Speaker #0Vous avez une activité qui a du sens et qui compte pour vous, mais pourtant, vous avez du mal à communiquer dessus et encore plus à vous montrer. Poster sur les réseaux vous tétanise, vous avez peur de parler de vos offres, alors vous essayez de vous forcer parce que votre entreprise en dépend, mais vous finissez par craquer et vous vous envolez. Si je le sais, c'est parce que je vis exactement la même chose que vous. Je m'appelle Mylène, je suis coach en communication et j'accompagne des femmes entrepreneurs à incarner leur message avec authenticité. Et pourtant, j'ai moi-même une peur viscérale de sortir de l'ombre, ce qui m'a même coûté ma première entreprise. Alors j'ai décidé de transformer ce blocage en exploration. Ce podcast, c'est un peu mon journal de bord, un chemin pour oser incarner mon message, documenter et partager avec vous en temps réel. Mais c'est aussi un espace pour rencontrer d'autres femmes, entrepreneurs et expertes, qui apporteront un nouvel éclairage sur ces questions que l'on se pose. Alors si vous aussi vous portez quelque chose qui mérite d'être entendu mais que vous n'arrivez pas encore à le faire rayonner, je vous invite à cheminer avec moi. Bienvenue dans Réflexion. Bonjour et bienvenue dans Réflexion. Je suis vraiment très heureuse de vous retrouver. J'espère que vous allez bien. Ces dernières semaines, il s'est passé beaucoup de choses en coulisses. Les premiers accompagnements Calliope ont démarré et je vous avoue que cela ne m'a pas laissé beaucoup de temps pour travailler sur ma communication. En tout cas sur sa partie visible. Et du coup, je me suis posé pas mal de questions par rapport à cet épisode qui approchait, et le fait que je pensais ne rien avoir de concret à documenter pour vous. Mais je me trompais. Parce qu'en réalité, quelque chose est venu me questionner assez fortement ces derniers jours, et je me dis qu'il est important de vous en parler parce que certaines d'entre vous vivent peut-être exactement la même chose. La semaine dernière, l'algorithme d'Instagram a eu chez moi l'effet d'un miroir, en me renvoyant... à l'un de mes fonctionnements, devenu tellement habituel que je n'y faisais même plus attention. Quand je joue Instagram, j'aime par moments voir ce qui se fait dans mon secteur, comprendre ce qui fonctionne, m'inspirer. De la veille, tout simplement. Et pour cela, je me rends souvent dans l'onglet « Recherche » . Sauf que l'algorithme me connaît bien. Un peu trop, même. Il sait ce qui va retenir mon attention, et au milieu du reste, il me montre beaucoup de contenu du genre. Comment faire passer tes vidéos de 200 vues à 200 000 ? 6 hook visuels pour booster tes vidéos, 200 idées de réels pour ne jamais manquer de contenu, etc. Et ces vidéos-là, elles se fondaient dans le reste de ma veille. Après tout, elles parlent aussi de ce qui marche, de ce qui capte l'attention, c'est un peu aussi ce que j'étais venue chercher. Alors je clique, je regarde, et parfois j'enregistre pour y revenir plus tard. Et là, je commence à nourrir l'algorithme. Et ce qui s'est passé... C'est que ces vidéos ont commencé à être de plus en plus présentes, jusqu'à envahir les contenus qui m'étaient proposés. Et c'est à ce moment-là que j'ai réalisé quelque chose. Parce que cette fois-ci, je me suis vue en train d'enregistrer cette énième vidéo de manière presque automatique en me disant « Oui, ça va peut-être me servir un jour. Un jour. Mais quand ? Comment ? Pourquoi ? » Alors, par curiosité, je suis retournée voir toutes les publications que j'avais déjà sauvegardées. Et j'ai été surprise par la quantité, il y en avait beaucoup. Et je me suis alors demandé combien de toutes ces ressources m'avaient réellement aidé à passer à l'action. Combien m'avaient donné envie de créer un contenu que je n'aurais pas créé autrement ? Combien m'avaient permis de filmer cette vidéo que je repoussais et d'oser la publier ? Combien m'avaient permis d'être régulière dans ma communication ? Et là, la réponse a été rapide. Aucune. Pendant tout ce temps, je continuais à enregistrer ces vidéos avec l'espoir et la conviction sincères que la prochaine allait peut-être débloquer quelque chose, que cette fois-ci, j'allais enfin trouver le conseil qui me manquait. Quitte parfois à laisser mon adresse mail pour accéder à une masterclass ou un guide gratuit, et à retrouver ma boîte mail inondée, débordante de ressources que j'avais pourtant téléchargées, avec la ferme intention de les regarder. Je pense que vous voyez de quoi je parle. Sauf que dans les faits, tout cela ne m'a jamais aidée à publier. Au contraire. Si je fais le calcul de tout ce temps passé en quête de la formule magique, j'aurai eu le temps de créer beaucoup de contenu. Mais alors, comment passe-t-on d'une simple intention de veille à la consommation de tous ces contenus un peu baguette magique ? Parce que faire de la veille, ce n'est pas un problème. C'est même une vraie compétence. Savoir observer ce qui touche sa cible, analyser ce qui fonctionne pour en comprendre les codes, s'en inspirer pour mieux modéliser sa propre manière de faire, tout ça reste précieux tant que ça garde cette intention-là. Alors où est-ce que ça a commencé à déraper ? Je vais essayer de redérouler mon propre cas. Au début, comme beaucoup, Je cherchais une idée, sauf que je ne me sentais toujours pas prête, alors j'ai continué à creuser, en regardant les formats, les manières de filmer, les accroches utilisées, puis les décors, les vêtements, les lumières, puis comment ces personnes s'exprimaient, leur ton, leur énergie, leur personnalité. Et plus j'observais, plus j'oubliais la raison pour laquelle j'avais commencé à regarder ces vidéos, trouver une idée. À un moment, je crois que j'ai cessé de regarder pour comprendre. Et la comparaison ? à commencer à s'installer. Je me suis mise à avoir peur de tous ces contenus parfaits, comme si c'était une montagne infranchissable qui se dressait devant moi et qu'il fallait que je monte encore plus en compétence pour espérer être à la hauteur. Et c'est là, je crois, que se trouve la vraie différence entre la veille et ce que j'étais en train de faire. La veille, c'est observer ce qui fonctionne pour se l'approprier. La comparaison, quant à elle, c'est observer ce que les autres ont déjà pour mesurer tout ce qui manquerait chez nous. Ce n'est plus du tout la même question, et pourtant ça se ressemble tellement qu'on ne voit pas toujours le moment où la bascule se produit. Et là, notre recherche change de nature. Elle devient comme parasitée. Parasitée par quoi ? Par nos propres peurs, par les croyances que nous avons sur nous, par le doute. Et c'est là que j'ai compris quelque chose d'important. On croit qu'on cherche une réponse, qu'on a besoin d'acquérir une nouvelle compétence, qu'on doit trouver une nouvelle idée. Mais dans certains cas, ce qu'on cherche en réalité, c'est à calmer une inquiétude. Et je crois que les réseaux sociaux rendent cette bascule d'autant plus difficile. Il y a quelques années encore, il nous suffisait d'être experts dans notre profession pour réussir. Sauf qu'aujourd'hui, à l'heure du digital et de l'ultra-connecté, ça ne suffit plus toujours. Les habitudes des gens ont changé. Ils ne cherchent plus un professionnel de la même manière, ils n'ont plus les mêmes attentes. Aujourd'hui, il faut être présent sur Internet. Et cela demande d'apprendre tout un tas de compétences qui n'ont rien à voir avec notre métier de cœur. Et la communication fait partie. Combien de personnes ont l'impression de devoir devenir influenceuses pour réussir, alors qu'elles n'aiment pas se montrer, elles sont discrètes, passionnées par leur domaine, et mal à l'aise avec l'idée d'être exposées ? Avant, on apprenait souvent loin du regard des autres, à l'abri, on essayait quelque chose, ça ne marchait pas, tant pis, personne ne le voyait, on recommençait à notre rythme, jusqu'à nous sentir prêtes à le montrer à d'autres personnes. Alors que maintenant, à l'heure des réseaux sociaux, quand on doit apprendre à communiquer, on le fait en direct à la vue de tous. Ou en tout cas, on a l'impression que tout le monde regarde. Et ça change énormément de choses. Parce que la maladresse n'est plus seulement un échec technique. C'est quelque chose que notre imagination transforme. On imagine qu'elle pourrait devenir une humiliation, qu'elle pourrait coûter notre crédibilité, qu'elle serait la preuve publique que nous ne sommes pas à la hauteur. Il y a aussi quelque chose de très difficile à affronter et qui me dérange profondément sur les réseaux. La bêtise et la méchanceté de certaines personnes. Pour un oui, pour un non, on voit fleurir des commentaires dénués de toute bienveillance, pour une faute de frappe, une faute d'orthographe ou parce que la personne ose être d'un avis différent de l'heure. Et ces mentalités-là nous poussent, malgré nous, à essayer de nous en protéger, en commençant par tenter d'éviter l'échec qui pourrait attiser ces comportements ou être perçus comme une preuve. Une preuve que nous ne sommes pas légitimes, ou peut-être pas faites pour ça. Une preuve que nos peurs avaient raison, depuis le début. C'est exactement à ce moment que notre cerveau se met en quête d'une échappatoire. La première envie très souvent est de tout laisser tomber, mais quand on porte une entreprise, on se rend vite compte de l'importance de notre communication. Alors on continue, mais en essayant parfois de trouver un chemin moins effrayant. Une méthode qui serait tellement bonne qu'on ne risquerait rien. Une formule, un raccourci, une solution, quelque chose qui nous promettrait qu'avec ça, on ne peut pas échouer. Et une fois que j'ai réalisé ça, j'ai commencé à voir les choses différemment. Parce que toutes ces vidéos qui nous promettent de meilleurs hooks, plus de visibilité, de gagner plus d'abonnés, ne nous promettent pas seulement une meilleure méthode. Elles nous offrent surtout une garantie que ça fonctionnera, que si on suit les recommandations, on ne se trompera pas. Une garantie qu'il existe une bonne façon de faire et que si on la trouve, on sera enfin en sécurité. Mais alors pourquoi, malgré cette promesse de recette miracle, sommes-nous toujours aussi nombreuses à ne rien filmer et à ne rien poster ? Et là, je pense qu'il faut creuser encore un peu, pour dissocier le symptôme de la cause. Si nos réseaux sociaux demeurent aussi vides ou peu engageants, ce n'est pas forcément que nous n'avons pas les idées, ou que nous ne savons pas faire. L'information n'a jamais été aussi accessible qu'aujourd'hui, il suffit d'ouvrir YouTube et vous avez accès à toutes les explications, pas à pas. Ce n'est pas ça le cœur du problème. Ça, c'est l'excuse. En revanche, il se cache généralement derrière tout ça quelque chose de plus inconfortable, parfois difficile à regarder en face. Nos peurs. Que se passerait-il si on osait vraiment se rendre visible ? Si les gens venaient à nous critiquer, à nous trouver un problème, Incompétente, ridicule, pas la hauteur. Si on échouait, si on réussissait. Toutes ces peurs peuvent être très différentes en fonction de nos histoires et de nos sensibilités respectives, mais ce qu'elles ont de commun, c'est qu'elles dictent souvent nos choix, sans qu'on le sache, avant même qu'il ne se soit passé quoi que ce soit. Elles n'ont même pas besoin d'un événement précis pour apparaître, il leur suffit d'une possibilité. Et je crois que c'est précisément ces possibilités que ces vidéos-là viennent nourrir. Pas en créant nos peurs de toutes pièces, mais en venant se poser exactement là où nous étions déjà fragiles. Moi, ma plus grande peur, ce n'est pas de manquer d'idées, c'est d'oser me montrer. Le rapport que j'entretiens avec mon image a toujours été compliqué, en photo et encore plus en vidéo. Alors forcément, la proposition de poser mon regard sur autre chose est tentante. Se dire qu'en trouvant la bonne manière de filmer, de monter mes vidéos, d'ajouter les b... bons effets sonores, les bonnes lumières, ça ira. J'arriverai à me concentrer sur autre chose, et ça fera taire mes peurs. Mais tout ça, c'est faux. Aucun de ces contenus, aucun hook, aucune astuce de montage ne saura jamais y répondre. Parce qu'en fait, ce que ces contenus nous vendent, c'est une meilleure technique, c'est l'illusion que c'est la seule chose qui nous manque. Alors que pour ma part, ce n'est pas ça qui va m'aider à me sentir légitime face à une caméra. Et tant que je n'avais pas compris ça, je continue à chercher au mauvais endroit sans jamais trouver. Parce que ce n'était pas une compétence qui me manquait. C'était une sécurité que je devais apprendre à construire autrement. Et ça, c'est un travail que je mène en ce moment, doucement mais sûrement, et je vous en reparlerai très prochainement. Tout ça m'a aussi permis de réaliser qu'aucune de ces vidéos ne pourra jamais tenir sa promesse. Pas parce qu'elles sont fausses ou mauvaises, mais parce que ce qu'elles essayent de nous vendre, c'est une garantie, un contrôle, une manière d'être sûre de soi avant d'agir. Mais tout ça... Ça n'existe simplement pas. Ni dans la communication, ni ailleurs. Et je crois que j'ai fini par comprendre le vrai piège de tout ça. Plus j'avais peur d'échouer, plus je cherchais une méthode. Et plus je cherchais une méthode, moins je vivais l'expérience qui, elle, aurait vraiment pu faire diminuer cette peur. Une méthode peut vous aider. Elle peut vous dire, voilà comment d'autres personnes ont procédé, voilà comment elles ont réussi. Elle peut vous donner des repères, vous rassurer un instant, vous redonner confiance. Mais elle ne pourra jamais faire à votre place ce que seul l'essai, l'expérimentation et l'expérience peuvent construire. Tous ces créateurs de contenu qui nous inspirent ne se sont pas levés un jour avec la vidéo parfaite. S'ils en sont arrivés là, c'est grâce à des années de travail, de loupés, d'échecs et d'évolutions. On cherche parfois la formule magique, celle qui nous permettra d'atteindre notre destination sans avoir à parcourir le chemin pour y arriver. Et pourtant ! C'est précisément ce chemin-là, avec ses tâtonnements, ses maladresses, ses ajustements, ses doutes, qui construit notre manière de communiquer à nous, incarnée, authentique, celle qui nous ressemble vraiment, parce qu'il s'agit de notre voix et pas d'un copier-coller. Et tant qu'on cherche à éviter ce chemin, on ne construit rien. Vos clients ne sont pas à la recherche de clones de tout ce qu'on voit déjà sur Internet. Ils cherchent LA personne avec qui ils auront une accroche particulière parce que c'est elle. Avec sa vision, ses valeurs, ses imperfections aussi, et tout ce qui la rend différente. Donc parfois, ce n'est pas d'une énième méthode dont nous avons besoin, mais juste de trouver quel sera le premier petit pas que nous serons capables de faire pour commencer à marcher ce chemin. Comme à chaque fois, avant de refermer cet épisode, j'avais envie de vous partager quelques petites pistes de réflexion pour celles qui le souhaitent. La première. La prochaine fois que vous sentirez cette envie de chercher... Encore une ressource, une méthode, un conseil de plus avant d'oser publier. Demandez-vous si vous en avez vraiment besoin ou si cela vient rassurer une peur chez vous. Et si oui, laquelle ? Et la seconde question, cette peur, de quoi essaie-t-elle vraiment de vous protéger ? Et quelle que soit votre réponse, ce n'est pas un jugement, ça ne dit rien de négatif sur vous. C'est juste un message. Celui d'une part de vous qui a simplement besoin d'être... entendu, accueilli et rassuré. Et je peux vous garantir une chose, il ne sera question ni de hook, ni de storytelling, juste de vous et de la douceur avec laquelle vous choisirez d'y répondre. Nous voilà arrivés au terme de ce douzième épisode de Réflexions. Merci infiniment d'avoir été là, merci de m'avoir écouté et merci de continuer ce chemin avec moi. Si cet épisode vous a touché, si ces mots ont résonné en vous, je vous invite à le partager autour de vous. Et si ce podcast vous plaît, vous pouvez lui offrir 5 étoiles sur votre plateforme d'écoute préférée. C'est vraiment un très grand soutien. Quant à moi, je vous donne rendez-vous à la prochaine nouvelle lune pour un nouvel épisode. Et d'ici là, prenez soin de vous, soyez douce avec vous-même et rappelez-vous, vos clients n'attendent pas que votre communication soit parfaite. Ils attendent simplement de pouvoir enfin vous découvrir. A très bientôt dans Réflexions.