- Speaker #0
Le médecin généraliste doit-il simplement orienter ses patients vers les spécialistes ou peut-il redevenir un véritable omnipraticien capable de réaliser de nombreux actes techniques en cabinet ? Aujourd'hui, on va parler d'une question simple mais fondamentale pour notre métier. Jusqu'où peut aller la polyvalence du médecin généraliste ? Pour en discuter, j'ai le plaisir d'accueillir Hichem Oufrid. Il est interne en médecine générale. Il s'est plutôt passionné pour cette dimension polyvalente du métier. et il a appris à réaliser lui-même de très nombreux actes techniques qu'il documente sur ses réseaux. Geste esthétique, dermatologique, petite chirurgie et même échographie. Avec lui, on va discuter d'une question centrale. Est-ce qu'un médecin généraliste peut vraiment tout faire ? Salut Hichem !
- Speaker #1
Salut Mathieu, merci beaucoup pour l'invitation. Comme je te disais juste avant, c'est un honneur d'être sur ce format que je suis depuis un moment.
- Speaker #0
C'est super sympa de ta part et c'est moi qui suis très content de te recevoir parce que j'ai plein de questions à te poser. Je te suis sur les réseaux, notamment sur ton compte TikTok, parce que tu documentes ta passion pour notre spécialité, avec notamment tous les gestes techniques que tu réalises. Et moi, je trouve ça absolument passionnant. Et je crois que cette passion, ça t'est venu d'un stage chez un médecin généraliste, en l'occurrence le docteur Donati dont tu m'as parlé. Est-ce que tu peux me parler de ça ? Qu'est-ce qui t'a marqué dans ce stage, dans cette pratique ? Et comment ça t'a influencé dans ta carrière de généraliste ?
- Speaker #1
Alors... Alors effectivement, le stage chez le Dr Donati, qui est médecin généraliste et médecin du sport en région de Toulousaine, ça a été un tournant et ça a été pour moi une révélation. Parce qu'en fait, j'ai toujours voulu faire de la médecine générale depuis que je suis tout petit. Et puis pendant mes études, on m'en a un peu dissuadé parce que la spécialité peut avoir parfois mauvaise réputation. On qualifie les généralistes de renouveleurs de Doliprane, de prescripteurs de Doliprane et de renouveleurs d'ordonnances. Donc ça, ça m'a un peu refroidi. Du coup, je savais que ce stage chez le praticien qui est obligatoire, il allait être décisif pour moi. Et donc du coup, moi j'adore les gestes, j'adore la technique. J'ai recherché un généraliste sur Doctolib qui faisait des gestes, qui faisait de l'échographie, qui faisait des biopsies en dermatologie, qui faisait plein de choses. Et donc du coup, je suis tombé sur ce médecin. Je me suis assuré qu'il était maître de stage, c'est le cas. Et je lui ai demandé si je pouvais venir me former chez lui. Et donc, je suis allé en stage chez lui et ça a été un énorme coup de cœur. Ça a vraiment confirmé ma vocation. à partir de ce stage là j'avais la certitude que c'était ça que je voulais faire de la médecine générale mais de la médecine générale comme docteur de médecine trop bien c'était quoi ton stage chez lui ? c'était en 4ème année de médecine et là t'es en quelle année ?
- Speaker #0
là je suis en 1ère année d'internat en 1er semestre ok excellent c'est fascinant c'est marrant j'ai la même expérience que toi moi j'ai fait un stage chez un généraliste au cabinet et c'est lui qui m'a donné la passion de ce métier alors que Merci. effectivement, moi aussi, on ne m'avait pas déconseillé, mais la médecine générale n'a pas forcément la meilleure des réputations.
- Speaker #1
Non, effectivement. Puis en fait, la particularité de la médecine générale, c'est qu'il y a autant de pratiques que de praticiens. Et donc, du coup, on peut se retrouver chez un généraliste qui ne fait que du renouvellement d'ordonnances ou des courriers pour les spécialistes. Et donc, du coup, on peut avoir cette vision-là de la médecine et être facilement dégoûté de la médecine. Pour nous, visiblement, ça a été le contraire.
- Speaker #0
Exactement. Et quand tu dis qu'un généraliste peut tout faire, concrètement ça veut dire quoi ? est-ce qu'il peut vraiment tout faire, tout coter ?
- Speaker #1
alors d'après le code de santé publique un médecin est habilité à faire tout geste pour lequel il est formé bien sûr il y a des limites tu te doutes bien c'est compliqué d'aller faire des gestes qui sont sous anesthésie générale et qui nécessitent un plateau technique du coup je dirais que les limites des gestes qu'on peut faire en tant que généraliste ça va être tout ce qui ne nécessite pas de plateau technique lourd, donc tout ce qui peut être fait en ambulatoire et tout ce que l'on peut justifier par une formation accessible pour un généraliste Merci.
- Speaker #0
Exactement. Et je crois qu'il faut justifier une formation et s'assurer pour ça. Il faut demander à son assureur RCP de s'assurer pour les gestes qu'on a envie de faire. Mais tu l'as très bien rappelé, en théorie, on peut tout faire. Et j'avais même cru comprendre qu'on pouvait faire des charges relativement lourdes. Toi, par exemple, tu fais, même j'ai remarqué, des gestes de petite chirurgie.
- Speaker #1
Oui, complètement. Moi, je fais des chirurgies ambulatoires. En fait, je suis en stage dans les Pyrénées-Orientales. C'est une région où il y a énormément d'expositions au soleil avec des personnes qui sont un phototype assez clair. Et donc, du coup, il y a une demande en dermatologie qui est énorme avec très peu de dermatologues qui font des actes. On en reparlera tout à l'heure, mais moi, j'ai une pensée. Une idée, c'est qu'on ne manque pas de spécialistes, on manque juste de médecins généralistes polyvalents et de médecins généralistes formaux aux actes. Et donc, du coup... J'ai appris avec le docteur Donati à faire ce type d'actes, donc les biopsies dermatologiques, le dépistage des lésions cancéreuses en dermatologie. Et du coup, je mets ça en pratique en stage. Et donc effectivement, je fais des biopsies. Quand on fait des biopsies, souvent, il faut des marges. Et donc du coup... L'idée, c'est quand même de pouvoir refermer la peau avec le minimum de tension. Et pour ça, on est obligé d'utiliser des techniques de plastique. Et donc, c'est des techniques de plastique que j'ai apprises en stage de dermatologie à l'hôpital à Toulouse. Et du coup, effectivement, je m'en pratique ces connaissances-là. Et je suis à même de faire ces actes au cabinet, en ambulatoire. Et ça rend un grand service aux gens parce qu'en fait, ils n'ont pas de dermatologue, tout simplement. C'est même pas comme s'ils devaient attendre un an pour avoir un dermatologue. C'est juste qu'ils n'ont pas du tout de dermatologue. Ils sont obligés de faire la route.
- Speaker #0
J'ai vu que tu étais passionné de dermatologie, tu en parles beaucoup, tu montres tes bouquins. Et ça, ça devient d'où la passion de la dermatologie ?
- Speaker #1
En partie par le docteur Donati et il y a aussi un autre homme qui m'a inspiré. C'est un professeur, je ne sais pas si je peux dire son nom, qui est à la retraite. Un ancien dermatologue toulousain, professeur de Bagui, qui est à la retraite. Mais à l'époque où j'étais en stage en dermatologie, moi à l'hôpital, il venait pour former les chefs de clinique assistants à la chirurgie dermatologique. Et donc, du coup, je me suis formé un peu avec lui. Il a écrit un livre. Donc, j'ai acheté son bouquin, je l'ai lu et j'ai appris pas mal de choses avec lui. C'était ça tous les mardis matin. On faisait ça et donc, du coup, ça a renforcé ma passion pour la dermatologie. C'est vrai que je montre beaucoup de dermatologie en ce moment parce que c'est ce que je fais en ce moment. Comme je t'ai dit, je suis dans les Pyrénées-Orientales. Il y a énormément de demandes. Du coup, j'y réponds. Mais je suis tout autant passionné par d'autres champs de la médecine. Moi, j'ai cette... Je pense que la médecine... je trouve que c'est une erreur de cloisonner la médecine en spécialité. Moi, j'aime la médecine en général. Et donc, du coup, en ce moment, c'est la dermatologie. Mais j'adore la psychiatrie, j'adore la rhumato. J'aime tous les champs de la médecine. Il n'y en a pas un que je préfère plus que d'autres.
- Speaker #0
Excellent, c'est un plaisir de parler avec toi. J'ai l'impression que tu es animé comme moi d'une passion de connaissance. Ça fait super plaisir. On a l'impression que tu as kiffé tes études aussi, ce qui est relativement rare dans notre métier. Et franchement, c'est un plaisir et j'aime. Du coup, qu'est-ce que tu fais d'autre ? Tu fais des actes de... chirurgie, de dermato ? Qu'est-ce que tu pratiques d'autre comme acte ?
- Speaker #1
Je fais pas mal d'infiltrations aussi parce qu'on a beaucoup de demandes pour des pathologies osteoarticulaires. Et donc du coup, je fais des infiltrations que ce soit corticoïdes ou acides hyaluroniques qui sont un peu conventionnels, mais aussi PRP, plasma riche en plaquettes, que j'ai appris en médecine du sport avec le docteur Donati, qui a des indications en esthétique et en rhumatologie. Je fais ces actes aussi et je me forme à tous les actes qu'il est possible de faire. C'est vrai qu'en ce moment, je fais beaucoup d'hermatologie. Comme je te l'ai dit, il y a beaucoup de demandes. Il y a une multitude de gestes qui sont relativement simples et accessibles en ambulatoire avec juste une anesthésie locale. C'est assez simple. Là, j'ai vocation à me former en écochirurgie pour prendre en charge. Je pense qu'avec l'innovation, on va avoir de plus en plus accès à des gestes, des opérations, des interventions. On va avoir des solutions thérapeutiques. qui nécessitait jusque là un gros plateau technique. Je vous donne un exemple concret. Il y a quelques années, le canal carpien, ça s'opérait uniquement sous anesthésie générale, où on faisait une incision classiquement. Et là, maintenant, de plus en plus, on fait des chirurgies mini-invasives sous échographie, où on fait une incision à l'aiguille, où on passe un crochet. Et donc, du coup, on n'a plus besoin d'anesthésie générale, on n'a plus besoin d'un gros plateau technique. On a juste besoin d'un plateau ambulatoire. Et ça se fait simplement. Les suites de l'opération sont très simples. Et donc, du coup, j'aimerais bien me former à ce genre de geste. à tous les gestes en rheumatologie, j'ai cité le canal carpien, il y a aussi le lacertus fibrosus, la compression d'une aire dans le canal de Guillon, le névrome de Morton, plein de pathologies qui peuvent être prises en charge en ambulatoire et dont les thérapeutiques sont permises par l'innovation et notamment par l'échographie. Parce qu'on a des échographies de plus en plus performantes avec des résolutions de mieux en mieux et donc ça ouvre les champs des thérapeutiques, du diagnostic mais aussi des thérapeutiques.
- Speaker #0
Et j'ai vu que tu avais aussi un petit échographe portable et que tu pratiquais aussi des échos.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Donc tu as appris à... J'ai beaucoup appris l'échographie avec le docteur Donati. Donc vraiment, je reste avec lui jusqu'à parfois 22h, 23h. C'est passionnant, il m'a énormément transmis. Et j'en suis très reconnaissant d'ailleurs, il m'a transmis quasiment tout ce que je sais aujourd'hui. Et je fais le DU, le Diplôme Interuniversitaire d'Échographie Clinique en médecine polyvalente également. Et donc du coup, j'ai cette formation à côté et ça me permet de mettre en pratique. en même temps de valider la formation.
- Speaker #0
Magnifique Hichem. C'est quoi selon toi les actes indispensables, ceux qui te semblent importants à apprendre pour tous nos confrères, qu'on devrait maîtriser en cabinet ces prochaines années ?
- Speaker #1
Alors déjà, il y a tout ce qui relève de l'urgence, parce que je pense que c'est quand même assez fréquent d'avoir un arrêt cardiaque dans son cabinet, et donc les prises en charge des urgences vitales, pour moi, c'est indispensable. Alors je pense aux gestes comme l'intubation, même si c'est discutable dans la prise en charge à la phase initiale, Ce n'est pas le plus urgent. Le plus urgent, c'est le massage cardiaque. Et ensuite, initier les drogues. Je pense que tout le monde devrait savoir le faire. Poser une voie veineuse périphérique, initier les drogues. Tout ce qui relève de l'urgence, c'est indispensable. Et ensuite, la chance qu'on a en médecine générale, c'est de pouvoir orienter sa pratique. On peut tout faire, mais on n'est pas obligé de tout faire. Et selon moi, on ne doit pas tout faire. Mais par contre, ça peut être intéressant de se former aux gestes pour lesquels il y a une demande, avec une pénurie de spécialistes, et pour lesquels il y a une demande dans le territoire dans lequel on est, et pour lequel on a de l'attrait, parce que c'est quand même mieux d'apprendre des choses qu'on aime bien. J'ai un exemple, c'est par exemple, dans le cadre d'un début, j'ai rencontré un médecin qui fait pareil énormément de choses. C'est dans la même... L'indirectrice, comme le docteur Donati, c'est vraiment des médecins à l'ancienne qui font un peu tout. Il m'a expliqué, il donnait un cours sur la flébectomie ambulatoire. Et il m'a expliqué que ça, effectivement, vous pouvez le faire au cabinet de médecine générale. Et donc ça, c'est super, c'est passionnant. Je t'explique comment ça se passe rapidement. On choisit la veine qui est pathologique qu'on décide de retirer. On la repère à l'échographie. On met des aiguilles tout le long pour repérer son trajet. On brûle la partie proximale de la veine. Et ensuite, on retire les aiguilles et on met un crochet dans les petits trous qu'on a fait au niveau des aiguilles pour retirer la veine. Et on coupe portion par portion au ciseau. Et du coup, on retire la veine complètement, la veine qui est malade. Et ça se fait en ambulatoire avec une anesthésie loco-régionale la plupart du temps. Et les essuies sont très simples. Ensuite, on fait un bandage et on laisse rentrer le patient. Ça prend une petite heure. Donc, c'est des choses qu'on peut faire en cabinet. Et lui, il me l'a affirmé. Il est généraliste aussi. Il m'a affirmé qu'on pouvait faire ce genre de choses.
- Speaker #0
C'est incroyable, c'est fascinant, dis donc. Et moi, je réalise beaucoup de gestes sous échographie, des gestes plutôt osteoarticulaires. Et j'ai remarqué que tu as quand même une courbe d'apprentissage. Pour être bon, il faut en faire et en faire et en refaire. Il faut en pratiquer des centaines et des centaines. Donc, il faut se lancer. Mieux vaut fait que parfait. Il faut se lancer, il faut en faire, etc. Et sauf que si tu veux être très bon dans un domaine, ce qui est quand même cool, tu vas être obligé de faire beaucoup de fois le même geste. et donc d'avoir un recrutement très restreint. Et donc du coup, est-ce qu'on ne risque pas d'oublier ce qu'on faisait avant, d'oublier notre polyvalence ? Est-ce qu'on peut être bon vraiment, véritablement partout et être spécialiste de chaque petit geste, etc. ? C'est quoi ta philosophie là-dessus ?
- Speaker #1
Alors, je vais répondre à ta question. Je ne sais pas si on peut être bon partout. Moi, ce n'est pas ce à quoi j'ai vocation. En tout cas, je vais faire le maximum. Les médecins qui m'ont formé, par exemple le docteur Donati, j'ai l'impression qu'il est bon partout. À quel prix ? Voilà, il est en. permanence en train de se former, il approche l'âge de la retraite et il continue de rentrer chez lui et bûcher le soir sur les cours d'échographie il m'a demandé mes cours d'échographie pour voir s'il était à jour donc c'est des personnes qui travaillent énormément mais parce qu'elles sont passionnées donc c'est pas une charge en fait, c'est un plaisir et donc il y a des gens comme ça qui sont bons partout et sinon je vais te poser une autre question est-ce qu'il y a besoin d'être bon partout ? est-ce qu'il y a besoin d'être excellent partout ? je pense qu'on n'a pas besoin d'être le meilleur dans tous les domaines il suffit d'avoir un peu de connaissance On n'a pas besoin d'arriver au niveau des spécialistes qui font que ça, mais il suffit d'avoir un peu de connaissances pour être en mesure de traiter 95% des situations. Et c'est ça pour moi la médecine de premier recours. Et ensuite, les 5% de situations pour lesquelles on n'est pas capable d'apporter une présence en recherche satisfaisante, qui vont relever de la spécialité, il faut savoir déléguer aussi et connaître ses limites. Donc non, on n'est pas obligé d'être bon partout, par contre il faut connaître ses limites.
- Speaker #0
Je suis entièrement d'accord avec toi. j'ai remarqué que plus tu fouillais un sujet, plus... tu devenais bon là-dedans, mais ça enrichissait aussi ton scope macroscopique de la médecine et tu t'apprenais aussi des choses. Plus tu fouilles un sujet de façon très pointue, plus tu as une vision globale de ton métier. Et effectivement, ça te permet d'avoir une meilleure gamme diagnostique et puis surtout de savoir reconnaître plus de situations et puis de mieux les adresser également. Parce que quand tu te formes, tu arrives à déceler des choses un peu rares et tu connais, comme tu dis, tes limites. Et tu peux les adresser à quelqu'un de plus fort que toi parce que On est une spécialité où il y a toujours quelqu'un de plus fort que nous, en fait, dans n'importe quel petit domaine.
- Speaker #1
Ah ouais, complètement, je suis complètement d'accord.
- Speaker #0
C'est fascinant, Hichem. Tu fais des échographies tous les jours quand t'es en stage ?
- Speaker #1
Oui, ouais, quasiment.
- Speaker #0
Tu fais quoi comme type d'écho ?
- Speaker #1
À peu près tout, donc du digestif, abdominopelvien, du cardiaque, mais la vocation, c'est de répondre à une question précise. Donc c'est de l'échographie clinique, c'est pas vraiment une échographie descriptive de cardiologue. Pour l'échographie cardiaque, je fais de l'échographie ostéo-articulaire. pas mal. Je fais de l'échographie, enfin, osteoarticulaire et musculosquelettique, avec pas mal de traumas tôt. Donc, je fais de l'échographie gynéco, un petit peu, pas du tout d'obstétrique, parce que je suis pas formé à ça, et ça fait pas partie de ma formation, mais voilà, je touche un peu à tout. Je fais l'échographie vasculaire également, pas mal, ça m'arrive. Et voilà.
- Speaker #0
Wow, t'as une gamme impressionnante. Impressionnante, je te remercie. Et de beaucoup.
- Speaker #1
L'idée, ce n'est pas de faire une échographie morphologique, descriptive, où je vais aller m'amuser à faire du fluide nojou thyroïdien. C'est vraiment de répondre à une question clinique. Par exemple, j'ai un patient qui est dyspnéique, j'ai une auscultation. qui est un peu bâtarde, c'est-à-dire avec des crépitants, mais j'ai du mal à faire la part des choses entre une cause cardiaque et une cause infectieuse. Surtout si il y a une personne âgée qui n'a pas de fièvre, dans ce cas, je vais utiliser l'échographie pour faire une estimation de la FEVG du cœur, par exemple, pour répondre à ma question est-ce que la dyspnée est d'origine cardiaque ou infectieuse ? C'est vraiment pour répondre à une question précise à chaque fois. Par exemple, j'ai une douleur abdominale, je suspecte une colique néphritique ou mycopathique, et là, je vais me servir de l'échographe pour m'orienter et répondre à cette question-là.
- Speaker #0
Ouais, tout à fait. Est-ce que tu cotes ces examens ?
- Speaker #1
Non, la plupart du temps, parce que mes maîtres de stage, enfin non, en fait non, parce que mes maîtres de stage ne sont pas formés à l'échographie actuelle. Par contre, quand je les fais avec le docteur Donati, chez qui je vais me former toujours, parfois le samedi, il ouvre des créneaux de consultation pour que je puisse venir apprendre avec lui. Là, on les cote parce que si moi je la fais mal, il est capable de prendre la main et de proposer un examen convenable. Donc avec le docteur Donatioubi, avec mes maîtres de stage qui sont pas formés non.
- Speaker #0
Excellent. Et tu soulignes quelque chose de hyper important, qui est le sel de notre métier, c'est l'artisanat. C'est-à-dire qu'on est des artisans et on peut apprendre que lorsque quelqu'un nous montre... Alors maintenant, certes, il y a des formations en ligne, il y a des formats digitaux, etc. Mais ça reste un artisanat. Il faut que quelqu'un te montre. Et ça souligne l'importance d'oser avoir le courage, comme tu fais, de taper aux portes, de tirer par la blouse. et de demander aux gens, ok, est-ce que tu peux montrer comment tu fais ? Et en fait, dans notre métier, il y a cette tradition-là de partage et d'artisanat. Donc, il ne faut absolument pas hésiter à demander aux confrères, aux consoeurs plus expérimentés de passer une tête dans leur cabinet et qu'ils nous montrent en pratique comment faire. C'est comme ça qu'on gagne de la confiance aussi. Super Hichem, écoute, je te remercie infiniment. On voit qu'il existe aujourd'hui de nombreuses possibilités pour développer la polyvalence de notre métier. Si cet épisode vous plaît, vous pouvez vous abonner à ce podcast sur votre plateforme d'écoute. préférés. Et puis si vous voulez à présent prendre une petite minute pour me mettre 5 étoiles et un avis sympa en commentaire, ça aide beaucoup pour référencer ce podcast. On se retrouve dans la deuxième partie de notre entretien. Je vous propose qu'on aborde ensemble le côté pratique, comment faire pour se former, pratiquer et coter des actes techniques au cabinet. A tout à l'heure HM.