- Jean Briac
Même si c'est vrai qu'au bout de 6 mois, on aurait pu avoir une grosse remise en question parce qu'on n'avait plus d'économie, pas de boulot fixe, etc. Mais je ne sais pas, je trouve qu'on a osé et ça s'est très bien passé pour nous au final.
- Lucie
Salut, c'est Lucie.
- Alban
Salut, c'est Alban.
- Lucie
Bienvenue chez nous sur un nouvel épisode de Sous les Aurores.
- Alban
Pour ceux qui nous suivent en vidéo sur YouTube, vous vous rendez compte que nous ne sommes pas chez nous. La raison est simple, nos invités d'aujourd'hui sont des amis. Et nous sommes rendus chez eux parce qu'ils attendent un heureux événement qui peut arriver à n'importe quelle minute presque au moment où on se parle.
- Lucie
Je vais commencer par vous poser quelques petites questions pour que les auditeurs apprennent à vous connaître. Je vais vous demander comment tu t'appelles, depuis combien de temps vis-tu en Norvège, dans quel domaine travailles-tu ? Et enfin, si tu peux nous partager un petit culture-choc qui t'a marqué quand tu es arrivé ou que tu continues de vivre au quotidien.
- Jean Briac
Je m'appelle Jean-Briac Vanel. Ça fait cinq ans que j'habite en Norvège. Je travaille dans une entreprise médicale, en finances plutôt. Ce qui m'a un petit peu surpris, quand on est arrivé, c'était le début du Covid. Et les Norvégiens trouvaient que de respecter deux mètres de distance, c'était pas assez.
- Lucie
C'est vrai.
- Alban
Ça les forçait à se rapprocher.
- Lucie
Et puis on a ta femme à côté. Est-ce que je vais te poser les mêmes questions ? Comment tu t'appelles ? Depuis combien de temps vis-tu en Norvège ? Dans quel domaine travailles-tu ? Et si tu peux nous partager un culture-choc ? Coucou !
- Alua
Je m'appelle Alua, A-L-U-A, mais en kazakh ça va être plutôt Alua. Et en anglais c'est Alua. Donc c'est un peu compliqué. Je travaille avec CRM System.
- Alban
Des logiciels informatiques, on est un peu dans le même milieu à l'OMO.
- Alua
Et le choc culturel, c'était à Aulisson, quand j'ai arrivé, et dans le bus, tout le monde était assis très très loin de chacun.
- Lucie
Et ce n'était pas le Covid.
- Alua
Ce n'était pas le Covid.
- Lucie
La première question qui nous vient à l'esprit, c'est... pourquoi la Norvège ? Parce que donc, on n'a pas précisé, mais tu l'as dit, tu es Kazakh à l'Oua, et JB tu es Français. Donc, comment vous deux, vous êtes arrivés en Norvège ?
- Alua
La raison principale, c'est que je voulais faire mes études master, et j'ai trouvé l'université à Norvège. Et pourquoi à Norvège ? C'est parce que je pouvais étudier en anglais, presque gratuitement. Ouais, voilà, c'est la... Raison principale.
- Lucie
Oui, c'était bénéficier de ce système tout en faisant des études en anglais. C'est vrai que c'est un super bénéfice. Et du coup, tu es arrivée en quelle année pour démarrer ? C'était ton master, c'est ça ?
- Alua
2019. 2019 ? Oui. C'est parce qu'on habitait en Thaïlande, nous deux, et je voulais faire un master plus proche. de France, de l'Europe.
- Lucie
Donc, au niveau des formalités ?
- Alua
Oui, si tu as tous les documents. Et pour moi, comme Kazakh, c'est tout le temps le même truc. Si je veux faire quelque chose à l'Europe...
- Lucie
C'est quand même beaucoup de paperasse.
- Alua
Oui, mais pour moi, j'ai vraiment habitué que je dois faire ça, ça, ça, ça. C'est beaucoup de... paperwork, mais c'est juste quelque chose que j'habitue.
- Alban
Oui, donc on avait déjà parlé avec d'autres invités qu'en général, que ce soit pour arriver pour le travail ou pour les études en Norvège, quand on appartient à l'Union Européenne, tout est quand même simplifié. Mais donc toi, Aloha, tu fais partie des exemples hors UE, où ça se fait, mais c'est plus lourd.
- Alua
J'ai submis mon application dans trois universités, je pense, et j'ai eu un repos positif de 1, sans 3. Donc, je pense que c'était plus ou moins difficile parce que je n'étais pas admis dans tous les 3.
- Jean Briac
On avait pensé à d'autres pays. Par exemple, en Italie, il y avait des masters qui étaient intéressants. En France aussi. Moi, je n'avais pas vraiment envie d'aller en France, mais il y avait quand même des universités gratuites. Et avec des masters en anglais, il me semble ?
- Alua
Oui, comme ça, je vais aussi penser à améliorer mon français. Si j'ai des études en France, je peux parler plus ou moins en français. Donc, ça va aller. Mon premier choix était Norvège parce que c'est vraiment en anglais.
- Lucie
Et du coup, toi, JB, Aloha est admise en master en Norvège. Qu'est-ce que tu fais à ce moment-là ? Tu pars avec elle ?
- Jean Briac
C'était déjà un projet auquel on avait réfléchi peut-être deux ans avant de partir de la Thaïlande. On savait qu'en Thaïlande, moi j'avais un boulot après mes études qui était plutôt sympa, mais on ne voyait pas forcément trop de perspectives d'évolution pour Aloha.
- Alban
Attends, mais quand même je suis curieux, parce qu'avant de comment JB a rejoint Aloha en Norvège, comment vous vous êtes rencontrés ? Est-ce que c'était en Thaïlande ?
- Lucie
Comment JB et Aloha sont arrivés en Thaïlande et comment ils se sont rencontrés. C'est vrai, faisons un petit...
- Alban
J'ai envie qu'on fasse une petite parenthèse sur ça parce que c'est quand même un parcours aussi très particulier.
- Jean Briac
C'est une très bonne idée. Aloha en fait est venu étudier dans mon école de commerce à Lille. C'était en 2013 je crois la première fois. Et on s'est rencontrés là-bas, on s'est croisés à des soirées. Et voilà, on était un peu des amis d'amis. Et après, moi, je suis allé faire un échange universitaire au Kazakhstan, à Almaty, la ville dans laquelle Aloha habitait.
- Alban
Qu'est-ce qui t'a un peu... Est-ce que là-bas aussi, qu'est-ce qui t'a frappé peut-être de la culture ?
- Jean Briac
C'est très différent en tout cas de la Norvège, dans le sens où là-bas, il fallait vraiment parler un peu de russe pour pouvoir s'en sortir. Très peu d'anglais et tout était intéressant, parce que c'est une culture que je connaissais absolument pas. Je pense que je n'avais presque pas entendu parler du Kazakhstan avant de décider d'y aller pour six mois. Donc c'était une sacrée expérience. Et ça alternait avec des gens qui étaient très accueillants, mais aussi parfois des conversations avec des chauffeurs de taxi qui n'étaient pas toujours très agréables, voire un peu agressives. C'était très particulier comme expérience. Mais j'ai passé un super séjour là-bas. Et c'est là que Loa et moi, on a commencé à sortir ensemble. Et après, Aloha est revenue étudier dans mon université pour un deuxième semestre, donc en France.
- Alban
C'est fou la vie. Tu viens dans l'école de JB, il part étudier au Kazakhstan et tu reviens dans l'école de JB. Mais oui,
- Jean Briac
exactement.
- Lucie
Aloha, elle t'avait déjà tapé dans l'œil en France ?
- Jean Briac
Oui, absolument. Elle m'avait déjà tapé dans l'œil en France.
- Lucie
Parce que bon, choisir une université au Kazakhstan peut... Peut-être qu'il y avait une motivation sous-jacente.
- Jean Briac
Pour le coup, je savais déjà que j'allais partir en échange au Kazakhstan avant de rencontrer Alois.
- Lucie
Ah, trop drôle. Ah, trop drôle. Non, mais c'était man to be alors.
- Jean Briac
Exactement.
- Alua
Mais moi, j'ai revenu en France à cause de Jean-Briac.
- Jean Briac
Voilà,
- Alban
exactement.
- Jean Briac
Et après, une fois que tu es revenu en France, c'était très sympa. On a pu être ensemble pendant six mois encore. Donc ça, c'était chouette. Mais après, tu as dû rentrer au Kazakhstan. Moi, je suis allé faire mon premier boulot en Allemagne. Et là, on était du coup séparés pendant au moins un an et demi en longue distance. Mais bravo, hein ? Ouais, c'était vraiment difficile. Ça, c'est le baptême du feu, hein ? Absolument, ouais. C'était difficile, il y a eu beaucoup de rebondissements, on se manquait beaucoup. Et je pense que si on avait tous les dessus, que ça allait durer deux ans, on aurait peut-être fait autre chose. Mais au final, on a tenu bon. On s'est retrouvés petit à petit dans certains pays. On a fait Pamp Nouvel An au Kyrgyzstan ensemble, c'était très sympa.
- Lucie
Ah ouais, trop chouette !
- Jean Briac
Mais on s'est quand même pas beaucoup vus.
- Alban
Ah ouais,
- Jean Briac
malgré tout. Et en fait, on s'est retrouvés en Thaïlande, parce que moi j'avais déjà fait un stage là-bas pendant mes études, j'avais beaucoup aimé. C'était très sympa, très différent de l'Europe. Et pour Alois, c'était plus facile d'obtenir un visa de travail, je pense, pour la Thaïlande que pour l'Europe.
- Lucie
Ouais.
- Jean Briac
Donc du coup, c'était assez facile pour nous deux de se retrouver là-bas. Ça, c'est très bien.
- Lucie
Donc vous avez choisi ensemble d'aller en Thaïlande ?
- Jean Briac
Voilà. Mais donc Alois est arrivé vraiment un peu du jour au lendemain, me retrouver en Thaïlande un mois après que je sois arrivé, juste avec une valise et on n'avait jamais vécu ensemble. Donc c'était quand même un pari un peu fou.
- Lucie
Deuxième baptême du feu.
- Jean Briac
Exactement. Mais ça s'est très, très bien passé. Je pense qu'on s'est tous les deux vraiment bien adaptés à la culture là-bas. On a passé un super trois ans. consécutifs en Thaïlande.
- Lucie
Non, mais c'est clair que Kazakhstan, France, Thaïlande et après Norvège, on peut dire... Allemagne au milieu. Non, mais passer de l'Allemagne à la Thaïlande, ça doit être aussi un petit choc, comme nous, de l'Argentine à la Norvège. On peut dire que vous êtes adaptables.
- Jean Briac
Et c'est ça, au final, qu'on recherchait. C'est une des raisons pour lesquelles on est arrivés en Norvège. C'est qu'on voulait vraiment vivre une expérience différente de la Thaïlande. Et là, pour le coup, c'était le grand écart sur tous les points de vue. La culture était très différente. La chaleur des gens aussi était très différente. Le climat, le coût de la vie, même le relief. Enfin, c'était le grand écart. Mais c'était parfait pour nous parce que, vu qu'on habite chacun, on est tous les deux nés d'un continent différent. C'est important pour nous de trouver dans quel pays, au final, On aurait envie de vivre un jour ensemble. Du coup, on a pu voir deux extrêmes. Et au final, maintenant, on a décidé de rester en Norvège. Je pense qu'on n'y est encore pas un bout de temps.
- Alban
Avant qu'on revienne après peut-être sur votre arrivée en Norvège et comment ça s'est fait, qu'est-ce qu'à Loa, toi, tu as beaucoup aimé en Thaïlande ? Qu'est-ce qui t'a plu ?
- Alua
La vie était vraiment belle. Déjà, la cuisine. Mais en Thaïlande, j'ai travaillé comme prof dans l'école avec... Les enfants commençaient de 10 ans jusqu'à 17 ans, peut-être. Un peu prof de français, mais principalement, c'était business studies. C'est parce que j'ai fini l'école de commerce, mais aussi en Thaïlande, quand tu travailles dans l'école internationale. Tu peux faire un peu de tout. Je suis prof de musique.
- Lucie
Tu es flexible.
- Alban
Si vous avez un poste qui s'ouvre, n'hésitez pas à en parler. Au final, ça te plaisait beaucoup, non ? Oui,
- Alua
j'adorais ce job. J'adorais travailler avec les enfants, avec les teenagers. Je pensais que c'était très drôle. Mais aussi les heures de travail. Comme le prof, c'était vraiment bien.
- Alban
Tu donnais plein d'heures de cours au final ? C'était des petites journées ?
- Alua
Oui, je finis à 4h de l'après-midi.
- Jean Briac
Un avant-goût de la Norvège.
- Alua
À Norvège, c'est normal, mais dans les autres pays, c'est vraiment... Oui, toi,
- Lucie
JB, en Thaïlande, tu n'avais peut-être pas les mêmes horaires qu'à Lua en travaillant dans une entreprise.
- Jean Briac
Oui, c'est vrai que j'avais des horaires, au final, c'était 8h par jour, mais il y avait une plus longue pause le midi. Et surtout, il y avait beaucoup de temps de trajet pour aller au boulot le matin et le soir.
- Lucie
Vous habitez où en Thaïlande ?
- Jean Briac
On habitait à Pattaya. Et moi, je travaillais dans une usine dans la campagne de Pattaya. C'était comme 1h20 de trajet aller, 1h20 de trajet retour. Et dans des conditions de circulation qui étaient vraiment difficiles, où j'avais un peu l'impression que j'allais mourir deux fois par jour en faisant ce trajet.
- Alban
C'est pas anodin quand même. Ouais,
- Lucie
c'était... Ça rajoute un petit stress quand même.
- Jean Briac
Absolument. Et c'était aussi un des gros aspects pour moi qui m'a donné envie de partir de la Thaïlande. C'est un peu bizarre de dire ça pour les gens qui me connaissent, mais la sécurité sur les routes, j'ai trouvé que c'était...
- Lucie
Oui, parce que JB est adepte des routes, sur deux roues, sur quatre roues.
- Alban
Et des sauts-parachutes aussi quand même. Oui, oui. Ce n'est pas que les roues. Non,
- Lucie
l'air aussi.
- Alban
L'adrénaline, ça le botte.
- Jean Briac
c'est vrai que l'adrénaline deux fois par jour quand on la cherche pas c'était un peu dur et c'est vrai qu'on était content d'arriver en Norvège où là c'était on se sent bien, les gens sont respectueux on a un sentiment de sécurité au final ici qui est très appréciable c'est difficile à quantifier je pense que ça vaut le soleil de la Thaïlande donc si on revient au
- Lucie
moment où où Alois est admise dans une université en Norvège. Quel est votre plan en tant que couple ? Et toi, JB, du coup, dans ta vie pro pour venir en Norvège ?
- Jean Briac
Donc, on avait un petit peu réfléchi un peu de temps avant qu'Alois soit admise. On avait quand même un plan dans notre tête. On est des gens assez organisés. Donc, on avait fait des économies avant que cette décision ne tombe. Et moi, j'avais aussi un... Une envie assez intense de voyager, parce que là-bas, en Thaïlande, on avait très peu de vacances, comme beaucoup d'expats peut-être, ou de locaux qui travaillent dans des pays comme ça. Et j'avais envie de voyager un peu en Asie du Sud-Est avant de partir. Et donc une fois qu'Aloua a eu cette décision-là, presque immédiatement, j'ai annoncé à mon entreprise que du coup j'allais quitter l'entreprise. Et j'ai quitté mon entreprise assez rapidement pour me laisser trois mois pour pouvoir me balader un peu en sac à dos en Asie du Sud-Est avant qu'on déménage en Norvège.
- Alban
Et Aloha t'a accompagné aussi pendant ces trois mois ?
- Jean Briac
Non, parce qu'Aloha, elle était encore en train de travailler à ce moment-là et elle est allée un petit peu plus tôt que moi en Norvège. commencer les semaines d'intégration dans son université.
- Alban
Donc c'est dire combien tu étais avant-gardiste JB en étant déjà entretenu par ta femme.
- Jean Briac
Absolument. Ça c'est vrai que c'était un moment qui était plutôt sympa, c'était une bonne transition pour moi. Et puis après j'ai vraiment vécu l'expérience de suivre ma femme un peu pour sa carrière on va dire. Donc je suis arrivé moi en Norvège sans aucun boulot, sans aucun chômage. À vivre dans une résidence étudiante avec Alois.
- Lucie
À vivre d'amour et d'eau fraîche.
- Jean Briac
Exactement.
- Lucie
Du coup, juste pour préciser, vous n'êtes pas arrivé à Oslo. Vous êtes arrivé...
- Alua
À Ålesund. À
- Lucie
Ålesund. Donc, comment vous situerez Ålesund en Norvège pour ceux qui ne connaissent pas très bien la Norvège ?
- Jean Briac
On va dire dans l'imaginaire, c'est un peu au nord-ouest de la Norvège. Même si géographiquement, c'est plutôt au milieu. Mais c'était quand même vraiment... loin, au nord de Oslo, sur la côte ouest, donc c'est-à-dire beaucoup, beaucoup de pluie, non-stop.
- Lucie
C'est au bord de la mer ?
- Jean Briac
C'est au bord de la mer, voilà.
- Lucie
C'est combien d'heures d'Oslo en avion ? 8 heures. 8 heures en voiture, ouais ? C'est assez loin de la capitale, quoi.
- Jean Briac
Voilà.
- Alban
Mais ça, d'ailleurs, les distances en Norvège, on a du mal parfois à réaliser. Nous, 8 heures, c'est peut-être à Marseille-Paris, grosso modo, je dirais. 8 heures, on arrive pas très loin en Norvège. Par exemple, si on aime bien le Grand Nord, Tromsø, il est encore plus haut que Tromsø en Norvège, c'est du 24 heures de route facilement. Donc c'est pour vraiment vous donner une échelle de la Norvège. C'est un très grand pays, très étendu.
- Jean Briac
Et très accidenté aussi. Donc au lieu d'avoir des grandes autoroutes, on va tout droit jusqu'à la ville d'après. On est obligé de passer dans des tunnels, serpenter autour des fjords. Donc c'est vrai qu'on avait l'impression d'être isolé dans une...
- Alua
petite ville un peu comme ça alors qu'elle est quand même une grande ville à l'échelle de la Norvège vraiment petite ville et toi du coup à Loire tu arrives un peu avant JB,
- Alban
tu commences ton master ouais et toi JB ensuite qu'est-ce que tu fais quand tu arrives est-ce que tu te mets direct à une recherche de boulot c'est une bonne question je suis pas sûr d'avoir commencé directement c'est vrai que j'avais avant ça,
- Jean Briac
ça faisait 4 ans que je travaillais non-stop pour la même boîte. Et du coup, quand je suis arrivé en Norvège, un peu avant de partir de la Thaïlande, j'ai fait des voyages en sac à dos. Ça m'a fait vraiment beaucoup de bien. Une fois que je suis arrivé en Norvège, je pense que j'ai aussi pris un petit peu mon temps avant de rechercher un boulot parce que j'avais vraiment pas eu de longues vacances depuis longtemps. Et puis, j'ai commencé à chercher du boulot, je pense, deux mois après, quelque chose comme ça.
- Lucie
Et on va parler de ta recherche d'emploi. Mais avant, est-ce que vous pouvez nous dire... Quelles ont été les bonnes surprises à votre arrivée en Norvège ? Ce que vous avez aimé directement ?
- Alban
La météo !
- Jean Briac
Non mais la météo, on est arrivé tout fin août, à l'eau plutôt début août, mais c'était encore assez sympa, c'était plus ou moins l'été, donc ça allait. Par contre, rien que l'arrivée en avion, ou le bus pour rejoindre la résidence étudiante. Les paysages sont absolument magnifiques, surtout sur la côte ouest. C'est une région très accidentée, avec des sortes de grandes montagnes qui se jettent dans la mer, l'océan un peu sauvage. C'est magnifique. La ville d'Olesun est en plus connue pour son art nouveau. C'est une ville entière qui avait brûlé au début du XXe siècle. Et c'est charmant. Donc là, ça nous a fait aussi un choc, parce qu'en Thaïlande, c'est des paysages très différents, bien sûr, très tropicals, mais il y avait aussi de la pollution sur le sol, des plastiques, des trucs comme ça. En Norvège, c'était vraiment un tableau. N'importe où tu regardes, c'était vraiment très, très beau.
- Lucie
Vous en avez pris direct plein les yeux.
- Jean Briac
Exactement.
- Alban
Cette fluidité peut-être des services, Des transports, est-ce que c'est aussi quelque chose qui t'a marqué, Aloha ? Ou tu as eu d'autres impressions en arrivant en Norvège, de choses qui t'ont agréablement surprise ?
- Alua
Un truc que j'aimais beaucoup de Norvège, c'était que tout le monde...
- Lucie
Suit les règles.
- Alua
Suit les règles, oui. Et tout est en ordre.
- Alban
Tout fonctionne.
- Alua
Oui, tout fonctionne. C'est fluide. En Thélande, c'est un peu Wild West. Tu peux faire tout ce que tu veux, un peu. Certains moments, c'est bien. Mais pour vivre longtemps, c'est aussi fatigant.
- Alban
Oui, voilà. Ça a un peu été notre expérience aussi avec l'Amérique latine. On adore, on a besoin parfois de cette chaleur humaine qui peut manquer en Norvège de manière générale. Après, ça reste un stéréotype aussi, mais le désordre peut plaire. On est bien content ensuite de retrouver l'ordre en Norvège.
- Jean Briac
C'est quelque chose qui m'avait vraiment séduit de la Thaïlande. C'était le chaos, le vrombissement constant des gens, des commerces, etc. Tu parlais à l'instant de fluidité, des transports en commun. Alors oui, en Norvège... Tu as des beaux bus et ils sont à l'heure, mais en même temps en Thaïlande, tu pouvais être à 3h du matin et trouver des petits bus locaux ou des taxis mobilettes. Tout était toujours ouvert. Alors quand on arrive dans un village comme Olesund, là c'était calme, c'était ordonné, mais c'était aussi vide et très peu animé. Donc c'était très étonnant pour nous de passer de l'un à l'autre d'une semaine. à l'autre comme ça.
- Alban
Est-ce que du coup rapidement si vous vous êtes dit, là on vient de parler des bons côtés un peu à l'arrivée, est-ce que vous vous êtes dit il y a des choses qui vont être difficiles ?
- Jean Briac
Je pense que la météo c'est devenu quand même un sujet rapidement parce qu'on s'est rendu compte en arrivant quand même en plein été qu'il faisait pas très très chaud, je sais pas il devait peut-être faire 18 degrés.
- Alua
La météo en hiver à Olusun, je ne recommande pas
- Lucie
Oui parce qu'il y a pas beaucoup de neige aussi ça doit pas aider c'est humide
- Alban
C'est un vrai conseil parce que dans le podcast, on essaie de demander en général à nos invités qu'est-ce que vous conseillez. Il faut savoir que, je pense que ce n'est pas juste au Lé-Sune, c'est la côte ouest peut-être de manière générale. Il n'y a pas peut-être autant de neige que ce que nous on peut avoir dans les terres. Il n'y a pas de neige,
- Alua
c'est aussi froid, beaucoup de pluie, pas beaucoup de soleil parce que le village est dans un creux.
- Alban
il y a des montagnes de chaque côté donc on ne peut pas voir c'est très au nord beaucoup de soleil et aussi les nuages sont là tout le temps et par contre pour du tourisme parce que nous on n'y est jamais allé avec Lucie est-ce que vous recommandez d'aller voir Aul-les-Sunes ?
- Jean Briac
absolument c'est une ville vraiment magnifique la ville en elle-même architecturellement est très belle et les paysages sont splendides Oui. on recommande à
- Lucie
100%. Et puis, ce n'est pas loin des fameuses routes transatlantiques, non ? Qui sont aussi hyper connues parce que tu roules sur la mer, en gros, sur des ponts super beaux.
- Jean Briac
Ou des routes de montagne comme Trollstigen. C'est une route qui serpente une montagne qui est très connue en Norvège. Donc non, c'est un spot parfait pour passer des vacances. Mais effectivement... les gens qui souhaiteraient y vivre. Il faut savoir que la météo n'est pas égale d'un endroit de la Norvège à l'autre. Et là-bas, c'est quand même très humide, très pluvieux. Je pense que ça joue quand même beaucoup sur le moral. Et c'est proche du cercle polaire arctique. Donc, la luminosité en hiver est effectivement très réduite.
- Lucie
Et Alois, comment c'était d'être une étudiante en Norvège ? Parce que tu as été étudiante aussi en France, par exemple, et bien sûr au Kazakhstan. Comment tu compares ton expérience ? Est-ce qu'il y avait des choses particulières en étant étudiant en Norvège ?
- Alua
Quand j'ai commencé mon master, j'étais déjà aussi assez mature. Et je savais pourquoi je voulais faire ça et tout ça. Donc, quand j'étais étudiant, j'ai pris tout vraiment sérieusement. Et je pensais que ça pouvait être encore mieux. comparé avec les études que j'ai faites en France, à l'ISEC, je pense que ça, c'était vraiment, vraiment bien. C'était pas très classique, mais ça donnait beaucoup de connaissances de différents sujets sans être trop lourde. Mais en Norvège, c'est vraiment, vraiment classique. Tu lis beaucoup, tu écris beaucoup. Et pour... Pour certains gens et pour moi aussi, c'était bien. Mais je pense qu'en France, c'était mieux.
- Jean Briac
Quand on est arrivé en Norvège, au final, on a pris un pari quand même assez fou, assez risqué aussi parce qu'on a tous les deux quitté notre boulot en Thaïlande pour venir avec nos économies. Mais on n'avait quand même pas grand-chose. Une fois qu'on est arrivé en Norvège, on n'avait pas de boulot là-bas. Nos économies... Elles ont fondu en six mois parce que la Norvège, c'est quand même très, très cher, même quand on vit en résidence étudiante.
- Lucie
Et même en dehors de la capitale, ça coûte cher quand même.
- Jean Briac
Absolument.
- Lucie
Donc les logements. Après, les logements étudiants, est-ce que tu avais accès à ça avec ton master ? Au logement étudiant ?
- Jean Briac
Oui, on était dans une résidence étudiante avec Alois. Je pense qu'elle était quand même moins chère que d'avoir un appartement dans les Saônes, mais je pense qu'on payait peut-être 6000 couronnes, quelque chose comme ça.
- Alban
Donc à l'époque, l'équivalent de plus ou moins 600 euros, autour de 600 euros pour une chambre étudiante. Oui,
- Jean Briac
je pense. Peut-être un peu moins.
- Alua
5000, c'est pour chambre partagée avec notre étudiant, avec partagée cuisine.
- Alban
D'accord. Vous aviez comme un petit appart que pour vous ? Et nous,
- Alua
on avait, oui, un petit appart pour les couples.
- Alban
Ouais, ok. Et ça,
- Alua
c'est cool parce qu'il avait des options comme ça pour les familles.
- Alban
Ouais,
- Lucie
c'est chouette ça. Et est-ce qu'il y a des aides de l'État norvégien pour les étudiants ?
- Jean Briac
Non. Je pense que si on était peut-être dans un cadre particulier ou si tu avais une bourse. On aurait peut-être pu avoir quelque chose, mais là, en l'occurrence, on n'avait droit à absolument rien, même si on n'avait pas du tout de revenus ou quoi que ce soit. Rien que d'être accepté dans la résidence étudiante, il y avait déjà des places limitées. Mais c'est vrai que pour nous, c'était quand même un gros poste de dépense. Et pour une fraction de ce prix-là, en Thaïlande, on vivait dans une tour au bord de la mer, avec piscine sur le toit, etc.
- Lucie
Est-ce que vous avez eu des moments de doute au début, justement, en pensant à votre building avec piscine au bord de la mer et en étant dans une chambre étudiante en Norvège ? Est-ce que vous avez eu des doutes à ce moment-là ou vous saviez pourquoi vous étiez là et du coup, pas de doute ?
- Jean Briac
Je crois qu'on avait un plan, on était assez serein et on avait aussi fait un bon tour de la Thaïlande, donc on savait qu'on voulait autre chose. Je pense que quand on est déterminé comme ça, même s'il y avait beaucoup de risques, les choses s'emboîtent quand même plutôt bien. Et au final, ça nous a vraiment très bien réussi. Même si c'est vrai qu'au bout de six mois, on aurait pu avoir une grosse remise en question parce qu'on n'avait plus d'économie, pas de boulot fixe, etc. Je ne sais pas, je trouve qu'on a osé et ça s'est très bien passé pour nous au final.
- Alban
Je pense que ça, c'est vraiment quelque chose d'important, c'est d'oser. Il faut prévoir, il ne faut pas venir...
- Lucie
Oui, heureusement que déjà, vous y avez six mois d'économie.
- Alban
Voilà, il faut quand même se projeter. Aussi bien vous que nous, on avait des expériences d'expatriation, en tout cas des expériences de vivre à l'étranger avant ça. Ça nous a peut-être donné certaines clés pour arriver à s'établir dans un nouveau pays. Mais du coup, au bout de six mois, j'y vais, plus d'économie, à l'OI dans le master, qu'est-ce qui se passe ?
- Jean Briac
Assez rapidement, à l'OI, trop vite. J'ai trouvé des petits boulots de serveuse dans Olesun. Donc ça, ça a aidé. Moi, j'ai fait plusieurs entretiens. D'abord à Olesun. Là, c'était un petit peu dur. Mais il faut se dire que quand même dans des petites villes comme ça, la barrière de la langue au niveau du travail, c'est quand même quelque chose d'important.
- Lucie
Toi, tu cherchais en finance ?
- Jean Briac
Voilà, je cherchais une sorte de contrôle de gestion. Mais j'étais quand même assez flexible sur beaucoup de jobs. Mais c'est vrai que... C'est des petites communautés de gens qui se connaissent. Et quand tu ne parles pas la langue, ça peut quand même être un frein à l'embauche. Et c'est dur d'apprendre le norvégien en six mois aussi. Mais par contre, après, j'ai postulé à Oslo en me disant qu'à Olesund, il n'y a quand même pas beaucoup d'opportunités. Et quand j'ai postulé à Oslo, en fait, entre Noël et le jour de l'An, j'ai eu une réponse très, très rapidement. J'ai fait un entretien en janvier et j'ai commencé mon travail en février. Là, par contre, à Oslo, on avait l'impression que c'était une grande ville avec beaucoup d'opportunités d'emploi. L'anglais, c'était la langue du travail, il n'y avait pas de problème. Donc, ça s'est fait très, très vite, en fait. Donc, j'ai postulé là-bas.
- Lucie
Et toi, Lua, quand tu faisais des petits boulots à Aulésund, est-ce que la langue était un problème ?
- Alua
Non, pas vraiment. Je pense que parce qu'il y a beaucoup d'étudiants d'étrangers qui travaillent dans les restaurants, qui ne parlent pas très bien norvégien.
- Alban
c'est normal pour les locales d'avoir service comme ça à l'anglais c'était pas un problème du tout au final on retrouve ça aussi à Oslo c'est vraiment pas rare que dans le monde de la restauration on s'adresse à nous directement en
- Lucie
anglais et du coup JB tu trouves à Oslo mais elle est encore à Olé Sund à ce moment là absolument,
- Jean Briac
ça c'était un choix un petit peu difficile alors On s'est dit, mince, Lua, elle n'a fait que six mois de master, elle en a pour deux ans. Et là, moi, j'ai trouvé un job à Oslo. Apparemment, dans notre petite ville, c'était dur de trouver du boulot. Donc, j'avais un peu abandonné. Et là, on s'est dit, mince, on est arrivés ensemble en Norvège. Et il faut qu'on se sépare pour que je puisse aller travailler. à Oslo, qu'Aloa finisse son master encore un an et demi. Et donc c'était une décision ça ne nous a pas paru difficile à l'époque parce que c'était aussi un peu évident. Il faut dire qu'Aloa avait envie de vivre dans une plus grande ville aussi. Je pense que Olesund s'était rendu compte que c'était un petit peu petit. Et donc je suis allé tout seul habiter à Oslo. J'ai trouvé un appart à côté de mon boulot et j'ai laissé Aloa à Olesund dans la résidence étudiante.
- Alban
Et vous vous êtes dit qu'à la fin de ton master, tu viendrais à Oslo.
- Jean Briac
Voilà.
- Lucie
Oui, pleinement.
- Alban
Et que vous alliez faire un peu de distance, parce que comme on disait tout à l'heure, ce n'est pas tout à côté d'Oslo, vous les suivez.
- Jean Briac
C'est vrai qu'on a eu de la chance. Il y a un événement bien heureux qui a frappé la planète entière. C'était le Covid, juste après que je prenne cette décision. Mais oui, ça a commencé quand tu as commencé à travailler. Absolument. Donc, j'ai venu à Oslo en février 2020. Et je pense qu'en mars 2020, c'était... crise mondiale où tout s'arrêtait un petit peu. Et en fait, ce qui a permis que l'université soit fermée, que Aloha vienne étudier. Au final, elle a fait des cours en ligne depuis Oslo. Donc, on a pu être réunis très rapidement.
- Alban
Comme quoi, les planètes s'alignent pour vous.
- Lucie
J'ai pris un ticket pour l'Oslo et j'ai parti. Ciao ! Je disais à tout le monde, ok, je pars à Oslo. Et tout le monde pensait, c'est fou parce que... On va devoir revenir.
- Alban
Pour revenir dans deux semaines.
- Lucie
C'est juste deux semaines. Et je pensais, non, ça va être pas deux semaines.
- Alban
Ah ouais, t'avais senti le truc. Ouais. Ben bravo. Et vous, vous osez.
- Jean Briac
C'était une époque aussi où on était... Ça n'a rien à voir avec aujourd'hui. On avait juste, je ne sais pas, deux valises chacun à peine. Toute notre vie était transportable, etc. Donc on avait cet esprit de tenter notre chance et ça nous a bien réussi. Pour compenser avec mes longs trajets de travail en Thaïlande, j'ai trouvé un appartement juste à côté de mon boulot, à Lui. Et ça a rendu ma vie au quotidien très agréable. J'étais content de retravailler après peut-être huit mois de... d'arrêt, 8 mois de chômage plus ou moins. Donc non, j'étais content. Ce n'était pas très agréable les premières semaines d'être tout seul à Oslo, mais après, Aloa m'a retrouvé. Donc je n'ai pas eu particulièrement de choc par rapport à Olesun. Je vivais un petit peu dans une bulle, parce qu'on vivait sur cette sorte de presqu'île de Snarja, dans le but, là où était mon boulot.
- Alban
C'est un quartier assez privilégié d'Oslo, avec de très belles maisons. Il y a aussi maintenant des beaux immeubles. Et t'es vraiment au bord de la mer.
- Alua
Comment vous faisiez pour vivre là-bas ? Parce qu'il y a un peu un contraste entre je suis étudiant, je viens tout juste de trouver mon job et je vis dans un des quartiers certainement les plus chers d'Oslo ou du pays.
- Jean Briac
C'est vrai qu'après, on a eu, je pense, l'expérience de beaucoup d'immigrés, on va dire, en Norvège. On vivait dans ces sortes de basements, donc de sous-sols en fait, de maisons familiales. Des hibbles ? Oui, c'est ça. Même si on était dans un très beau quartier, on n'avait pas l'impression d'être vraiment très fortunés pour autant. C'est des sous-sols au final qui sont assez sombres, un peu humides. Je décris peut-être ça de manière effroyable.
- Alban
alors que Franchement, ils avaient même une vue sur la mer. Ils étaient à 5 mètres de...
- Alua
Le premier était aussi sur Snaroya ?
- Jean Briac
Voilà, le premier était aussi à Snaroya. Et c'est vrai que c'était un autre... Ah oui, c'est vrai, c'est vrai.
- Alban
Je ne me rappelais plus du premier. Mais effectivement, oui, là, c'était un basement. Parce qu'en gros, pour les auditeurs, le Ibel, c'est une partie de la maison que les gens louent. Alors, c'est vrai que souvent, ça peut être en sous-sol. Mais parfois, ça peut être aussi... Une maison annexe.
- Alua
Une dépendance.
- Alban
Une dépendance. Oui, voilà, il faut qu'il y ait une entrée autonome. Mais du coup, après, vous avez changé. Vous n'étiez plus dans un basement du tout.
- Jean Briac
Voilà. Après, j'ai trouvé encore plus proche du boulot, vraiment à cinq minutes à pied. Et là, on était dans une grande maison familiale et on avait une partie de la maison au rez-de-chaussée avec un appartement tout petit, mais très récent, très mignon. Surtout une grande terrasse, un petit bout de jardin pour nous. et vu sur la mer donc ça c'était sympa mais c'est vrai que pour se remettre dans le contexte de là où on venait en Thaïlande au final en Thaïlande on avait un peu l'impression d'être les rois du monde parce qu'avec un salaire un peu D'entrée français, on vivait comme des rois, on avait un bel appartement. Et en fait, on est arrivé à Olesund d'abord, on était dans une petite résidence étudiante avec vue sur un cimetière.
- Alua
C'était calme. On vous a sous-classé à Olesund et sur-classé à Oslo, mais au final, ça n'atteignait pas, comme vous avez dit, sous-classé à France, ça n'atteignait pas encore la Thaïlande non plus.
- Jean Briac
C'est ça. Les expériences au début, c'était... Ça faisait un grand écart quand même. Avec la Thaïlande, on était bien implantés, on connaissait bien, on avait notre confort. Et là, on a vraiment commencé au plus bas, on va dire. Pour nous, ce qui est important, c'était qu'on soit ensemble, qu'on ait pris des... qu'on a fait un pas vers un futur meilleur avec le Master d'Alois. Et on se projetait de vivre là. On se dit, si un jour on commence une famille... La Norvège, c'est un meilleur pays, probablement. Donc, je pense qu'on était très contents.
- Alban
Donc, vous projetiez déjà à l'époque de rester en Norvège pour un petit moment.
- Jean Briac
Voilà, on avait déjà un petit peu à l'idée de si on faisait le pas d'aller vivre dans un autre pays comme ça, il fallait rester suffisamment de temps pour se faire une vraie idée du pays. Il ne fallait pas se dire, OK, on a une porte de sortie à la fin de l'année, si on veut. On s'était dit, je ne sais pas, peut-être qu'on allait rester au moins...
- Alban
3 à 5 ans. Et toi, JB, as-tu remarqué des différences dans le fonctionnement d'une entreprise norvégienne, ou en tout cas basée en Norvège, dans la culture de travail par rapport à la France ou même à la Thaïlande ?
- Jean Briac
Alors, je n'ai jamais travaillé en France au final.
- Alban
Ah oui, alors.
- Jean Briac
J'ai toujours vécu mon premier boulot en Allemagne, après en Thaïlande, après en Norvège. Donc c'est rigolo, mais je n'ai absolument pas, je trouve, de... de repères par rapport à l'entreprise française. J'ai juste des retours de mes frères et sœurs.
- Alban
Plutôt par rapport à l'Allemagne et la Thaïlande ?
- Jean Briac
Venant de la Thaïlande, d'une industrie automobile et d'un pays quand même en voie de développement, arriver en Norvège dans l'industrie pharmaceutique, médicale et dans un pays nordique, c'était très, très différent. J'avais des conditions de travail qui étaient vraiment excellentes. Je suis toujours dans la même entreprise et j'ai toujours des conditions de travail excellentes, avec beaucoup de flexibilité, des horaires très agréables, un bon salaire, des missions intéressantes. Donc c'était très très positif de ce point de vue-là. En Thaïlande, on avait une sorte d'uniforme, tout le monde devait avoir le polo de l'entreprise, tout le monde parlait en thaï et c'était... Très bruyant, on va dire, dans les bureaux, mais très convivial. Ça rigolait, etc. Alors qu'une fois qu'on arrivait en Norvège, c'était quand même assez silencieux dans l'open office. Les bureaux, les postes de travail étaient quand même assez confortables.
- Alban
Est-ce que tu t'es fait à la cantine norvégienne ?
- Jean Briac
C'est vrai que là, une fois, c'est pareil. Je travaillais dans une usine en Thaïlande. Donc, on avait une cantine avec des grosses marmites. Des plats thaïs qui étaient préparés tous les midis. Toujours du riz et quelque chose d'autre à côté. Là, en Norvège, pour le coup, ça, c'était choquant, ce que les gens mangent à midi. Déjà, la pause le midi est que de 30 minutes. C'est pas rare pour mes collègues de manger juste à leur bureau en lisant leurs e-mails. et leur concept de matpacker, de sandwich au final, le midi, avec... Ça peut être juste une tranche de pain de mie avec tranche de fromage par-dessus. Je crois qu'il y a une sorte de compétition un peu en Norvège pour faire les déjeuners les moins appétissants possibles. D'ailleurs, il me semble qu'en Suède, il y a une expression qui dit « Arrive pas comme ça avec ton sandwich à la crevette » ou un truc comme ça, qui pourrait être considéré comme un sandwich un peu haut de gamme. Donc moi le... C'était sympa. Dans notre bureau, on avait un frigo entier qui était rempli d'à peu près de bons produits. Et on pouvait se faire nos propres petits sandwiches, etc. Donc moi, c'était toujours saumon fumé, petite crème fraîche, poivre, etc. Et ça faisait vraiment contraste avec le sandwich de mes collègues. Donc ça, c'était gros choc. Pour nous, en France, je pense, le repas du midi, c'est important. On mange en général chaud. On mange bien, on prend une longue pause. Et là, en Norvège, c'était dur de s'habituer.
- Alua
Pour faire un petit zoom sur l'expérience cantine ou sandwich... Aloha a fini par au final travailler plus tard dans le même bâtiment dans lequel se situait mon entreprise. Et là, pour le coup, nous, on était trois étoiles. Au moins, on était très contents des plats chauds qu'on mangeait. C'était cuisiné, c'était buffé. Là aussi, dans la confiance, on pouvait se servir ce qu'on voulait.
- Alban
Vous avez un peu mis en place la compétition des cantines.
- Jean Briac
Et quand on change de boulot, c'est alors ta cantine. Oui,
- Alua
il y a eu un peu ça.
- Jean Briac
En tout cas pour nous, pour les étrangers, c'était important. Les Norvégiens, ils ne doivent jamais se poser la question.
- Alua
Le package devient un peu anodin sur le côté, mais la cantine avant tout.
- Jean Briac
Alors après, en plus, quand tu vas dans une cantine à 10h45 le matin, 11h, il y a déjà plein de gens qui sont attablés pour leur repas du midi. Alors qu'en France, je pense qu'avant midi, il n'y a quand même pas grand monde. Donc là, c'est pareil. La plupart des gens, ils finissent de manger leur déjeuner très tôt. Ils mangent leur dîner. Très très tôt aussi, 4h30, 5h.
- Alban
Mais ça, vous y êtes habitué ? Parce que moi, perso, par exemple, le midi, ça me faisait trop plaisir parce que j'ai faim très tôt. Donc je me suis mis à la mode norvégienne facilement. Est-ce que vous avez adopté ça facilement ?
- Jean Briac
100%, ouais. Sauf que notamment le dîner très tôt, moi j'apprécie particulièrement. Moi aussi, ouais. Pour la petite anecdote, hier soir, enfin je dis hier soir d'ailleurs, mais Aloha et moi hier... On a fait un restaurant, donc à 4h15, 4h30, on avait un burger dans un petit restaurant à Sainte-de-Fjorde. Donc, ça choquerait, je pense, beaucoup de Français.
- Lucie
Et on n'était pas les seuls. Bien sûr.
- Alban
Il faut peut-être réserver à ce temps-là, parfois, dans certains endroits d'Oslo.
- Alua
Et à l'inverse, ceux qui, par exemple, débarquent à Oslo et s'attendent à peut-être avoir une table à 21h, oula, attention, les cuisines...
- Alban
Les cuisines ferment plutôt à 21h. Est-ce que vous avez trouvé que c'était facile de vous faire des amis norvégiens ou non-norvégiens, ou en tout cas d'intégrer des cercles sociaux ?
- Alua
Aussi bien à Olesund qu'à Oslo d'ailleurs.
- Jean Briac
À Olesund, on a eu un accueil particulièrement chaleureux, notamment parce qu'une copine étudiante d'Aloua était en couple avec un garçon qui travaillait dans un open space dans le centre d'Olesund. Et une fois par mois, ils avaient une sorte d'after work. Et je ne sais pas très bien pourquoi d'ailleurs, mais on était invité par ce garçon, cette copine. Et on a rencontré du coup beaucoup de locaux qui travaillaient dans cet open space. Et ils étaient vraiment super adorables, super accueillants avec nous.
- Lucie
Tout le monde norvégien.
- Jean Briac
Tout le monde norvégien, mais ils parlaient anglais entre eux, même si on n'était pas juste à côté d'eux pour qu'on puisse tout comprendre, etc. On a rencontré au final beaucoup de locaux à Olesund et c'était... très très conviviales. Ça nous a fait très plaisir parce que pour autant en Thaïlande c'était aussi pas forcément facile de lier des bonnes relations d'amitié. Et après une fois qu'on a bougé à Oslo, on va dire des locaux, on n'en a quand même pas rencontré beaucoup. On s'entendait bien avec nos collègues norvégiens mais on peut pas dire qu'on a d'amis norvégiens je pense à Oslo.
- Alban
Vous êtes plus rapprochés des expatriés.
- Jean Briac
C'était plus facile, comme je pense dans beaucoup d'expériences d'expatriation. On se rapproche des gens qui n'ont pas déjà leur cercle d'amis, etc. Mais pour le coup, moi, j'ai toujours trouvé que les Norvégiens étaient très sympas, étaient assez chaleureux. Ils ne sont pas si froids, je pense, que ce qu'on l'entend. Mais ce n'est pas facile forcément d'avoir des vraies relations amicales. Ils ont déjà, au final, eux... tout leur réseau d'amis, leur routine, leur famille. Ce n'est pas facile de se faire une petite place dans leur vie, je pense.
- Alua
Oui, complètement. Et d'ailleurs, c'est important de préciser que, comme tu le dis, à l'inverse, un Norvégien qui débarque en France, pour ceux qui sont déjà établis dans une ville, admettons, depuis un moment, oui, tu as ton cercle familial, tu as ton cercle d'amis. Tu peux avoir des conversations sympas au boulot, mais ce n'est pas pour autant que tu vas facilement intégrer quelqu'un dans tes rassemblements. Ta vie est déjà très organisée. Je trouve que c'est important de dire aux auditeurs qu'il ne faut jamais prendre ça directement personnellement. C'est les gens qui ont leur vie qui est déjà établie. On arrive souvent de l'extérieur. Heureusement, ce n'est pas toujours le cas. On peut très bien s'intégrer dans ce cercle-là aussi, mais ça va être plus difficile. On reste à l'élément extérieur à la base. En Argentine,
- Alban
au Panama, C'était... Pareil, au final, on se rapprochait plus des étrangers que des locaux pour ces raisons-là aussi.
- Alua
Au quotidien, très chaleureux. Peut-être encore plus, d'ailleurs, certainement qu'en Norvège. Mais en dehors du boulot ou en dehors des études, ça peut parfois être plus délicat. Après,
- Alban
je trouve qu'en Norvège, il y a beaucoup de Norvégiens qui, pour des raisons professionnelles, ont déménagé aussi à Oslo. Et du coup, ils ont leur famille et leurs amis souvent autre part en Norvège. Comme on a dit, c'est des longues distances, donc ils ne rentrent pas tous les week-ends chez eux. Du coup, ça permet, je trouve, avec ces Norvégiens-là, nous c'était nos voisins avec Alban, ça a été facile de créer du lien parce qu'eux non plus n'avaient pas de famille.
- Jean Briac
Oui, absolument. Et je pense qu'en Norvège, dans les pays nordiques... Il y a cette importance de la communauté, notamment parce que, par exemple, les hivers sont longs, très sombres, et les moments d'amitié comme ça, c'est très important. Donc je pense que c'est important de rencontrer des gens, que ce soit des étrangers ou pas, mais de tisser des liens pour pouvoir avoir une expérience réussie en Norvège. Si on se retrouve vite tout seul, Je pense que c'est un pays qui peut être assez pesant.
- Alua
Merci beaucoup, J.B. et Aloua, de nous avoir reçus chez vous. Votre histoire ne se termine pas là. Là, nous en sommes à Oslo, avec un boulot pour toi, J.B. Aloua, toi qui es présente, qui termines ton master et notamment ta thèse, il nous tarde d'en savoir plus parce qu'après Olesund, après Oslo, vous ne vous êtes pas arrêté là.
- Alban
Pour suivre la suite de vos aventures, on vous dit à très bientôt chez nous.
- Alua
Sous les aurores.
- Alban
Si cet épisode vous a plu, pensez à nous laisser une note et un avis sur votre application d'écoute préférée.
- Alua
Ou un commentaire sur Youtube, ça nous aide énormément à faire grandir le podcast.
- Alban
Merci et à très vite pour le prochain épisode.