- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de Reconnect, le podcast des femmes épuisées. Je suis Séverine Lapp, coach et naturopathe. Je crois au pouvoir des femmes qui se reconnectent à leur essence, qui se révèlent et qui osent suivre leurs rêves pour réinventer leur vie. J'accompagne les femmes qui traversent l'effondrement du burnout pour qu'elles renouent avec leur force intérieure, s'affirment sans compromis et prennent pleinement leur place dans un monde qu'elles contribuent à transformer. Bonne écoute ! Bonjour, bienvenue dans ce nouvel épisode de Reconnect. Je suis ravie de retrouver aujourd'hui Ophélie que j'ai découvert sur Instagram et qui va nous expliquer qui elle est, ce qu'elle fait. Bonjour Ophélie.
- Speaker #1
Bonjour, hello Séverine. Du coup, de mon côté, je suis Ophélie, art-thérapeute. Et on dit art thérapeute pluriexpressionnel parce que je fais de l'art thérapie avec tous les arts possibles et imaginables. Donc dans le théâtre, musique, bien sûr dessin, modelage, ce qui est souvent le plus courant, mais aussi tous les arts. Et oui, je suis spécialisée en psychotraumatisme et en addictologie.
- Speaker #0
D'accord. Alors l'art thérapie pour les personnes qui ne connaissent pas, alors j'ai entendu danse, dessin, etc. Ça consiste en quoi ? concrètement ?
- Speaker #1
Alors, si je vulgarise le truc, mais genre vraiment vulgariser, voilà, au lieu d'aller chez un psychologue où on va parler de nos problèmes et tout ça, et tout ça, ben là, on ne va pas parler, on va créer.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et créer, c'est pour ça que je dis que ça peut être dessiner comme danser, comme faire de la musique ou écouter de la musique.
- Speaker #0
D'accord. L'idée, en fait, c'est de faire sortir les émotions, c'est ça ?
- Speaker #1
C'est plutôt de communiquer autrement.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Ça fait souvent ressortir les émotions, mais ça peut faire ressortir beaucoup au niveau sensation corporelle.
- Speaker #0
Ok. Alors, si j'ai eu envie de t'interviewer, c'est parce que moi, avant mon burn-out, j'étais en psychanalyse. Et je me souviens que ma psychanalyste m'avait proposé d'utiliser la peinture. Et du coup, elle voulait qu'on fasse une séance. que je peigne et puis qu'on puisse échanger autour du sujet de ce que j'allais peindre. Moi, j'ai beauté complètement en touche parce qu'avec mon syndrome du perfectionnisme, à l'époque, je n'avais pas trop capté de quoi il s'agissait en fait, de manière évidemment sous-jacente, le travail qui était à faire. Moi, j'étais là, je ne sais pas ce que je vais dessiner, elle va trouver ça nul. J'étais tout de suite en mode, je vais être jugée alors que ce n'était pas du tout l'objet. donc si j'ai envie d'échanger avec toi c'était aussi pour qu'on dédramatise comme tu dis qu'on vulgarise ce sujet c'est souvent ce que je peux voir en séance ou dans la
- Speaker #1
première séance on va dire ou même le premier contact c'est ouais mais bon moi je suis pas créatif ou créative je sais pas dessiner enfin voilà Je ne pense pas que ce soit pour moi. Du coup, souvent, je vais dire, est-ce que tu aimes écouter de la musique ? Est-ce que tu aimes regarder des films avec des émotions ou des styles un peu différents ? Est-ce que tu coupes tes légumes d'une certaine manière qui, des fois, peut être différente ? Parce que, voilà, en fait, on est tous créatifs, sauf qu'on a des manières d'utiliser notre créativité de manière différente. Et je sais que le côté perpétueux... perfectionniste en tant que à la base je suis aussi illustratrice donc moi quand on me dit de dessiner c'est sûr que je vais chercher la perfection par exemple l'art thérapie pour moi si tu me fais faire du dessin voilà faut me dire, faut me prévenir fais nous un gribouillage et même si tu me demandes de faire un gribouillage je vais chercher un trait alors que voilà Il n'y a pas de raison, il n'y a aucune utilité d'avoir des compétences et des connaissances en art quand on est en art-thérapie. Au contraire, je trouve que c'est plus facile quand les gens n'y connaissent rien, parce qu'ils se lâchent plus facilement. Et justement, mon côté pluriexpressionnel fait que s'il y a quelqu'un qui est illustrateur, par exemple, je ne vais peut-être pas le faire dessiner. Ou alors, si je le fais dessiner, ce sera les yeux fermés ou avec la main non-dominante pour ne pas qu'il ait justement sa technicité qui ressorte. Et ce côté-là, justement, ressort beaucoup. Et même ceux qui n'ont pas de technique, ils ont envie de faire quelque chose de beau. Mais parce que ce qui est beau, si on regarde le monde de l'art, c'est très varié.
- Speaker #0
Oui, c'est hyper subjectif, effectivement. Et qu'est-ce qui t'a donné envie de te spécialiser dans le psychotrauma ?
- Speaker #1
Alors, c'est venu tout seul. Disons qu'à la patientèle, il y avait de plus en plus de traumatismes. Je repérais des petits traumas. Il y avait une patientèle assez liée à des problématiques traumatiques. Et j'ai fait une formation spécialisée en syndrome de stress post-traumatique. et l'utilisation justement de l'art via ces problématiques-là. Donc, je me suis encore plus spécialisée, mais c'est un peu tombé comme ça. On m'a dit, tu ne veux pas faire cette formation ? En plus, avec l'école que tu avais faite, ce n'est pas cher. Vas-y, viens. Ça remet à niveau un peu ses compétences d'art thérapeute et tout ça. Et c'était d'aider justement aux arts thérapeutes ou aux personnes qui étaient soignants. Et je me suis dit, bon, allez, vas-y. On y va. Et en fait, c'était une passion. Et je me suis rendue compte en faisant la formation que j'étais là. Mais en fait, tous mes passions, elles sont déjà liées à ça. Je me suis dit, bon, je suis dedans. On m'a appelée et je continue. Et en fait, on ne se rend pas compte, mais un trauma, ce n'est pas forcément quelque chose de violent. Ce n'est pas forcément physique. C'est très, très varié. Et en fait, je pense que le plus important, quand on est dans la spécialisation du traumatisme, ... C'est juste de dire à la personne, je te comprends et j'accepte ce que tu me dis. Si en fait, tu es traumatisé parce qu'un jour, on t'a volé ton sac à main, en fait, oui, tu as le droit d'être traumatisé juste à cause de ça. Et personne n'est censé devoir te dire, c'est bon, tu t'es fait voler ton sac, passe à autre chose. Non. Parce que le plus important dans un trauma, c'est au moment où la chose arrive, dans quel état d'esprit tu étais. Et si à ce moment-là, ça n'allait pas et que tu as un truc, même lambda, qui rafoutent une couche, ça devient un tremblement.
- Speaker #0
En fait, c'est quelque chose, moi je vois souvent dans les personnes que j'accompagne, qui est imprimé un peu dans le corps. Alors on le voit du côté effectivement du mental, mais c'est au niveau du système nerveux qu'il y a quelque chose qui s'est figé. C'est de cette manière-là que je l'analyse. Est-ce que dans ta patientèle, tu as déjà accompagné des femmes qui ont traversé un burn-out ?
- Speaker #1
Alors j'ai eu pas mal de fois des femmes qui étaient en mode burn-out. ou qui n'arrivent pas. J'ai eu plusieurs fois des femmes qui m'ont dit « je crois que j'étais en burn-out » sans être allée faire un diagnostic ou aller chez le médecin ou autre. Et j'ai eu plus souvent des femmes qui m'ont dit « je crois que j'ai eu un burn-out à un moment » . Et très souvent, quand elles arrivent dans mon cabinet, elles sont au stade de… soit elles ont changé de boulot, soit justement elles n'y travaillent plus, soit elles ont mis une distance assez élevée entre leur boulot et elle. Donc, elles ne sont plus dedans, mais il y a des traces. Et en fait, moi, comme j'ai ma sphétroma, ce que je vais chercher, c'est, OK, peut-être qu'un jour, que oui, vous étiez en burn-out, mais comme on n'en est pas sûr, j'essaie de savoir ce qui s'est passé. Et là, je vais dire, oui, c'est fort probable, sans faire des diagnostics, je ne suis pas psychiatre. Mais pouvoir dire, ouais, OK, et à votre avis, ça peut être dû à quoi ? Là, c'est le côté vraiment psycho. chercher les origines de l'enfance, comment ça a été avec toutes nos relations autour, qu'est-ce qui fait qu'on arrive au burn-out, pourquoi on se force à aller jusque-là, pourquoi on ne trouve pas le moyen de s'arrêter avant, et à quel moment on s'en est rendu compte, justement. C'est des personnes comme ça qui se sont dit que je crois que j'y étais. Donc ce travail-là. Et souvent, en fait, avec l'art-thérapie et du coup, le côté corporel, c'est ce que je travaille beaucoup, la personne va, dans son corps, en fait, on va dire que je n'analyse pas les œuvres. J'analyse vraiment comment la personne crée, donc par quelle étape elle va passer. Et aussi physiquement. Donc physiquement, il y a le truc bateau, je vais faire un dessin. Il va être petit, machin. Donc, OK, on peut stéréotyper. OK, elle est renfermée. Elle ne veut pas faire des trucs trop pour me montrer. OK, cliché, mais un peu vrai. Il y a aussi quelqu'un qui va faire des trucs un peu plus osés, mais rester bien dans la feuille, jamais sortir du cadre. OK, cliché aussi. Mais il y a aussi le côté, quand elle est en train de faire son petit gribouillage, est-ce qu'elle est crispée ou est-ce qu'elle est juste concentrée ? Parce qu'elle a besoin de se concentrer. Est-ce que quand elle fait son truc, elle va être en mode... Ou alors, elle va faire... Et en fait, ça, ce que le corps va montrer pendant ce mouvement-là, quand on est dans le dessin, par exemple, ou même la danse, va me montrer, OK, il y a quelque chose qui est bloqué. À quel endroit aussi. Et le truc que je remarque le plus souvent, c'est la respiration. Il y a un souvenir compliqué, traumatisant qui vient, la respiration se bloque. Et en fait, quand on est en art-thérapie, on n'est pas dans la conscientisation des choses, on est vraiment dans l'inconscient. Donc un grébouillage va mener à une réflexion, qui après va peut-être se faire un souvenir de quelque chose, qui peut être plus tard. après la séance va rappeler vraiment quelque chose de crucial dans la vie de la personne c'est passionnant ce que tu décris ça me donne envie de faire une séance avec toi il y a souvent des gens qui m'ont dit ah punaise la séance on a fait ça, ça m'a rappelé une scène avec une collègue qui xxx là je vais me dire bon ok elle m'avait parlé du peut-être un burn out elle se rappelle de cet événement compliqué donc il y a un lien de cause à effet il y a un écho entre ce qu'elle dit et ce qui s'est passé et encore après la séance. Donc là, on peut être dans la validation de ce qui se passe.
- Speaker #0
Et toi, comment t'es arrivée à ce métier ?
- Speaker #1
Alors, à la base, je n'étais pas du tout dans le côté thérapeutique. J'étais illustratrice et chargée de communication. Donc, rien à voir, mais quand même dans la créativité. Et depuis mon enfance, en fait, mon moyen de m'évader et d'évacuer, c'était de dessiner. Donc, j'étais une gamine qui passait des heures à dessiner tout et n'importe quoi, à inventer son univers et tout ça un peu fantastique, des fées, des machins comme ça. Et en grandissant, j'ai un peu gardé ça. Et j'ai remarqué que les périodes où je ne dessinais pas, ça allait moins bien que les périodes où je dessinais. Je fais souvent des pauses. Par exemple, en ce moment, je ne dessine pas, mais je crée autrement, j'écris. On a tous un moment, peut-être des moments de pause dans nos rituels. On a besoin de changement. L'humain a besoin de changement, donc ça paraît normal. Et en fait, je voulais à un moment devenir psychologue. Sauf que ça faisait déjà dix ans que j'étais chargée de com graphiste. Je ne me voyais pas revenir sur les bancs de l'école à fond, faire cinq ans d'études. Donc j'ai commencé à chercher une alternative. Juste simplement, il y a une pote qui me dit, mais Ophélie, pourquoi tu ne chercherais pas à faire une formation ou trouver une école pour devenir art-thérapeute ? donc c'est comme ça que ça a ouvert cette petite porte je commençais à faire des recherches des écoles et il faut savoir qu'à ce moment là je lisais énormément de livres de psychologie je lisais pour le plaisir Freud, Jung Wittgenstein c'était ça pour le plaisir ce n'est pas du plaisir en vrai ça m'appelait et du coup j'ai trouvé mon école j'ai J'ai continué à être à fond dedans. La découverte du lien vraiment psycho avec l'art, ça me passionnait. Et au début, comme j'étais dans l'illustration, je me suis dit que ça serait forcément de la peinture et du dessin ce que j'allais faire. J'étais prof de théâtre aussi à un moment, une petite passion. Je me suis dit, allez, je vais rentrer, je vais ajouter un peu le théâtre en tant qu'art thérapeute. Et puis, en fait, pendant la formation, j'ai découvert aussi la musique. J'ai découvert la danse, qui n'était pas du tout mon truc. Et en fait, je voyais qu'en fonction des personnes, des fois, il y a besoin plus de danser. Des fois, il y a des gens qui sont plus auditifs que visuels. Du coup, pour ces personnes-là, tout ce qui est dessin et tout ça, ça les touche beaucoup moins. Donc, aller dans quelque chose de sonore, c'est beaucoup plus intéressant. Et la mémoire sonore est beaucoup plus puissante en plus. Oui,
- Speaker #0
c'est super d'avoir tous ces outils, en fait. plupart des gens ignorent peut-être aussi l'existence de toutes ces façons de se faire accompagner au-delà d'un parcours conventionnel médecin, psychiatre, psychologue, c'est des métiers qui sont déjà plus connus, mais il y a des personnes qui ne souhaitent pas consulter aussi, parce que le travail par la parole peut être plus difficile, effectivement. Et donc aujourd'hui, tu accompagnes des hommes, des femmes, des enfants. Quel type de public vient chez toi ?
- Speaker #1
Alors, c'est assez varié en vrai, mais disons que je fais des interventions en maison de santé, en centre médicalisé et en hospitalier aussi. En addictologie, je suis plus sur des hommes. Et après, pour ce qui est à mon cabinet, c'est souvent des femmes. J'ai presque que des femmes au cabinet en individuel, donc c'est vraiment ma patientèle de base en fait. Et après, la dictologie s'est venue en faisant justement des interventions en centre hospitalier. Il m'a proposé un moment d'intervenir en addicto, et j'ai dit, ouais, bon, ok, j'y connais rien, mais bon, on verra. Et en fait, au final, le psychotrauma et l'addiction sont très, très, très liés. Donc, en fait, je travaillais le trauma pour des personnes qui avaient des problèmes d'addiction. Et donc, ça a engendré que j'ai continué à avoir... Du coup, ma technique fonctionnait avec cette patientelle-là, j'ai continué à en avoir encore. Mais au cabinet, c'est plus féminine. En centre hospitalier, j'ai eu beaucoup de masculin en addiction. Et sinon, c'est en centre médicaux. Donc là, j'ai des personnes avec des pathologies mentales dures, compliquées. Et du coup, en fait, je trouve tout le temps que je m'adapte. Mais en fait, j'adore ça. Donc, avoir quelqu'un qui a un syndrome autistique lourd, pareil. On va éviter peut-être trop le sonore. Donc justement, il y en a qui sont plus dans le sonore parce qu'ils n'ont pas la verbalisation très active. Donc du coup, on va aller là-dedans. Mais sinon, à mon cabinet, ma patientèle, ça reste très féminine. Et voilà.
- Speaker #0
Alors c'est chouette aussi dans ce que j'entends, que les centres hospitaliers soient ouverts à l'art-thérapie. C'est vrai que souvent, on voit le côté médical comme quelque chose de très… Voilà, on est dans le conventionnel, il ne faut pas trop faire d'écart, sinon ça pourrait être… considérés comme des sectes ou je ne sais quoi. Donc, ouais. Chouette.
- Speaker #1
Ça donne l'espoir à ce que le métier soit encore plus reconnu. Maintenant qu'on commence à intervenir en centre hospitalier, on se dit... Je suis partie, par exemple, de plusieurs assos d'art-thérapeutes, dont une en Alsace. Et quand on discute de ça, justement, on se dit « Waouh, ça évolue ! » Il y a dix ans, les arts-thérapeutes, c'était des psychologues qui faisaient justement un peu d'art pendant leurs séances. Ils voyaient que la parole, la verbalisation ne fonctionnaient pas assez.
- Speaker #0
On a l'air,
- Speaker #1
en fait, vraiment d'être dans l'acceptation qu'un art-thérapeute puisse justement intervenir, sans être forcément psychologue, parce qu'il y en a qui ont forcément la double casquette. Ben, ça valide encore plus le métier. Et c'est assez étonnant parce qu'au début, il y en a beaucoup qui sont en mode, ouais, c'est la nana qui va venir faire faire de la peinture, quoi. Alors que déjà, moi, quand j'arrive, j'ai mon gros chariot, j'ai des instruments de musique, oui, j'ai de la peinture, j'ai des gros blocs d'argile et des trucs comme ça. Ça dépend, j'essaie de changer à chaque fois. Et ils me regardent et me disent « tu fais quoi aujourd'hui ? » « La semaine dernière, tu avais fait ça. » « Pourquoi cette semaine, tu fais ça ? » Je fais « parce que j'ai vu qu'il y en avait où ça marchait mieux. » Des fois, je mélange. Je trouve que le fait de trouver le moyen de faire un moment fun, un moment où on s'amuse, c'est un moment où on se libère. En s'amusant, on ne s'en rend pas compte, mais on libère tout notre conscient. Parce qu'en fait, on se dit, on kiffe, on est bien et tout. Vas-y, on va faire des trucs chelous et tout. Et ce sera trop cool. Et après, ils vont peut-être... Je vais leur faire la petite réflexion du... OK, ce qui s'est passé pendant la séance, qu'est-ce que ça dit de vous ? Qu'est-ce que ça dit de votre parcours ? Qu'est-ce que ça dit du fait que vous soyez ici, dans telle institution ou ici, dans mon cabinet ? Et là, on ouvre peut-être à la parole. Des fois, pas forcément. Je peux avoir des séances où on ne parle pas du tout. Juste le bonjour. au revoir, bonne journée. Et en fait, c'est là où ils disent « Waouh, j'aurais pas pensé que mon corps puisse autant s'exprimer, alors qu'à la base, je venais pour faire un gribouillage ou je venais pour danser. »
- Speaker #0
C'est super. En plus, avec ta personnalité en jouet aussi, ça invite aussi à faire sortir peut-être cette part d'enfant qu'on contrôle, parce que c'est super. Moi, je le vois comme ça, vu de l'extérieur, je ne sais pas si c'est juste ce que je vais dire, mais se reconnecter avec cette part un peu plus naïve et plus insouciante, qui ne va pas être forcément dans le jugement, mon dessin, il va être nul, la façon dont je vais danser, c'est naze. Et aujourd'hui, quand tu regardes ton parcours, est-ce que tu pensais, étant petite, qu'un jour tu accompagnerais justement grâce à tes dessins et grâce à tes gribouillages ?
- Speaker #1
Pas du tout. Moi, je me souviens que quand j'étais gamine, je voulais devenir une artiste. Je voulais que ma vie, ce soit de dessiner. Je voulais vendre mes tableaux, vendre mes dessins, ce genre de choses. Puis en grandissant, on se rend compte que les gens qui vendent juste des dessins, c'est compliqué. Pour arriver dans un livre d'histoire de l'art, il faut y aller. Quand tu fais des études d'art, tu vois que les gens, des fois, ils ont réussi à être connus après être morts. Donc du coup, tu te dis, ouais, c'est vraiment chaud comme métier. Et c'est là où la réalité revient, où tu te dis, bon, alors quel métier fonctionne bien ? Allez, le web ! Allez, du coup, le graphisme web, allez, la communication, tu prends des dérives. Mais travailler avec l'humain, je n'y aurais jamais pensé.
- Speaker #0
Je te pose cette question ? Pardon, vas-y.
- Speaker #1
Non, non, j'allais juste être dans l'art, oui, mais avec l'humain, moins.
- Speaker #0
Ok. Je pose cette question parce que j'aime beaucoup des parcours comme ça, qui sont inspirants. On se réinvente sans cesse. Aujourd'hui, je pense qu'on fait partie d'une génération, on ne va plus rester toute notre vie dans le même métier. Et je trouve que ça donne toujours aussi une lueur d'espoir sur c'est quoi ma vie, ça veut dire quoi réussir ma vie. J'ai toujours possibilité de rebondir, de faire autre chose, de faire différemment et de m'éclater professionnellement.
- Speaker #1
Tout à fait. J'avais une fois une personne que... que j'avais suivi, qui m'avait dit une phrase qui m'avait beaucoup interpellée, que je garde un peu comme un mantra. C'est, vous savez, la phrase bateau, il n'y a pas de sous-métier, ce genre de choses. OK, on veut bien. Mais c'était dans tous les métiers compliqués ou les métiers d'intérim, ponctuel, ce genre de choses, il y a des grands rêves derrière. Et le fait par exemple de se retrouver, je ne sais pas, d'avoir été graphiste. Et du jour au lendemain, de se dire que ce n'est plus pour moi ou que je n'ai plus envie de me retrouver dans une situation stressante pour rien. Et de finalement se dire que je vais être serveuse pendant un an. Juste le temps de revoir ce que je veux faire de ma vie. Si je retourne dans le graphisme ou si je vais carrément changer ma vie. Et bien en fait, c'est ok. Parce que derrière, tu as un grand projet même si tu ne le sais pas encore.
- Speaker #0
Toi, justement, quand tu parles d'intérim, tu as eu cette phase un peu de transition ? Comment ça s'est passé pour toi ?
- Speaker #1
Alors, je l'ai fait assez facilement au départ parce que j'ai gardé mon boulot de chargée de com quand je me suis lancée en tant qu'art-thérapeute pendant un an. J'étais à 90 % encore chargée de com pendant un an. La deuxième année, j'étais à 50 %. Petit à petit. Donc, j'essayais de combler, voilà. Et la troisième année, j'étais en mode, est-ce que je continue ? Je continue pas. Et en fait, je me suis vraiment rendue compte que si je lâchais pas, en fait, à un moment, la com et le graphisme, ben, je serais jamais totalement à fond dans l'art thérapie. Et j'avais besoin de me dire, ok, mon planning, il n'y a pas trois jours qui sont bloqués pour faire de la com et du graphisme. Mais ils sont bloqués pour intervenir ailleurs ou pour justement travailler ma com. Ou justement travailler la recherche de patientelle ou ma manière de voir les choses. Ou travailler sur moi. Parce que quand on est thérapeute, on travaille d'abord sur soi souvent. Avant de travailler pour les autres. Et du coup, la troisième année, je me suis mise toute seule à mon compte. C'est là où c'était un peu plus compliqué. Parce que quand tu démarres, pour tout ceux à mon avis qui se lancent, T'as une période où tu te dis la première année, c'est la plus dure. Moi, j'avais la chance, c'est que je l'ai fait petit à petit. Donc, j'avais déjà quelque chose quand même. Mais quand tu passes un truc où t'avais un bon salaire, après un salaire à 50%, mais t'arrives à combler, maintenant, ce qui comble doit prendre le reste. Des fois, j'ai fait serveuse, j'ai fait des petits boulots d'intérim ponctuels parce que je me disais, OK, je me bloque. une semaine à faire serveuse dans tel endroit, ce n'est pas grave.
- Speaker #0
Oui, c'est chouette.
- Speaker #1
Maintenant, des fois, si je vois que j'ai des mois où je n'ai pas trop d'intervention médicalisée, je me dis, OK, je vais faire intervenir pour un événement, une animation, faire des ateliers créatifs et pas d'art-thérapie.
- Speaker #0
En fait, c'est vraiment d'avoir cette posture aussi entrepreneuriale, je trouve. Tu vois, tu es chef d'entreprise, effectivement, donc il y a toute la part. partie commerciale et de se retrouver des clients. Mais c'est aussi te dire à un moment, il n'y a pas de plan B. J'aime bien quand tu as dit tout à l'heure, j'ai décidé que là, j'étais au bout de la troisième année art-thérapeute pour lâcher le côté graphiste parce qu'à un moment, il faut... C'est mon point de vue. Je trouve ça intéressant de lâcher ce qui est connu pour aller vraiment vers ce qui nous nourrit. Et c'est une période, une transition qui n'est pas toujours facile. Parce que ça vient nous challenger sur beaucoup d'aspects, sur nos insécurités, sur nos peurs, peur de ne pas y arriver. Il n'y a pas de chemin linéaire, il n'y a pas de voie toute tracée. On a chacune notre façon effectivement de... de rebondir sur quelque chose qui nous anime.
- Speaker #1
C'est peut-être cette phrase du quand il y a un petit métier ou un petit boulot, c'est que derrière, il y a un grand rêve. Oui,
- Speaker #0
c'est beau.
- Speaker #1
Je trouve ça très beau. Et en fait, il y a plein de fois où je me dis, à part quand on est étudiant, qu'on fait serveur et tout, on est plein, à mon avis, à avoir connu ça aussi quand on était étudiant. Mais on a aussi des grands rêves, c'est de pouvoir faire des études. Très bien. donc ces rêves là évoluent et en grandissant c'est peut-être plus de faire des grandes études mais c'est juste de faire le métier qui nous plaît j'avais fait un épisode aussi sur les coulisses de ma reconversion et je partageais moi quand j'étais en certification naturopathie,
- Speaker #0
j'avais un job alimentaire à côté aussi, je bossais comme conseillère de vente dans un magasin bio et à un moment j'ai basculé aussi parce que je me rendais bien compte que ce boulot, même si c'était pas un temps plein Ça bouffait toute mon énergie, toute ma vitalité et que je n'avais plus d'espace pour développer mon activité par ailleurs. Donc, à un moment, c'était « il faut y aller » . Et puis, tu verras, c'est en avançant que tu apprends. Et aujourd'hui, tu es sur Strasbourg. Tu accompagnes… Comment est-ce qu'on te contacte ? Tu t'accompagnes en ligne, tu ne travailles qu'en présentiel, dis-moi.
- Speaker #1
Alors, je travaille en ligne, donc je fais des visios. J'ai une patientelle qui est un peu partout en France.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Sinon, je fais aussi à mon cabinet qui est exactement à Bichheim.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
C'est un Bichheim Wacken, zone Wacken, donc presque ce travail-là. Et donc là, je prends soit de l'individuel, soit du duo au cabinet.
- Speaker #0
Ah, du duo. alors comment on dit moi c'est quoi les duos c'est des couples c'est des parents justement je dis duos parce que ça peut être du parent-enfant ouais j'ai souvent ça sinon ça peut être j'ai souvent des amis d'accord proches au départ qui viennent avec juste l'intention de passer l'un pour l'autre ils n'ont pas compris que c'était en thérapie d'amitié rires
- Speaker #1
Et en fait, c'est des séances hyper puissantes. Parce que souvent, les liens d'amitié comme les liens d'amour, c'est des choses très importantes. Et en fait, on va aller faire une thérapie de couple, on va aller faire une thérapie de parent-enfant, mais on ne va jamais aller avec nos amis.
- Speaker #0
C'est vrai que je ne vais jamais penser à ça non plus.
- Speaker #1
mais en fait à chaque fois c'est arrivé pas en mode on va faire une thérapie mais c'est vraiment en mode on va passer un bon moment et en fait les séances amicales on va dire souvent c'est assez je trouve ça hyper beau parce que comme ils s'attendent pas à ce genre de séance je vais travailler la relation comme je pourrais faire avec un couple quand on est amitié on va c'est un peu différent mais du coup le côté relationnel est en fait le fait de se dire ben j'ai une amie plus ou moins proche qui a ce point de vue-là sur le monde. J'ai moi mon point de vue-là, sur le monde aussi, et voir qu'est-ce qui a fait que nos deux mondes arrivent à être en commun et qu'est-ce qui fait qu'on est amis, pas amis. Et en fait, rendre compte aux gens qu'on est différents, on a des parcours différents, on ne se voit pas tous les jours. On a des fois beaucoup de liens, passions, ce genre de choses, ou juste des liens sur notre passé parce que, je ne sais pas, on est amis d'enfance et qu'on a vécu des trucs de ouf. Ou, enfin, voilà, remettre les liens. Et en fait, du coup, ce qui est important dans ce genre de séance, c'est de travailler, du coup, le relationnel avec tous les autres. Là, c'est deux amis qui viennent, mais après, ça fait réfléchir à notre relationnel, comment on est avec nos amis en règle générale. Est-ce qu'on arrive à se livrer à nos amis d'habitude ou pas ? Est-ce qu'on arrive à dire quand ça va et quand ça ne va pas à nos amis ? Et il y en a plein de célibataires. Du coup, les liens d'amitié sont souvent plus puissants que les liens d'amour. Donc, c'est assez intéressant et beau. Et les couples aussi. Et donc là, on va travailler souvent quand c'est des couples, une problématique, un besoin, ce genre de choses.
- Speaker #0
Ok. Super. Tu as des programmes d'accompagnement aussi plus longs ou tu fonctionnes à la séance ?
- Speaker #1
Alors, je fonctionne beaucoup à la séance, mais je fais des programmes, enfin, je fais des forfaits 5 à 10 séances.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Pour justement, avec, entre les séances, c'est une séance toutes les deux semaines. Entre les séances, souvent, je laisse passer parce que ce qui se passe souvent pendant une séance est assez intense. Je laisse passer 48 à 72 heures. Et après, on rediscute par message de ce qui s'est passé. Parce qu'il y a souvent, après une séance d'arthérapie, des rêves, des réflexions, des cogitations, des petits changements ou des petites réflexions après une séance sur ce qui s'est passé. Et l'inconscient, il était tellement présent pendant la séance, mais on ne s'en est pas rendu compte à ce moment-là que dans les 72 heures, c'est là où on va rêver de ça et on va se dire, punaise, ça veut dire quoi ? Puis on repense à la séance et « Ah waouh, il y avait un lien avec ça, ou je vais cogiter sur telle chose et tout. » Et donc ça, on va en discuter. Et souvent, je donne des exercices en fonction de ce qui s'est passé pendant la séance ou de ce que la personne me dit de ce qui s'est passé pour elle après la séance. Donc c'est des exercices d'écriture, des exercices de dessin. Après, il y a des exercices aussi juste corporels, des choses pour se déplacer, respiratoire, ce genre de choses que je vais donner entre les deux séances. pour pouvoir maintenir et surtout apprendre à mettre des petites choses dans son quotidien. Et donc ça, je fais ça comme suivi quand on prend des forfaits 5 à 10 séances.
- Speaker #0
D'accord, ok. Est-ce que tu aurais un conseil à donner pour des femmes qui ont tendance à tirer sur la corde, à s'épuiser, ou qui glissent ou qui seraient passées par le burn-out ?
- Speaker #1
Le conseil bateau, c'est ne pas s'oublier. Parce qu'on s'oublie souvent. Et on se renferme, du coup, quand on s'oublie au bout d'un moment. Et aussi, du coup, ne pas s'oublier veut dire... Parce que quand on est en burn-out, on s'oublie et on oublie qu'on peut encore s'amuser et aimer d'autres choses.
- Speaker #0
Que le travail, tu veux dire.
- Speaker #1
Que le travail. Et du coup, se dire, pourquoi je ne testerais pas des choses que je ne connais pas ?
- Speaker #0
sortir de ma zone de confort explorer c'est très beau aussi comme conseil et il n'y a pas de conseil bateau je l'entends, je le répète tous les jours, s'écouter s'écouter, s'écouter mais même quand on a traversé le burn-out quand on en est sorti parfois on oublie encore de s'écouter donc mettre une petite couche de rappel de temps en temps, c'est pas plus mal
- Speaker #1
Je voulais rebondir.
- Speaker #0
Vas-y, vas-y.
- Speaker #1
Parce que ça me fait penser que j'ai des personnes qui me disent « Ouais, Ophélie, là, en ce moment, ça ne va pas trop, mais je ne sais pas trop quoi faire. » Et là, je dis juste « En fait, qu'est-ce que tu as envie de faire ? » Et là, je suis en mode canapé, pilou-pilou, télé. Ah, OK.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
OK. Fais ton canapé pilou-pilou pendant deux, trois jours. Par contre, si tu dépasses trois jours, là... on va en discuter un peu plus. Mais si tu as besoin de ce moment-là et de t'isoler, en fait, prends-le parce que si ton corps te le dit, ton mental te le dit, c'est qu'à un moment, tu en as besoin.
- Speaker #0
Oui, exactement. S'autoriser à ralentir et à ne rien faire. Faire le minimum. Tu avais envie de rajouter quelque chose pour les personnes qui nous écoutent ?
- Speaker #1
Ben, j'ai pas forcément quelque chose à rajouter, mais j'aime bien dire créer, c'est un moyen de s'amuser différemment et de se comprendre différemment et de se voir autrement sous un nouvel angle qu'on n'aurait jamais imaginé.
- Speaker #0
Bon, ben ça sera le mot de la fin. Merci beaucoup Ophélie pour ton témoignage.
- Speaker #1
Avec plaisir !
- Speaker #0
J'espère que cet épisode vous a plu. Vous pouvez laisser un commentaire ou rejoindre l'un de mes programmes d'accompagnement en ligne. Reconnect Body & Soul pour les femmes prêtes à retrouver énergie, clarté et confiance pour transformer leur vie après leur burn-out. Reconnect Job pour les femmes en perte de sens qui veulent kiffer leur vie pro sans risque de rechute. Et Reconnect Business Club pour les femmes qui veulent se tourner vers l'entrepreneuriat après leur burn-out ou celles qui entreprennent et s'épuisent sans vivre de leur activité.