Speaker #0Bienvenue dans ce nouvel épisode de Sous les couches. Aujourd'hui, on va parler de conformité et de comment être soi-même dans un monde qui nous pousse sans cesse à la conformité. Je pense que c'est vraiment un des gros challenges de notre société actuelle, c'est d'arriver à rester soi-même vraiment dans ce monde qui nous pousse sans cesse à être tous pareils, tous à l'identique. Et ça, c'est vraiment quelque chose qui m'a sauté aux yeux aussi. durant mon voyage, donc je vous en parlais un petit peu plus précisément dans le premier épisode de ce voyage en Asie qui m'a pas mal transformée, qui m'a fait en tout cas voir les choses avec un autre regard, d'une autre manière. Et une des premières choses qui m'a heurtée ou frappée quand je suis arrivée là-bas, c'est qu'en fait nos codes, nos dictats ne sont pas les mêmes, mais ils sont tout aussi puissants. Je prends l'exemple, un exemple que j'avais d'ailleurs partagé sur les réseaux à des rares moments où j'ai un petit peu parlé de mon voyage. C'est vraiment ce qui m'avait sauté aux yeux avec cette notion de la beauté d'une femme occidentale versus une femme orientale, ou en tout cas asiatique et en Asie du Sud-Est principalement, parce que je ne veux pas faire non plus de généralité, mais en tout cas avec vraiment ces codes de beauté. notamment au niveau de la couleur de la peau, qui sont diamétralement opposées, mais qui amènent malgré tout une certaine conformité dans laquelle on rentre, qu'on le veuille ou non. Par exemple, en Occident, les femmes occidentales cherchent à être bronzées. Alors ça a changé, ça a évolué, ça tend en tout cas à évoluer, parce qu'on conscientise de plus en plus que s'exposer au soleil peut être mauvais pour la peau, peut être cancérigène, etc. Donc on a quand même cette notion qui est assez présente. Mais moi, ayant grandi dans les années 90 ou 90, pour nos amis français, le culte du bronzage et de la peau bronzée était vraiment bien là. Donc les femmes cherchent à avoir la peau brune, et encore aujourd'hui, quand on vient de vacances, il n'y a rien à faire. On nous dit quand même toujours « Ah, t'as bonne mine ! » quand on a bronzé un petit peu. Donc c'est quelque chose qui reste encore assez fréquent, associé vraiment à cette beauté. Moi j'ai beaucoup de femmes qui viennent en séance et qui me disent être complexées par leur peau claire, par leur peau. pâles, par leur peau blanche, par leur jambe blanche, parce que on a un petit peu idéalisé ce culte de la peau bronzée. Et donc on en arrive parfois à des situations où on va mettre sa santé en péril pour avoir l'air bronzé. Donc on va faire des séances de banc solaire, on va s'exposer plus qu'on ne le devrait au soleil, au rayon du soleil, on va mettre des autobronzants ou des produits sur sa peau qui n'ont pas forcément toujours des très bonnes compos. Et donc on va se retrouver dans des situations où on fait du... tort à sa santé pour rentrer dans un schéma de beauté classique ou de beauté idéalisée ici en Occident. En Orient, c'est un petit peu différent parce que là, à l'inverse, les femmes cherchent plutôt à avoir la peau blanche à tout prix. Mais elles vont rentrer aussi dans des schémas similaires. C'est-à-dire qu'on va mettre sur sa peau des crèmes blanchissantes qui sont assez abrasives. Parce que vous vous en doutez, pour blanchir la peau, le produit ne doit pas être hyper clean au niveau de la composition, à se couvrir des pieds à la tête, à mettre des gants quand il fait 40 degrés dehors pour être certaine que sa peau ne prendra pas le moindre léger hâle qui donnerait l'impression d'être un petit peu plus bronzée. Et donc on va rentrer un petit peu dans un schéma de codes culturels, sociétaux, de la beauté, qu'on le veuille ou non. Parce qu'effectivement, quand on est enfant ou même quand on est bébé, qu'on arrive sur cette page. on va être soumis de façon inconsciente à plein de schémas, à plein de manières de vivre différentes qui vont... petit à petit forger la personne que l'on est. Donc c'est-à-dire, en tant que petite fille, quand on voit les femmes autour de nous, que ce soit sa maman, sa grande-sœur, sa tante, les maîtresses d'école, peu importe, on voit les femmes autour de nous qui prennent soin d'elles, qui se maquillent, qui ont des jolis vêtements, ça nous donne l'envie, ou en tout cas ça nous fait penser inconsciemment que c'est la bonne manière de faire. Et donc on va commencer à rentrer dans ce schéma. Alors ces schémas vont être des schémas que l'on va suivre parce qu'ils font aussi partie de notre construction. Donc si on reprend la pyramide des besoins, le sentiment d'appartenance fait partie des besoins fondamentaux de la construction d'un enfant ou même d'un adulte pour se sentir bien. Donc il y a ce besoin d'appartenance. Là où je trouve ça un petit peu plus dangereux, c'est que ce besoin reste très ancré. Et j'ai le sentiment que les réseaux sociaux amplifient un peu ce besoin. Parce qu'il y a vraiment ce côté qui devient un petit peu malsain, où en fait, soit t'es in parce que tu portes les bons vêtements, parce que tu vas dans les bons endroits, parce que tu manges ce qui est à la mode, soit t'es out, t'es hors du système parce que tu ne rentres pas dans ce qu'on attend inconsciemment de toi pour te conformer, pour ressembler justement à l'autre. Et cette conformité, elle me dérange parce qu'elle nous empêche de pouvoir être pleinement nous-mêmes, en toute liberté. en se détachant justement de ce regard de l'autre. Alors d'une manière ou d'une autre, je me rends compte aussi que j'ai contribué à ça et j'en fais un petit peu mon mea culpa en vous parlant de tendances, en vous parlant des tendances de l'automne, de l'hiver, du printemps, de l'été, chaque année, chaque saison et de me rendre compte qu'en fait ça ne rend pas forcément service. Même si à la base, il faut quand même se rappeler que la mode, c'est pas ça. La mode, c'est pas censé être de la conformité. La mode, justement, c'est l'amusement, c'est le fait que chacun puisse jouer avec la mode, avec les tendances, avec les couleurs qui lui plaisent, les motifs, les matières, et que dans chaque marque, on va pouvoir retrouver un petit peu ce qui nous plaît. Sauf que ça, c'est normalement le sens premier de la mode. Aujourd'hui, la mode, c'est devenu suivre la mode. Je suis la mode, je suis la tendance, je la suis, mais aussi je suis. Du verbe être, il n'y a plus de distinction entre les deux. Et là, ça devient un petit peu moins intéressant parce qu'on perd justement ce côté de la mode est un jeu, la mode est un plaisir, la mode est un moyen d'expression. Aujourd'hui, la mode n'est plus un moyen d'expression. La mode est une manière de se conformer, d'avoir ce sentiment d'appartenance acquis, de tous se ressembler. Il suffit d'ouvrir vos Instagram. TikTok, peu importe, d'ouvrir vos réseaux sociaux, de passer quelques minutes à scroller. Et vous verrez très rapidement que si ce sont des comptes qui parlent de mode et de tendance que vous suivez, les looks, à peu de choses près, se ressemblent tous. Tout le monde porte la même chose, de la même manière, prend les mêmes poses, dans les mêmes endroits ou le même genre d'endroits. Et en fait, moi, je me questionne vraiment sur quelle est la place de la personnalité, de l'identité dans tout ça. Si c'est pour faire finalement la même chose que ce que tout le monde fait, pourquoi ? Qu'est-ce qui fera qu'on aura envie de suivre quelqu'un qui ne représente finalement encore une fois que le clone, pour le dire de façon exagérée peut-être, mais le clone de quelqu'un d'autre, qui va pareil s'habiller de la même manière, aller dans les mêmes endroits, faire les mêmes pauses, manger la même chose, de la même manière. Et en fait, avec le recul, c'est de se dire mais à quoi bon ? Pourquoi est-ce qu'on fait ça ? Pourquoi est-ce qu'on rentre dans ce schéma ? Aujourd'hui, je pense que la mode doit revenir. à sa juste place, c'est-à-dire un moyen de pouvoir s'exprimer, de pouvoir suivre ce qu'on aime et ce qu'on n'aime pas. Encore une fois, remettre le mot suivre dans son bon contexte, suivre les tendances, mais pas devenir les tendances, pas devenir soi-même une accumulation de tendances parce que c'est ça qu'il faut porter aujourd'hui. Mais se poser plutôt la question, tiens, finalement, moi, qu'est-ce que j'aime ? Qu'est-ce qui me représente vraiment ? Qu'est-ce qui fait sens avec la personne que je suis ? Comment est-ce que je vais pouvoir exprimer ma personnalité grâce à mes vêtements, grâce aux couleurs, grâce aux motifs, grâce aux textures ? Comment est-ce que je peux arriver à être moi-même, même si effectivement tout nous pousse à la conformité, tout nous pousse à être pareil, alors qu'en réalité on peut même questionner le sens de la norme. c'est quoi être normal aujourd'hui ? Je pense qu'il y a autant de normalité que d'être humain sur cette... terre, il n'y a pas une forme de normalité, il n'y a pas être normal ou être anormal, il n'y a pas être in ou être out, on vit dans un monde qui est très binaire, c'est bien ou mal, c'est tendance, c'est démodé, c'est portable, c'est non métable, en fait je pense qu'il faut vraiment juste sortir de ça et de se dire c'est pas beau ou laid, ça me correspond ou ça me correspond pas, c'est qui je suis ou ce n'est pas qui je suis, et de là, vraiment pouvoir se poser les bonnes questions et de se dire tiens ok, en sachant tout ça, en prenant conscience de tout ça. Est-ce que j'ai à ce point besoin de prouver que j'appartiens au groupe ou est-ce qu'au contraire je peux me sentir libre d'être moi-même sans avoir besoin à tout prix de rentrer dans une case ou dans une norme ? Et ça vraiment, c'est ce que je vous encourage à faire même si ça demande du courage, même si ça peut paraître difficile. Mais vous verrez qu'une fois que vous serez sortis de ce sentiment d'avoir besoin de suivre la norme et de suivre une certaine conformité, vous allez vous épanouir dans votre propre case. Il n'y a pas besoin de cocher les cases, il y a simplement besoin de construire la case dans laquelle on se retrouve, dans laquelle on se sent bien. Et c'est tout le but des accompagnements que je propose et que je continuerai à proposer, c'est la découverte de soi, c'est partir à la découverte de qui on est, de sa personnalité, et d'utiliser ensuite le vêtement comme un outil d'affirmation de soi. Et c'est là que le vêtement devient intéressant, pas quand on suit aveuglément la mode, mais quand on sait pourquoi. on suit ou pas certaines tendances et qu'on porte les vêtements qui nous ressemblent pleinement. Et donc oui, être soi-même dans un monde qui nous pousse à la conformité, c'est un vrai défi, c'est un vrai challenge, mais je suis persuadée que quand on se pose les bonnes questions, eh bien on peut vraiment y arriver et on peut prendre beaucoup de plaisir à justement partir à la découverte de soi. Et c'est ce que je vous encourage de tout cœur à faire. J'espère en tout cas que ce nouvel épisode vous aura plu et vous permette peut-être de planter une petite graine et qui prendra le temps d'éclore, j'en suis sûre, mais que ça puisse en tout cas apporter une réflexion nouvelle. Je vous remercie de m'avoir écoutée ou de m'avoir regardée si vous avez suivi cet épisode sur YouTube. On se retrouve très vite pour un nouvel épisode et d'ici là, prenez bien soin de vous.