même la vente physique, même si je pense qu'on a trouvé les clés pour la faire vivre. Et puis, on... On va de l'avant avec un nouveau concept, mais il n'empêche que quand on regarde autour de nous, c'est un challenge, puisqu'on voit que ce n'est pas si facile que ça de survivre en centre-ville aujourd'hui. C'est-à-dire qu'il ne faut pas se reposer sur ses lauriers, il faut sans cesse se réquestionner, travailler son image de marque. J'appuie dessus, mais c'est vrai. Et puis innover dans le sens, nos services, là on a la location, la seconde main, on est en train de lancer la réparation de chaussures. En ce moment d'ailleurs on est en test à Nantes parce qu'on aime bien faire des tests à Nantes comme c'est à côté c'est pratique. C'est aussi grâce à l'atelier de chaussures donc on propose notamment vraiment des packs reconditionnement parce que c'est à force de proposer des chaussures de seconde main les clients finissent par dire mais vous pouvez pas faire ça aussi avec mes chaussures et finalement on envoie les paires de nos clients dans notre atelier à Montjean-sur-Loire et ils font ce qu'ils font avec les chaussures louées c'est à dire qu'ils les remettent en forme et on offre ce service à nos clients. On le teste pour l'instant, il faut toujours tester avant de s'emballer. Mais c'était une vraie demande client pour le coup. Et on peut se permettre de le faire toujours avec cet atelier dans la région.

  • Speaker #0

    Et ça prend bien ?

  • Speaker #1

    Et ça prend bien. On n'en parle pas beaucoup parce que forcément, quand on propose beaucoup de choses, c'est difficile de parler de tout. Donc là, on était un petit peu plus en test sous-marin. Comme on savait qu'il y avait des demandes, c'était de se faire la main à l'atelier. Est-ce qu'on y arrive ? Comment on s'organise ? Pour peut-être ensuite communiquer un petit peu plus sur le sujet et l'étendre à d'autres boutiques.

  • Speaker #0

    On parle justement de tous ces sujets de réparation, de recyclage, etc. Mon limard a été labellisé Bicorp en 2023. Qu'est-ce que ça fait aujourd'hui d'avoir une marque qui est labellisée Bicorp ?

  • Speaker #1

    Je pense que c'est une preuve pour nos clients, pour nous aussi. C'est un peu se dire, ok, tout ce qu'on fait, c'est réellement vertueux. Et ça nous permet aujourd'hui d'apporter transparence et preuve à nos clients. et d'éviter de gesticuler par ailleurs. Parce que quand on fait les choses bien, on a envie de tout dire. Donc on avait tendance à dire, ce produit, il a telle matière, il est comme ci, il est comme ça, pour montrer au client qu'il était éco-responsable, verteux. Et ça nous a permis d'avoir une labellisation internationale. ça nous permet d'être plus posés et d'avoir moins besoin de nous justifier. Parce qu'il y a toujours la peur du greenwashing, les clients ils ont toujours très peur, donc voilà, il faut leur apporter beaucoup de preuves. Et le fait d'avoir cette labellisation-là, ça ne suffit pas évidemment, on est toujours transparent par ailleurs, mais ça nous permet de nous sentir plus légitimes dans nos prises de parole, quand on discute avec des clients.

  • Speaker #0

    Mais vous, ça vous engage à quoi concrètement ?

  • Speaker #1

    Ça nous engage à nous améliorer, puisque à la fin de la certification, on a eu un score. qui était assez bon, même très bon pour le prêt-à-porter. Et voilà, c'est pas juste, bon, c'est bon, on est labellisé, on s'arrête. C'est à la prochaine labellisation. Il y a des étapes, tous les deux ans, il faut s'améliorer. Donc, ça veut dire qu'une fois qu'on a un petit peu notre photo, qui est le jour de la labellisation, on nous dit, voilà, vous avez tant, là où on a des bons points, là où on peut s'améliorer, eh bien, il faut direct se mettre en mouvement. puisqu'on pense à la prochaine étape, même si ça paraît lointain. Et il faut aller travailler sur ces points faibles ou des choses qu'on n'a pas encore eu le temps de faire, pour pouvoir montrer qu'on s'est amélioré. C'est vraiment l'amélioration continue Bicor.

  • Speaker #0

    Ça parle à tes clients, cette labellisation ?

  • Speaker #1

    À certains clients. Je ne vais pas te cacher que les labellisations, je pense que ça leur parle, parce qu'ils se disent Ok, c'est connu, ça a l'air gros mais ils ne savent pas toujours exactement à quoi ça correspond, ce que ça implique. Et c'est à nous aussi d'être dans la pédagogie et de leur expliquer comment on s'est fait labelliser, pourquoi on s'est fait labelliser, qu'est-ce que ça implique, etc. Mais de même, c'est connu justement par ce noyau dur de clients hyper engagés et hyper parfois militants. Et c'est moins connu d'un client qui passe comme ça. Mais je pense que ça... Il le voit, ça peut l'interpeller et il a les informations, s'il souhaite creuser, on lui fournit un peu les informations, donc c'est qu'un plus je pense.

  • Speaker #0

    On parle aussi beaucoup dans l'univers de la mode de nouvelles technologies, d'IA, d'intelligence artificielle, de blockchain. Est-ce que vous les utilisez et si oui, comment ?

  • Speaker #1

    On parlait de synergie, groupe, etc. Ça c'est un sujet qui est vraiment traité de façon globale dans le groupe. À savoir, il y a des éclaireurs, des personnes hyper intéressées qui ont été identifiées, qui se sont portées volontaires et on a une commune. Côté intelligence artificielle, et c'est eux qui sont en train en ce moment de faire un peu un état des lieux auprès des différents métiers. Quels sont les besoins des différents métiers ? Pas que sur l'imagerie, le marketing, etc., mais aussi juridique, finance, et comment on peut répondre à ces besoins grâce à l'IA. Donc là, les premières actions, c'est plutôt sur le marketing quand même, et l'imagerie notamment. Après, je pense que c'est une cible de... C'est une population qui est assez à l'écoute aussi des innovations du marché.

  • Speaker #0

    Si tu avais un conseil à donner à un entrepreneur qui souhaite se lancer aujourd'hui dans l'univers de la mode ?

  • Speaker #1

    Souvent, une personne qui a des valeurs éco-responsables, etc., il y a certaines personnes qui peuvent penser que l'image, le marketing, c'est superficiel et que c'est presque triché. Or, je pense qu'il ne faut pas s'en couper. Donc, éco-responsable, pour moi, c'est un critère, c'est un prérequis, mais ce n'est pas ce qui fera la marque. Donc vraiment mettre de l'énergie et quelques moyens, en tout cas humains, dans le visuel, prendre le temps de savoir quel message on a envie de porter, vraiment travailler sur la marque et ne pas se dire, ce qu'on a pu se dire parfois au début, que mon produit, parce qu'il est parfait d'un point de vue éco-responsable, forcément il va trouver preneur. Et c'est justement assez facile avec ce genre de produit de convaincre des personnes qui sont déjà convaincues. Il faut aller chercher les personnes qui ne consomment pas forcément de manière éco-responsable et auquel cas il faut leur apporter la même service, le même plaisir dans l'achat d'un vêtement. Ça passe par les couleurs, les matières, les photos, le message qu'on va porter. Donc je pense qu'il ne faut pas du tout mettre de côté cette partie qui peut paraître superficielle, mais qui est, je pense... indispensable. Et mon autre conseil, c'est de pas vouloir être parfait. Et je pense que nous, on a voulu l'être un petit peu trop parfois. Et surtout, on a beaucoup de marques éco-responsables dans notre écosystème qui ont parfois disparu. Parce qu'à vouloir faire tout parfaitement du bouton à l'étiquette, à l'emballage, à tout, le modèle n'est pas toujours verteux. Et du coup, économiquement, c'est parfois difficile de survivre. Donc je pense qu'il faut se donner des objectifs, aller étape par étape. Se dire ce qui est important pour mes clients, pour moi, c'est ça. Là-dessus, je vais tout donner. Et voilà, l'année prochaine, je vais aller m'améliorer là-dessus, là-dessus, là-dessus. Et pas vouloir rendre une copie parfaite dès le premier lancement, parce que je ne pense pas que ce soit possible.

  • Speaker #0

    Mon Limard, c'est une marque qui est quand même attachée à ses racines, on le voyait. Quel lien en particulier, toi, tu entretiens avec Nantes et la région ?

  • Speaker #1

    Alors Nantes, je me sens à la fois mon Limard toite et à la fois nantaise, puisque j'étais à l'internat à Nantes dès la sixième. Donc j'ai habité finalement à Nantes, en tout cas la semaine.

  • Speaker #0

    Tu étais où ?

  • Speaker #1

    J'étais à Blanche-de-Castille. Donc de la 6e à la Terminale, j'étais à Nantes. Je ne voyais pas beaucoup de pays quand même, notamment au collège. Après au lycée, c'était le temps des sorties du mercredi, donc j'ai beaucoup exploré Nantes en toute liberté. Donc j'ai un vrai attachement pour Nantes. Et finalement, quand j'ai cherché mon premier travail, je cherchais à Paris. Et Nantes, j'ai trouvé à Nantes et donc j'habite à Nantes depuis que j'ai commencé à travailler. Mon mari est parisien. Donc là, tu habites toujours à Nantes ? J'habite toujours à Nantes, oui. J'ai convaincu, mon mari était né à Paris, avait grandi à Paris, mais finalement j'ai réussi à lui vendre Nantes aussi. Donc on s'est tout de suite installé à Nantes et on y est très très bien depuis qu'on habite à Nantes.

  • Speaker #0

    Pourquoi est-ce que Nantes est selon toi un terreau fertile pour des entreprises engagées ?

  • Speaker #1

    J'ai l'impression qu'il y a beaucoup d'interactions. Il y a beaucoup de marques avec des belles valeurs à Nantes qui se créent. Certaines qui existent depuis un moment, certaines qui s'y installent. Donc, je trouve qu'il y a un certain dynamisme pour ces marques. On se sent entouré. On a l'impression d'être dans un écosystème qui ne nous ressemble pas toujours. Mais en tout cas, il y a un effet de groupe, je trouve.

  • Speaker #0

    Et comment est-ce que... Tu fais pour finalement faire rayonner ta marque ici en local ? Les deux marques d'ailleurs.

  • Speaker #1

    Les deux marques, on a un ancrage. De toute façon, on vient d'ici. Donc quand on regarde nos bas clients, même Monimar qui est pourtant en ligne, alors on a une grosse concentration à Paris, mais on a aussi une très grosse concentration dans l'Ouest. Donc je pense que naturellement, nos premières ventes, on les a faites à Nantes. On connaît quand même des personnes à Nantes. Donc au fur et à mesure, à force d'en parler, le bouche à oreille. quelques articles de journaux locaux aussi, fait qu'on est quand même très ancrés dans notre région pour Bocage et pour Montlima.

  • Speaker #0

    Qu'est-ce que tu aimes ici ?

  • Speaker #1

    Qu'est-ce que j'aime ? J'aime la tranquillité. J'ai la chance d'avoir une vie très tranquille à Nantes. Il y a une vraie vie de quartier, je trouve. Donc, je retrouve un peu mon village d'enfance. Mine de rien, j'ai été assez étonnée au fur et à mesure. Ça fait un petit moment qu'on habite dans notre quartier. On retrouve... C'est un peu cet esprit village, on fait coucou au coiffeur en passant. Il y a quand même un esprit de quartier et puis j'ai la chance d'avoir un petit jardin. Donc je trouve que c'est un peu la vie de campagne avec forcément l'accès à la ville et tous ces avantages à proximité, à portée de main.

  • Speaker #0

    Est-ce que tu as des adresses à nous partager ?

  • Speaker #1

    J'aime bien manger. Et particulièrement la cuisine italienne. J'aime bien la pasta à Nantes, Russain Léonard. Il fait des... des très très bonnes pâtes. C'est une histoire de famille d'ailleurs. Parce que je crois que c'était deux couples... Au tout début, quand j'habitais à Nantes, il y avait encore un des deux couples qui était là et c'est leur fille dorénavant qui s'occupe du restaurant. Donc j'aime beaucoup la pasta, je conseillerais. Et après, je parlais de vie de quartier, de commerçant. Je suis très fan de mon fromager. La crèmerie Sando à Sando-Nassien, ça vaut le détour. C'est vraiment le sens commerçant, je trouve. à l'ancienne, ils accueillent tout le monde avec le sourire, ils s'entendent bien, ils reconnaissent les gens. Et j'aime beaucoup cette vie de quartier qui me rappelle la vie dans un village.

  • Speaker #0

    Merci Juliette pour ton temps aujourd'hui, c'était hyper intéressant. Merci beaucoup. Si on veut te suivre sur les réseaux ?

  • Speaker #1

    Sur Instagram principalement, donc monimarebocage et sur LinkedIn. Juliette Biotto.

  • Speaker #0

    Merci Juliette.

  • Speaker #1

    Merci beaucoup.

  • Speaker #0

    Bonne journée.

  • Speaker #1

    Bonne journée.

  • Speaker #0

    Merci pour votre écoute. Si cet épisode vous a plu, partagez-le autour de vous en l'envoyant à vos proches ou en le relayant sur vos réseaux sociaux. Et si jamais vous écoutez cet épisode sur Apple Podcasts et Spotify et que vous avez 20 secondes devant vous, n'hésitez pas à laisser une note et un commentaire en dessous du podcast. C'est grâce à ça que vous m'aidez à le faire connaître et grandir. Si vous venez juste de découvrir cette émission, sachez qu'il y a plus d'une soixantaine d'épisodes enregistrés avec de nombreux invités nantais. passionnant et plein d'autres formats sur l'actualité d'ici, disponibles sur votre plateforme d'écoute préférée. Pour suivre toute l'actualité du podcast, retrouvez-nous sur Instagram et Facebook ou suivez-moi sur LinkedIn. Abonnez-vous au podcast, écrivez-moi, partagez, c'est ce qui fait vivre ce podcast qui n'existerait pas sans votre fidélité. Merci.

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Description

Enregistrer un épisode avec la nantaise Juliette Biotteau, c’est comme ouvrir une page de l’histoire de la mode française.


Juliette est née au cœur d’une famille où l’entrepreneuriat est une seconde nature. Ses arrière-grands-parents ont fondé le groupe Eram en 1927, son grand-père en est devenu le PDG, et ses parents ont créé l’enseigne GEMO en 1991.

Une dynastie ancrée dans le Maine-et-Loire, à Saint-Pierre-Montlimart, toutà côté de Nantes, où elle a grandi.


Alors comment grandit-on avec un tel héritage familial ?

Comment trouve-t-on sa propre voie quand on est issue d’une lignée d’entrepreneurs qui ont façonné l’industrie de la mode en France depuis près d’un siècle ?


Avec sa sœur, Juliette a choisi d’écrire son propre chapitre en lançant Montlimart, une marque de mode masculine engagée, avant de prendre, en 2022, la tête de Bocage, marque emblématique du groupe familial.


Entre audace, transmission et renouveau, elle nous raconte aujourd’hui comment elle conjugue tradition et modernité pour insuffler sa vision des choses et de l’avenir à ces marques.


Bonne écoute !


Ah et comme Juliette est trop sympa, elle vous offre -15% sur votre commande Montlimart (hors promotion) avec le code RAYONANTES15. Rdv sur Vêtements et Chaussures éco-responsables Homme | Montlimart

Vous me direz si vous avez craqué?

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Si cet épisode vous a plu, partagez-le autour de vous en l'envoyant à vos proches ou en le relayant sur vos réseaux sociaux.


Si jamais vous écoutez cet épisode sur Apple Podcast et Spotify et que vous avez 20sec devant vous, n’hésitez pas à laisser une note et un commentaire en-dessous du podcast. 


C’est grâce à ça que vous m’aidez à le faire connaitre et grandir !


Si vous venez juste de découvrir cette émission, sachez qu’il y a plus d’une 60aine d’épisodes enregistrés avec de nombreux invités nantais passionnants et pleins d’autres formats sur l’actualité d’ici disponibles sur votre plateforme d’écoute préférée. 


Pour suivre toute l’actualité du podcast, retrouvez-nous sur Instagram et Facebook ou suivez-moi sur Linkedin. 


Bref, en 2 mots, abonnez-vous au podcast, écrivez-moi, partagez, c’est ce qui fait vivre ce podcast qui n’existerait pas sans votre fidélité ! 



Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Cette année, les vacances de Pâques pour nous, les Nantais, tombent du 5 au 22 avril. Si vous rêvez de vacances inoubliables en famille à cette période, j'ai un super plan à vous partager. Le ski de printemps au Club Med. Pour l'avoir vécu, je peux vous dire que c'est vraiment une expérience unique. Imaginez, des journées plus longues, le soleil au rendez-vous, les températures qui s'adoucissent, les pistes pour vous seules, bref, l'idéal pour profiter et initier vos enfants à la glisse. Et si comme moi vous aimez skier, mais bon, pas que... Le Club Med, c'est vraiment l'endroit rêvé. L'occasion de tester une balade en raquette, un cours de snow, ou tout simplement se détendre à la piscine chauffée ou au spa. Et pour ceux qui seraient sceptiques, pas d'inquiétude pour la neige, les resorts de Club Med ont l'avantage d'être tous situés dans des stations exceptionnelles en haute altitude. Ah, et j'allais oublier de vous le dire aussi, les prix sont plus doux en avril. Donc maintenant que vous avez le plan, vous n'avez plus qu'à passer voir Caroline et son équipe à l'agence Club Med de Nantes pour en savoir plus et réserver vos vacances. Merci au Club Med de soutenir Réunion Nantes, et maintenant, placez l'épisode ! Hello à tous, je suis Eleonore Vigneron et je suis ravie de vous accueillir sur Rayon Nantes. Dans ce podcast, je pars à la rencontre de personnalités inspirantes qui rythment l'actualité ou l'innovation à Nantes et dans la région. Ensemble, nous discutons de leur parcours de vie, de l'origine de leurs projets et de leur vision de l'entrepreneuriat à Nantes. Rayon Nantes, un podcast original. à écouter quand vous le voulez sur toutes vos plateformes de podcast. Enregistrer un épisode avec Juliette Biotto, c'est un peu comme ouvrir une page de l'histoire de la mode française. Juliette est née au cœur d'une famille où l'entrepreneuriat est une seconde nature. Ses arrières-grands-parents ont fondé le groupe Eram en 1927. Son grand-père en est devenu le PDG et ses parents ont créé leur scène Gémeaux en 1991. Une dynastie ancrée dans le Maine-et-Loire, à Saint-Pierre-Montlimart où elle a grandi. Alors comment grandit-on justement avec un tel héritage familial ? Comment trouve-t-on sa propre voix ? Quand on est ici d'une lignée d'entrepreneurs qui ont façonné l'industrie de la mode en France depuis près d'un siècle. Avec sa sœur, Juliette a choisi d'écrire son propre chapitre en lançant Mon Limard, une marque de mode masculine engagée, avant de prendre en 2022 la tête de Bocal, marque emblématique du groupe familial. Entre audace, transmission et renouveau, elle nous raconte aujourd'hui comment elle plonge une tradition et modernité pour insuffler sa vision des choses et de l'avenir à ses marques. Bonne écoute !

  • Speaker #1

    Bonjour Juliette ! Bonjour !

  • Speaker #0

    Bienvenue dans Rayonnante !

  • Speaker #1

    Merci !

  • Speaker #0

    Écoute Juliette, je suis ravie de te recevoir aujourd'hui. Tu es issue d'une famille à la culture entrepreneuriale très forte, puisque tes grands-parents, tes arrières-grands-parents ont fondé le groupe Eram en 1927. C'est ça. Et ton grand-père est devenu PDG du groupe. Et tes parents ont créé l'ancienne Gémeaux en 91. Alors déjà Juliette, je te propose de commencer par te présenter.

  • Speaker #1

    D'accord, donc je m'appelle Juliette Biotto. J'ai 35 ans, je suis nantaise d'adoption. J'ai fondé la marque Mon Limard, donc marque masculine, avec ma sœur Charlotte en 2017. Et on a repris toutes les deux depuis 2022 la marque de chaussures Bocage.

  • Speaker #0

    Et alors, je le disais, tu es ici d'une famille, la culture entrepreneuriale très forte, qui a perduré de génération en génération. Alors, ma question est un peu évidente, mais comment est-ce que toi tu as grandi avec cet héritage familial ?

  • Speaker #1

    Je crois que c'est dans mon ADN, dans le sens où ça a toujours été normal. Je pense qu'on parlait de chaussures... certainement au-dessus de mon berceau. J'ai grandi avec cette histoire, et c'est à la fois la responsabilité et aussi un peu une fierté quand même.

  • Speaker #0

    Et du coup, je suis assez curieuse, ça se passait comment les dîners, les fêtes familiales chez les Biotos ?

  • Speaker #1

    Alors ça a évolué de génération en génération, puisque du temps de mon grand-père, il n'y avait pas vraiment de limite entre le travail et la vie personnelle. Il habitait de toute façon à deux minutes de son lieu de travail. On poursuivait la journée avec les collègues à la maison. Quand nous, on est arrivés dans sa vie, on était beaucoup avec lui. Et c'est vrai qu'on entendait tout le temps, tout le temps, tout le temps parler de travail et de chaussures. Du temps de mes parents, c'était déjà différent. Il y avait une vraie limite, la maison, le travail. Après, comme ils travaillaient tous les deux ensemble... On va dire que quand on partait en week-end, la première demi-heure était dédiée à des conversations de travail, donc j'assistais quand même pas mal à des discussions professionnelles. Désormais, il y a vraiment deux mondes. Après, je pense que c'est de manière générale une tendance, on sépare peut-être plus vie pro-vie perso. Donc voilà, on a des discussions assez différentes et on sait quand on va parler de travail ou quand on va parler famille.

  • Speaker #0

    Si on revient à toi, est-ce que tu t'es toujours sentie libre de tracer ta propre route ? propre chemin ou est-ce que finalement le chemin était tout tracé ?

  • Speaker #1

    Non je me suis vraiment sentie libre alors pourtant mes deux parents travaillaient dans l'entreprise mais ils m'ont toujours fait comprendre qu'on ferait ce qu'on voulait. On m'a toujours laissé libre après au fond de moi j'ai j'ai grandi vraiment dans le village où ça a été créé. Je pense qu'il y avait deux possibilités soit ça me dégoûtait soit ça me passionnait. En l'occurrence ça m'a passionné et au fond de moi j'ai toujours su que je voulais travailler dans l'entreprise familiale.

  • Speaker #0

    T'as combien de frères et soeurs ?

  • Speaker #1

    On est quatre.

  • Speaker #0

    Toi, t'as la numéro combien ? Deux. Et ta sœur avec qui t'apprendais ? Un. D'accord, les deux aînés.

  • Speaker #1

    On est les aînés.

  • Speaker #0

    Et alors, toi, tu disais que tu voulais être pédiatre, petite. C'est ça. Comment est-ce que t'es passée de pédiatre à entrepreneur ? Je monte une marque.

  • Speaker #1

    Alors, pédiatre, je crois que je voulais être pédiatre parce que j'aimais bien les maths et j'aimais bien les enfants, mais ça ne suffit pas. Je crois qu'à ma première dissection de SVT, j'ai compris que je ne ferais jamais médecine de ma vie. Et puis la passion, je pense, de la mode et quand même du commerce m'a rattrapée. Et voilà, ça n'a pas forcément duré. Et assez rapidement, en fin de lycée, j'ai voulu faire une école de commerce. Et je savais que je voulais travailler dans l'entreprise.

  • Speaker #0

    Et donc, tu as fait une école de commerce en cinq ans ?

  • Speaker #1

    Oui, c'est ça.

  • Speaker #0

    Et tout de suite, tu as travaillé dans l'entreprise ou tu as eu d'autres expériences ?

  • Speaker #1

    Non. Alors déjà, aimant la mode, j'ai fait tous mes stages dans des entreprises. extérieures à l'entreprise familiale, chez Bach, au Galerie Lafayette, chez Figarelle et Chemise. J'ai fait le choix, ça me tenait à cœur, de commencer en dehors de l'entreprise familiale. Donc j'ai commencé à Nantes, chez Maisons du Monde, en tant que chef de produit. Et j'ai travaillé quatre ans chez Maisons du Monde. Donc c'était mon premier job.

  • Speaker #0

    Et après ces quatre ans ?

  • Speaker #1

    On discutait pas mal avec ma sœur, aussi avec mon papa, du fait de monter quelque chose avec ma sœur Charlotte. Au début, c'était plus sur le ton de la blague. Du rêve, je ne sais pas. Et puis finalement, au fur et à mesure des conversations, c'est devenu de plus en plus sérieux, jusqu'à ce qu'on en discute avec mon papa. Et il nous a dit, lancez-vous, allez-y. Et j'ai démissionné de chez Maison du Monde pour rejoindre directement l'entreprise dans le but de créer une marque.

  • Speaker #0

    Vous êtes plutôt dit, on crée, qu'on reprend.

  • Speaker #1

    Oui, c'est ça. parce que je pense que c'est intéressant pour toucher à tous les métiers, pour s'intégrer aussi, enfin s'intégrer dans une entreprise familiale là où nos arrière-grands-parents ont travaillé, mine de rien. L'héritage est lourd. Voilà, aisé. Alors qu'arriver par une petite porte, toucher à tous les métiers, c'était le bon choix, je pense, pour comprendre le fonctionnement de l'entreprise et de tous ces métiers.

  • Speaker #0

    Avant de lancer avec Charlotte, tu étais convaincue que travailler en famille, c'était la bonne option ?

  • Speaker #1

    Avec Charlotte, on s'est beaucoup suivi. On était à l'internat ensemble, on était en colocation aussi. On s'est dit, si on peut survivre à la colocation, on doit pouvoir travailler ensemble. Donc, ce n'était pas une peur. Pour moi, c'était une possibilité et une possibilité qu'on a réalisée.

  • Speaker #0

    Et même si ça peut brouiller les frontières entre vie perso, vie pro, tu parlais justement du fait que vous arriviez à scinder ces deux mondes-là. Comment est-ce que vous faites, toi et Charlotte, pour trouver un équilibre ?

  • Speaker #1

    On aime toutes les deux la tranquillité aussi de la vie de famille. On se voit beaucoup, les enfants, ils sont dans la même école. Donc on a tout de suite décidé de faire une frontière, on va dire. À savoir, on a deux WhatsApp. Une conversation qui s'appelle Travail, jamais urgent Quand on a un message dans Travail on sait que ça va être Travail mais on ne se parle jamais de Travail sur notre conversation de sœur. Quand on se voit le week-end. Alors, sauf s'il y a une extrême urgence ou sauf si c'est passé quelque chose de dingue, on ne parle pas plus que ça de travail.

  • Speaker #0

    Comment est-ce que ton papa a réagi au moment où vous lui avez annoncé que vous lanciez ? Parce que tu disais tout à l'heure qu'il était aussi à l'origine de cette discussion. Est-ce qu'il avait suivi tous vos échanges ou est-ce que finalement, vous êtes revenue vers lui quelques temps après en lui disant ça y est, on se lance ?

  • Speaker #1

    On est revenue vers lui quand même en se disant bon, là, il en entendait parler, mais de là à ce que ça devienne sérieux, on en a... un jour parlé très sérieusement pour savoir ce qu'il en pensait tout simplement. Il était partant, donc on a senti, je pense, sa confiance. Après, il n'a jamais voulu nous pousser. Il nous a toujours dit que la porte était ouverte, mais je pense que c'était important pour lui que ce soit notre propre décision. Donc on a senti qu'il était heureux de cette décision, mais dans la discrétion.

  • Speaker #0

    Vous lui demandez conseil ?

  • Speaker #1

    On lui demande conseil. Oui, forcément. En tout cas, son regard est évidemment très important pour nous. Et quand on discute avec lui, quand il nous fait une remarque, on la prend bien en compte.

  • Speaker #0

    Quel rôle respectif vous occupez toutes les deux au sein de Monlima ?

  • Speaker #1

    Ça s'est fait naturellement. Au départ, on est toutes les deux chefs de produit. Donc plutôt dans le développement du produit. On s'est dit qu'on allait avoir envie de faire la même chose. Donc allez, on va dire les six premiers mois, on faisait tout à deux. Quand on crée une entreprise... On n'a pas envie d'en rater une miette, on est à fond. Donc au début, on faisait tout à deux. Puis finalement, naturellement, on a vu un peu quelles étaient nos forces, nos passions aussi. Finalement, elle était chef de produit, moi aussi, mais il y a plein de facettes dans le métier de chef de produit. Il s'avère qu'elle était meilleure en gestion, en analyse. Donc Charlotte, elle gère toute la partie achat, combien on va commander, à quel prix on va mettre, analyse de collection. la gestion financière, la logistique. Et de mon côté, je m'occupe plus du développement des produits et de la communication.

  • Speaker #0

    La distinction entre les forces de chacune et les postes sur lesquels vous étiez plus à l'aise, c'est fait naturellement ?

  • Speaker #1

    C'est fait petit à petit. Forcément, au bout d'un moment, on a quand même manqué de temps à tout faire à deux. Donc petit à petit, on a pris notre envol sur certaines missions. Et aujourd'hui, on a deux missions bien séparées, même si évidemment la collection... Je dis que je m'occupe du développement produit, mais forcément, elle est dans le même bureau et elle donne son avis sur chaque produit qui sort chez Monimar.

  • Speaker #0

    Et comment est-ce que vous gérez les éventuels désaccords ?

  • Speaker #1

    On n'en a pas tant que ça, parce que déjà, ce n'est pas dans notre nature que... Je pense qu'on se fait confiance sur nos missions, on se respecte, même quand on a un avis différent selon qui est le plus légitime sur la question, on va plutôt aller se rallier à elle, mais on aime bien quand même confronter nos idées, donc on n'est pas toujours d'accord, ça c'est sûr que non. Mais jusqu'ici, on ne s'est jamais trop fâchés, non. Charlotte,

  • Speaker #0

    tu disais qu'elle était chef de produit. Elle a travaillé pour quel...

  • Speaker #1

    Elle a travaillé dans la chaussure. Donc, c'est une marque qui n'existe plus aujourd'hui, mais qui faisait partie du groupe familial qui s'appelait Hero. H-E-Y-R-A-U-D. Donc, chaussure assez haut de gamme.

  • Speaker #0

    Et est-ce que tu penses que le fait que vous ayez monté cette marque à deux, d'avoir ce lien familial, ça donne une force supplémentaire à votre marque ?

  • Speaker #1

    Nous, ça nous donne une force. Donc, dans la stabilité de la marque, On sait que c'est important quand même l'entente des fondateurs, etc. Donc ça, c'est une force. Ça donne, je pense, de l'authenticité à notre marque, dans notre discours. Mais c'était un petit peu ce qu'on racontait à nos clients au départ, l'histoire familiale, soeur, notre village d'enfance. Et en fait, un an après le lancement de mon limard, on a interrogé des clients pour un peu savoir comment ils nous avaient trouvés. Parce qu'il fallait quand même nous trouver au début. Pourquoi ils avaient acheté chez nous ? Qu'est-ce qui les avait intéressés ? Ils nous ont raconté... plein de choses intéressantes, mais à aucun moment ils nous ont parlé du fait. C'était une histoire familiale, des sœurs, un village. Et donc, on a compris que ce n'était pas forcément ce qui les intéressait le plus. Donc, je pense quand même que ça apporte de l'authenticité à la marque. C'est des vrais humains, c'est une histoire, c'est des racines, mais ce n'est pas ce qu'ils font, ils achètent chez nous.

  • Speaker #0

    Et auprès de vos équipes ?

  • Speaker #1

    Auprès de nos équipes, c'est autre chose parce que c'est une histoire qui est assez longue. Déjà, je pense que ça donne confiance. Ce n'est pas une histoire qui peut s'arrêter tout de suite du jour au lendemain. On est quand même dans la vision assez long terme. On travaillait avec deux sœurs. Le plus difficile, je pense, c'est pour le premier employé.

  • Speaker #0

    Pourquoi ça plaît ?

  • Speaker #1

    C'était Laetitia, qui est nantaise, qui fait partie de l'équipe. Mais si elle nous écoute, je lui dis bonjour. Et dès le premier entretien, on lui avait évidemment dit qu'on était deux sœurs, que ce n'était pas une situation forcément qu'elle avait déjà connue. Donc, il fallait qu'elle soit à l'aise avec ça. En l'occurrence, elle l'était. Évidemment qu'il y a une communication qui est sans doute très fluide entre nous. Mais je ne pense pas que ça change le quotidien de l'équipe Mon Limard, à part du fait qu'on s'entend bien et qu'on soit stable dans nos décisions.

  • Speaker #0

    Si on s'intéresse à la marque Mon Limard et à toute sa création et son développement, à ces fameuses discussions que tu avais avec Charlotte, ton papa, qu'est-ce qui vous a mené à cofonder Mon Limard ? Quelle était votre idée de départ ?

  • Speaker #1

    Déjà, ce qui nous a mené à fonder Mon Limard, c'est avant tout, je pense, l'envie d'entreprendre. Donc sans avoir au départ forcément une idée, on s'est dit qu'on avait envie d'avoir une idée et envie de créer notre propre marque. de mode. A partir de cette décision, on s'est dit, ok, mais qu'est-ce qu'on crée ? De là est venue l'idée de créer une marque masculine, assez rapidement. Pourtant, on aimait beaucoup la mode féminine, mais on trouvait qu'il y avait moins de choix sur le marché de l'homme. Il n'y avait pas beaucoup de marques proposant de la qualité à des prix restants, justement, assez accessibles. Voilà, c'était nos deux envies de départ, créer une marque de mode. qualitatif avec un prix qui reste accessible parce que c'est dans l'ADN aussi de notre groupe familial. Ensuite est venu le local. Ça nous tenait à cœur de créer des produits qui soient faits autour de nous, alors au sens large, mais en tout cas pas à l'autre bout du monde. Ça, c'était notre conviction et notre envie personnelle. Donc voilà, on a commencé avec ces idées-là et puis de fil en aiguille, on en est arrivé à Montlimar.

  • Speaker #0

    Et le nom Montlimar, c'est un hommage à votre village natal, Saint-Pierre-de-Montlimar. Pourquoi ce choix ?

  • Speaker #1

    Au départ, on était complètement, comment dire, obsédés par le fait de trouver un nom avec des jeux de lettres, puisque Eram, qui était l'entreprise initiale, ça veut dire le ER, il parlait déjà vers l'an en 1927, le ER c'était René, il s'appelait Albert René, notre arrière-grand-père, et le AM c'était Marie. Ensuite, Gémeaux, créé par nos parents, c'était le nom de mes grands-parents, donc Gérard et Monette, pour les intimes, ou Simone. Et donc, on était assez focus là-dessus. Nos parents, Xavier, Catherine, Leïx, etc., on tournait vraiment en rond, on n'y arrivait pas. Et puis un jour, en arrivant dans notre petit bureau, au feu, à Saint-Pierre-Montlimar, on a regardé le panneau. Et on s'est dit, mais en fait, pourquoi pas Montlimar ? C'est vrai que c'est quand même un hommage à nos racines. Ça va parfaitement avec ce qu'on veut faire de cette marque, à savoir... Plutôt du local, c'est assez masculin, assez chic, Montlimar, Moulinsard. On s'est dit, OK, on se lance là-dessus et c'est comme ça que Montlimar est arrivé et est devenu une évidence.

  • Speaker #0

    Et une marque de mode masculine, pareil, c'était une évidence ?

  • Speaker #1

    Je ne vais pas dire que c'était une évidence, c'était plus une opportunité. On s'est dit, quitte à créer une marque, autant que ça réponde à un besoin. Et on a estimé qu'il y avait plus de besoins sur le marché masculin. Et c'était une évidence, mais on n'y connaissait pas grand-chose au départ. Donc il a fallu aussi s'acclimater, discuter avec beaucoup d'hommes pour comprendre leurs besoins et ce qui leur manquait sur le marché.

  • Speaker #0

    Et le fait d'avoir créé une marque de mode responsable, c'était pareil un choix, une volonté ?

  • Speaker #1

    Alors la volonté, c'était vraiment, je pense, le local. Donc en soi, c'est responsable à savoir du Made in France, enfin pas que du Made in France, Europe aussi, et travailler autour de nous. Et éco-responsable, ça s'est fait naturellement. Au départ, on est toutes les deux chefs de produit, plutôt en 2018. justement après ces interviews clients. Donc quand on a réalisé qu'ils n'étaient pas du tout venus parce qu'on était une marque que deux sœurs avaient créée, ils étaient venus chez nous parce qu'ils nous considéraient, eux, éco-responsables. Et c'est là où on s'est dit, assumons d'être une marque éco-responsable et du coup, soyons-le encore plus. Et c'est à partir de ce moment-là où on a travaillé uniquement des matières dites plus responsables, si jamais parfaites. Finalement, c'est nos clients qui nous ont menés à ça. Et je ne peux pas dire que c'était le... point de départ de l'histoire de mon lima.

  • Speaker #0

    Oui, parce qu'en fait, en 2017, on ne parlait pas encore de responsabilité dans la mode. Ce n'était pas encore un sujet d'accueil.

  • Speaker #1

    Non, on commençait à parler de local, justement, mais l'éco-responsabilité, il y avait quelques marques ou quelques vêtements, mais hyper niche, pas toujours avec un esthétisme poussé. Et donc, ça ne nous était pas venu. Il est plus forcément naturellement de nous placer en tant que marque éco-responsable.

  • Speaker #0

    Raconte-nous un peu les débuts entre cette idée que vous avez et ces premières réalisations, ces premiers vêtements.

  • Speaker #1

    La première réalisation, ça a été de développer la collection, donc de trouver des partenaires qui puissent fabriquer nos vêtements. Je crois que c'est le plus difficile quand on lance une marque de vêtements, puisqu'il faut que le partenaire nous fasse confiance. Déjà, il faut le trouver. Donc, c'est difficile de trouver un savoir-faire. On a fait des salons, on a essayé de démarcher, etc. Il faut visiter parce qu'il faut voir où est-ce que nos vêtements vont être fabriqués, dans quelles conditions. Il faut convaincre les fabricants de bien vouloir travailler pour nous. Parce que nous, au début, on s'est dit qu'ils nous attendent comme les messies. Mais finalement, il y a beaucoup d'entreprises qui ne durent pas si longtemps que ça. Ça leur prend beaucoup de temps de créer des nouvelles relations. Donc finalement, ils sont souvent assez frileux et sceptiques à l'idée de... de travailler avec des marques qui n'existent pas encore. Ça a pris du temps de rencontrer les bons partenaires et je ne vais pas le cacher, le fait d'appartenir à un groupe, même si ça ne veut rien dire, parce que si la marque ne rencontre pas de client, en groupe ou pas groupe, elle ne durera pas longtemps. Mais c'était un peu quand même le certificat et le label de confiance et ça nous a aidés à convaincre des fournisseurs en France et en Europe. C'est ça,

  • Speaker #0

    parce que j'avais demandé si vous aviez justement capitalisé sur les partenaires du Comperam pour aller les démarcher, pour aller les trouver les vôtres.

  • Speaker #1

    Alors le premier fournisseur qu'on a trouvé c'était l'atelier du groupe ERAB. On avait cette première base, c'était un mix de partenaires qu'on nous avait conseillés, mis en relation et aussi pas mal de partenaires qu'on a trouvé sur le salon du Made in France. Alors il y a deux salons, il y en a un qui est vraiment si tout si pour les clients etc. et il y en a un qui est vraiment destiné aux professionnels avec toutes les, enfin pas tous, mais beaucoup d'ateliers en France qui se rendent à Paris au carreau du Temple et nos premiers partenaires on les a trouvés à ce moment là. On développe les produits, en parallèle il faut pouvoir les vendre. Donc on avait décidé dès le début d'être en ligne. Pourquoi ? Ça nous semblait naturel à l'époque. Un magasin ça peut faire peur, ça veut dire tout de suite un stock faire tourner. Au niveau ressources humaines aussi, il faut du monde. Donc le vendre en ligne, on était plus à l'aise avec ça. Développer un site internet quand on n'y connaît rien, c'est pas facile, il faut savoir par quel bout s'y prendre. Là aussi, le groupe a été un soutien. En fait, on l'a fait à notre façon, ce qui a toujours été notre façon de faire, c'est-à-dire sans complexe. Nos briefs e-commerce, je pense qu'ils n'en avaient jamais vu des comme ça, mais avec des copies d'écran de plein de sites en disant, voilà, on aimerait que ce soit comme ci, comme ça. Donc, le site Internet a été terminé à peu près au moment où on s'était fixé avril 2017. Et finalement, ça s'est pas mal goupillé. Le site Internet a été pris en même temps que les vêtements.

  • Speaker #0

    Comment est-ce que tu es allée chercher tes premiers clients ?

  • Speaker #1

    On disait, voilà, on fait des beaux produits, un beau site Internet, le bouche à oreille, ça va arriver. Alors oui, ça s'est fait comme ça, mais il faut quand même sortir du lot et ce n'est pas évident. Donc, les premiers clients, c'était forcément plutôt du bouche à oreille. On a eu la chance d'intégrer très rapidement l'exception qui, d'ailleurs, a fermé cette semaine, mais qui était un concept multimarque parisien. Et nos premiers clients qui, ensuite, ont commandé directement sur notre site, c'est... Et parmi ceux qu'on avait interrogés, il nous avait connus via l'exception. Qui était une boutique ? Qui était une boutique plus inscrite en ligne. Et finalement, ça nous a donné pas mal de visibilité. On a fait des événements à Paris, à Nantes, dans mon premier appartement où j'avais ouvert. On faisait avec les moyens du bord. Mais on avait énormément de...

  • Speaker #0

    Présenter ta collection ?

  • Speaker #1

    Voilà, je présentais ma collection, on avait notre petite caisse sur mon plan de travail.

  • Speaker #0

    Tu avais invité qui ?

  • Speaker #1

    J'avais invité mes amis, bien évidemment, et des personnes de Nantes que je connaissais au gré de rencontres, donc c'était assez large, nos amis avaient le droit d'amener des amis. On avait eu beaucoup de monde, d'ailleurs le ménage avait été bien costaud le lendemain, et c'était assez... rassurant, forcément, ça donnait de l'énergie. Donc, les premiers clients, ça s'est fait plutôt, finalement, en vente physique. C'est qu'ensuite, on a vraiment appris à maîtriser le site Internet. À savoir, il ne suffit pas d'avoir un site Internet, il faut que les gens arrivent dessus. Et donc là, ça a été du référencement. Et puis, la partie plus sponsoring, acquisition sur Facebook et Instagram. Et c'est là que les personnes sont réellement, des vrais inconnus sont réellement arrivés jusqu'à nous.

  • Speaker #0

    Vous vendez ces premiers vêtements. À partir de quand l'équipe a commencé à se structurer ? Est-ce que ça a été assez rapide finalement dans son développement ? Ou est-ce que ça a mis un petit peu de temps ?

  • Speaker #1

    On a rapidement su qu'il nous fallait une personne en plus, justement pour gérer toute cette partie e-commerce qu'on avait appris à apprivoiser. Oui. mais on n'était pas du tout expertes. Donc on a rapidement été trois. Un petit peu avant le lancement du site Internet, on a été trois. Et on est restés longtemps à trois. Ça nous suffisait. Et finalement, on a étoffé l'équipe. D'abord avec des personnes qui étaient arrivées en CDD. Il fallait pour nous un peu tester. Qu'est-ce qu'on va leur donner ? Qu'il y a de mission ? Parce que tout le monde était un peu touche à tout. Donc ce n'est pas si facile que ça, de passer de touche à tout à il faut qu'on se structure, il faut que chacun ait ses missions.

  • Speaker #0

    J'ai vu aussi que vous aviez des boutiques physiques pour la marque Mon Limard. Vous en avez combien des boutiques ?

  • Speaker #1

    À Paris, on a un corner dans un magasin bocage à l'étage d'un grand magasin Boulevard Haussmann. C'est l'adresse qu'on donne à nos clients puisqu'il y a une grosse partie de notre collection là-bas. On a des revendeurs en France, notamment à Paris dans le Marais, on a l'appartement français. Quelques revendeurs en France et à chaque période de Noël, on ouvre un magasin éphémère dans le Marais à Paris.

  • Speaker #0

    Est-ce que vous appuyez justement sur le savoir-faire du groupe Eram ? pour distribuer votre collection ?

  • Speaker #1

    Plus que sur son savoir-faire, on se sert justement d'une boutique. On n'aurait pas un Corner Boulevard Haussmann sans le groupe Eram. On l'avait même avant de travailler chez Bocage, on était déjà dans cette boutique. Donc on se sert de la force de vente, notamment. Et même au moment de notre magasin éphémère, c'est souvent des personnes qui travaillent à Paris qui viennent nous donner un coup de main sur la boutique. Après, aujourd'hui, on n'a pas encore un réseau de boutiques, donc on fonctionne quand même encore comme une marque en ligne, mais on n'est pas organisé comme une marque retail telle que le sont d'autres marques du groupe Eram. Mais si on était amené à ouvrir vraiment deux, trois boutiques, ce qui est notre souhait un jour, là, je pense que ce serait une vraie force en effet et on se ferait, enfin, on se ferait conseiller, ce serait bête de partir de zéro par des experts autour de nous.

  • Speaker #0

    Vous êtes combien aujourd'hui dans l'équipe ?

  • Speaker #1

    Aujourd'hui, on est dix.

  • Speaker #0

    Où est-ce que tu veux l'emmener, cette marque, dans les prochaines années ?

  • Speaker #1

    On aimerait faire de plus en plus d'adeptes. Les premiers clients qui sont arrivés, c'était vraiment, je pense, des clients qui cherchaient de la mode éco-responsable, donc déjà ultra convaincus. Ils nous ont trouvés à force de recherche. Et nous, notre challenge, c'est plutôt d'aller chercher des clients qui consomment de la mode traditionnelle, de les convaincre de faire évoluer leur consommation. et d'acheter mon limard. Quand on est start-up, au départ, forcément, les moyens sont très limités. Donc, pour être une marque établie, il faut des beaux visuels, une belle identité. Donc, ça se construit année après année, ça ne se fait pas tout seul. Et je pense que c'est ça notre cheval de bataille pour les prochaines années, puisque l'éco-responsabilité, les produits, la qualité, je pense qu'on sait maintenant, au bout de sept ans, qu'on a ce qu'il faut et on va continuer à le faire. Et maintenant, notre enjeu, c'est de... rameter des clients de la mode traditionnelle et les amener à avoir une consommation plus responsable.

  • Speaker #0

    Est-ce que tu pourrais nous partager quelques chiffres clés sur ta marque ? Est-ce que vous avez trouvé votre modèle économique ? Est-ce que la marque est rentable ?

  • Speaker #1

    On est en croissance chaque année. C'est ce qu'on recherche de toute façon. Aujourd'hui, il faut qu'on grossisse. On fait 80% de Made in France. Ça n'a pas vocation à rester stable, c'est le constat. Mais on est aussi autour de 80% de fabrication en France.

  • Speaker #0

    Et pas Made in France, les 20% ?

  • Speaker #1

    Les 20%, c'est Made in France. de Portugal et on a quelques chemises faites en Tunisie, qui est l'usine en propre de notre usine française de chemises. C'est la petite particularité. Le chiffre, et ça c'est la promesse qu'on s'est fait depuis le début, c'est les moins de 2000 km. On se l'est écrit dès le début, on s'est dit si on l'écrit partout, on n'aura jamais le droit de les dépasser. Et c'est une promesse client qu'on tient. Et en parlant de client, là je regardais justement hier, parce qu'on fait un peu le point en fin d'année forcément, on a plus de 20 000 clients qui ont passé commande chez Montlimar depuis nos débuts. On commence à avoir quand même pas mal d'adeptes, on commence à en voir dans la rue.

  • Speaker #0

    Vous avez des clients uniques ?

  • Speaker #1

    Oui, c'est ça. On a environ 80 000 personnes qui ont fait le choix de nous suivre par newsletter, donc on intéresse aussi. On commence à avoir une belle communauté, une belle base client et c'est en les fidélisant aussi qu'on arrive à croître chaque année et aussi avec du parrainage, en convaincre de plus en plus autour d'eux.

  • Speaker #0

    Vous êtes rentable aujourd'hui ?

  • Speaker #1

    On ne cherche pas forcément la rentabilité, mais on en est très proche. À chaque fois qu'on s'en approche, on va au contraire réfléchir à comment passer la marche supérieure. C'est pour ça qu'en 2021, on avait embauché plusieurs personnes. Et c'est ce qu'on a fait aussi début 2024 pour aller chercher justement plus de chiffres d'affaires, plus d'adeptes chez Monima.

  • Speaker #0

    En 2022, la marque Bocage est entrée dans vos vies. Raconte-nous un peu comment ça s'est passé.

  • Speaker #1

    Alors, on savait que notre oncle, qui s'occupait de Bocage depuis très longtemps, partait à la retraite. On était fans, enfin on est toujours fans de Bocage, évidemment, mais on était plutôt clients de Bocage déjà, avant d'en prendre la tête. On savait qu'il partait à la retraite, mais on ne s'était pas du tout imaginé ou projeté, et donc positionné pour prendre la suite, parce que mon limard prenait vraiment tout notre espace temps et notre espace mental. Après des discussions, notamment avec notre oncle, qui souhaitait vraiment transmettre son bébé à des personnes aussi passionnées que lui. Par la chaussure et par bocage, ils nous ont proposé avec notre papa de prendre sa suite. On nous l'a proposé, c'était en novembre 2021. Ça a été une surprise et aussi on s'est demandé si on allait y arriver, accepter. Donc j'avoue que je n'ai pas très bien dormi après cette proposition-là. Et puis finalement, l'envie d'y aller était plus forte que la peur. On s'est lancé et on a dit oui avec Charlotte parce que non seulement il fallait se décider toute seule, mais il fallait savoir si on était toutes les deux partantes. C'était un peu la condition sine qua non pour toutes les deux. Ok, mais on continue à deux. On a pris la tête de bocage début 2022.

  • Speaker #0

    T'avais peur de quoi ?

  • Speaker #1

    J'avais peur de ne pas avoir le temps, j'avais peur de ne pas y arriver. Mon limard, ça a été façonné par nous. Donc en fait, tout s'est fait un petit peu naturellement. Au fur et à mesure, on a grandi avec mon limard. Là, c'était quelque chose de complètement différent. C'était s'approprier une marque qui existe déjà depuis 1966. Des équipes. qui sont parfois là depuis notre naissance ou même avant en boutique. On a des personnes qui sont là depuis 40 ans. Donc, c'est quand même un challenge. L'envie a été plus forte que la peur.

  • Speaker #0

    Et pourquoi est-ce que tu penses qu'on est venu vous chercher ?

  • Speaker #1

    Je pense qu'on est venu nous chercher peut-être pour finalement l'œil digital, comme je le disais, qui n'était pas du tout notre expertise, mais qui de fil en aiguille l'est devenu. Apporter, je pense, cet œil plus marque et digital à la marque Bocage et qui est toujours... Une marque très produit. Mon oncle était vraiment un expert de la chaussure, du savoir-faire. Il avait travaillé dans les ateliers. Il y avait un vrai savoir-faire, chaussure, produit, qualité. Et je pense qu'on a fait appel à nous pour peut-être y apporter un œil marque et digital, nouvel ère on va dire.

  • Speaker #0

    Vous, qu'est-ce que vous voulez faire de cette marque ?

  • Speaker #1

    Notre conviction aujourd'hui, c'est qu'un produit c'est très important. Puisque ça fidélise, il faut proposer des produits qui soient beaux, de qualité. Et c'est la puissance de la marque aujourd'hui qui fait la différence. Donc, on travaille sur l'image de marque Bocage. On a revu tout ce qui fait l'image et l'expérience client en plus du produit. C'est vraiment notre cheval de bataille depuis trois ans. On commence à avoir la concrétisation de nos convictions. Ça fait plaisir quelques années après.

  • Speaker #0

    Comment est-ce que tu pourrais nous la décrire, cette marque, pour nous convaincre d'aller acheter ? Les chaussures là-bas.

  • Speaker #1

    C'est une marque qui a un vrai savoir-faire, puisqu'on existe depuis 1966. Il y a une grande partie des collections qui est fabriquée dans notre atelier. Elle a une vraie singularité et elle se différencie par son savoir-faire. La chaussure, ce n'est pas un accessoire chez nous, c'est un objet en tant que tel. Qui dit savoir-faire dit confort, détail. Je sais que les clients sont attirés par le style. On a une vraie équipe de style, achats et chefs de produits. C'est la passion de la chaussure chez nous. Vous venez dans les bureaux, il y a la chef de produit qui est en train de caresser sa chaussure et d'hésiter entre un bordeaux, entre deux teintes qui a l'œil nu, humain, on ne voit pas la différence. Donc c'est la passion de la chaussure qui attire aux premières gales et ce qui fait des fidélistes particulièrement chez Bocage, et on le voit quand on interroge nos clients, c'est le confort. On a des chaussures à talons, des chaussures, on est coquette la journée, mais par contre on galope toute la journée de rendez-vous en rendez-vous et on veut être confortable. Et on sait qu'on fidélise grâce à ça. Notre atelier, il est en Pays de la Loire. Il est à Montjean-sur-Loire. Donc, c'est entre Saint-Pierre-Mont-Nimar, le berceau du groupe, et Angers.

  • Speaker #0

    Et donc, là-bas, vous créez les modèles ? Vous les fabriquez aussi, là-bas ?

  • Speaker #1

    Ils sont créés à Saint-Pierre-Mont-Nimar, par Busty, chef de produit, etc. Et il y a une partie de la collection. Donc, en l'occurrence, chez Bocage, on fait environ 30 de produits qui sont fabriqués dans l'atelier à Montjean-sur-Loire. Donc, c'est la fabrication qui se fait là-bas.

  • Speaker #0

    Et le reste, les 70% ?

  • Speaker #1

    Et le reste, on est environ à 80% en Europe, donc incluant cette partie française. Et après en Asie. On a un partenaire en Inde depuis un long moment avec qui on souhaite continuer.

  • Speaker #0

    Pourquoi pas tout en France ? Parce qu'on n'a pas de savoir-faire ? Parce qu'il nous manque des matériaux ? Parce que quoi ? Qu'est-ce qui manque ?

  • Speaker #1

    Alors pas tout en France parce que... Alors déjà, le prix de la fabrication française, il ne faut pas se mentir. C'est ça. beaucoup plus chères. Les paires qu'on fabrique en France, elles nous coûtent beaucoup plus chères que celles qu'on fabrique en Inde. Le prix de vente pour nos clients, on essaye de ne pas tant le différencier que ça. Donc nos paires françaises, on essaye de les garder à un prix assez accessible. Et c'est pour cela aussi que...

  • Speaker #0

    C'est quoi, un prix assez accessible ?

  • Speaker #1

    Un prix assez accessible... Une... Une paire made in France, alors ça dépend des produits, mais elle peut être à 130 euros, 140 euros.

  • Speaker #0

    Une paire de bottes dans ces cas-là, 130 euros ?

  • Speaker #1

    Non, une paire de bottes, on est plus cher. Plus cher. Une paire d'escarpins, par exemple, va être dans ces prix-là.

  • Speaker #0

    Donc, assez premium en positionnement.

  • Speaker #1

    Assez premium. On ne fait que cuir. Et belle fabrication, on choisit des belles matières. Et le fait de garder cet atelier en France, c'est une vraie conviction, puisque ce n'est pas facile, il faut former des gens aussi. C'est très difficile de trouver des personnes encore. qui veulent travailler dans la chaussure, il n'y a plus vraiment de formation. Donc on a créé l'école de la chaussure. On intègre des personnes qui n'y connaissent rien à la chaussure dans le but de les former et de les faire fabriquer. Et là, je parle de nous et de l'atelier, mais je vois qu'avec Monumar, on est en contact avec énormément de fabricants français. Et l'un des plus gros challenges, soucis pour eux, c'est de recruter et de faire perdurer les savoir-faire. On a créé l'école de la chaussure. En interne, je sais que notre fabricant de chemise, Monimar, qui est dans la région de Choletès, pareil, il a créé une filière de formation et il forme lui-même.

  • Speaker #0

    Qui sont les clients de la marque Bocage ?

  • Speaker #1

    Nos clients, alors c'est très multigénérationnel. Je vais parler des clientes, c'est quand même les clientes, ce sont quand même nos principales clients. Quand on regarde un petit peu les âges, il y a autant de 20-30 ans que de 30-40 ans que de 40-50 ans. Donc on s'adresse à... Toutes les générations, près de la moyenne d'âge, je dirais que c'est autour de la quarantaine. Et le point commun, c'est la recherche de style, bien évidemment, et la recherche de qualité et de chaussures qui durent dans le temps.

  • Speaker #0

    Et donc tu disais qu'au départ, tu avais été appelée aussi pour lancer un peu la digitalisation de la marque ?

  • Speaker #1

    Alors la digitalisation, heureusement, quand même, ils ne nous avaient pas attendus. Il y avait déjà des experts, il y avait vraiment deux mondes, le monde des magasins, le monde du site, qui sont... Non pas qu'ils ne s'entendaient pas, mais c'était parfois même un peu la concurrence. C'était le site, ils nous prennent nos ventes ou alors les magasins. Là, c'est vraiment, on n'est qu'une marque, on est global. Je pense que c'est la clé aujourd'hui pour survivre ou vivre. Et peut-être que ceux qui ont disparu, c'est peut-être ceux qui n'ont pas forcément pris ce virage-là. Et le client, il ne doit pas voir la différence entre son expérience web, son expérience physique. S'il retire un colis en magasin qu'il a commandé sur le web. Il faut qu'on l'accueille de la même façon que s'il a acheté en magasin. Et ça, quand on a des personnes qui travaillent depuis 40 ans parfois dans l'entreprise, mine de rien, c'est un état d'esprit à faire évoluer. Mais quand on voit que les dirigeantes sont en tout cas très à cheval sur le fait d'accueillir un client web, pas web, de la même façon, forcément, ça va plus s'infuser ensuite. Et c'est ce qui fait, je pense, le succès et la dynamique de Bocash, c'est de ne plus voir la différence entre le web et le digital. On est une marque unique.

  • Speaker #0

    Comment est-ce que tu fais pour passer d'une marque à l'autre ? Comment est-ce que tu t'organises ? Comment est-ce que tu gères ça ? Tu ne deviens pas un peu schizo à la fin du tournée ?

  • Speaker #1

    Alors au début, c'était très rock'n'roll. Donc on s'est demandé quand même comment on allait y arriver parce qu'on avait peur, mais en fait, on avait raison d'avoir peur parce que les calendriers se font très en amont chez Bocage puisqu'on développe des collections six mois à l'avance. Tout est forcément prévu, sinon les emplois du temps se remplissent, les validations de collections. On fait beaucoup de co-construction justement avec les magasins. Donc il y a plein de rendez-vous. qui étaient déjà fixés quand on est arrivé. On s'est retrouvés avec deux agendas pas du tout compatibles. Donc, les six premiers mois, c'était vraiment naviguer entre les rendez-vous et puis tout en prenant ses marques. Aujourd'hui, on maîtrise nos agendas. Et dans une même journée, on passe d'un sujet bocage à un sujet Monimar sans trop se poser de questions. Et on se réserve quand même des moments par équipe. C'est important de bloquer les agendas, justement. Le mercredi après-midi, on est systématiquement avec Monimar, par exemple, sur des sujets qui sont prévus à l'avance. Donc... Voilà, organisation, je crois que c'est le mot. Chez Monimar, on pouvait se permettre d'être un peu plus dernier moment et on a gardé cette agilité. Mais par contre, mon agenda, je fais beaucoup plus attention à le gérer la semaine d'avant. Je regarde si tout coïncide, je bouge des choses pour qu'ensuite, ça déroule tout seul.

  • Speaker #0

    Est-ce qu'il y a des synergies entre les deux marques ? Est-ce que ça vous est arrivé de faire les partenariats ?

  • Speaker #1

    C'est important pour nous. Quand on dit, moi je pense qu'aujourd'hui ce qui est important c'est la singularité de la marque. Donc c'est important pour nous que ce soit bien dissocié, que les équipes marketing, produits, etc. soient différentes. Pour s'imprégner d'une marque, c'est important d'y être consacré à 100%. Donc les équipes dans leur mission, ce ne sont pas les mêmes équipes, elles sont différentes, elles travaillent sur leur sujet. Après géographiquement, comme on s'occupe des deux marques, les bureaux sont assez proches. Donc, il y a des synergies, forcément, parce qu'il y a des ententes humaines. Donc, on partage beaucoup. Les équipes partagent. On parlait justement d'acquisition, de sponsoring sur Facebook, Instagram, etc. C'est des métiers d'experts. Et du coup, sans faire la même chose, c'est hyper enrichissant de discuter avec des personnes qui font grosso modo le même métier. Donc, il y a beaucoup de discussions. Et après, de synergie, on… Un corner mon imar dans une boutique bocage et voilà, c'est la plus belle synergie je pense qu'on ait pu faire.

  • Speaker #0

    Où veux-tu emmener cette marque bocage ? C'est quoi votre ambition ?

  • Speaker #1

    C'est d'être la marque... qui arrive à concilier désirabilité et co-responsabilité, donc des enjeux finalement assez Ausha mon limard. Et on veut être la marque chausseur experte dans la tête de nos clients ou de nos futurs clients, donc vraiment la référence chaussure.

  • Speaker #0

    Que ce soit en physique ou sur Internet. C'est quoi la répartition de votre chiffre d'affaires entre les ventes sur Internet ?

  • Speaker #1

    On paie environ 20% sur Internet. très dynamique et en boutique aussi. On fait des bonnes années et ça permet aussi de montrer aux uns et aux autres que même quand le digital est en pleine croissance, au final, ça porte le physique et vice-versa. Alors qu'on aurait pu se dire si le site Internet augmente, c'est forcément que ça va prendre des ventes sur le physique et on va fermer des magasins etc. Alors que non. Quand il y a une dynamique, on voit que les clients, ils commandent sur Internet, ils vont en boutique. Quand ils aiment une marque, ça fait bouger à la fois le physique et le digital. Et quand on a une dynamique positive, je pense que c'est à la fois les boutiques physiques et à la fois le digital qui évoluent. Et là, après des années plutôt de stabilisation du réseau physique, aujourd'hui, on souhaite ouvrir de nouvelles boutiques à Paris, à Lille. On est en conquête, on va dire. C'est assez nouveau pour nous parce que le marché du centre-ville et de la mode... accessible. On a vu qu'on avait des prix de vente, on a des produits quand même de qualité, mais ça reste assez accessible. C'est vraiment un enjeu aujourd'hui. On a beaucoup de concurrents qui ont disparu sur le marché de la chaussure de centre-ville. Donc, il fallait stabiliser et puis être sûr de là où on voulait emmener Bocage en termes d'images, etc. Et aujourd'hui, on se sent prêt à reconquérir certaines villes.

  • Speaker #0

    Vous avez combien de boutiques aujourd'hui en France ?

  • Speaker #1

    On a une soixantaine de boutiques avec les corners dans les grands magasins. On monte environ à 80. Et là, on investit, on va dire, sur le physique puisqu'on refait notre concept boutique. Donc là, c'est vraiment décoration, entre guillemets, mais aussi la façon dont on présente nos produits. C'était une grosse envie parce que de travailler sur ce sujet, c'est hyper intéressant. Sur la décoration, c'était mon tout premier métier. J'avais très envie. mais il fallait aussi que ce soit le bon moment pour Bocage et pour nos clients. Et là, au mois de début mars, on ouvrira pour la première fois notre nouveau concept dans notre boutique qui existe déjà de Villiers. Donc c'est repartir sur un nouveau cycle. Ça se fait tous les dix. Là, ça faisait douze ans qu'on avait le même mobilier, la même déco en magasin. Et je pense que ça va aider aussi tout le réseau physique à repartir encore sur une nouvelle dynamique. Et je pense à convaincre de nouveaux clients qui passaient devant sans forcément rentrer. Et quand on voit qu'il s'est passé quelque chose, nouvelle décoration, nouvelle façon de présenter, je pense que ça va encore plus redorer l'image de marque de bocage.

  • Speaker #0

    Tu as une boutique à Nantes ?

  • Speaker #1

    Il y a une boutique à Nantes qui est rue d'Orléans.

  • Speaker #0

    Sur votre site, je vois qu'il y a de la femme, il y a de l'homme. Vous ne faites pas de l'enfant ?

  • Speaker #1

    On ne fait pas d'enfant, non.

  • Speaker #0

    Ce n'est pas un projet ?

  • Speaker #1

    Non, pas forcément. Après, on a lancé de nouveaux services. Donc aussi, on va vers cette durabilité correspondante. éco-responsabilité, pardon, chez Bocage aussi. On propose la location de chaussures. C'est assez innovant aussi. Et là, secondement.

  • Speaker #0

    Et comment ça se passe ? Tu loues tes chaussures ?

  • Speaker #1

    On loue nos chaussures. Ça a été lancé avant qu'on arrive. Je ne vais pas récolter des lauriers, mais on y croit beaucoup aussi avec Charlotte. On a de plus en plus d'adeptes chaque saison. Louer ses chaussures, on a des abonnements en boutique de deux mois. On choisit une paire de chaussures neuves. Voilà, c'est celle qu'on veut dans tout le magasin. Et au bout de deux mois, soit on la rapporte et on en choisit une autre, ou soit on l'achète avec un prix attractif. Donc ça permet de faire varier son garde-chaussures, sans forcément investir sur l'avenir, ça peut être pour tester une tendance, ou juste voir, celle-là elle me plaise, je vais les mettre deux mois, est-ce que réellement j'en ai besoin, ou est-ce que c'était un coup de cœur. Quand on rend notre chaussure, elle est reconditionnée dans notre atelier à Montjean-sur-Loire. Et elle est revendue ensuite en seconde main dans nos boutiques. Le fait d'avoir notre atelier, c'est ce qui nous a permis de lancer ce service, puisqu'ils ont un brevet d'hygiénisation. Ils peuvent changer la semelle, changer les lacets, les remettre en forme. Ce qui fait qu'honnêtement, elles paraissent presque neuves alors qu'elles ont déjà été portées.

  • Speaker #0

    Tu as beaucoup de clients qui utilisent ce service ?

  • Speaker #1

    De plus en plus. Il y en a environ 5000 en France qui sont abonnés.

  • Speaker #0

    C'est assez innovant comme approche et en plus c'est... responsable. Tu sens que ça SM autour de vous ? Est-ce que d'autres marques vous sollicitent, vous contactent pour lancer ce modèle-là aussi ?

  • Speaker #1

    Je vois que ça surprend et il y a beaucoup d'autres chausseurs où il y a même, l'autre fois, c'était une personne des achats du gouvernement. Je pense qu'ils se posent eux également des questions sur la façon de consommer, comment ils chaussent les personnes de leur ministère, j'en sais rien. mais ça fait poser beaucoup de questions et on est assez souvent soliste. Par curiosité, on répond toujours par curiosité à comment vous faites, qu'est-ce que ça apporte, comment vous y prenez, etc. Un chausseur belge, l'autre fois, qui a pris contact avec moi pour savoir comment on s'y prenait. Donc, on partage.

  • Speaker #0

    Et justement, c'est quoi les grands challenges que vous avez aujourd'hui, auxquels vous êtes confrontés ?

  • Speaker #1

    C'est quand même la vente physique, même si je pense qu'on a trouvé les clés pour la faire vivre. Et puis, on... On va de l'avant avec un nouveau concept, mais il n'empêche que quand on regarde autour de nous, c'est un challenge, puisqu'on voit que ce n'est pas si facile que ça de survivre en centre-ville aujourd'hui. C'est-à-dire qu'il ne faut pas se reposer sur ses lauriers, il faut sans cesse se réquestionner, travailler son image de marque. J'appuie dessus, mais c'est vrai. Et puis innover dans le sens, nos services, là on a la location, la seconde main, on est en train de lancer la réparation de chaussures. En ce moment d'ailleurs on est en test à Nantes parce qu'on aime bien faire des tests à Nantes comme c'est à côté c'est pratique. C'est aussi grâce à l'atelier de chaussures donc on propose notamment vraiment des packs reconditionnement parce que c'est à force de proposer des chaussures de seconde main les clients finissent par dire mais vous pouvez pas faire ça aussi avec mes chaussures et finalement on envoie les paires de nos clients dans notre atelier à Montjean-sur-Loire et ils font ce qu'ils font avec les chaussures louées c'est à dire qu'ils les remettent en forme et on offre ce service à nos clients. On le teste pour l'instant, il faut toujours tester avant de s'emballer. Mais c'était une vraie demande client pour le coup. Et on peut se permettre de le faire toujours avec cet atelier dans la région.

  • Speaker #0

    Et ça prend bien ?

  • Speaker #1

    Et ça prend bien. On n'en parle pas beaucoup parce que forcément, quand on propose beaucoup de choses, c'est difficile de parler de tout. Donc là, on était un petit peu plus en test sous-marin. Comme on savait qu'il y avait des demandes, c'était de se faire la main à l'atelier. Est-ce qu'on y arrive ? Comment on s'organise ? Pour peut-être ensuite communiquer un petit peu plus sur le sujet et l'étendre à d'autres boutiques.

  • Speaker #0

    On parle justement de tous ces sujets de réparation, de recyclage, etc. Mon limard a été labellisé Bicorp en 2023. Qu'est-ce que ça fait aujourd'hui d'avoir une marque qui est labellisée Bicorp ?

  • Speaker #1

    Je pense que c'est une preuve pour nos clients, pour nous aussi. C'est un peu se dire, ok, tout ce qu'on fait, c'est réellement vertueux. Et ça nous permet aujourd'hui d'apporter transparence et preuve à nos clients. et d'éviter de gesticuler par ailleurs. Parce que quand on fait les choses bien, on a envie de tout dire. Donc on avait tendance à dire, ce produit, il a telle matière, il est comme ci, il est comme ça, pour montrer au client qu'il était éco-responsable, verteux. Et ça nous a permis d'avoir une labellisation internationale. ça nous permet d'être plus posés et d'avoir moins besoin de nous justifier. Parce qu'il y a toujours la peur du greenwashing, les clients ils ont toujours très peur, donc voilà, il faut leur apporter beaucoup de preuves. Et le fait d'avoir cette labellisation-là, ça ne suffit pas évidemment, on est toujours transparent par ailleurs, mais ça nous permet de nous sentir plus légitimes dans nos prises de parole, quand on discute avec des clients.

  • Speaker #0

    Mais vous, ça vous engage à quoi concrètement ?

  • Speaker #1

    Ça nous engage à nous améliorer, puisque à la fin de la certification, on a eu un score. qui était assez bon, même très bon pour le prêt-à-porter. Et voilà, c'est pas juste, bon, c'est bon, on est labellisé, on s'arrête. C'est à la prochaine labellisation. Il y a des étapes, tous les deux ans, il faut s'améliorer. Donc, ça veut dire qu'une fois qu'on a un petit peu notre photo, qui est le jour de la labellisation, on nous dit, voilà, vous avez tant, là où on a des bons points, là où on peut s'améliorer, eh bien, il faut direct se mettre en mouvement. puisqu'on pense à la prochaine étape, même si ça paraît lointain. Et il faut aller travailler sur ces points faibles ou des choses qu'on n'a pas encore eu le temps de faire, pour pouvoir montrer qu'on s'est amélioré. C'est vraiment l'amélioration continue Bicor.

  • Speaker #0

    Ça parle à tes clients, cette labellisation ?

  • Speaker #1

    À certains clients. Je ne vais pas te cacher que les labellisations, je pense que ça leur parle, parce qu'ils se disent Ok, c'est connu, ça a l'air gros mais ils ne savent pas toujours exactement à quoi ça correspond, ce que ça implique. Et c'est à nous aussi d'être dans la pédagogie et de leur expliquer comment on s'est fait labelliser, pourquoi on s'est fait labelliser, qu'est-ce que ça implique, etc. Mais de même, c'est connu justement par ce noyau dur de clients hyper engagés et hyper parfois militants. Et c'est moins connu d'un client qui passe comme ça. Mais je pense que ça... Il le voit, ça peut l'interpeller et il a les informations, s'il souhaite creuser, on lui fournit un peu les informations, donc c'est qu'un plus je pense.

  • Speaker #0

    On parle aussi beaucoup dans l'univers de la mode de nouvelles technologies, d'IA, d'intelligence artificielle, de blockchain. Est-ce que vous les utilisez et si oui, comment ?

  • Speaker #1

    On parlait de synergie, groupe, etc. Ça c'est un sujet qui est vraiment traité de façon globale dans le groupe. À savoir, il y a des éclaireurs, des personnes hyper intéressées qui ont été identifiées, qui se sont portées volontaires et on a une commune. Côté intelligence artificielle, et c'est eux qui sont en train en ce moment de faire un peu un état des lieux auprès des différents métiers. Quels sont les besoins des différents métiers ? Pas que sur l'imagerie, le marketing, etc., mais aussi juridique, finance, et comment on peut répondre à ces besoins grâce à l'IA. Donc là, les premières actions, c'est plutôt sur le marketing quand même, et l'imagerie notamment. Après, je pense que c'est une cible de... C'est une population qui est assez à l'écoute aussi des innovations du marché.

  • Speaker #0

    Si tu avais un conseil à donner à un entrepreneur qui souhaite se lancer aujourd'hui dans l'univers de la mode ?

  • Speaker #1

    Souvent, une personne qui a des valeurs éco-responsables, etc., il y a certaines personnes qui peuvent penser que l'image, le marketing, c'est superficiel et que c'est presque triché. Or, je pense qu'il ne faut pas s'en couper. Donc, éco-responsable, pour moi, c'est un critère, c'est un prérequis, mais ce n'est pas ce qui fera la marque. Donc vraiment mettre de l'énergie et quelques moyens, en tout cas humains, dans le visuel, prendre le temps de savoir quel message on a envie de porter, vraiment travailler sur la marque et ne pas se dire, ce qu'on a pu se dire parfois au début, que mon produit, parce qu'il est parfait d'un point de vue éco-responsable, forcément il va trouver preneur. Et c'est justement assez facile avec ce genre de produit de convaincre des personnes qui sont déjà convaincues. Il faut aller chercher les personnes qui ne consomment pas forcément de manière éco-responsable et auquel cas il faut leur apporter la même service, le même plaisir dans l'achat d'un vêtement. Ça passe par les couleurs, les matières, les photos, le message qu'on va porter. Donc je pense qu'il ne faut pas du tout mettre de côté cette partie qui peut paraître superficielle, mais qui est, je pense... indispensable. Et mon autre conseil, c'est de pas vouloir être parfait. Et je pense que nous, on a voulu l'être un petit peu trop parfois. Et surtout, on a beaucoup de marques éco-responsables dans notre écosystème qui ont parfois disparu. Parce qu'à vouloir faire tout parfaitement du bouton à l'étiquette, à l'emballage, à tout, le modèle n'est pas toujours verteux. Et du coup, économiquement, c'est parfois difficile de survivre. Donc je pense qu'il faut se donner des objectifs, aller étape par étape. Se dire ce qui est important pour mes clients, pour moi, c'est ça. Là-dessus, je vais tout donner. Et voilà, l'année prochaine, je vais aller m'améliorer là-dessus, là-dessus, là-dessus. Et pas vouloir rendre une copie parfaite dès le premier lancement, parce que je ne pense pas que ce soit possible.

  • Speaker #0

    Mon Limard, c'est une marque qui est quand même attachée à ses racines, on le voyait. Quel lien en particulier, toi, tu entretiens avec Nantes et la région ?

  • Speaker #1

    Alors Nantes, je me sens à la fois mon Limard toite et à la fois nantaise, puisque j'étais à l'internat à Nantes dès la sixième. Donc j'ai habité finalement à Nantes, en tout cas la semaine.

  • Speaker #0

    Tu étais où ?

  • Speaker #1

    J'étais à Blanche-de-Castille. Donc de la 6e à la Terminale, j'étais à Nantes. Je ne voyais pas beaucoup de pays quand même, notamment au collège. Après au lycée, c'était le temps des sorties du mercredi, donc j'ai beaucoup exploré Nantes en toute liberté. Donc j'ai un vrai attachement pour Nantes. Et finalement, quand j'ai cherché mon premier travail, je cherchais à Paris. Et Nantes, j'ai trouvé à Nantes et donc j'habite à Nantes depuis que j'ai commencé à travailler. Mon mari est parisien. Donc là, tu habites toujours à Nantes ? J'habite toujours à Nantes, oui. J'ai convaincu, mon mari était né à Paris, avait grandi à Paris, mais finalement j'ai réussi à lui vendre Nantes aussi. Donc on s'est tout de suite installé à Nantes et on y est très très bien depuis qu'on habite à Nantes.

  • Speaker #0

    Pourquoi est-ce que Nantes est selon toi un terreau fertile pour des entreprises engagées ?

  • Speaker #1

    J'ai l'impression qu'il y a beaucoup d'interactions. Il y a beaucoup de marques avec des belles valeurs à Nantes qui se créent. Certaines qui existent depuis un moment, certaines qui s'y installent. Donc, je trouve qu'il y a un certain dynamisme pour ces marques. On se sent entouré. On a l'impression d'être dans un écosystème qui ne nous ressemble pas toujours. Mais en tout cas, il y a un effet de groupe, je trouve.

  • Speaker #0

    Et comment est-ce que... Tu fais pour finalement faire rayonner ta marque ici en local ? Les deux marques d'ailleurs.

  • Speaker #1

    Les deux marques, on a un ancrage. De toute façon, on vient d'ici. Donc quand on regarde nos bas clients, même Monimar qui est pourtant en ligne, alors on a une grosse concentration à Paris, mais on a aussi une très grosse concentration dans l'Ouest. Donc je pense que naturellement, nos premières ventes, on les a faites à Nantes. On connaît quand même des personnes à Nantes. Donc au fur et à mesure, à force d'en parler, le bouche à oreille. quelques articles de journaux locaux aussi, fait qu'on est quand même très ancrés dans notre région pour Bocage et pour Montlima.

  • Speaker #0

    Qu'est-ce que tu aimes ici ?

  • Speaker #1

    Qu'est-ce que j'aime ? J'aime la tranquillité. J'ai la chance d'avoir une vie très tranquille à Nantes. Il y a une vraie vie de quartier, je trouve. Donc, je retrouve un peu mon village d'enfance. Mine de rien, j'ai été assez étonnée au fur et à mesure. Ça fait un petit moment qu'on habite dans notre quartier. On retrouve... C'est un peu cet esprit village, on fait coucou au coiffeur en passant. Il y a quand même un esprit de quartier et puis j'ai la chance d'avoir un petit jardin. Donc je trouve que c'est un peu la vie de campagne avec forcément l'accès à la ville et tous ces avantages à proximité, à portée de main.

  • Speaker #0

    Est-ce que tu as des adresses à nous partager ?

  • Speaker #1

    J'aime bien manger. Et particulièrement la cuisine italienne. J'aime bien la pasta à Nantes, Russain Léonard. Il fait des... des très très bonnes pâtes. C'est une histoire de famille d'ailleurs. Parce que je crois que c'était deux couples... Au tout début, quand j'habitais à Nantes, il y avait encore un des deux couples qui était là et c'est leur fille dorénavant qui s'occupe du restaurant. Donc j'aime beaucoup la pasta, je conseillerais. Et après, je parlais de vie de quartier, de commerçant. Je suis très fan de mon fromager. La crèmerie Sando à Sando-Nassien, ça vaut le détour. C'est vraiment le sens commerçant, je trouve. à l'ancienne, ils accueillent tout le monde avec le sourire, ils s'entendent bien, ils reconnaissent les gens. Et j'aime beaucoup cette vie de quartier qui me rappelle la vie dans un village.

  • Speaker #0

    Merci Juliette pour ton temps aujourd'hui, c'était hyper intéressant. Merci beaucoup. Si on veut te suivre sur les réseaux ?

  • Speaker #1

    Sur Instagram principalement, donc monimarebocage et sur LinkedIn. Juliette Biotto.

  • Speaker #0

    Merci Juliette.

  • Speaker #1

    Merci beaucoup.

  • Speaker #0

    Bonne journée.

  • Speaker #1

    Bonne journée.

  • Speaker #0

    Merci pour votre écoute. Si cet épisode vous a plu, partagez-le autour de vous en l'envoyant à vos proches ou en le relayant sur vos réseaux sociaux. Et si jamais vous écoutez cet épisode sur Apple Podcasts et Spotify et que vous avez 20 secondes devant vous, n'hésitez pas à laisser une note et un commentaire en dessous du podcast. C'est grâce à ça que vous m'aidez à le faire connaître et grandir. Si vous venez juste de découvrir cette émission, sachez qu'il y a plus d'une soixantaine d'épisodes enregistrés avec de nombreux invités nantais. passionnant et plein d'autres formats sur l'actualité d'ici, disponibles sur votre plateforme d'écoute préférée. Pour suivre toute l'actualité du podcast, retrouvez-nous sur Instagram et Facebook ou suivez-moi sur LinkedIn. Abonnez-vous au podcast, écrivez-moi, partagez, c'est ce qui fait vivre ce podcast qui n'existerait pas sans votre fidélité. Merci.

Description

Enregistrer un épisode avec la nantaise Juliette Biotteau, c’est comme ouvrir une page de l’histoire de la mode française.


Juliette est née au cœur d’une famille où l’entrepreneuriat est une seconde nature. Ses arrière-grands-parents ont fondé le groupe Eram en 1927, son grand-père en est devenu le PDG, et ses parents ont créé l’enseigne GEMO en 1991.

Une dynastie ancrée dans le Maine-et-Loire, à Saint-Pierre-Montlimart, toutà côté de Nantes, où elle a grandi.


Alors comment grandit-on avec un tel héritage familial ?

Comment trouve-t-on sa propre voie quand on est issue d’une lignée d’entrepreneurs qui ont façonné l’industrie de la mode en France depuis près d’un siècle ?


Avec sa sœur, Juliette a choisi d’écrire son propre chapitre en lançant Montlimart, une marque de mode masculine engagée, avant de prendre, en 2022, la tête de Bocage, marque emblématique du groupe familial.


Entre audace, transmission et renouveau, elle nous raconte aujourd’hui comment elle conjugue tradition et modernité pour insuffler sa vision des choses et de l’avenir à ces marques.


Bonne écoute !


Ah et comme Juliette est trop sympa, elle vous offre -15% sur votre commande Montlimart (hors promotion) avec le code RAYONANTES15. Rdv sur Vêtements et Chaussures éco-responsables Homme | Montlimart

Vous me direz si vous avez craqué?

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Si jamais vous écoutez cet épisode sur Apple Podcast et Spotify et que vous avez 20sec devant vous, n’hésitez pas à laisser une note et un commentaire en-dessous du podcast. 


C’est grâce à ça que vous m’aidez à le faire connaitre et grandir !


Si vous venez juste de découvrir cette émission, sachez qu’il y a plus d’une 60aine d’épisodes enregistrés avec de nombreux invités nantais passionnants et pleins d’autres formats sur l’actualité d’ici disponibles sur votre plateforme d’écoute préférée. 


Pour suivre toute l’actualité du podcast, retrouvez-nous sur Instagram et Facebook ou suivez-moi sur Linkedin. 


Bref, en 2 mots, abonnez-vous au podcast, écrivez-moi, partagez, c’est ce qui fait vivre ce podcast qui n’existerait pas sans votre fidélité ! 



Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Cette année, les vacances de Pâques pour nous, les Nantais, tombent du 5 au 22 avril. Si vous rêvez de vacances inoubliables en famille à cette période, j'ai un super plan à vous partager. Le ski de printemps au Club Med. Pour l'avoir vécu, je peux vous dire que c'est vraiment une expérience unique. Imaginez, des journées plus longues, le soleil au rendez-vous, les températures qui s'adoucissent, les pistes pour vous seules, bref, l'idéal pour profiter et initier vos enfants à la glisse. Et si comme moi vous aimez skier, mais bon, pas que... Le Club Med, c'est vraiment l'endroit rêvé. L'occasion de tester une balade en raquette, un cours de snow, ou tout simplement se détendre à la piscine chauffée ou au spa. Et pour ceux qui seraient sceptiques, pas d'inquiétude pour la neige, les resorts de Club Med ont l'avantage d'être tous situés dans des stations exceptionnelles en haute altitude. Ah, et j'allais oublier de vous le dire aussi, les prix sont plus doux en avril. Donc maintenant que vous avez le plan, vous n'avez plus qu'à passer voir Caroline et son équipe à l'agence Club Med de Nantes pour en savoir plus et réserver vos vacances. Merci au Club Med de soutenir Réunion Nantes, et maintenant, placez l'épisode ! Hello à tous, je suis Eleonore Vigneron et je suis ravie de vous accueillir sur Rayon Nantes. Dans ce podcast, je pars à la rencontre de personnalités inspirantes qui rythment l'actualité ou l'innovation à Nantes et dans la région. Ensemble, nous discutons de leur parcours de vie, de l'origine de leurs projets et de leur vision de l'entrepreneuriat à Nantes. Rayon Nantes, un podcast original. à écouter quand vous le voulez sur toutes vos plateformes de podcast. Enregistrer un épisode avec Juliette Biotto, c'est un peu comme ouvrir une page de l'histoire de la mode française. Juliette est née au cœur d'une famille où l'entrepreneuriat est une seconde nature. Ses arrières-grands-parents ont fondé le groupe Eram en 1927. Son grand-père en est devenu le PDG et ses parents ont créé leur scène Gémeaux en 1991. Une dynastie ancrée dans le Maine-et-Loire, à Saint-Pierre-Montlimart où elle a grandi. Alors comment grandit-on justement avec un tel héritage familial ? Comment trouve-t-on sa propre voix ? Quand on est ici d'une lignée d'entrepreneurs qui ont façonné l'industrie de la mode en France depuis près d'un siècle. Avec sa sœur, Juliette a choisi d'écrire son propre chapitre en lançant Mon Limard, une marque de mode masculine engagée, avant de prendre en 2022 la tête de Bocal, marque emblématique du groupe familial. Entre audace, transmission et renouveau, elle nous raconte aujourd'hui comment elle plonge une tradition et modernité pour insuffler sa vision des choses et de l'avenir à ses marques. Bonne écoute !

  • Speaker #1

    Bonjour Juliette ! Bonjour !

  • Speaker #0

    Bienvenue dans Rayonnante !

  • Speaker #1

    Merci !

  • Speaker #0

    Écoute Juliette, je suis ravie de te recevoir aujourd'hui. Tu es issue d'une famille à la culture entrepreneuriale très forte, puisque tes grands-parents, tes arrières-grands-parents ont fondé le groupe Eram en 1927. C'est ça. Et ton grand-père est devenu PDG du groupe. Et tes parents ont créé l'ancienne Gémeaux en 91. Alors déjà Juliette, je te propose de commencer par te présenter.

  • Speaker #1

    D'accord, donc je m'appelle Juliette Biotto. J'ai 35 ans, je suis nantaise d'adoption. J'ai fondé la marque Mon Limard, donc marque masculine, avec ma sœur Charlotte en 2017. Et on a repris toutes les deux depuis 2022 la marque de chaussures Bocage.

  • Speaker #0

    Et alors, je le disais, tu es ici d'une famille, la culture entrepreneuriale très forte, qui a perduré de génération en génération. Alors, ma question est un peu évidente, mais comment est-ce que toi tu as grandi avec cet héritage familial ?

  • Speaker #1

    Je crois que c'est dans mon ADN, dans le sens où ça a toujours été normal. Je pense qu'on parlait de chaussures... certainement au-dessus de mon berceau. J'ai grandi avec cette histoire, et c'est à la fois la responsabilité et aussi un peu une fierté quand même.

  • Speaker #0

    Et du coup, je suis assez curieuse, ça se passait comment les dîners, les fêtes familiales chez les Biotos ?

  • Speaker #1

    Alors ça a évolué de génération en génération, puisque du temps de mon grand-père, il n'y avait pas vraiment de limite entre le travail et la vie personnelle. Il habitait de toute façon à deux minutes de son lieu de travail. On poursuivait la journée avec les collègues à la maison. Quand nous, on est arrivés dans sa vie, on était beaucoup avec lui. Et c'est vrai qu'on entendait tout le temps, tout le temps, tout le temps parler de travail et de chaussures. Du temps de mes parents, c'était déjà différent. Il y avait une vraie limite, la maison, le travail. Après, comme ils travaillaient tous les deux ensemble... On va dire que quand on partait en week-end, la première demi-heure était dédiée à des conversations de travail, donc j'assistais quand même pas mal à des discussions professionnelles. Désormais, il y a vraiment deux mondes. Après, je pense que c'est de manière générale une tendance, on sépare peut-être plus vie pro-vie perso. Donc voilà, on a des discussions assez différentes et on sait quand on va parler de travail ou quand on va parler famille.

  • Speaker #0

    Si on revient à toi, est-ce que tu t'es toujours sentie libre de tracer ta propre route ? propre chemin ou est-ce que finalement le chemin était tout tracé ?

  • Speaker #1

    Non je me suis vraiment sentie libre alors pourtant mes deux parents travaillaient dans l'entreprise mais ils m'ont toujours fait comprendre qu'on ferait ce qu'on voulait. On m'a toujours laissé libre après au fond de moi j'ai j'ai grandi vraiment dans le village où ça a été créé. Je pense qu'il y avait deux possibilités soit ça me dégoûtait soit ça me passionnait. En l'occurrence ça m'a passionné et au fond de moi j'ai toujours su que je voulais travailler dans l'entreprise familiale.

  • Speaker #0

    T'as combien de frères et soeurs ?

  • Speaker #1

    On est quatre.

  • Speaker #0

    Toi, t'as la numéro combien ? Deux. Et ta sœur avec qui t'apprendais ? Un. D'accord, les deux aînés.

  • Speaker #1

    On est les aînés.

  • Speaker #0

    Et alors, toi, tu disais que tu voulais être pédiatre, petite. C'est ça. Comment est-ce que t'es passée de pédiatre à entrepreneur ? Je monte une marque.

  • Speaker #1

    Alors, pédiatre, je crois que je voulais être pédiatre parce que j'aimais bien les maths et j'aimais bien les enfants, mais ça ne suffit pas. Je crois qu'à ma première dissection de SVT, j'ai compris que je ne ferais jamais médecine de ma vie. Et puis la passion, je pense, de la mode et quand même du commerce m'a rattrapée. Et voilà, ça n'a pas forcément duré. Et assez rapidement, en fin de lycée, j'ai voulu faire une école de commerce. Et je savais que je voulais travailler dans l'entreprise.

  • Speaker #0

    Et donc, tu as fait une école de commerce en cinq ans ?

  • Speaker #1

    Oui, c'est ça.

  • Speaker #0

    Et tout de suite, tu as travaillé dans l'entreprise ou tu as eu d'autres expériences ?

  • Speaker #1

    Non. Alors déjà, aimant la mode, j'ai fait tous mes stages dans des entreprises. extérieures à l'entreprise familiale, chez Bach, au Galerie Lafayette, chez Figarelle et Chemise. J'ai fait le choix, ça me tenait à cœur, de commencer en dehors de l'entreprise familiale. Donc j'ai commencé à Nantes, chez Maisons du Monde, en tant que chef de produit. Et j'ai travaillé quatre ans chez Maisons du Monde. Donc c'était mon premier job.

  • Speaker #0

    Et après ces quatre ans ?

  • Speaker #1

    On discutait pas mal avec ma sœur, aussi avec mon papa, du fait de monter quelque chose avec ma sœur Charlotte. Au début, c'était plus sur le ton de la blague. Du rêve, je ne sais pas. Et puis finalement, au fur et à mesure des conversations, c'est devenu de plus en plus sérieux, jusqu'à ce qu'on en discute avec mon papa. Et il nous a dit, lancez-vous, allez-y. Et j'ai démissionné de chez Maison du Monde pour rejoindre directement l'entreprise dans le but de créer une marque.

  • Speaker #0

    Vous êtes plutôt dit, on crée, qu'on reprend.

  • Speaker #1

    Oui, c'est ça. parce que je pense que c'est intéressant pour toucher à tous les métiers, pour s'intégrer aussi, enfin s'intégrer dans une entreprise familiale là où nos arrière-grands-parents ont travaillé, mine de rien. L'héritage est lourd. Voilà, aisé. Alors qu'arriver par une petite porte, toucher à tous les métiers, c'était le bon choix, je pense, pour comprendre le fonctionnement de l'entreprise et de tous ces métiers.

  • Speaker #0

    Avant de lancer avec Charlotte, tu étais convaincue que travailler en famille, c'était la bonne option ?

  • Speaker #1

    Avec Charlotte, on s'est beaucoup suivi. On était à l'internat ensemble, on était en colocation aussi. On s'est dit, si on peut survivre à la colocation, on doit pouvoir travailler ensemble. Donc, ce n'était pas une peur. Pour moi, c'était une possibilité et une possibilité qu'on a réalisée.

  • Speaker #0

    Et même si ça peut brouiller les frontières entre vie perso, vie pro, tu parlais justement du fait que vous arriviez à scinder ces deux mondes-là. Comment est-ce que vous faites, toi et Charlotte, pour trouver un équilibre ?

  • Speaker #1

    On aime toutes les deux la tranquillité aussi de la vie de famille. On se voit beaucoup, les enfants, ils sont dans la même école. Donc on a tout de suite décidé de faire une frontière, on va dire. À savoir, on a deux WhatsApp. Une conversation qui s'appelle Travail, jamais urgent Quand on a un message dans Travail on sait que ça va être Travail mais on ne se parle jamais de Travail sur notre conversation de sœur. Quand on se voit le week-end. Alors, sauf s'il y a une extrême urgence ou sauf si c'est passé quelque chose de dingue, on ne parle pas plus que ça de travail.

  • Speaker #0

    Comment est-ce que ton papa a réagi au moment où vous lui avez annoncé que vous lanciez ? Parce que tu disais tout à l'heure qu'il était aussi à l'origine de cette discussion. Est-ce qu'il avait suivi tous vos échanges ou est-ce que finalement, vous êtes revenue vers lui quelques temps après en lui disant ça y est, on se lance ?

  • Speaker #1

    On est revenue vers lui quand même en se disant bon, là, il en entendait parler, mais de là à ce que ça devienne sérieux, on en a... un jour parlé très sérieusement pour savoir ce qu'il en pensait tout simplement. Il était partant, donc on a senti, je pense, sa confiance. Après, il n'a jamais voulu nous pousser. Il nous a toujours dit que la porte était ouverte, mais je pense que c'était important pour lui que ce soit notre propre décision. Donc on a senti qu'il était heureux de cette décision, mais dans la discrétion.

  • Speaker #0

    Vous lui demandez conseil ?

  • Speaker #1

    On lui demande conseil. Oui, forcément. En tout cas, son regard est évidemment très important pour nous. Et quand on discute avec lui, quand il nous fait une remarque, on la prend bien en compte.

  • Speaker #0

    Quel rôle respectif vous occupez toutes les deux au sein de Monlima ?

  • Speaker #1

    Ça s'est fait naturellement. Au départ, on est toutes les deux chefs de produit. Donc plutôt dans le développement du produit. On s'est dit qu'on allait avoir envie de faire la même chose. Donc allez, on va dire les six premiers mois, on faisait tout à deux. Quand on crée une entreprise... On n'a pas envie d'en rater une miette, on est à fond. Donc au début, on faisait tout à deux. Puis finalement, naturellement, on a vu un peu quelles étaient nos forces, nos passions aussi. Finalement, elle était chef de produit, moi aussi, mais il y a plein de facettes dans le métier de chef de produit. Il s'avère qu'elle était meilleure en gestion, en analyse. Donc Charlotte, elle gère toute la partie achat, combien on va commander, à quel prix on va mettre, analyse de collection. la gestion financière, la logistique. Et de mon côté, je m'occupe plus du développement des produits et de la communication.

  • Speaker #0

    La distinction entre les forces de chacune et les postes sur lesquels vous étiez plus à l'aise, c'est fait naturellement ?

  • Speaker #1

    C'est fait petit à petit. Forcément, au bout d'un moment, on a quand même manqué de temps à tout faire à deux. Donc petit à petit, on a pris notre envol sur certaines missions. Et aujourd'hui, on a deux missions bien séparées, même si évidemment la collection... Je dis que je m'occupe du développement produit, mais forcément, elle est dans le même bureau et elle donne son avis sur chaque produit qui sort chez Monimar.

  • Speaker #0

    Et comment est-ce que vous gérez les éventuels désaccords ?

  • Speaker #1

    On n'en a pas tant que ça, parce que déjà, ce n'est pas dans notre nature que... Je pense qu'on se fait confiance sur nos missions, on se respecte, même quand on a un avis différent selon qui est le plus légitime sur la question, on va plutôt aller se rallier à elle, mais on aime bien quand même confronter nos idées, donc on n'est pas toujours d'accord, ça c'est sûr que non. Mais jusqu'ici, on ne s'est jamais trop fâchés, non. Charlotte,

  • Speaker #0

    tu disais qu'elle était chef de produit. Elle a travaillé pour quel...

  • Speaker #1

    Elle a travaillé dans la chaussure. Donc, c'est une marque qui n'existe plus aujourd'hui, mais qui faisait partie du groupe familial qui s'appelait Hero. H-E-Y-R-A-U-D. Donc, chaussure assez haut de gamme.

  • Speaker #0

    Et est-ce que tu penses que le fait que vous ayez monté cette marque à deux, d'avoir ce lien familial, ça donne une force supplémentaire à votre marque ?

  • Speaker #1

    Nous, ça nous donne une force. Donc, dans la stabilité de la marque, On sait que c'est important quand même l'entente des fondateurs, etc. Donc ça, c'est une force. Ça donne, je pense, de l'authenticité à notre marque, dans notre discours. Mais c'était un petit peu ce qu'on racontait à nos clients au départ, l'histoire familiale, soeur, notre village d'enfance. Et en fait, un an après le lancement de mon limard, on a interrogé des clients pour un peu savoir comment ils nous avaient trouvés. Parce qu'il fallait quand même nous trouver au début. Pourquoi ils avaient acheté chez nous ? Qu'est-ce qui les avait intéressés ? Ils nous ont raconté... plein de choses intéressantes, mais à aucun moment ils nous ont parlé du fait. C'était une histoire familiale, des sœurs, un village. Et donc, on a compris que ce n'était pas forcément ce qui les intéressait le plus. Donc, je pense quand même que ça apporte de l'authenticité à la marque. C'est des vrais humains, c'est une histoire, c'est des racines, mais ce n'est pas ce qu'ils font, ils achètent chez nous.

  • Speaker #0

    Et auprès de vos équipes ?

  • Speaker #1

    Auprès de nos équipes, c'est autre chose parce que c'est une histoire qui est assez longue. Déjà, je pense que ça donne confiance. Ce n'est pas une histoire qui peut s'arrêter tout de suite du jour au lendemain. On est quand même dans la vision assez long terme. On travaillait avec deux sœurs. Le plus difficile, je pense, c'est pour le premier employé.

  • Speaker #0

    Pourquoi ça plaît ?

  • Speaker #1

    C'était Laetitia, qui est nantaise, qui fait partie de l'équipe. Mais si elle nous écoute, je lui dis bonjour. Et dès le premier entretien, on lui avait évidemment dit qu'on était deux sœurs, que ce n'était pas une situation forcément qu'elle avait déjà connue. Donc, il fallait qu'elle soit à l'aise avec ça. En l'occurrence, elle l'était. Évidemment qu'il y a une communication qui est sans doute très fluide entre nous. Mais je ne pense pas que ça change le quotidien de l'équipe Mon Limard, à part du fait qu'on s'entend bien et qu'on soit stable dans nos décisions.

  • Speaker #0

    Si on s'intéresse à la marque Mon Limard et à toute sa création et son développement, à ces fameuses discussions que tu avais avec Charlotte, ton papa, qu'est-ce qui vous a mené à cofonder Mon Limard ? Quelle était votre idée de départ ?

  • Speaker #1

    Déjà, ce qui nous a mené à fonder Mon Limard, c'est avant tout, je pense, l'envie d'entreprendre. Donc sans avoir au départ forcément une idée, on s'est dit qu'on avait envie d'avoir une idée et envie de créer notre propre marque. de mode. A partir de cette décision, on s'est dit, ok, mais qu'est-ce qu'on crée ? De là est venue l'idée de créer une marque masculine, assez rapidement. Pourtant, on aimait beaucoup la mode féminine, mais on trouvait qu'il y avait moins de choix sur le marché de l'homme. Il n'y avait pas beaucoup de marques proposant de la qualité à des prix restants, justement, assez accessibles. Voilà, c'était nos deux envies de départ, créer une marque de mode. qualitatif avec un prix qui reste accessible parce que c'est dans l'ADN aussi de notre groupe familial. Ensuite est venu le local. Ça nous tenait à cœur de créer des produits qui soient faits autour de nous, alors au sens large, mais en tout cas pas à l'autre bout du monde. Ça, c'était notre conviction et notre envie personnelle. Donc voilà, on a commencé avec ces idées-là et puis de fil en aiguille, on en est arrivé à Montlimar.

  • Speaker #0

    Et le nom Montlimar, c'est un hommage à votre village natal, Saint-Pierre-de-Montlimar. Pourquoi ce choix ?

  • Speaker #1

    Au départ, on était complètement, comment dire, obsédés par le fait de trouver un nom avec des jeux de lettres, puisque Eram, qui était l'entreprise initiale, ça veut dire le ER, il parlait déjà vers l'an en 1927, le ER c'était René, il s'appelait Albert René, notre arrière-grand-père, et le AM c'était Marie. Ensuite, Gémeaux, créé par nos parents, c'était le nom de mes grands-parents, donc Gérard et Monette, pour les intimes, ou Simone. Et donc, on était assez focus là-dessus. Nos parents, Xavier, Catherine, Leïx, etc., on tournait vraiment en rond, on n'y arrivait pas. Et puis un jour, en arrivant dans notre petit bureau, au feu, à Saint-Pierre-Montlimar, on a regardé le panneau. Et on s'est dit, mais en fait, pourquoi pas Montlimar ? C'est vrai que c'est quand même un hommage à nos racines. Ça va parfaitement avec ce qu'on veut faire de cette marque, à savoir... Plutôt du local, c'est assez masculin, assez chic, Montlimar, Moulinsard. On s'est dit, OK, on se lance là-dessus et c'est comme ça que Montlimar est arrivé et est devenu une évidence.

  • Speaker #0

    Et une marque de mode masculine, pareil, c'était une évidence ?

  • Speaker #1

    Je ne vais pas dire que c'était une évidence, c'était plus une opportunité. On s'est dit, quitte à créer une marque, autant que ça réponde à un besoin. Et on a estimé qu'il y avait plus de besoins sur le marché masculin. Et c'était une évidence, mais on n'y connaissait pas grand-chose au départ. Donc il a fallu aussi s'acclimater, discuter avec beaucoup d'hommes pour comprendre leurs besoins et ce qui leur manquait sur le marché.

  • Speaker #0

    Et le fait d'avoir créé une marque de mode responsable, c'était pareil un choix, une volonté ?

  • Speaker #1

    Alors la volonté, c'était vraiment, je pense, le local. Donc en soi, c'est responsable à savoir du Made in France, enfin pas que du Made in France, Europe aussi, et travailler autour de nous. Et éco-responsable, ça s'est fait naturellement. Au départ, on est toutes les deux chefs de produit, plutôt en 2018. justement après ces interviews clients. Donc quand on a réalisé qu'ils n'étaient pas du tout venus parce qu'on était une marque que deux sœurs avaient créée, ils étaient venus chez nous parce qu'ils nous considéraient, eux, éco-responsables. Et c'est là où on s'est dit, assumons d'être une marque éco-responsable et du coup, soyons-le encore plus. Et c'est à partir de ce moment-là où on a travaillé uniquement des matières dites plus responsables, si jamais parfaites. Finalement, c'est nos clients qui nous ont menés à ça. Et je ne peux pas dire que c'était le... point de départ de l'histoire de mon lima.

  • Speaker #0

    Oui, parce qu'en fait, en 2017, on ne parlait pas encore de responsabilité dans la mode. Ce n'était pas encore un sujet d'accueil.

  • Speaker #1

    Non, on commençait à parler de local, justement, mais l'éco-responsabilité, il y avait quelques marques ou quelques vêtements, mais hyper niche, pas toujours avec un esthétisme poussé. Et donc, ça ne nous était pas venu. Il est plus forcément naturellement de nous placer en tant que marque éco-responsable.

  • Speaker #0

    Raconte-nous un peu les débuts entre cette idée que vous avez et ces premières réalisations, ces premiers vêtements.

  • Speaker #1

    La première réalisation, ça a été de développer la collection, donc de trouver des partenaires qui puissent fabriquer nos vêtements. Je crois que c'est le plus difficile quand on lance une marque de vêtements, puisqu'il faut que le partenaire nous fasse confiance. Déjà, il faut le trouver. Donc, c'est difficile de trouver un savoir-faire. On a fait des salons, on a essayé de démarcher, etc. Il faut visiter parce qu'il faut voir où est-ce que nos vêtements vont être fabriqués, dans quelles conditions. Il faut convaincre les fabricants de bien vouloir travailler pour nous. Parce que nous, au début, on s'est dit qu'ils nous attendent comme les messies. Mais finalement, il y a beaucoup d'entreprises qui ne durent pas si longtemps que ça. Ça leur prend beaucoup de temps de créer des nouvelles relations. Donc finalement, ils sont souvent assez frileux et sceptiques à l'idée de... de travailler avec des marques qui n'existent pas encore. Ça a pris du temps de rencontrer les bons partenaires et je ne vais pas le cacher, le fait d'appartenir à un groupe, même si ça ne veut rien dire, parce que si la marque ne rencontre pas de client, en groupe ou pas groupe, elle ne durera pas longtemps. Mais c'était un peu quand même le certificat et le label de confiance et ça nous a aidés à convaincre des fournisseurs en France et en Europe. C'est ça,

  • Speaker #0

    parce que j'avais demandé si vous aviez justement capitalisé sur les partenaires du Comperam pour aller les démarcher, pour aller les trouver les vôtres.

  • Speaker #1

    Alors le premier fournisseur qu'on a trouvé c'était l'atelier du groupe ERAB. On avait cette première base, c'était un mix de partenaires qu'on nous avait conseillés, mis en relation et aussi pas mal de partenaires qu'on a trouvé sur le salon du Made in France. Alors il y a deux salons, il y en a un qui est vraiment si tout si pour les clients etc. et il y en a un qui est vraiment destiné aux professionnels avec toutes les, enfin pas tous, mais beaucoup d'ateliers en France qui se rendent à Paris au carreau du Temple et nos premiers partenaires on les a trouvés à ce moment là. On développe les produits, en parallèle il faut pouvoir les vendre. Donc on avait décidé dès le début d'être en ligne. Pourquoi ? Ça nous semblait naturel à l'époque. Un magasin ça peut faire peur, ça veut dire tout de suite un stock faire tourner. Au niveau ressources humaines aussi, il faut du monde. Donc le vendre en ligne, on était plus à l'aise avec ça. Développer un site internet quand on n'y connaît rien, c'est pas facile, il faut savoir par quel bout s'y prendre. Là aussi, le groupe a été un soutien. En fait, on l'a fait à notre façon, ce qui a toujours été notre façon de faire, c'est-à-dire sans complexe. Nos briefs e-commerce, je pense qu'ils n'en avaient jamais vu des comme ça, mais avec des copies d'écran de plein de sites en disant, voilà, on aimerait que ce soit comme ci, comme ça. Donc, le site Internet a été terminé à peu près au moment où on s'était fixé avril 2017. Et finalement, ça s'est pas mal goupillé. Le site Internet a été pris en même temps que les vêtements.

  • Speaker #0

    Comment est-ce que tu es allée chercher tes premiers clients ?

  • Speaker #1

    On disait, voilà, on fait des beaux produits, un beau site Internet, le bouche à oreille, ça va arriver. Alors oui, ça s'est fait comme ça, mais il faut quand même sortir du lot et ce n'est pas évident. Donc, les premiers clients, c'était forcément plutôt du bouche à oreille. On a eu la chance d'intégrer très rapidement l'exception qui, d'ailleurs, a fermé cette semaine, mais qui était un concept multimarque parisien. Et nos premiers clients qui, ensuite, ont commandé directement sur notre site, c'est... Et parmi ceux qu'on avait interrogés, il nous avait connus via l'exception. Qui était une boutique ? Qui était une boutique plus inscrite en ligne. Et finalement, ça nous a donné pas mal de visibilité. On a fait des événements à Paris, à Nantes, dans mon premier appartement où j'avais ouvert. On faisait avec les moyens du bord. Mais on avait énormément de...

  • Speaker #0

    Présenter ta collection ?

  • Speaker #1

    Voilà, je présentais ma collection, on avait notre petite caisse sur mon plan de travail.

  • Speaker #0

    Tu avais invité qui ?

  • Speaker #1

    J'avais invité mes amis, bien évidemment, et des personnes de Nantes que je connaissais au gré de rencontres, donc c'était assez large, nos amis avaient le droit d'amener des amis. On avait eu beaucoup de monde, d'ailleurs le ménage avait été bien costaud le lendemain, et c'était assez... rassurant, forcément, ça donnait de l'énergie. Donc, les premiers clients, ça s'est fait plutôt, finalement, en vente physique. C'est qu'ensuite, on a vraiment appris à maîtriser le site Internet. À savoir, il ne suffit pas d'avoir un site Internet, il faut que les gens arrivent dessus. Et donc là, ça a été du référencement. Et puis, la partie plus sponsoring, acquisition sur Facebook et Instagram. Et c'est là que les personnes sont réellement, des vrais inconnus sont réellement arrivés jusqu'à nous.

  • Speaker #0

    Vous vendez ces premiers vêtements. À partir de quand l'équipe a commencé à se structurer ? Est-ce que ça a été assez rapide finalement dans son développement ? Ou est-ce que ça a mis un petit peu de temps ?

  • Speaker #1

    On a rapidement su qu'il nous fallait une personne en plus, justement pour gérer toute cette partie e-commerce qu'on avait appris à apprivoiser. Oui. mais on n'était pas du tout expertes. Donc on a rapidement été trois. Un petit peu avant le lancement du site Internet, on a été trois. Et on est restés longtemps à trois. Ça nous suffisait. Et finalement, on a étoffé l'équipe. D'abord avec des personnes qui étaient arrivées en CDD. Il fallait pour nous un peu tester. Qu'est-ce qu'on va leur donner ? Qu'il y a de mission ? Parce que tout le monde était un peu touche à tout. Donc ce n'est pas si facile que ça, de passer de touche à tout à il faut qu'on se structure, il faut que chacun ait ses missions.

  • Speaker #0

    J'ai vu aussi que vous aviez des boutiques physiques pour la marque Mon Limard. Vous en avez combien des boutiques ?

  • Speaker #1

    À Paris, on a un corner dans un magasin bocage à l'étage d'un grand magasin Boulevard Haussmann. C'est l'adresse qu'on donne à nos clients puisqu'il y a une grosse partie de notre collection là-bas. On a des revendeurs en France, notamment à Paris dans le Marais, on a l'appartement français. Quelques revendeurs en France et à chaque période de Noël, on ouvre un magasin éphémère dans le Marais à Paris.

  • Speaker #0

    Est-ce que vous appuyez justement sur le savoir-faire du groupe Eram ? pour distribuer votre collection ?

  • Speaker #1

    Plus que sur son savoir-faire, on se sert justement d'une boutique. On n'aurait pas un Corner Boulevard Haussmann sans le groupe Eram. On l'avait même avant de travailler chez Bocage, on était déjà dans cette boutique. Donc on se sert de la force de vente, notamment. Et même au moment de notre magasin éphémère, c'est souvent des personnes qui travaillent à Paris qui viennent nous donner un coup de main sur la boutique. Après, aujourd'hui, on n'a pas encore un réseau de boutiques, donc on fonctionne quand même encore comme une marque en ligne, mais on n'est pas organisé comme une marque retail telle que le sont d'autres marques du groupe Eram. Mais si on était amené à ouvrir vraiment deux, trois boutiques, ce qui est notre souhait un jour, là, je pense que ce serait une vraie force en effet et on se ferait, enfin, on se ferait conseiller, ce serait bête de partir de zéro par des experts autour de nous.

  • Speaker #0

    Vous êtes combien aujourd'hui dans l'équipe ?

  • Speaker #1

    Aujourd'hui, on est dix.

  • Speaker #0

    Où est-ce que tu veux l'emmener, cette marque, dans les prochaines années ?

  • Speaker #1

    On aimerait faire de plus en plus d'adeptes. Les premiers clients qui sont arrivés, c'était vraiment, je pense, des clients qui cherchaient de la mode éco-responsable, donc déjà ultra convaincus. Ils nous ont trouvés à force de recherche. Et nous, notre challenge, c'est plutôt d'aller chercher des clients qui consomment de la mode traditionnelle, de les convaincre de faire évoluer leur consommation. et d'acheter mon limard. Quand on est start-up, au départ, forcément, les moyens sont très limités. Donc, pour être une marque établie, il faut des beaux visuels, une belle identité. Donc, ça se construit année après année, ça ne se fait pas tout seul. Et je pense que c'est ça notre cheval de bataille pour les prochaines années, puisque l'éco-responsabilité, les produits, la qualité, je pense qu'on sait maintenant, au bout de sept ans, qu'on a ce qu'il faut et on va continuer à le faire. Et maintenant, notre enjeu, c'est de... rameter des clients de la mode traditionnelle et les amener à avoir une consommation plus responsable.

  • Speaker #0

    Est-ce que tu pourrais nous partager quelques chiffres clés sur ta marque ? Est-ce que vous avez trouvé votre modèle économique ? Est-ce que la marque est rentable ?

  • Speaker #1

    On est en croissance chaque année. C'est ce qu'on recherche de toute façon. Aujourd'hui, il faut qu'on grossisse. On fait 80% de Made in France. Ça n'a pas vocation à rester stable, c'est le constat. Mais on est aussi autour de 80% de fabrication en France.

  • Speaker #0

    Et pas Made in France, les 20% ?

  • Speaker #1

    Les 20%, c'est Made in France. de Portugal et on a quelques chemises faites en Tunisie, qui est l'usine en propre de notre usine française de chemises. C'est la petite particularité. Le chiffre, et ça c'est la promesse qu'on s'est fait depuis le début, c'est les moins de 2000 km. On se l'est écrit dès le début, on s'est dit si on l'écrit partout, on n'aura jamais le droit de les dépasser. Et c'est une promesse client qu'on tient. Et en parlant de client, là je regardais justement hier, parce qu'on fait un peu le point en fin d'année forcément, on a plus de 20 000 clients qui ont passé commande chez Montlimar depuis nos débuts. On commence à avoir quand même pas mal d'adeptes, on commence à en voir dans la rue.

  • Speaker #0

    Vous avez des clients uniques ?

  • Speaker #1

    Oui, c'est ça. On a environ 80 000 personnes qui ont fait le choix de nous suivre par newsletter, donc on intéresse aussi. On commence à avoir une belle communauté, une belle base client et c'est en les fidélisant aussi qu'on arrive à croître chaque année et aussi avec du parrainage, en convaincre de plus en plus autour d'eux.

  • Speaker #0

    Vous êtes rentable aujourd'hui ?

  • Speaker #1

    On ne cherche pas forcément la rentabilité, mais on en est très proche. À chaque fois qu'on s'en approche, on va au contraire réfléchir à comment passer la marche supérieure. C'est pour ça qu'en 2021, on avait embauché plusieurs personnes. Et c'est ce qu'on a fait aussi début 2024 pour aller chercher justement plus de chiffres d'affaires, plus d'adeptes chez Monima.

  • Speaker #0

    En 2022, la marque Bocage est entrée dans vos vies. Raconte-nous un peu comment ça s'est passé.

  • Speaker #1

    Alors, on savait que notre oncle, qui s'occupait de Bocage depuis très longtemps, partait à la retraite. On était fans, enfin on est toujours fans de Bocage, évidemment, mais on était plutôt clients de Bocage déjà, avant d'en prendre la tête. On savait qu'il partait à la retraite, mais on ne s'était pas du tout imaginé ou projeté, et donc positionné pour prendre la suite, parce que mon limard prenait vraiment tout notre espace temps et notre espace mental. Après des discussions, notamment avec notre oncle, qui souhaitait vraiment transmettre son bébé à des personnes aussi passionnées que lui. Par la chaussure et par bocage, ils nous ont proposé avec notre papa de prendre sa suite. On nous l'a proposé, c'était en novembre 2021. Ça a été une surprise et aussi on s'est demandé si on allait y arriver, accepter. Donc j'avoue que je n'ai pas très bien dormi après cette proposition-là. Et puis finalement, l'envie d'y aller était plus forte que la peur. On s'est lancé et on a dit oui avec Charlotte parce que non seulement il fallait se décider toute seule, mais il fallait savoir si on était toutes les deux partantes. C'était un peu la condition sine qua non pour toutes les deux. Ok, mais on continue à deux. On a pris la tête de bocage début 2022.

  • Speaker #0

    T'avais peur de quoi ?

  • Speaker #1

    J'avais peur de ne pas avoir le temps, j'avais peur de ne pas y arriver. Mon limard, ça a été façonné par nous. Donc en fait, tout s'est fait un petit peu naturellement. Au fur et à mesure, on a grandi avec mon limard. Là, c'était quelque chose de complètement différent. C'était s'approprier une marque qui existe déjà depuis 1966. Des équipes. qui sont parfois là depuis notre naissance ou même avant en boutique. On a des personnes qui sont là depuis 40 ans. Donc, c'est quand même un challenge. L'envie a été plus forte que la peur.

  • Speaker #0

    Et pourquoi est-ce que tu penses qu'on est venu vous chercher ?

  • Speaker #1

    Je pense qu'on est venu nous chercher peut-être pour finalement l'œil digital, comme je le disais, qui n'était pas du tout notre expertise, mais qui de fil en aiguille l'est devenu. Apporter, je pense, cet œil plus marque et digital à la marque Bocage et qui est toujours... Une marque très produit. Mon oncle était vraiment un expert de la chaussure, du savoir-faire. Il avait travaillé dans les ateliers. Il y avait un vrai savoir-faire, chaussure, produit, qualité. Et je pense qu'on a fait appel à nous pour peut-être y apporter un œil marque et digital, nouvel ère on va dire.

  • Speaker #0

    Vous, qu'est-ce que vous voulez faire de cette marque ?

  • Speaker #1

    Notre conviction aujourd'hui, c'est qu'un produit c'est très important. Puisque ça fidélise, il faut proposer des produits qui soient beaux, de qualité. Et c'est la puissance de la marque aujourd'hui qui fait la différence. Donc, on travaille sur l'image de marque Bocage. On a revu tout ce qui fait l'image et l'expérience client en plus du produit. C'est vraiment notre cheval de bataille depuis trois ans. On commence à avoir la concrétisation de nos convictions. Ça fait plaisir quelques années après.

  • Speaker #0

    Comment est-ce que tu pourrais nous la décrire, cette marque, pour nous convaincre d'aller acheter ? Les chaussures là-bas.

  • Speaker #1

    C'est une marque qui a un vrai savoir-faire, puisqu'on existe depuis 1966. Il y a une grande partie des collections qui est fabriquée dans notre atelier. Elle a une vraie singularité et elle se différencie par son savoir-faire. La chaussure, ce n'est pas un accessoire chez nous, c'est un objet en tant que tel. Qui dit savoir-faire dit confort, détail. Je sais que les clients sont attirés par le style. On a une vraie équipe de style, achats et chefs de produits. C'est la passion de la chaussure chez nous. Vous venez dans les bureaux, il y a la chef de produit qui est en train de caresser sa chaussure et d'hésiter entre un bordeaux, entre deux teintes qui a l'œil nu, humain, on ne voit pas la différence. Donc c'est la passion de la chaussure qui attire aux premières gales et ce qui fait des fidélistes particulièrement chez Bocage, et on le voit quand on interroge nos clients, c'est le confort. On a des chaussures à talons, des chaussures, on est coquette la journée, mais par contre on galope toute la journée de rendez-vous en rendez-vous et on veut être confortable. Et on sait qu'on fidélise grâce à ça. Notre atelier, il est en Pays de la Loire. Il est à Montjean-sur-Loire. Donc, c'est entre Saint-Pierre-Mont-Nimar, le berceau du groupe, et Angers.

  • Speaker #0

    Et donc, là-bas, vous créez les modèles ? Vous les fabriquez aussi, là-bas ?

  • Speaker #1

    Ils sont créés à Saint-Pierre-Mont-Nimar, par Busty, chef de produit, etc. Et il y a une partie de la collection. Donc, en l'occurrence, chez Bocage, on fait environ 30 de produits qui sont fabriqués dans l'atelier à Montjean-sur-Loire. Donc, c'est la fabrication qui se fait là-bas.

  • Speaker #0

    Et le reste, les 70% ?

  • Speaker #1

    Et le reste, on est environ à 80% en Europe, donc incluant cette partie française. Et après en Asie. On a un partenaire en Inde depuis un long moment avec qui on souhaite continuer.

  • Speaker #0

    Pourquoi pas tout en France ? Parce qu'on n'a pas de savoir-faire ? Parce qu'il nous manque des matériaux ? Parce que quoi ? Qu'est-ce qui manque ?

  • Speaker #1

    Alors pas tout en France parce que... Alors déjà, le prix de la fabrication française, il ne faut pas se mentir. C'est ça. beaucoup plus chères. Les paires qu'on fabrique en France, elles nous coûtent beaucoup plus chères que celles qu'on fabrique en Inde. Le prix de vente pour nos clients, on essaye de ne pas tant le différencier que ça. Donc nos paires françaises, on essaye de les garder à un prix assez accessible. Et c'est pour cela aussi que...

  • Speaker #0

    C'est quoi, un prix assez accessible ?

  • Speaker #1

    Un prix assez accessible... Une... Une paire made in France, alors ça dépend des produits, mais elle peut être à 130 euros, 140 euros.

  • Speaker #0

    Une paire de bottes dans ces cas-là, 130 euros ?

  • Speaker #1

    Non, une paire de bottes, on est plus cher. Plus cher. Une paire d'escarpins, par exemple, va être dans ces prix-là.

  • Speaker #0

    Donc, assez premium en positionnement.

  • Speaker #1

    Assez premium. On ne fait que cuir. Et belle fabrication, on choisit des belles matières. Et le fait de garder cet atelier en France, c'est une vraie conviction, puisque ce n'est pas facile, il faut former des gens aussi. C'est très difficile de trouver des personnes encore. qui veulent travailler dans la chaussure, il n'y a plus vraiment de formation. Donc on a créé l'école de la chaussure. On intègre des personnes qui n'y connaissent rien à la chaussure dans le but de les former et de les faire fabriquer. Et là, je parle de nous et de l'atelier, mais je vois qu'avec Monumar, on est en contact avec énormément de fabricants français. Et l'un des plus gros challenges, soucis pour eux, c'est de recruter et de faire perdurer les savoir-faire. On a créé l'école de la chaussure. En interne, je sais que notre fabricant de chemise, Monimar, qui est dans la région de Choletès, pareil, il a créé une filière de formation et il forme lui-même.

  • Speaker #0

    Qui sont les clients de la marque Bocage ?

  • Speaker #1

    Nos clients, alors c'est très multigénérationnel. Je vais parler des clientes, c'est quand même les clientes, ce sont quand même nos principales clients. Quand on regarde un petit peu les âges, il y a autant de 20-30 ans que de 30-40 ans que de 40-50 ans. Donc on s'adresse à... Toutes les générations, près de la moyenne d'âge, je dirais que c'est autour de la quarantaine. Et le point commun, c'est la recherche de style, bien évidemment, et la recherche de qualité et de chaussures qui durent dans le temps.

  • Speaker #0

    Et donc tu disais qu'au départ, tu avais été appelée aussi pour lancer un peu la digitalisation de la marque ?

  • Speaker #1

    Alors la digitalisation, heureusement, quand même, ils ne nous avaient pas attendus. Il y avait déjà des experts, il y avait vraiment deux mondes, le monde des magasins, le monde du site, qui sont... Non pas qu'ils ne s'entendaient pas, mais c'était parfois même un peu la concurrence. C'était le site, ils nous prennent nos ventes ou alors les magasins. Là, c'est vraiment, on n'est qu'une marque, on est global. Je pense que c'est la clé aujourd'hui pour survivre ou vivre. Et peut-être que ceux qui ont disparu, c'est peut-être ceux qui n'ont pas forcément pris ce virage-là. Et le client, il ne doit pas voir la différence entre son expérience web, son expérience physique. S'il retire un colis en magasin qu'il a commandé sur le web. Il faut qu'on l'accueille de la même façon que s'il a acheté en magasin. Et ça, quand on a des personnes qui travaillent depuis 40 ans parfois dans l'entreprise, mine de rien, c'est un état d'esprit à faire évoluer. Mais quand on voit que les dirigeantes sont en tout cas très à cheval sur le fait d'accueillir un client web, pas web, de la même façon, forcément, ça va plus s'infuser ensuite. Et c'est ce qui fait, je pense, le succès et la dynamique de Bocash, c'est de ne plus voir la différence entre le web et le digital. On est une marque unique.

  • Speaker #0

    Comment est-ce que tu fais pour passer d'une marque à l'autre ? Comment est-ce que tu t'organises ? Comment est-ce que tu gères ça ? Tu ne deviens pas un peu schizo à la fin du tournée ?

  • Speaker #1

    Alors au début, c'était très rock'n'roll. Donc on s'est demandé quand même comment on allait y arriver parce qu'on avait peur, mais en fait, on avait raison d'avoir peur parce que les calendriers se font très en amont chez Bocage puisqu'on développe des collections six mois à l'avance. Tout est forcément prévu, sinon les emplois du temps se remplissent, les validations de collections. On fait beaucoup de co-construction justement avec les magasins. Donc il y a plein de rendez-vous. qui étaient déjà fixés quand on est arrivé. On s'est retrouvés avec deux agendas pas du tout compatibles. Donc, les six premiers mois, c'était vraiment naviguer entre les rendez-vous et puis tout en prenant ses marques. Aujourd'hui, on maîtrise nos agendas. Et dans une même journée, on passe d'un sujet bocage à un sujet Monimar sans trop se poser de questions. Et on se réserve quand même des moments par équipe. C'est important de bloquer les agendas, justement. Le mercredi après-midi, on est systématiquement avec Monimar, par exemple, sur des sujets qui sont prévus à l'avance. Donc... Voilà, organisation, je crois que c'est le mot. Chez Monimar, on pouvait se permettre d'être un peu plus dernier moment et on a gardé cette agilité. Mais par contre, mon agenda, je fais beaucoup plus attention à le gérer la semaine d'avant. Je regarde si tout coïncide, je bouge des choses pour qu'ensuite, ça déroule tout seul.

  • Speaker #0

    Est-ce qu'il y a des synergies entre les deux marques ? Est-ce que ça vous est arrivé de faire les partenariats ?

  • Speaker #1

    C'est important pour nous. Quand on dit, moi je pense qu'aujourd'hui ce qui est important c'est la singularité de la marque. Donc c'est important pour nous que ce soit bien dissocié, que les équipes marketing, produits, etc. soient différentes. Pour s'imprégner d'une marque, c'est important d'y être consacré à 100%. Donc les équipes dans leur mission, ce ne sont pas les mêmes équipes, elles sont différentes, elles travaillent sur leur sujet. Après géographiquement, comme on s'occupe des deux marques, les bureaux sont assez proches. Donc, il y a des synergies, forcément, parce qu'il y a des ententes humaines. Donc, on partage beaucoup. Les équipes partagent. On parlait justement d'acquisition, de sponsoring sur Facebook, Instagram, etc. C'est des métiers d'experts. Et du coup, sans faire la même chose, c'est hyper enrichissant de discuter avec des personnes qui font grosso modo le même métier. Donc, il y a beaucoup de discussions. Et après, de synergie, on… Un corner mon imar dans une boutique bocage et voilà, c'est la plus belle synergie je pense qu'on ait pu faire.

  • Speaker #0

    Où veux-tu emmener cette marque bocage ? C'est quoi votre ambition ?

  • Speaker #1

    C'est d'être la marque... qui arrive à concilier désirabilité et co-responsabilité, donc des enjeux finalement assez Ausha mon limard. Et on veut être la marque chausseur experte dans la tête de nos clients ou de nos futurs clients, donc vraiment la référence chaussure.

  • Speaker #0

    Que ce soit en physique ou sur Internet. C'est quoi la répartition de votre chiffre d'affaires entre les ventes sur Internet ?

  • Speaker #1

    On paie environ 20% sur Internet. très dynamique et en boutique aussi. On fait des bonnes années et ça permet aussi de montrer aux uns et aux autres que même quand le digital est en pleine croissance, au final, ça porte le physique et vice-versa. Alors qu'on aurait pu se dire si le site Internet augmente, c'est forcément que ça va prendre des ventes sur le physique et on va fermer des magasins etc. Alors que non. Quand il y a une dynamique, on voit que les clients, ils commandent sur Internet, ils vont en boutique. Quand ils aiment une marque, ça fait bouger à la fois le physique et le digital. Et quand on a une dynamique positive, je pense que c'est à la fois les boutiques physiques et à la fois le digital qui évoluent. Et là, après des années plutôt de stabilisation du réseau physique, aujourd'hui, on souhaite ouvrir de nouvelles boutiques à Paris, à Lille. On est en conquête, on va dire. C'est assez nouveau pour nous parce que le marché du centre-ville et de la mode... accessible. On a vu qu'on avait des prix de vente, on a des produits quand même de qualité, mais ça reste assez accessible. C'est vraiment un enjeu aujourd'hui. On a beaucoup de concurrents qui ont disparu sur le marché de la chaussure de centre-ville. Donc, il fallait stabiliser et puis être sûr de là où on voulait emmener Bocage en termes d'images, etc. Et aujourd'hui, on se sent prêt à reconquérir certaines villes.

  • Speaker #0

    Vous avez combien de boutiques aujourd'hui en France ?

  • Speaker #1

    On a une soixantaine de boutiques avec les corners dans les grands magasins. On monte environ à 80. Et là, on investit, on va dire, sur le physique puisqu'on refait notre concept boutique. Donc là, c'est vraiment décoration, entre guillemets, mais aussi la façon dont on présente nos produits. C'était une grosse envie parce que de travailler sur ce sujet, c'est hyper intéressant. Sur la décoration, c'était mon tout premier métier. J'avais très envie. mais il fallait aussi que ce soit le bon moment pour Bocage et pour nos clients. Et là, au mois de début mars, on ouvrira pour la première fois notre nouveau concept dans notre boutique qui existe déjà de Villiers. Donc c'est repartir sur un nouveau cycle. Ça se fait tous les dix. Là, ça faisait douze ans qu'on avait le même mobilier, la même déco en magasin. Et je pense que ça va aider aussi tout le réseau physique à repartir encore sur une nouvelle dynamique. Et je pense à convaincre de nouveaux clients qui passaient devant sans forcément rentrer. Et quand on voit qu'il s'est passé quelque chose, nouvelle décoration, nouvelle façon de présenter, je pense que ça va encore plus redorer l'image de marque de bocage.

  • Speaker #0

    Tu as une boutique à Nantes ?

  • Speaker #1

    Il y a une boutique à Nantes qui est rue d'Orléans.

  • Speaker #0

    Sur votre site, je vois qu'il y a de la femme, il y a de l'homme. Vous ne faites pas de l'enfant ?

  • Speaker #1

    On ne fait pas d'enfant, non.

  • Speaker #0

    Ce n'est pas un projet ?

  • Speaker #1

    Non, pas forcément. Après, on a lancé de nouveaux services. Donc aussi, on va vers cette durabilité correspondante. éco-responsabilité, pardon, chez Bocage aussi. On propose la location de chaussures. C'est assez innovant aussi. Et là, secondement.

  • Speaker #0

    Et comment ça se passe ? Tu loues tes chaussures ?

  • Speaker #1

    On loue nos chaussures. Ça a été lancé avant qu'on arrive. Je ne vais pas récolter des lauriers, mais on y croit beaucoup aussi avec Charlotte. On a de plus en plus d'adeptes chaque saison. Louer ses chaussures, on a des abonnements en boutique de deux mois. On choisit une paire de chaussures neuves. Voilà, c'est celle qu'on veut dans tout le magasin. Et au bout de deux mois, soit on la rapporte et on en choisit une autre, ou soit on l'achète avec un prix attractif. Donc ça permet de faire varier son garde-chaussures, sans forcément investir sur l'avenir, ça peut être pour tester une tendance, ou juste voir, celle-là elle me plaise, je vais les mettre deux mois, est-ce que réellement j'en ai besoin, ou est-ce que c'était un coup de cœur. Quand on rend notre chaussure, elle est reconditionnée dans notre atelier à Montjean-sur-Loire. Et elle est revendue ensuite en seconde main dans nos boutiques. Le fait d'avoir notre atelier, c'est ce qui nous a permis de lancer ce service, puisqu'ils ont un brevet d'hygiénisation. Ils peuvent changer la semelle, changer les lacets, les remettre en forme. Ce qui fait qu'honnêtement, elles paraissent presque neuves alors qu'elles ont déjà été portées.

  • Speaker #0

    Tu as beaucoup de clients qui utilisent ce service ?

  • Speaker #1

    De plus en plus. Il y en a environ 5000 en France qui sont abonnés.

  • Speaker #0

    C'est assez innovant comme approche et en plus c'est... responsable. Tu sens que ça SM autour de vous ? Est-ce que d'autres marques vous sollicitent, vous contactent pour lancer ce modèle-là aussi ?

  • Speaker #1

    Je vois que ça surprend et il y a beaucoup d'autres chausseurs où il y a même, l'autre fois, c'était une personne des achats du gouvernement. Je pense qu'ils se posent eux également des questions sur la façon de consommer, comment ils chaussent les personnes de leur ministère, j'en sais rien. mais ça fait poser beaucoup de questions et on est assez souvent soliste. Par curiosité, on répond toujours par curiosité à comment vous faites, qu'est-ce que ça apporte, comment vous y prenez, etc. Un chausseur belge, l'autre fois, qui a pris contact avec moi pour savoir comment on s'y prenait. Donc, on partage.

  • Speaker #0

    Et justement, c'est quoi les grands challenges que vous avez aujourd'hui, auxquels vous êtes confrontés ?

  • Speaker #1

    C'est quand même la vente physique, même si je pense qu'on a trouvé les clés pour la faire vivre. Et puis, on... On va de l'avant avec un nouveau concept, mais il n'empêche que quand on regarde autour de nous, c'est un challenge, puisqu'on voit que ce n'est pas si facile que ça de survivre en centre-ville aujourd'hui. C'est-à-dire qu'il ne faut pas se reposer sur ses lauriers, il faut sans cesse se réquestionner, travailler son image de marque. J'appuie dessus, mais c'est vrai. Et puis innover dans le sens, nos services, là on a la location, la seconde main, on est en train de lancer la réparation de chaussures. En ce moment d'ailleurs on est en test à Nantes parce qu'on aime bien faire des tests à Nantes comme c'est à côté c'est pratique. C'est aussi grâce à l'atelier de chaussures donc on propose notamment vraiment des packs reconditionnement parce que c'est à force de proposer des chaussures de seconde main les clients finissent par dire mais vous pouvez pas faire ça aussi avec mes chaussures et finalement on envoie les paires de nos clients dans notre atelier à Montjean-sur-Loire et ils font ce qu'ils font avec les chaussures louées c'est à dire qu'ils les remettent en forme et on offre ce service à nos clients. On le teste pour l'instant, il faut toujours tester avant de s'emballer. Mais c'était une vraie demande client pour le coup. Et on peut se permettre de le faire toujours avec cet atelier dans la région.

  • Speaker #0

    Et ça prend bien ?

  • Speaker #1

    Et ça prend bien. On n'en parle pas beaucoup parce que forcément, quand on propose beaucoup de choses, c'est difficile de parler de tout. Donc là, on était un petit peu plus en test sous-marin. Comme on savait qu'il y avait des demandes, c'était de se faire la main à l'atelier. Est-ce qu'on y arrive ? Comment on s'organise ? Pour peut-être ensuite communiquer un petit peu plus sur le sujet et l'étendre à d'autres boutiques.

  • Speaker #0

    On parle justement de tous ces sujets de réparation, de recyclage, etc. Mon limard a été labellisé Bicorp en 2023. Qu'est-ce que ça fait aujourd'hui d'avoir une marque qui est labellisée Bicorp ?

  • Speaker #1

    Je pense que c'est une preuve pour nos clients, pour nous aussi. C'est un peu se dire, ok, tout ce qu'on fait, c'est réellement vertueux. Et ça nous permet aujourd'hui d'apporter transparence et preuve à nos clients. et d'éviter de gesticuler par ailleurs. Parce que quand on fait les choses bien, on a envie de tout dire. Donc on avait tendance à dire, ce produit, il a telle matière, il est comme ci, il est comme ça, pour montrer au client qu'il était éco-responsable, verteux. Et ça nous a permis d'avoir une labellisation internationale. ça nous permet d'être plus posés et d'avoir moins besoin de nous justifier. Parce qu'il y a toujours la peur du greenwashing, les clients ils ont toujours très peur, donc voilà, il faut leur apporter beaucoup de preuves. Et le fait d'avoir cette labellisation-là, ça ne suffit pas évidemment, on est toujours transparent par ailleurs, mais ça nous permet de nous sentir plus légitimes dans nos prises de parole, quand on discute avec des clients.

  • Speaker #0

    Mais vous, ça vous engage à quoi concrètement ?

  • Speaker #1

    Ça nous engage à nous améliorer, puisque à la fin de la certification, on a eu un score. qui était assez bon, même très bon pour le prêt-à-porter. Et voilà, c'est pas juste, bon, c'est bon, on est labellisé, on s'arrête. C'est à la prochaine labellisation. Il y a des étapes, tous les deux ans, il faut s'améliorer. Donc, ça veut dire qu'une fois qu'on a un petit peu notre photo, qui est le jour de la labellisation, on nous dit, voilà, vous avez tant, là où on a des bons points, là où on peut s'améliorer, eh bien, il faut direct se mettre en mouvement. puisqu'on pense à la prochaine étape, même si ça paraît lointain. Et il faut aller travailler sur ces points faibles ou des choses qu'on n'a pas encore eu le temps de faire, pour pouvoir montrer qu'on s'est amélioré. C'est vraiment l'amélioration continue Bicor.

  • Speaker #0

    Ça parle à tes clients, cette labellisation ?

  • Speaker #1

    À certains clients. Je ne vais pas te cacher que les labellisations, je pense que ça leur parle, parce qu'ils se disent Ok, c'est connu, ça a l'air gros mais ils ne savent pas toujours exactement à quoi ça correspond, ce que ça implique. Et c'est à nous aussi d'être dans la pédagogie et de leur expliquer comment on s'est fait labelliser, pourquoi on s'est fait labelliser, qu'est-ce que ça implique, etc. Mais de même, c'est connu justement par ce noyau dur de clients hyper engagés et hyper parfois militants. Et c'est moins connu d'un client qui passe comme ça. Mais je pense que ça... Il le voit, ça peut l'interpeller et il a les informations, s'il souhaite creuser, on lui fournit un peu les informations, donc c'est qu'un plus je pense.

  • Speaker #0

    On parle aussi beaucoup dans l'univers de la mode de nouvelles technologies, d'IA, d'intelligence artificielle, de blockchain. Est-ce que vous les utilisez et si oui, comment ?

  • Speaker #1

    On parlait de synergie, groupe, etc. Ça c'est un sujet qui est vraiment traité de façon globale dans le groupe. À savoir, il y a des éclaireurs, des personnes hyper intéressées qui ont été identifiées, qui se sont portées volontaires et on a une commune. Côté intelligence artificielle, et c'est eux qui sont en train en ce moment de faire un peu un état des lieux auprès des différents métiers. Quels sont les besoins des différents métiers ? Pas que sur l'imagerie, le marketing, etc., mais aussi juridique, finance, et comment on peut répondre à ces besoins grâce à l'IA. Donc là, les premières actions, c'est plutôt sur le marketing quand même, et l'imagerie notamment. Après, je pense que c'est une cible de... C'est une population qui est assez à l'écoute aussi des innovations du marché.

  • Speaker #0

    Si tu avais un conseil à donner à un entrepreneur qui souhaite se lancer aujourd'hui dans l'univers de la mode ?

  • Speaker #1

    Souvent, une personne qui a des valeurs éco-responsables, etc., il y a certaines personnes qui peuvent penser que l'image, le marketing, c'est superficiel et que c'est presque triché. Or, je pense qu'il ne faut pas s'en couper. Donc, éco-responsable, pour moi, c'est un critère, c'est un prérequis, mais ce n'est pas ce qui fera la marque. Donc vraiment mettre de l'énergie et quelques moyens, en tout cas humains, dans le visuel, prendre le temps de savoir quel message on a envie de porter, vraiment travailler sur la marque et ne pas se dire, ce qu'on a pu se dire parfois au début, que mon produit, parce qu'il est parfait d'un point de vue éco-responsable, forcément il va trouver preneur. Et c'est justement assez facile avec ce genre de produit de convaincre des personnes qui sont déjà convaincues. Il faut aller chercher les personnes qui ne consomment pas forcément de manière éco-responsable et auquel cas il faut leur apporter la même service, le même plaisir dans l'achat d'un vêtement. Ça passe par les couleurs, les matières, les photos, le message qu'on va porter. Donc je pense qu'il ne faut pas du tout mettre de côté cette partie qui peut paraître superficielle, mais qui est, je pense... indispensable. Et mon autre conseil, c'est de pas vouloir être parfait. Et je pense que nous, on a voulu l'être un petit peu trop parfois. Et surtout, on a beaucoup de marques éco-responsables dans notre écosystème qui ont parfois disparu. Parce qu'à vouloir faire tout parfaitement du bouton à l'étiquette, à l'emballage, à tout, le modèle n'est pas toujours verteux. Et du coup, économiquement, c'est parfois difficile de survivre. Donc je pense qu'il faut se donner des objectifs, aller étape par étape. Se dire ce qui est important pour mes clients, pour moi, c'est ça. Là-dessus, je vais tout donner. Et voilà, l'année prochaine, je vais aller m'améliorer là-dessus, là-dessus, là-dessus. Et pas vouloir rendre une copie parfaite dès le premier lancement, parce que je ne pense pas que ce soit possible.

  • Speaker #0

    Mon Limard, c'est une marque qui est quand même attachée à ses racines, on le voyait. Quel lien en particulier, toi, tu entretiens avec Nantes et la région ?

  • Speaker #1

    Alors Nantes, je me sens à la fois mon Limard toite et à la fois nantaise, puisque j'étais à l'internat à Nantes dès la sixième. Donc j'ai habité finalement à Nantes, en tout cas la semaine.

  • Speaker #0

    Tu étais où ?

  • Speaker #1

    J'étais à Blanche-de-Castille. Donc de la 6e à la Terminale, j'étais à Nantes. Je ne voyais pas beaucoup de pays quand même, notamment au collège. Après au lycée, c'était le temps des sorties du mercredi, donc j'ai beaucoup exploré Nantes en toute liberté. Donc j'ai un vrai attachement pour Nantes. Et finalement, quand j'ai cherché mon premier travail, je cherchais à Paris. Et Nantes, j'ai trouvé à Nantes et donc j'habite à Nantes depuis que j'ai commencé à travailler. Mon mari est parisien. Donc là, tu habites toujours à Nantes ? J'habite toujours à Nantes, oui. J'ai convaincu, mon mari était né à Paris, avait grandi à Paris, mais finalement j'ai réussi à lui vendre Nantes aussi. Donc on s'est tout de suite installé à Nantes et on y est très très bien depuis qu'on habite à Nantes.

  • Speaker #0

    Pourquoi est-ce que Nantes est selon toi un terreau fertile pour des entreprises engagées ?

  • Speaker #1

    J'ai l'impression qu'il y a beaucoup d'interactions. Il y a beaucoup de marques avec des belles valeurs à Nantes qui se créent. Certaines qui existent depuis un moment, certaines qui s'y installent. Donc, je trouve qu'il y a un certain dynamisme pour ces marques. On se sent entouré. On a l'impression d'être dans un écosystème qui ne nous ressemble pas toujours. Mais en tout cas, il y a un effet de groupe, je trouve.

  • Speaker #0

    Et comment est-ce que... Tu fais pour finalement faire rayonner ta marque ici en local ? Les deux marques d'ailleurs.

  • Speaker #1

    Les deux marques, on a un ancrage. De toute façon, on vient d'ici. Donc quand on regarde nos bas clients, même Monimar qui est pourtant en ligne, alors on a une grosse concentration à Paris, mais on a aussi une très grosse concentration dans l'Ouest. Donc je pense que naturellement, nos premières ventes, on les a faites à Nantes. On connaît quand même des personnes à Nantes. Donc au fur et à mesure, à force d'en parler, le bouche à oreille. quelques articles de journaux locaux aussi, fait qu'on est quand même très ancrés dans notre région pour Bocage et pour Montlima.

  • Speaker #0

    Qu'est-ce que tu aimes ici ?

  • Speaker #1

    Qu'est-ce que j'aime ? J'aime la tranquillité. J'ai la chance d'avoir une vie très tranquille à Nantes. Il y a une vraie vie de quartier, je trouve. Donc, je retrouve un peu mon village d'enfance. Mine de rien, j'ai été assez étonnée au fur et à mesure. Ça fait un petit moment qu'on habite dans notre quartier. On retrouve... C'est un peu cet esprit village, on fait coucou au coiffeur en passant. Il y a quand même un esprit de quartier et puis j'ai la chance d'avoir un petit jardin. Donc je trouve que c'est un peu la vie de campagne avec forcément l'accès à la ville et tous ces avantages à proximité, à portée de main.

  • Speaker #0

    Est-ce que tu as des adresses à nous partager ?

  • Speaker #1

    J'aime bien manger. Et particulièrement la cuisine italienne. J'aime bien la pasta à Nantes, Russain Léonard. Il fait des... des très très bonnes pâtes. C'est une histoire de famille d'ailleurs. Parce que je crois que c'était deux couples... Au tout début, quand j'habitais à Nantes, il y avait encore un des deux couples qui était là et c'est leur fille dorénavant qui s'occupe du restaurant. Donc j'aime beaucoup la pasta, je conseillerais. Et après, je parlais de vie de quartier, de commerçant. Je suis très fan de mon fromager. La crèmerie Sando à Sando-Nassien, ça vaut le détour. C'est vraiment le sens commerçant, je trouve. à l'ancienne, ils accueillent tout le monde avec le sourire, ils s'entendent bien, ils reconnaissent les gens. Et j'aime beaucoup cette vie de quartier qui me rappelle la vie dans un village.

  • Speaker #0

    Merci Juliette pour ton temps aujourd'hui, c'était hyper intéressant. Merci beaucoup. Si on veut te suivre sur les réseaux ?

  • Speaker #1

    Sur Instagram principalement, donc monimarebocage et sur LinkedIn. Juliette Biotto.

  • Speaker #0

    Merci Juliette.

  • Speaker #1

    Merci beaucoup.

  • Speaker #0

    Bonne journée.

  • Speaker #1

    Bonne journée.

  • Speaker #0

    Merci pour votre écoute. Si cet épisode vous a plu, partagez-le autour de vous en l'envoyant à vos proches ou en le relayant sur vos réseaux sociaux. Et si jamais vous écoutez cet épisode sur Apple Podcasts et Spotify et que vous avez 20 secondes devant vous, n'hésitez pas à laisser une note et un commentaire en dessous du podcast. C'est grâce à ça que vous m'aidez à le faire connaître et grandir. Si vous venez juste de découvrir cette émission, sachez qu'il y a plus d'une soixantaine d'épisodes enregistrés avec de nombreux invités nantais. passionnant et plein d'autres formats sur l'actualité d'ici, disponibles sur votre plateforme d'écoute préférée. Pour suivre toute l'actualité du podcast, retrouvez-nous sur Instagram et Facebook ou suivez-moi sur LinkedIn. Abonnez-vous au podcast, écrivez-moi, partagez, c'est ce qui fait vivre ce podcast qui n'existerait pas sans votre fidélité. Merci.

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