Shot de philo #7 : la liberté cover
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Shot de philo #7 : la liberté

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04min |07/06/2021|

105724

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Shot de philo #7 : la liberté

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Description

Bienvenue dans notre septième shot de philo. En moins de 5 minutes, nous allons te donner les clés d'une notion essentielle au programme : la liberté. La liberté est-elle simplement l'absence de contraintes ? En société, où s'arrête ma liberté personnelle face à celle des autres ? Quel est le rôle de l'Etat dans la garantie des libertés ?

→ Si la liberté est à première vue l'absence de contraintes...

Calliclès : il faut jouir de son pouvoir au maximun, la liberté appartient à l'élite

→ ...cependant, certaines règles garantissent notre liberté...

Hobbes : sans règles, "l'homme est un loup pour l'homme"

→ ...dès lors, il faut établir un "contrat social" entre Etat et population

Rousseau ; les citoyens ont le droit de voter pour des lois justes ; mais ils doivent s'y soumettre pour assurer la sécurité et la liberté des autres.


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Bonjour à tous et bienvenue dans le Shot de Philo, le podcast proposé par Science Piste et animé par moi-même, Stéphania, et mon camarade Alexandre.

  • Speaker #1

    Salut à tous !

  • Speaker #0

    On est là pour vous faire réviser le bac de philo en traitant une des notions de programme en 5 minutes chrono. C'est parti !

  • Speaker #1

    Aujourd'hui, nous allons aborder le thème de la liberté.

  • Speaker #0

    Thème qui a été beaucoup discuté durant la crise sanitaire, au vu des restrictions de liberté, comme le confinement ou le couvre-feu par exemple.

  • Speaker #1

    Débat qui d'ailleurs reflète les deux principales tensions autour de ce sujet. Tout d'abord, il y a le lien entre liberté personnelle et liberté d'autrui, puisque nous vivons en société où s'arrête ma liberté personnelle vis-à-vis de celle des autres. Mais aussi le lien entre liberté et le rôle de l'État, donc quel est son rôle dans la régulation des libertés. Au bac, on va ainsi vous demander d'explorer ces différentes définitions de la liberté.

  • Speaker #0

    Tout d'abord, nous pourrions penser que la liberté, c'est pouvoir faire ce que l'on veut, sans aucune contrainte. Par exemple, si j'ai envie de lire un livre, je le lis, personne ne m'en empêche, je suis libre de le faire. Cependant, si l'on applique cette définition à la politique, cela voudrait dire que toute règle, toute loi est un obstacle à la liberté. C'est ce que soutient Calicles, un philosophe que l'on retrouve dans les dialogues de Platon. Pour lui, la vraie liberté, c'est d'assouvir tous ses désirs. Et seule une petite partie de la population, l'élite d'un pays, peut jouir de cette vraie liberté. La liberté n'est pas selon lui un droit. Ainsi, il considère que les personnes qui ont un grand pouvoir doivent en jouir au maximum et faire tout ce qu'ils veulent, acheter tout ce qui leur passe par la tête, boire beaucoup d'alcool. En gros, l'élite est libre, pas les masses.

  • Speaker #1

    Ok, mais Calicles admet donc qu'il est impossible que tout le monde jouisse de la vraie liberté en même temps. Il assume ici une vision très hiérarchique et pas du tout égalitaire, qui n'est pas en accord avec l'essence des régimes démocratiques comme la France, dont la devise est censée assurer à tout le monde les mêmes droits. Mais prenons un autre exemple. Si j'ai envie d'avoir mon permis, il faudra que je passe un examen, que je prenne des heures de cours. Toutes ces choses sont des contraintes, mais qui au final me permettent d'assouvir mon désir qui est d'avoir le permis. Ainsi, les règles ne peuvent-elles pas aussi, dans un sens, maximiser nos libertés ?

  • Speaker #0

    C'est justement ce que théorise Hobbes. Il nous explique que l'absence de règles mène à une absence totale de liberté, ce qui peut paraître contre-intuitif. Mais éclaircissons cela ensemble. On pourrait se dire donc qu'à première vue, une société sans règles, sans contraintes, garantit une liberté totale à ses individus. Cependant, dans cet état, c'est la loi du plus fort règne, comme dans la nature. Hobbes dira alors, c'est la guerre de tous contre tous. Cet état de guerre permanent limite la liberté des individus et les fait vivre dans la peur. Hobbes dit alors que l'homme est un loup pour l'homme. Pour répondre à cela, il théorise dans son ouvrage Le Léviathan la nécessité d'un état fort et monarchique afin de sortir de l'état de nature, garantir la sécurité des individus pour qu'ils ne s'entretuent pas constamment.

  • Speaker #1

    Nous avons donc vu que la liberté sans contrainte mène au final à des situations inégalitaires, qu'elles soient politiques comme chez Calicles ou bien physiques comme chez Hobbes. La liberté n'existe donc pas sans règles. Mais alors comment les établir sans tomber dans un état tyrannique ?

  • Speaker #0

    Jean-Jacques Rousseau, philosophe des Lumières et défenseur de la démocratie directe, peut nous éclairer sur ce point, grâce à son ouvrage du contrat social, qui est vraiment à retenir pour le bac. Pour Rousseau, il est nécessaire d'avoir un pouvoir, un gouvernement, afin de ne pas tomber dans un état de nature, un état de guerre. Seulement, pour que ça marche, il faut que le gouvernement soit accepté par la population. Et pour que le gouvernement soit accepté par la population, il faut que celle-ci se sente libre et protégée par le pouvoir. Sinon, aucun intérêt. Un contrat social se forme alors. D'un côté, les citoyens ont le droit de voter, pour appliquer des lois qui leur semblent justes. De l'autre, ils doivent se soumettre à ces lois, pour assurer la sécurité et la liberté des autres. Il y a donc échange. Les citoyens échangent leurs libertés naturelles, donc trouvables dans l'état de nature, contre des libertés civiles. Il y a un glissement de liberté, mais pas une diminution de celle-ci. La liberté s'arrête là où celle des autres commence.

  • Speaker #1

    Donc pour résumer, si la liberté est à première vue l'absence de contraintes,

  • Speaker #0

    ça c'est Calicles,

  • Speaker #1

    certaines règles peuvent au contraire garantir notre liberté et éviter qu'on s'entretue,

  • Speaker #0

    ça c'est Hobbes,

  • Speaker #1

    dès lors, il est nécessaire d'établir un contrat social, la liberté dans ce cas, et le pouvoir de faire ce que l'on veut tant que l'on ne gêne pas autrui.

  • Speaker #0

    Ça, c'est Rousseau.

  • Speaker #1

    Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. N'hésitez pas à partager ce podcast avec vos amis qui sont en train de réviser. N'oubliez pas de faire un tour sur notre Instagram, pour enregistrer la mini-fiche de synthèse associée à ce podcast. Et à vous abonner !

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Bienvenue dans notre septième shot de philo. En moins de 5 minutes, nous allons te donner les clés d'une notion essentielle au programme : la liberté. La liberté est-elle simplement l'absence de contraintes ? En société, où s'arrête ma liberté personnelle face à celle des autres ? Quel est le rôle de l'Etat dans la garantie des libertés ?

→ Si la liberté est à première vue l'absence de contraintes...

Calliclès : il faut jouir de son pouvoir au maximun, la liberté appartient à l'élite

→ ...cependant, certaines règles garantissent notre liberté...

Hobbes : sans règles, "l'homme est un loup pour l'homme"

→ ...dès lors, il faut établir un "contrat social" entre Etat et population

Rousseau ; les citoyens ont le droit de voter pour des lois justes ; mais ils doivent s'y soumettre pour assurer la sécurité et la liberté des autres.


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Transcription

  • Speaker #0

    Bonjour à tous et bienvenue dans le Shot de Philo, le podcast proposé par Science Piste et animé par moi-même, Stéphania, et mon camarade Alexandre.

  • Speaker #1

    Salut à tous !

  • Speaker #0

    On est là pour vous faire réviser le bac de philo en traitant une des notions de programme en 5 minutes chrono. C'est parti !

  • Speaker #1

    Aujourd'hui, nous allons aborder le thème de la liberté.

  • Speaker #0

    Thème qui a été beaucoup discuté durant la crise sanitaire, au vu des restrictions de liberté, comme le confinement ou le couvre-feu par exemple.

  • Speaker #1

    Débat qui d'ailleurs reflète les deux principales tensions autour de ce sujet. Tout d'abord, il y a le lien entre liberté personnelle et liberté d'autrui, puisque nous vivons en société où s'arrête ma liberté personnelle vis-à-vis de celle des autres. Mais aussi le lien entre liberté et le rôle de l'État, donc quel est son rôle dans la régulation des libertés. Au bac, on va ainsi vous demander d'explorer ces différentes définitions de la liberté.

  • Speaker #0

    Tout d'abord, nous pourrions penser que la liberté, c'est pouvoir faire ce que l'on veut, sans aucune contrainte. Par exemple, si j'ai envie de lire un livre, je le lis, personne ne m'en empêche, je suis libre de le faire. Cependant, si l'on applique cette définition à la politique, cela voudrait dire que toute règle, toute loi est un obstacle à la liberté. C'est ce que soutient Calicles, un philosophe que l'on retrouve dans les dialogues de Platon. Pour lui, la vraie liberté, c'est d'assouvir tous ses désirs. Et seule une petite partie de la population, l'élite d'un pays, peut jouir de cette vraie liberté. La liberté n'est pas selon lui un droit. Ainsi, il considère que les personnes qui ont un grand pouvoir doivent en jouir au maximum et faire tout ce qu'ils veulent, acheter tout ce qui leur passe par la tête, boire beaucoup d'alcool. En gros, l'élite est libre, pas les masses.

  • Speaker #1

    Ok, mais Calicles admet donc qu'il est impossible que tout le monde jouisse de la vraie liberté en même temps. Il assume ici une vision très hiérarchique et pas du tout égalitaire, qui n'est pas en accord avec l'essence des régimes démocratiques comme la France, dont la devise est censée assurer à tout le monde les mêmes droits. Mais prenons un autre exemple. Si j'ai envie d'avoir mon permis, il faudra que je passe un examen, que je prenne des heures de cours. Toutes ces choses sont des contraintes, mais qui au final me permettent d'assouvir mon désir qui est d'avoir le permis. Ainsi, les règles ne peuvent-elles pas aussi, dans un sens, maximiser nos libertés ?

  • Speaker #0

    C'est justement ce que théorise Hobbes. Il nous explique que l'absence de règles mène à une absence totale de liberté, ce qui peut paraître contre-intuitif. Mais éclaircissons cela ensemble. On pourrait se dire donc qu'à première vue, une société sans règles, sans contraintes, garantit une liberté totale à ses individus. Cependant, dans cet état, c'est la loi du plus fort règne, comme dans la nature. Hobbes dira alors, c'est la guerre de tous contre tous. Cet état de guerre permanent limite la liberté des individus et les fait vivre dans la peur. Hobbes dit alors que l'homme est un loup pour l'homme. Pour répondre à cela, il théorise dans son ouvrage Le Léviathan la nécessité d'un état fort et monarchique afin de sortir de l'état de nature, garantir la sécurité des individus pour qu'ils ne s'entretuent pas constamment.

  • Speaker #1

    Nous avons donc vu que la liberté sans contrainte mène au final à des situations inégalitaires, qu'elles soient politiques comme chez Calicles ou bien physiques comme chez Hobbes. La liberté n'existe donc pas sans règles. Mais alors comment les établir sans tomber dans un état tyrannique ?

  • Speaker #0

    Jean-Jacques Rousseau, philosophe des Lumières et défenseur de la démocratie directe, peut nous éclairer sur ce point, grâce à son ouvrage du contrat social, qui est vraiment à retenir pour le bac. Pour Rousseau, il est nécessaire d'avoir un pouvoir, un gouvernement, afin de ne pas tomber dans un état de nature, un état de guerre. Seulement, pour que ça marche, il faut que le gouvernement soit accepté par la population. Et pour que le gouvernement soit accepté par la population, il faut que celle-ci se sente libre et protégée par le pouvoir. Sinon, aucun intérêt. Un contrat social se forme alors. D'un côté, les citoyens ont le droit de voter, pour appliquer des lois qui leur semblent justes. De l'autre, ils doivent se soumettre à ces lois, pour assurer la sécurité et la liberté des autres. Il y a donc échange. Les citoyens échangent leurs libertés naturelles, donc trouvables dans l'état de nature, contre des libertés civiles. Il y a un glissement de liberté, mais pas une diminution de celle-ci. La liberté s'arrête là où celle des autres commence.

  • Speaker #1

    Donc pour résumer, si la liberté est à première vue l'absence de contraintes,

  • Speaker #0

    ça c'est Calicles,

  • Speaker #1

    certaines règles peuvent au contraire garantir notre liberté et éviter qu'on s'entretue,

  • Speaker #0

    ça c'est Hobbes,

  • Speaker #1

    dès lors, il est nécessaire d'établir un contrat social, la liberté dans ce cas, et le pouvoir de faire ce que l'on veut tant que l'on ne gêne pas autrui.

  • Speaker #0

    Ça, c'est Rousseau.

  • Speaker #1

    Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. N'hésitez pas à partager ce podcast avec vos amis qui sont en train de réviser. N'oubliez pas de faire un tour sur notre Instagram, pour enregistrer la mini-fiche de synthèse associée à ce podcast. Et à vous abonner !

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→ Si la liberté est à première vue l'absence de contraintes...

Calliclès : il faut jouir de son pouvoir au maximun, la liberté appartient à l'élite

→ ...cependant, certaines règles garantissent notre liberté...

Hobbes : sans règles, "l'homme est un loup pour l'homme"

→ ...dès lors, il faut établir un "contrat social" entre Etat et population

Rousseau ; les citoyens ont le droit de voter pour des lois justes ; mais ils doivent s'y soumettre pour assurer la sécurité et la liberté des autres.


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  • Speaker #0

    Bonjour à tous et bienvenue dans le Shot de Philo, le podcast proposé par Science Piste et animé par moi-même, Stéphania, et mon camarade Alexandre.

  • Speaker #1

    Salut à tous !

  • Speaker #0

    On est là pour vous faire réviser le bac de philo en traitant une des notions de programme en 5 minutes chrono. C'est parti !

  • Speaker #1

    Aujourd'hui, nous allons aborder le thème de la liberté.

  • Speaker #0

    Thème qui a été beaucoup discuté durant la crise sanitaire, au vu des restrictions de liberté, comme le confinement ou le couvre-feu par exemple.

  • Speaker #1

    Débat qui d'ailleurs reflète les deux principales tensions autour de ce sujet. Tout d'abord, il y a le lien entre liberté personnelle et liberté d'autrui, puisque nous vivons en société où s'arrête ma liberté personnelle vis-à-vis de celle des autres. Mais aussi le lien entre liberté et le rôle de l'État, donc quel est son rôle dans la régulation des libertés. Au bac, on va ainsi vous demander d'explorer ces différentes définitions de la liberté.

  • Speaker #0

    Tout d'abord, nous pourrions penser que la liberté, c'est pouvoir faire ce que l'on veut, sans aucune contrainte. Par exemple, si j'ai envie de lire un livre, je le lis, personne ne m'en empêche, je suis libre de le faire. Cependant, si l'on applique cette définition à la politique, cela voudrait dire que toute règle, toute loi est un obstacle à la liberté. C'est ce que soutient Calicles, un philosophe que l'on retrouve dans les dialogues de Platon. Pour lui, la vraie liberté, c'est d'assouvir tous ses désirs. Et seule une petite partie de la population, l'élite d'un pays, peut jouir de cette vraie liberté. La liberté n'est pas selon lui un droit. Ainsi, il considère que les personnes qui ont un grand pouvoir doivent en jouir au maximum et faire tout ce qu'ils veulent, acheter tout ce qui leur passe par la tête, boire beaucoup d'alcool. En gros, l'élite est libre, pas les masses.

  • Speaker #1

    Ok, mais Calicles admet donc qu'il est impossible que tout le monde jouisse de la vraie liberté en même temps. Il assume ici une vision très hiérarchique et pas du tout égalitaire, qui n'est pas en accord avec l'essence des régimes démocratiques comme la France, dont la devise est censée assurer à tout le monde les mêmes droits. Mais prenons un autre exemple. Si j'ai envie d'avoir mon permis, il faudra que je passe un examen, que je prenne des heures de cours. Toutes ces choses sont des contraintes, mais qui au final me permettent d'assouvir mon désir qui est d'avoir le permis. Ainsi, les règles ne peuvent-elles pas aussi, dans un sens, maximiser nos libertés ?

  • Speaker #0

    C'est justement ce que théorise Hobbes. Il nous explique que l'absence de règles mène à une absence totale de liberté, ce qui peut paraître contre-intuitif. Mais éclaircissons cela ensemble. On pourrait se dire donc qu'à première vue, une société sans règles, sans contraintes, garantit une liberté totale à ses individus. Cependant, dans cet état, c'est la loi du plus fort règne, comme dans la nature. Hobbes dira alors, c'est la guerre de tous contre tous. Cet état de guerre permanent limite la liberté des individus et les fait vivre dans la peur. Hobbes dit alors que l'homme est un loup pour l'homme. Pour répondre à cela, il théorise dans son ouvrage Le Léviathan la nécessité d'un état fort et monarchique afin de sortir de l'état de nature, garantir la sécurité des individus pour qu'ils ne s'entretuent pas constamment.

  • Speaker #1

    Nous avons donc vu que la liberté sans contrainte mène au final à des situations inégalitaires, qu'elles soient politiques comme chez Calicles ou bien physiques comme chez Hobbes. La liberté n'existe donc pas sans règles. Mais alors comment les établir sans tomber dans un état tyrannique ?

  • Speaker #0

    Jean-Jacques Rousseau, philosophe des Lumières et défenseur de la démocratie directe, peut nous éclairer sur ce point, grâce à son ouvrage du contrat social, qui est vraiment à retenir pour le bac. Pour Rousseau, il est nécessaire d'avoir un pouvoir, un gouvernement, afin de ne pas tomber dans un état de nature, un état de guerre. Seulement, pour que ça marche, il faut que le gouvernement soit accepté par la population. Et pour que le gouvernement soit accepté par la population, il faut que celle-ci se sente libre et protégée par le pouvoir. Sinon, aucun intérêt. Un contrat social se forme alors. D'un côté, les citoyens ont le droit de voter, pour appliquer des lois qui leur semblent justes. De l'autre, ils doivent se soumettre à ces lois, pour assurer la sécurité et la liberté des autres. Il y a donc échange. Les citoyens échangent leurs libertés naturelles, donc trouvables dans l'état de nature, contre des libertés civiles. Il y a un glissement de liberté, mais pas une diminution de celle-ci. La liberté s'arrête là où celle des autres commence.

  • Speaker #1

    Donc pour résumer, si la liberté est à première vue l'absence de contraintes,

  • Speaker #0

    ça c'est Calicles,

  • Speaker #1

    certaines règles peuvent au contraire garantir notre liberté et éviter qu'on s'entretue,

  • Speaker #0

    ça c'est Hobbes,

  • Speaker #1

    dès lors, il est nécessaire d'établir un contrat social, la liberté dans ce cas, et le pouvoir de faire ce que l'on veut tant que l'on ne gêne pas autrui.

  • Speaker #0

    Ça, c'est Rousseau.

  • Speaker #1

    Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. N'hésitez pas à partager ce podcast avec vos amis qui sont en train de réviser. N'oubliez pas de faire un tour sur notre Instagram, pour enregistrer la mini-fiche de synthèse associée à ce podcast. Et à vous abonner !

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Bienvenue dans notre septième shot de philo. En moins de 5 minutes, nous allons te donner les clés d'une notion essentielle au programme : la liberté. La liberté est-elle simplement l'absence de contraintes ? En société, où s'arrête ma liberté personnelle face à celle des autres ? Quel est le rôle de l'Etat dans la garantie des libertés ?

→ Si la liberté est à première vue l'absence de contraintes...

Calliclès : il faut jouir de son pouvoir au maximun, la liberté appartient à l'élite

→ ...cependant, certaines règles garantissent notre liberté...

Hobbes : sans règles, "l'homme est un loup pour l'homme"

→ ...dès lors, il faut établir un "contrat social" entre Etat et population

Rousseau ; les citoyens ont le droit de voter pour des lois justes ; mais ils doivent s'y soumettre pour assurer la sécurité et la liberté des autres.


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Bonjour à tous et bienvenue dans le Shot de Philo, le podcast proposé par Science Piste et animé par moi-même, Stéphania, et mon camarade Alexandre.

  • Speaker #1

    Salut à tous !

  • Speaker #0

    On est là pour vous faire réviser le bac de philo en traitant une des notions de programme en 5 minutes chrono. C'est parti !

  • Speaker #1

    Aujourd'hui, nous allons aborder le thème de la liberté.

  • Speaker #0

    Thème qui a été beaucoup discuté durant la crise sanitaire, au vu des restrictions de liberté, comme le confinement ou le couvre-feu par exemple.

  • Speaker #1

    Débat qui d'ailleurs reflète les deux principales tensions autour de ce sujet. Tout d'abord, il y a le lien entre liberté personnelle et liberté d'autrui, puisque nous vivons en société où s'arrête ma liberté personnelle vis-à-vis de celle des autres. Mais aussi le lien entre liberté et le rôle de l'État, donc quel est son rôle dans la régulation des libertés. Au bac, on va ainsi vous demander d'explorer ces différentes définitions de la liberté.

  • Speaker #0

    Tout d'abord, nous pourrions penser que la liberté, c'est pouvoir faire ce que l'on veut, sans aucune contrainte. Par exemple, si j'ai envie de lire un livre, je le lis, personne ne m'en empêche, je suis libre de le faire. Cependant, si l'on applique cette définition à la politique, cela voudrait dire que toute règle, toute loi est un obstacle à la liberté. C'est ce que soutient Calicles, un philosophe que l'on retrouve dans les dialogues de Platon. Pour lui, la vraie liberté, c'est d'assouvir tous ses désirs. Et seule une petite partie de la population, l'élite d'un pays, peut jouir de cette vraie liberté. La liberté n'est pas selon lui un droit. Ainsi, il considère que les personnes qui ont un grand pouvoir doivent en jouir au maximum et faire tout ce qu'ils veulent, acheter tout ce qui leur passe par la tête, boire beaucoup d'alcool. En gros, l'élite est libre, pas les masses.

  • Speaker #1

    Ok, mais Calicles admet donc qu'il est impossible que tout le monde jouisse de la vraie liberté en même temps. Il assume ici une vision très hiérarchique et pas du tout égalitaire, qui n'est pas en accord avec l'essence des régimes démocratiques comme la France, dont la devise est censée assurer à tout le monde les mêmes droits. Mais prenons un autre exemple. Si j'ai envie d'avoir mon permis, il faudra que je passe un examen, que je prenne des heures de cours. Toutes ces choses sont des contraintes, mais qui au final me permettent d'assouvir mon désir qui est d'avoir le permis. Ainsi, les règles ne peuvent-elles pas aussi, dans un sens, maximiser nos libertés ?

  • Speaker #0

    C'est justement ce que théorise Hobbes. Il nous explique que l'absence de règles mène à une absence totale de liberté, ce qui peut paraître contre-intuitif. Mais éclaircissons cela ensemble. On pourrait se dire donc qu'à première vue, une société sans règles, sans contraintes, garantit une liberté totale à ses individus. Cependant, dans cet état, c'est la loi du plus fort règne, comme dans la nature. Hobbes dira alors, c'est la guerre de tous contre tous. Cet état de guerre permanent limite la liberté des individus et les fait vivre dans la peur. Hobbes dit alors que l'homme est un loup pour l'homme. Pour répondre à cela, il théorise dans son ouvrage Le Léviathan la nécessité d'un état fort et monarchique afin de sortir de l'état de nature, garantir la sécurité des individus pour qu'ils ne s'entretuent pas constamment.

  • Speaker #1

    Nous avons donc vu que la liberté sans contrainte mène au final à des situations inégalitaires, qu'elles soient politiques comme chez Calicles ou bien physiques comme chez Hobbes. La liberté n'existe donc pas sans règles. Mais alors comment les établir sans tomber dans un état tyrannique ?

  • Speaker #0

    Jean-Jacques Rousseau, philosophe des Lumières et défenseur de la démocratie directe, peut nous éclairer sur ce point, grâce à son ouvrage du contrat social, qui est vraiment à retenir pour le bac. Pour Rousseau, il est nécessaire d'avoir un pouvoir, un gouvernement, afin de ne pas tomber dans un état de nature, un état de guerre. Seulement, pour que ça marche, il faut que le gouvernement soit accepté par la population. Et pour que le gouvernement soit accepté par la population, il faut que celle-ci se sente libre et protégée par le pouvoir. Sinon, aucun intérêt. Un contrat social se forme alors. D'un côté, les citoyens ont le droit de voter, pour appliquer des lois qui leur semblent justes. De l'autre, ils doivent se soumettre à ces lois, pour assurer la sécurité et la liberté des autres. Il y a donc échange. Les citoyens échangent leurs libertés naturelles, donc trouvables dans l'état de nature, contre des libertés civiles. Il y a un glissement de liberté, mais pas une diminution de celle-ci. La liberté s'arrête là où celle des autres commence.

  • Speaker #1

    Donc pour résumer, si la liberté est à première vue l'absence de contraintes,

  • Speaker #0

    ça c'est Calicles,

  • Speaker #1

    certaines règles peuvent au contraire garantir notre liberté et éviter qu'on s'entretue,

  • Speaker #0

    ça c'est Hobbes,

  • Speaker #1

    dès lors, il est nécessaire d'établir un contrat social, la liberté dans ce cas, et le pouvoir de faire ce que l'on veut tant que l'on ne gêne pas autrui.

  • Speaker #0

    Ça, c'est Rousseau.

  • Speaker #1

    Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. N'hésitez pas à partager ce podcast avec vos amis qui sont en train de réviser. N'oubliez pas de faire un tour sur notre Instagram, pour enregistrer la mini-fiche de synthèse associée à ce podcast. Et à vous abonner !

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