- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de Reconnect, le podcast des femmes épuisées. Je suis Séverine Lapp, coach et naturopathe. Je crois au pouvoir des femmes qui se reconnectent à leur essence, qui se révèlent et qui osent suivre leurs rêves pour réinventer leur vie. J'accompagne les femmes qui traversent l'effondrement du burn-out pour qu'elles renouent avec leur force intérieure, s'affirment sans compromis et prennent pleinement leur place dans un monde qu'elles contribuent à transformer. Bonne écoute ! Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de Reconnect. Aujourd'hui, j'ai le plaisir d'accueillir Aurore qui va se présenter. Alors Aurore, dis-moi, qui es-tu ? Que fais-tu ?
- Speaker #1
Bonjour à tous, bonjour, c'est Rine. Eh bien, écoute, du coup, je m'appelle Aurore. Aujourd'hui, je suis psychopraticienne en dépression et en burn-out, notamment sur les réseaux sociaux, enfin beaucoup en visio. Avant ça, j'ai travaillé en tant qu'infirmière en service psychiatrique pendant plus de dix ans.
- Speaker #0
Alors, psychopraticienne, pardon, je vais y arriver. Qu'est-ce que c'est comme métier ?
- Speaker #1
En fait, c'est un terme qui n'est pas protégé, qui veut dire que tu as des pratiques en psychologie, mais tu n'es pas psychologue, tu n'es pas psychiatre. donc on peut l'utiliser Pour mettre beaucoup de choses finalement dedans. Et aujourd'hui, pour exercer mon métier, je n'ai pas le droit de dire que je suis infirmière en psychiatrie. Donc du coup, j'utilise ce terme, voilà, pour pouvoir me présenter.
- Speaker #0
Ok. Et qu'est-ce qui t'a donné envie de passer vers ce métier, de passer d'infirmière vers ce nouveau métier ?
- Speaker #1
J'ai pas mal été frustrée dans ma carrière, d'abord par la fonction publique, puis par le salariat privé, enfin également par l'intérim, je crois que j'étais au bout du bout du bout de ma carrière d'infirmière. Et j'avais vraiment envie de pouvoir exercer mon métier comme je l'entends. avec finalement peu de barrières, peu de limites, et aussi être connue pour ma valeur, pour ce que je pouvais délivrer auprès des gens, et aller vraiment jusqu'au bout finalement de leur transformation.
- Speaker #0
Et alors pourquoi ces sujets dépression et burn-out plus spécifiquement ? Parce que quand on vient de la psychiatrie, il y a plein d'autres pathologies sur lesquelles on pourrait accompagner.
- Speaker #1
Tout à fait. Alors, particulièrement ces deux pathologies-là pour deux raisons. La première, c'est que j'ai travaillé dans un centre expert en dépression et en burn-out qui a changé totalement ma pratique infirmière auprès de ces pathologies-là. La deuxième, c'est parce que je suis moi-même sujette à des dépressions et j'ai également fait un burn-out dans ma vie.
- Speaker #0
D'accord. Alors... Et ce centre, du coup, alors moi je ne savais pas, c'est un centre du coup psychiatrique, c'est ça pour le burnout dans lequel tu as exercé ?
- Speaker #1
Oui, on peut le voir comme un hôpital de jour finalement, mais comme c'est un terme qui peut faire peur aux gens parce qu'ils disent hôpital de jour, quelle pathologie peut y avoir dedans, etc. On préfère dire centre de jour, il y en a plusieurs en France qui existent et c'est vrai que c'est très intéressant de le savoir. Quand on subit ces pathologies-là, parce qu'ils sont multidisciplinaires et peuvent vraiment permettre aux personnes de se relever beaucoup plus rapidement, puisqu'ils sont pris en soin dans une globalité et physique et psychologique.
- Speaker #0
Ce qui est tout à fait adapté dans le cadre de la dépression ou du burn-out. Corps et esprit, tout est lié.
- Speaker #1
Oui, c'est ça, tout à fait.
- Speaker #0
Et le burnout que tu as traversé, il est récent ? Comment ça s'est passé ? Qu'est-ce que tu as ressenti ?
- Speaker #1
C'était en 2022. Paradoxalement, c'est quand je travaillais dans ce centre expert en dépression et burnout. C'était l'ouverture d'un établissement dans ma ville. Donc, il y avait tout à créer. C'était un projet génial dans lequel je me suis énormément et finalement trop... trop investi, de manière consciente, c'est-à-dire que j'avais très envie de pouvoir mettre toute mon énergie là-dedans parce que j'avais un peu carte blanche finalement par les médecins pour pouvoir créer des ateliers, etc. Bien sûr, ils validaient derrière, mais si tu veux, pour une infirmière, c'était vraiment une sacrée opportunité. Et j'ai commencé à sentir au bout de... Donc j'ai commencé en avril, j'ai commencé... Vers le mois de juillet, j'ai commencé que ça commençait à être vraiment compliqué pour moi. Compliqué en termes d'émotion, de sensibilité du coup, de fatigue aussi. J'ai tiré une première fois la sonnette d'alarme en allant voir mon supérieur, en lui expliquant que... Ils m'ont metté un petit peu trop sur le dos et j'avais peur de ne pas pouvoir gérer. Et il m'a gentiment dit qu'il me faisait confiance et qu'il comptait sur moi.
- Speaker #0
D'accord. Et donc, ça, c'était un peu une sonnette d'alarme. Et comment ça s'est passé par la suite ? Du coup, tu as été arrêtée ou tu t'es dit non, j'y vais parce qu'il me fait confiance ?
- Speaker #1
Alors j'ai eu des congés, quelques jours de congés, par la suite 15 jours et là je me suis dit je vais m'écrouler parce que j'en peux plus et finalement c'était super paradoxal puisque pas du tout. J'étais pleine d'énergie, je dormais encore très peu alors que j'aurais pu faire des grasses matinées etc. Je me suis pas écroulée à ce moment là, ça a été assez étonnant. Mais je pense que finalement, j'étais dopée au cortisol et qui fait que ça me permettait de tenir. Je travaillais aussi pendant mes vacances sur la création d'ateliers, etc. Parce que j'avais très peu de temps finalement pour le faire en présentiel. Et mes heures étaient rémunérées, bien sûr. Je me suis écroulée finalement un matin d'octobre où je n'ai pas pu. sortir de mon lit. C'est mon corps qui m'a arrêtée finalement.
- Speaker #0
Oui, c'est bien souvent comme ça que ça se passe. Le corps sait que lui, il est au bout de ses ressources et qu'il n'a plus la possibilité de produire autant de cortisol pour continuer à nous faire tenir. Et comment ça s'est passé ? Alors du coup, tu n'arrivais plus à sortir du lit ?
- Speaker #1
Oui, en fait, j'étais pleine de contractures, ce qui fait que tout mon corps me faisait mal. j'avais vraiment très très mal. J'ai voulu tout de suite aller voir mon ostéopathe qui m'a pris du coup rapidement, enfin dans la journée et il m'a dit je ne peux rien faire pour toi parce que tu es entièrement contracturé, il faut que tu ailles voir ton médecin traitant et voir ce que lui peut faire. C'est donc ce que j'ai fait, je suis allée voir mon médecin traitant et lui il m'a prescrit du Valium. Alors le Valium, c'est un anxiolytique qui est assez puissant. J'en avais jamais eu jusque-là, même pour mes dépressions, etc. Et le Valium, alors certes, ça m'a détendue, mais ça m'a aussi couchée, ça m'a donné envie de dormir, ça m'a... voilà. Et finalement, deux semaines après l'arrêt du corps, c'est la tête qui a pris le relais. Avec vraiment une sorte de dépression finalement, d'épuisement qui s'en est suivi. On sent qu'on coule complètement vers le fond. J'ai été jusqu'à ne plus pouvoir faire de phrases, jusqu'à ne plus pouvoir comprendre ce qu'on me disait. Jusqu'à faire rien que par exemple vider le lave-vaisselle. C'était pour moi la seule tâche que je pouvais faire dans ma journée. J'étais complètement essoufflée à bout. J'en pouvais plus. J'ai eu vraiment très très peur.
- Speaker #0
Merci de partager tout ça, parce que je sais que parfois ça peut être un peu difficile aussi de revenir sur l'épisode et de se rendre compte aussi de jusqu'où on est allé finalement et de ce que le corps a dû supporter. Parce que moi, effectivement, souvent dans le burn-out, c'est le mental qui veut tenir, tenir, tenir. Le corps lâche en premier et puis derrière, on peut effectivement avoir ce que tu décris, des symptômes dépressifs. des symptômes, des troubles anxieux généralisés, parce qu'il n'y a plus de ressources nulle part en fait.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. J'ai surtout ressenti, tu vois, de la honte parce que je suis soignante, je suis informée des processus et j'accompagnais des gens qui traversaient des burn-out ou qui en avaient traversé. Vous pouvez me raconter les différentes phases par lesquelles ils étaient passés et même moi, je leur enseignais. comment on repérait un burn-out, etc. Et finalement, je suis malgré tout tombée dans le panneau. J'étais à ce moment-là aussi suivie par un psychiatre à ce moment. Et quelque part aussi, je lui en veux de m'avoir laissée. Je lui en veux de ne pas m'avoir... D'avoir vu lui aussi, finalement.
- Speaker #0
De ne pas t'avoir alerté.
- Speaker #1
Que j'allais droit dans le mur,
- Speaker #0
ouais. De ne pas t'avoir alerté. Mais honnêtement, est-ce que tu penses que tu l'aurais écouté ?
- Speaker #1
Je ne pense pas parce que, vraiment, comme je te l'ai dit, c'était consciemment que j'y mettais toute mon énergie. Je cherchais simplement à aussi fuir quelque chose de ma réalité. qui était un événement très stressant que j'avais vécu justement le même mois, au mois d'avril. Et pour essayer de ne pas trop ressasser cet événement assez traumatique finalement pour moi, je me suis vraiment réfugiée dans le travail et j'étais très heureuse de pouvoir le faire.
- Speaker #0
Il n'y a eu plus d'espace pour autre chose en fait.
- Speaker #1
Non, pas du tout.
- Speaker #0
Alors effectivement, dans les personnes qui vont jusqu'au burnout, c'est un profil particulier. c'est des personnes qui sont surengagées, surinvesties à cet endroit du travail au détriment des autres aspects de leur vie. Ce que tu décris c'est assez caractéristique. Alors pour toi effectivement il y a eu un événement particulier qui t'a poussé à fonctionner de cette façon là. Parfois ça peut être aussi une séparation, ça peut être un deuil, ça peut être peu importe en fait. On mobilise toutes ces ressources à cet endroit là pour ne pas voir finalement ce qui se passe dans le reste.
- Speaker #1
Oui, tout à fait.
- Speaker #0
Et pour en revenir à ton psychiatre, c'est vrai que je te questionnais là-dessus parce que souvent, on n'entend pas les signaux d'alerte. L'entourage parfois alerte, le médecin alerte parfois une première fois, mais moi, ça fait six ans que j'accompagne sur le sujet. Bien souvent, c'est le corps à un moment qui dit stop parce que tant qu'on est encore dans le mental, on dit non, ça va aller, ça va passer. Non mais c'est juste passager, je vais me remettre, il n'y a pas de souci. Sauf que quelque part au fond de nous quand même, on sent qu'on n'est plus que la même personne qu'avant. Il y a quelque chose qui est en train de changer ou de bouger. En tout cas pour moi c'était comme ça que ça se manifestait. J'étais extrêmement émotive, très sensible. Moi je pleurais en allant au travail, j'avais la boule au ventre. Chaque matin je me demandais ce qui allait se passer, parce que je n'étais pas à ma place en fait dans ce poste. En tout cas avec du recul, mais je me forçais parce que j'avais 5 ans.
- Speaker #1
ou l'injonction dans ma tête qui me disait qu'il fallait que et ouais on n'écoute pas on n'écoute pas et c'est le corps qui nous met au tapis pour qu'on comprenne malheureusement qu'il faut changer quelque chose oui alors que moi la différence je me sentais vraiment bien sur ce lieu de travail et jusqu'au bout j'ai eu vraiment cette impression d'être un peu un super héros tu vois d'avoir vraiment la force euh de continuer de sauver le monde etc finalement et c'est vraiment parce que voilà ce corps m'a arrêté donc j'en ai beaucoup voulu parce que je me suis dit mince si toi tu t'arrêtes je sais que la tête va suivre et c'est pas ce que je veux donc il faut vite que je retourne au travail mais finalement c'était pas possible et du coup après voilà comme je te disais je me suis vraiment excusé auprès de mes pairs de dire je suis
- Speaker #0
désolé mais je m'en voulais vraiment d'être tombée dedans et oui on passe aussi par toutes ces émotions la honte, la culpabilité le sentiment d'avoir failli, de ne pas avoir réussi d'avoir échoué selon chaque personne on va mettre quelque chose derrière mais c'est très caractéristique aussi
- Speaker #1
Souvent, les gens disent qu'ils ont été faibles finalement, puisque eux sont tombés et pas les autres.
- Speaker #0
Et pas les autres, oui. Mais tu le sais sans doute aussi, le burn-out, il vient, il est créé de la rencontre entre une personnalité et un contexte organisationnel. Donc parfois, effectivement, on est sur les risques psychosociaux et du coup, l'entreprise, effectivement... commet une faute aussi au niveau du code du travail par rapport à la protection de la santé physique et mentale de ses collaborateurs avec peut-être d'une surcharge de travail, avec du harcèlement, des agressions verbales ou physiques. Effectivement, on peut aller très loin aussi, mais cette personnalité qui en est nous aussi, elle rentre en ligne de compte et ça parfois c'est un peu... difficile, c'est la pilule un peu difficile à avaler quand on arrive à un moment à prendre du recul sur ce qui s'est passé parce que parfois on culpabilise mais on peut aussi rejeter la faute sur l'entreprise ou alors on culpabilise et on prend tout les torts alors qu'en fait c'est comme dans les relations amoureuses la rencontre entre les deux qui matchent pas ou qui matchent plus. Et comme tu disais, on peut être très passionné et brûlé, comme on peut être dans une période où on perd son sens. Alors moi, j'étais très passionné quand j'ai pris mon poste, mais au bout d'un moment, j'y trouvais plus forcément mon compte. Mais j'ai pas écouté.
- Speaker #1
Oui, c'est exactement ça, ce que tu peux dire. Je m'y retrouve tout à fait, entre cette personnalité perfectionniste finalement qui est là pour masquer une certaine faible estime de soi, on a envie de se prouver et de prouver aux autres qu'on a de la valeur et puis je savais pas dire non aussi, c'est à dire que quand on me demandait des services, des choses à faire en plus etc je ne savais pas dire non, même si Merci. Même si je savais que j'avais besoin de dire non, je ne pouvais pas. Et là, l'entreprise en profite, puisque eux, c'est une aubaine d'avoir un employé qui répond oui quand ils sont en difficulté. Et plutôt que de nous protéger, ils préfèrent prendre ce qu'on leur donne.
- Speaker #0
Oui, et puis dans le burn-out, ce sont les bons éléments en général aussi qui brûlent. Donc, ça va être parfois dans un service, moi je l'entends aussi beaucoup, sur une surcharge d'activité, ça va toujours être la même personne qui prend. Effectivement, parce qu'elle travaille bien, elle travaille vite, etc. Sauf qu'à un moment, c'est juste trop. Et comme tu dis, de ne pas mettre suffisamment les limites parce qu'on est boosté à cette forme de reconnaissance aussi. On nous donne du travail en plus. Donc, ça veut dire effectivement qu'on fait bien notre travail. Sauf qu'à un moment, ben... Les journées ne font que 24 heures, donc on ne peut pas non plus travailler non-stop.
- Speaker #1
C'est vrai ce que tu dis, parce que d'ailleurs mes collègues me disaient souvent « c'est toi la chouchoute » . Donc comme tu dis, oui, effectivement, il y a cette recherche de reconnaissance aussi qu'on vient chercher quand on va jusqu'à brûler finalement.
- Speaker #0
Il se passe beaucoup de choses sur le système, sur cette rencontre entre la personnalité et le contexte organisationnel. Sur la personnalité, on va être sur tout ce qui te pilote de manière inconsciente, ce pilotage automatique qui s'est mis en place dans ton enfance et au fil de ton parcours de vie. Donc, le sois parfaite, le fais plaisir, sois forte, dépêche-toi. Donc, de mettre en lumière tout ça, moi je trouve ça intéressant dans son parcours de reconstruction, surtout aussi si on se lance dans l'entrepreneuriat. Parce que dans l'entrepreneuriat, on va être les premières à se mettre la pression pour que ça marche.
- Speaker #1
Effectivement, j'ai pu repérer parce que depuis, je suis devenue entrepreneuse. Et je me suis dit que quand même, c'était même encore plus simple finalement d'aller vers un burn-out quand on était à son compte. Parce que si on ne se met pas des limites, on a tendance à ne pas en avoir et être... J'ai eu ça surtout au tout début où je me lançais, où j'avais besoin finalement pour me dire que j'avais bien travaillé ma journée, d'être productive et d'avoir produit, d'avoir produit énormément de choses. Si je n'avais pas produit, ça veut dire que je n'avais rien fait de bien de ma journée.
- Speaker #0
Je vois très bien de quoi tu parles. qu'en général, quand on se lance dans l'entrepreneuriat, moi, je pense que ce qui est intéressant à faire, c'est de déconstruire effectivement tout ce qui nous a forgé, en tout cas de le mettre en lumière, pas forcément de tout déconstruire et tout mettre à la poubelle, mais de bien savoir comment on fonctionne pour que dans l'entrepreneuriat, on ne reproduise pas les mêmes schémas. Parce qu'on est passionné en général, quand on se reconvertit vers quelque chose qui nous anime, on est passionné, donc on ne peut ne pas compter ses heures, on peut travailler le week-end, travailler le soir, mais en conscience, c'est-à-dire, ok, on peut travailler le week-end, mais est-ce qu'il reste encore suffisamment d'espace pour le reste de la vie ?
- Speaker #1
C'est ça, tout à fait.
- Speaker #0
Pour l'activité physique, c'est mon côté naturel qui va parler, pour mettre le corps en mouvement, pour penser à bien manger, à bien dormir, pour se relaxer. Ça peut être une chance aussi d'être à son compte, pour pouvoir adapter son emploi du temps. On parle beaucoup de la liberté d'entreprendre, mais à quel prix aussi ?
- Speaker #1
oui oui non mais exactement c'est à dire qu'aujourd'hui le fait d'être entrepreneuse ça me permet de lever le pied quand j'en peux plus sans avoir besoin de demander finalement la permission à qui que ce soit d'avoir des périodes où je vais travailler énormément et des périodes où je vais beaucoup moins travailler sans avoir besoin toujours de demander est-ce que je peux travailler cette semaine à 120% et la semaine d'après je serai qu'à 60% etc donc c'est vrai que pour allier finalement ça Merci. Sa santé avec son emploi, c'est très intéressant je trouve. Bien sûr, on arrive à se mettre nos limites, ce que j'appelle mes airbags. Et moi, comme j'ai beaucoup de difficultés à poser moi-même mes limites, j'ai besoin finalement de faire appel à des choses extérieures. Par exemple, tu vois, je vais à des cours de yoga, je vais à des cours de Qigong, parce que si je me disais, j'avais une application au départ pour pouvoir le faire de chez moi, mais en fait, je ne le mettais jamais en place. parce qu'il y avait toujours plus important que de prendre du temps pour moi.
- Speaker #0
Je vois très bien de quoi tu parles. Moi, j'ai essayé tout plein de stratégies. Oui, le sport à la maison, définitivement. Je n'y arrive pas parce que je vais toujours faire passer d'autres trucs avant sans forcément que ce soit que le travail. Mais voilà, je me connais. Du coup, j'ai essayé les blocs temps aussi. Ça ne marche pas sur ma façon de fonctionner. Je ne fonctionne définitivement pas comme ça. Donc là aussi, en tant qu'entrepreneur, on apprend Comment fonctionner différemment hors d'un système classique pour travailler aussi en fonction de son niveau d'énergie ? En tant que femme, je trouve ça intéressant aussi. Souvent, je fais le lien avec le cycle menstruel. Il y a des périodes dans le mois qu'on n'est pas sous contraception, on le sent encore plus. On a des périodes dans le mois, notamment avant l'ovulation, on va être beaucoup plus boosté par les oestrogènes qui ont une action sur la dopamine, cerveau, donc tout ce qui nous permet de... passer à l'action, d'aller de l'avant. Et en deuxième phase de cycle, on est plus sous l'influence de la progestérone, du coup, plutôt calmante, relaxante. Et là, on va être plus sur une période un peu plus de repli, ou en tout cas de réflexion.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Et tu vois, je voulais te dire que avant, lorsque j'étais salariée, du coup, ou fonctionnaire même, j'avais tendance à fonctionner en tout ou rien. Et du coup, dans mon travail, j'avais tendance à me donner toujours à 200%, d'aller jusqu'à l'épuisement. Et puis au moment de l'épuisement, j'allais voir mon médecin, je lui disais, j'en peux plus, il suffisait qu'elle prenne ma tension, etc. Pour voir que j'étais au bout du bout. Elle me prescrivait un arrêt souvent de 15 jours. Et hop, j'étais repartie pour 6 mois en étant ensuite encore à nouveau à 200%. Et puis, suite à mon burn-out... J'ai changé de psychiatre en cours de burn-out pour différentes raisons. Mais ça faisait longtemps, ça faisait dix ans qu'il me suivait celui-ci. Et puis, il ne m'apportait plus rien finalement. Et moi, j'avais besoin finalement d'outils pour pouvoir sortir le plus vite possible la tête de l'eau parce que j'avais encore envie de retourner au travail. Et donc, c'est lui, ce nouveau psychiatre-là, qui avait pris en charge mes arrêts maladie. Et un jour, je retravaillais, je le voyais régulièrement, j'arrive dans son cabinet et je lui dis « voilà, je suis épuisée » . J'attendais de lui qu'il me mette en arrêt parce que vraiment, j'étais épuisée. Et là, il m'a dit « Aurore, je ne vous ferai pas d'arrêt maladie. Il va falloir vous débrouiller autrement. Mais vous ne pouvez plus fonctionner en tout ou rien. »
- Speaker #0
Boum !
- Speaker #1
Je peux te dire que j'ai pleuré là. J'ai pleuré parce que je me suis dit, mais comment je vais faire ? Parce que j'attendais toujours à chaque fois le dernier moment, tu vois, pour sonner. Ce n'était vraiment pas des arrêts de confort. C'était, j'en peux plus. Et là, quand il m'a dit ça, je me suis dit, mais je vais mourir là. Je vais couler, ce n'est pas possible. Donc, ça a été très difficile à avaler. Je me suis presque sentie trahie sur le moment de dire, il ne fait pas son job de médecin. et ça m'a permis de revoir complètement ma façon de fonctionner dis-toi que finalement j'y suis arrivée j'ai réussi à lever le pied alors j'étais plus que finalement je gardais plus que mon énergie pour le travail du coup alors c'est pas bien mais j'avais pas le choix puisque j'étais pas en arrêt maladie tout ce qui était à la maison tâches ménagères avec les enfants tout ça je l'avais fait sauter Merci. pour préserver vraiment mon énergie, pour pouvoir me régénérer entre mes phases de travail. Et très doucement, j'ai pu remonter la pente pour revenir à un état d'équilibre.
- Speaker #0
Oui, c'est un mal pour un bien. C'est difficile sur le coup, j'imagine. Mais bon, je pense qu'il a dû savoir à qui s'adresser. Il n'avait plus d'autre solution que de te forcer à apprendre à faire autrement.
- Speaker #1
Ah ben c'est sûr, c'est sûr, parce que s'il n'y avait personne pour faire ça, j'aurais continué à être comme ça pendant encore, je pense, des années, voire pour toujours.
- Speaker #0
Est-ce qu'aujourd'hui, tu aurais un conseil à donner à des femmes qui traversent... qui glissent vers l'épuisement ou qui sont en train de traverser le burn-out ?
- Speaker #1
Oui, j'aime beaucoup utiliser l'outil, comme je disais, des airbags. En fait, ça part du principe que quand tu vas vers un burn-out, toute ton énergie vitale disponible va avoir tendance à prendre de la place et à prendre ton énergie dédiée au travail, tu vois. Et donc, du coup, pour éviter que ton énergie vitale disponible égale ton énergie dédiée au travail, on met en place des airbags qui sont, par exemple, tous les jours, je vais prendre 10 minutes pour lire un livre parce que j'adore lire. Tous les week-ends, je vais prendre un bain moussant avec des huiles et de la musique pendant une heure parce que j'adore prendre des bains et ça me fait beaucoup de bien. Tous les deux, trois jours, je vais faire 20 minutes de marche ou d'activité sportive ou quoi, parce qu'en pleine nature, en plus, c'est encore mieux, parce que ça va me faire du bien. Et tu vois, à partir du moment où on n'arrive plus à mettre en place nos airbags parce qu'on est trop épuisé, la sphère qui doit sauter en premier, c'est la sphère travail.
- Speaker #0
Oui, c'est très juste tout ce que tu dis. En tout cas, merci beaucoup, Aurore, pour notre échange. Comme toujours, je trouve ces témoignages bouleversants, poignants. Mais j'aime beaucoup aussi donner cette lueur d'espoir à toutes celles qui sont en train de traverser le burn-out. Il y a une vie après. On retrouve un nouvel état d'équilibre.
- Speaker #1
Tout à fait. Et souvent, les gens, quand ils ont traversé un burn-out, au départ, ils disent toujours « Je veux redevenir celui ou celle d'avant » . et nous forcément on leur déconseille en disant mais regarde, regardez où ça vous a amené il faut que vous soyez différemment et là il y a tout un travail de résilience finalement, qui n'est pas évident qui prend plus ou moins de temps en fonction des gens, mais c'est parce que c'est pour aller vers quelque chose finalement de meilleur, c'est-à-dire un chemin de vie qui nous convient beaucoup mieux que celui qu'on prenait auparavant
- Speaker #0
effectivement le burnout il nous transforme en une nouvelle version ni mieux ni moins bien mais plus alignée, plus consciente de nos besoins,
- Speaker #1
nos propres besoins c'est ça tout à fait je te rejoins merci Aurore, merci beaucoup merci à toi aussi Séverine
- Speaker #0
J'espère que cet épisode vous a plu. Vous pouvez laisser un commentaire ou rejoindre l'un de mes programmes d'accompagnement en ligne. Reconnect Body & Soul pour les femmes prêtes à retrouver énergie, clarté et confiance pour transformer leur vie après leur burn-out. Reconnect Job pour les femmes en perte de sens qui veulent kiffer leur vie pro sans risque de rechute. Et Reconnect Business Club pour les femmes qui veulent se tourner vers l'entrepreneuriat après leur burn-out ou celles qui entreprennent et s'épuisent sans vivre de leur activité.