Speaker #1Magnifique. On sent qu'il y a de l'expérience. Ah oui, mais moi, j'ai fait un BTS clap. Non mais je sais que t'es passé l'année dernière sur Rider Radio, c'est pour ça je sens que le clap est super bien fait. Ça y est, bon bah attends, je suis devant un professionnel du clap, on peut le dire. Je vais me reconvertir que là-dedans d'ailleurs. Tu devrais. Je vais arrêter la moto et toutes ces conneries là. Je te souhaite la bienvenue sur Rider Radio. D'ailleurs oui. Nouvelle fois, parce que c'est la deuxième fois qu'on se rencontre et que tu vas nous parler de belles histoires de voyage moto, d'aventure. Et moi je suis très content parce que justement, pour parler d'aventure, il n'y a rien de mieux que Captain Morgan avec nous. Oh bah ça c'est gentil ça. On est OS2R, donc grâce à eux on se rencontre de nouveau. Raider Radio c'est un podcast, on va pouvoir t'écouter après sur Spotify, Apple Podcast, YouTube, etc. Et donc comme je le disais, je suis très très content. Et tu sais qu'il y a une question qui est très très importante pour Raider Radio, c'est pour toi, quelle est ta définition de l'aventure ? Pour moi l'aventure c'est avant tout l'inconnu. C'est-à-dire que... C'est pas forcément aller loin, c'est pas forcément aller dans quelque chose de difficile, c'est aller dans quelque chose... On ne sait pas ce que c'est. C'est pour ça que je dis souvent d'ailleurs que l'aventure c'est de plus en plus difficile à trouver parce qu'aujourd'hui entre les réseaux sociaux, entre internet, entre les connards comme moi qui montrent à quoi ressemble la planète bah finalement c'est vrai que du coup quand tu voyages tu sais un peu à quoi t'attendre. Et vraiment quand tu... mes premiers voyages par exemple c'était... complètement l'aventure parce que j'avais pas la moindre idée de ce que j'allais voir là-bas. À l'époque où il fallait prendre encore des guides papiers qui te disent « Là-bas, t'as un petit endroit pour manger et tout » , c'était dingue. Aujourd'hui, c'est vrai que tu scrolles et tu sais tout à l'avance. Pour moi, l'aventure, c'est vraiment cette dimension d'inconnu. Est-ce que dans cette définition d'être dans l'inconnu, j'ai une partie de la réponse, est-ce que toi, tu te sens aventurier ? Eh bien non. Moi, pour moi, je ne suis pas aventurier. C'est peut-être les autres qui te définissent comme aventurier. Oui. Toi, personnellement, tu ne te sens pas aventurier. Moi, je suis voyageur. Je ne me sens pas... Non, je ne me sens pas spécialement aventurier parce que pour moi, tu vois, un aventurier, c'est un mec genre Indiana Jones, tu vois. C'est quelqu'un qui vit des trucs au péril de sa vie. Moi, si au bout d'un moment, je suis vraiment trop gonflé, je prends l'avion et je rentre, quoi, tu vois. Et moi, j'ai une fascination pour le voyage d'un point de vue culturel, donc rencontrer des gens. Déjà, je pars du principe qu'à partir du moment qu'il y a des êtres humains là où on va, c'est pas risqué, c'est pas dangereux, tu vois. L'aventurier, ça va être si t'as envie de te traverser le pôle Nord en solitaire, bon bah là, ouais... Pourtant, il y a des gens qui pensent que l'être humain est dangereux ailleurs. Et qu'ils le pensent. C'est pas la réponse à ça, c'est d'aller voyager pour se rendre compte que c'est pas si dangereux que ça. Une fois, j'étais avec un Pakistanais, bah d'ailleurs, c'était dans ma série, j'avais filmé ce truc-là, et le Pakistanais, il m'avait dit, regarde... J'ai une tête de méchant, type il ressemblait au commandant Massoud, tu vois, il ressemblait un peu à moitié à Ben Laden aussi, donc je lui dis ouais t'as une tête de méchant, normalement ça c'est méchant. Ça c'est méchant. Ça c'est méchant. En Occident, ça c'est méchant. Ah ouais, ça c'est méchant. Toi tu es le méchant, dans le jeu vidéo je tire sur toi, si tu veux. Et il m'a dit bah ouais, sauf que moi, et ben j'aime, comme toi. J'ai une famille, j'ai des amis, finalement, on est foutus pareil, on a deux bras, deux jambes, on n'a pas les mêmes centres d'intérêt, mais on a les mêmes choses qui vont nous faire réagir, qui vont nous faire trigger, tu vois. Donc, non, tu peux avoir des situations de péril partout, mais les gens ne sont pas spécialement méchants. Tu vas en Nigeria, bon, Nigeria, c'est un pays où il y a des kidnappings de masse, etc. Bon, je suis allé au Nigeria, moi, j'ai surtout rencontré des gens qui m'ont invité à bouffer, quoi. Un jour, il y a quelqu'un qui m'a dit, grâce à... À ce podcast, je rencontre beaucoup de gens comme toi, et il m'a dit, les voyages m'ont plus réconforté dans l'humanité que l'inverse. Ah oui, totalement. Mais totalement. Je pense que de toute façon, de façon implicite, tu sais, les gens, ils disent souvent, les Français, ils sont pas cool, ils sont... Non, n'évite pas ça. C'est que quand t'es Français, t'es chez toi. Je pense que de façon générale, il y a un truc qui fait que... On a envie d'aider l'étranger, on a envie d'aider le voyageur. Le mec qui n'est pas chez lui, on dit « Attends, lui, il n'a pas les armes, il est dans la merde, tu vois. » Alors moi, je suis parisien, quand je ne suis pas aux quatre coins du monde, quand je vois un touriste qui est un peu paumé et qui est en train de son truc, je lui demande, je fais « Tu cherches quoi ? » Tu vois, genre, ça paraît rien. Bon, un parisien, je ne vais pas commencer à lui demander « Tu cherches quoi ? » Je vais commencer à lui dire « Casse-toi de ma route, connard ! » Parce qu'on est parisiens, on est entre nous, donc on est... Le voyageur, intimement, il est ouvert aux autres. en tant que voyageur, mais c'est vrai que le local, il a envie d'aider les voyageurs. Ça, c'est vrai. Mais oui, parce qu'en plus, en tant que voyageur, déjà, tu t'ouvres au local. Donc déjà, t'as une posture, t'as un truc où tu montres que tu es dans une position où tu veux partager, tu veux discuter, tu veux... Et c'est qu'aussi, le local, ça le fascine de voir quelqu'un qui vient de loin. Historiquement parlant, les mecs qui étaient... Nous, au Maroc, on a un gars qui s'appelle Imbatuta, c'est le marcopolo marocain. Il a fait plus de 100 000 kilomètres à pied. Et en gros, le gars, son boulot, c'était d'aller dans les cours royales et de dire, regarde, dans tel pays, ça se passe comme ça la vie, dans tel pays, ça se passe comme ça. Le mec, en fait, c'était Wikipédia, Stuart. Mais le voyage, ça a toujours existé, c'est en nous, en fait. Des fois, on me demande, j'ai eu la chance de voyager aussi, mais d'où ça devient pourtant ton père, ton grand-père ? Alors, mon grand-père est parti d'Inde jusqu'à Madagascar, mon père est venu de Madagascar à la France, donc il y a une forme de voyage, entre guillemets. Dans l'ADN, tu n'expliques pas pourquoi moi j'ai envie d'aller ici, j'ai envie d'aller à droite, j'ai envie d'aller découvrir l'Inde du Sud, j'ai envie d'aller au Sri Lanka, j'ai envie d'aller en Mongolie. Mais je pense que dans notre ADN, génétiquement, le fait que l'être humain a toujours voyagé, on est là à vouloir voyager. En fait, c'est surtout que dans l'ADN de l'être humain, il y a la curiosité. Alors après, tu peux la manifester de plein de façons. Il y en a, c'est par le voyage. D'autres, ça va être en faisant un programme nucléaire. En tout cas, chacun va avoir... Sûr ? Voilà, chacun va avoir son truc qui va le faire vibrer. Bon, il y en a certains, c'est le voyage. Historiquement, les humains, ils viennent tous du même endroit et puis ils se sont répandus partout sur Terre. Il n'y a pas un seul endroit où il n'y a pas des êtres humains. Qu'est-ce qui a fait qu'un jour, t'as des gars, ils ont marché sur la banquise et ils se sont dit, franchement, là, c'est bien, hein ? Tu vois, ils venaient bien de quelque part, ces mecs-là, tu vois. Et puis, ils sont devenus une huit. Bon, il y en a d'autres, ils ont pris les Caraïbes. Chacun sa chance. Je connais mon choix. Voilà, chacun son choix. Chacun son choix. Certains font les mauvais. On est allé vachement vite sur... Et c'est ça que j'adore avec toi Morgan, c'est que dès qu'on parle d'aventure, tout de suite on part dans tous les sens et ça c'est trop bien. Mais il y a encore très peu de gens qui ne te connaissent pas, mais est-ce que tu peux te présenter en 2-3 mots ? Et bien du coup, je m'appelle Morgan, mon surnom c'est Capitaine Morgan sur les réseaux et... Pourquoi par exemple ? Capitaine, c'est tout simplement parce qu'il y a longtemps je travaillais sur des bateaux Et comme j'avais un look de pirate... C'est pas lié à l'alcool en fait, ça n'a rien à voir. T'as vu comment tu es, tu es cette personne. Tu sais que je n'attendais pas grand chose de toi et pourtant tu m'as déçu. C'est quand même dingue ça. Non, c'est juste que je travaillais sur les bateaux et comme je ressemblais à un pirate, on travaillait dans le golfe d'Aden où il y avait plein de pirates. Du coup, les mecs dans le bateau me surnommaient Capitaine Morgan parce que c'était un pirate le Capitaine Morgan. Ça c'est intéressant ce que tu viens de me dire parce qu'on connaît plein d'histoires et en fait on te remercie aussi pour ça parce qu'aujourd'hui... Tu disais qu'à la fois c'est un défaut de partager ce qu'on voit, mais dans un autre sens, et c'est ce que fait ce podcast aussi, c'est partager ses aventures à travers le monde. Et toi tu le fais, et grâce à toi on arrive à voir ce qui se passe aussi, et des anecdotes de fous, j'en ai plein grâce à ta série. Mais moi j'aimerais bien connaître cette genèse, comment t'es arrivé à te dire un jour, je vais prendre une moto, je vais voyager, et même avant, est-ce que t'as voyagé ? Est-ce que tes parents, ta famille ? t'ont donné envie de faire ça ? Comment c'est arrivé ? Alors, moi, j'ai un cheat code, en vrai. C'est que mon père était journaliste, un grand reporter, et il voyageait tout le temps. Et moi, je n'aimais pas l'école. Je n'allais pas à l'école. Tu me foutais à l'école, à la récré de 10 heures, j'étais dehors. Et comme mon père s'en battait un peu les reins que j'aille à l'école ou pas, il était à dire, il va venir avec moi. Donc, il m'a amené aux quatre coins du monde. Donc, on a vécu en Sierra Leone, on a vécu en Inde. On est allé en Roumanie, on a vécu un an aux Etats-Unis Enfin tu vois genre, on bougeait tout le temps Donc déjà très petit j'avais ce Programme Où je me disais, il n'y a pas de frontières Là, tu peux aller partout Genre tu peux aller partout, il n'y a pas de En fait, tu sais par exemple Il y a des gens qui me disent, c'est pas trop dur quand tu reviens En France, non je m'en fous Parce que je reviens, je repars, enfin tu vois c'est La vie est un éternel voyage, genre je compte pas un nombre de voyages, quand on me dit t'as fait combien de fois le tour du monde, je dis bah je sais pas, je m'amuse pas à compter, ça commence quand, ça se termine quand. Je voulais dire, c'est pas la fin de quelque chose, rentrer à la maison c'est pas la fin de quelque chose, on sait qu'on doit repartir. C'est comme quand tu demandes à un mec qui est blindé de tatouages, t'as combien de tatouages ? Le gars il en sait rien, parce qu'au moment où il y en a deux qui se touchent, il y en a un qui... genre c'est... Il y en a modifié un. Sur ce fait que tu sois picousé depuis le jeune âge, ça t'a permis de penser que c'était un monde ouvert en fait ? Oui. Mais c'est à quel moment que tu t'es dit que je vais utiliser cet outil d'exploration qui est la moto pour vivre ces voyages ? Parce que toi, tu connaissais les voyages, j'imagine, en avion, avec ton père, etc. Mais à quel moment tu t'es dit, la moto, c'est ce qu'il vous faut pour voyager ? Non, la moto, c'est arrivé par hasard. parce que la première fois que j'avais voyagé, j'étais sur un gros 4x4. Alors un vieux 4x4, qui était une épave. Tu veux dire l'itinérance d'avancer, c'était le 4x4 ? Oui, j'avais 18 ans et j'étais en train de traverser l'Afrique en 4x4. Il est tombé en panne, je l'ai vendu en pièces détachées. Enfin bref, j'étais tout seul. Et je suis tombé à Tombouctou sur une vieille DR650. Et voilà, j'avais commencé à rouler avec la DR650, et je me disais, tiens, finalement, avec la moto, ça passe aussi bien. Au début, ça me faisait flipper, parce que je me disais, où est-ce que je vais ranger mon bordel ? Et puis alors, la nuit, si j'ai envie de dormir, etc. Après, je me disais, en même temps, le 4x4, il fait tellement chaud dedans, qu'à chaque fois, je dors dehors, en fait. Du coup, je me disais, je vais dormir sur la banquette arrière du 4x4, mais à chaque fois, je dormais par terre dehors. Donc ça ne changeait pas grand-chose. Tu savais rouler à moto ? Oui, je savais faire de la moto. Tu savais faire de la moto déjà ? Oui, je savais faire de la moto depuis le petit gamin. Mais tu n'avais pas de moto, tu ne voyageais pas avec ? Si, j'avais une Suzuki Bandi à la maison. Ok. Voilà. Mais c'est à Tombouctou que tu te dis, tiens, je vais voyager à moto. C'est parce que j'avais besoin d'un véhicule et que je suis tombé dessus par hasard. À cause du problème avec la 4. Mais comme j'aurais trouvé un Segway, j'aurais pris le Segway, tu vois. À Tombouctou, tu imagines ? Oui, à Tombouctou. C'est à Tombouctou, Dakar, en Segway. Et là, qu'est-ce qui se passe ? Ça y est, c'est les premiers tours de roue, de voyage. Là, c'était les premiers tours de roue. Déjà, il y avait un gros souci, c'est que je ne savais pas où aller. Parce que moi, je n'avais pas prévu de faire le tour d'Afrique. Et là-bas, j'étais parti deux semaines de la maison. Je suis rentré deux ans plus tard. C'est dingue. Comment ça se produit dans le cerveau ? C'est déjà de se dire, je vais partir deux semaines. Comment on se le dit ? Comment on l'imagine ? Et à partir du moment où ça se passe... On se dit, j'ai encore deux ans devant moi. Ou en tout cas, je ne mets pas de timing sur ce point-là. Alors, en fait, ce n'est pas un... Tu ne le prévois pas. Tu sais, quand tu vis une aventure, quand tu vis un truc un peu vénère, c'est après coup, tu dis, j'ai fait ça, là ? En fait, en vrai, tu ne te le dis jamais. C'est les autres qui te disent, mais tu as fait ça. Et là, tu dis, ah ouais, bah ouais. Petit à petit, ça y est beaucoup. Moi, à la base, j'étais juste... J'avais ouvert un restaurant en France à 18 ans, à Chartres. Et je ne me plaisais pas du tout là-dedans. Je ne savais même pas pourquoi j'avais fait ça. Je me suis cassé au Maroc. Je me suis dit, vas-y, déjà, je vais me barrer deux semaines. J'avais pris un vieux 4x4, un vieux Prado. Et je me perds. Et je me perds, et je me perds. Je ne vais pas aller dans les détails, parce que c'est assez long. Mais à un moment, je suis au fond du Sahara. Il pleut, genre un orage, mais titanesque, en pleine nuit. Moi, je suis assis à l'arrière du 4x4 avec le trunk, la porte ouverte. Et il y a une forme qui s'approche vers moi. Je lui dis, qui est-ce que c'est ? Tu sais, je prends un coup de lumière avec la lampe torche. Et là, il y a un mec qui s'approche. Et c'est un gars sur un dromadaire. Un Sahraoui. Le mec, je commence à lui parler en arabe. Le gars, il me répond en français. Je lui dis, ouais, ça va être plus facile, merci. Et le type, je lui dis, il me dit, qu'est-ce que tu cherches ? Je lui dis, je cherche la frontière. Parce que je voulais voir la frontière avec le Maroc. Enfin, la frontière maroco-britannienne. Et il me dit, la frontière. Il me vient et me dit « Ah, la frontière, c'est 300-400 kilomètres par là-bas. » Comment c'est possible ? Le Maroc, il ne fait même pas 400 kilomètres de large. Il me dit « Comment ça, le Maroc, c'est la frontière avec le Mali ? » Ah mais, tu avais passé le... Mais attends, je suis en Mauritanie, là. Il me dit « Oui. » « Ben, c'est où le Maroc ? » Il me dit « Le Maroc, c'est 300-400 kilomètres par là-bas. » Et là, je me suis dit foutu pour foutu, je ne suis jamais allé à Tombouctou. Ça faisait déjà 10-15 jours que j'étais parti. Donc, je me suis dit « Bon, ben, je vais continuer, quoi. » Et j'ai continué, la bagnole elle est morte en route, à l'époque, je te dis ça, c'était il y a presque 20 ans, les frontières étaient très très très poreuses, beaucoup plus qu'aujourd'hui, il n'y avait pas de problème de terroristes, il n'y avait pas le problème de Boko Haram et tout, et c'était dingue parce que quand tu voyageais, les cartes, il n'y avait pas de smartphone, il n'y avait pas de smartphone avec un GPS dessus, et les GPS fixes sur les bagnoles, il n'y en avait pas beaucoup non plus tu vois. Donc si t'avais pas tes cartes Michelin que t'avais achetées en France et qu'il fallait les acheter en Afrique, soit tu les trouvais pas, soit tu les payais une fortune, genre plus de 100€ la carte. Et en général, souvent tu trouvais des mecs qui te finaient une carte qu'ils avaient dessinée. Ils avaient copié, ils avaient calqué une carte Michelin. Tu parles de ça il y a 20 ans, t'imagines ? Ouais, il y a juste 20 ans, c'est étonnant. C'est si vieux que ça. Mais non, c'est rien. En fait, le monde a été révolutionné par les téléphones portables. C'est pour ça que je te dis que l'aventure, ça devient quand même... Maintenant, c'est du voyage, ça devient une aventure personnelle, mais c'est pas une aventure genre « Waouh, qu'est-ce qu'il a fait ? » Aujourd'hui, tout le monde peut voyager. Avant, quand même, il fallait être serein. Quand j'étais avec ma carte qui avait été dessinée par un mec qui habite dans la banlieue de Ouagadougou et qui m'a juré sur le Coran que c'était la bonne carte, et qu'à la fin... En plus, pareil, comment tu calcules tes kilomètres ? T'étais en plein milieu de la Mauritanie, tu ne savais pas. Oui, c'est que moi, j'étais vraiment avec le pouce à dire « Bon, OK, tous les X, j'ai fait 100 kilomètres. » Et tu vérifies sur ton compteur. Et là, tu dis « Et là, je suis dans une ville. » Et tu regardes autour de toi et tu dis « Ah ben non, je suis au milieu de la Brousse. » Mais comment aujourd'hui, par exemple, toi t'arrives à vivre les mêmes émotions qu'il y a 20 ans ? C'est pratiquement impossible. Ouais, en fait, tu cherches plus la même chose. Au début, tu cherches vraiment le wow effect. Ah, tu veux voir la savane, puis tu veux voir la montagne, alors tu veux voir le Machu Picchu, puis tu veux voir le Taj Mahal, tu veux voir les gros gros, les highlights. Puis après, au fur et à mesure, t'as envie de parler avec des gens. Alors d'abord, tu veux voir les tribus un peu what the fuck. Ah bah moi je vais avoir la tribu de ceux qui sont cannibales Tous les trucs qui buzzent en fait sur internet Et puis après au bout d'un moment Bah t'arrives à un stade où tu vas De plus en plus dans le Dans le détail, dans le précis Et maintenant ce qui m'éclate c'est quand je vois une vieille qui fait des bols Et je dis putain c'est ouf parce que sa façon de faire des bols Le village d'à côté bah c'est pas tout à fait pareil C'est juste que tu Tu resserres en fait parce que Tu veux dire par le manque d'aventure A cause un peu de la technologie Tu t'es rencentré vers les humains Non c'est pas ça, c'est qu'en fait au début Tu cherches des trucs très impressionnants Ok un gars qui, on va faire une analogie Un mec qui s'y connait en peinture Tu vois t'as un mec qui va regarder un tableau Il va voir le radeau de la méduse, il va dire ouais c'est joli Y'a plein de trucs en plus c'est grand etc Et un mec qui s'y connait en peinture Lui ce qu'il va trouver ouf c'est le fait que Les personnages ils soient pas détourés avant Enfin tu vois des détails, il va les chercher Plus en profondeur Voilà, c'est exactement ça le truc qui m'intéresse. Je te rejoins là-dessus. C'est vrai qu'au bout d'un moment, et on en parlait avec Doris tout à l'heure, qui a 83 ans, a traversé l'Afrique de l'Ouest, et qui disait qu'aujourd'hui, ce qui marque plus les voyageurs, c'est les rencontres. Bien sûr. C'est vraiment cette petite mamita au Pérou, ou cette mama en plein milieu de l'Afrique, je me rappelle de tes vidéos, avec les mamas, là, où tu délires avec elles, avec les boubous et tout. Bye, je te laisse. te souvenir toute ta vie contrairement peut-être à cette simple cascade qui était sans doute très très jolie alors moi faut pas me parler des cascades y'a rien qui me gaffe plus qu'une cascade quand des gens disent ah on va avoir la cascade je sais mais ta gueule c'est de l'eau qui tombe avec des cailloux autour ça va à part à 8 en Islande parce que histoire d'eux ils ont foutu 4-5 d'affilée avec un arc-en-ciel ça fait tout le temps joli mais alors les cascades je vais pas les laisser tu vois y'a aussi autre chose c'est que au bout d'un moment enfin moi en tout cas je voyage pour apprendre C'est vraiment devenu un truc où je dis, qu'est-ce que je vais apprendre quand je vais aller là-bas ? Par exemple, il y a plein de gens qui me disent, mais pourquoi t'es pas allé dans tous les pays du monde ? Je suis allé dans plus de 140 pays, entre 140 et 150. Je dis, il y a plein de pays, en vrai, c'est une île perdue dans le Pacifique. Je vais pas me taper 15 avions juste pour dire que je l'ai fait. Qu'est-ce que je vais apprendre là-bas ? Quand tu dis apprendre, c'est rechercher de la culture. Rechercher de la culture d'enrichissement personnel, la culture personnelle. Tu vois, l'Inde. Je suis allé quatre fois en Inde. Je dét... Je déteste l'Inde. Je n'aime pas ce pays. Je n'aime pas l'Inde. Je n'aime pas l'Inde. Tu y es allé quatre fois, quand même. Je suis allé quatre fois. Je n'aime pas l'Inde. La religion hindoue, ce n'est pas une religion que j'aime particulièrement. La bouffe indienne, je ne suis pas spécialement fan. Et puis, même les Indiens en Inde, ils ont le don de me gaver. Toi, tu es quelqu'un de formidable. Je suis français, moi, monsieur. Toi, tu es français, toi. Je suis français, moi, monsieur. Mais toujours est-il que, pourquoi j'y suis allé quatre fois ? Parce qu'en fait, je m'en fous d'aimer ou de ne pas aimer. L'Inde est passionnante. C'est passionnant, tu vois ? C'est vraiment, c'est genre, tu y vas, la religion hindoue, je n'aime pas parce que je trouve que du coup, ça ne met pas l'homme au centre, certes. Mais c'est passionnant parce que ça n'a rien à voir avec nous, qu'on soit catho, juif ou musulman ou même athée, on vit dans ce monde judéo-chrétien où l'homme est sacré. Et là, tu vis dans une société où l'homme n'est pas sacré. Ce qui est intéressant, c'est que tu vas à un endroit pour aussi te dire ces sentiments-là que t'as. Oui, parce qu'en fait... De dire que t'aimes pas l'Inde au fond de ton canapé, ça n'a pas de sens. Ça n'a pas de sens. Alors que d'y aller et d'offrir ton propre avis, c'est intéressant. Bien sûr, et surtout c'est qu'en plus, j'y retombe parce que moi je fais vraiment une dichotomie entre « Attends, j'aime pas certes, mais j'aime pas parce que je me fais chier là-bas » ou « J'aime pas parce que j'en ai marre, y'a du bruit, y'a de l'argent » Bah non, en fait, j'aime pas parce que y'a du bruit, nan nan. Mais par contre, c'est passionnant. Et en fait... Moi, je suis pas... En fait, je fais un stade où je m'en fous d'aimer ou de pas aimer un endroit quand je voyage. À chaque fois, c'est est-ce qu'il m'intéresse, tu vois ? Est-ce qu'il va te créer des émotions ? Contraire, dans l'effet négatif que dans l'effet positif. Oui ! Quand tu vas dans le Hall d'Elie, par exemple, je connais un peu l'Inde. C'est incroyable, le Hall d'Elie ! Mais tu vois des choses... T'as pas envie de voir. Ah bah c'est 10 fois par seconde. T'as pas envie de voir. Mais en fait, tu sens des choses que t'as pas envie de sentir. Tu entends des choses que t'as pas envie d'entendre. Tous tes sens sont... Je crois que j'arrive à te le raconter parce que c'est racontable, parce que c'est quelque chose. Quelque chose de plat. Je vais pas donner d'exemple, mais quelque chose de plat, c'est pas racontable, donc ça t'a pas créé d'émotion. En fait, tu vas sur une plage paradisiaque, au bout d'un moment, une fois que t'as dit bon, c'est beau, c'est magnifique, le salve, il était blanc, c'était azur. Moi, quand j'arrive, je fais, eh ben c'est bien. Bon, on se casse ? C'est sûr. Je reviens à... On a fait une petite digression qui est hyper intéressante, et c'est ça, c'est pour ça que j'adore beaucoup parler avec toi. On revient sur ces fameux 18 ans, tu trouves le DR650, qu'est-ce qui se passe là ? Qu'est-ce qui t'arrive ? Qu'est-ce que tu fais ? T'as dit que tu partais sur deux ans. Non, je ne me suis pas dit que je partais sur Nantes, je me suis dit que je continue. En fait, j'ai dit que je continue jusqu'à l'étape d'après. Je continue de rouler, je me dis que je vais aller jusqu'au Burkina Faso. Pourquoi je ne suis pas allé au Burkina Faso à ce moment-là ? Je crois que le DR est mort, en fait. J'ai dû tuer le DR, je ne sais plus comment. J'ai fait de la merde, parce que je sais qu'au bout d'un moment, je me retrouve dans une Toyota Corolla qui est plus vieille que moi. que je me suis fait raqueter après au Liberia. Donc, tu vois, j'ai vraiment fait un demi-tour. Je suis parti dans l'autre direction. Non, si, je me souviens qu'il y avait des problèmes de sécurité au Burkina Faso. J'avais fait un demi-tour. J'étais avec la moto. Je n'avais pas de casque. Je n'avais rien, tu vois. J'avais mes fringues étaient dans un sac à dos qui était sanglé à l'arrière de la moto. Les sangles qui s'étaient pris dans la roue. Du coup, le sac était déchiré. Je ressens en fait, les Africains n'osaient pas me demander d'argent. Ils me demandaient si je n'avais pas besoin d'aide, si tu veux. Donc quand tu vois un blanc qui débarque et que les Africains le regardent en disant « Ah mais le pouilleux ! » Ouais, Tu vois, il dit « T'es bien, ça va ? Tu cherches la direction de l'Europe peut-être ? » Ouais. Tu vois, on connaît un passeur, il peut peut-être te faire aller. Enfin tu vois, non mais les... Non, non, c'était... Et puis surtout, j'avais 18 piges, donc j'avais une gueule, je ressemblais à un petit garçon quoi, tu vois. C'était il y a 20 ans ! C'était il y a 20 ans ! Et c'est là où les voyages sont assez dingues. Quand tu parles à Anne-France d'Audeville qui a vécu des voyages dans les années 70, Merci. Elle a une mémoire des noms des villes, mais d'une précision qui est incroyable parce que les voyages, ça marque en fait. En fait, tu sais, c'est très drôle, il y a un chiffre qui existe. Ton âge médian en termes de souvenirs, c'est 17 ans. La plupart des gens ont autant de souvenirs de leur zéro à leurs 17 ans que de leurs 17 ans jusqu'à leur mort. Parce que toutes les choses qui t'impactent dans ta vie, la plupart des choses, c'est avant tes 17 ans. Ce chiffre est terrifiant parce que ça veut dire que grosso modo, passé tes 17 ans, ta vie... C'est un peu un truc où ça ronronne et où tu as plus souvent un nouveau... Alors tu vas te souvenir de comment j'ai rencontré ma femme, la première fois qu'on a ken, la première fois que l'enfant est sorti, etc. Et encore, la première fois qu'on a ken, si tu étais bourré, tu n'en souviens même pas. Donc quand tu voyages et quand tu voyages beaucoup, mais moi mes souvenirs d'avant 17 ans, j'en ai, mais je n'en ai pas tant que ça. J'ai mille fois plus de souvenirs sur tel voyage, Parce que tu es une souvenir factory, tu vois. Tu reviens en France après un gros voyage, il y a un truc qui est terrifiant et que j'ai à chaque fois avec mes potes, c'est « bon et alors vous ? » Parce que tu sais, tu monopolises un peu la conversation, au bout d'un moment tu t'en rends compte que ça fait trois plombes que tu parles, et puis tu te dis « bon bah attends, on parle que de moi, et vous ? » Puis eux, ils sont là « bon, comme d'hab » . Ils arrivent à s'intéresser à tes voyages. Parce que moi j'ai remarqué avec différents voyageurs, et ça m'est arrivé, après avoir fait un tour du monde, « tour du monde » entre guillemets, je suis revenu, et vu que c'est... personne n'avait pas bougé dans leur quotidien. Ils n'avaient pas les questions, en fait. Non, exactement. En fait, ce qui est très drôle, c'est que les gens que tu intéresses le plus, c'est des gens que tu ne connais absolument pas, mais qui partagent. Parce qu'en fait, il ne faut pas croire que le voyage, ce soit quelque chose d'universel. Le voyage, c'est une passion. Il y en a, c'est le tennis. D'autres, c'est la planche à voile. Bonjour. Et d'autres, c'est le voyage. Si quelqu'un arrive et te parle de tennis et que toi, tu t'en fous du tennis, tu vas... pas le relancer. T'auras pas les questions. Et il y a plein de gens qui pensent que le voyage, c'est quelque chose qui parle à tout le monde. Mais non, il y a plein de gens, ils s'en foutent. Donc, tu vois, par exemple, une fois, j'avais parlé à la vie de meuf de mon trip en Afrique et elle m'a dit, ah ouais, c'est comme moi, une fois, je suis allé à Bali. Et elle m'a parlé de ses vacances de deux semaines à Bali. Ouais, je lui ai dit, non, moi, je te parle d'un trip de deux ans en Afrique où j'ai traversé tout un continent, tu vois. Rien à voir. C'est pas comme toi. Ça n'a rien à voir. Mais c'est qu'en fait, c'est le seul point de repère qu'elle avait. Alors que... Les gens que je connais pas qui me suivent sur les réseaux sociaux sont des gens qui, ils ont le choix de ne pas me suivre. Mais mes amis, bon bah les pauvres, ils sont amis avec moi parce que ça fait 20 ans qu'on est amis, ou plus pour certains, donc ils ont pas trop le choix. Donc finalement, la partie voyage, ils s'en foutent. Ils disent bah ouais... Mais tu sais que ça, ça peut faire écho à plein de mecs qui ont voyagé et qui sont revenus et qui ont été déçus de leurs potes qui leur ont pas posé de questions. Mais faut pas être déçu de tes potes. Ouais ouais mais je sais. J'étais premier, je dis tiens mais les mecs ils me posent pas de questions en fait. Mais oui, mais en fait, il ne faut pas être déçu de tes potes. Parce que déjà, en plus, à l'ère des réseaux sociaux, ils l'ont vu en direct, ton truc. Et qu'en fait... T'es pas pote avec eux pour les voyages ? Bien sûr ! T'es pote avec eux parce que j'en sais rien, parce que vous aimez les mêmes trucs, les mêmes machins, tu vois. Moi, j'en ai un seul de pote qui fait de la moto. Tu sais que j'ai lu un article qui expliquait ça. C'est un syndrome, c'est un nom, un truc. Le syndrome du voyageur qui revient, tu sais, il y a un truc. Je me rappelle, ils se sont vraiment pété une jambe sur le nom du syndrome. Et en fait, en lisant ça, je me suis rendu compte qu'en effet, je devais pas leur en vouloir, tu vois, c'était normal. Non, oui. Et ce que tu viens d'expliquer, c'est exactement ça. Je me souviens quand j'ai écrit cet article sur ce syndrome. Je reviens sur ce voyage en Afrique. Qu'est-ce qui se passe après ? C'est quoi la suite de tes voyages ? Tu reviens en France, t'es picousé au voyage à moto, t'as envie de repartir. C'est quoi la suite ? Ce voyage en Afrique, ce que je t'ai raconté, c'est à peine les 3-4 premiers mois. Ce voyage en Afrique, après j'ai traversé toute l'Afrique. Je me suis fait arrêter par un seigneur de guerre au Libéria. Ils m'ont tout volé. Mais non. Ce seigneur de guerre que j'ai retrouvé dans mon dernier road trip, que j'ai filmé, que j'ai interviewé. C'est pareil. Ouais, ouais. 20 ans après, je retombe sur le mec. Il est devenu pasteur évangéliste. T'as rendu les affaires, du coup. Hein ? On peut se repentir. Il t'a rendu les affaires ? Non, il m'a pas rendu les affaires, mais voilà. Il a rendu sa dignité. Il m'a parlé de Dieu pendant trois plombes. Je lui ai dit, mais parce qu'avant, t'étais quand même cannibale. Cet homme était cannibale. Il mangeait de la chair humaine, quoi. Je fais... Ton rapport à Dieu là-dedans, il te fait « Ah non, mais Dieu est pardon. » Je fais « J'espère, mon con, parce que là, t'es un peu faim. » Non, j'ai traversé tout le continent africain, puis après l'Asie du Sud-Est. Donc, ça a duré deux ans. C'est un record. Donc, en fait, après l'Afrique, t'as continué. J'ai continué en Asie, en Amérique. J'ai fini aux États-Unis. Et puis, à un moment, j'étais au Mexique. Je suis épuisé. Et à l'époque, il n'y avait pas les réseaux sociaux. C'est-à-dire que ma daronne, elle entendait ma voix tous les quatre mois. Genre... En gros, Facebook est arrivé sur la fin de ce road trip. Personne n'avait des nouvelles de moi, personne n'avait des nouvelles de rien. J'ai pris l'avion, je suis arrivé en France. J'ai fait une pseudo école de cinéma. À un moment, ils m'ont quand même demandé le bac. Je me suis dit que je ne vais pas réussir à bluffer pendant longtemps. J'ai fait un prêt étudiant pour me payer l'école. À la place de ça, j'ai acheté le GSX-R. J'ai continué de rouler. Puis là, j'ai senti que ça puait un peu trop pour mon cul. Et je suis repris. repartir en Afrique parce qu'à un moment en Afrique j'étais tombé sur un mec qui m'avait proposé du taf et je me suis dit je vais retourner voir ce mec et voilà et je suis resté 4 ans 4 ans en Afrique avec eux quoi dans ces 2 ans 4 ans je sais que c'est une question difficile mais si tu dois retenir vraiment des moments très importants alors forcément le Seigneur de l'air c'est un moment important négatif mais des moments très très forts que t'as vécu Tu peux m'en citer plusieurs parce que j'imagine que c'est difficile d'en tirer qu'un. Mais qu'est-ce que tu retiens de tout ça ? Tu veux dire quoi ? Une anecdote d'un moment ? Ou alors qu'est-ce que je retiens comme enseignement de tout ça ? L'ensemble, ouais. Entre l'enseignement et les anecdotes, je pense que tu peux faire des parallèles assez importants. En gros, tiens, j'ai donné une anecdote qui, derrière, m'a enseigné quelque chose. J'ai donné deux anecdotes qui m'ont enseigné la même chose. Quand j'étais au... Au Togo, je tombe sur un mec, le mec me dit « Ah, j'ai la main brûlée. » Je dis « Rien, je vais baver, je m'en bats les couilles. » Alors chacun ses problèmes. Il me dit « Tu peux me déposer chez moi en voiture ? » Je dis « J'ai pas de voiture. » Il me dit « Moi j'en ai une, mais comme j'ai la main brûlée, je peux pas conduire. » Il me dit « C'est à 40 kilomètres. » À l'époque, j'avais pas saisi que 40 kilomètres, c'est 3 heures de route. Je vais chez lui. À la fin, j'ai vécu 6 ou 7 mois chez lui. Et en fait, chez lui, c'était un temple vaudou. Un couvent, ça s'appelle, un couvent vaudou. Son père était le grand maître vaudou des Viosos, c'est une divinité vaudou. Et du coup, j'ai passé sept mois dans un univers vaudou, à voir vraiment toutes les cérémonies vaudou, etc. Et c'était drôle parce qu'à chaque fois que je sortais une ref, les mecs ne l'avaient pas. Je parlais des acteurs, ils ne connaissaient pas. Brad Pitt, jamais entendu parler. Des mecs comme ça, où tu dis, tout le monde le connaît. Quand tu parlais même des figures religieuses chrétiennes assez universelles, non, ils ne les avaient pas parce que leur religion, c'est le vaudou, tu vois. Et donc, ils m'ont inculqué le vaudou. Encore aujourd'hui, j'ai toujours mes gris-gris sur moi, tu vois. Ils m'ont dit, ça te protégera, c'est bon pour ce que t'as. Donc là, j'avais ça et je me disais, putain, il y a un univers là. Quand j'étais en Chine, pareil, t'es en Chine, tu visites la cité impériale.