- Speaker #0
Ok, avant de démarrer l'épisode, je voulais dire deux mots sur quelque chose qui va changer sur la manière dont tu vas consommer mon contenu en podcast sur la chaîne Sports, Santé et Nutrition Podcast. Puisque juste ici, le podcast, c'était moi et moi seul chaque semaine. Et vraiment, j'adore ce format d'être tout seul à parler et t'exposer un sujet qui me passionne. Et c'est quelque chose que je vais continuer à faire dans le futur. Mais j'ai réalisé qu'il y a plein de sujets qui touchent directement ta transformation physique et mentale. ta démarche de perte de poids et qui dépasse mon cœur d'expertise, moi qui suis dans le domaine du sport et de la maîtrision. Et c'est pourquoi, j'ai décidé qu'une fois toutes les deux semaines, en tout cas, je vais faire un maximum pour que ça se réalise toutes les deux semaines, je vais inviter ici, dans ce podcast, des professionnels qui travaillent sur des sujets connexes à la perte de poids, tels que la psychologie, le sommeil, les hormones, l'image de soi, la charge mentale. Et l'idée c'est vraiment d'inviter des gens intéressants Qui ont des trucs à dire Et qui ont des trucs qui vont t'apporter une expertise sur un sujet précis Que peut-être que je n'ai pas actuellement Donc je suis super content de te présenter ça Parce que c'est à la fois des épisodes et des conversations Qui vont pouvoir m'enrichir en tant que coach Et aussi t'enrichir toi en termes de contenu Par rapport à un discours qui est légèrement différent De ce que tu peux entendre sur la chaîne Donc franchement, c'est trop cool. Donc voilà, je pense qu'on est plus fort en mutualisant nos expertises. Donc là, cette semaine, je te fais justement cet épisode avec Johanna Verdi qui est vraiment une femme et une coach qui coachent les personnes pour aider à se libérer de l'alimentation émotionnelle et de l'alimentation, on va dire, compulsive. Et donc, je te laisse dès à présent avec Johanna Verdi et moi-même justement écouter notre conversation qu'on a eue ensemble. Bon visionnage à toi. Salut Johan !
- Speaker #1
Hello ! Bienvenue ! Merci de m'inviter !
- Speaker #0
Merci à toi d'être venu, Johan ! Et vraiment ravi de te parler aujourd'hui. Et pourquoi je suis ravi ? Parce que tu apportes une thématique dont je ne suis pas expert, qui est l'alimentation émotionnelle. Et vraiment, ça m'intéresse vraiment de te parler aujourd'hui parce que moi-même, en coaching avec mes élèves, je rencontre beaucoup de personnes qui ont des soucis au niveau de ce sujet-là, de l'alimentation. émotionnel et donc je suis content parce que ça va me permettre de tourner cet épisode avec toi de à la fois m'améliorer en tant que coach et à la fois d'avoir un contenu intéressant pour les gens qui nous écoutent aujourd'hui sur comment faire quand on est sujet à des soucis d'alimentation émotionnelle, on verra comment on peut le définir et donc je suis trop content et merci encore d'être venu aujourd'hui et d'ailleurs pour pour ceux qui ne te connaissent pas peut-être que certains t'écoutent en podcast déjà, mais certains peut-être ne te connaissent pas. Est-ce que tu peux te présenter un petit peu, nous dire ton parcours, d'où tu viens et qu'est-ce que tu fais dans la vie, Johan ?
- Speaker #1
Alors, moi, je m'appelle Johanna Verdi. Effectivement, certaines personnes me connaissent grâce à mon podcast Kilo émotionnel qui est entièrement dédié au sujet de l'alimentation émotionnelle. Mais à la base, je ne viens pas du tout de cet univers. En fait, j'ai commencé avec une école de commerce. J'ai commencé dans le monde de l'entreprise, dans le marketing. Je travaillais pour des boîtes de cosmétiques. J'ai travaillé pour Google, pour des boîtes de transport, jusqu'à monter les échelons et devenir directrice marketing, avec sur le papier tout pour être heureuse, un salaire à six chiffres, propriétaire de mon appart à Paris, un chéri avec qui ça se passait hyper bien. Sauf que ça faisait en fait des années qu'en cachette, je défonçais la bouffe. Littéralement, j'utilisais la nourriture pour me réconforter quand ça n'allait pas, quand j'avais un coup de mou, quand j'avais une contrariété. Et puis en alternance, évidemment, parce que je suis une femme, parce que l'apparence a son importance. Je voulais être jolie, je voulais être mince. Et donc, j'alternais avec des phases de restriction, de régime, de sport extrême pour essayer de compenser les dégâts de mes écarts alimentaires. Et tout ça, c'est un cycle infernal durant lequel, franchement, je suis restée coincée près d'une quinzaine d'années. Et en fait, c'est dans ma propre démarche de guérison. J'ai travaillé d'abord sur ma guérison. Je voulais m'en sortir. Je voulais comprendre pourquoi j'avais accompli tellement de trucs dans la vie, mais je n'arrivais pas à gérer un truc aussi simple que ce que je mettais dans ma bouche. Donc j'ai travaillé sur ma guérison, et puis dans mon cheminement, j'ai compris des choses qui ont tellement transformé ma vie, et ma vision des choses, que j'ai eu envie de transmettre. Et c'est comme ça en fait que j'ai bifurqué, j'ai quitté mon métier dans le corporate, et je suis devenue coach spécialisée sur le sujet de l'alimentation émotionnelle, et je fais ça depuis presque 8 ans maintenant.
- Speaker #0
Trop bien. Et tu as commencé sur un podcast, sur Instagram ? Tu as commencé où, toi ? Parce que j'ai vu que tu faisais les deux.
- Speaker #1
Alors, j'ai commencé vraiment, et ça, c'est ce que j'aime dire aux gens qui ont envie aussi de se reconvertir, j'ai commencé en fait de là où j'étais. J'étais chez Google à l'époque. D'accord. Et voilà, je savais que je voulais faire du coaching. J'ai commencé à en parler autour de moi. J'ai commencé à offrir mes premiers ateliers chez Google, qui est une boîte très orientée au well-being. Je me suis formée en même temps. Je suis diplômée de IIN, qui est l'Institute for Integrative Nutrition, une école américaine. Et j'ai commencé à coacher les premières personnes. Et en fait, je trouve que c'est vraiment un métier. Et je pense que tu es bien placée pour le savoir. En fait, ton métier, tu l'apprends. en accompagnant des gens. Plus t'accompagnes des gens, et plus t'es bon dans ce que tu fais, parce que tu comprends les problématiques, tu comprends les comportements, tu comprends les rouages, et ça t'aide à être encore plus expert.
- Speaker #0
Je suis totalement d'accord avec toi sur le sujet. C'est un coach, et maintenant on en voit beaucoup en plus, je fais une petite première bifurcation, mais maintenant on voit beaucoup de coachs, notamment avec les réseaux qui... Et tes coachs, qui coachent toujours mais qui ne coachent plus des personnes, donc qui coachent des gens en public large mais plus en individuel, selon moi, c'est quand même compliqué d'être toujours connecté à son public et aux gens que tu parles quand tu ne fais plus de l'individuel ou quand tu ne fais plus vraiment du... où tu parles avec les gens quoi. T'es plus sur un média interposé ou juste comme ça, donc je te rejoins totalement. Et donc, trop cool. Et donc, tu commençais par le présentiel toi.
- Speaker #1
Ouais, j'ai commencé à faire des ateliers et ensuite, tu sais, les planètes se sont alignées en même temps. J'attendais mon premier enfant, j'ai eu l'occasion de quitter Paris parce que mon chéri habitait en Seine-et-Marne et les choses se sont faites comme ça. J'ai eu mon bébé, j'ai lancé mon business en même temps. D'abord sur Instagram, j'ai commencé à me faire connaître et puis petit à petit, c'est la magie aussi des réseaux aujourd'hui de pouvoir toucher plein de monde. Les réseaux, sur Instagram, petit à petit j'ai fait grandir mon audience. Ça m'a permis de décrocher mon premier contrat d'édition. Je suis auteur aujourd'hui de livre chez Sola.
- Speaker #0
Je ne l'ai pas lu, pour être très honnête, mais j'ai vu. En tout cas, félicitations et je vais me le procurer, mais je n'ai pas eu le temps.
- Speaker #1
C'est un livre vraiment très accessible et déculpabilisant. Ça s'appelle « Mon cahier kilo-émotionnel » . Et puis, il y a une déclinaison qui s'appelle « Rituel kilo-émotionnel » . Et en fait, suite à ça, j'ai eu envie de toucher une audience plus large parce qu'effectivement moi je suis très très attachée au coaching, on va dire en personnel, avec les gens. Je ne suis pas juste avec des programmes où tu te débrouilles devant des PDF et des vidéos. Sauf qu'à un moment, ça avait aussi une limite en termes de… Oui, de limite d'accompagnement. De l'witch. Oui, évidemment. Voilà, personne que tu peux atteindre. Donc, je me suis dit, pourquoi ne pas faire un podcast ? En vrai, j'imaginais faire une chaîne YouTube. Mais il fallait se filmer, se maquiller, etc.
- Speaker #0
Tu peux faire les deux. J'ai commencé aussi au podcast et maintenant je republie sur YouTube. Oui,
- Speaker #1
tu seras à l'évolution. Le podcast en 2023, ça a été vraiment un succès au-delà de mes espérances. On est aujourd'hui à près de 130 épisodes et presque un million d'écoutes. Une teneur aussi. Ça montre surtout, au-delà du succès, j'en parle parce que... Ça montre à toutes les personnes qui sont concernées que clairement, elles ne sont pas seules.
- Speaker #0
À quel point c'est fréquent. Je suis totalement d'accord avec toi et ça rejoint parce que je te dis, moi, j'en ai beaucoup en coaching aussi. Donc, je suis totalement d'accord avec toi. Et d'ailleurs, ça, ça va être la première grosse question. Quel est le signe qui doit alerter quelqu'un ? Se dire, le rapport que j'ai avec la nourriture, il n'est pas normal dans le sens ou pas dans la norme. Et du coup, il est plus émotionnel que vraiment un besoin physique. Est-ce qu'il y a un signe, un truc qui se passe ?
- Speaker #1
Moi, je parle de relations dysfonctionnelles avec la nourriture. Pour moi, j'aime bien rappeler que manger un gâteau, aller au distributeur, prendre un sneaker, parce que tu as un coup de mou, parce que tu as une contrariété, en vrai, ça n'a rien d'anormal. Tous les humains utilisent aussi la nourriture pour se remonter, parce que la nourriture, ce n'est pas juste nous apporter de l'énergie. ça joue un rôle homéostatique dans tous les équilibres du corps, à la fois physiologique et psychologique et émotionnel. Donc faire ça une fois de temps en temps, il n'y a rien de grave. Sauf qu'un mangeur régulier, il va être capable de prendre trois biscuits et de passer à autre chose, de manger son sneakers et de continuer le reste de sa vie. Un mangeur dérégulé, il va déjà avoir des ruminations mentales autour de la nourriture, de la culpabilité. Oh là là, j'ai fait ça, c'est pas bien. Et puis en fait, paradoxalement, cette culpabilité, au lieu de calmer, on va dire, les excès alimentaires, ça va les accentuer. Tu vois, comme tu te dis que tu fais quelque chose de mal, comme souvent tu es englué dans la mentalité régime, tu te dis, j'ai mangé un Snickers, bon ben ce soir c'est salade et yaourt. Sauf que tu commences par salade et yaourt, et ensuite tu vas prendre un carré de chocolat, puis deux, puis trois, puis c'est la tablette entière qui y passe. Donc tu vois, c'est pas juste le côté quantitatif, c'est déjà cette... bouc comportemental où tu sais plus gérer déjà tes émotions et tes coups durs autrement qu'en mangeant. C'est plus une fois de temps en temps, c'est tout le temps. Ça devient vraiment systématique. Et d'autres signes qui alertent, c'est quand tu... Donc, il y a la culpabilité et donc très souvent, tu manges en cachette. Typiquement, ta famille part se balader et toi, t'en profites pour manger. Ton chéri part, hop, et toi, t'en profites pour... T'as vraiment ce côté, quand personne ne me voit, Là, je peux vraiment tout lâcher. Et c'est lié vraiment à cette histoire de culpabilité alimentaire.
- Speaker #0
Et c'est tout le temps en public, ce qui définit l'alimentation ? Tout le temps en privé, pardon. Est-ce que ça peut quand même être parfois en public où tu compenses au niveau émotionnel comme ça ?
- Speaker #1
Oui, tu peux. L'alimentation émotionnelle, de toute façon, elle est multifacette. Je te donne un exemple concret qui peut arriver en public. Tu es à un apéro avec les copains. T'arrives plein de bonnes intentions, mais là je vais pas toucher aux cacahuètes, je vais pas toucher aux saucissons, je vais juste prendre les tomates cerises et les carottes. Et d'un coup, tu commences avec tes tomates cerises et tes carottes, et puis tu prends, sans t'en rendre compte, une chips, un saucisson, et là tu peux plus t'arrêter. Et ce qu'on a tendance à voir, sur quoi on s'arrête, c'est j'ai pas de volonté, j'ai pas su résister aux saucissons. Moi quand je creuse souvent, quand je tire, comme je viens de le dire le fil d'Ariane, on se rend compte qu'en fait, t'es avec des gens qui te mettent peut-être pas très à l'aise. qui ne te posent pas de questions, qui ne s'intéressent pas à toi. Et en fait, l'alimentation émotionnelle, c'est aussi une grande difficulté à trouver sa place parmi les autres. Donc, qu'est-ce que tu fais pour trouver ta place, pour trouver un ancrage ? Quand tu n'es pas ancré, tu manges. Tu sais, c'est comme le fumeur qui attend quelqu'un et pour ne pas rester seul sans rien faire, il ne fume sa clope.
- Speaker #0
Très bien, très bon exemple.
- Speaker #1
Les mangeurs émotionnels, c'est ça en fait, c'est pour se donner une contenance. Tu vois, tu es... Une identité quoi. Ouais, ou t'es par exemple à une convention, il y a du monde, tu sais, il y a les manches debout, tu sais pas, faut que t'ailles parler aux gens, ça te stresse et tout. C'est tellement plus facile de manger. Tu ne fais pas rien, tu manges.
- Speaker #0
Ouais, ouais, ok. Ah ouais, ok, très bien.
- Speaker #1
Donc ça, c'est un autre exemple de comportement, tu vois, où pareil, repas de famille. Plus quand on est en public, du coup. Je sais pas, t'arrives pas à avoir d'enfants et t'as tonton Jackie qui te dit « Alors, les enfants, c'est pour quand ? » Et là, tu te retrouves à te resservir.
- Speaker #0
Je vois,
- Speaker #1
je vois. Tu vois l'idée ? Donc c'est vraiment multifacette. Mais effectivement, ton tonge à qui il te fait ça, tu manges. Et puis potentiellement, le soir, tu rentres chez toi et tu manges encore plus.
- Speaker #0
Ok, ok, je vois. Et du coup, ça serait quoi le moyen, on va dire, de commencer à inverser quand tu comprends en conscience que justement tu as un problème avec ça, que tu as un trouble, je ne sais pas si on peut appeler ça un trouble, mais je pense que oui. Et c'est quoi le moyen d'inverser la tendance ? Et le premier truc que toi, tu pourrais conseiller à quelqu'un qui se dit Ah ok, je viens de comprendre que j'avais un problème avec ça, je pense que les personnes sont au courant quand même. Et voilà, une action facilement que tu pourrais mettre en place pour changer justement ce rapport à la nourriture. Qu'est-ce que tu dirais toi ?
- Speaker #1
Je vais être honnête avec toi, il n'y a pas une action. En fait, si je te disais tu fais ça et c'est réglé, en fait on aurait déjà tous déjà fait, tu vois, et ce serait déjà réglé.
- Speaker #0
Mais ce serait quoi la priorité ?
- Speaker #1
Moi la priorité, ce sur quoi je commence. Pour moi, il y a quatre, on va dire, quatre grands sujets, quatre grandes étapes. La première, c'est de travailler, de retravailler sur les sensations alimentaires en se concentrant sur la dédiabolisation. Je sais, tu en as fait des épisodes, et moi aussi. J'ai un épisode qui s'appelle addiction au sucre. Typiquement, l'addiction au sucre, on en parle en long, en large et en travers. Le sucre, huit fois plus addictif que la cocaïne, blablabla. touchent, il ne faut pas en acheter. Moi, je pense qu'aujourd'hui, le plus grand problème, ce n'est pas l'addiction au sucre, ce n'est pas les sucres ajoutés partout, c'est l'anxiété alimentaire. Pour moi, l'anxiété alimentaire, elle fait beaucoup plus de mal. Et aujourd'hui, autant les mathématiques, ce n'est pas opposable. 2 plus 2 égale 4, tout le monde est d'accord. La nutrition, c'est une science changeante. C'est une science aujourd'hui où un jour, on te dit un truc, cinq ans plus tard, on te dit le contraire. Et puis l'alimentation change, ce qui était vrai sur un type d'aliment il y a 20 ans, et plus fort c'est manger du pain. Il y a 50 ans on ne se prenait pas la tête. Aujourd'hui on parle du gluten, on parle aussi, bah oui mais les farines ne sont plus les mêmes, les aliments ne sont plus les mêmes. Le ketchup il y a 50 ans, ce n'est pas la même recette que le ketchup aujourd'hui. Donc effectivement, il y a ça aussi qui évolue. Mais donc en fait, en plus avec l'hyperconnexion, avec l'hyperinformation, on est bombardé d'informations qui sont souvent contradictoires. Tu en as un qui va te dire que l'œuf, c'est la meilleure source de protéines et l'autre qui te dit, oulala, pas trop de jaune d'œuf parce que ça va augmenter ton cholestérol. Mange du saumon, ah non, le saumon, il y a plein de mercure, tu vois. Et du coup, ça fait de nous. Alors certes, on dit on est des mangeurs. instruits, éclairés. Non, la réalité, c'est que pour moi, ça fait de nous des mangeurs anxieux. Et du coup, tu te mets à manger avec ta tête et plus avec ton corps. Et au-delà de ça, le pire du pire, quand je parle des sensations alimentaires, ce truc de diabolisation, je mange un sneaker, ça y est, c'est le diable. J'ai fait un péché, il faut que j'explique ma faute. Avec des yaourts 0% et avec du sport. Donc, il y a vraiment cette notion comme ça, tu vois, péché-pénitence. Et puis, de l'autre côté, il y a aussi tous les dictates nutritionnels sur le rythme. Je sais que tu as déjà parlé du jeûne intermittent. Mais globalement, toutes les approches diététiques te disent il faut faire tant de repas par jour. Alors, il y en a un qui dit tant faire trois, l'autre qui dit il faut garder ta glycémie constante, il faut plutôt manger cinq fois par jour. Il faut manger ci, il faut manger ça. Weight Watchers te dit il ne faut pas dépasser tant de points par jour. Donc, en fait, tu te retrouves à ne pas manger alors que t'as faim, parce que c'est pas l'heure, parce que t'as dépassé ton quota de points ou de calories, tu te retrouves dans l'autre sens, à te forcer à manger alors que t'as pas faim, par anticipation, de peur d'avoir trop faim plus tard et de te jeter sur n'importe quoi. Moi, le nombre de blancs d'œufs, des œufs durs, tu sais, mais j'enlevais jaune en plus, que j'ai bouffé avant d'aller à un apéro avec les copains dans l'espoir de ne pas manger le saucisson... Je peux te dire que j'en ai bouffé. Est-ce que ça m'a empêché de défoncer le saucisson ? Jamais. Je mangeais les œufs et le saucisson. Parce qu'effectivement, ça n'avait plus rien à voir finalement avec mes besoins physiologiques. Il y avait d'autres choses que je venais combler. Mais moi, j'étais engluée dans la pensée que le problème, c'était la bouffe. Le problème, c'était moi, mon manque de volonté, mon incapacité à résister au sucre, au gras, etc. Donc voilà, pour moi, c'est vraiment le premier pilier qui a, on va dire, déjà un peu double. C'est dédiaboliser la nourriture. Moi, je considère qu'il n'y a aucun aliment qui fait grossir et aucun qui fait maigrir. Il y a des aliments, par contre, qui vont apporter des éléments nutritionnels différents. Et sur la qualité nutritionnelle, moi, j'aime dire qu'on doit cultiver le vivant. On est des êtres vivants. Donc, évidemment, on s'épanouit plus en mangeant des produits non transformés qu'en mangeant des céréales déshydratées. Oui, ça, c'est sûr. Donc, c'est ajouter, ajouter des bonnes choses. T'as envie de manger une tartine ? Ok. Est-ce que, comme tu le défends, tu peux ajouter une bonne source de protéines ? Ajouter des choses. Et puis vraiment, commencer à se faire confiance. La faim, la satiété, c'est les meilleurs régulateurs de nos apports alimentaires et de notre poids. C'est une intelligence innée. Ça devrait être simple. C'est comme une envie de faire pipi. Si je te dis là maintenant, est-ce que t'as envie de faire pipi ? Tu sais si c'est oui, si c'est non. Ce qui est fou, c'est que moi, les personnes avec lesquelles je travaille, qui sont essentiellement des femmes, elles ne savent plus. Elles me disent, mais je ne sais pas si j'ai faim ou pas. Je ne sais pas si j'ai assez mangé ou pas. Et quand ils pensent, c'est fou.
- Speaker #0
C'est clair que c'est fou. Oui, d'accord. Mais, ok. Écoute, hyper intéressant. Du coup, je n'aurai pas ma réponse à la question. Je ne sais pas s'il y a un truc à commencer, etc. On a compris que c'était plus global que ça.
- Speaker #1
Un truc à commencer, je ne sais pas si tu vas être d'accord avec moi, c'est commencer à manger ce que vous avez envie de manger. En vous disant que vous pouvez l'avoir ce matin, ce midi, ce soir et tous les autres jours de votre vie. Et je te donne un exemple concret. Je sais qu'on diabolise beaucoup le sud, notamment le matin. Mais j'ai une de mes clientes, Patricia, son truc, c'était le Nutella. Alors évidemment, elle n'en achetait jamais, etc. Mais dès qu'il y en avait... Tu sais, sur la table familiale, en vacances, etc., elle défonçait le pot. Les mini-pots, tu sais, au buffet des hôtels. Oui,
- Speaker #0
je vois très bien.
- Speaker #1
C'est foutu. Je suis pareil. C'est pas un mini-pot. Je suis pareil. Elle en mettait dans les poches. Et moi-même, je suis passée par là, j'en mettais dans les poches. Et donc, on a fait un premier exercice très simple, qui est de s'autoriser à manger du Nutella et de se dire, en fait, j'aime ça et je vais en manger le matin une tartine. Et je vais voir ce qu'il se passe.
- Speaker #0
Oui, c'est ça.
- Speaker #1
À la maison, avec mon petit-déj, c'est mon petit-déj, et je vais rajouter une source de protéines, et je vais voir ce qu'il se passe, comme un test, un jeu. Et elle a fait ça, et bizarrement, en fait, le Nutella a perdu de son attrait, et elle se retrouve aujourd'hui avec un pot de Nutella qui peut rester dans le placard. Elle en mange si elle en a envie, et si elle n'en a pas envie, elle ne va pas en manger. Et en fait... La différence, c'est le bruit, la place qu'occupe le Nutella dans sa tête aujourd'hui. Ce n'est plus du bruit en fait.
- Speaker #0
Et du coup, c'est parce que c'est Patricia, je crois, c'est ça que tu disais ? Oui. C'est la peur de manquer, elle, du coup, plutôt qu'il la faisait parfois peut-être faire des craquages, j'imagine. Non,
- Speaker #1
c'est la diabolisation. La diabolisation. Le fait que le Nutella, c'est le mal incarné. Qu'une cuillère de Nutella va te faire prendre 5 kilos.
- Speaker #0
Hum, ok, ok. Et bon, ok, c'est finalement très très intéressant.
- Speaker #1
Et ça c'est rassurant, du coup je lui ai dit, alors moi j'encourage les gens non pas à se peser, parce que je ne sais pas si tu es d'accord là-dessus, mais pour moi il y a une différence entre prise de gras et variation de poids, qui est tout à fait naturelle. Je les encourage à la limite à prendre un mètre de couturière et à mesurer leur tour de taille, qui est beaucoup plus représentatif de la masse grâce de la composition corporelle. Et quand elle s'est rendue compte qu'en mangeant sa tartine de Nutella, en fait, elle ne prenait pas de centimètres autour de la taille, voire elle en perdait, ça l'a rassurée. Et ça vient apporter de la sécurité autour du Nutella. Et quand le Nutella fait plus peur, tu peux l'avoir dans ta maison et qu'il te rende plus dingue. Tu peux le croiser au buffet de l'hôtel et passer à côté juste parce qu'en fait, aujourd'hui, tu as envie d'un truc frais.
- Speaker #0
Ça ne fait rien. Si tu étais avec modération, bien sûr. Oui.
- Speaker #1
Et... Précision importante, mais tu vois, tu sais ce que c'est quand on coache les gens, ça se fait pas en 20 minutes. C'est quand elles le mangent le matin, évidemment, il y avait une façon de le manger. Assise, en conscience, en le dégustant, tant qu'à se faire plaisir avec la bouffe. Parce que la bouffe, c'est aussi une sorte de plaisir. Moi, je dis toujours, il faut aller extraire le maximum de plaisir. Fouette avec ta tartine de Nutella. Le problème quand tu manges ton Nutella dans la culpabilité en cachette, c'est qu'en fait, t'es pas avec le Nutella. Donc tu peux manger une, deux, trois, quatre tartines, tu ne te rends même pas compte. Et tu en as déjà parlé, un mangeur régulier, sa courbe de plaisir, tu disais tout à l'heure quels sont les indicateurs aussi qui laissent penser à une alimentation dysfonctionnelle. La courbe du plaisir, normalement, à la première bouchée, quand tu as faim, elle monte très vite. C'est comme la première gorgée d'eau après avoir traversé le désert, la première gorgée, elle est waouh. La première bouchée, quand tu as faim, c'est waouh. Et normalement, deuxième, troisième, quatrième, vingtième bouchée, le plaisir est censé décroître. Mais quand t'es dans la culpabilité, dans la honte, quand tu manges en cachette, que tu te déconnectes vraiment de toi-même, la courbe du plaisir, en fait, elle diminue pas. C'est ce qui fait que t'es capable de manger limite le pot de Nutella sans t'en rendre compte et sans arriver à ce point d'écœurement qu'un mangeur régulé va très vite atteindre.
- Speaker #0
Ouais, ouais. Finalement, le bliss point, on appelle ça en industrie, il est décalé, quoi. C'est-à-dire que du coup, tu... Ton plaisir, il arrive beaucoup plus tardivement, là où normalement, ça devrait être écœuré pour un mangeur normal, si je résume. Non ? Ça ?
- Speaker #1
Ce n'est pas qu'il arrive plus tardivement, il arrive très vite. En vrai, la première bouchée, tu es tout de suite aïe. Et tu es écœuré ? Mais ton nirvana, tu as l'impression qu'il dure.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Le nirvana, il a la première bouchée, la deuxième bouchée, la troisième bouchée. Ça n'est pas vrai. La seule chose qui t'arrête, c'est quoi ? C'est l'inconfort de ton estomac trop plein. Ça, ça t'arrête. Tu vois ? Quand tu es écoeuré, quand tu as vraiment limite la nausée, là, ça t'arrête. Ou il n'y en a plus. Pareil, la fin du paquet, la fin du pot, la fin de la baguette. En fait, tu t'arrêtes non pas à cause de tes signaux alimentaires, de satiété, mais parce qu'il n'y a plus de nourriture disponible.
- Speaker #0
Ok. Et très intéressant. Est-ce qu'il y a quand même une habitude que tu recommandes à toutes tes clientes ? Est-ce qu'il y a des élèves, je ne sais pas comment tu les appelles, Est-ce qu'à tous tes élèves, il y a quelque chose que tu dis ça, bien que, comme tu l'as dit, chaque personne est différente et c'est de l'intérêt d'avoir un coach, c'est aussi de s'adapter, etc. Moi-même, c'est souvent, je m'adapte tout le temps, mais il y a quand même des trucs qui reviennent systématiquement. Est-ce que toi, tu as pu remarquer quelque chose qui revient systématiquement ? Et si oui, quelle est l'habitude ou le tips que tu donnes tout le temps à tous tes élèves ?
- Speaker #1
La base, mange assis à table sans écran.
- Speaker #0
C'est un conseil que je peux donner aussi à mes élèves, donc je suis très content de te rendre entouré. Donc, ok. Et parce que ça te permet de te reconnecter à la nourriture, c'est ça ?
- Speaker #1
Parce que tu es vraiment présente avec ton assiette. Parce que tu es là. Et ça nous est arrivé à tous de manger devant un plateau télé et tu as fini ton assiette, qui était pourtant hyper sympa, hyper remplie. Tu dis, quoi ? Mais c'est déjà fini ? Et c'est ça qui donne envie de, encore, je veux prolonger ce moment. Alors que quand tu manges vraiment présente à table... Comme on dit en conscience, l'idée c'est d'être là. L'idée c'est d'extraire un maximum de plaisir de la nourriture parce qu'encore une fois... Oui, la nourriture, ça doit être du plaisir. Et ça te permet aussi de mieux identifier ton niveau de faim et ta satiété. Parce que tu as l'écoute des signaux de ton corps. Voilà, et pas d'écran. Alors moi, quand je dis pas d'écran, ça peut être de la musique, ça peut être un podcast. Mais ce que je veux, c'est que les yeux de la personne soient avec l'assiette. Parce qu'il y a une dimension sensorielle extrêmement forte. Et le fait que les yeux regardent la nourriture qu'on porte à la bouche, ça permet vraiment d'envoyer le signal à notre cerveau et à tout notre corps qu'on est en train de le nourrir.
- Speaker #0
Totalement.
- Speaker #1
Il fait une chose à la fois. Quand tu regardes la télé, ton cerveau, il est en train de processer les infos, l'histoire. Tu es dans l'émotion, les tensions des personnages, etc. Tu n'es pas à la digestion. Quand tu es assis à table sans distraction, ça te permet aussi d'avoir une meilleure digestion, une meilleure assimilation des nutriments. Et donc, ça évite... aussi l'effet un peu léthargique après ton repas.
- Speaker #0
Effectivement. De toute façon, la digestion commence par la vue. Puisque si tu passes devant une boulangerie et que tu salives, donc il se passe des choses aussi par la vue. Donc c'est clair que de regarder ce qu'on mange, c'est hyper important. Donc c'est vrai que c'est un très, très bon type. Et un très bon type justement pour commencer à essayer de se réguler. Et justement, dans cette phase de régulation, je le sais aussi bien que moi, C'est que dans une phase de progrès, il y a souvent aussi une phase de rechute. Comment, quand une personne rechute après une phase de progrès, comment toi tu gères ça en tant que coach ? Qu'est-ce que tu donnerais comme conseil à des personnes justement qui ne sont pas forcément accompagnées, qui veulent en autonomie ? Qu'est-ce qu'on doit se dire quand on rechute après justement une phase d'amélioration au niveau de l'alimentation émotionnelle ?
- Speaker #1
C'est une super question et moi en fait déjà c'est un changement de paradigme. C'est-à-dire que pour moi, il n'y a pas d'échec, il n'y a que des leçons. Dans le sens où, quand on a une compulsion alimentaire, quand on a mangé en excès, qu'on sort, qu'on a mal au ventre, on a l'impression d'avoir mal agi, d'avoir fauté et qu'il y a quelque chose à expier. Moi, j'aime me dire que cette alimentation émotionnelle compulsive, si tu veux, c'est un petit peu comme... Un signal d'alarme, un détecteur de fumée. Il y a un détecteur de fumée dans ta maison qui se déclenche. Franchement, on ne va pas se mentir, un détecteur de fumée, le bruit c'est strident, c'est hyper désagréable. Et tu as beaucoup de gens qui pourraient avoir le réflexe de se dire « Je ne vois rien, je monte sur un tabouret, j'enlève les piles, ça me saoule. » Sauf qu'en faisant ça, ils règlent le problème du bruit à court terme. Mais la réalité, c'est qu'en fait, il y a probablement de la fumée, quelque chose, quelque part, un danger qui mérite leur attention. Pour moi, l'alimentation émotionnelle, quand tu comprends vraiment les choses, tu la remercies. Tu te rends compte que c'est un cadeau de la vie. Alors je sais, ça peut paraître un peu bizarre. Non, non,
- Speaker #0
je suis totalement alignée avec ce que tu dis.
- Speaker #1
Mais c'est un cadeau de la vie parce que ça te dit que... Moi, je me considère encore comme une mangeuse émotionnelle. J'ai des moments où j'ai envie de défoncer un paquet de mes cadeaux. Tu vois, je suis au milieu de ma journée, je bosse, j'ai envie de bouffer. Et là, la différence, c'est que je me parle, je me dis, oh là là, ma cocotte, qu'est-ce qui ne va pas ? Qu'est-ce qui ne va vraiment pas ? Qu'est-ce qui te tracasse ? Qu'est-ce qui te ferait du bien en ce moment ? Et je viens m'intéresser à la vraie raison qui a déclenché l'alarme, parce que ce n'est qu'une alarme. Donc tu vois, quand quelqu'un, par exemple, arrive à détecter tout ça et commence à réagir positivement, évite une compulsion, se réjouit, et puis ensuite, la fois suivante, j'y suis pas arrivé, j'ai fait la compulsion, de nouveau, on vient tirer le fil d'Ariane. Qu'est-ce qui s'est passé ? Moi, ce qui m'intéresse, c'est pas comment résister à la bouffe. Moi, ce qui m'intéresse, c'est qu'est-ce qui a déclenché l'alarme. Et quand tu remontes le fil de la journée, tu te rends compte qu'il y a eu peut-être le mail de Gérard Delaconta qui t'a envoyé un mail de merde, qui t'a mis en porte-info et t'as pas su répondre. Ou en réunion, t'as proposé quelque chose, on t'a pas écouté.
- Speaker #0
Il y a eu un stress que t'as enfoui quoi.
- Speaker #1
Ouais, et en fait, il y a quand même une personnalité commune que moi j'observe avec toutes mes coachées, c'est que souvent c'est des personnes qui ont... grandit dans des environnements où elles ont appris à... Je parle au féminin parce que je travaille beaucoup avec les femmes. Enfin, je travaille essentiellement avec les femmes.
- Speaker #0
Justement, c'était ma question après, mais vas-y,
- Speaker #1
vas-y. Ouais, être la bonne élève, la gentille fille, celle qui fait pas de vagues. Tu veux faire plaisir aux autres, tu veux que les autres soient bien. Et du coup, t'emmènes ça à l'âge adulte et t'as tendance à effectivement te faire passer derrière. Tu vois, tout le monde prend ses vacances et toi, t'es la dernière. Ça t'arrange pas du tout. Mais t'oses pas dire les choses. Et j'aime dire que finalement, l'alimentation compulsive, c'est que tu bouffes à la fin de la journée tout ce que t'as accepté d'avaler sans broncher. plutôt dans la journée, plutôt dans le mois, plutôt dans ta vie.
- Speaker #0
C'est une très très bonne image, j'adore. C'est vrai que c'est...
- Speaker #1
Et tu vois que du coup ça n'a rien à voir avec la bouffe au final.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
La bouffe au contraire elle nous rend service, elle vient absorber, elle vient nous aider. En fait tu sais on ne mange pas pour le plaisir de manger, on mange dans l'espoir.
- Speaker #0
d'éviter une émotion. D'ailleurs, souvent, le raccourci, c'est « on mange nos émotions » , c'est faux. On mange dans l'espoir de changer notre état émotionnel. On mange dans l'espoir de ne pas être la fille vulnérable, de ne pas être la personne qui n'a pas su répondre, de ne pas être la personne qui a dit oui alors qu'elle voulait dire non. Tu vois ?
- Speaker #1
C'est ça,
- Speaker #0
en fait, qu'il faut comprendre. Quand quelqu'un a une compulsion, c'est très bizarre. Moi, en coaching, j'ai encore une session de mon programme « Déjeuner en paix » . Moi, les filles, je leur dis « quand vous avez des victoires, c'est génial ! » on vient les partager. Mais moi, je suis presque encore plus contente quand vous avez des galères, quand vous avez des compulsions, parce que justement, c'est l'occasion d'aller tirer ce fil et d'aller voir ce qui se cache vraiment sous la surface. Parce que plus t'apprends à résoudre ces problèmes de profondeur, et plus en fait, quand tu détectes l'alarme la fois suivante, t'es capable d'avoir un décodage fin et d'apporter une réponse adaptée. Parce que les chips ! n'auront jamais de bouche pour te dire ça va aller ma chérie et le chocolat n'aura jamais de bras pour te faire un câlin.
- Speaker #1
Ouais, mais clairement, je vois très bien. Et justement, par rapport à ça, est-ce que tu sens, quand tu accompagnes les gens, est-ce que tu sens qu'il y a un moment où il déclic ? Est-ce que toi, tu as pu le ressentir chez toi ? Est-ce que tu as pu le percevoir chez tes élèves en coaching ? Est-ce qu'il y a un moment où tu te dis, c'est bon, je suis passé de l'autre côté de la montagne ? Même si je serais toujours... on va dire une mangeuse émotionnelle, comme tu l'as souligné tout à l'heure, est-ce qu'il y a quand même un moment où tu te dis, j'ai l'impression que c'est derrière moi ?
- Speaker #0
Oui, et c'est intéressant parce qu'en fait, je pense aux personnes que j'accompagne en ce moment, dans le groupe que j'ai en ce moment. Alors le déclic, il va arriver d'une façon différente chez chaque personne. Mais ce qui est extraordinaire, c'est que souvent le déclic, il vient quand tu commences à faire un truc qui n'a rien à voir avec la bouffe. Genre là, tu vois, je pense à une de mes coachées que j'adore, Marie-Lyne. Je lui fais un petit coucou. qui disait, voilà, cette semaine, j'avais dit oui à un resto entre copines et puis en fait, je n'avais pas envie. Mais je m'étais engagée. Donc, tu vois, c'est vraiment des profits, je me suis engagée, j'ai dit oui, je ne peux pas me défausser, etc. Elle a dit, ben désolée, en fait, je ne vais pas venir. Et à la place, elle a été dîner au resto avec son conjoint et avec son fils. Et en fait, ça, ça a été un déclic.
- Speaker #1
Parce qu'elle a appris à dire non.
- Speaker #0
Exactement, apprendre à dire non. Et tu vois, je n'ai pas de boule de cristal, mais pour moi, il y a de grandes chances que si elle avait été manger avec les copines, alors qu'elle n'avait pas vraiment envie d'être là, ouais, elle aurait mangé en excès. Tu vois ? Et là, elle a mangé au resto avec son conjoint et son fils, et je ne vais pas te mentir, elle n'a pas juste mangé les justes quantités. Elle s'est rendue compte qu'elle avait pris un dessert et qu'elle en avait peut-être mangé un peu trop. Sauf qu'après coup, elle n'a pas culpabilisé. Elle ne s'est pas flagellée. Elle a juste pris conscience de ce qui s'était passé et elle a fait confiance à son corps pour être capable de se réguler par lui-même dans les repas et les jours qui ont suivi. Et ça, pour moi, c'est une double victoire. Parce que tu t'es respectée, parce que tu as appris à t'écouter. Donc, tu vois, il n'y a pas d'échec, encore une fois. Il n'y a que des apprentissages. Mais la plupart du temps, c'est plus lié à, encore une fois, notre comportement. Notre place parmi les autres, notre capacité à prendre conscience de notre estime de nous-mêmes, de notre valeur, être consciente de notre valeur, c'est ça en fait qui change les choses. Je pense à une autre participante, Caroline, qui a eu les larmes aux yeux quand je lui ai dit que c'était une fille extraordinaire. Elle venait de prendre un boulot, elle était très stressée, du coup ça l'avait fait manger un peu en excès à la cantine, etc. Elle voulait vraiment faire ses preuves. Quand elle a déroulé l'histoire, La personne qui l'a embauchée, c'est un ancien manager de son ancienne boîte. Donc t'imagines, ton ancien manager qui te débauche. Je lui dis, mais s'il te débauche, t'as rien à prouver. Ça montre que t'es une femme extraordinaire et qu'ils ont de la chance de t'avoir. Et là, les larmes sont montées. Parce que ça réveillait quelque chose en elle. Ça faisait écho aussi avec la voix de son père qui lui disait qu'elle était extraordinaire à un papa qu'elle avait perdu il n'y a pas très longtemps. Et tu vois, ça, ça me fait encore un frisson quand je t'en parle. Ça, c'est des déclics. Ça n'a rien à voir avec le sucre, ça n'a rien à voir avec la bouffe.
- Speaker #1
Et là, du coup, dans les histoires que tu racontes, je me dis, est-ce que ça ne peut pas avoir un lien, l'alimentation émotionnelle, avec la confiance en soi ?
- Speaker #0
Je pense que c'est carrément lié. Et en fait, encore une fois, c'est multifactoriel. Cette histoire de confiance en soi, c'est à la fois une histoire de rapport au corps. Dans les personnes que j'accompagne, il y a quand même un pourcentage énorme de jeunes femmes qui, dès l'enfance, ont été mises au régime. et ou qui ont eu des mamans au régime, qui faisaient attention, qui étaient stressées sur le sujet du poids, de l'alimentation. Résultat, en fait, ça instille en toi l'idée, dès le plus jeune âge, que pour être accepté et aimé, tu dois mincir. Tu dois être mince, tu vois. Et souvent, ça va avec des petites phrases, tu sais, mes clientèles m'en racontent toutes, des petites phrases du type, la plus connue, c'est « t'as un si joli visage » . Le teint, si joli visage ! Oh là là, celui-là, il te flingue ! Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que ouais, le haut ça va, mais le bas ça va pas. C'est comme une pâte à... Tu sais, on imagine que le corps devient une sorte de pâte à modeler et que, effectivement, si on mange ce qu'il faut, on réduit les quantités, on fait du sport, enfin, on va avoir le corps parfait qui sera accepté, qui sera valorisé par les autres. Mais c'est une quête sans fin qui nous détruit. Et effectivement, ça rejoint aussi dans l'approche, on va dire, relationnelle et comportementale. Quand tu as un profil, bon élève, qui veut faire plaisir à tout le monde, etc., qui se fait passer après les autres, effectivement, tu perds le contact avec ta valeur. Tu as l'impression que les autres sont toujours mieux que toi, tu vas avoir tendance beaucoup à te comparer. Moi, j'ai fait une grande école de commerce, je viens d'un milieu extrêmement simple. Pour moi, en fait, mon ascension sociale... C'est fait par la réussite scolaire, mais on ne va pas mentir, en école de commerce, je me suis retrouvée avec des gens qui étaient très privilégiés. Il y avait un vrai écart. Oui,
- Speaker #1
on est d'accord.
- Speaker #0
Et moi, c'est vraiment une phase de vie qui m'a justement déstabilisée. Et c'est vraiment à ce moment-là, avec les premiers stages en entreprise, je travaillais dans le luxe, etc. J'essayais en fait de donner le change. Et cet effort que je fournissais pour trouver ma place, je le compensais derrière avec la bouffe. Parce que ça demandait des ressources, en fait.
- Speaker #1
Parce que tu n'étais pas aligné par rapport à là où tu devrais être.
- Speaker #0
Tu portes un masque. Tu vois, quand tu as l'impression de porter un masque en permanence, il y a beaucoup de personnes que j'accompagne qui me disent « J'ai l'impression que la journée, je dois faire bonne figure, je dois gérer les mails, les dossiers, le boulot, ensuite les enfants, etc. » Et enfin, quand tout le monde est nourri, couché, lavé, enfin, je peux être moi-même. Et être soi-même, ça devient « je mange ce que je veux » .
- Speaker #1
Ouais. Donc, dans ce que tu me dis, effectivement, je pense qu'il y a un gros lien de confiance en soi. Parce que tu vois, une personne, comme elle dit, par exemple, comme tu dis, tu as un si joli visage, elle ne veut pas... Toi, ça te détruit. Mais la personne qui t'envoie ce compliment de base, c'est pour te complimenter, ce n'est pas pour te détruire, tu vois. Et donc, c'est la façon, je pense, dont tu reçois ce message qui te détruit. Et peut-être qu'une autre personne, je ne sais pas... mais une autre personne qui a beaucoup plus confiance en soi parce qu'elle n'a pas été détruite par d'autres expériences du passé, va recevoir ce compliment en mode compliment et une personne qui a un manque de confiance en soi va recevoir ce compliment en mode ça veut dire que comme tu dis, le reste n'est pas bien donc ouais je suis totalement d'accord en tout cas c'est mon avis alors j'ai pas complété la phrase mais en général t'as un si joli visage Oui.
- Speaker #0
Si seulement tu faisais attention, si seulement tu perdais 5 kilos, si seulement tu n'avais pas des hanches si larges. Souvent, ça va avec ça. Oui,
- Speaker #1
bien sûr.
- Speaker #0
Mais tu as raison sur un point qui est très juste. C'est qu'en fait, il y a un biais de confirmation qui se met en place. Si tu es convaincu que tu es grosse, qu'il y a quelque chose qui te cloche, dès que quelqu'un va faire une remarque sur ton apparence, ton corps, etc., tu vas le prendre potentiellement comme une attaque sur ton physique ou sur... ton intégrité et ta sécurité. Et ça rejoint un autre sujet que j'aborde beaucoup, je pense qu'il est très important et qu'on a tendance complètement à le négliger, qui est l'équiloprotection. C'est-à-dire que quand tu as eu une entrée dans l'intimité ou la sexualité compliquée, que tu as été victime d'abus, de harcèlement ou juste, tu vois, de mots moqueurs, tu peux aujourd'hui utiliser l'équilo comme une forme de barrière entre toi et les autres. Si tu as intégré que... Quand tu es mince, je ne sais pas, les hommes te sifflent dans la rue, on te met une main aux fesses, dans le bus, voire ça a été plus loin. Il y a une partie de toi qui intègre. Tu ne veux pas être mince. Bien sûr. Être mince égale être vulnérable, être en danger, être une proie. Donc, quel est le meilleur moyen de me protéger que... une couche de graisse. Sauf qu'on s'en rend pas compte, pour ceux qui écoutent qui me voient pas, là je frotte mes mains l'une contre l'autre, il y a un désir contradictoire, c'est-à-dire qu'il y a une part de moi qui a envie d'être belle, sexy, mince, d'être vue, d'être admirée, complimentée, et il y a cette autre part inconsciente qui a juste envie de se planquer, de pas être vue, d'être discrète, de se fondre dans la masse. Et donc ça, ça crée effectivement derrière des comportements... dissonant, on ne comprend pas pourquoi tu sais on parle beaucoup d'auto-sabotage mais pourquoi je fais ça alors que je veux maigrir et pourquoi je mange cette tablette de chocolat ça c'est quand même aussi à aller explorer si on se reconnaît là-dedans j'ai envie,
- Speaker #1
je sais ce que je dois faire mais j'y arrive pas je suis trop content que tu l'abordes parce que j'avais écouté un podcast dessus donc je savais que j'allais t'amener dessus mais je l'avais noté que je voulais t'amener sur ce sujet-là justement de de finalement les kilos de protection, comme tu l'appelles. Et je trouve ça trop bien parce qu'effectivement, l'autosabotage, c'est quelque chose qui est vraiment très sous-estimé. Et il y a un dicton qui dit qu'il y a toujours deux raisons de faire des choses. Il y a toujours une bonne raison et une vraie raison. Et du coup, la bonne raison, c'est je veux être mince parce que je veux plaire et tout. Et la vraie raison, c'est qu'en fait, tu ne veux pas plaire au fond de toi. Donc, c'est vrai que c'est très, très vrai ce que tu dis. Et je pense qu'il y a beaucoup de personnes qui vont se reconnaître dans ce que tu dis et sur cette b... dynamique, on va dire, d'auto-sabotage. Donc, franchement, très, très, très cool. Et justement, parce que, bon, j'imagine que tu vas me dire, ça dépend, mais...
- Speaker #0
Tu sais, du coup, tu m'obliges à ne pas dire ça dépend. Je vais répondre à autre chose. Balance ta question.
- Speaker #1
Combien de temps il faut pour passer de l'autre côté de la montagne ? Non, en gros, combien de temps il faut entre la prise de conscience qu'il y a un problème... que tu veux le changer, vu que en vrai, tu aurais raison de dire que ça dépend, parce que comme ça a beaucoup de psy, c'est-à-dire que pour changer son identité, ses expériences passées, etc., effectivement, ça peut prendre un certain temps, mais en s'attaquant au problème, ou toi-même avec tes coachings, combien de temps une personne reste chez toi, par exemple, dans ton accompagnement pour au moins débloquer la situation ? Je ne sais pas trop ce que tu proposes, si tu as plusieurs accompagnements pour les accompagner après, mais en tout cas, juste pour le fait de déclic, de passer de l'autre côté et pouvoir potentiellement pouvoir gérer tout seul après, combien de temps ça peut prendre ? Déjà, si les personnes arrivent chez toi, c'est déjà qu'elles ont une prise de conscience, qu'elles ont identifié le problème, etc. Donc, il y a toujours déjà un travail qui a été fait en amont. Mais voilà, quand elles arrivent chez toi, combien de temps ça prend ?
- Speaker #0
Déjà, c'est parfait. Tu m'as fait mon introduction. C'est ce que je voulais dire. Je suis coach aussi. Les gens qui arrivent chez moi, ils ont tout essayé. Ils ont essayé tous les régimes classiques. J'ai envie de dire que 90% ont fait Weight Watchers ou des démarches équivalentes. Elles ont tout essayé, elles se sont épuisées. Ça a duré des années, ça a duré des décennies. La moyenne d'âge des participants de mes programmes, c'est 40 ans. Mais ça va de 25 à 65. Parce que jamais trop tôt, jamais trop tard pour s'occuper de ce sujet. Et il n'y a rien qui nous prémunit de ce problème. Ni l'argent sur ton compte en banque, ni d'où tu viens, ni ton âge. Franchement, tout le monde peut être concerné. Donc, combien de temps ça prend ? Je dirais un à trois mois. Je vais préciser.
- Speaker #1
Je pensais que ça serait beaucoup plus long que ça.
- Speaker #0
Ouais, je vais t'expliquer. En un mois déjà, moi j'ai un programme qui en un mois déjà te permet d'atteindre une première étape qui est vraiment plus que significative, qui est en fait de retrouver tes sensations alimentaires et de les respecter. Tout à l'heure, on a parlé de confiance en soi, il y a un point super important qu'on n'a pas évoqué et qui est complètement lié aux sensations alimentaires. C'est que quand, pendant des années, des décennies, tu t'es fié à des autorités externes pour savoir ce que tu dois mettre dans ton assiette, c'est les autres, c'est les experts, les médecins, les coachs qui te disent tu dois manger ci et pas ça, et ça à telle heure, etc. En fait, tu as donné le pouvoir aux autres. Donc si tu n'es plus capable de te faire confiance à toi, être humain, dans ce que tu mets dans ton assiette et dans ta bouche, comment tu veux te faire confiance ? sur est-ce que je dois acheter cet appart, est-ce que ce mec sera le père de mes enfants, tu vois ce que je veux dire ? Donc en fait, tout est lié, c'est vraiment un cercle vicieux, et j'aime rappeler que notre façon de manger, c'est le reflet de notre façon de vivre, en général, c'est notre reflet du rapport aux autres, du rapport à l'argent, etc. Donc, cette première étape, qui permet de se refaire confiance sur le plan alimentaire, tu peux vraiment déjà la débloquer en un mois. Moi c'est un de mes programmes qui s'appelle Mission 30 jours sensations alimentaires et c'est vraiment ça le but, c'est... Y'a pas de magie, c'est... Jour après jour, on remet en place les conditions favorables qui vont te permettre, qui vont favoriser le fait de ressentir, déjà dans un premier temps, les sensations alimentaires, et ensuite de les respecter. Et je gère, j'aide à gérer toutes les situations à risque, les buffets à volonté, les repas de famille, j'ai des horaires contraints par mon métier et je ne sais pas à quelle heure je vais manger, etc. etc ça déjà C'est une première étape. Ça ne règle pas tout. Mais ça va vraiment t'aider à faire la différence, à sortir de la culpabilité et à enlever beaucoup de bruit mental. Après, au bout d'un mois, ça ne suffit pas par contre pour aller régler les choses plus en profondeur dont j'ai parlé. Mon rapport aux autres, ma place parmi les autres, ma reconnexion avec ma valeur, qui je suis, ce que je vaux, ce que je veux. et ce que je peux faire pour y arriver. Et là, très rapidement, en fait, on sort de la sphère alimentaire. Et là, c'est trois mois. C'est trois mois pour travailler sur ces différentes étapes. Tu vois, ça, c'est mon programme où vraiment, du coup, je suis derrière mes coachés. Ça s'appelle comment ton programme ? Ça s'appelle Déjeuner en paix.
- Speaker #1
Déjeuner en paix, c'est l'étape 2. Donc ça, c'est l'étape 2.
- Speaker #0
Ouais, ça, c'est vraiment mon gros programme. Et c'est en mini-groupe et c'est des coachings de groupe. Pourquoi ? Parce qu'en fait... Moi, quand j'ai commencé, j'ai fait du coaching individuel. Je gérais les gens individuels, ils avaient des résultats super. Mais moi, dans ma propre guérison, mon travail de guérison, j'avais fait des groupes de parole. Et ça avait vraiment, vraiment remué des choses très profondément en moi. J'ai décidé de me former là-dessus et d'aller sur les groupes. Et là, je ne veux pas te mentir, j'ai eu des résultats extraordinaires et beaucoup plus vite. Pourquoi ? Parce qu'en fait, quand tu es en one-to-one, avec un coach, avec un thérapeute, avec un psychologue, Finalement, t'as des choses parfois qui sont tellement refoulées que t'es pas capable d'y accéder. Et même le meilleur des thérapeutes, il pourra pas aller te sortir un truc qui est complètement refoulé. Alors que quand t'es en groupe, en petit groupe, tu te sens en sécurité, des gens comme toi, qui ont la même sensibilité que toi, et que t'en as une qui parle de sa relation toxique avec son père, ou qu'il y en a une autre qui parle de harcèlement au collège, ou une autre parfois qui parle d'abus, d'inceste, etc. Ça vient déverrouiller des choses. Et ce qui est extrêmement puissant, c'est cet effet miroir où l'autre parle, rapporte des situations même du quotidien. Alors, ce n'est pas les mêmes interlocuteurs que toi, ce n'est pas exactement la même situation, mais les mots que la personne utilise, tu dis c'est fou, mais je suis comme ça, c'est pareil, je réagis pareil. Et en fait, ce qui accélère ce travail, j'aime pas le mot guérison, parce que je pense qu'on n'est pas malade, mais ce travail de transformation, c'est qu'en fait, la parole de l'autre t'aide à avoir une vraie prise de conscience. Et c'est encore plus fort parce que c'est toi, mais ce n'est pas toi. Donc ça t'aide vraiment à te décoller. Et c'est ça qui permet vraiment, par la richesse de nos échanges, d'aller explorer plein de sujets auxquels on n'aurait pas pensé toute seule. Et ça, tu vois, ça prend trois mois. Il y a 20 heures de coaching. Donc c'est vraiment, on passe beaucoup de temps sur ces sujets. J'invite les personnes à venir avec les micro-événements du quotidien parce que justement, c'est tous ces événements. Je ne sais pas, ton mari qui a oublié de faire les courses ou ce mail que tu as reçu, qu'il t'a mis en porte à faux ou ton boss qui à 18h t'a collé une réunion alors que tu voulais aller à ton cours de yoga. Voilà, c'est tout ça mis bout à bout qui te permet d'infuser. Tu vois, c'est vraiment une philosophie dans laquelle on infuse. Je dis toujours au fils, c'est comme un thé. Tu prends de l'eau chaude, tu mets le sachet et tu laisses infuser. Il n'y a pas besoin de s'agiter dans tous les sens. Il n'y a rien à comprendre. Moi, je les aide aussi à sortir du mental et à revenir au corps. Parce que toutes ces personnes-là sont trop dans le mental. C'est des têtes pensantes qui marchent dans la vie. Elles ont des to-do list, elles ont ci, elles ont ça. En dessous, elles pensent qu'elles ont une masse informe qui s'appelle le corps. Qui souvent, ce n'est pas le leur. Ce n'est pas mon corps. Je ne me reconnais pas dans ce corps. Et qu'on essaye de modeler, bon an, mal an. avec des trucs qu'on attrape à droite à gauche, et on ne se rend pas compte que malheureusement, tant qu'on se concentre sur la bouffe uniquement, on s'épuise parce qu'on se trompe de cible. Le problème, c'est le mail qui nous a mis en porte à faux. Le problème, c'est notre mari qui nous trompe. C'est la vraie raison. Le problème, c'est le harcèlement qu'on a vécu au collège et qu'on continue de traîner avec nous. Donc effectivement, il faut trois mois pour être capable. d'aller explorer tous ces sujets-là. Et au bout des trois mois... C'est que le début. C'est-à-dire que dans mes programmes, qu'est-ce qu'on fait ? Je considère qu'en fait, on a tous une sorte de terreau fertile, mais aujourd'hui, c'est rempli de mauvaises herbes. Et en fait, quand tu es une mangeuse émotionnelle, tu as les mauvaises herbes qui sortent, et tu fais comme les mauvais jardiniers, tu vas juste couper en surface. Parce que comme ça, tu as un joli gazon, sans pis sans lit. La réalité, c'est que quand tu fais ça, ça ne résout rien. Au contraire, les rhizomes sous la terre deviennent encore plus forts. Et quelques semaines plus tard... T'as pas 2 pissenlits, t'en as 5, t'en as 10, t'en as 100. Donc en fait, nous ce qu'on fait dans le programme, c'est effectivement aller vraiment creuser, enlever tout le caca, enlever toutes les mauvaises herbes à la racine, et replanter des graines sur ce terreau fertile. Tu vois qu'on a vraiment nettoyé. Et à la fin du programme, parfois, tu vois même pas les pousses, parce qu'elles sont encore sous la terre. Mais la vie, c'est la vie, ce ne sera jamais un long fleuve tranquille. Et à la fin de ça, les filles, elles savent comment arroser leur jardin, protéger leur jardin. Et c'est ensuite, dans les semaines, dans les mois qui suivent, que tu as un beau jardin luxuriant. Et tu sais, on parle beaucoup de perte de poids, parce que mine de rien, derrière le sujet, qu'on le veuille ou pas, il y a un désir de perte de poids. Même si, tu sais, tu me disais, c'est quoi les choses à mettre en place ? Une des premières choses que je demande aux filles à mettre en place, c'est d'arrêter de vouloir perdre du poids. Et ce n'est pas facile. Je leur dis, faites de votre mieux. Imaginez, si aujourd'hui, tu ne veux plus perdre de poids, si ce n'est plus l'objectif de ta vie, c'est quoi les nouvelles priorités ? Et ça, ça change un peu de perspective. Donc, effectivement, à la fin du programme, elles sont déjà bien dans leur peau. Elles se sentent plus légères indépendamment du poids sur la balance. Parce qu'en vrai, tu peux te sentir plus léger sans avoir changé de poids parce que dans ta tête, il n'y a plus ce bruit permanent. Moi, je sais, encore une fois, ce n'est pas une généralité. Tout le monde ne perd pas du poids et ce n'est pas une fin en soi de perdre du poids. Parfois, juste maintenir son poids au cours de sa vie peut être un très bon objectif. Mais j'ai des transformations physiques qui sont massives, on va dire, dans les deux ans, trois ans, cinq ans. En fait, ça continue, c'est un process. Je vais te donner un exemple concret. Je pense à Mélodine de mes coachés. Quand je l'ai récupérée, elle était vendeuse en boulangerie, elle était dépressive, elle était en... En obésité morbide, elle a fait le programme. A la fin du programme, elle n'a pas perdu tous ses kilos, sa vie n'a pas changé du jour au lendemain, mais elle a compris tout ce qui n'allait pas. Elle a quitté son copain, elle a quitté son métier de vendeuse en boulangerie, elle s'est inscrite à une formation en infographie pour développer des sites web. Et moi, je continue de prendre des nouvelles avec mes coachés. Deux ans plus tard, elle avait perdu 8 kilos. Je lui dis, mais qu'est-ce que t'as fait ? Elle me dit, rien de particulier, juste en essayant d'être heureuse. 4 ans et demi plus tard elle avait perdu 25 kilos tu vois en réglant le front du problème quoi ouais parce qu'on pense en fait que perdre du poids va nous rendre heureux mais moi je suis convaincue que c'est être heureux qui nous fait perdre du poids et la preuve en est on a tous vécu ces phases de vie où on a un nouveau chéri ou une nouvelle chérie on a un nouveau boulot on est passionné par ce qu'on fait et il est 15h et j'ai oublié de manger tu vois Je suis d'accord.
- Speaker #1
La perte de poids, ça ne doit pas être un objectif en soi. Et moi, même si je suis dans ce domaine-là et précisément dans ce domaine-là, ce que je dis aux gens, c'est surtout que quelles actions tu mets en place et est-ce que tu peux les continuer après en fait ? Parce que sinon, si ton objectif, c'est juste de perdre du poids, effectivement, tu fais un régime. Mais en fait, il ne se passe rien derrière. Une fois que tu as fini ton régime, tu as perdu du poids, tu en reprends et en surplus en plus parce que tu n'as pas changé les actions, tu n'as pas changé ton site de vie, tu n'as pas changé… comment tu réagis face aux situations, etc. Donc, je suis totalement d'accord avec toi. La perte de poids, ça ne doit pas être un objectif. C'est plus facile à dire qu'à faire quand même. Mais effectivement, sur du long terme, tu auras des bons résultats si tu as changé ta perception, si tu as changé la manière dont tu interagis avec la nourriture, avec les autres, avec toutes ces choses-là. Donc, très intéressant. Je pense, dernière question, en tout cas, que je vais te poser. Après, si tu voudrais revenir sur un sujet, on pourra le faire. hum En fait, moi, souvent en coaching, ce que je dis aux gens qui ont ce problème-là, c'est qu'il y a souvent, comme je dis, moi, je ne suis pas un expert de ce sujet-là, mais j'ai un peu théorisé le truc. Ce que je dis, moi, souvent, je ne sais pas si c'est exact, mais tu me diras si tu es d'accord avec moi, c'est qu'il y a deux paramètres qui vont influer sur est-ce que oui ou non tu craques, etc. Tu manges de manière émotionnelle, etc. Pour moi, il y a ce qui se passe dans le corps, donc la partie biochimique. Et là, l'idée, ça va être d'être stable au niveau biochimique, d'avoir justement la bonne dose de dopamine, la bonne dose de macronutriments, etc. pour que ton corps se sente bien et ne te pousse pas finalement à t'alimenter de manière émotionnelle et compulsive surtout, parce que moi, c'est surtout la partie compulsive que je traite. Et la deuxième raison, c'est la partie psy, donc tu as longuement parlé de ton rapport aux autres, de ta confiance en toi, de toutes ces choses-là. Donc finalement, il y a deux trucs. Un. Une première raison chimique, au niveau hormonal, et une raison plutôt psychologique. Pour la partie chimique, la femme a un cycle qui est variable, de 28 jours. Est-ce que justement, à l'intérieur d'un cycle féminin, on retrouve un pattern de c'est plus difficile à certaines périodes que à d'autres, de justement reprendre le contrôle de son alimentation et ou à l'inverse de... de prendre du recul à certaines périodes, ça va être plus ou moins facile par rapport à d'autres périodes de son cycle. Comment tu vois le truc ? Est-ce que d'ailleurs tu es d'accord avec ces deux choses au niveau chimique et psychologique ? Et du coup, au niveau chimique, est-ce qu'il y a des variations par rapport au cycle féminin ? Yes,
- Speaker #0
je suis d'accord avec toi, avec juste une petite subtilité sur la partie que tu appelles biochimique. Moi, je te... Je te rejoins complètement sur le fait qu'aujourd'hui, sur tous les femmes, elles ne mangent pas assez de protéines et elles n'en mangent pas assez le matin. Et moi j'observe un pattern que je les aide à corriger, c'est qu'effectivement le matin tu te réveilles, tu n'as pas faim, tu n'as pas envie de prendre de petit-déj où il est trop tôt, tu pars, tu manges éventuellement un petit truc à 10h, le midi tu vas manger un truc healthy, raisonnable, soit ta lunchbox que tu t'es préparée, soit la salade au poulet à la boulangerie. qui souvent, il y a trois cubes de poulet, il y a peu de glucides, ce n'est pas forcément très rassasiant, tu es encore dans ta volonté, donc tu prends la salade de fruits alors que tu as envie de la mousse au chocolat, et puis en fait la journée passe, le stress s'accumule, etc. Puis en fin de journée, tu décompresses plus effectivement, en fait tu n'as pas assez mangé nutritionnellement parlant au cours de ta journée, donc tu vas ouvrir la porte du placard, du frigo, commencer à manger, manger en excès. Tu prépares le repas, tu as déjà mangé un repas en préparant, puis tu t'assoies à table comme si de rien n'était. Donc, tu te couches avec le ventre trop plein parce que tu as trop mangé le soir. Et du coup, le matin, qu'est-ce qui se passe ? Tu n'as pas faim. Donc, tu ne prends pas de petit-déj et rebelote. Donc, moi, c'est vrai qu'une des choses, tu vois, on parlait de les premiers 30 jours, dont je te parlais que vraiment en 30 jours, tu peux vraiment modifier des choses. Voilà, cet aspect-là est pris en compte. c'est que déjà en... modifiant ça, clairement, et le sommeil aussi, moi c'est un aspect aussi dont je parle beaucoup, le sommeil, l'hydratation, et manger suffisamment de protéines, de fibres et de glucides, le matin. Moi je le présente un peu différemment parce que je suis pas une... Alors j'ai un background scientifique, mais je suis pas médecin, je suis pas nutritionniste, je veux pas du tout apporter d'éléments là-dessus parce qu'il y a aussi des éléments, des études parfois qui se contredisent. Moi, je considère juste que notre corps... Il a besoin de se sentir en sécurité et que quand on est un mangeur ou une mangeuse émotionnelle, on a un grand déficit de sécurité. Il y a une partie de nous qui est tout le temps, tu sais, c'est le mode survie activé. On est en hyper-vigilance, on se sent toujours en danger, on a l'impression que toujours que le monde va, que le ciel va s'effondrer sur notre tête. Donc, pour moi, c'est en fait comme ça que je le présente, c'est une façon d'apporter de la sécurité à notre corps, de lui dire dès le matin, t'inquiète pas mon chouchou. Voilà, il y a tout ce qu'il faut. Il n'y a pas de raison de paniquer.
- Speaker #1
Donc, il n'est pas stressé le matin.
- Speaker #0
Il n'y a pas de raison de stresser. Et effectivement, quand on fait ça, il y a moins de risque de compenser le soir. Ensuite, sur l'aspect typiquement féminin et ses histoires de cycles, que ce soit règles, syndrome prémenstruel, mais aussi périménopause et ménopause, clairement, les femmes ne fonctionnent pas de la même chose, de la même façon. Les femmes ne fonctionnent pas de la même façon. Le problème, c'est qu'on vit dans une société patriarcale binaire. Sans caricaturer, mais en caricaturant un peu, les hommes, c'est 0 ou 1. C'est-à-dire que tu fais dodo, tu te réveilles, tu vas au travail, tu bois ta petite bière en fin de journée, t'es fatigué, tu vas te coucher, ça s'éteint et hop, ça se rallume le matin. Nous, les femmes, effectivement, on est sur un cycle lunaire, 28 jours en moyenne. avec des phases fluctuantes au niveau de notre énergie, au niveau de nos envies, au niveau de notre vitalité. Sauf qu'on essaye de fonctionner de façon binaire, zéro ou un. On force les choses. C'est-à-dire, tu es en syndrome prémenstruel, ton corps n'a qu'une envie, c'est le repli, le repos, mais tu continues de faire tes réunions, finis tard le soir, organiser l'anniversaire de tes enfants, gérer ta to-do list, etc. Donc, tu te mets à compenser effectivement sur la bouffe. Tu vas chercher de l'énergie, du courage dans la nourriture, particulièrement dans ces moments-là. Donc, il y a déjà une étape qui est effectivement, comment est-ce que tu peux alléger ces périodes dans ta vie ? C'est ça.
- Speaker #1
Et au cours du cycle, est-ce que tu dois alléger aussi au cours du cycle ou pas ?
- Speaker #0
Ouais, tu dois. Moi, je sais que pendant longtemps, donc chez Entrepreneuse, j'ai idéalisé mes semaines. Je me disais le lundi, ce sera ma journée CEO, le mardi, création de contenu, le mercredi, je créerai mes nouveaux programmes, le jeudi, vendredi, je coache les gens. La réalité, en fait, c'est que ça ne marchait pas. Et depuis que je me cale, au contraire, sur mon cycle, ça marche beaucoup mieux. C'est-à-dire que typiquement, quand je suis dans une phase haute, la phase d'ovulation, par exemple, là, tu es beaucoup plus à l'aise pour la prise de parole. pour aller interagir avec des gens, pour organiser des masterclass, etc., pour enregistrer des podcasts, alors qu'il y a d'autres phases où ma diction est très mauvaise, je m'en mêle, mon cerveau n'est pas clair, etc. Donc ça, ça change vraiment les choses aussi d'être dans le respect, justement, de ces phases et d'en être consciente parce que ça reste bizarrement des sujets tabous. On a quelques connaissances, comme ça, théoriques, on sait qu'on a des cycles parce qu'on a nos règles, mais on ne s'intéresse pas forcément au fonctionnement du corps. Et la réalité, c'est qu'en phase luthéale, donc après les règles, il y a vraiment une augmentation des besoins caloriques. Pourquoi ? En fait, le corps se prépare à une éventuelle grossesse, une éventuelle fécondation, et donc il faudrait avoir des apports supplémentaires pour nourrir un éventuel fœtus, tout simplement. Donc avoir faim avant les règles, ça n'a rien d'anormal. Et souvent on dit c'est pendant mes règles. Non, en général, l'arrivée des règles vient au contraire, on va dire relâcher cette... tension, c'est comme un peu, pour le coup, une libération souvent au niveau alimentaire. Ce qui peut faire manger plus pendant les règles, ça peut être la gestion de la douleur, par exemple, de l'inconfort. Mais le vrai besoin calorique de manger plus, en général, il arrive avant. Donc ça, c'est la même chose. Soit tu le vois arriver, tu regardes, moi je conseille des applis comme Clue, C-L-U-E, d'ailleurs c'est Clue en anglais, c'est gratuit, la version gratuite suffit largement pour suivre son cycle. Tu regardes ton cycle, tu dis « Oulala, j'ai mes règles dans 3-4 jours » , t'arrêtes de te flageller, t'arrêtes de stresser pour rien, tu subis plus. Parce qu'il n'y a rien de pire dans l'alimentation émotionnelle que de subir. Tu manges parce que tu subis, tu subis ta vie, tu subis ton environnement, tu subis les autres. Il faut commencer à choisir. Et quand tu rentres dans le choix, tout change. Et la nourriture retrouve sa place qui est une place complètement secondaire. Tu vois ?
- Speaker #1
Je vois totalement. C'est une très, très bonne réponse. Donc, trop, trop cool. En vrai, je crois qu'on a abordé tout ce que je voulais aborder. En tout cas, tout ce qui m'est passé à la tête quand j'ai créé l'épisode. Est-ce que toi, il y a des choses où tu te dis, tiens, je profite d'avoir justement vraiment un public un peu différent pour passer un message ? Est-ce que tu veux ? justement, qu'il y a un thème que tu aimerais aborder dans le podcast, qu'on n'aurait pas forcément abordé.
- Speaker #0
Moi, il y a un truc. Si on peut éveiller des prises de conscience là-dessus, je serais contente.
- Speaker #1
Vas-y, vas-y, vas-y.
- Speaker #0
C'est la quête de la minceur et de la perte de poids. Honnêtement, je ne connais pas une femme à qui je parle de mon travail qui ne me dise pas « Oh là là, il faut qu'on discute. Oh là là, il faut que je te parle de ma situation, etc. » Il y a vraiment une obsession autour de la minceur. Et on ne va pas se mentir, c'est quand même... une majorité de femmes qui est concernée. On a tendance à croire que perdre du poids va nous rendre plus heureuses, va nous permettre d'atteindre des choses. Moi, j'aime juste rappeler un truc. C'est que l'humain, il a tendance à courir après des objectifs. Perdre du poids, gagner plus d'argent, s'acheter une résidence secondaire ou un bateau, j'en sais rien, trouver le prince charmant ou la princesse. La réalité, c'est que ce après quoi on court, c'est pas l'atteinte. de ce résultat ou de ce statut. C'est l'émotion qu'on projette de ressentir quand on y sera.
- Speaker #1
Totalement.
- Speaker #0
Quand je gagnerai au loto, je vais me sentir libre, indépendant. Quand je vais perdre 10, 20 kilos, je vais me sentir. Et moi, si les personnes qui nous écoutent se disent « J'ai envie de perdre du poids, vraiment. C'est le truc de ma vie. Comment y arriver ? Comment y arriver ? » J'ai envie de les inviter à se poser la question. Qu'est-ce que tu projettes de ressentir quand t'auras perdu ce poids ? Et si la réponse est, je sais pas moi, sexy, féminine, commence à intégrer ces mots dans ta vie, là, maintenant, tout de suite, sans attendre d'avoir perdu un gramme. Comment tu peux te sentir sexy et féminine ? Et ça va peut-être être un truc tout simple, comme mettre le rouge à lèvres que t'as acheté, qui est dans ton placard et que tu mets pas, te parfumer le soir avant d'aller te coucher, sortir ta paire de boucles d'oreilles fantasy. racheter des sous-vêtements à ta taille. Et en fait, paradoxalement, tu vas voir que c'est commencer à te sentir sexy et féminine qui va venir combler ce besoin, ce vide en toi et tu n'auras plus besoin de combler de la même façon avec la nourriture. Donc c'est un petit jeu, voilà, je vous invite, comment est-ce que vous avez envie de vous sentir ? Comment vous projetez de vous sentir ? Et comment est-ce qu'on peut d'une façon simple, actionnable, ça doit être une micro-action, si il faut réserver des trucs et tout, c'est trop compliqué. Comment est-ce que tu peux faire quelque chose dès aujourd'hui, ce soir, cette semaine, ce week-end, pour te sentir un peu plus sexy, féminine, aventurière, j'en sais rien, ce que tu veux. Et en vrai, on se rend compte que c'est beaucoup plus accessible et c'est ça qui vient créer ce cercle vertueux.
- Speaker #1
Amorcer la démarche de changement, quoi.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Ok, trop intéressant. Et d'ailleurs, c'est une question aussi que je voulais te poser et je vais finir par là en tout cas, je pense, et que je voulais te poser. Pourquoi c'est plus un sujet féminin ? En tout cas, ou alors il y a un tabou vraiment énorme au niveau masculin, mais bon, moi, même si maintenant je fais presque exclusivement des femmes. En coaching, j'ai coaché aussi beaucoup d'hommes. C'était vraiment très rare les fois où j'avais des hommes qui avaient ce problème d'alimentation émotionnelle, alors que chez les femmes, c'est quelque chose qui est relativement courant. Pas forcément une majorité, mais relativement courant. Comment tu expliques qu'il y a une différence comme ça ? Est-ce que tu as une théorie par rapport à ça ? En tout cas, j'ai cherché au niveau scientifique, il n'y a rien. Donc, est-ce que tu as une théorie à nous amener, toi qui es expert du domaine ?
- Speaker #0
Ma théorie, c'est déjà l'obsession pour l'apparence qui remonte à la structure patriarcale de notre société. Il n'y a pas si longtemps, les femmes n'avaient pas le droit de porter un pantalon, elles n'avaient pas le droit de voter, elles n'avaient pas le droit de travailler. Et regarde, dans certains pays, elles n'ont pas le droit d'aller à l'école, elles n'ont pas le droit de montrer leur visage. Donc, il y a quand même, on va dire, un avilissement des femmes par... le contrôle de leur apparence. Et ça, c'est très ancien, c'est plus ancien que nous. Ça continue de se perpétrer aujourd'hui avec cette obsession de la minceur, la minceur étant associée à la jeunesse, la beauté, le succès. Donc, clairement, il y a ça. Après, il y a l'approche comportementale aussi. Mine de rien, il y a un truc de genre. Moi, je suis convaincue que les hommes et les femmes, on n'est pas fait pareil. Ah bah, je suis convaincue. Oui, on m'a dit que les hommes, on n'est pas fait pareil. Alors, je sais qu'on lutte beaucoup sur l'égalité, sur la répartition des tâches, etc. Et c'est des évolutions majeures et importantes. Mais j'ai envie de dire, c'est la femme qui continue de porter les enfants. Il y a une réalité, pour moi, biologique, biochimique aussi, qui fait qu'on a un enclin naturel à prendre soin d'eux. Sauf que parfois, c'est un peu poussé à l'extrême. Quand tu agrandis avec une mère qui se sacrifiait, moi j'en ai dans mon groupe, et elle continue de faire comme sa mère, c'est-à-dire, s'il y a cinq steaks pour sa famille, elle va prendre le plus petit. Ou s'il n'y en a plus, elle n'en prendra pas. Elle va servir les autres avant elle. Il y a ce côté un petit peu sacrificiel, quand même, qui a tendance, je pense, à se perpétrer. Et tu vois, aujourd'hui, les réseaux sociaux, ça n'aide pas à inverser la tendance. C'est marrant, ça me fait penser à une étude, ça m'a mis un peu un coup de massue, mais au moins ça ouvre les yeux, que j'avais vue sur les hommes et les femmes. On a pris un groupe d'hommes et un groupe de femmes. Un groupe d'hommes avec différents âges, un groupe de femmes avec différents âges. On a montré aux hommes... des photos de femmes et on leur a demandé quelles étaient les femmes qui les attiraient le plus. Et on a fait la même chose avec les femmes, on leur a montré des photos d'hommes, on leur a demandé quels étaient les hommes qui leur plaisaient le plus. Et en fait, ce qui est ressorti de cette étude, c'est que les hommes, plus ils vieillissent, plus en fait ils sont attirés par des femmes jeunes. Alors que les femmes, elles vieillissent et elles sont progressivement attirées par des hommes qui se rapprochent en termes d'âge. de leur tranche d'âge. Alors, comme on peut l'expliquer, ça pourrait être un truc de survie de l'espèce. Moi, c'est ça que je voulais savoir. Il continue de chercher à se reproduire et effectivement, s'accoupler avec une femme jeune, c'est plus de chance d'aller vers la reproduction. Donc, ce serait un mécanisme de survie de l'espèce. Après, on ne va pas se mentir, pour la jante féminine, ce n'est pas évident parce que comment tu interprètes ce message ? Et aujourd'hui, tu vois tellement d'acteurs, je pense à, ou de célébrités, Vincent Cassel ou David Guetta, bon, ils ont 60 ans et plus et ils sont avec des jeunes femmes de 25 ans. Donc tu vois, il y a aussi mine de rien, je ne sais pas si c'est une réalité biochimique, qui fait qu'il y a quand même un narratif. qui peut avoir tendance à se mettre en place, de se dire, en fait, si je grossis et je vieillis, parce que ça va ensemble, je ne suis plus désirable, je n'ai plus ma place dans cette société, je vais être mise à l'écart. Et l'humain, il n'a pas envie de ça. Il a envie de faire partie du groupe parce que c'est aussi un réflexe de survie. Faire partie du groupe, être accepté, c'est ça qui te permet de survivre. Quand on était nomades, si tu étais mis à l'écart... tu mourrais.
- Speaker #1
Totalement, mais du coup, pourquoi les femmes qui mangent de manière émotionnelle vont à l'inverse de ce schéma, puisqu'elles ont aussi besoin de survivre, et du coup, se conformer à ce que tu dis, et du coup, pourquoi il y en a qui prennent le chemin opposé, puisque finalement, de manger de manière compulsif, si on suit ce raisonnement, ça va à l'inverse de la survie. Donc, pourquoi il y en a qui vont dans ce schéma-là ? C'est intéressant.
- Speaker #0
Parce que par rapport à la bouffe, tes émotions auront toujours le pas sur la rationalité.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Tes émotions, elles n'en ont rien à foutre de la rationalité. Elles n'ont rien à foutre que tu vas grossir en mangeant tout le paquet de gâteaux. Tes émotions, elles ont besoin d'être sécurisées. Ça montre à quel point, au final, c'est le corps qui décide. Donc c'est pour ça que ce qu'il faut, c'est commencer par sécuriser le corps. Dans ces moments-là, tu n'as pas envie de méditer, tu n'as pas envie de respirer, tu as juste envie de bouffer. Et là, j'ai envie de dire, c'est presque trop tard. C'est pour ça qu'on doit apprendre. à désamorcer les situations, et donc à être alignées avec nous-mêmes, à affirmer notre voix, notre voix mérite d'être entendue, mais pour être entendue, il faut qu'on soit capable de l'exprimer. Donc tu vois, il faut aussi prendre conscience, pourquoi les femmes se retrouvent là-dedans, on parle de charge mentale, etc. Moi, je les engueule parfois, parce que je les coach pour qu'elles y arrivent, et pour qu'elles y arrivent, parfois je leur dis des choses qui ne leur font pas plaisir. Et là, typiquement, je peux leur dire, mais là, t'es complice ! de la dynamique dysfonctionnelle avec tes parents ou avec ton mari ? Quand tu ne demandes pas, quand tu râles avec tes petits points serrés et que tu vas bouffer ton paquet de gâteaux, est-ce que ça change la situation ? Est-ce qu'il va ramasser ses chaussettes quand tu fais ça ? Non ? Tu vois ? Donc, les femmes aussi ont tendance à être complices de ces relations dysfonctionnelles et elles pensent qu'elles sont piégées et qu'elles n'ont pas le choix. Donc, se remettre dans la posture de pouvoir et de choix, ça change tout. Donc, c'est ça, en fait, que les femmes doivent apprendre. Ce n'est pas ne plus s'occuper des autres. Ce n'est pas ça. C'est être capable que tu peux t'occuper des autres et tu peux aussi te respecter et mettre des limites. Tu n'as pas à choisir. C'est une réconciliation.
- Speaker #1
Eh bien, écoute, c'est trop, trop cool. Et d'ailleurs, je pense que comme tu l'as dit, on a ouvert beaucoup de pistes s'il y a certaines personnes qui veulent aller plus loin sur les pistes que tu as ouvertes puisque ça a résonné en eux comment on fait pour te suivre comment on fait pour en apprendre un maximum sur ton travail dis nous un petit peu comment on peut continuer le
- Speaker #0
discours en t'écoutant si vous avez envie d'écouter plus de choses sur le sujet des réflexions courtes Je pense que la porte d'entrée la plus simple, c'est le podcast Kilo émotionnel. Si vous êtes là, c'est qu'a priori vous aimez les podcasts. Donc voilà, c'est des épisodes courts de 15-20 minutes qui viennent couvrir tous les aspects de l'alimentation émotionnelle, manger en cachette, les relations avec les autres, les narratifs passés, les croyances, l'autosabotage, le sommeil, etc. À la fin, la satiété. Donc voilà, il y a près de 130 épisodes, peut-être même plus. qui sont disponibles gratuitement sur toutes les plateformes. Et voilà. Et si vous avez envie d'en savoir plus sur les programmes, vous trouverez le chemin. Je suis facile à trouver sur Instagram et sur le web.
- Speaker #1
OK. Écoute, top. Encore merci infiniment, Joanne, d'être venue aujourd'hui nous partager ton expertise. Et puis, j'espère qu'on se recroisera un de ces quatre.
- Speaker #0
Avec grand plaisir. Merci encore pour l'invitation.
- Speaker #1
Merci à toi. Donc, voilà. J'ai vraiment adoré te faire ce podcast avec Johan, mais avant qu'on se quitte et que je te dise à la semaine prochaine, du coup pour un épisode qui sera très certainement en solo, eh bien je voulais te dire que si tu es une femme depuis 30 ans et que justement tu as une démarche de perte de poids et que tu es un petit peu bloqué dans ta situation actuellement, eh bien sache que j'ai conçu une méthode qui s'appelle Metabolic Boost, une méthode d'accompagnement où je vais t'accompagner pour te permettre d'arriver de ta situation actuelle à ton poids de forme d'ici les prochains mois. Donc, si tu es une femme depuis 30 ans, que ça fait peut-être 5, 10, 15 ans que tu as bloqué un poids et que tu n'arrives pas peut-être à retomber à ton poids de forme, que tu faisais peut-être avant une grossesse ou avant que ta vie s'accélère un petit peu, eh bien, ce que tu peux faire, c'est te faire accompagner. Puisqu'il y a de très fortes chances pour que tu fasses tout un tas de petites erreurs dans ton quotidien et pas uniquement sur l'aspect sport et nutrition, mais vraiment de manière globale, de manière holistique. peut-être que Il y a des choses à améliorer au niveau de ton sommeil, au niveau de comment tu bouges au quotidien, au niveau de comment tu manges, comment tu t'entraînes, etc. Et du coup, tu as besoin vraiment d'une approche globale pour te permettre de retomber à ce poids de forme que tu faisais il y a 5, 10, 15 ans. Donc, si ça t'intéresse de te faire accompagner pour ce changement de style de vie, pas seulement d'un point de vue nutrition, mais vraiment d'un point de vue global, eh bien, je te laisse aller checker directement en description. Tu verras, il y a un petit lien qui redirige vers ce que je propose en termes de coaching. Donc n'hésite pas pour aller... voir ce que je propose avec ma méthode Metabolic Boost. Donc, c'était en tous les cas un plaisir de te parler aujourd'hui et c'était un plaisir aussi pour Johan. Et on se retrouve quant à moi dimanche prochain à midi pour un prochain épisode sur l'espoir et la nutrition. Joyeux sportif à tes gens !