- Speaker #0
Sans pluie, pas d'arc-en-ciel. Un podcast dédié aux femmes inspirantes qui se sont révélées et ont trouvé leur voie suite à une épreuve. L'arc-en-ciel, c'est le bonheur après l'épreuve. Bonheur que l'on apprécie justement davantage grâce aux obstacles rencontrés sur son chemin. Je suis Sarah Pébraud, comédienne, humoriste et auteur. J'ai eu un cancer du sein à 30 ans. J'en ai fait un spectacle qui s'appelle « K surprise » après avoir publié un livre « Sarah, 30 ans, mon cancer, même pas peur » . Suite à mon cancer, j'ai eu mon plus bel arc-en-ciel, un bébé. « Sans pluie, pas d'arc-en-ciel » , un titre inspiré de ma grand-mère adorée, Mamé. Grâce au récit de mes invités, vous serez, je l'espère, inspirés, reboostés, emplis d'espoir. Pour ne plus attendre, vous affirmez dans votre voix et donnez tout pour réaliser vos rêves. Ronsard écrivait « C'est la nuit qu'il est beau de croire à la lumière » . L'épreuve est une occasion donnée pour donner une nouvelle direction à sa vie et réaliser ses rêves. Sans pluie, pas d'arc-en-ciel. Aujourd'hui, je reçois Juliette Chambolet. Juliette est actrice. Elle a lancé en septembre 2025 un podcast intitulé « Nuit noire, nuit blanche » . Juliette vient nous parler de sa tempête. Lorsqu'elle était adolescente, elle a été victime de violences sexuelles par un autre adolescent, ce qui est rare, et d'amnésies traumatiques. Elle ne s'en souvenait pas du tout. Elle revoit une amie dix ans plus tard qui lui reparle de la soirée en question. de cette fille enfermée dans une chambre et lui révèle que c'était elle. Sa tempête, c'est cet événement bien sûr, mais c'est surtout son amnésie traumatique et le parcours judiciaire qui a suivi, car elle a décidé de porter plainte. Comme le partage Juliette, sortir de l'amnésie à 25 ans, alors qu'elle avait 14 ans au moment des faits, s'en rappeler par vagues à un moment où sa vie était assez sereine et se lancer dans une émarge judiciaire qui a duré 5 ans, ça a été une double peine. Son arc-en-ciel est arrivé en plusieurs étapes. Sur le conseil de ses amis, elle a écrit pour elle tout ce qui se passait, et s'est enregistrée sur son téléphone pendant les vagues entre les rendez-vous de ce long parcours judiciaire, ce qui a été à la fois salvateur et utile, pour ne pas oublier les informations de son avocate. Au fur et à mesure, cela a donné naissance à son arc-en-ciel, son podcast « Nuit noire, nuit blanche » , co-écrit avec Chloé Kobuta, pour lequel elle a décidé de mêler la fiction à sa propre histoire, et s'est entourée de 50 comédiens qui rejouent chaque étape de ce parcours. Il lui tenait à cœur d'intégrer une part de fiction afin d'ajouter des étapes clés qu'elle n'avait pas vécues elle-même, mais de long partage lui semblait essentiel. « J'avais envie de créer quelque chose d'artistique » , nous confie Juliette, « et d'aider les gens » . Son conseil ? « C'est normal de perdre espoir. Il faut accepter qu'on ne soit pas fort tout le temps. C'est normal d'avoir des moments de découragement, qu'on ne voit pas le bout du tunnel. Tout ça, c'est normal. Il faut se déculpabiliser. C'est plus ou moins long, la sortie du tunnel. » Mais elle arrive. Juliette Lambolet. Chance ou malchance ? Qui sait ?
- Speaker #1
Bonjour Juliette. Bonjour. Merci d'être avec moi aujourd'hui.
- Speaker #2
Merci à toi de m'avoir invitée.
- Speaker #1
Est-ce que pour commencer, je peux te demander de te présenter ?
- Speaker #2
Oui, je m'appelle Juliette Sengolet, je suis actrice et j'ai aussi créé un podcast qui s'appelle Nuit Noire, Nuit Blanche, qui est sorti en septembre dernier.
- Speaker #1
Dont on va parler un peu plus tout à l'heure.
- Speaker #2
Dont on va parler un petit peu plus. Suspense, suspense.
- Speaker #1
Comment tenir l'audience en attente. Alors, avant qu'on parle de ta tempête, on va remonter un petit peu en arrière. Est-ce que tu te rappelles à quoi tu jouais quand tu étais enfant ?
- Speaker #2
Alors, quand j'étais enfant, j'étais très solitaire. Et je me souviens que j'adorais... C'est assez classique, mais j'adorais dessiner. Et donc, je passais des heures et des heures à dessiner. Un peu tout et n'importe quoi. Je me souviens que j'étais un peu obsédée par les yeux. Donc, je dessinais des yeux hyper détaillés. Donc, c'est la seule chose que je sens encore dessiner aujourd'hui. Et aux billes.
- Speaker #1
Ah oui !
- Speaker #2
Sauf que j'inventais des histoires entre les billes. Je ne jouais pas vraiment aux billes, tu vois, comme on joue aux billes normalement, mais comme des petits personnages. Je créais des villages de billes.
- Speaker #1
Vous faisiez les barbiers avec les billes ? Il y avait Ken ou pas ?
- Speaker #2
Ouais, c'était un petit village de billes. Je me souviens, c'était un peu particulier, mais bon, voilà. C'était la manière de jouer aux billes, ouais.
- Speaker #1
J'aime beaucoup lire des débiles personnages.
- Speaker #2
Et j'avais de la pâte à modeler. En fait, je crois que j'étais hyper manuelle.
- Speaker #1
Je suis impressionnée par le dessin, les personnages. Oui,
- Speaker #2
je dessinais, je faisais de la pâte à modeler. Enfant, enfant, d'accord. Je faisais de la pâte à modeler et jouais avec des billes. C'était ça mon quotidien.
- Speaker #1
Attends, c'est bien. Et tu as l'impression que c'est simple. C'est beaucoup plus original que tout ce que j'ai. Il ne faut pas le dire aux autres. Parfois, il y a la team Barbie ou plutôt Robasso-Cruzoé. Dans la nature, dans les arbres ou Barbie. Je pousse le trait, mais on a pas mal. Parfois, les deux. Ce qui est intéressant aussi. Je vais au Barbie dans les arbres.
- Speaker #2
Ah, pas mal, pas mal. Moi, pour le coup, j'habite à Paris.
- Speaker #1
Les arbres, je suis forcément les arbres.
- Speaker #2
Et les Barbies, non pas trop.
- Speaker #1
Tu n'as pas forcément envie d'escalader.
- Speaker #2
Je n'étais pas trop Barbie. Non, ce n'était pas trop mon truc.
- Speaker #1
J'aime beaucoup les blagues comme quoi. Et est-ce que tu avais des rêves quand tu étais enfant, pour plus tard ?
- Speaker #2
Qu'est-ce que c'était tes rêves ? Comme je te disais, j'étais vraiment solitaire. Donc, pour le coup, je passais des heures à rébasser, à dessiner. Et ouais, je pense que j'avais deux rêves. Alors, un rêve, j'avais dû voir ça, je ne sais pas, dans un magazine. Mais je voulais peindre. sur des corps, faire du body painting. Ah oui ! Mais je n'appelais pas ça comme ça. Mais tu vois, je voulais dessiner. Bon, voilà. Et l'autre grand rêve, c'est que je voulais être exploratrice. J'ai exploré le monde et je me disais qu'il y avait forcément des endroits dans le monde qui n'étaient pas encore connus. Et je voulais partir à l'aventure un peu. Que ça s'implique. Ça s'est passé un peu différemment.
- Speaker #1
Il y a des liens. C'est pour ça que j'aime bien parler de l'enfance. Dans tout ce que tu m'as dit, il y a beaucoup de liens avec ce que tu fais aujourd'hui.
- Speaker #2
J'ai commencé à tourner dans des films quand j'avais 8 ans. Je pense que c'était une manière d'explorer d'autres vies. C'est un peu classique.
- Speaker #1
Pour moi, c'est ça aussi. Tu as voyagé très tôt.
- Speaker #2
Oui, finalement.
- Speaker #1
Avec des moyens pour arriver à voyager encore plus vite et plus loin, sans physiquement forcément bouger, mais à travers les films ou les rôles.
- Speaker #2
exactement, je pense que c'était une manière d'explorer complètement, et ça venait vraiment de cette envie d'explorer le monde de partir de ma chambre de ma feuille de papier avec mon clou bravo,
- Speaker #1
t'as bien réussi merci on va parler de ta tempête On parlera de l'arc-en-ciel après parce que sans plus pas d'arc-en-ciel. Qu'est-ce que tu peux partager avec nous de ta tempête ?
- Speaker #2
Je pense que comme beaucoup de gens, j'ai eu plusieurs tempêtes. Mais en tout cas, la tempête dont on va parler, c'est celle qui a donné lieu à un podcast par la suite. C'est le début du podcast justement. C'est que quand j'étais ado, malheureusement, j'ai été victime de violence sexuelle par un autre adolescent. Et ça, c'est assez rare, je pense. Et d'amnésie traumatique. C'est-à-dire que je ne m'en souvenais plus du tout. Et donc, c'est une amie que j'ai revue dix ans après, quand j'avais 25 ans, que j'ai revue. On allait dîner ensemble. on s'est rappelé un peu les bons souvenirs d'enfance, etc. Et puis au bout d'un moment, elle me dit, mais est-ce que tu te souviens de cette soirée ? C'était la toute première soirée qu'on faisait en tant qu'adolescent avec de l'alcool. Et elle me dit, mais est-ce que tu te souviens de cette soirée qu'on avait faite chez moi ? Et il y a cette fille qui a été enfermée dans une chambre. Et je me dis, mais qui est cette fille ? Elle me dit, c'était toi. Et à ce moment-là, elle me dit que ça fait dix ans que je voulais t'en parler. Je suis devenue avocate, tu peux porter plainte. Et donc, c'est l'histoire du podcast. Et c'est à ce moment-là que... Alors moi, c'est un peu particulier, c'est que j'avais des flashs de temps en temps, mais je ne m'en souvenais pas très bien. Donc, c'est plus sur l'amnésie traumatique et surtout sur le fait que j'ai décidé de porter plainte. Et donc, c'est sur tout le parcours judiciaire par la suite. Et je pense que, du coup, la tempête, c'est évidemment l'événement lui-même, etc. Bien sûr, oui.
- Speaker #1
Mais c'est aussi... Qui ne devrait jamais arriver, mais en plus à l'adolescence, qui est un moment terrible aussi.
- Speaker #2
Oui, bien sûr, à n'importe quel âge, mais c'est sûr que... Oui,
- Speaker #1
bien sûr. Non, je trouve que c'est parce que c'est un moment justement... Construit. Oui, c'est ça, exactement.
- Speaker #2
Et c'est vrai que je trouve qu'il y a eu un peu une double tempête. Mais c'est le fait de sortir de l'amnésie beaucoup plus tard, c'est-à-dire à 25 ans, alors que l'événement a eu lieu quand j'avais 14 ans. Et donc, en fait, de m'en rappeler par vagues, alors qu'à ce moment-là, ma vie était assez sereine, finalement. et de me lancer dans une démarche judiciaire qui a duré 5 ans.
- Speaker #1
C'est vraiment en plus. C'est bien quand on arrive à le faire. Et bravo d'avoir eu le courage de te lancer là-dedans.
- Speaker #2
Merci.
- Speaker #1
C'est un autre trauma, j'imagine, d'avoir à se lancer là-dedans aussi. Je n'ai pas utilisé le mauvais mot, mais en tout cas...
- Speaker #2
C'est exactement ça. On parle d'une sorte de double peine. En tout cas, en France, il y a vraiment un problème avec la... encore aujourd'hui avec le système judiciaire et les violences sexuelles, c'est sûr, il y a encore plein de choses à inventer et à essayer de faire évoluer. Mais du coup, je pense que c'est ça cette deuxième tempête, c'est vraiment de m'être lancée en me disant, c'est la fin, c'est bon, j'ai porté plainte, moi j'ai fini,
- Speaker #1
j'ai... Et en fait,
- Speaker #2
c'était le début d'un deuxième, où on est appelé très régulièrement à... par la justice, avec plein de rendez-vous différents, avant même l'idée d'un procès. C'est vrai,
- Speaker #1
c'est vrai qu'on ne se rend pas compte, en fait, de ça. On peut supposer qu'il y a une phase préparatoire, mais donc, en fait, il y a énormément d'épisodes, et c'est ce qui fait que ça dure très longtemps. Exactement,
- Speaker #2
ouais. Il y a plein de raisons pour lesquelles c'est très long. C'est aussi parce que, malheureusement, il y a beaucoup de cas, il n'y a pas assez d'argent dans la justice. Et puis après, on met des priorités sur des dossiers. Et il y a plein de rendez-vous complètement différents auxquels je n'avais jamais réfléchi et dont je n'avais jamais entendu parler. Et tu vois, par exemple, dans les films, dans les séries, on voit souvent des procès, les accusés à la barre. Tout cet inconscient collectif qu'on a, qui est qu'il y a un procès comme ça dans un énorme palais de justice, c'est très rare qu'on en arrive là. Et il y a tout un système de casting, limite, en fait, pour en arriver potentiellement à un procès. Pour voir si tu es,
- Speaker #1
par nom de terme, légitime à aller jusqu'à... Ou en tout cas, qu'il y a, si je puis dire, des éléments qui font que tu vas... C'est ça ?
- Speaker #2
Oui, parce que ça coûte tellement cher, en fait, surtout un procès aux assises. Donc, c'est tellement cher qu'il faut avoir énormément de preuves pour pouvoir ouvrir un procès. Et donc, c'est tout ça que j'ai découvert en portant plainte. et je me suis dit Donc, je m'en suis embarquée.
- Speaker #1
J'imagine. Comme tu dis, tu disais, c'est refermé. Là, tout à coup, d'être questionnée. Parce que c'est ça, j'imagine. C'est-à-dire que tu es questionnée par différentes personnes. En plus, ça te... Oui, exactement. Ça te replonge.
- Speaker #2
C'est vrai que ça replonge dans les souvenirs. Alors moi, en fait, et là, on parlera après de l'arc-en-ciel, mais ça m'a aussi permis de retrouver tous mes souvenirs. En fait, à force d'être questionnée, à force de devoir faire ce travail, en fait, d'être forcée, de le faire et pas que par la thérapie d'être forcée par la justice d'être vraiment précise parce qu'évidemment là on parle de précision, d'avoir des preuves tangibles etc en fait à force de questionner ma mémoire ça fait que tout est revenu en tout cas la grande majorité d'histoire et tout ça donc moi ça a été aussi bénéfique bizarrement Oui.
- Speaker #1
Oui, quelque part, d'avoir vraiment tous les éléments. C'était peut-être de cette façon-là que tu pouvais refermer, si je puis dire, vraiment le chapitre.
- Speaker #2
Oui, mais quand j'étais dans la tempête, comme tu dis, et je trouve que c'est un très joli terme, je pense que je ne voyais pas du tout en quoi c'était bénéfique. Parce que j'avais l'impression de me replonger à chaque fois, de me dire de me relever. Et puis ensuite, un an plus tard, j'étais rappelée. Et puis après quelques mois plus tard, j'étais rappelée. Ah,
- Speaker #1
mais c'est autant. Ouais,
- Speaker #2
tu vois, donc en fait, tu... t'avances sur ton chemin et puis après on te replonge et puis il faut que tu sois c'est ça qui est particulier avec la justice c'est qu'il faut que tu sois exactement au présent de l'événement et donc moi c'était il y a plus de 10 ans, plus de 15 ans voilà c'est tout ça mais ces étapes là ont finalement permis de retrouver la mémoire, de digérer tout ça, de process et puis le temps long finalement, les 5 ans Je ne dis pas du tout qu'il faut que ça dure 5 ans, je pense qu'il faudra vraiment raccourcir les délais. Mais en tout cas, moi personnellement, avec le recul, je me rends compte que ça m'a permis de digérer, de me rappeler. Et je pense que si ça avait été plus court, ça aurait été moins douloureux, mais peut-être un peu moins efficace, peut-être. Bizarrement. Je me permets de dire ça maintenant, parce que ça fait longtemps que c'est terminé, etc. C'est tout le système judiciaire. Et je sais qu'il y a d'autres pays, notamment en Australie, pays que je connais bien, où c'est beaucoup plus rapide, par exemple, et donc plus efficace, d'une certaine manière. Donc il y a plein d'éléments dont il faut s'inspirer dans d'autres pays, forcément. Mais voilà, ouais. C'est vrai que ça a été compliqué et grosse tempête.
- Speaker #1
Ben oui.
- Speaker #2
Mais on est là aujourd'hui pour parler de la suite. Oui, bien sûr,
- Speaker #1
pour parler de la suite. Mais oui, mais c'est une sacrée tempête et merci de le partager. Même si on va parler de la suite et tu en as fait quelque chose, merci de le partager parce que je pense que ça peut aider beaucoup de personnes. Et je crois que l'amnésie traumatique arrive dans beaucoup de cas. Donc, merci.
- Speaker #2
Complètement. Oui, ça, c'est un truc dont on parle peu aussi. C'est vrai, c'est... C'est un vrai problème, d'ailleurs, justement, face à la justice, c'est que quand on a un choc traumatique, quel qu'il soit, d'ailleurs, ce n'est pas que les violences sexuelles, mais souvent, on a une amnésie et c'est un peu compliqué face à la justice où on doit être hyper précis et avoir une mémoire de faire. Là où, parfois, justement, la mémoire s'efface toute seule, mais même par survie. Oui, bien sûr,
- Speaker #1
j'imagine que c'est une protection.
- Speaker #2
Oui. Du coup, c'est un peu ces deux enjeux-là d'être assez précis face à la justice tout en luttant.
- Speaker #1
D'être dans un brouillard un peu du moment.
- Speaker #2
C'est ça. Et là, on en parle heureusement de plus en plus, depuis tout, etc. Et tant mieux. Et je trouve qu'en tout cas, à ce moment-là, je me suis dit que c'est important aussi de parler du... de la suite, parce que je me souviens qu'au moment de MeToo, et tant mieux, on disait que c'était important de porter plainte, mais même pour avoir de plus en plus de statistiques, par exemple. Mais je trouve que c'est important de savoir dans quoi on s'embarque, quels sont les enjeux. Après, chaque histoire et chaque parcours est différent, mais en tout cas, au moment où j'ai porté plainte, je n'avais pas assez d'éléments, je n'avais pas assez de sources. Je cherchais des podcasts, des films, des livres, etc. Et il y en avait, mais Et... Mais je trouve que ce n'était pas assez réaliste.
- Speaker #1
J'allais dire, ce n'était peut-être pas tout simplement quelqu'un qui était passé par là. Je ne dis pas qu'il ne peut pas y avoir des experts sans l'avoir vécu, mais c'est quand même très différent.
- Speaker #2
Oui, peut-être.
- Speaker #1
Tu ne peux jamais te mettre à la place et tout savoir, à part quelqu'un qui a vécu.
- Speaker #2
C'est vrai, tu as raison, c'est peut-être ça.
- Speaker #1
C'est la limite en tout cas. Je pense que tu peux peut-être avoir des conseils de personnes qui ont réfléchi sur le sujet.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #1
Mais ça ne sera jamais, comme tu le dis, pareil que d'avoir vécu la réalité.
- Speaker #2
Mais c'est ça, mais après, des choses aussi très concrètes, tu vois, où je me suis dit, j'étais assez énervée. À ce moment-là, je me souviens, encore une fois, tu vois, contre les films, les séries policières, tous ces films, je te dis, où on montrait les procès, etc. Donc, en fait, c'est comme quand on montre un accouchement, en fait, on ne montre que le moment où le bébé sort, on ne montre pas, tu vois, toutes ces contractions, etc. Oui, c'est ça. En fait, l'accouchement,
- Speaker #1
quoi. La douleur 10, non, pardon, 12 sur 10.
- Speaker #2
Non, mais tu vois,
- Speaker #1
et tout ce moment-là. Oui, et tout ce, oui.
- Speaker #2
Et en fait, je réfléchissais à ça et je me disais, c'est fou. fou comme en fait, en tout cas, moi ça m'a vraiment forgé cette... C'est la raison pour laquelle j'ai porté plainte. Vraiment, je me suis dit ça va être la police qui va prendre le relais comme dans les films. Et j'étais assez énervée à ce moment-là en me disant non mais c'est pas possible. Si moi je pense comme ça, je dois pas être la seule. Et donc à mon humble échelle, je me suis dit faut que je documente ce parcours-là. Pour dire voilà, voilà la réalité. Il y a plein d'étapes, il y a plein de rendez-vous. Ça peut être différent pour chacun et chacune, mais soyez préparés.
- Speaker #1
Si tu es incarné de bord, il faut quelque chose qui est déjà à revivre en trauma et d'être armé. C'est quelqu'un qui l'a vécu, donc qui sait. Comme tu dis, même si chaque cas est différent, tu as quand même le vécu.
- Speaker #2
Oui, et je crois que les étapes judiciaires sont les mêmes. De toute façon,
- Speaker #1
même si l'histoire est différente, tu as un process que tu décris. Avant qu'on passe dans ton arc-en-ciel, parce que c'était une belle transition, je ne sais pas si tu veux dire comment cette tempête-là par rapport au jugement, est-ce qu'il y a eu un jugement ? Est-ce que c'est du côté de la justice ? Est-ce que ça a été, je ne sais pas les bons termes, est-ce que c'est allé au bout de la démarche et il y a pu avoir une condamnation ou autre ? Ah,
- Speaker #2
alors non, c'est ça tout le sujet. Et c'est pour ça qu'en fait, moi, j'ai trouvé ça important d'en parler. C'est que dans mon cas, par exemple, si on prend mon cas, j'avais énormément de preuves. J'ai eu de la chance de retrouver plein de preuves, plein de témoins. J'avais des témoins, ce qui est hyper rare. Ah oui,
- Speaker #1
c'est incroyable. Et puis, enfin, dix ans après, c'est plutôt ça. Dix ans après, tu vois,
- Speaker #2
de les retrouver, qu'ils acceptent de témoigner. Enfin, c'est toute une démarche aussi. Et donc, j'avais un peu un cas, entre guillemets, avec plein de pincettes, mais béni, quoi. Un peu ce cas-là, un peu parfait. et malgré tout ça il n'y a même pas eu de procès donc ça a été classé
- Speaker #1
C'est délirant. Enfin, pardon, mais ça, enfin...
- Speaker #2
Mais...
- Speaker #1
Je trouve que c'est...
- Speaker #2
Ouais, ouais, ouais. Non, mais c'est vrai que c'est un vrai sujet. Et en fait, je pense que c'est à ce moment-là, quand ça a été classé, que je me suis dit, OK, en fait, il faut qu'on en parle, parce que, du coup, j'ai appris que c'était la majorité des cas, en fait. Et je me suis dit, il faut raconter tout le process, tu vois, avant le procès, avant même une condamnation, avant même... Enfin, là, il n'y a même pas de casier judiciaire pour l'accuser, etc. Le mis en cause, comme on dit. mais en gros et je me suis dit c'est important de parler de toutes ces étapes qui vont déterminer si c'est un procès ou pas en fait moi c'est tout le sujet et après je pense qu'après quand on a les connaissances ça permet de se dire ok maintenant je suis armée, je sais ce qui se passe est-ce que je le fais ou est-ce que je le fais pas j'espère que ça ne décourage pas d'ailleurs je suis sûre que ça va donner de la force de savoir de t'entendre,
- Speaker #1
de t'écouter
- Speaker #2
Trop chouette. Exactement comme, tu vois, les copines qui te racontent leur accouchement et tu te dis, ouf, ok, mais il ne faut pas que ça dégoûte et il faut y aller quand même. Bah du coup, là,
- Speaker #1
j'espère que c'est... Je suis sûre que non, et puis on a envie, enfin, je veux dire, c'est important, et puis c'est d'avoir les clés, en fait, et ça permet peut-être aussi de choisir le moment où on le fait, c'est ce que je veux dire. Donc je pense que ça peut aider pour ça.
- Speaker #2
Oui, et puis je me suis dit aussi un truc, tu vois, pendant un temps, en tout cas au moment où j'étais dans ces démarches, tu vois, il y avait un peu ce truc où... J'étais très militante et très proactive. Et je me suis dit, et maintenant que c'est terminé, que je suis un peu dans une autre énergie, c'est vraiment la suite qui est beaucoup plus apaisée aussi. Je me dis qu'il ne faut pas non plus le voir comme une obligation de porter plein de choses. Ça met aussi beaucoup de pression sur les gens. Oui, bien sûr.
- Speaker #1
Il faut que ce soit un choix. Voilà, si ça peut être réparateur d'une manière, je sais que ça ne peut pas complètement réparer, mais si ça peut aider dans ce cheminement vers la résilience, voilà. Et comme tu dis, c'est très personnel à chacun. Il y a peut-être un moment où vous vous dites, non, peut-être que c'est le choix de ne pas le faire et que c'est une façon de se réparer. Je trouve que c'est bien de se dire que c'est son choix. Enfin, comme tu dis, je trouve que c'est important de le dire, que c'est le choix de la personne. Et on pourra conseiller tout ce qu'on veut. Il faut s'écouter et se faire confiance aussi. Et de ne pas culpabiliser si on ne le fait pas, de ne pas se dire qu'on n'est pas assez fort. Les autres ne peuvent pas décider pour nous et ne savent pas. Ils peuvent commenter, mais ce n'est pas eux qui... Je trouve qu'en plus, sur des sujets pareils, on peut dire qu'on est là pour la personne, mais on n'est pas là pour décider pour elle.
- Speaker #2
Complètement.
- Speaker #1
C'est un peu plus intime et personnel.
- Speaker #2
Oui,
- Speaker #1
oui, oui. Voilà. C'est une belle transition, Valph, en arc-en-ciel. Oui. Alors, quel est ton arc-en-ciel ? Je pense qu'on en a beaucoup parlé. On en a parlé quelque part, mais c'est bien de nous faire le lien. Parce que c'est... Je trouve que c'est beau parce que c'est un arc-en-ciel qui est finalement, quelque part, à travers ton expérience, d'avoir la générosité de se dire, tiens, je le partage pour que, comme tu le dis, ça puisse aider d'autres personnes à suivre ce process ou pas, à savoir comment ça se passe, de tout savoir de quelqu'un qui est passé par là.
- Speaker #2
En fait...
- Speaker #1
Que se passe-t-il ?
- Speaker #2
Oui, je réfléchissais à l'arc-en-ciel et je me suis dit qu'il y a eu aussi différentes étapes dans l'arc-en-ciel. Je pense que déjà, en fait...
- Speaker #1
Il peut y avoir un phare d'ailleurs, pardon, je ne te l'ai pas dit. Oui, il peut y avoir le phare puis l'arc-en-ciel. Je me permets de te dire ce qu'on a fait. Ah, dis-moi, dis-moi, c'est quoi le phare alors du coup ? Non, non, c'est que parfois le phare amène à l'arc-en-ciel. Enfin, tu vois ce que je veux dire ? Quelque part, moi je dirais que dans mon parcours, tu vois le... Le phare, peut-être que mon arc-en-ciel final, finalement, c'est mes enfants. Et le phare, finalement, ça a été le moment où j'ai commencé à témoigner. Mais la première étape, et après de comprendre que finalement, de témoigner, c'était peut-être un premier arc-en-ciel, c'était le spectacle. Je suis passée par le livre, en fait, pour sortir l'histoire de moi, quelque part. Moi, je te le donne. Oui,
- Speaker #2
c'est super intéressant.
- Speaker #1
Et de se dire, parfois, le phare, ça peut aussi être quelque chose qui t'aide sur ton chemin pour te reconstruire. Et ça amène à l'arc-en-ciel, mais c'est une étape un peu avant. Quelque chose qui t'aide un peu à te relever et qui n'est pas encore... Après, je trouve que chacun peut s'approprier un petit peu du set. Non,
- Speaker #2
mais c'est super intéressant. J'adore ton interprétation. En fait, tu vois, je pense que la tempête, clairement, c'est le viol. C'est un peu le nommé, quoi. Je pense que la procédure judiciaire, c'est une tempête, mais c'était quand même le phare.
- Speaker #1
Oui, bien sûr.
- Speaker #2
Je pense qu'en plus, ça a évolué au fur et à mesure. Au début, c'était vraiment la tempête, tempête. Et puis, au fur et à mesure, c'est devenu plus apaisé au fur et à mesure du temps parce que justement, ma mémoire se reconstruisait et que j'évoluais en cinq ans grâce à un système de soutien thérapeutique et puis un process. évidemment, l'arc-en-ciel, du coup, c'est le fait d'avoir étaient conseillés au début, c'est des amis qui m'ont dit d'écrire. d'écrire tout ce qui se passait simplement pour moi, tu vois, comme un journal de bord pour essayer d'expulser tout ce qui se passait ça c'est évidemment un conseil assez basique mais vraiment je pense que c'est le plus beau conseil qu'on m'ait donné parce que je n'y avais pas pensé en vrai et puis ensuite d'enregistrer de m'enregistrer moi au début d'enregistrer mes pensées d'enregistrer
- Speaker #0
avant et après un rendez-vous, à chaque moment, tu vois, en fait, les vagues du parcours, les vagues entre les rendez-vous, les moments où j'étais découragée, les moments où j'avais envie de continuer. Donc, je me suis beaucoup enregistrée, moi, sur mon téléphone, tout simplement.
- Speaker #1
Parce qu'il y a du TD, en plus, toi, j'imagine, dans le process. Enfin, j'imagine, parce que, je sais que de noter, typiquement, après, c'est passé ça, ou pas, et d'écrire ce qu'on m'avait dit. Donc, toi, j'imagine. Et en plus, en t'enregistrant, c'est souvent ton côté comédienne aussi. Mais je veux dire, je trouve que c'est un support très intéressant de faire ça. Parce que je pense que tu sens beaucoup plus, tu entends du coup aussi.
- Speaker #0
Alors moi, je ne réécoutais pas. Mais tu vois, la première année, j'ai simplement fait ça en tout cas, de m'enregistrer, d'enregistrer. Et en fait, au fur et à mesure, c'est une amie aussi qui m'a dit, mais tu devrais en faire un podcast. Alors là, tout s'est un peu mélangé. Je me suis voulu faire un podcast. En plus, ce n'est pas du tout mon domaine. Qu'est-ce que je vais faire ? Et en même temps, j'ai trouvé ça hyper salvateur de m'enregistrer, d'enregistrer les gens, les réflexions. Et puis au début, c'était pour ne pas oublier les infos, par exemple, que mon avocate me donnait, etc. Donc, c'était vraiment d'une utilité personnelle. Et au fur et à mesure, et c'est là que pour moi, c'est mon arc-en-ciel, c'est quand la fiction a commencé à se mêler à l'histoire vraie. Parce que... Donc, le podcast que ça a donné, donc, Lune Noire, Lune Blanche, c'est un podcast de fiction. C'est des comédiens qui rejouent. Il y a une cinquantaine de comédiens. C'est mis en scène, c'est écrit. C'est co-écrit avec une autrice qui s'appelle Chloé Kobuta, donc, qui a amené aussi sa part. Et en fait, à un moment, je m'étais posé la question de me dire, est-ce que j'en fais un documentaire ? C'est-à-dire, vraiment, je m'enregistre, je reprends, tu vois, tous les...
- Speaker #1
Avec toutes tes notes et tous tes audios où il y avait beaucoup de matière.
- Speaker #0
Et en fait, je... En tout cas, moi, à ce moment-là, je me suis dit, en fait, l'étape d'après, et j'ai appris que ça s'appelait la sublimation, je trouve ça assez beau, c'est vraiment le moment où on le transforme en histoire. Ça peut être un documentaire. En tout cas, moi, j'avais besoin, je pense, de cet élément de 30% de fiction où je pouvais rajouter de l'imagination, des choses qui ne sont pas forcément arrivées, mais que j'ai entendues. Et tu vois, mélanger aussi des histoires. que je trouvais importantes, des étapes que moi, je n'avais pas vécues, où je me suis dit, tiens, c'est important. Et en fait, c'est à ce moment-là que j'ai commencé à me détacher de ma propre histoire. Et j'imagine que c'est ce qui s'est passé pour ton spectacle.
- Speaker #1
Pareil, en plus de le co-écrire avec Élise, qui s'est inspirée de mon... Enfin, c'est partie de mon livre, mais elle a apporté, comme co-auteur, quelque chose d'autre. Et du coup, sa...
- Speaker #0
Sa vision, quoi.
- Speaker #1
Oui. Et je pense qu'en plus, ça aide pour que ça parle, si je puis dire, au plus de personnes possible, en fait, quelque part. Parce qu'il y a un autre regard. Et donc, je trouve que c'est très intéressant pour ça aussi. Enfin, une autre vision, comme tu dis.
- Speaker #0
En tout cas, moi,
- Speaker #1
j'ai trouvé ça hyper...
- Speaker #0
Pardon, je t'ai coupé. Mais je me rends compte qu'en fait, j'ai trouvé ça très dur comme process. Parce qu'en gros, j'écrivais. Du coup, on a commencé à écrire. Ça devait faire genre trois ans que j'étais en procédure. Donc, il me restait encore deux ans. J'étais encore en procédure, encore en process de digestion de mon histoire perso, tout en ayant un mouvement où je devais écrire et créer quelque chose. Et en fait, je me suis rendue compte qu'elle m'a été d'une grande aide, Chloé, parce qu'elle avait le recul nécessaire, parce qu'elle se rendait compte... Il y a des moments où je n'arrivais pas à écrire, c'était trop dur. Et elle avait le recul nécessaire de se dire... ok voilà ce que toi tu me racontes est-ce que c'est vraiment ce que tu as envie de raconter voilà les éléments que j'ai pu lire à droite à gauche voilà ce qui se passe en ce moment dans la société tiens est-ce qu'on peut y réfléchir et en fait cette prise de recul là ça a été hyper inspirant et hyper nécessaire et donc je pense que c'est devenu le podcast et cette manière donc de toute l'écriture évidemment tout le moment de l'enregistrement aussi de rejouer toutes les scènes, ça j'y ai pas réfléchi mais je me suis dit oulala je suis en train de rejouer des scènes soit réelles que j'ai vraiment vécues soit fictives mais quand même inspirées de ce que j'ai vécu etc et en fait c'est là où c'est un peu de c'est particulier d'être comédien c'est qu'en fait je jouais ma propre vie mais en même temps et c'était pas complètement mais hyper intéressant très intéressant Oui.
- Speaker #1
Et ça fait avancer aussi, quelque part.
- Speaker #0
Complètement. En fait, j'avais pas envie. Alors, il y a aussi un truc, c'est que moi, j'avais pas envie que ce soit thérapeutique. Oui,
- Speaker #1
bien sûr.
- Speaker #0
Et du coup, je me disais, il va falloir que je le fasse au moment où, moi, personnellement, je suis vraiment assez prête dans ma vie. Tu vois, j'ai digéré tout ça. Et pour...
- Speaker #1
Ce soit pas là pour réveiller, en fait. Ce soit là pour transformer, quelque part. Exactement.
- Speaker #0
Et aussi, j'avais pas envie d'utiliser... Enfin, après, chacun fait ce qu'il veut. Mais en fait, moi, je me disais pas... Tiens, je fais un podcast pour aller mieux. Enfin, tu vois, un podcast thérapeutique.
- Speaker #1
Et puis en plus, je pense... Enfin, en même temps, chacun fait comme il veut. Je pense que c'est... C'est pas forcément qui fonctionne. Ça dépend de chacun, en fait.
- Speaker #0
En fait, ce que j'ai découvert, je sais pas si toi t'as eu ça avec ton spectacle et ton livre, mais c'est qu'en fait, moi, c'est une question qu'on m'a beaucoup, beaucoup posée. Est-ce que ça vous a fait du bien de faire le podcast ? Est-ce que c'était thérapeutique, etc. Et je pense que oui, d'une certaine manière, mais en fait, je pense que j'avais déjà fait tout le travail avant.
- Speaker #1
Oui, je pense que sinon, on se fait mal, en fait. Je pense que tu t'es reconstruite et après, tu peux pas en même temps... En tout cas, c'est dangereux. Si ça me fait mal, je n'y vais pas. Quand on me dit que ça ne te fait pas mal, je ne suis pas maso. Je ne rejoue pas, je ne revis pas quand je joue. Oui,
- Speaker #0
exactement.
- Speaker #1
Comme tu dis, il y a différentes méthodes. Mais encore avec toi, c'est... Oui,
- Speaker #0
en tout cas, l'art-thérapie, moi, ce n'était pas trop mon... Je n'allais pas vers ça. Je suis contente de t'entendre ça. J'ai beaucoup réfléchi. Je me suis dit, est-ce que j'ai fait ça parce que c'est une thérapie ? Et je me suis dit, oui, un petit peu. Mais en fait, le gros du morceau, c'était surtout de me dire, non, en fait, moi, j'ai fait tout mon travail, je pourrais m'arrêter là. C'est juste que comme j'ai envie d'un truc, de créer quelque chose d'artistique.
- Speaker #1
Tu l'as transformé avec l'artistique.
- Speaker #0
Oui, et j'ai envie que ça puisse aider des gens. Et donc, c'est plus une démarche d'aller vers plutôt que, tiens, ça m'aide moi. Et puis,
- Speaker #1
ça donne son sens. Je sais que dans mon cas, ça a donné du sens à la tempête. Mais en tout cas, la transmission, ça, c'est réparateur, je trouve, quelque part. Je ne dis pas que c'est thérapie, attention.
- Speaker #0
Complètement, oui.
- Speaker #1
Le fait que tout à coup, ce qui est arrivé, grâce à nos métiers, c'est ça qui est génial, c'est de se dire, tiens, il y a des choses qui se transforment. Ça peut être un matériau, mais derrière, c'est surtout la transmission, c'est-à-dire comment tout à coup, ça va être écouté, entendu par d'autres. Et que ça a peut-être pouvoir, même comme on disait, un petit niveau. Et dans ton cas, je suis sûre que ça pourrait aider beaucoup de personnes. Et ça a dû aider beaucoup de personnes déjà.
- Speaker #0
En fait, c'est là où je suis vraiment touchée et d'accord avec ton podcast. Et ce que tu dis par la tempête et tout ça, c'est qu'en fait, je trouve qu'on se rend compte que c'est universel. Et que de passer par cette histoire, de raconter des histoires comme ça, très, très, très personnelles et très précises. et très subjectives. Si on va au bout de la démarche, on se rend compte que c'est déjà, en tout cas, dans les maladies ou dans les violences sexuelles, c'est arrivé à un grand nombre. Mais après, si on généralise encore plus, c'est que oui, en fait, chacun et chacune passe par des tempêtes de toute façon. Et c'est vrai que quand on tire les fils, c'est vrai qu'on se rend compte que... Et je trouve que c'est très agréable. Et moi, je m'en suis rendue compte à la fin de la réalisation du podcast, quand il est sorti, je me suis dit, mais en fait... C'est une histoire parmi tant d'autres et ça m'a soulagée de me dire qu'en fait, ce n'est pas si personnel que ça.
- Speaker #1
On se sent moins seule quelque part dans ça. Je crois que c'est différent. Tu vois, c'est de se dire, comme tu dis, des tempêtes comme la tienne ou comme la mienne, d'autres personnes l'ont vécu. Et quelque part, il y a une force, je ne sais pas comment dire, de l'inverse de la solitude, de se sentir connectée universellement à plein de personnes.
- Speaker #0
Et en fait, c'est drôle parce que c'est là où je suis d'accord avec toi. C'est que j'ai reçu plein de messages, évidemment, de personnes qui avaient vécu la même chose ou qui se questionnaient sur le parcours judiciaire, mais aussi d'autres qui ne me parlaient pas du tout de violences sexuelles, mais qui me parlaient d'autres épreuves dans leur vie. Et soit qu'ils devaient faire face à la justice ou pas. Mais tu vois, je me suis rendu compte qu'il y avait des points, en fait, il y avait des liens qui n'étaient pas forcément liés aux violences sexuelles. Et c'est là que je me suis dit, ah oui, en fait, j'espérais... en sortant ce podcast, que ça aide au moins une personne qui se retrouve dans le même cas exactement que moi et qui se questionne sur la justice, sur est-ce que je dois porter plainte ou pas, par exemple. Et je me suis rendue compte que j'avais des retours que je n'avais jamais envisagés. Et là, ça m'a fait plaisir parce que je me suis dit « Ah, waouh, ça me dépasse. » En fait, ce n'est même plus de mon ressort. Les gens en font ce qu'ils veulent, ils voient ce qu'ils veulent et ça leur fait du bien. un endroit où... où je suis même plus dans le contrôle, tu vois. Et ça, c'est incroyable. Et je crois que moi, en tout cas, c'est ce moment-là où je me suis dit, j'ai l'impression d'être vraiment réparée. Je suis allée au bout de quelque chose, quoi. Et c'est ça, l'arc-en-ciel. C'est le moment où tu te dis, OK, ça me dépasse, ça aide des gens, à une toute petite échelle peut-être, mais c'est énorme, tu sais. Tu ne sais pas quelle répercussion ça peut avoir. Et puis, hop, là, c'est une bouée lancée dans l'océan.
- Speaker #1
Et c'est là que tu l'as fait, quoi. Tu l'as créé. Oui,
- Speaker #0
c'est l'accouchement. Oui, c'est ça. Je vais en parler avec ça, mais je me dis que c'est assez similaire. C'est ce truc-là où tu te dis, maintenant, ça va grandir. C'est ça,
- Speaker #1
à côté. À côté de toi, si je puis dire, quelque part. Ça va faire son chemin, en fait. Ça le fait déjà. Oui,
- Speaker #0
tu vois. Et donc, l'arc-en-ciel, je pense que... En tout cas, l'arc-en-ciel concret, c'est ça. C'est le moment de la création, le moment où on a rejoué scène, le moment où je l'ai aussi réalisé. c'est à dire que du coup tu vois dans les étapes au bout d'un moment après c'était aussi le fait de réécouter les scènes de mettre du sound design de mettre de la musique de mettre et puis moi c'était très important pour moi que ça soit donc une fiction donc rejouée par des comédiens et aussi qu'il y ait un aspect un peu fantastique
- Speaker #1
oui
- Speaker #0
qui nous détache un tout petit peu de l'aspect documentaire hyper réaliste, etc. Et ça, j'y tenais. En fait, toutes ces étapes-là, même de saupoudrer un petit peu de surréel, de fantastique. Surréaliste. J'avais envie que ça soit un conte, que ça fasse réfléchir, que ça devienne un conte contemporain. à mon humble échelle. Toute cette démarche-là, je pense que le deuxième arc-en-ciel, c'est que ça m'a donné envie de créer. Ça m'a donné envie d'écrire d'autres histoires. Pas forcément à partir de mon histoire perso. Et je pense que c'est ça, le deuxième arc-en-ciel de l'arc-en-ciel, c'est de me rendre compte que évidemment, je suis interprète et que je serai actrice. Mais à ce moment-là, je me suis dit, tiens, ça m'a... Je, je, j'ai... J'ai aussi, je pense, envie d'écrire des histoires. En tout cas, ça m'a donné envie.
- Speaker #1
Avec des billes. Tu commences avec le lien avec l'enfant. Il y a toujours des liens entre l'enfant et l'arc-en-ciel. C'est pour ça quand on me pose la question. Il y a toujours des liens.
- Speaker #0
Intéressant.
- Speaker #1
Est-ce que tu peux partager avec nous ton mantra préféré ?
- Speaker #0
Oui. mon mantra préféré alors j'en ai plein mais il y en a un qui m'est venu comme ça assez rapidement c'est ma mère qui me disait ça et je trouve que c'est assez à propos avec la tempête elle me disait c'est une histoire qu'elle me racontait et la conclusion de l'histoire je pourrais raconter l'histoire d'ailleurs peut-être mais la conclusion de l'histoire c'était chance ou malchance qui sait c'est à dire évidemment quand t'es au Merci. cœur de la tempête, tu me dis, quelle malchance. Quand on sort, si t'arrives, et je trouve que justement tout le jeu, si je peux l'appeler comme ça, c'est de réussir à en faire une force, un potentiel, de trouver une résilience à travers ça. Et d'une certaine manière, je pense qu'on y arrive toujours. En tout cas, j'espère qu'on peut aller vers ce chemin. Parfois, évidemment, on n'y arrive pas du tout et c'est normal. Mais quand on y arrive, on peut se rendre compte que ça peut être une chance. Et en tout cas, moi, j'en suis venue à me dire, et ce qui est fou, Je vais me dire... Oh là là, j'aurais préféré ne pas le vivre, évidemment.
- Speaker #1
Bien sûr, bien sûr.
- Speaker #0
Mais je me suis dit, c'est une chance, en fait. Ça m'a ouvert d'autres portes. Et donc, le mantra, c'est chance ou malchance ? Qui sait ?
- Speaker #1
J'aime beaucoup. Question de temps de jeu.
- Speaker #0
Et puis surtout, une question de temporalité, tu vois ?
- Speaker #1
Oui, aussi, complètement, oui.
- Speaker #0
Sur le moment où tu te dis... Et l'histoire, si je me souviens bien, en gros, je ne sais pas si c'est important de la raconter, mais tu vois, en gros, l'histoire qu'elle me racontait tout le temps, c'est... un paysan qui a un fils et ce fils se casse la jambe. Et donc, tout le monde lui dit, « Ah mince, du coup, il ne peut plus t'aider, au champ, etc. » Et puis, il est alité pendant un an. Et puis, tout le monde lui dit, « Pas de chance, tu n'as vraiment pas de chance. » Et donc, il commence à perdre, tu vois. Il a moins de, comment dire, moins de main-d'oeuvre, etc., moins d'argent. Et puis, arrive la guerre. Et tous les fils sont envoyés à la guerre. Et donc, du coup, le fils ne peut pas y aller parce qu'il est alité. Donc, tout le monde lui dit, ah, mais tu as de la chance, ton fils n'a pas besoin d'aller à la guerre, etc. En fait, c'est une histoire. Alors, je ne me souviens plus exactement des étapes, mais tu vois, il y a plein d'étapes comme ça. Et c'est une histoire que ma mère me racontait quand j'étais petite. Et je me suis dit, ah ouais, en fait, c'est vrai. C'est toute une utilisation de point de vue et de temporalité. À quel moment ça se passe ? À quel moment tu te dis, tu vas prendre la même chose ?
- Speaker #1
À quel moment ça sera une chance ou une malchance ? Exactement. Sur la même chose en plus, ouais.
- Speaker #0
Et évidemment, il y a des moments où tu as des malheurs et ça reste des malheurs.
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Mais non, mais c'est intéressant. Je trouve que c'est un truc qui permet de prendre un peu de hauteur quelque part. Tu ne peux pas quand tu es dedans complètement, attention. Mais c'est intéressant avec le recul tout à coup de regarder différemment les événements.
- Speaker #0
C'est ça. C'est qu'en fait, c'est facile à dire quand tu es sorti, quand tu es au bout du tunnel et que tu as eu l'infantiel.
- Speaker #1
C'est pour ça qu'on veut transmettre de l'espoir. Évidemment.
- Speaker #0
Et je trouve que l'espoir...
- Speaker #1
C'est compliqué quand on n'a pas son phare, mais c'est de se dire que la lumière arrive.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Toujours.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Quelque part.
- Speaker #0
Oui. Mais je suis complètement d'accord avec ça, en fait. Et c'est que ça peut être long.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Ça peut être très, très long. Mais je pense qu'il y a toujours une histoire de temporalité. Il y a toujours un endroit où, avec le recul en tout cas, on va se rendre compte que c'était une chance, finalement. Ce qui est dur à dire, mais en tout cas, c'est très personnel. Mais moi, je me suis rendue compte de ça. Oui.
- Speaker #1
D'accord avec toi. Comme quoi. Et alors, est-ce que tu as un livre qui a changé ta vie ? Ou un autre support ? Ou un film, j'allais dire, qui a changé ta vie ?
- Speaker #0
Oui, alors du coup, moi, je dirais que j'ai beaucoup lu et je lis beaucoup. Mais en fait, je me suis rendu compte que c'était principalement les films qui m'avaient vraiment marquée. Ouais. Et en tout cas. Il y a évidemment des livres qui m'ont marquée, mais tu vois, ce changement comme ça, de me dire un changement de vie, c'est très fort quand même. Déjà, c'est rare, mais je sais qu'il y a un film, ça fait longtemps que je ne l'ai pas vu, donc peut-être que ça a changé maintenant, mais en tout cas que j'ai vu, je pense, une trentaine de fois, ce qui est énorme. Ah oui, c'est énorme. Je l'ai analysé. Et c'est The Tree of Life de Thijs Malik. Et alors ce film-là, je l'ai vu une première fois Ça m'est passé complètement au-dessus. Et puis, je l'ai revu une seconde fois, une troisième fois. Et puis, en fait, je l'ai vu de plein de manières différentes. À l'époque, j'étais dans une école de cinéma et on l'a étudié en école de cinéma. Puis, bref, je fais des études de philo, on l'a étudié en philo. En fait, il revenait régulièrement dans ma vie comme support. Et donc, je l'ai vu plein de fois. Et en fait, il y a eu un avant et un après. C'est un peu particulier et c'est un autre sujet. Mais ça m'a ouvert, je dirais, à la réflexion philosophique et spirituelle. D'accord. Tu vois ? Avant ça, enfin, je l'ai vu quand j'avais genre 18 ans. Je pense qu'avant ça, il y avait quelque chose de très pragmatique. J'étais née dans une famille très chouette, mais très pragmatique. Et je pense qu'il y a eu un moment, une réflexion un peu plus métaphysique, on va dire, grâce à ce film. Et je pense honnêtement, par exemple, que ça m'a aidée. aussi des moments de tempête, de prendre une autre forme de recul, une autre vision. Il y a eu un vrai avant-après ce film. Ça m'a vraiment fait réfléchir.
- Speaker #1
Grâce à toi, je vais rajouter maintenant les films. Je devais faire la bibliothèque en ligne et maintenant je fais la... La vidéothèque ? La vidéothèque. C'est pas encore trop... C'est pas trop daté. C'est pas sur les milleniaires, mais millenium, bref. Sur toutes les générations. Ils ne savent pas ce que c'est. Vidéoclub, ils ne savent pas. Vidéoclub, c'est mignon, mais cinémathèque, c'est peut-être mieux par rapport à nos métiers.
- Speaker #0
Encore aussi.
- Speaker #1
Et est-ce qu'il y a une musique qui te donne la pêche ? Un titre qui rejoindra la playlist sur Spotify sans plus pas d'arc-en-ciel pour avoir avec tous les titres des invités.
- Speaker #0
Ah oui, c'est vrai. C'est vrai, c'est vrai. Alors, cent fois libre, c'est très éclectique. C'est vrai ?
- Speaker #1
Il y a la fois Prince, Whitney Houston, A Wham, Wake Me Up Before You Go. Très éclectique. Ah, alors attends, moi, ça serait plutôt,
- Speaker #0
je pense,
- Speaker #1
c'est vrai, c'est une bonne question.
- Speaker #0
Moi, ça serait plutôt Rio. Oui. c'est Attends, non, je ne vais pas du tout chanter.
- Speaker #1
Non, t'inquiète, t'es pas obligée de chanter, je te rassure. Tu me donneras juste le nom, je la jouterai. Oui,
- Speaker #0
je te donnerai. Mais c'est... Attends, j'ai oublié le nom. Non, mais t'inquiète. Mais c'est Ario.
- Speaker #1
D'accord,
- Speaker #0
oui. C'est une musique brésilienne. Je n'ai plus le titre. Mais parce que j'ai l'impression que... En tout cas, moi, quand j'écoute de la musique brésilienne ou même de la bossa nova ou de la salsa ou quoi...
- Speaker #1
On a un titre de bossa nova. Ah ouais ? Trop bien, ça en fera deux.
- Speaker #0
Je pense que c'est plutôt de la... Attends, ça c'est quoi ? C'est de la... Je te donnerai le titre. Je te donnerai, ouais.
- Speaker #1
Et quel conseil tu donnerais à quelqu'un qui serait dans la tempête et qui n'aurait pas encore son arc-en-ciel ?
- Speaker #0
Sans être prétentieux en plus, parce que sans mettre la pression.
- Speaker #1
Après, je pense que tu as déjà donné pas mal de conseils, mais après, c'est si tu penses à travers ton partage et tout. Parce que je pense que par rapport à plein de tempêtes, il y a des choses qui se retrouvent. Oui,
- Speaker #0
je pense qu'il y a plein de choses que je pourrais dire, ou en tout cas, que j'aurais adoré avoir comme conseil à ce moment-là, c'est qu'on me souhaite du courage. Et de me dire que c'est normal de perdre espoir et d'accepter les moments où on retombe et on n'est pas forcément forte tout le temps. Ce n'est pas constant, je pense. L'espoir et que c'est normal qu'il y ait des moments de découragement, des moments de ras-le-bol, des moments où on a l'impression qu'on ne viendra jamais à bout de la peine, de la souffrance. qu'on ne voit pas le bout du tunnel et qu'en fait tout ça c'est normal. Et je pense que c'est vraiment d'essayer de se déculpabiliser, de se dire que c'est plus ou moins long, la sortie du tunnel est plus ou moins grandiose, mais qu'elle arrive. Mais qu'elle arrive d'une certaine manière quand même, si on s'accroche. Mais moi ce serait plutôt un truc sur la fait de déculpabiliser. Je sais que moi, il y a des moments où vraiment, je m'en voulais de ne pas être forte. En plus, je faisais le podcast. Donc, en fait, je sentais que j'avais un truc de représentation. Je devais être cette fille forte qui porte plainte, qui va jusqu'au bout, qui en fait un podcast, qui donne espoir et tout. Alors qu'en fait, il y a des moments où j'étais dans mon lit, je perdais complètement espoir. Je me disais, en fait, je n'y arriverai jamais. J'avais envie d'arrêter de retirer ma plainte. Je me disais, mais pourquoi j'ai fait ça ? Et j'étais en dépression, quoi. Oui, j'imagine. Et donc, ces moments-là... je pense qu'il faut se dire c'est horrible, c'est dur, c'est long mais c'est normal ça et après des conseils très précis, très concrets du genre trouver des activités simples qui nous font du bien revenir à des choses hyper basiques du genre bien manger essayer de dormir quand on peut, si on fait pas trop d'insomnie dessiner, écrire, marcher, même 5 minutes, 10 minutes. Et ça, je pense qu'en fait, se raccrocher à des trucs hyper concrets, je pense que ça aide. C'est comme des petits bâtons. J'avais une amie qui me disait qu'il fallait découper la montagne. La montagne, elle est énorme, il faut la découper en petits bouts de neige. Sinon,
- Speaker #1
ça paraît insurmontable.
- Speaker #0
Et donc, je pense que c'est ça. trouver des moments, tu vois même lire un livre regarder un film, ou même des choses hyper simples, cuisiner des choses qui nous apportent de la joie et même une action qui nous apporte de la joie et se concentrer là-dessus c'est super je sais que c'est des conseils de psychos de comptoir mais je me dis ça m'a aidé en tout cas ça
- Speaker #1
aide et c'est bien de dire aussi que c'est ok d'avoir des moments de moins bien parce que tout le monde le partage pas et Merci. Et je trouve que c'est important, parce qu'après une tempête, même quand on avance, quand on avance vers la résilience, etc., c'est bien de le partager, parce que tout le monde ne dit pas que c'est OK, en fait, d'avoir des moments où on n'est pas bien. Et d'être forte, c'est aussi quelque part d'être vulnérable et d'accepter sa vulnérabilité, ces moments où c'est compliqué. Donc, merci de le partager, parce que je trouve que c'est quelque chose qu'on ne dit pas assez, qu'on ne partage pas assez, parce qu'on a envie, en effet, d'être forte, de montrer ça, de dire qu'on est positif. Et ça n'empêche pas de l'être, d'avoir ces moments-là. C'est qu'on est humain et que... Mais c'est important de le dire que c'est normal et que ça va avec un peu les vagues de la vie.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Et qu'en fait, avancer, ce n'est pas forcément linéaire. On peut avancer, reculer, réavancer, reculer 15 pas en arrière. C'est OK. Et que c'est ça, le chemin. Ça ne va pas être tout droit. Malheureusement et en même temps.
- Speaker #1
C'est ça qui fait la beauté d'Avi. Et est-ce que tu pourrais partager avec nous ta vision du bonheur aujourd'hui ? Ah ouais, j'adore cette question. Alors donc, concrètement,
- Speaker #0
là ça fait deux ans ou trois ans maintenant que la procédure est terminée. Ça fait un an que j'ai sorti le podcast. Enfin, un peu moins d'un an en fait, j'exagère, un peu moins d'un an. Et en fait... Pour moi, la chose la plus importante aujourd'hui, c'est la douceur. C'est de me dire, en fait, je ne sais pas si c'est vraiment lié, mais en tout cas, aujourd'hui, je me suis rendue compte que les choses peuvent être douces et faciles. Et ça ne veut pas dire que c'est moins bien. Dans le sens où... Je pense que c'est important d'être proactive, d'être dans l'action, d'être encore une fois dans une démarche très combative. Moi, je l'ai été longtemps et je trouve qu'il y a un truc d'énergie, de mouvement, etc. Et qui est souvent animé par la colère, mais d'une colère transformée en positive. Et je remercie beaucoup ce moment, parce que c'est comme ça que j'ai pu faire le podcast, etc. Et après tout ça... Et je me dis, c'est peut-être ça, l'apaisement. C'est que la vision du bonheur, pour moi, c'est faire des choses douces qui ne demandent pas énormément d'énergie. Bizarrement. Et non, mais c'est devenu un peu une... Ouais, un peu une philosophie, quoi. De me dire, bien sûr, je vais mettre en action, tu vois, mais c'est des choses concrètes. Sentir un moment dans une relation, dans un projet où il faut être actif, tu vois, et puis sentir quand ça marche pas complètement. Moi, je pense que je peux avoir tendance à forcer, à enfoncer des portes, tu vois, être un peu... Et en fait, maintenant, je me dis, ça se fera quand ça se fera, tu vois. Si c'est pas maintenant, c'est pas grave. Ou plus de douceur, plus de me dire maintenant c'est pas grave.
- Speaker #1
On peut laisser les choses.
- Speaker #0
En fait, ça s'applique à plein de choses, je trouve. C'est marrant, j'y réfléchissais hier et je me disais, je pense qu'avant, je le suis toujours, mais j'étais plus dans un truc de création et je le suis encore, mais maintenant je suis plus dans un truc de réception.
- Speaker #1
C'est bien aussi.
- Speaker #0
D'alterner.
- Speaker #1
De réceptionner ce qui se passe et de l'accueillir.
- Speaker #0
d'accueillir et tu as de sentir d'être un peu plus à l'écouté aussi de pas trop mystique ce que je raconte mais tu as des détails dans un truc de plus de 2 d'intuition ouais tu vois de ressentir les voix et donc c'est très c'est très simple c'est pas très concret d'ailleurs mais mais mais ouais la douceur tout ce qui est doux c'est ça le bonheur pour moi maintenant c'est bien ouais
- Speaker #1
Est-ce qu'avant qu'on se quitte, il y a quelque chose que tu as envie de partager avec nous que tu n'aurais pas partagé ? Ou un petit mot de la fin ?
- Speaker #2
Un petit mot de la fin ?
- Speaker #0
Ouais, à toutes les personnes qui se sentent, tu vois, d'être justement, comme on disait, dans la tempête et de trouver des petites actions, des petites activités. Par exemple, c'est vrai que l'écriture, ça peut être pour soi. Après, est-ce que c'est pour en faire quelque chose de créatif, de ne pas se mettre la pression, de se dire ça, c'est important. Et en tout cas, je ne sais pas si le mot de la fin, mais en tout cas, je me suis rendu compte que c'est des devenus. enfin Avec le recul, je me suis dit, c'est fou d'avoir transformé cette épreuve, cette tempête en arc-en-ciel. J'ai l'impression que ça m'a donné espoir pour d'autres tempêtes. Parce qu'évidemment, j'ai envie d'autres, on a envie d'autres.
- Speaker #1
Oui, bien sûr.
- Speaker #0
Et maintenant, je les perçois différemment. Et je pense que ce schéma-là de se dire, il y a forcément un arc-en-ciel, ou en tout cas pour moi, c'est de me dire, je peux le transformer en quelque chose de créatif.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Ça fait que j'accepte beaucoup plus les tempêtes, j'ai l'impression. Tu vois ? Oui,
- Speaker #1
complètement.
- Speaker #0
J'ai l'impression de devenir un peu invincible maintenant de me dire, c'est dur, mais je pourrais toujours en faire un film. Oui,
- Speaker #1
c'est ça. C'est clair. Je vois bien. C'est un peu facile,
- Speaker #0
mais tu vois ? Oui. Je ne sais pas si c'est le mot de la fin, mais en tout cas, je me suis rendue compte que ce schéma-là m'aide à accepter les mini-tempêtes ou les plus grosses tempêtes un peu plus. Dire en fait, ok, on peut en faire quelque chose de positif. Oui,
- Speaker #1
complètement. C'est un bon métier.
- Speaker #0
Ouais, on a de la chance. Mais justement, c'est ce que je me dis, c'est drôle, j'en parlais dernièrement, c'est que c'est pas forcément quelque chose de créatif. Dans le sens, il y a des gens qui montent des associations.
- Speaker #1
Ah oui, ça peut être plein de façons différentes.
- Speaker #0
Ça peut être plein de façons. Et je pense que c'est de trouver, d'essayer de trouver sa manière à soi. Et c'est pas forcément non plus quelque chose de très grand. Ça peut être à travers justement ce qu'on raconte à ses amis, sa famille. qu'est-ce qu'on va en faire à notre échelle pour le transformer ? Essayer de trouver une manière de transformer l'épreuve.
- Speaker #1
C'est un beau mot de la fin. Merci beaucoup, Julienne.
- Speaker #0
Merci à toi.
- Speaker #1
Merci pour ta confiance. Une petite pensée pour Élise Macleod. Oui,
- Speaker #0
qui nous a mis en contact.
- Speaker #1
Et merci pour ton partage.
- Speaker #0
Merci à toi d'avoir fait ce sublime podcast. Et je suis contente, maintenant je vais... reprendre des termes tempête et arc-en-ciel, je pense. Et le phare.
- Speaker #1
Je vais transmettre. Merci Juliette.
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
En soin de toi. Toi aussi. Merci d'avoir écouté cet épisode. Si vous aimez le podcast, mettez une super note, 5 sur 5, sur les plateformes d'écoute. Envoyez le lien à une ou deux personnes que le podcast pourrait intéresser et aider, et partagez sur les réseaux sociaux. Merci pour votre soutien. Tant qu'on est en vie, tout est possible. L'épreuve est une occasion donnée de se révéler et de réaliser ses rêves. Si un bébé après un cancer c'est possible, alors tout est possible. Croyons vos rêves les plus fous et donnez tout pour les réaliser. Sans pluie, pas d'arc-en-ciel.