Speaker #0Salam alaykoum, Ahmad Allah. Tu sais, il y a des phrases qu'on dit souvent, tellement souvent qu'on ne les entend plus. Des phrases qui rassurent sur le moment, qui donnent l'impression d'être sage, spirituel, et mature même. Mais qui, à force d'être répétées, fatiguent le corps, resserrent le cœur, et transmettent la douleur à la génération suivante. Aujourd'hui, j'ai envie qu'on parle entre femmes, dans une fraternité qui élève. Et j'entre dans le vif du sujet, je commence par la première phrase que j'entends souvent, c'est ma destinée, c'est le destin, c'est le mektoub. Et laisse-moi te dire quelque chose, non, ce n'est pas toujours ta destinée et c'est souvent aussi un schéma non réparé. Allah parle de qadar, oui, il parle aussi de responsabilité, de conscience, de transformation. Et Allah nous dit dans surat al-Ra'd, surat 13, verset 11, « Allah ne change pas l'état d'un peuple tant qu'il ne change pas ce qui est en eux-mêmes. » Et la destinée, ce n'est pas une excuse pour rester là où le corps souffre, non. Et on se le dit souvent pour arrêter de sentir. Alors regarde cette situation très concrète. Et c'est souvent un schéma d'effacement qui a été appris et parfois transmis de mère en fille. Quand une femme est fatiguée, depuis des années, qu'elle se réveille déjà fatiguée chaque matin, même après une nuit de sommeil, qu'elle dort sans vraiment récupérer et qu'elle dit « Alhamdoulilah, c'est mon destin » . Je vais être très claire, ce que je vois après des années d'accompagnement, c'est pas du mektoub, c'est un corps qui a porté trop longtemps ce qui ne lui appartenait pas en fait. Allah n'a jamais décrété l'épuisement nerveux constant, ni l'oubli de soi comme un mode de vie. La fatigue chronique, ce n'est pas une vertu spirituelle, c'est un signal biologique de ton corps, émotionnel et relationnel. Et dans 90% des cas, elle ne vient pas d'une épreuve soudaine, elle vient d'un déséquilibre qui est installé, trop de responsabilités portées seules, trop de silence qui a été avalé, pas assez de sécurité intérieure en fait. Et le destin, en islam, n'annule jamais la responsabilité, il ouvre un cadre. Et à l'intérieur de ce cadre, Allah nous appelle à la conscience, au mouvement, à la réparation. Et quand le corps parle depuis si longtemps, ce n'est pas de la patience qu'il demande, c'est un changement de posture. Et ça, ce n'est pas s'opposer au qadar, c'est répondre à la amana du corps qu'Allah t'a confié. Et une autre phrase que j'entends aussi énormément, je fais sabr, je patiente. Alors soyons honnêtes entre nous, parfois tu ne fais pas sabr, tu te tais. Tu encaisses, tu t'effaces. Et le sabr d'al-quran n'a jamais été l'acceptation de l'injustice. C'est la tenue du cœur dans le mouvement juste. Ce n'est pas l'anesthésie. Et le prophète n'a jamais demandé à une femme de s'écraser pour être pieuse. Alors une autre phrase, un grand classique. Chez les croyants, Allah éprouve ceux qu'il aime. Oui, oui, bien sûr. Mais Allah ne demande jamais la destruction lente. Une épreuve rapproche, oui, elle n'éteint pas la personne. Elle ne te rend pas malade, chronique à vie. Et quand une situation t'éloigne de ton corps, de ta paix, de ta présence à Allah, ce n'est plus une épreuve, c'est un signal. Et j'aimerais aussi te parler du silence qui ronge. Tu sais, tu te tais pour préserver la paix. paix, tu ravales ta salive, tu relativises, et t'appelles ça le destin, le sabre. Et tu sais que quand tu te tais une fois, c'est un choix, ça c'est d'accord. Et quand tu te tais souvent, c'est de la peur. Et quand tu te tais tout le temps, c'est plus de la patience. C'est ton corps et ton cœur qui essaient de survivre. Et tu sais, ce silence répété n'a rien de sacré. Il vient plus de la sagesse. Il vient de l'épuisement. Tu te tais pour éviter le conflit, tu te tais pour préserver, tu te tais pour tenir. Et à force, t'es plus en paix, t'es en mode survie. Tu sais, le silence répété, c'est pas une destinée, c'est une stratégie pour ne pas te briser. Malheureusement, c'est une stratégie qui finit souvent par t'abîmer. Et s'il y a un rappel important que j'aimerais faire, c'est oui, Allah parle du qadar, du décret. du destin. Et il parle aussi de conscience, de choix, de responsabilité, de transformation. Et Allah dit clairement Allah ne change pas l'état d'un peuple tant qu'il ne change pas ce qui est en nous-mêmes. Donc ce qui t'arrive, ton libre arbitre, c'est ce que tu en fais. Quand tu es dans l'événement, quand tu es dans la situation, quelle est ta réaction ? Comment tu agis ? Qu'est-ce que tu fais ? C'est ça le libre arbitre, qu'est-ce que tu fais dans la situation ? Et si tout est figé, ce verset n'existerait pas en fait. Allah ne change pas l'état d'un peuple tant qu'il ne change pas ce qui est en nous-mêmes. Si tout était figé, ce verset n'existerait pas. Et le point clé à comprendre, c'est que le destin, ce n'est pas rester dans ce qui te détruit, appeler patience ce qui t'épuise, ou confondre foi et résignation. Très souvent, ce que tu appelles mectou, destin, décret, c'est un schéma appris, une limite qui n'a jamais été posée et une peur jamais regardée. Alors j'ai une question simple à te poser. Est-ce que la situation que tu vis t'élèves ou est-ce qu'elle t'use ? Et ça, c'est une question que tu peux noter. Et à chaque fois que tu dois faire une relation dans un épisode de ta vie, pose-toi la question. Pose-toi cette question. Est-ce que cette situation m'élève, cette relation m'élève ou est-ce qu'elle m'use ? Le mectoube élève. Même quand il fait mal, même quand il est difficile, il t'élève. Il te met bien, le mectoube. Par contre, le schéma qui se répète, il use. Même quand... Même quand c'est bien expliqué que t'as compris. Ils t'usent parce que c'est un schéma qui se répète. Et la différence entre le bec-toup qui t'élève et le schéma qui t'use, ton corps la connaît et tu le sais, tu le sens, tu le vis. Juste t'es dans un déni. Alors pose-toi cette question sans te juger et amène une réponse spontanée. Il n'y a aucun jugement, c'est entre toi et toi. Est-ce que c'est... Cette situation te rapproche d'Allah ou est-ce qu'elle te met en mode survie ? Tu sais, Allah ne guide jamais par la dissociation. Tu adores Allah pour vivre ou pour survivre ? C'est une vraie question que je te pose. Tu fais des do'as pour vivre ou pour survivre ? Tu fais du zikr pour vivre ou pour survivre ? Alors oui, on a chacun des épisodes pas faciles dans nos vies et c'est assez normal. Parce qu'on est sur terre et c'est... Ça fait partie de la vie terrestre, d'accord ? On n'est pas au paradis. C'est au paradis qu'il n'y aura plus de problème. Alors oui, on a tous des épisodes pas faciles dans nos vies. Et oui, on implore Allah dans ces moments pour y survivre, et dépasser, et traverser l'événement, et ensuite vivre, et non plus survivre. Par contre, si tu passes l'écrasante majorité de ton temps d'adorer, De faire des doigts et de faire du zikl pour survivre, il y a un problème dans ta vie. Je te parle maintenant d'une autre phrase que j'entends très souvent. Je préfère encaisser pour préserver la famille. Je pense que c'est l'une des phrases les plus dangereuses que j'entends. Parce que non, tu ne préserves rien, tu dis faire la casse. Oui, tu dis faire la casse. Tu la lègue à tes enfants. Oui. Et tu sais, ça, c'est très important. Et je vais te le répéter. Tu dis faire la casse. casses et tu la lègues à tes enfants. Et les enfants n'apprennent pas parce que tu dis. Ils apprennent parce que ton corps tolère, parce que tu leur montres, parce que tu vis et comment tu le vis. Et le prophète Al-Israël a dit « Chacun de vous est un berger et chacun est responsable de son troupeau. De préserver, mettre des limites saines, ce n'est pas casser la famille, c'est parfois empêcher la répétition. » empêcher le schéma et transmettre un nouveau modèle sain. Une belle posture saine, oui. Une autre phrase que j'entends très souvent, c'est plus simple comme ça. Ouais, c'est plus simple comme ça. Non, c'est plus connu. Ce qui est simple apaise parce que tu connais, il n'y a pas d'effort à faire. Le connu, par contre, lui, il peut aussi te détruire. Alors si simple rime avec tension constante, avec fatigue, avec oppression intérieure, c'est plus simple, c'est toxique. Et ça, c'est une grande différence qui est importante d'entendre. Une autre phrase que j'entends très souvent, je dois encore travailler sur moi. Alors parfois, non, je te dis clairement, tu n'as plus à travailler sur toi. Parfois, tu as déjà trop travaillé sur toi, trop corrigé, trop expliqué. Et ce qu'il faut maintenant, ce n'est plus te réparer toi, c'est changer de posture, arrêter de te plier. et commencer à te respecter. Tu sais, quand tu dis, je dois encore travailler sur moi et... Le travail sur toi, c'est que tu t'excuses alors que tu n'as rien fait de mal, que tu reformules mieux pour ne pas déranger, que tu ravales pour rester calme, que tu te remets en question avant même qu'on te parle, que tu cherches ce que toi, tu aurais dû faire différemment pendant que l'autre ne change rien. À ce stade, ce n'est plus du travail sur toi, c'est de l'auto-effacement bien déguisé. Et parfois, le problème n'est pas que tu n'as plus assez travaillé sur toi, c'est que tu as trop porté. Tu as compris, tu as analysé, tu as fait preuve de patience. Et maintenant, le travail n'est plus intérieur, il est posturel. Alors, change de posture. Et changer de posture, ça ressemble à dire non sans te justifier pendant 10 minutes. Arrêter de traduire tes besoins pour qu'ils passent mieux. Laisser l'autre face à sa responsabilité. Et ne plus compenser ce qui ne vient plus. Arrêter de te plier, ce n'est pas devenir dur, c'est te respecter. Et le respect change tout. Il change le système et donc la qualité de ta posture et du respect que tu invites à travers cette nouvelle posture dans tes relations. Et je comprends pourquoi il agit comme ça. Ça, c'est une phrase que j'entends souvent. Oui, je comprends pourquoi il agit comme ça. Comprendre, c'est bien. Et en même temps, comprendre sans limite, c'est consentir, c'est accepter, c'est dire oui, bravo, continue, refais comme ça. La compréhension n'annulera jamais le besoin de cadre. Et même Allah pose des limites, et pourtant il sait tout. Une autre phrase que j'entends souvent, « Tant que je tiens, ça va, je tiens bon. » Tenir, ce n'est pas vivre. Et tenir longtemps rend malade. Et Allah ne t'a jamais demandé de tenir, ni de te rendre malade. Il t'a demandé de vivre debout, avec le smile. Et tu sais, quand j'entends « Les enfants ne voient rien » , T'inquiète, je ne montre rien. Les enfants sentent, ils n'ont pas besoin de voir. Ils sentent, ils n'ont pas besoin de voir. Et quand j'entends « j'ai plus le choix » , je te dis qu'il y a toujours un choix. Parfois il est coûteux, parfois il est inconfortable, mais souvent il est salvateur. Et cette phrase « je suis forte » , être forte n'a jamais été une obligation spirituelle. La douceur, la paix, la sécurité envers toi-même d'abord. sont aussi des actes de foi. Alors j'aimerais que deviennent interdites les phrases qui justifient la souffrance, qui spiritualisent l'effacement. Et quand tu fais ça pour préserver la relation, alors qu'en réalité tu t'abîmes. Ici, tu sais, avec moi, je ne travaille plus pour tenir. Je travaille avec toi pour rompre la chaîne de la souffrance sans limite, pour protéger le cœur, pour réparer la lignée. Et rendre à la fois sa fonction première qui est donner la vie, c'est vivre. Si Allah s.w.t. a mis sur terre, c'est pour vivre et non pour survivre. Transforme ces difficultés, chacune de ces difficultés en doha. Et dis Allahumma, rends-nous, ya Rabbi, rends-nous lucides sans dureté. Ya Allah, rends-nous lucides sans dureté et courageuses sans violence. Et fidèles à toi, ya Rabbi, sans nous trahir. Ya Allah, ne fais pas de notre patience une prison. ni de notre foi en silence, et fait de nous les femmes vivantes, présentes, et sources de paix. Et moi, je suis Firdaus. Depuis des années, j'accompagne des femmes à sortir de la tension permanente, de la survie émotionnelle, et de l'adaptation qui épuise. Et mon travail, c'est de restaurer une féminité digne, stable, calme et rayonnante. J'accompagne celles qui veulent aimer sans se perdre. guérir sans se couper et avancer avec Allah comme repère. Et si ce podcast t'a fait du bien, partage-le à ceux que tu aimes pour leur être utile à ton tour. Et mille merci à toi pour la note et le commentaire que tu laisseras à ce podcast. Ça me permet aussi de le faire connaître et de savoir que je t'ai utile et de continuer. Et rappelle-toi surtout que tu es bien plus et que tu vaux bien plus que ce que tu fais et ce que tu montres.