Speaker #0Bienvenue dans Subarchive. Hello et bienvenue dans Rebondir pour se reconstruire. Le podcast où je te partage en toute intimité mon parcours de maman, d'adolescente autiste, de mame-preneur de deux enfants et de femme qui croque la vie à plein vent. Je suis Vévé Camissi, Mindset Pro. Il y a des jours où tout semble trop. ou même respirer, ça devient un effort. Et tu te demandes comment tu as fait pour tenir jusque-là. Dans cet épisode, je te raconte l'un de ces jours. Mais surtout, je te parle de ce que j'ai compris en sortant la tête de l'eau. Ce que mon cerveau, mon cœur et mon histoire m'ont appris, si tu te sens à bout ou que tu connais quelqu'un qui traverse ça, reste avec moi. Avant d'écouter cet épisode, je te propose de vérifier si tu es dans le bon état émotionnel pour l'entendre. Ce n'est pas un épisode facile, il parle d'épuisement, de pensée sombre, de solitude, et mon intention n'est vraiment pas de te choquer. Mon intention est de prévenir, de comprendre et de tendre la main. On va parler vrai, on va parler de ces moments où on croit qu'on ne tiendra plus, et de ce qu'on peut en faire après. Si tu es prête, on y va ! J'ai pris la décision de m'arrêter pendant 14 mois. Ça n'a pas été un choix facile. Au départ, j'avais testé ce qu'on appelle le congé présence parentale de manière fractionnée. Et donc, c'était une journée par-ci, une journée par-là. Mais très vite, j'ai compris que ce rythme, il n'allait pas coller. Jana, elle avait plusieurs jours de soins par semaine. Elle avait des besoins constants. Et jongler entre ça et mon travail s'était devenu impossible. Je devais souvent m'absenter et au fond, je voyais bien que ce n'était pas tenable sur le long terme. Alors j'ai pris cette décision. Ça a été une vraie décision, celle de me mettre en pause, de mettre ma carrière en stand-by pour être pleinement là avec elle. J'ai fait la demande à mon employeur, elle a été acceptée et puis tout a changé. Ce congé, il m'a permis d'être présente. Mais il m'a aussi confrontée à moi-même. Financièrement d'abord. J'avais un bon salaire, j'étais indépendante, je pouvais me faire plaisir. J'avais même adopté ce petit rituel de m'offrir un parfum chaque mois. C'était vraiment mon petit plaisir à moi. Et là, du jour au lendemain, plus rien de tout ça. Juste des indemnités, juste le strict nécessaire. Et du coup, ma vie sociale, elle a été très réduite. Parce que sortir, ça voulait dire dépenser. Alors, on sortait moins. Et à force, j'ai commencé à me sentir isolée. Et puis, dans mon couple, il y a eu un décalage. Alors, pas forcément un manque d'amour, mais je vais parler de manque de synchronisation. J'ai porté beaucoup, peut-être trop, et ça nous a éloignés. On n'était pas au même stade d'acceptation du diagnostic. Et ça a créé un fossé, en fait. Et il s'est creusé de plus en plus. À un moment, j'ai commencé à sombrer. C'était une forme de dépression qui était sourde, très lente. Elle était insidieuse. Et un jour, les pensées, elles sont venues. Et c'était des pensées sombres. C'est celles que tu n'oses pas partager. Même pas à la personne avec qui tu partages ta vie. J'avais l'impression de broyer du noir, d'être toute seule. Il y avait plein de voix dans ma tête, des voix qui me tiraient vers le bas. Et moi, j'étais... incapable de me relever, quoi. Mais, il y en avait une qui était plus forte que toutes les autres. Et cette voix, elle m'a dit, ne reste pas là. Appelle à l'aide. Et tout de suite, j'ai pensé à mon père. Je l'ai appelé et je lui ai dit, papa, j'ai besoin de changer d'air. J'ai envie de venir pour les vacances en Guadeloupe avec les enfants, mais je ne peux pas payer les billets. Et il a dit oui. Et je suis partie. C'était l'année où j'ai décidé de mettre ma carrière en stand-by, en 2014. Et ce séjour, il m'a fait un bien fou. J'ai commencé à respirer à nouveau. Et surtout, j'ai vu Jana s'épanouir, rire, s'ouvrir, apprécier les grands espaces. Et là, j'ai eu un déclic. Je me suis dit, c'est ça qu'il lui faut. Et ce moment-là, ce moment précis, il m'a sauvée. C'est cette pensée, au milieu du chaos dans lequel j'étais, qui m'a tenue. Je me suis dit, tu vas y arriver. Et je crois qu'on peut avoir mille pensées sombres, mais parfois, il y a une seule pensée lumineuse, elle suffit à elle toute seule à changer ton histoire. Ce qu'il faut savoir, c'est que quand notre cerveau est soumis à un stress chronique, sans pause, qu'est-ce qu'il fait ? Il passe en mode survie. L'amidale, c'est la zone du danger, elle devient hyperactive. Et notre cortex préfrontal ? tu sais, c'est celui qui nous permet de raisonner, de prendre du recul, eh bien lui, il s'éteint peu à peu. Et là, on ne pense plus, on réagit. On cherche juste à cesser la douleur, même de façon irrationnelle. Et c'est pour ça qu'on ne juge pas une mère qui a à bout. On comprend ce qu'il a mis là, en fait. Le cerveau, il a besoin de repos pour créer du sens. Ça, c'est une phrase qui est tirée de... d'un livre du docteur Boris Cyrulnik. Et quand j'ai lu cette phrase-là, je me suis dit, c'est exactement ce que j'ai vécu. Quand on est à bout, on ne peut plus réfléchir clairement, on ne fait que survivre, minute après minute, en fait. Et il y a une autre phrase aussi qui m'a marquée, tirée d'un livre de Christophe André, dans lequel il dit, l'épuisement émotionnel coupe l'accès à la mémoire du bonheur. Et cette phrase... Je la ressens, là je te l'ai dit, mais je la ressens dans tout mon corps. Ce n'était pas la fatigue en fait, c'était de tout porter seul, en silence. Et ce que Christophe André, il nous dit, c'est que la solitude émotionnelle, c'est un véritable danger. Alors, si toutefois ces deux livres pouvaient t'intéresser, je vais quand même te donner quelques informations. Donc, « Le cerveau a besoin de repos pour créer du sens » de Boris Cyrulnik. C'est une citation qui est extraite du livre « Votre cerveau n'a pas fini de vous étonner » . Dans cet ouvrage, Boris Cyrulnik, qui est neuropsychiatre et éthologue, il explore les capacités étonnantes de notre cerveau. Il va s'intéresser à la plasticité et à son aptitude à se réorganiser face aux épreuves de la vie. Et il y aborde aussi l'importance des relations affectives et de l'environnement dans le développement cérébral. Donc si cet ouvrage t'intéresse, je mettrai aussi les références en description de cet épisode. Ensuite, je t'ai parlé de l'épuisement émotionnel qui coupe l'accès à la mémoire du bonheur de Christophe André. Donc cette citation, elle provient du livre « Vivre heureux, psychologie du bonheur » . Et Christophe André, c'est un psychiatre et psychothérapeute. Il propose une réflexion sur les mécanismes du bonheur et les moyens de les cultiver au quotidien. Dans cet ouvrage, il souligne aussi comment le stress et l'épuisement peuvent altérer notre perception du bonheur et de nos souvenirs positifs. Je voudrais t'offrir trois questions. Je ne sais pas si c'est un cadeau, mais je vais le poser là. Trois invitations pour t'aider à te recentrer. Alors, tu n'as rien à prouver, juste à écouter. Qu'est-ce que tu portes seul que tu pourrais déposer ? Où est-ce que tu pourrais créer un petit espace ? Rien que pour toi, chaque jour. Et si tu te parlais comme à ta meilleure amie, qu'est-ce que tu te dirais ? Je te propose un petit rituel tout doux, un moment juste pour toi maintenant. Pose une main sur ton cœur, respire profondément, sans forcer. Et répète doucement, à voix haute ou dans ta tête, je fais de mon mieux. Et mon mieux est suffisant. Je suis en train d'apprendre à m'aimer, même dans mes tempêtes, surtout dans mes tempêtes. Et pour finir, si tu t'es reconnu dans cet épisode, sache que tu n'es pas seul. Il existe des espaces, des personnes, des communautés pour toi. Et si tu veux en parler, tu peux m'écrire, me laisser un message et surtout, rappelle-toi, tu n'es pas trop, tu es exactement ce qu'il faut. Là où il faut. Eh bien, on est arrivé à la fin de cet épisode qui était un petit peu particulier. Moi, il m'a fait du bien. C'était important pour moi de déposer ça. J'espère qu'il t'a parlé, qu'il t'a réconforté peut-être, ou qu'il t'a simplement accompagné un petit bout de ton chemin. Si tu as envie de m'envoyer un petit message, de partager ce que tu as évoqué cet épisode, tu peux le faire. Je suis très présente sur mes réseaux, notamment sur Instagram. J'adore recevoir vos retours, vos partages d'expérience, vos mots. Ça donne tout sens à ce podcast. Et si l'épisode t'a touché, pense à t'abonner, à le partager autour de toi ou à laisser un petit avis ou 5 étoiles sur ta plateforme d'écoute. Ça aide énormément à faire connaître le podcast à d'autres personnes qui pourraient en avoir besoin. Merci d'avoir été là. Merci d'avoir écouté avec ton cœur. On se retrouve très bientôt pour un prochain épisode de Rebondir pour se reconstruire. Prends soin de toi.