- Speaker #0
Bienvenue dans ce nouvel épisode du Seikin Call, le podcast qui t'invite à prendre soin de toi, de ta spiritualité et à développer ta soif d'apprendre. Je suis Selma, fondatrice de la librairie musulmane Seikin et aujourd'hui,
- Speaker #1
après plusieurs mois d'absence, je reviens avec un épisode un peu spécial parce que ça fait un moment que j'avais envie, mais j'ai toujours repoussé, peut-être parce que c'est personnel et que j'aime pas quand c'est trop personnel ou alors c'est peut-être parce que j'avais pas les mots, je sais pas. Mais en tout cas, on va parler. du hijab de manière générale et de ma hijab story je suis déjà gênée, je trouve ça fait trop la mégalo la fille égocentrique qui raconte sa life alors qu'on lui a rien demandé mais en fait, en juin j'ai assisté à un événement qui luttait justement contre l'islamophobie où des jeunes filles racontaient partager leurs témoignages d'événements islamophobes qu'elles ont pu vivre dans leur quotidien ça m'avait beaucoup touchée parce que je m'y suis retrouvée vu que c'est des choses que moi-même j'ai vécues je suis passée par là Donc je me suis dit qu'on allait faire un épisode qui va durer je sais pas encore combien de temps, mais on va raconter un peu notre vie pour rappeler aux gens que vous n'êtes pas seul et que malgré les difficultés, on peut s'en sortir. Même si des fois c'est difficile et qu'on perd espoir, on peut s'en sortir. Il faut savoir que j'ai porté le hijab très jeune, donc je l'ai mis deux semaines avant mes 13 ans. Je crois que c'était le 27 juin 2012. 27 ou 28, à chaque fois je confonds. Il faut toujours que je retarde à un copine parce qu'on a la même date, mais je crois que c'est le 27 juin. Aujourd'hui, j'en ai 27, donc je peux vous dire qu'il s'en est passé des choses, des belles, des moins belles, des situations qui m'ont mis hors de moi, d'autres qui m'ont tellement construite en fait que j'en suis reconnaissante finalement. Je précise d'emblée, parce que je pense que c'est important de le dire, je ne suis pas là pour me plaindre, je ne suis pas là pour me victimiser, je ne suis pas là non plus pour faire un cours sur le hijab, de pourquoi il faut le mettre ou me justifier, etc. Je vais juste vous raconter mon vécu. Et si quelque part vous pouvez vous y retrouver, tant mieux, j'ai envie de vous dire. Déjà, il faut savoir que j'ai grandi au milieu de la communauté musulmane et que chez moi, le hijab, c'est quelque chose de totalement normal dans le sens où quasiment toutes les femmes de ma famille portent le hijab. Donc j'ai grandi au milieu de femmes qui portent le hijab. Pour moi, c'est une évidence. Donc n'attendez pas une story time de dingue, je vous précise direct. Je sais, il y en a, elles ont des trop belles story time, c'est trop touchant, elles ont fait un rêve, elles ont fait ci, elles ont eu le déclic à tel moment. Il n'y a pas de déclic chez moi. Il y a, je suis dans le respect des règles, le hijab c'est obligatoire, ça fait partie de la religion. Donc j'étais très contente de décider de le mettre. Je précise parce que combien de fois que j'avais 13 ans, 15 ans, 25 ans, combien de fois on m'a demandé. Mais c'est tes parents qui te font forcer. C'est ton frère qui t'a forcé, j'ai même pas de frère, on me parlait de mon frère inexistant. Je ne sais pas qui est mon frère mais apparemment il m'aurait forcé à le mettre. Donc je vais vous raconter la story time parce qu'en fait, même mes parents n'étaient pas au courant que j'allais le mettre. Donc ils étaient très loin de me forcer.
- Speaker #0
En fait,
- Speaker #1
c'est en 5e que j'ai décidé que j'allais le mettre. J'ai attendu le dernier jour de 5e, donc c'est-à-dire le jour où vous rendez les livres à l'école, au collège. Je suis retournée dans le métro parce que j'habitais à Marseille donc il y avait des métros à prendre pour rentrer chez moi. Je suis partie dans le photomaton,
- Speaker #0
qui est dans le métro.
- Speaker #1
Je vous le dirai, je vous fais une blague, mais je vous promets, c'est réel ce que je suis en train de vous raconter. Donc je suis allée dans ce métro, je suis rentrée dans le photomaton, j'ai mis le hijab et je suis ressortie, je suis rejointe à ma sœur pour qu'on aille faire du shopping. Elle m'a regardée, elle n'a pas compris. Elle m'a dit, mais pourquoi tu as le hijab sur la tête ? Je lui ai dit, parce que j'ai décidé de le mettre. Elle m'a dit, ah d'accord. Et du coup, on a continué le shopping comme si de rien n'était. Et pareil pour mes parents, je suis rentrée à la maison avec le hijab. Ils m'ont dit, mais pourquoi tu as le hijab sur la tête ? Ben parce que j'ai décidé de le mettre. Ah ok. Dites-vous, quelques semaines après, on est partis en vacances, vu que c'était les vacances d'été. On est allés à Poitiers. Mon père, c'était le caméraman de la famille, il était avec son appareil photo de l'époque. À un moment, je regarde les vidéos des vacances quand on rentre et j'entends mon père dire derrière. Dans la vidéo, on l'entend en voix off. Il demande à ma mère, mais Selma, elle a vraiment mis les hijabs ? Ma mère, elle lui dit, ben oui, je crois. C'est pour ça, quand j'entends, est-ce que c'était tes parents qui t'ont forcé ? Je me dis, mais vraiment, vous ne connaissez pas ma famille. Donc, hamdoulilah, c'est bien passé. Sauf que j'ai grandi dans des collèges et lycées privés catholiques. Et là, j'étais la seule voilée avec ma grande sœur. Et après, ma grande sœur est partie, forcément. Donc, j'étais tout le temps la seule dans tous les établissements. Et à 13 ans, je vous assure, c'est épuisant. Là, peut-être à 27, ça ne m'aurait pas dérangée. Mais à 13 ans, les gens, ils ne sont pas forcément méchants. Mais forcément, tu es adolescent, tu n'as pas confiance en toi. Tu ne rentres dans aucune case. Tu es différente des autres. Et je recevais des commentaires de tout le monde, que ce soit musulman ou pas musulman. Parce que même les musulmans avaient des clichés bien ancrés. Et je peux vous dire que je ne m'attendais pas à ça. Concernant certains... non musulmans, donc des camarades de classe, il y avait des parents qui votaient FN. Donc sachez qu'à l'époque, en tout cas, c'était grave la honte, on ne pouvait pas dire qu'on votait FN. Ben là, c'était dit devant moi. Et mes camarades de classe, du coup, me disaient « Non, mais t'inquiète, mes parents, ils t'aiment, toi, t'es pas comme les autres. » En fait, c'est quoi qui n'est pas comme les autres ? C'est juste que je ne correspondais pas aux stéréotypes qui se faisaient de la petite arabe, et que j'avais des bonnes notes. Au contraire, ils me demandaient même d'influencer leur fille en bien parce que je suis un cas à part. Donc il y avait la maman qui votait FN, qui ne savait pas que je savais qu'elle votait FN. Mais elle me demandait, oui, aide ma fille pour qu'elle ait des bonnes notes. Je ne veux pas qu'elle redouble. Donc en fait, ça va, je ne faisais pas trop arabe. Je ne rentrais pas trop dans ces clichés. Donc elle me tolérait. Et en fait, quand tu es ado, tu commences à apprendre à te sentir obligée de devoir prouver. Comme si tu étais la représentante de toute la communauté musulmane, tu dois montrer qu'on n'est pas des méchants, qu'on est des humains normaux, qui avons des projets, qui avons des qualités. Donc tu devais jouer la petite fille de 13 ans, parfaite. En vrai, je ne me rendais pas compte, mais 13 ans, c'est hyper jeune. J'avais l'impression que j'avais tout l'avenir de la communauté sur les épaules. Je ne sais pas si mes camarades ont voté FN comme leurs parents, enfin RN maintenant, mais j'espère que je les ai dissuadés. Bon, je rigole maintenant, mais c'est vrai qu'il y a eu des... situations, des anecdotes vraiment très très difficiles, très très marquantes. Il y en a une que je vous avais racontée sur Instagram. J'étais en troisième donc c'était encore difficile pour moi, en vrai, des fois de porter le hijab. Je vais être honnête, je ne vais pas dire « Ah non, c'était tous les jours facile. » Non, ce n'est pas vrai. Des fois, tu te dis « Ah, ça aurait été tellement plus simple ma vie si je ne le portais pas. » Mais bon, le but, c'est de faire un djihad et neuf, de toute façon. Tu luttes contre ce petit chétan qui fait que de te parler Et tu continues de faire ton obligation Même si t'as pas confiance en toi Et que t'as l'impression justement que le hijab Il te fait remarquer Et t'aimes pas du tout qu'on te remarque Bref du coup là je suis en 3ème Donc ça fait un an que je porte le hijab Là je devais aller faire un exposé Chez une copine Donc la copine première de la classe Elle passe sa vie à travailler Super génial j'ai hâte de faire l'exposé Moi aussi je suis bonne élève Et je crois que c'était notre exposé de français J'aime trop le français Donc... Je suis très contente d'aller faire cet exposé. Je pense que c'est le week-end. En tout cas, sa maman est là. Donc, sa maman arrive dans la chambre pour me saluer. Et là, je vois un regard plein de haine. J'étais super mal à l'aise. Je revois ses yeux bleus qui me transpercent. Mais sur le coup, elle ne me dit rien en face. Juste, elle me fixe avec plein de haine. Mais je comprends que c'est plein de haine. J'essaye de me rassurer en me disant mais non, Selma, tu te fais des films, tu es parano. Laisse passer. Je dois retourner chez cette copine pour... faire l'exposé. Vous allez dire, mais Selma, pourquoi tu l'as pas invitée chez toi, t'es allée chez elle ? J'habite super loin du collège, et je crois qu'elle avait même pas le droit de sortir toute seule à l'époque, donc c'était à moi de venir, vu qu'elle habitait vraiment à 3 minutes du collège. Et là, un jour, elle me prend à part après les cours, elle est super mal à l'aise. Je le vois, je l'en veux même pas, parce que la pauvre, ça se voyait, elle subissait ce que sa mère lui disait. Bon, je sais pas ce qu'elle est devenue maintenant, mais en tout cas, sur le coup, je vois qu'elle est super gênée de me dire ça, que ça vient pas d'elle. Elle s'excuse 50 000 fois en me disant que sa mère aimerait que j'enlève mon hijab pour rentrer chez eux, qu'elle ne veut plus me voir avec mon hijab dans leur maison. Ce n'est pas si on se rend compte de la folie. Tu as 14 ans, tu n'as pas confiance en toi et on te dit vraiment désolé, mais ma mère, elle déteste ton hijab, viens s'en steupler, comme ça, ça ne fait pas de problème. Alors que clairement, même si, ok, je suis encore un peu gênée de le mettre, je sais que le hijab, ça fait partie de moi, je sais que c'est mon identité. Et ton identité, tu apprends à l'accepter, à l'aimer. Et on te renvoie ça en pleine figure. Et quand c'est pas les non-musulmans, c'est les musulmans qui vont te lâcher des phrases. Mais ça sert à rien de le mettre vu que tu l'enlèves devant l'école. Ben merci, super encourageant. Au moins j'essaye de le mettre. Mais bon, vraiment, il n'y avait pas que du négatif. Il y avait beaucoup, beaucoup de positifs. Bon, déjà à l'école, il y avait toujours ceux qui faisaient attention que personne ne me prend en photo. Parce que forcément, on est des adolescents. Il y en a qui mettent des stories. Il y en a qui mettent des photos sur Instagram, etc. Autour de moi, il y avait toujours quelqu'un qui criait musulman ou non. Attention, il y a Selma. La prenez pas en photo, elle a pas son hijab. Je vous jure, c'est bête, mais ça me touchait trop. Que les gens fassent attention que j'étais pas la seule à devoir être vigilante, de pas finir sur une photo. Fille comme garçon, tout le monde était super bienveillant là-dessus. Donc à tous ceux qui étaient dans mon collège et mon lycée, je vous remercie pour ça. Vraiment, sachez, je pense à vous. Des fois, je prie comme ça pour vous, je demande merci à Dieu. J'avais aussi une fille avec qui je m'entendais super bien au lycée, qui était catholique, je crois. Et il y avait aussi un garçon qui était athée. Quand on sortait du lycée, il prenait le même chemin que moi. Et au lieu de juste partir, je me rappellerai toute ma vie comment ils attendaient, ils me tenaient mon sac pour que je puisse sortir mon hijab, tout ce qu'il y avait, vous savez, les épingles et tout. Parce qu'à l'époque, il n'y avait pas autant de hijab que maintenant. Il n'y avait pas autant de tenues modestes que maintenant. Donc, c'était une galère de porter le hijab. Les hijabis de 2014 savent. Eh bien, il y avait... toujours ces deux personnes qui restaient là, qui cherchaient avec moi où est-ce que j'ai mis mon bonnet, où est-ce que j'ai mis mon épingle. Je vous assure, à chaque fois, je les ressors en exemple. Ça me redonne espoir en l'humanité quand je pense à ces personnes. Vous croyez que je vais finir l'épisode en pleurant ? Parce que c'est vrai que c'est un peu freestyle, je vais dans tous les sens, je raconte 60 anecdotes, mais bon... On va essayer de pas pleurer. Et je sais évidemment que c'est Allah qui envoie ces personnes pour nous remotiver et nous redonner espoir. Donc vraiment, si j'avais un conseil à donner à mes petites sœurs qui mettent le hijab, Essayez de vous focaliser sur le positif. Je vous explique. Par exemple, une fois, j'avais beaucoup de ouest-ouest par rapport au hijab, etc. Plein de choses, en fait. On va dire des soucis d'adolescente, finalement. Je crois que j'avais 13 ou 14 ans. J'étais encore dans le métro. Il se passe beaucoup de choses dans le métro de Marseille, sachez-le. Bref, pardon. Donc je vivais beaucoup dans le métro, vu l'endroit où j'habitais. J'étais assise dans le métro comme d'habitude, et là, une dame me fixe. Mais quand je vous dis, elle me fixe, Je me sens super mal à l'aise, je ne suis pas bien. Je me dis, oh mon Dieu, qu'est-ce qu'elle va faire ? Peut-être qu'elle va m'arracher mon riche-chef, je ne sais pas. Bref, malheureusement, à force, je suis devenue parano. Déjà, parce que j'ai vu l'islamophobie en France, et aussi parce que j'ai regardé des séries criminelles toute mon adolescence. Et là, on arrive à un arrêt de métro, elle doit descendre. Et avant de descendre, elle se penche vers moi, et elle me dit, vous êtes très belle. Et elle part. C'est tout. Moi, je suis sous le choc. Je ne sais même pas si j'ai eu le temps de dire merci. Je crois que j'ai dit merci. Mais je suis trop contente quand elle me dit ça. Même pas parce qu'elle m'a dit qu'elle est belle. En fait, j'ai vu cette dame comme un signe d'Allah pour me remotiver. Pour me dire, regarde, je suis là. Je n'étais pas toute seule. Quand je vous dis, j'étais refaite. Je suis partie voir ma famille. Je leur ai dit, regardez, c'est trop bien de mettre le hijab. Il y a plein de signes. Allah, il est avec nous. Vous imaginez la puissance des mots. Cette femme, peut-être, elle ne se rappelle même pas de ce qu'elle a fait. Parce que c'était il y a... Attendez, j'ai quel âge ? C'était il y a 15 ans je crois, je suis plutôt jeune, mais je m'en rappelle encore et je suis en train de vous le raconter dans ce podcast. Et là je vais vous parler d'un truc super important, on va dire le truc qui m'a vraiment sauvée, je sais et je pèse mes mots quand je dis sauvée, mais avec le recul en fait je mesure à quel point c'était important. En fait vu que j'étais dans un collège lycée privé catholique et donc j'étais pas la seule musulmane mais voilà, on va dire j'étais la seule qui pratiquait, qui mettait le hijab etc. Sans juger les autres bien sûr. Juste pour vous faire une idée, j'avais l'impression que j'avais une double vie. La semaine, j'étais au collège, je devais expliquer, montrer que j'étais normale, essayer de rentrer dans le moule, sans tronquer mes valeurs bien sûr, mais l'impression de devoir prouver que je suis humaine comme vous, regardez. Mais le week-end, c'était le moment pour souffler. J'avais les cours d'arabe dans un centre musulman. Je ne dis pas que j'étais tous les jours contente d'aller aux cours d'arabe. Des fois, je me disais, c'est bon, je vais aller à l'école toute la semaine, je suis fatiguée le week-end. Mais en fait, à un moment donné, on avait un groupe d'adolescentes. Et là, c'était complètement différent dans le sens où je n'avais pas besoin de me justifier. Je n'étais pas la fille voilée. J'étais juste moi parce que c'était normal de porter le hijab. Il y en a qui ne le mettaient pas. Mais bon, forcément, elles avaient une famille musulmane. Donc, elles comprenaient ce que c'était. Et en fait, c'est le moment où tu pouvais souffler comme ça une fois dans la semaine. Et je vous assure que ça m'a beaucoup, beaucoup aidée. Ça m'a permis de rester, de tenir. à ma religion, sans en avoir honte en fait, d'être fière, d'être musulmane et de ne plus porter ça comme un fardeau. Ça m'a vraiment aidée et je pense que sans ça, je n'aurais pas tenu de la même façon. D'ailleurs, à mes 20 ans, on m'a proposé de créer un groupe d'adolescentes comme ça pour enseigner la religion et comme ce que j'avais eu quand j'étais plus jeune, en gros, je devais passer le flambeau et j'ai eu un gros syndrome de l'imposteur. Vraiment, je me suis dit mais non, je ne suis pas légitime, je suis qui moi pour faire ça ? Je ne peux pas, je n'ai rien à leur apporter. Mais en même temps, j'avais Merci. tellement vu l'importance d'avoir ce genre de cercle, de halaqa quand on est ado, que je me suis dit, je ne peux pas les laisser comme ça, les petites, je suis obligée. Même si j'apportais, ne serait-ce qu'un petit peu à une des filles, c'était ça, quoi. J'étais gagnante, donc j'ai dit oui. Parce que j'avais vu que c'était hyper important d'avoir ça quand on est ado. Et vraiment, si vous avez des enfants, ne les laissez pas tout seuls dans leur... coin en vous disant c'est bon, ils ont des amis à l'école. Je vous assure, ce genre de cercle, c'est tellement bénéfique parce qu'on n'était pas juste là à apprendre le Coran et la religion. On apprenait à aimer la religion, on apprenait à la comprendre et on apprenait à se connaître aussi entre nous. On faisait des activités entre nous. Enfin voilà, on vivait comme des adolescentes quoi. Et c'était trop bien. On alliait l'utile à l'agréable. On apprenait la biographie des femmes. Donc on voyait en fait que bah oui, à l'époque, il y avait des femmes musulmanes qui faisaient des choses. incroyable. Parce qu'à l'époque, je ne sais pas s'il y avait, en tout cas à 13 ans, je ne les connaissais pas, à 15 ans, je ne les connaissais pas ces livres-là. Mais je ne sais pas s'il y avait des livres comme maintenant, par exemple Les bâtisseuses d'une nation, Les femmes savantes de Jehanna Isawi, etc. Donc on connaissait quelques noms de femmes de prophètes, mais on ne connaissait pas tout ce qu'il y avait derrière, les sagesses, les savantes qui existaient, etc. Et donc là, dans ces halaqas, la moaïlima, on va dire, Elle nous expliquait bien ça et en fait elle te redonne espoir, elle te montre que oui, les femmes en islam elles font des choses incroyables. Même si on avait des exemples aussi dans notre entourage, alhamdoulilah, on avait des mamans investies dans les associations. Pour ma part, ma mère elle est prof. Elle était prof du coup. Donc, madame avait un bac plus 5 en lettres et tout le monde était choqué. À l'école, je parle évidemment. Dans les instituts, les associations et tout, ça ne choquait pas. C'est juste un être humain. Mais à l'école, tout le monde était choqué. C'est-à-dire que pour eux, c'était incompatible. C'était mais qu'est-ce que tu racontes ? Ta mère, elle est voilée. Elle a fait des études. Ta mère est une maman d'origine maghrébine et elle a travaillé. elle fait autre chose que du ménage. Et vous savez, ce qui m'a le plus choquée, c'est que ce genre de remarques ne venaient pas forcément des non-musulmans, ils venaient même des personnes d'origine maghrébine, en fait. Ils ont intériorisé les stéréotypes. Je me rappellerai toujours au lycée quand une camarade de classe m'avait dit ça. Elle m'avait dit, ah, mais ta maman n'est pas femme de ménage. Ben non, je vous croyais qu'il y a un seul métier dans le monde, j'ai pas compris. Évidemment, on a rien contre les femmes de ménage, mais il y a d'autres métiers dans le monde. Et donc, au lycée, ben écoutez, j'étais très fière de ma maman. C'est-à-dire qu'une fois, je me rappelle, il y avait une réunion pour tous les terminales. Parce qu'on devait aller réviser le bac. Un lycée privé très strict. Il fallait aller réviser le bac à la campagne. Ils nous ramenaient une semaine de réviser le bac à la campagne.
- Speaker #0
Ils voulaient absolument leur 100% de réussite à croire qu'on était en prépa.
- Speaker #1
Et cette année-là, c'était la première année où ça tombait pendant Ramadan. Donc ils ne savaient pas comment ils devaient gérer les petits muslims qui voulaient jeûner. Et je crois que ma mère s'était exprimée sur le sujet après la réunion. tous mes camarades étaient venus me voir en me disant « Mais waouh, ta mère s'exprime trop bien, elle est trop stylée ! » Moi, j'étais là toute fière. Mais en fait, je sais pourquoi ils étaient choqués qu'elle s'exprimait, c'est parce qu'elle avait un hijab sur la tête et qu'elle ne s'appelle pas Lucie. Mais bon, alhamdoulilah, ça fait presque 10 ans maintenant, donc je pense que de l'eau a coulé sur les ponts là-dessus, même si le travail n'est jamais fini. Mais on a de plus en plus de hijabis qui sont médecins, qui sont dentistes, qui sont professeurs, alhamdoulilah. Et j'espère que ça va continuer, bien sûr. Je rappelle, il n'y a pas des classes d'élite, il n'y a pas un métier meilleur qu'un autre. Mais c'est dans le sens où on est visible en fait. Et c'est ça qui dérange d'ailleurs, j'ai envie de vous dire. Mais si je vous raconte ça, c'est pour que vous compreniez que le hijab, ce n'est pas un frein. Oui, des fois, ça va être plus galère pour vous que pour d'autres, peut-être. Mais ne partez pas du principe de « Ah, je suis voilée, je ne peux pas faire ça. J'ai le hijab, je ne peux pas faire ça. » Si vous vous éloignez de quelque chose pour Allah, Allah, il vous donnera quelque chose de meilleur. Soyez calme. convaincu de ça. En fait, nous, il faut juste qu'on ait le tawakoul, c'est-à-dire qu'il faut juste se dire, ok, peut-être que je n'ai pas pris ce métier, justement, parce qu'ils n'acceptent pas le hijab, mais je sais qu'Allah, il va me donner mieux. Je ne suis pas en train d'idéaliser le truc, croyez-moi, je suis passée par là. À 18 ans, je suis rentrée à la fac, toute contente. J'ai été étudiante, je me suis dit, je vais prendre un job étudiant pour commencer ma vie d'adulte. J'avais vraiment hâte. Vraiment, je pense que je suis la seule humaine qui était trop excitée d'aller travailler juste pour vivre la vie d'adulte, en fait. je ne savais pas que j'allais me prendre un mur juste pour un job étudiant. Je commence à postuler pour du babysitting parce que j'aime trop les enfants. Je me dis que ça va être une bonne expérience. En plus, je suis en fac de psycho. Donc, je me dis que ça peut même être une belle expérience pour rajouter dans mon dossier. Je postule dans plusieurs agences. Vous savez, ceux qui mettent en lien les babysitters avec les parents. Il y a un entretien particulièrement qui m'avait marquée parce qu'en fait, le début des entretiens, il commence sur l'ordinateur. Tu passes des tests sur l'ordinateur. Donc, je fais mes petits tests avec les autres candidats. Je réussis les tests, évidemment. Et ensuite, on commence à remplir des papiers. Et la dame, pour moi, elle se penche vers moi et elle me dit, lisez bien tout. Donc là, je comprends. Je n'ai même pas besoin d'aller plus loin. J'ai bien compris, ma belle, que je dois lire. Et donc, je vois le règlement. En fait, elle m'avait glissé le règlement en même temps. Et dans le règlement, il y avait écrit qu'on n'avait le droit à aucun... signes religieux. Donc en gros, si je voulais garder des enfants, il fallait que je me promène dans la rue sans hijab, ou j'aille les chercher à l'école sans hijab, etc. Ce qui était pour moi hors de question. Et ça, évidemment, c'est pas arrivé qu'une fois, pas deux. Combien de fois je suis sortie d'un entretien en pleurant ? Et là encore, tu te dis, mais pourquoi je peux pas être comme les autres filles de mon âge ? Je veux juste avoir une certaine indépendance financière et on me l'enlève. Même si, évidemment, il y avait toujours mes parents derrière moi, mais j'ai quand même envie d'être autonome. Mais bon, on va dire que ça m'a forgée. C'est à ce moment-là que je me suis dit, mais en fait, le problème, ce n'est pas mon hijab, c'est le regard que les gens ont. J'ai compris que ce n'était pas le hijab le frein. Je vais arrêter de me dire, ah, mais si je n'avais pas le hijab, j'aurais pu faire ci, j'aurais pu faire ça. Non, c'est que j'ai arrêté de me retourner contre quelque chose qui fait partie de moi. Et j'ai compris très tôt, de toute façon, ça, je l'avais compris dès le collège. Quand les gens normaux cherchent quelle orientation ils vont faire, moi, à chaque fois, je prenais en compte le truc de, il faut vraiment que... Je sois à mon compte. Il faut que je choisisse un métier qui me plaît à mon compte. Je dis n'importe quoi, par exemple, je veux être sage-femme, il faut que je prenne en compte le fait que ça sera sage-femme dans un cabinet, pas sage-femme dans un hôpital, du coup. De nos jours, je trouve que c'est plus simple, parce qu'on peut plus facilement aller travailler à l'étranger, etc. Ça, c'est un peu plus démocratisé, on va dire. Mais bon... A l'époque, en tout cas, à 12-13 ans, je ne savais pas qu'on pouvait faire ça. Mais dans tous les cas, moi, j'ai toujours aimé être à mon compte. Je voulais toujours construire quelque chose qui m'appartient à moi. Surtout que vous ne pouvez pas imaginer le nombre de remarques que j'ai entendues du genre « Mais pourquoi tu fais des études ? De toute façon, avec ton hijab, tu ne vas jamais travailler. » Ben merci. Heureusement que je n'ai jamais écouté ces personnes. Au contraire, ça m'a donné plus de motivation pour leur prouver qu'ils avaient tort. Et c'est à 23 ans qu'a commencé l'entrepreneuriat, on va dire. Mes 20 ans, 21 ans, je m'étais un peu renseignée sur l'affiliation, etc. Mais vraiment, concrètement... Quand je me lance en tant que freelance, c'est à 23 ans. Et là, en fait, vu que je suis chez moi, dans ma bulle, avec des clients qui savent que je suis voilée et que ça ne dérange pas, évidemment. Je crois d'ailleurs que la plupart étaient musulmans, mais je n'ai même pas fait exprès. Ce n'était pas dans mes critères, dans mon client idéal. Mais voilà, alhamdoulilah, j'ai attiré des gens pour qui ça ne posait pas problème, évidemment. Et là, j'oublie en fait tous ces problèmes de hijab, de « mais est-ce qu'on va m'accepter ? Est-ce que je vais réussir à faire ce stage avec ça, avec mon hijab ? » etc. Et j'oublie, ça sort de ma tête, jusqu'à un jour, fin 2023, un incident se déroule. Alors 2023, c'est une année où j'ai subi une grosse épreuve dans ma vie. Et forcément, j'ai décidé de me reprendre en main. Je me suis dit, ok, là, il faut que je fasse quelque chose qui me plaît. Il faut que je fasse du bien. Qu'est-ce que j'ai procrastiné, que je n'ai pas fait, alors que j'ai toujours voulu faire ? Et une des choses que je voulais absolument faire, c'était de l'équitation. Voilà, prenez-moi pour un gosse, yao ! aucun problème. Mais voilà, j'en ai toujours fait occasionnellement. J'aime trop ça. Mais là, je voulais le faire de manière régulière. Donc, je prends un cours d'essai pour, par la suite, m'inscrire. Quand je vous dis que j'étais toute excitée d'aller au cours d'essai, j'en parle à mes copines, j'en parle à ma sœur. Et quand je dis le lieu, ma sœur, elle me dit, mais Selma, fais attention quand même. Cette ville, c'est une petite ville à côté d'Avignon. Elle me dit, mais cette ville, quand même, c'est une ville de fachos. Fais attention. Je lui dis, mais non, tranquille. Je vais aller jouer avec les petits poneys. Tout va bien se passer. Que nenni ! j'arrive, le monsieur me regarde un regard noir, un regard glacial j'ai cru, en plus on était tout seul à ce moment là un dimanche matin, j'ai cru qu'il allait me tuer sur place et avant même que j'ouvre la bouche, avant que je finisse de dire bonjour monsieur, j'espère que vous allez bien il tape sur la porte de l'espèce d'écurie, il tape fort sur la porte de l'écurie et il crie lisez, donc là je vois qu'il y avait un règlement affiché mais en fait je ne lui lis pas Merci. Je fais genre, je le regarde, mais j'ai compris que le règlement interdisait le hijab pour des raisons, attention, préparez-vous, pour des raisons d'hygiène et de sécurité. Je me disais, mais attendez, excusez-moi, mon hijab est plus propre que des cheveux où il pourrait avoir des poux ou autre. Enfin, je ne sais pas, ça me paraissait logique. Et là, il me dit que je dois enlever mon hijab et mettre une charlotte à la place. Là aussi, je n'ai pas très bien compris. Il me parle de sécurité alors que j'ai fait de l'équitation dans des tas de villes, que ce soit en France ou ailleurs. Le gilet n'a jamais posé problème. Je ne suis pas arrivée avec un long gilet qui traîne. Je ne voyais pas où était la problématique. Et là, j'essaye de parler avec le monsieur. Il ne fait que crier à un moment carrément. Il lâche. Mais de toute façon, c'est toujours pareil avec vous. Je savais que ça allait poser problème. Donc écoutez, il ne m'en faut pas plus pour déguerpir. On est dimanche. C'est le matin. Déjà, je te parle. Tu sais que je suis gentille. Mais en plus, tu viens me crier dessus et me dire que c'est pareil avec vous. C'est qui vous, monsieur ? Donc en fait, il me dit, même si j'avais gain de cause. C'est-à-dire que même si j'arrive à faire reconnaître mes droits, j'ai le droit de faire de l'équitation comme ça, même si j'avais réussi à avoir gain de cause, je ne donne pas mon argent. Je donne mon argent à des gens normaux, pas islamophobes. Parce que le règlement de sécurité et hygiène, on avait très bien compris que c'était que pour les hijabs. C'est que les hijabs qui posent problème. Donc je fais demi-tour, je retourne dans la voiture. Je vous assure que je n'étais plus dans le même mood qu'au départ. Au départ, j'étais là pleine d'ambition, comme une gamine à sauter partout. Là, c'était plus pareil. Il m'a gâché la journée. J'ai mis un mauvais avis Google. J'ai vu que visiblement, je n'étais pas la seule. Et depuis, j'ai vu que cet endroit a fermé. Alhamdoulilah, j'en suis très heureuse. Je ne vous ment pas.
- Speaker #0
Ce n'est pas bien le malheur des heures. Il faut faire le bonheur des autres. Je peux vous le dire.
- Speaker #1
Mais sur le coup, forcément, je suis partie très, très, très en colère. J'avais la gorge nouée. Parce que bon, ça faisait longtemps que je n'avais plus vécu quelque chose comme ça. Et là, d'un coup, ça me renvoyait à tout. On remarque dans le métro. à des remarques islamophobes qui venaient même de députés à toutes ces années où je me suis battue, battue pour prouver qu'on est normaux, on a des droits, respectez-les en fait. Mais bon, ça m'a mis une claque pour me rappeler que le combat n'était pas fini, il n'est jamais fini et qu'il faut continuer d'agir parce que même si tu n'agis pas pour toi, tu agis pour tes autres sœurs. Quelques mois après, presque un an après je crois, j'ai lancé la librairie Sakin, ma petite librairie musulmane, mon petit bébé. À 25 ans, je l'ai lancé. En fait, mes meilleurs souvenirs, Je le dis souvent, mes meilleurs souvenirs de mon enfance, c'était dans des librairies et des bibliothèques. C'est là où je me sentais bien, c'est là où je respirais. J'étais dans ma bulle et je me justifiais de rien. Donc, ma petite librairie, elle est vraiment née d'une passion pour la lecture, mais aussi d'une envie de transmettre, de conseiller, de montrer aux gens qu'on peut nourrir sa foi, mais de manière plaisante. Parce que j'en avais un petit peu marre de l'idée que les livres islamiques, c'est forcément... très gros, très compliqué à lire, réservé à des érudits. Alors que non, il y a des livres pour tous les niveaux. Il y a des livres magnifiques, profonds, poétiques, qui te font grandir sans que tu t'en rendes compte et qui te donnent autant de frissons qu'un livre qui est écrit par quelqu'un qui n'est pas musulman. Tu peux lire de tout, en fait. Et c'est comme ça que j'ai voulu créer cette safe place, donc un endroit où tu arrives, même virtuellement, parce que c'est une librairie en ligne, et que tu souffles. où tu vas trouver des livres qui te correspondent, où on te parle avec bienveillance et que tu n'as rien à prouver. Donc au fond, c'est ce que je cherchais un peu, on va dire, et que j'ai voulu offrir aux autres. J'espère et vraiment je veux que mes petites sœurs, quand je dis mes petites sœurs, c'est-à-dire les femmes musulmanes plus jeunes que moi, mais même celles qui sont plus âgées que moi, je veux qu'elles comprennent l'importance d'apprendre leur religion, mais aussi d'apprendre leur droit, que ce soit leur droit. en islam ou leurs droits dans le pays où elles vivent pour pouvoir se défendre parce que des fois on est défaitiste on se dit ah mais c'est bon on peut rien faire alors qu'il y a des lois il y a des assauts pour défendre vos lois et pour vos droits, pardon, il y a des assos pour lutter contre l'islamophobie et on se doit de les soutenir au passage, que ce soit le CCIE ou les associations locales. À Marseille, je sais qu'il y a Ouma 13 et à Avignon, il y a le collectif des résilientes. S'il vous plaît, suivez-les sur les réseaux sociaux. Et en fait, dites-vous que quand vous laissez passer des choses, par exemple, dans une ville, je crois que c'est à Avignon, je ne sais plus, il y avait à un moment une école qui a décidé... que les mamans ne pouvaient plus rentrer dans l'établissement avec leur hijab, ce qui est totalement interdit. Eh bien, les mamans, vu qu'elles ne connaissaient pas leurs droits, elles ont dit, ah ben mince, on ne peut plus rentrer. Et elles sont restées comme ça. Mais sauf que si vous acceptez, ça veut dire que vous acceptez pour vous, mais vous acceptez pour toutes celles qui vont arriver après vous. En fait, l'établissement va se dire quoi ? Une, elle a accepté, elles vont tout accepter en fait. Et celle qui ne veut pas accepter, elle part. Alors que personne n'a accepté ça. Ça n'existe pas dans aucun règlement, dans aucune loi. ne les autorise à faire quelque chose comme ça. Mais ça, on peut le savoir que quand on connaît nos droits. Et on peut défendre nos droits quand les connaissons. Donc s'il vous plaît, même si vous avez la flemme pour vous, vous vous dites, ah ben non, rappelez-vous qu'il y a des gens derrière vous. Rappelez-vous qu'on est une communauté, rappelez-vous qu'on est solidaires. Donc si vous ne le faites pas pour vous, faites-le pour les autres. Et je répète, ce n'est pas parce qu'on a un riche sur la tête qu'on doit abandonner nos rêves, qu'on doit abandonner nos passions. Même si parfois, oui, ça va être très difficile, c'est très difficile. C'est un fait, c'est très très. très difficile. Je ne vous dis pas le nombre de fois où j'ai pleuré de nerfs. Mais, il ne faut pas perdre espoir. Il faut se rappeler que les difficultés, c'est là pour nous forger, c'est là pour nous apprendre la résilience, et c'est là pour qu'on persévère, qu'on apprenne à persévérer en fait. Quand vous vous battez pour ce que vous voulez, ça a une meilleure saveur quand vous l'avez. Peut-être que si je n'avais pas subi toute cette islamophobie, je ne me battrais pas autant pour mes projets. Là, en fait, je me dis tout le temps, mais tu n'as pas le choix. Tu n'as pas d'autre option que de réussir. Parce que, je n'aime pas Travailler pour quelqu'un, déjà, ça c'est un fait. Mais aussi, j'ai pas envie de demander l'autorisation pour qu'on me laisse porter mon hijab. Ça fait partie de moi, je vais pas te demander l'autorisation d'être qui je suis. Donc voilà, c'était ma petite hijab story. J'espère que ça vous a plu, même si c'était assez personnel. C'est différent de ce que je fais d'habitude. Mais j'espère que ça vous a parlé d'une façon ou d'une autre. Voyez mon contenu des fois comme un message d'espoir. Je sais que c'est un peu naïf dit comme ça. Mais j'aime bien remotiver les troupes, rappeler aux gens que pour Allah, rien n'est impossible, même quand on a vécu des choses difficiles. Donc si vous avez vécu des choses similaires, si vous êtes reconnus dans certains passages, vous pouvez me parler sur les réseaux sociaux en DM. Parce que ces témoignages-là, vraiment, ça compte pour moi. Et si cet épisode a résonné ou peut résonner chez quelqu'un que vous connaissez, je vous invite à le partager. Si cet épisode vous a plu... Je vous invite aussi à laisser 5 étoiles sur votre plateforme d'écoute. Et on se dit à très vite pour un nouvel épisode. Assalamualaikum.