- Damien Guermonprez
Tu es de Montpellier, ta famille est plutôt dans l'immobilier, t'as choisi d'être docteur en pharmacie, qu'est-ce qui s'est passé ?
- Cédric O'Neill
Et je vais apprendre à mes dépens le fameux adage qui est de dire ne lâche jamais 51% du capital pour rester maître chez toi. Suite à des divergences stratégiques, les investisseurs majoritaires décident de me réévoquer de mes fonctions de président de manière un peu brutale, tu vois, manu militari.
- Damien Guermonprez
T'aimes bien tout de même te trouver des business régulés déjà, que ce soit la pharmacie ou...
- Cédric O'Neill
Ouais.
- Damien Guermonprez
le financement. Tu serais pas un peu un Robin des Bois, un libertarien si on se projette demain ? Quand je t'écoute, tu vas devenir une banque. Bienvenue sur Show Me The Money, le podcast européen de la finance alternative. Je m'appelle Damien Damien Guermonprez, je suis président exécutif de Lemonway, l'établissement de paiement au service des places de marché. Nous allons ensemble tenter de décrypter la finance alternative à travers ceux qui la vivent au quotidien. Vous allez voir, ça bouge beaucoup, donc installez-vous. confortablement. C'est parti ! Cédric O'Neill, bonjour !
- Cédric O'Neill
Salut Damien !
- Damien Guermonprez
Salut Cédric ! Fondateur de Bricks.co, c'est pas rien ? Donc, on s'est rencontrés quand tu as lancé cette plateforme de financement participatif, en 2021.
- Cédric O'Neill
C'est ça.
- Damien Guermonprez
A l'époque, les gens te prenaient un peu pour un fou, sauf que tu avais derrière toi déjà un premier succès. Tu avais lancé 1001 pharmacies que tu as revendues. Mais avant de reparler de toutes ces belles histoires... On va parler de toi si tu veux bien, tes racines, tu es de Montpellier.
- Cédric O'Neill
C'est ça.
- Damien Guermonprez
Et ta famille est plutôt dans l'immobilier.
- Cédric O'Neill
Oui.
- Damien Guermonprez
Mais toi, tu as choisi d'être docteur en pharmacie. Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Cédric O'Neill
Moi, mes parents, ils m'ont toujours... Alors, je viens d'un milieu très modeste, voire pauvre, pour le dire très franchement. Et mes parents m'ont toujours encouragé à faire des grandes études. Donc, si tu veux, moi, en France... Il me disait va à l'international pour faire des études, fais des études aux Etats-Unis, sauf que sortie d'école, je n'avais pas les moyens. Et donc, bizarrement, moi, je voyais soit HEC, soit rien en termes d'école business. Et comme je voulais faire du commerce, je me suis dit je vais partir en pharmacie parce que dans la pharmacie, il y a quand même la possibilité de faire pas mal de business via l'industrie pharmaceutique. En fait, ça ne m'a pas plu du tout les études de pharmacie parce qu'on t'apprend tout sauf le commerce. finalement, nos... pharmaciens qui vont devenir des chefs d'entreprise dans leurs officines. Ils ne sont pas du tout formés pour ça. Et je me suis intéressé à la finance, à l'économie, à plein de choses à côté. C'est comme ça que je suis tombé dans l'entrepreneuriat.
- Damien Guermonprez
Très bien. Donc, tu lances 1001 Pharmacie après avoir fait un M2 d'économie et de gestion.
- Cédric O'Neill
Oui, c'est ça.
- Damien Guermonprez
Et au bout de six ans, tu revends l'entreprise.
- Cédric O'Neill
Alors, je ne revends pas l'entreprise. Moi, je me retrouve à... vouloir être légitime vis-à-vis de potentiels investisseurs. Parce qu'à l'époque, en 2010, quand je commence à bosser sur le sujet, je détecte qu'il n'y a pas de vente de médicaments sur Internet en France, malgré le fait que la législation européenne l'autorise et que tu ne peux pas le faire en France. Donc je me dis, il y a une opportunité, je vais saisir le truc. Et je me sentais légitime dans la mesure où j'étais docteur en pharmacie à ce moment-là. Et donc je mets un pied, un pavé dans la mare en lançant des médicaments alors qu'il n'y a pas de législation en France. Je prends des procès, etc. Mais j'attire quand même le regard d'investisseurs qui vont investir dans ma société. Et c'était une autre époque, les valorisations n'étaient pas aussi importantes. Rapidement, en 3-4 tours de table, je me retrouve avec 10% du capital de ma société. Et je vais apprendre à mes dépens le fameux adage qui est de dire « Ne lâche jamais 51% du capital pour rester maître chez toi » . Suite à des divergences stratégiques, les investisseurs majoritaires, parce que ce n'étaient pas tous les investisseurs, mais les majoritaires, décide de me révoquer de mes fonctions de président de manière un peu brutale, tu vois, manu militari. Et je, à mes, encore une fois, à mes dépens, je découvre la dure loi du capitalisme. Donc quand t'as plus la majorité, tu peux te faire sortir de ta propre société.
- Damien Guermonprez
Donc ça c'est 2010 ?
- Cédric O'Neill
Alors 2011, je crée la société. Oui,
- Damien Guermonprez
2016 tu vends ou 2017 ?
- Cédric O'Neill
2017 je me fais sortir et 2018 ils revendent la société à un groupe coté en bourse. Et donc moi je récupère rien du tout parce qu'il y a une clause de préférence donc ils récupèrent en priorité leur argent.
- Damien Guermonprez
À défaut d'être à une belle affaire, c'est un bel apprentissage.
- Cédric O'Neill
C'est un très bel apprentissage et c'est là que je pars dans l'immobilier.
- Damien Guermonprez
C'est le virus familial qui te rattrape ?
- Cédric O'Neill
Non pas du tout, c'est de dire je suis un entrepreneur, je me retrouve après 6 ans acharné à avoir construit une belle boîte qui fait 30 millions de chiffre d'affaires, je me retrouve avec rien du tout. Je sais que l'entrepreneuriat, c'est un peu binaire. Soit ça explose, soit ça se casse la gueule. Et c'est OK, parce que c'est le jeu de la startup. Comment je fais pour me créer un filet de sécurité, sachant que j'ai un enfant qui va naître et je n'ai pas envie de revenir à la case zéro à chaque fois ? Donc, je commence par faire de l'immobilier à ce moment-là pendant deux ans, en me disant que ça va me permettre de me sécuriser et de me dire que tous les mois, j'ai de quoi bouffer. Et donc, parce que j'ai de quoi bouffer, je peux reprendre des risques. Et comme je suis entrepreneur, tu commences à faire une chose et tu vois tous les dysfonctionnements et tout ce qui ne fonctionne pas. Et tu te dis, je vais créer une autre boîte dans l'immobilier. Mais pas tant parce que ma famille est dans l'immobilier, parce que je me dis, il faut que je mange.
- Damien Guermonprez
Ok. Donc, Bricks.co est lancé. Et qu'est-ce que tu as pris pour lancer, au départ, un nouveau modèle qu'on appelait, nous, Revenu Best Financing, c'est-à-dire, on partage la top line, c'est-à-dire les loyers, plutôt que de partager le résultat. C'était complètement nouveau, ça.
- Cédric O'Neill
Ça, c'était complètement nouveau.
- Damien Guermonprez
Tu avais trouvé ça où ?
- Cédric O'Neill
En fait, ce qui se passe, c'est que... de 2017 à 2020, je vais faire de l'immobilier en perso. Donc là, pour manger, pour gagner un peu d'argent. Et ma première opération immobilière qui me prend deux ans, à la revente, je gagne 300 000 euros. Donc c'est une opération de marchand de biens où je découpe une maison en appartement. Et je me dis, c'est assez magique. Si tu anticipes bien sur des macros Excel tous tes flux financiers, mon acquisition, mes travaux, je savais déjà avant la fin de mon chantier que j'allais gagner de l'argent. Donc en fait, tu te rends compte que l'immobilier, c'est un boulot de financier avant tout. Et je veux multiplier ces opérations. Sauf que la banque, ce n'est pas du tout intéressant pour elle, parce que la banque, quand elle te fait un crédit, c'est pour t'avoir en client pendant 20 ans. Donc la banque ne gagne pas d'argent sur les crédits, elle verrouille plutôt un client. Et donc, je commence à m'orienter vers des plateformes de financement participatif qui existaient sur le marché. Sans citer de nom, mais en allant sur les principales plateformes de l'époque en 2018, 2019, 2020, je rentre dans un environnement qui est très financier, où on m'explique avec des termes barbares qu'il y a des échéances, qu'il y a des coupons à payer qui sont trimestriels, mensuels, que tu as des minimums de 1000 euros. Et je me dis, moi, je trouve que l'expérience utilisateur n'est pas du tout agréable. Si tu n'as pas déjà un master, un bac plus 5 en finance et en économie.
- Damien Guermonprez
C'est l'époque où tu passes ton certificat AMF.
- Cédric O'Neill
Et c'est à ce moment-là que je passe mon certificat AMF et que je commence à m'y intéresser parce que je me dis, bon, je ne dois pas être le seul à avoir des besoins de financement sur de l'immobilier. Et pourtant, il n'y a aucune offre simple qui permet de rentrer. Et même pour un épargnant particulier, je me dis, la barrière est assez haute. Il te faut minimum 1000 euros pour investir dans des projets.
- Damien Guermonprez
C'est vrai.
- Cédric O'Neill
Donc moi, la première chose qu'on m'a appris, c'est diversifier dans un maximum de projets. Mais si je veux diversifier alors que c'est minimum 1000 euros par projet, ça fait 20 000 euros parce qu'il te faut 20 projets. Donc je raisonne par rapport à mon cercle proche. Personne n'a 20 000 euros à mettre sur une plateforme de financement participatif. Et c'est là que je me dis, il faut simplifier, un peu gamifier l'approche. Robin Wood était en train d'exploser sur l'investissement en bourse, sur de la gamification, une expérience utilisateur simple. Et il faut reprendre tous les codes. Et c'est là que j'ai l'idée de BRICS, qui va être de dire, on va mettre une couche d'abstraction. Comme si tu collectionnais des projets, on va te permettre deux choses. D'acheter des BRICS. Donc, tu t'en fous du contrat sous-jacent, de savoir si c'est une obligation, si c'est une action, si c'est du revenu futur. Tu as une BRICS de 10 euros dans un projet et tu sais que cette BRICS va te rendre une rentabilité, un rendement qui est mensuel ou annuel.
- Damien Guermonprez
Et une plus-value si jamais...
- Cédric O'Neill
Et une plus-value si tu revends.
- Damien Guermonprez
Mais alors ça, ce schéma-là, il n'est pas accepté. Tu sens quand même la levée de bouclier à l'époque. Tu te souviens que la EMF interroge ?
- Cédric O'Neill
Juste au début, moi, j'ai l'idée et je me dis, en plus, il faut le mensualiser. Il faut rendre des revenus mensualisés. Comme ça, t'as quoi ? T'as un wow effect. Tout de suite, le utilisateur, il peut tester. Il voit que ça marche au bout d'un mois et il décide de mettre plus. Et à ce moment-là, j'ai cette idée. Je me dis, bon, on va la développer. Qui n'est pas... pas du financement, comme c'était le cas sur la majorité des plateformes qui étaient sur du landing, donc du financement sous forme de prêt, qui va être de l'immobilier fractionné. Donc, comme sur de la SCPI, on va faire ça, mais projet par projet, et on va recréer cette dynamique de propriété par projet, mais avec plein de personnes. Et à ce moment-là, je contacte l'autorité des marchés financiers par mail, et on m'explique que euh il y a la législation européenne qui va rentrer en vigueur. Et donc, en 2021, ils ne donnent plus de licence parce qu'ils attendent que le texte européen passe. Donc, il y avait à peu près six mois d'attente. Et après, il fallait déposer un dossier sur modèle européen. Et donc, en fait, grosso modo, on me dit que ça va prendre 18 mois. Moi qui suis entrepreneur, je me dis, je ne peux pas attendre 18 mois. Et je me rappelle, avant de finir mes études de pharmacie, j'ai été bosser... dans la Silicon Valley, à San Diego, dans une industrie pharmaceutique. Donc c'était une biotech qui se faisait financer par des royalties, donc un modèle de redevance. Et donc on leur donnait de l'argent, et en échange de quoi, nous on s'engageait, industrie pharmaceutique, à rétrocéder 20-30% de notre chiffre d'affaires. Et à côté de ça, je vois la tokenisation qui se développe et avec ce qu'on appelle des utility tokens. Les utility tokens, c'est les tokens de protocole qui donnaient un droit de jouissance, donc qui revient exactement à de la redevance. C'est la même chose que de la redevance. Et donc je me dis, il y a peut-être quelque chose à faire autour de ça. Si je l'adosse à de l'immobilier et que je m'engage à rétrocéder 100% des loyers et 100% de mon bénéfice immobilier, est-ce que ça pourrait fonctionner ? Je me dis, pourquoi ça ne fonctionnerait pas ? Je contacte un premier avocat, il me dit « Non, les royalties, c'est uniquement quand il y a de la propriété intellectuelle. » Un deuxième avocat, il me dit la même chose. Et un troisième avocat, il me dit « On ne va pas l'appeler royalties, on va l'appeler ce que tu viens de dire, revenu-based finance. » Et ça se développait aussi sur d'autres startups, mais très B2B pour d'autres entreprises. Je te prête de l'argent, tu me redonnes une partie de ton chiffre d'affaires, souvent lié à du e-commerce. Et là, j'ai lancé de cette façon-là. Et finalement, le contrat n'a jamais été remis en cause. On n'a jamais attaqué par rapport à ce contrat.
- Damien Guermonprez
D'accord, d'accord. Mais moi, je me souviens avoir été à la CPR. Puisque Brick, c'est agent de paiement de Lemon Way, que j'ai la chance de présider. Moi, je me souviens avoir été interrogé par la CPR. Et toi, tu avais été interrogé par la MEF sur qui est ce jeune homme qui se lance dans un nouveau business qu'on ne comprend pas. Et il voulait absolument comprendre. Ils voulaient te mettre dans une case. Et puis finalement, le cadre européen dont tu parles est arrivé. Et puis finalement, tu as été contraint de l'adopter, ce cadre, si j'ai bien compris.
- Cédric O'Neill
En fait, la problématique des redevances ou des royalties, c'est que ce n'est pas un titre financier. C'est un contrat de droit commun. Donc ni l'AMF ni l'autorité des marchés financiers européens ne peuvent te mettre dans un cadre par rapport à ça. la problématique pour eux. c'est que ce contrat ressemble à une offre de produits financiers. C'est l'appel public à l'épargne. Et donc, tu te retrouves vis-à-vis des régulations, avec un texte européen qui n'a jamais prévu ce cas de figure des redevances et des royalties. Donc, ça n'apparaît sur aucun texte. Et pourtant, ça a toutes les caractéristiques d'un titre financier. Donc, à un moment donné, ils m'ont dit, bon, vous avez deux options. C'est soit vous rentrez dans les cases et vous allez... changer le nom de votre contrat pour des obligations ou un contrat de prêt et vous allez chercher un agrément. Soit on va être obligé d'aller devant un juge pour qu'un juge détermine si adossé à de l'immobilier, on considère que c'est un titre financier ou on considère que c'est un contrat de droit commun. Et il y a beaucoup de petits acteurs qui sont restés sous le radar parce qu'ils levaient 1 million, 2 millions. Tu vois, ça reste en dessous du seuil des 8 millions d'euros qui est un peu le seuil où tu as une exemption. Mais nous, la première année, on lève 60 millions d'euros. Et donc, c'est plutôt les volumes associés au fait que ça ne soit pas sous la régulation de l'autorité des marchés financiers qui ont fait que là, il fallait que je rentre dans une case chez eux.
- Damien Guermonprez
Ok, bravo. Mais tu as vu les contraintes en France. Tu aimes bien tout de même te trouver des business régulés déjà, que ce soit la pharmacie ou le financement. Et après, tu ne serais pas un peu un Robin des Bois ? Un libertarien ?
- Cédric O'Neill
Alors, moi, j'aime bien les business régulés parce que les business régulés, tout le monde a peur. Et donc, c'est ce que disait Xavier Niel par rapport à un juge qu'il avait interrogé. Le juge lui répondait, surfer sur la ligne jaune ou blanche, mais ne la dépasser jamais. En fait, quand tu... Si tu veux, je me suis créé un océan bleu. C'est-à-dire que j'étais seul. On a créé une nouvelle classe d'actifs. Moi, je voyais les gens qui parlaient de nous, il y avait le financement participatif et il y avait BRICS. Les gens nous considéraient comme un acteur à part entière sur une nouvelle catégorie d'investissement.
- Damien Guermonprez
Tu as agacé aussi.
- Cédric O'Neill
J'ai agacé énormément de personnes parce que de manière légitime en plus, il y avait certaines personnes qui faisaient quasiment exactement la même chose que moi avec un agrément et moi parce que j'avais un contrat différent avec une classe d'actifs différente, j'étais pas régulé.
- Damien Guermonprez
Donc on a vu le cadre juridique et ici on abordait le modèle économique. Comment tu fais pour être rentable ? Parce que je n'ai pas présenté Bricks.co, mais tu annonces 5 millions de résultats nets en 2025. C'est beaucoup. C'est beaucoup plus que le chiffre d'affaires des moyens, des grandes plateformes de financement participatif. Donc, qu'est-ce que tu factures ? Le porte-projet ?
- Cédric O'Neill
En fait, j'ai le même modèle économique que toutes les plateformes. La question derrière, c'est plutôt... Comment ça fonctionne une plateforme ? C'est qu'elle ne facture rien en général à l'investisseur. Elle va facturer le porteur de projet qui vient de se faire financer. Donc le porteur de projet qui a besoin d'un million d'euros, sur les un million d'euros qu'on va lui trouver, qu'on va lui collecter. on va lui redonner peut-être 950 000 euros. Donc il y a 50 000 euros qui, à peu près, en moyenne, nous on prend 5 à 7 % de commission sur les projets qu'on finance. Oui, c'est pas cher. Et donc ça, c'est le modèle économique à peu près de toutes les plateformes. Les frais vont varier entre 4 % et 10 % pour les plus chers. Et donc... finalement, lui, il n'a que 950 000 euros pour faire son projet. Et à la fin, il doit nous rembourser un million d'euros. Il doit plutôt rembourser un million d'euros aux souscripteurs qui sont les particuliers qui ont investi. Qui vont,
- Damien Guermonprez
eux, gagner 10% ? Qui,
- Cédric O'Neill
eux, en moyenne, vont gagner 10% par an. Donc, c'est mensualisé.
- Damien Guermonprez
Donc, ça, c'est clair. Au niveau des coûts, là, tu as limité les coûts au maximum. Déjà, au niveau de recrutement, tu fais tout en direct. Tu ne passes pas par des intermédiaires, des CGP.
- Cédric O'Neill
Nous, on n'a aucun intermédiaire. Voilà, nous, le modèle... Donc, finalement, on a le même modèle économique que toutes les plateformes. La grosse différence qu'il y a eu, c'est qu'on a fait deux choses. On a, dès le début, créé une plateforme qui était propriétaire, en termes de technologie et de tech pur. Donc, j'ai une dizaine de développeurs informatiques en interne. Ça, ça n'a pas été le choix de toute l'industrie. Certains acteurs ont décidé de partir en marque blanche sur des plateformes déjà existantes. Ce qui leur permet d'aller plus vite, parce qu'au début, il y a un investissement technologique qui n'a pas à être fait, mais qui les limite aussi dans la croissance. Parce que quand tu veux rajouter des nouvelles fonctionnalités, si elles ne sont pas sur l'étagère de ton prestataire, tu ne peux pas les mettre en place. Et ensuite, le vrai choix radical qu'on a fait, ça a été de dire, on va aller faire de la communication et de la publicité massive pour aller chercher des utilisateurs qui investissent à partir de 10 euros. Quand tu sais qu'un utilisateur qui m'a dit... qui met moins de 1000 euros sur ta plateforme, il n'est pas rentable. Si tu veux, le coût d'acquisition d'un investisseur, c'est à peu près entre 80 et 120 euros.
- Damien Guermonprez
Tout de même.
- Cédric O'Neill
Tout de même. Donc, tant qu'il n'a pas investi 1000 euros, il n'est pas rentable. Et c'est d'ailleurs les fameux 1000 euros des premiers concurrents que je voyais. S'ils mettaient ce seuil minimal de 1000 euros, c'était pour se dire, j'ai rentabilisé dès le premier investissement mon investisseur. Et moi, je l'ai joué plutôt à l'américaine qui a été de dire, Merci. Il peut tester à partir de 10 euros et remettre de l'argent progressivement. Même s'il m'a coûté 80-100 euros en acquisition client, si l'expérience est bonne, je gagnerai de l'argent au bout de 18 mois, au bout de 24 mois et je reviendrai sur mes frais rapidement. Mais ça, ça nécessite, pour jouer ce modèle-là, d'avoir un peu d'argent à investir dès le début. Et donc, la chance qu'on a eue, c'est d'arriver dans un marché qui était un marché haussier. où il y avait beaucoup de levées de fonds et rapidement de lever avec notre communauté 13 millions d'euros.
- Damien Guermonprez
C'est assez bon à savoir aussi. Donc là, tu as levé 8 millions auprès de 8500 investisseurs. C'est ça. Business Angel, dont Tony Parker, 2 millions. Donc au total, vous avez levé 13 millions pour lancer la machine. C'est compliqué de lancer une place de marché parce qu'il y a deux moteurs. Il y a trouver des biens financiers et puis trouver des investisseurs. C'est extrêmement dur.
- Cédric O'Neill
C'est extrêmement dur et en plus, il faut souvent atteindre un seuil critique d'investisseurs pour que tu aies une boucle après qu'ils s'auto-entretiennent. Et d'ailleurs, c'est la raison pour laquelle tous ceux qui m'ont vu arriver, ils ont tous dit, mais c'est un modèle qui ne peut pas fonctionner. Parce que tant que tu n'as pas réussi à avoir ta communauté de 50 000 particuliers, nous, ils mettent 100 euros en moyenne chaque personne par projet. Donc quand tu as un projet à 1 million d'euros à financer sur ta plateforme à coût de 100 euros, Si tu n'as pas minimum tes 10 000 investisseurs qui mettent dans chacun des projets 100 euros, tant que tu n'as pas cette puissance de frappe, tu ne finances pas. Et donc, comme tu dis, c'est une marketplace. Donc, si je n'ai pas des porteurs de projets qui ont confiance suffisamment dans la plateforme pour venir mettre des bons projets, je n'ai pas d'investisseurs. Et inversement, si je n'ai pas les investisseurs, je n'ai pas les porteurs de projets. Donc, ce qui fait qu'on a dû commencer vraiment avec des petits projets, 100 000, puis 200 000, puis 300 000, et monter crescendo. jusqu'à créer la mayonnaise qui fait qu'à un moment donné, après, ça prend.
- Damien Guermonprez
T'as tout automatisé. Et aujourd'hui, c'est l'IA qui t'aide ?
- Cédric O'Neill
La chance qu'on a eue, effectivement, c'est d'avoir l'IA parce que c'est très facile de financer des projets. La difficulté, c'est d'arriver à faire toute la gestion back-office. Dans la finance, on en revient toujours à un point cardinal, c'est la confiance. Donc, si tu commences à avoir des problématiques de défaut ou de porteurs de projets qui ne payent pas, tu perds la confiance de tes investisseurs. Ce qui fait que le back-office et la gestion du recouvrement des intérêts tous les mois est très importante. Et quand tu commences, tu vois, on a à peu près 400 projets qui tournent en simultané. Quand tu commences à avoir ce nombre de projets-là, si tu n'as pas un maximum de choses automatisées, tu te retrouves avec une armée mexicaine de gens qui font de la gestion dans les coulisses. Et ça, ça peut coûter rapidement très cher.
- Damien Guermonprez
Il y a un truc que tu n'as pas encore automatisé, c'est le Cedrix. Parce que pour moi, ta boîte, c'est cedrix.co aussi. Et il faut que Cedrix parle pour recruter des investisseurs. Et ça, ça dépend de toi.
- Cédric O'Neill
Ça, ça dépend de moi.
- Damien Guermonprez
Ça ne coûte pas très cher.
- Cédric O'Neill
Si, je pense que c'est ce qui coûte le plus cher parce que c'est un coût d'opportunité. Donc, effectivement, je suis d'accord avec toi. C'est vrai dans beaucoup de boîtes. C'est comment on fait pour qu'à un moment donné, ça vit sur la proposition de valeur de la boîte et sur la vision du fondateur. Et comment progressivement, on enlève le fondateur pour qu'il y ait uniquement la proposition de valeur de la société. Donc là, maintenant, tu vois, je pense que tu fais référence à beaucoup de vidéos que j'ai faites. J'étais beaucoup dans la presse vis-à-vis des porteurs de projets et des investisseurs. J'essaye de plus en plus d'amener des nouveaux visages.
- Damien Guermonprez
J'en ai vu.
- Cédric O'Neill
Notamment sur l'immobilier, pour que moi, je me détache de ces parties-là. Très bien.
- Damien Guermonprez
Bravo. Ensuite, il y a le coût du risque. Le coût du risque, il ne faut pas qu'il dépasse un certain montant. Pour l'instant, il était à 3%. C'est pas mal. 3% de ce dossier sont en contentieux. Ça ne veut pas dire que c'est perdu. C'est qu'ils seront retardés. Il faut négocier, reprendre la propriété du bien, le revendre, etc. Et ça, c'est pas mal. Alors, c'est pas mal. Parce que j'ai l'impression que vous avez réussi, on n'en parle pas beaucoup et pas assez, je trouve, dans le financement participatif, vous avez réussi à avoir beaucoup de dossiers déposés sur la plateforme par des gens qui voudraient les financer. Donc il a fallu finalement cibler aussi ces gens-là, les porteurs de projets.
- Cédric O'Neill
Oui, ce que tu vois, moi, mon objet...
- Damien Guermonprez
Ce sont des milliers de projets.
- Cédric O'Neill
C'est des milliers, on reçoit 600 projets par mois.
- Damien Guermonprez
Et ça, j'ai découvert sur ton site, tu vois. Et ça mérite d'être dit, parce qu'on comprend mieux qu'en étant extrêmement sélectif, finalement... Voilà, le 3% est tenu.
- Cédric O'Neill
Il y a pas mal de choses qui font qu'on a pas mal de défauts. D'un, nous, on n'a pas mis les doigts dans la promotion immobilière, parce qu'on ne connaissait pas au début, et donc on ne connaissait pas, on n'a pas voulu y aller. Comme c'est des particuliers qui investissent 100 euros, et que ce n'est pas des personnes... Tu vois, il y a des plateformes qui, l'investissement moyen, c'est 50 000 euros par personne. Donc, c'est des gens qui sont plus éduqués financièrement et qui mettent des gros bons temps. Nous, on a quand même monsieur et madame tout le monde. qui ne sont pas à vouloir forcément récupérer leur argent dans les 6 mois ou les 12 prochains mois. Donc, ils acceptent de prêter leur argent sur des durées plus longues et sur des taux un peu plus bas. C'est-à-dire qu'on n'a pas les taux en termes de rémunération les plus importants. J'ai des plateformes qui prêtent du 12. Nous, on est à 9-10. Mais pourquoi ? Parce que le risque est moins important chez nous. Il y a une hypothèque sur tous les dossiers et souvent, ça va être des murs d'hôtellerie avec de l'exploitation. Donc, tu as un historique et des revenus récurrents qui sont générés par l'activité hôtelière. qui font que tu gagnes un peu moins d'argent, mais tu as plus de sécurité. Donc nous, on est plutôt allé sur cette typologie-là. Et le fait d'avoir cette base d'utilisateurs nous a permis de financer à des taux plus bas que ce qui se faisait sur le marché, sur le financement participatif. Et moi, ma volonté, c'est de faire en sorte qu'on devienne la référence pour bien noter le couple rendement-risque. Parce que ce qui se passe sur le financement participatif, C'est que l'investisseur particulier n'est pas bien éduqué sur le fait que c'est normal d'avoir des projets à 6% où tu n'as quasiment aucun risque de défaut. Et c'est normal d'avoir des projets à 12% parce que là, c'est plus risqué.
- Damien Guermonprez
J'ai entendu ça dans une vidéo que tu expliques. En fait, ton métier, c'est prendre la place des banques qui ne savent pas prêter sur des projets risqués.
- Cédric O'Neill
Elles ne savent pas et souvent elles ne peuvent pas.
- Damien Guermonprez
Elles ne peuvent pas. Elles ne peuvent pas. Pourquoi elles ne peuvent pas ? Parce que tu dis, c'est quelque chose qui existe sur les marchés anglo-saxons, au Royaume-Uni, en Allemagne, on voit des banques prêter plus cher à des marchands de biens. Et ça, ça n'existe pas en France. Pourquoi ? Il y a un taux d'usure ?
- Cédric O'Neill
Déjà, tu as ton taux d'usure qui, pour un particulier, te limite. Tu vois, le taux d'usure, il est dépendant d'un...
- Damien Guermonprez
C'est des marchands de biens avec des SCI et des sociétés en marchands de biens, donc c'est SARL ou...
- Cédric O'Neill
Parce que ce n'est pas le modèle de la banque. La banque a toujours vu le crédit. comme un coût d'acquisition pour aller chercher du client. La banque n'a jamais mis en place le logiciel qui lui permet de se dire que ça va être une activité qui doit être une activité rentable. Et donc, je vais pricer le bon coût du risque si j'ai peur de perdre mon argent. Et les anglo-saxons, ils le voient comme une activité à part entière qui doit être bénéficiaire. En France, nos banques n'ont jamais eu cette Ausha. Elles n'ont jamais voulu aller sur du financement quand il y avait du risque. À chaque fois, ça a été majoritairement les particuliers. ou les foncières immobilières qui ont de l'exploitation. Et en fait, ça va leur permettre de prêter sur des durées très longues et de valider que le client ne peut pas partir parce qu'à côté de ça, je vais te contraindre à avoir un compte chez moi, avoir un cash déposite chez moi qui fait qu'en plus, je referai travailler de l'argent, etc. Donc, c'est la logique même du crédit immobilier bancaire français. qui fait que les banques ne savent pas faire.
- Damien Guermonprez
Tu éduques donc ta base d'investisseurs à travers Bricks Academy ?
- Cédric O'Neill
Alors, Bricks Academy, c'est autre chose. C'est plutôt un programme pour éduquer les porteurs de projets. C'est que toute personne qu'elle soit... Moi, je dis juste, Bricks, c'est pas ça qui va te rendre... C'est pas ça qui va te permettre forcément de créer un patrimoine qui te permettra d'avoir une retraite. Pourquoi ? Parce que... Tu gagnes 10% par an, mais uniquement sur le capital que tu as en réserve. Donc, c'est-à-dire que si tu as épargné, si tu as 10 000 euros à la banque, il vaut mieux les mettre chez nous parce qu'effectivement, tu vas faire du 10% à l'année. Mais ça sera toujours basé sur tes 10 000 euros d'épargne. Ce qui est génial quand tu vas voir ton banquier et qu'il te prête pour acheter ta résidence principale ou un appartement en location, c'est que là, tu as une surface financière qui est mise au travail. C'est l'effet de levier. C'est l'effet de levier qui est bien plus importante. Le banquier va te prêter 100 000, 200 000 euros. Et donc, tout de suite, tu as 200 000 euros pour acheter un bien immobilier. Et donc, nous, on encourage quand même à l'acquisition et à l'effet de levier et à faire des emprunts vis-à-vis de notre communauté parce que les deux sont complémentaires.
- Damien Guermonprez
Tout à fait, tout à fait. Et d'ailleurs, ton premier modèle, revenu based financing, il y avait l'effet de levier à l'époque.
- Cédric O'Neill
C'est nous qui mettions l'effet de levier. J'allais chercher de la dette sur 50% du financement jusqu'à ce que les banques coupent le robinet en 2022. Et donc, on encourage ces personnes-là et la majorité de nos utilisateurs ont commencé à nous dire « Oui, mais moi, si je veux acheter ma résidence principale, un appartement pour le mettre en locatif, comment je fais ? » Et on s'est dit « Bon, on va leur mettre à disposition des coachs, non pas sur un modèle de formation, c'est quasiment gratuit, pour les éduquer. » Parce qu'une fois qu'ils auront fait un premier projet en perso, peut-être qu'ils vont revenir avec un nouveau projet en marchande bien. Et là, à ce moment-là, ils auront besoin de venir chez nous pour se faire financer.
- Damien Guermonprez
Oui, c'est un sacré cercle vertueux. Et alors, si on se projette demain, tu veux aller plus loin encore. Tu veux aller plus loin parce que tu vas les équiper. Parce qu'à t'écouter, quand je t'écoute, tu vas devenir une banque.
- Cédric O'Neill
Oui, on est... On est déjà une banque dans le sens, qu'est-ce que c'est une banque ? Une banque, elle prend des dépôts, donc elle prend de l'argent des utilisateurs. Elle le prête à d'autres utilisateurs. Elle a un privilège qui est l'émission de monnaie. Parce qu'en fait, c'est quand tu prêtes via de la banque retail que tu crées de la monnaie. Mais si tu veux, la seule différence entre nous et une banque, si ce n'est cette émission monétaire, c'est que c'est la banque qui porte le risque quand elle prête. C'est-à-dire que si... il y a un emprunteur qui ne rembourse pas, c'est la banque qui supporte le risque. Toi, ton dépôt, quoi qu'il se passe, il est restitué.
- Damien Guermonprez
Mais il ne te rapporte rien.
- Cédric O'Neill
Mais il ne te rapporte rien. Nous, dans notre modèle, on fait exactement le même boulot, à savoir analyser des dossiers, les noter. La seule différence, c'est que ça ne passe pas par nous, l'argent. C'est direct, c'est entre le prêteur, le particulier, et l'emprunteur. Et donc le prêteur, toi... ou tu avais de l'argent à la banque qui ne te rapportait pas, là, il te rapporte bien plus parce que tu fais l'action de prêter ton argent, sauf que tu endosses aussi le risque associé d'un potentiel défaut. Donc nous, notre job, c'est de packager ça. Mais dans les faits, on fait déjà le job d'une banque si on le raisonne sur du crédit, à savoir packager des dossiers, les analyser, analyser le risque et faire en sorte que ça soit le plus sécure possible. Non pas cette fois-ci pour nous, établissement de crédit banque, mais pour nos investisseurs qui vont prêter directement l'argent. Mais effectivement, on vous a raison, c'est qu'au plus on a de licences financières.
- Damien Guermonprez
Et au plus, on peut proposer de produits financiers à nos utilisateurs. Donc la logique, demain, tu vois, c'est de proposer une carte de crédit à nos utilisateurs. C'est de proposer des comptes rémunérés pour que leur argent sur notre plateforme ne dorme pas et soit rémunéré autour de la Banque Centrale Européenne.
- Cédric O'Neill
Oui, parce que la vente croisée est possible à partir du moment où tu as recruté déjà des centaines de milliers d'investisseurs. Tu en as combien ? Parce que les chiffres varient en fonction... savoir si tu les as uniquement recrutés ou s'ils sont devenus des investisseurs. Est-ce qu'ils se sont inscrits ou est-ce qu'ils ont fait le pas pour investir ? Mais grosso modo, tu en as 500
- Damien Guermonprez
000. Là, on est en inscrit, en base, on est à plus de 700 000 maintenant.
- Cédric O'Neill
D'accord.
- Damien Guermonprez
Et en réel, investisseurs qui ont acheté au moins une brique, je crois qu'on est entre 150 et 200
- Cédric O'Neill
000. Impressionnant. Et ils ont quel âge en moyenne ? Quel genre de profil ?
- Damien Guermonprez
Alors, je n'ai pas l'âge précis, mais on est autour de 30 ans.
- Cédric O'Neill
D'accord. Donc, tu contribues à éduquer financièrement des jeunes. Des primo-accédants, des jeunes.
- Damien Guermonprez
Je suis étonné de voir que, justement, les jeunes se forment de plus en plus à la finance personnelle et ont envie de s'éduquer. Il y a beaucoup de personnes maintenant qui sont assez averties sur le fait qu'il n'y aura sûrement pas de retraite dans les 30-40 prochaines années. Et donc, comment tout de suite je me crée cette retraite personnellement ? Mais tu vois, moi, ma vision des choses... c'est qu'on va aller vers des super apps financières. Le développement informatique avec l'intelligence artificielle devient une commodité. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que ça va être très facile de créer des apps et de recréer un Brix de toute pièce d'un point de vue technique. Ce qui était compliqué. Là, il fallait 10 développeurs qui allaient bosser pendant 3 ans sur un projet. Peut-être que ça, maintenant, tu le referas en 3 mois. Donc la barrière à l'entrée, c'est plus la technologie, c'est ta communauté. La marque que tu crées et tes licences financières. Pourquoi ? Parce qu'une licence financière vis-à-vis de l'autorité des marchés financiers, ça prend 12 à 18 mois à aller chercher. La connaissance pour organiser tout ça, c'est un coût aussi parce que tu fais beaucoup d'erreurs. Et donc, ça veut dire que ces acteurs-là qui ont déjà cette expertise, qui ont déjà ces licences financières, leur objectif maintenant, ça va être d'aller très vite en termes de techno pour rajouter Merci. un maximum de fonctionnalités pour monétiser toujours plus leurs bases d'utilisateurs. Et d'ailleurs, ce n'est pas pour rien qu'Elon Musk vient d'annoncer avec X, 50 millions d'utilisateurs actifs, qu'il allait transformer ça en une application financière pour justement amener enfin un modèle économique à X via cette base d'utilisateurs qui va essayer de rémunérer de cette façon-là.
- Cédric O'Neill
Est-ce que tu es comme lui ? Quand Delaware pose problème, il vote Exxon. Si la France pose problème parce que tu voudrais devenir une banque, Une véritable banque, pas une néobanque qui est juste l'établissement paiement. Donc, tu vas le chercher ailleurs, ta licence bancaire, tu vas la chercher ailleurs si nécessaire ?
- Damien Guermonprez
Ah oui, je le ferai sans hésiter. Le message est passé. Non, mais le message... Et c'est même pas... Il ne faut pas opposer banque à un autre pays. C'est juste qu'il faut aller chercher... En fait, on est un acteur économique. L'acteur économique, il veut aller le plus haut, le plus vite, avec le moins de contraintes, tout en préservant la... la sûreté de ses utilisateurs. Et donc, ce n'est pas pour rien, tu vois, que, comment il s'appelle, Revolut ont commencé en Lituanie, parce que c'était plus simple d'aller chercher une licence bancaire là-bas, pour au final revenir en France. Donc, en fait, il n'y a pas d'opposition. Tu vois, il y a certains acteurs qui commencent à Malte ou à Chypre, parce que la législation est connue pour être plus simple. Et après, ils sont obligés de se remettre dans les rangs et de revenir en France. Donc, ce qui importe, ce n'est pas tant où tu vas, c'est... À quel point tu es agile et flexible pour aller vite et offrir des opportunités à tes investisseurs ?
- Cédric O'Neill
Ce qu'il n'y a pas une étape à faire d'abord, c'est couvrir l'Europe. Tu couvres combien de pays et tes investisseurs viennent de nombreux pays ?
- Damien Guermonprez
Non, très peu.
- Cédric O'Neill
Ok, ils sont français.
- Damien Guermonprez
Oui, 80.
- Cédric O'Neill
Et tu n'as pas envie d'abord de devenir le BRICS.co pour tous les Européens dans le modèle actuel ?
- Damien Guermonprez
C'est une bonne question. En fait, ce qui est très dur dans notre modèle... c'est d'être capable d'avoir un sourcing de produits infini. C'est-à-dire que, tu l'as dit, on est une place de marché. Donc, il te faut des utilisateurs, il te faut des bons projets. Parce qu'en fait, rentrer des projets, tu peux rentrer facilement, rentrer des bons projets qui ne vont pas partir au casse-pipe, très compliqués en termes de volume. Et donc, on n'a pas un modèle qui est scalable à l'infini. C'est-à-dire que si j'ai 50 millions de membres qui arrivent, tu vois, comme un Revolut.
- Cédric O'Neill
Oui.
- Damien Guermonprez
Je ne suis pas capable de leur proposer des projets en face. Et donc, la difficulté de notre modèle, c'est qu'aujourd'hui, on a plus de demandes. J'ai plus d'argent de la part de mes investisseurs que de projets à leur proposer. Donc, pour nous, le vrai sujet... Avant de se dire qu'on va développer auprès d'investisseurs allemands, polonais, italiens, c'est comment on fait pour avoir une machine qui me permet d'analyser toujours plus vite, toujours mieux les projets qui m'arrivent, pour être capable, tu vois, j'en regarde 600 par mois, pour être capable d'en regarder 6 000, 10 000. Et est-ce qu'on a 6 000, 10 000 projets ? Sur le marchand de biens, il n'y a pas 10 000 projets à regarder par mois. Donc c'est comment on réduit... les taux progressivement. Parce qu'en fait, si tu es capable de financer des projets à 6-7%, tout de suite, tu t'ouvres une base de projet plus importante. Et c'est pour ça qu'on en revient aussi à l'application financière. On sponsorise l'argent qui dort sur nos comptes. On n'est pas rémunéré par la BCE, mais là, on offre déjà une rémunération qui a un avantage commercial. Donc moi, je donne du cashback marketing à mes utilisateurs. quand ils ne peuvent pas investir sur les projets. Comme ça, ça leur évite de mettre de l'argent sur ma plateforme pour le ressortir. Alors, on s'est rendu compte qu'on a fait venir une nouvelle typologie de personnes, une nouvelle typologie d'usagers qui étaient intéressés par cette fonctionnalité-là. Très bien. Je vois que tu construis comme un oignon.
- Cédric O'Neill
C'est-à-dire qu'en fait, aujourd'hui, par exemple, avec BricksNow, tu finances des agences immobilières pour qu'elles puissent payer, dès la signature du compromis, les commissions. qu'elle doit au vendeur, à son commercial. Et je trouve ça assez malin, parce que tu restes dans la sphère immobilière, tu finances.
- Damien Guermonprez
On fait de la facturage.
- Cédric O'Neill
Tu fais de la facturage.
- Damien Guermonprez
Concrètement, on fait de la facturage.
- Cédric O'Neill
Ça marche, ça ? C'est nouveau, c'est tout nouveau.
- Damien Guermonprez
C'est tout nouveau. Alors, c'est très petit en volume pour le moment, mais ça intéresse. Et tu vois, la facturage, pourquoi on a lancé ce produit-là, en commençant par les agences immobilières. Premièrement, les agences immobilières, on savait que... On avait la possibilité de se faire payer directement par le notaire quand il y avait cette session de créance. Donc, tu avais une garantie supplémentaire par rapport à un simple facturage. Et on sait que le marché de la facturage, il est énorme. Donc, si tu as des particuliers qui sont capables de rentrer sur ce marché-là, on va être en capacité de leur offrir toujours plus de produits. Notre logique, c'est toujours de se dire qu'on est limité par ce qu'on peut proposer là aujourd'hui. Et donc, comment, en partant de l'immobilier à la base, on peut progressivement... rajouter des nouvelles classes de produits qui vont être financés par les particuliers.
- Cédric O'Neill
Excuse-moi, le temps te court malheureusement. Ta famille, ils doivent être... Ils savent que tu ne vas jamais t'arrêter ?
- Damien Guermonprez
En fait...
- Cédric O'Neill
Qu'est-ce qu'ils te disent de toi ? Ils te conseillent ?
- Damien Guermonprez
Ma famille, mes amis, ce qu'il y a, c'est que effectivement, il y a ce truc de...
- Cédric O'Neill
Tu es un peu un ovni pour eux.
- Damien Guermonprez
À quel moment tu vas t'arrêter ? Je pense que tout entrepreneur l'a vécu. « Ah, mais ça y est, maintenant, tu as réussi, tu peux t'arrêter. » Et « Ah, mais quand tu seras à la retraite, tu arrêteras de travailler. » Et en fait, ce que les gens de l'extérieur ne voient pas quand tu es entrepreneur, c'est que moi, je fais ça non pas pour gagner de l'argent, je fais ça pour m'amuser, en fait. C'est par plaisir. Développer, créer, lancer des nouveaux produits qui fonctionnent. Donc, moi, je ne me vois jamais m'arrêter, en fait.
- Cédric O'Neill
Vous êtes combien chez Emrix.co aujourd'hui ?
- Damien Guermonprez
Là, on est une trentaine.
- Cédric O'Neill
D'accord. Et tu formes à ce que quelqu'un puisse... Au fur et à mesure, tu décides tout ou bien tu délègues ?
- Damien Guermonprez
Je pense que là, je décide de tout.
- Cédric O'Neill
C'est bien, c'est honnête.
- Damien Guermonprez
Il y a plein de choses qui sont déléguées.
- Cédric O'Neill
Bravo, c'est vraiment impressionnant. On aurait pu continuer de parler pendant une heure. Écoute, vraiment, Cédric, je te remercie. Je suis vraiment très heureux de t'avoir accueilli. Merci, David. Et voilà, c'est terminé pour cet épisode de Show Me The Money. Si le contenu vous a éclairé, partagez-le auprès de ceux ou celles qui pourraient être intéressés et abonnez-vous pour ne pas louper le prochain épisode. A bientôt pour le prochain décryptage !