Speaker #0Il y a une question que tous les dirigeants me posent tout le temps, c'est celle de leur présence physique à la crèche. Ils se demandent ça parce qu'ils cherchent à savoir comment ils peuvent agir pour avoir une crèche qui fonctionne bien. Alors si toi aussi tu te demandes à quelle fréquence et combien de temps tu dois être dans ta crèche, c'est de ça que je vais te parler aujourd'hui. Et moi j'ai géré 1, 2, 3, 4 et jusqu'à 10 micro crèches. Et ma conclusion, c'est que ce n'est pas le temps que tu y passes qui va faire la différence. C'est le système que tu as construit autour. qui va faire que tu vas avoir de meilleurs résultats. Si tu me découvres avec cet épisode, je suis Amal Kosma et j'ai géré des crèches pendant 16 ans. Et ça fait deux ans que ma mission, c'est d'aider les dirigeants de micro-crèches à allier qualité et rentabilité sans se tuer à la tâche. Mais pour commencer, il faut reprendre la maîtrise de ton temps. Allez, c'est parti ! Je me souviens par exemple d'Elodie, il y a à peu près un an, qui me demandait, je vais ouvrir une autre crèche. une deuxième crèche et je me demande comment je vais répartir mon temps entre mes établissements. Je voudrais aussi m'occuper de mon bébé qui est à naître. Comment je peux faire pour allier à la fois le temps que je vais passer à la maison, le temps que je vais passer dans ma crèche numéro 1, le temps que je vais passer dans ma crèche numéro 2 ? Et elle se demandait, est-ce que je peux gérer mes crèches à distance ? Donc c'était plein de questions en une. Combien de temps je dois être dans mon établissement ? À quelle fréquence je dois y aller ? Comment savoir si j'y suis suffisamment ? Et bien sûr, c'est comment montrer à mes équipes que je suis engagée à la crèche. On pourrait se demander pourquoi les dirigeants de micro-crèches se posent cette question de la présence dans leur établissement. Moi, je pense que ça vient beaucoup de leur problématique avec l'absentéisme et un sentiment de désengagement de leurs équipes. Donc, ils ont l'impression qu'il faut qu'ils soient présents, qu'il faut qu'ils soient plus présents. Parce que c'est ce qu'ils espèrent obtenir de leurs équipes. Donc c'est comme si en montrant l'exemple, moi je suis présent dans la crèche, peut-être que du coup les équipes vont être plus engagées dans leur présence physique aussi à la crèche. La question sous-jacente, c'est aussi la question de la légitimité du dirigeant. S'il n'est pas présent à la crèche, est-ce qu'il est légitime ? Parce qu'il ne sait pas si les équipes comprennent ce qu'il fait en dehors de la crèche et son travail de gestionnaire. peut lui sembler un petit peu invisible pour les autres. Donc, il a besoin aussi de légitimité. Comme si le fait qu'il ne soit pas forcément présent physiquement pourrait être interprété comme un désintérêt par les équipes, mais aussi par les familles. En réalité, ce qui compte, c'est quel est le travail, quelle est la fonction de chacun. Les accueillantes, les personnes qui sont sur le terrain dans les crèches, elles doivent être présentes auprès des enfants et leur activité ne peut pas du tout être réalisée à distance. donc Ça veut dire que leur présence sur place fait partie des conditions de réalisation de leur travail. Alors que le dirigeant, son travail n'est pas lié à sa présence physique dans l'établissement. Son rôle, c'est un rôle de pilotage et d'organisation. Il doit prendre des décisions, il doit gérer l'entreprise, il doit beaucoup réfléchir, il doit penser l'entreprise, les objectifs de l'entreprise. C'est un travail qui n'a pas besoin d'être réalisé. à la crèche et donc son engagement ne peut pas être mesuré par le nombre d'heures physiquement passées dans l'établissement. Le dirigeant, là où il se trompe, c'est qu'il va utiliser l'indicateur qui est important pour lui dans son évaluation du travail de son équipe, à savoir le volume de temps de travail dans la crèche, le temps qu'il passe dans la crèche, ça c'est un indicateur de l'engagement de son équipe, et bien par assimilation, il va utiliser le même critère. pour évaluer, lui, sa qualité de travail et sa légitimité. Alors que cet indicateur n'est pas valable pour son travail à lui de dirigeant de micro-crèche. Le dirigeant, lui, il peut tout à fait être engagé dans son travail sans être physiquement sur place. Alors bien sûr, l'idée, ce n'est pas de dire que le dirigeant de micro-crèche ne doit jamais aller à la crèche et que c'est totalement inutile. Bien au contraire, la présence dans les crèches est très utile. Moi, j'y passais quand même du temps. Toutes les semaines, j'allais faire des visites dans mes crèches. c'est plutôt de comprendre à quoi sert mon temps de présence de dirigeant dans la crèche. Et mon temps de présence de dirigeant dans la crèche, il n'a pas la même fonction que le temps de présence d'une directrice ou d'une accueillante. Moi, quand je vais à la crèche, j'ai un rôle d'observateur. Je vais ressentir ce qui se passe dans la crèche, écouter, écouter les ambiances, écouter les enfants, écouter les professionnels. Je vais observer ce qui se passe. Parfois, je vais même faire des temps d'observation en section. Donc déjà, il y a ce rôle d'observateur. Ensuite, j'ai mon rôle de manager. Je manage ma directrice, sauf si j'ai un manager intermédiaire, une coordinatrice par exemple. Mais tant que j'ai un petit nombre de crèches, c'est moi qui vais aller faire les réunions avec la directrice. On peut faire parfois des réunions à distance, mais c'est important aussi d'avoir des réunions avec notre présence physique sur l'établissement. Donc moi, par exemple, j'allais une fois par semaine dans chaque crèche pour rencontrer la directrice. et là je vais faire une réunion de... environ 45 minutes à une heure. Donc, je n'ai pas besoin non plus de faire des réunions à la rallonge et lui faire perdre son temps. L'idée, c'est plutôt d'être synthétique et d'avoir un bon système, un bon suivi de réunion pour que ce soit efficace et qu'on n'y passe pas trois heures. Et puis, ma présence dans mon établissement, elle est importante aussi parce que c'est moi le chef et donc, c'est important qu'on sache que je suis là, même si je ne suis pas là tout le temps, mais j'existe bien. Après, il y a des dirigeants qui vont être plus éloignés de leur terrain. Ça, c'est un choix personnel, mais je pense que ça dépend aussi beaucoup de la taille de l'entreprise. Et moi, ça me permet d'être présent dans l'esprit des gens et ça me permet aussi de créer du lien avec eux, que ce soit avec les enfants, les équipes ou les familles. Donc, pour moi, ma présence dans les établissements, elle est liée à ma fonction d'observateur, de coordinateur. et de patron, de chef qui doit créer du lien, qui doit être présent dans l'esprit et dans la vie des autres pour montrer sa fiabilité. Mais le risque, c'est la confusion entre ma présence et mon engagement. Je peux être très engagée sans être forcément présent pendant des heures et des heures dans mes crèches. Et si je fais cette confusion, je vais vouloir être présent pour mes équipes, je vais vouloir montrer que je suis là, je vais vouloir être disponible pour tous les problèmes. et donc je vais avoir tendance à me rendre indispensable sur le terrain. Et donc après, c'est un cercle vicieux, parce que ça va me donner l'impression que si je ne suis pas là, je ne maîtrise plus rien et il n'y a pas de solution pour les équipes. Donc en faisant ça, forcément, tous les problèmes, toutes les questions vont remonter vers moi. J'interviens, je trouve des solutions, je compense, je règle toutes les urgences, et c'est moi qui deviens le système de secours de l'équipe et de la crèche. En fait, si ça ne se passe pas de façon fluide quand tu n'es pas à la crèche, C'est pas parce que tu n'es pas là, c'est pas non plus parce que tu travailles pas assez, c'est pas non plus parce que tes équipes sont totalement inefficaces et qu'elles n'ont aucune autonomie. C'est plutôt parce que tu as installé ce système qui consiste en fait à tout faire remonter vers toi et qui te met sans arrêt dans l'urgence, la tête dans le guidon, tu dois régler les problèmes les uns après les autres. C'est ta présence qui devient la réponse systématique à toutes les problématiques de terrain. Et tu te dis peut-être que c'est inextricable, que c'est obligatoire, que plus on va avoir de crèches, plus on va avoir de problèmes et plus on va devoir être présent. Et donc c'est pour ça que souvent quand tu veux ouvrir une crèche supplémentaire, c'est là que tu me poses la question comment je vais répartir mon temps. Or tu te doutes bien que moi par exemple qui ai ouvert jusqu'à 10 micro crèches, je n'ai pas pu démultiplier mon temps. Donc tu vois bien que ce n'est pas une question de temps sur place, c'est plutôt une question de qu'est-ce qu'on fait de notre temps et qu'est-ce qu'on met en place comme système. pour que ce temps soit utilisé à bon escient. Et je sais que tu risques de culpabiliser et de te dire si je ne suis pas sur le terrain, est-ce que je suis encore un bon dirigeant ? Donc souvent, tu vas essayer de te justifier. Tu vas avoir l'impression que tu dois expliquer à l'équipe pourquoi tu n'es pas sur place. Tu as l'impression qu'elles vont penser que tu es absent, que tu ne sers à rien. Eh bien, détrompe-toi. La solution, ce n'est pas de te justifier ni d'être plus présent sur place. Et tu l'as compris, je te l'ai dit tout à l'heure, l'idée c'est pas de te dire que l'équipe doit être autonome et qu'elle doit pas compter sur toi. Bien au contraire, pour moi le plus important c'est de montrer à l'équipe que je suis fiable et que je suis là pour elle en soutien. Donc ce n'est pas relié à ma présence physique. Je suis fiable, je suis disponible pour elle, mais je ne suis pas forcément dans l'établissement. Alors maintenant tu te demandes sûrement, oui mais c'est quoi la solution concrètement ? c'est d'établir un système fiable qui donne confiance à ton équipe, elle sait exactement à quoi elle peut s'attendre, sur quoi elle peut compter. Moi, mes équipes savent que je suis fiable à 100% et qu'elles peuvent compter sur moi en cas de besoin. Et c'est cette confiance qui les rassure et qui leur permet de gagner en autonomie. Concrètement, mon système, c'est un système qui est balisé par des moments où je vais passer du temps avec mon équipe et d'autres moments où je vais rencontrer aussi des familles. Mais ce temps-là, il est... bien circonscrit. Par exemple, si j'ai un rendez-vous avec ma directrice toutes les semaines, eh bien ce rendez-vous, il aura toujours lieu le lundi de midi à 13h par exemple. Je peux décider que ce jour-là, je vais venir plus tôt parce que j'ai envie de m'imprégner de l'ambiance de la crèche et que j'ai envie de faire des observations, mais je peux aussi ne venir que de midi à 13h pour mon rendez-vous avec la directrice. Pendant ce rendez-vous avec la directrice, j'évalue les besoin de la structure. Si par exemple en ce moment Il y a un problème disciplinaire avec une salariée. Si elle me dit qu'elle est en difficulté ou si je sens qu'elle est en difficulté, je vais lui proposer mon aide. Je vais lui dire, est-ce que vous voulez que nous fassions un entretien toutes les deux avec la salariée ? Et à ce moment-là, je vais ajouter du temps de présence dans l'établissement au moment de l'entretien disciplinaire. Donc tu vois, l'idée, ce n'est pas de me détacher complètement du terrain et de les laisser se débrouiller toutes seules. L'idée, c'est plutôt au contraire de leur montrer que je suis là en support. que je peux les aider quand elles en ont besoin, mais je vais vraiment doser et systématiser mes interventions. Donc l'idée, ce n'est pas d'être moins engagée, c'est de faire moins, mais mieux. Je vais être encore plus engagée, mais je vais être engagée à bon escient sur des actions qui vont apporter beaucoup de résultats, plutôt que de répondre à des tas d'urgences sur lesquelles j'ai assez peu de valeur ajoutée. Mais pour ça, il va falloir que je mette en place le bon système, pour que toutes ces petites urgences du quotidien elles trouvent leurs réponses sans que je sois obligée, moi, d'intervenir systématiquement. Si je fais cet épisode, c'est aussi pour t'aider à comprendre que ce n'est pas ton volume de travail qui est insuffisant. Moi, je vois bien que vous êtes très engagés, vous les dirigeants de micro-crèches, et l'idée, ce n'est pas de vous engager encore plus. Vous êtes débordés, parfois vous êtes au bord du burn-out et vous avez l'impression que vous manquez de temps. En réalité, c'est plutôt la façon dont on va utiliser ce temps qui va vous permettre de vous sentir moins débordés. et de reprendre le contrôle de votre agenda. Comme c'est un sujet qui est très important pour les dirigeants de microcrèches, je vais tourner plusieurs épisodes sur ce même sujet pour développer cette idée de reprise de pouvoir sur l'agenda. Et une fois n'est pas coutume, Aurélie et moi, on a même décidé d'organiser un atelier de deux heures le 10 décembre, spécialement conçu pour t'aider à reprendre le pouvoir sur ton temps. Pendant ces deux heures, on va passer à l'action ensemble pour que tu repartes avec une organisation plus fluide et du temps retrouvé. Tu peux t'inscrire dans les notes de l'épisode. Allez, je sais que t'es fatiguée, je sais que tu te sens débordée, mais ne baisse pas les bras, la lumière est au bout du tunnel. Continue à me suivre sur YouTube ou sur ton appli préférée de podcast audio. Abonne-toi et on continue cette série. À la semaine prochaine pour un nouvel épisode sur l'organisation du dirigeant. Ciao !