Speaker #0Je pense que ça marche. Hello ! Bienvenue dans Rebondir pour se reconstruire le podcast où je te partage en toute intimité mon parcours de maman d'une adolescente autiste, de môme preneur de deux enfants et de femme qui croque la vie à pleines dents. Aujourd'hui, je vais vous proposer un épisode un peu différent des autres. J'ai sondé ma communauté Instagram au sujet d'un objectif que je me suis fixé en 2024, qui est revenu sur le tapis en 2025. J'avoue qu'il y a un an, cet objectif m'a fait peur, parce que je me suis replongée sur notre histoire, à Choupi et moi, et j'étais prête à écrire cette histoire, mais à un moment donné, en me replongeant dans l'historique, j'ai été figée sur place, je me suis retrouvée bloquée, et... Et il ne s'est plus rien passé. Cette année, cet objectif est revenu. Et donc, j'ai décidé de le programmer pour 2025. Je vous ai demandé, est-ce que ça vous intéresserait d'avoir une version podcast d'une de mes histoires ? Donc, le moment est venu d'en partager une. Et je vais le faire en deux temps. La première partie sera sur cet épisode. Et la deuxième partie sera sur l'épisode prochain. On y va ? Cette histoire s'intitule un souffle pour tenir. Cela faisait des jours que Ketty n'avait pas dormi. Son fils Allan, âgé de 5 ans et autiste, ne dormait plus du tout. Chaque nuit, il hurlait, s'agitait, courait dans la maison. Et Ketty, la tête lourde de fatigue, restait à ses côtés, veillant, attendant un miracle qui ne venait jamais. Une nuit, Alors que les cris d'Allan résonnaient une fois de plus dans la maison silencieuse, quelque chose craqua en elle. En entrant dans la chambre de son fils, épuisée, les nerfs à vif, elle sentit une colère sourde monter. Il faut qu'il dorme ! pensa-t-elle, une pensée qui, d'habitude, n'avait pas cette intensité. Elle s'avança vers le lit avec cette pulsion qui lui fit peur. Dans un éclair de lucidité, Ketty se figea. Non, je ne peux pas continuer comme ça. Elle quitta immédiatement la pièce, s'effondrant en larmes dans le couloir. Le lendemain matin, elle prit une décision. Elle devait chercher de l'aide. Assise dans le cabinet du pédiatre, ses traits étaient tirés. Ses yeux, cernés, trahissaient des nuits sans sommeil. Elle expliqua tout. Le pédiatre l'écouta attentivement et lui dit avec douceur. Ketty, ce que vous traversez est épuisant, mais vous n'êtes pas la seule. Allan ne dort pas parce que les personnes autistes sécrètent souvent moins de mélatonine, l'hormone du sommeil. Je peux vous proposer un traitement naturel pour l'aider à trouver un rythme. Un traitement naturel ? Ces mots résonnaient comme un soulagement. Les premiers jours, ça fonctionne. Alan s'endormait enfin et Ketty put respirer un peu. Mais au bout de quelques nuits... Tout recommença. L'agitation, les cris et les objets qui tombaient au sol remplissaient la maison. Quelques jours plus tard, Béatrice, la fidèle amie de Ketty, passa la voir. Elle trouvait Ketty dans le salon, les épaules voûtées, ses yeux fixant une tasse de café qui refroidissait lentement entre ses doigts. C'était un de ces jours où l'air semblait trop lourd pour bouger. Un air saturé d'humidité, presque. irrespirable. Depuis quelques semaines, le climat en Guadeloupe semblait déréglé, comme si la nature elle-même était fatiguée. Habituellement, le mois de décembre apportait un peu de fraîcheur, une pause bienvenue après les mois de chaleur intense. Mais cette année-là, c'était différent. Des dépressions tropicales s'étaient enchaînées. Les alertes oranges pour fortes pluies et orages devenaient presque routinières. Le ciel oscillait entre des averses torrentielles et une lourdeur humide qui ne laissait aucun répit. Même les nuits d'ordinaire plus douces conservaient cette chaleur moite qui collait à la peau et empêchait de dormir. Katie ressentait cette atmosphère comme une métaphore de sa propre vie, un désordre qu'elle ne parvenait plus à maîtriser, une pression constante qui pesait sur ses épaules. À travers les persiennes, à demi fermées, elle regardait les gouttes de pluie tomber lourdement sur le sol brûlant de la cour. En écoutant le fracas lointain d'un tonnerre menaçant. Béatrice, en entrant, C'était instinctivement passer une main sur le front, chassant quelques perles de sueur. Même l'air semblait oppressant. on dirait que le ciel lui-même ne sait plus où il en est murmura béatrice en s'asseyant face à Ketty ce commentaire presque anodin résonna étrangement en Ketty comme si ces intempéries traduisaient le chaos intérieur qu'elle traversait depuis des semaines béatrice laissa échapper un soupir en regardant son amie elles avaient traversé tant de choses ensemble que ce silence pesant en disait long. Leurs relations ont été comme cette pluie tropicale, parfois douce et rafraîchissante, parfois brutale et inattendue, mais toujours nécessaire. Elles s'étaient rencontrées à une époque où la vie semblait plus simple. Deux adolescentes insouciantes qui riaient à s'en étouffer sous le carbet du lycée, rêvant d'aventures loin des petites habitudes du quotidien. Leur amitié avait survécu au temps, au déménagement et aux épreuves. Mais la vie s'était chargée de leur rappeler que les rêves prenaient parfois des chemins sinueux. Quand Ketty avait eu Alan, tout avait changé. Béatrice n'avait pas d'enfant, mais elle avait été présente dans chaque étape comme une sœur de cœur. Elle se souvenait encore de cette nuit-là, où Ketty l'avait appelée, au bord de la panique, incapable d'apaiser Alan. Avant de composer son numéro, Ketty avait tenté désespérément de joindre sa mère, mais les appels étaient restés sans réponse. Des emparées, les mains tremblantes, elle avait fini par appeler Béatrice. Béa, je n'y arrive pas, il ne se calme pas, je ne sais plus quoi faire. Et voilà, c'est ici que se termine la première partie de notre histoire avec Ketty, Allan et Béatrice. J'espère que vous avez réussi à entrer dans leur univers, à ressentir les émotions de chaque personnage, leurs défis, mais aussi leurs forces. Comment pensez-vous que Ketty va gérer cette situation ? La réponse, je vous la réserve pour le prochain épisode où nous découvrons ensemble la suite et le tenuement de cette histoire pleine d'émotions. Je vous donne donc rendez-vous très bientôt. Merci d'avoir écouté cet épisode et en attendant, n'hésitez pas à me dire ce que vous avez pensé de cette première partie, à partager vos ressentis ou vos prédictions. A très vite pour la suite !