Speaker #0Vous avez une activité qui a du sens et qui compte pour vous, mais pourtant, vous avez du mal à communiquer dessus et encore plus à vous montrer. Poster sur les réseaux vous tétanise, vous avez peur de parler de vos offres, alors vous essayez de vous forcer parce que votre entreprise en dépend, mais vous finissez par craquer et vous vous envolez. Si je le sais, c'est parce que je vis exactement la même chose que vous. Je m'appelle Mylène, je suis coach en communication et j'accompagne des femmes entrepreneurs à incarner leur message avec authenticité. Et pourtant, j'ai moi-même une peur viscérale de sortir de l'ombre, ce qui m'a même coûté ma première entreprise. Alors j'ai décidé de transformer ce blocage en exploration. Ce podcast, c'est un peu mon journal de bord, un chemin pour oser incarner mon message, documenter et partager avec vous en temps réel. Mais c'est aussi un espace pour rencontrer d'autres femmes, entrepreneurs et expertes, qui apporteront un nouvel éclairage sur ces questions que l'on se pose. Alors si vous aussi vous portez quelque chose qui mérite d'être entendu mais que vous n'arrivez pas encore à le faire rayonner, je vous invite à cheminer avec moi. Bienvenue dans Réflexion. Bonjour et bienvenue dans Réflexion. Je suis très heureuse de vous retrouver pour ce nouvel épisode. La dernière fois, je vous parlais d'un besoin que j'ai récemment identifié chez moi, celui de remettre de la créativité dans ma communication. Parce qu'à force d'essayer de tout bien faire, J'étais doucement rentrée dans des cases que je pensais nécessaires, mais qui ne me ressemblaient absolument pas. Et je me dis que ça doit sûrement vous arriver à vous aussi. Appliquer à la lettre tout ce qu'on vous conseille pour votre communication, jusqu'à vous y épuiser, vous y décourager, et sentir malgré tout que quelque chose ne va pas, sans réussir à mettre le doigt dessus. L'imagination et la créativité ont toujours fait partie de moi. Ça a d'ailleurs été un grand atout pendant mes dix années de théâtre équestre, mais quand j'ai commencé à me lancer dans l'entrepreneuriat, je ne voyais plus trop quelle place leur donner. J'avais la croyance que cela pouvait me desservir, que cela risquait de ne pas me rendre crédible. Alors j'ai sagement mis tout ça dans une petite boîte pour essayer de faire comme il faut, de m'adapter à un autre mode d'expression, de suivre des codes plus standards. Peu importe si ce n'était pas les miens, je pensais ne pas avoir le choix. Le problème, c'est que cette part de moi, je l'ai mise en sourdine, j'ai refusé de l'écouter, même si elle me manquait beaucoup, pour aller vers quelque chose qui ne m'animait pas vraiment. Je n'ai jamais aimé rentrer dans des cases toutes faites, je n'ai jamais aimé faire comme tout le monde. J'étais comme résigné, je ne faisais plus les choses par plaisir, mais parce qu'il le fallait. Si on veut vivre de son activité, il faut trouver des clients, et cela demande de se rendre visible, de communiquer. Et pour ça, Internet regorge d'articles de blog, de vidéos ou encore de formations pour vous apprendre à devenir plus visible, à créer votre calendrier éditorial, à construire un tunnel de vente, etc. En quelques minutes... vous pouvez trouver tout un tas de conseils pour développer votre communication, mais la vérité, c'est qu'aucun de ces conseils n'ont jamais répondu à ma vraie problématique, qui était d'oser communiquer et oser me montrer. J'ai longtemps cru que je n'étais pas faite pour ça, que c'était une question de timidité, d'introversion, un trait de caractère à corriger, et qu'à force de pratiques, de méthodes ou de disciplines, j'allais y arriver. Alors comme beaucoup d'entre vous l'ont peut-être fait aussi, j'ai essayé de m'entraîner. J'ai regardé comment font celles qui semblent si à l'aise en vidéo ou en story pour essayer de m'en inspirer. Et ça ne prenait jamais vraiment. Parce que dans la vie, je ne suis pas celle qui trouve facilement ces mots pour dire ce qu'elle pense de manière spontanée. Il y a comme un temps de retard entre ce que je ressens et ce que j'arrive à en dire. Les phrases ne viennent pas, ou elles viennent mal, ou trop tard, ou jamais tout à fait juste. Et ce décalage entre ma pensée et la manière dont j'ai réussi à la formuler peut encore me préoccuper plusieurs heures après. J'aurais dû dire ça, je n'aurais pas dû le dire de cette manière, il n'a vraiment pas compris ce que je voulais dire. Bref, j'ai beaucoup de mal avec l'idée qu'on ne me comprenne pas, ou que l'on interprète mal ce que je voulais partager, et parfois, cela me pousse à préférer choisir le silence. Pas parce que je n'ai rien à dire, mais parce qu'entre le moment où l'idée germe dans mon esprit, et le moment où je réussis à la verbaliser, Mon cerveau, lui, aura fait 5 fois le tour de la Terre, avec une escale en Écosse, une apparition dans un film et un saut en parachute. Il se passe tellement de choses en si peu de temps dans ma tête que généralement ma bouche n'arrive pas à suivre. Et le résultat, c'est que rien ne sort, sinon quelques bribes qui ne sont absolument pas représentatives de la réflexion que je viens d'avoir. C'est un peu le silence qui cache la tempête. Mais donnez-moi du temps, un carnet et un stylo, des crayons, une matière à travailler, un univers à construire, une réflexion à développer, et là, tout devient simple. Comme si soudain, je pouvais enfin parler une langue que je maîtrise depuis toujours. Alors peut-être que ce n'est finalement pas un problème de confiance, de compétence ou de courage. Peut-être que la question à se poser est différente. Et si nous ne communiquions tout simplement pas toutes de la même manière ? Je vais prendre pour exemple ce podcast. Beaucoup d'émissions comme celle-ci existent. Et pourtant, nous avons toutes une manière différente de procéder. Certaines enregistrent directement. D'autres préfèrent avoir une trame sous les yeux. D'autres encore ont besoin de travailler sur un script plus abouti. Pour ma part, je fais partie de cette dernière catégorie. Au début, je culpabilisais un peu. Je me disais que je perdais du temps, de la spontanéité. Mais en fait, j'ai réalisé que ça m'apportait trois choses importantes. D'abord, la sécurité. Je sais que je ne vais pas me retrouver pétrifiée devant mon micro, et ça c'est rassurant, et ça m'aide à avoir une voix plus posée. Ensuite, ça m'évite de faire des répétitions ou d'avoir des longueurs en revenant sans cesse sur un sujet déjà abordé, et ça me permet d'avoir de la clarté et un fil conducteur plus fluide pour vous qui m'écoutez. Et la troisième chose, c'est que l'écriture m'aide à poser ma réflexion et à la développer beaucoup plus profondément. Écrire un épisode comme celui-ci, c'est pouvoir chercher un mot, le remplacer. revenir en arrière, laisser une idée décantée avant de la reprendre. C'est construire du sens en ajustant ma parole à ma pensée jusqu'à ce qu'elle ne fasse qu'une. Alors j'ai cherché à comprendre comment faisaient toutes ces personnes qui communiquaient de façon si simple et spontanée. J'ai observé leur manière de s'exprimer, d'entrer en lien, et j'ai constaté qu'elles étaient totalement différentes de la mienne. Quand on y regarde de plus près, certaines personnes ont besoin de communiquer. D'échanger et de trouver quelqu'un à qui parler, peu importe s'il s'agit d'un inconnu croisé dans un supermarché. D'autres, au contraire, auront besoin d'être en sécurité pour le faire, avec un proche ou un membre de leur famille. D'autres encore, n'arriveront pas à le verbaliser et auront besoin d'un médium pour y parvenir, comme l'écriture, l'art ou encore la danse. Nous portons tout en nous le besoin de nous exprimer, mais chacune a sa manière de le partager. Et je me suis fait alors cette réflexion, concernant nos entreprises. Pourquoi essayons-nous ? Tout de communiquer de la même façon alors que dans la vie, nous n'avons pas les mêmes moyens d'expression. Parce que si cette idée est juste, alors ce que je pensais être un manque chez moi n'en est peut-être pas un. C'est simplement que les modèles de communication qu'on nous donne habituellement ne correspondent pas à mon mode d'expression à moi. Et je repense à l'épisode précédent où je vous parlais de toutes ces méthodes qu'on va chercher en pensant qu'il nous manque une compétence, alors qu'en réalité, on cherche souvent à calmer autre chose. Parce que je crois que c'est la même mécanique qui se joue ici, sous un autre angle. On se dit qu'il faut apprendre à être plus à l'aise à l'oral, plus spontané, plus fluide devant une caméra. Mais en réalité, on est toujours en train de chercher la méthode, la formation, la technique, l'entraînement qui nous rendra enfin naturel dans une langue qui finalement n'a jamais été la nôtre. Et il y a aussi quelque chose que cette réflexion libère. Pendant longtemps, je m'en suis voulu de ne pas réussir à être à l'aise dans le direct. Dans cette spontanéité qu'on nous présente presque comme une qualité indispensable pour exister sur les réseaux, pour être authentique. Comme si ne pas l'avoir naturellement disait quelque chose de négatif sur moi, sur ma légitimité à communiquer et sur ma capacité à être sincère dans ma communication. Sauf que s'il s'agit simplement d'une différence de mode d'expression, alors cette culpabilité-là n'a plus vraiment de raison d'être. Pas parce que le problème a disparu, mais parce que ce n'était peut-être jamais un problème à résoudre. Juste une réalité à reconnaître. Et je crois qu'il y a une confusion qu'on entretient sans même s'en rendre compte, entre communication et mode d'expression. Aujourd'hui, on nous enseigne surtout des formats. On nous dit par exemple qu'il faut faire des vidéos, qu'il faut faire du storytelling, raconter sa vie, publier quotidiennement, comme si tout le monde devait s'exprimer avec les mêmes outils, de la même manière. Je vais prendre un exemple concret. Il existe aujourd'hui une tendance qu'on appelle le yapping. Le yapping, c'est des vidéos où l'on parle face caméra, comme si on était en appel visuel avec un ami, pour lui raconter ce qui vient de nous arriver, lui parler de notre vie ou de nos opinions. Je trouve que cet exemple est très parlant, parce que si ce n'est pas quelque chose que vous faites naturellement avec vos proches dans la vie de tous les jours, c'est complètement normal que vous soyez mal à l'aise si on vous demande de le faire pour votre activité professionnelle. Peu importe si ce format performe mieux qu'un autre. Et pour moi, on est dans un cas de figure assez paradoxal. Un format censé nous rendre encore plus authentiques, qui nous pousse en réalité à jouer un rôle contraire à qui nous sommes réellement. Et ce que je trouve d'autant plus difficile à accepter, c'est que si certaines s'y retrouvent très bien, pour d'autres c'est beaucoup plus compliqué, et ça leur demandera de se faire une violence parfois extrême pour y arriver. Parce que si parmi elles, certaines réussiront tant bien que mal à publier une vidéo qui ne leur ressemblera pas, d'autres abandonneront en cours de route, en se sentant encore plus mal qu'avant. Et dans les deux cas, le résultat sera contre-productif. Et contrairement à ce que l'on pense, cela n'a absolument rien à voir avec le fait de savoir communiquer ou non. Au fond, communiquer, exprimer une idée et un besoin, on le fait tous les jours, depuis notre naissance. Alors la vraie question à se poser ne serait-elle pas plutôt celle-ci ? Arrive-t-on à communiquer sur notre activité depuis qu'il en est réellement ? Parce que si c'est un domaine dans lequel de nombreux entrepreneurs sont mal à l'aise, la communication reste indispensable pour nos entreprises, peu importe le canal. Et parfois, selon nos activités, nous n'avons pas toujours le choix. Si nos clients se trouvent sur les réseaux sociaux, il est pertinent d'y être nous aussi et de développer des stratégies de communication adaptées à ces espaces. Mais alors que fait-on quand ces plateformes privilégient certains formats, comme la vidéo ? qui ne nous ressemble pas du tout. Je crois qu'il y a une différence entre subir un format en se forçant à en faire un copier-coller de tout ce qu'on voit et l'aborder en cherchant à l'adapter à notre propre mode d'expression. Et ça change tout de le voir comme ça. Si vous avez du mal avec un format, ce n'est pas la preuve que vous n'êtes pas faite pour communiquer ou que vous devez le laisser tomber. Ce n'est pas non plus que vous devriez travailler plus dur encore pour réussir à ressembler à celle pour qui ça semble si simple. C'est juste que ce format-là a été construit autour d'un standard, et que ce standard ne correspond pas forcément à votre mode d'expression, à vous. Ce n'est pas un manque chez vous, c'est une information. Et une information, ça ne se combat pas, ça se prend en compte, et parfois ça s'apprivoise. Alors peut-être que pour certaines d'entre vous, oser la vidéo, ça passera par l'écrire avant de la filmer, comme un texte qu'on façonne plutôt qu'une parole qu'on improvise. Peut-être que ça passera par choisir un lieu. Une lumière, un objet, une atmosphère, quelque chose qui vous ancre et qui vous rappelle que c'est avant tout un espace qui vous appartient. Peut-être que cela passera par une émotion que vous souhaitez transmettre ou simplement par le fait de poser votre voix sur des images sans vous montrer directement. A partir de là, peu importe le format, nous pouvons toutes faire des vidéos, simplement pas forcément de la même manière. Je ne sais pas ce qu'il en sera pour vous, mais je crois profondément que ce chemin existe. Pour chacune, même s'il prend une forme différente d'une personne à l'autre. Un format qui ne vous vient pas naturellement ne vous restera pas forcément éternellement étranger. Simplement, votre chemin pour vous l'approprier ne ressemblera pas à celui de quelqu'un pour qui ce mode d'expression est déjà naturel. Ce n'est pas grave, et je dirais peut-être même, tant mieux. Ce que cela change dans notre communication, c'est qu'on ne va plus chercher à se forcer coûte que coûte, mais qu'on va revenir à cette question qui me semble essentielle à se poser. Quel est mon mode d'expression naturelle ? Celui où je ne force rien, où les mots arrivent d'eux-mêmes, celui que je privilégie quand je souhaite partager quelque chose qui me tient à cœur. Et comment est-ce que je peux m'en inspirer pour construire une communication professionnelle qui me ressemble, en adaptant ce dont j'ai besoin plutôt qu'en essayant sans cesse d'être qui je ne suis pas ? Ça ne veut pas dire renoncer à progresser ou à sortir de sa zone de confort de temps en temps, simplement que ce soit un choix, et que cela nous serve vraiment. On peut apprendre, on peut s'améliorer, on peut même finir par se sentir bien plus à l'aise qu'au départ dans certaines situations, mais en partant de soi et jamais en luttant contre notre nature profonde. En tout cas, c'est ma conviction et c'est ainsi que j'ai envie d'avancer. Alors je n'ai pas toutes les réponses, je n'ai même pas encore tous les mots pour nommer ce que je ressens, mais j'avais envie de vous partager cette réflexion de plus en plus présente pour moi en ce moment, parce que je crois que les idées les plus intéressantes ne naissent pas forcément de certitude. Elle commence parfois comme une question qui refuse de nous quitter. Comme à chaque fois, avant de refermer cet épisode, j'avais envie de vous partager quelques pistes de réflexion pour celles qui le souhaitent. Alors la première question est toute simple, je pense que vous l'avez peut-être déjà devinée. Quel est votre mode d'expression naturelle à vous ? Celui dans lequel vous avez enfin l'impression d'être entendu, sans jamais avoir à jouer un rôle qui n'est pas le vôtre. Celui que vous adoptez naturellement. pour exprimer une pensée, une émotion, quelque chose qui vous tient profondément à cœur. Et la deuxième question, si votre communication professionnelle s'en inspirait, à quoi ressemblerait-elle ? Si vous souhaitez me partager vos retours ou vos réflexions sur ce sujet, je serai intéressée et très heureuse de vous lire. Vous pouvez m'envoyer un message privé sur Instagram ou sur LinkedIn, tous les liens vous attendent dans la description. Nous voilà arrivés au terme de ce treizième épisode de Réflexions. Merci infiniment d'avoir été là, merci de m'avoir écoutée. Et merci de continuer ce chemin avec moi. Si cet épisode vous a touché, si ces mots ont résonné en vous, je vous invite à le partager autour de vous. Et si ce podcast vous plaît, vous pouvez lui offrir 5 étoiles sur votre plateforme d'écoute préférée, c'est vraiment un très grand soutien. Quant à moi, je vous donne rendez-vous à la prochaine pleine lune pour un nouvel épisode. D'ici là, prenez soin de vous, soyez douce avec vous-même et rappelez-vous, ce ne sera jamais le format qui définira l'authenticité de votre message. mais la sincérité avec laquelle vous choisirez de porter votre voix. A très bientôt dans Réflexions.