Speaker #0Super Docteur, c'est le podcast des médecins généralistes. Le podcast qui vous transmet les recommandations de bonne pratique et les résultats des grandes études qui vont changer vos habitudes. Super Docteur, c'est la découverte de méthodes de soins innovantes et des interviews de soignants inspirants qui boosteront votre motivation. Un contenu court et pratique, chaque semaine, pour tous les médecins. Bonjour à tous et bienvenue dans Superdocteur. Dans le premier épisode de cette mini-série consacrée au livre de Victoria Sweet intitulé Slow Medicine, j'ai essayé de vous présenter l'histoire et l'origine de ce mouvement et de définir ce qu'était la Slow Medicine à travers les éléments de l'ouvrage de Victoria Sweet. On a un petit peu parlé de l'auteur, de la philosophie de la Slow Medicine, et je vous propose dans ce deuxième épisode de parler des avantages de ce mouvement et de ses principes au quotidien au cabinet de médecine générale. Comme toujours, si ce contenu vous plaît, je vous invite à vous abonner, à en parler à vos confrères, ou à me laisser un avis et une note de 5 étoiles sur vos applications. Bonne écoute ! On va passer à la quatrième partie, et les avantages de la slow medicine. Alors pourquoi s'intéresser à la slow medicine ? On peut se dire, la médecine ça marche très bien, on arrive à soigner les gens. Et bien, vous savez que beaucoup de soignants pensent que c'est faux. Il y a énormément de choses qu'on fait de façon grandiose, on arrive à... guérir des choses, on arrive à guérir des maladies, qu'on arrive à sauver la vie des gens littéralement qui sont en train de mourir devant nous. Il y a plein de choses qui sont extrêmement bénéfiques dans cette médecine et on se rend compte aujourd'hui qu'on a de plus en plus de mal à s'occuper des patients qui souffrent de maladies chroniques, de douleurs chroniques, de maladies auto-immunes, inflammatoires, de cancers, de diabète, ce genre de pathologies. La slow médecine, ça permet d'améliorer la prise en charge des patients parce qu'on fait de meilleurs diagnostics. Le temps supplémentaire passé avec les patients, ça conduit à des diagnostics plus précis, parce que le médecin peut collecter des informations plus détaillées sur les symptômes et le contexte de vie du patient. C'est vraiment la médecine clinique, et il est évident que quand on prend le temps de se plonger dans les dossiers, dans l'histoire et dans l'examen clinique des gens, on améliore nos diagnostics, c'est évident. Merci. La slow-medicine, ça permet de renforcer la relation entre le médecin et son patient. Les consultations plus longues et plus attentives peuvent améliorer la confiance et la satisfaction des patients. Énormément d'études le prouvent et ce sont des éléments cruciaux pour une relation thérapeutique efficace. Les patients nous le demandent, ils en ont besoin. Et vous savez bien que lorsqu'on est soi-même malade, tout le monde a envie d'un médecin, d'un soignant qui prend le temps de bien faire son travail. C'est la définition de la slow-medicine. Cette philosophie, ça permet de réduire les erreurs médicales. Une approche moins précipitée peut diminuer les risques d'erreurs et de malentendus, ce qui est souvent le résultat de consultations rapides et superficielles. Et enfin, les avantages de la slow-medicine, ils sont innombrables, on y reviendra, mais c'est aussi de réduire la prescription de médicaments et d'examens complémentaires inutiles. Vous connaissez les dangers de la hiatrogénie. en se recentrant Sur la clinique, on prescrit moins, voire même on déprescrit et on évite plein de problèmes de iatrogénie. Sur le long terme, les avantages de la slow médecine, en étant moins pressé, ça permet de mieux ajuster les traitements au fil du temps et de répondre de manière plus adaptée aux évolutions de l'état de santé de nos patients. Ça permet de rectifier des erreurs qui traînent dans les dossiers médicaux, des antécédents marqués qui ne sont pas... plus actuelles, des maladies passées qui sont guéries, etc. Ça permet évidemment de faire de la prévention, en passant du temps avec les patients, on peut faire de la prévention, de l'hygiène de vie et de l'éducation. On peut apprendre comment se servir de telle ou telle procédure, tel ou tel médicament, apprendre quelles sont les complications, quelles sont les surveillances que le patient peut lui-même entreprendre pour se soigner lui-même. C'est évident et ça permet donc de gérer les maladies chroniques. Dans ces maladies chroniques, tout le monde sait que l'écoute et le temps sont essentiels pour comprendre et adapter les soins aux besoins évolutifs. On arrive à la cinquième partie. Quels sont les principes de la slow medicine au quotidien ? Comment inclure dès à présent, pour vous, demain au cabinet, les principes de la slow medicine ? Tout d'abord, l'auteur Victoria Sweet insiste sur le fait qu'elle mixe La fast et la slow medicine. Il ne faut absolument pas rejeter tous les bienfaits de la médecine fast. Les examens complémentaires, les PET scans, les anapathes, les choses complexes, coûteuses, peuvent sauver des vies. Elles peuvent être indispensables. Il faut savoir les utiliser. Cependant, il faut savoir aussi leur limiter. et connaître à quel moment il faut ralentir, prendre le temps, se replonger dans des détails plus importants. Donc c'est un mélange à entreprendre et qu'on peut appliquer au quotidien. La slow medicine, c'est prendre ses responsabilités. C'est assumer son rôle de médecin, assumer ses diagnostics, ses erreurs, ses succès et ses échecs. Dans le livre, Victoria Sweet décrit une scène où elle se retrouve seule dans un hélicoptère qui ressemble à un hélicoptère du Samu avec un patient en arrêt cardiaque. Et en fait, c'est le premier moment de sa vie où elle décide, toute seule, d'injecter de la tropine en l'occurrence, pour ressusciter le patient en arrêt cardiaque dans l'hélicoptère avec elle. Et elle décrit bien ce moment où elle est seule à bord. C'est un gros game changer pour elle, où jusqu'à présent elle était étudiante, elle était junior, elle avait toujours délégué sa responsabilité. Elle décrit bien ce gap où, dans cet hélicoptère, ce jour, avec ce patient, le pilote l'a regardé, le patient n'était pas bien, elle a décidé de prendre sa responsabilité et d'infiltrer cette ampoule d'atropine. Elle n'était pas sûre de son coup, bon, heureusement, ça a marché, mais ce qu'elle décrit, c'est que la snowmédecine, c'est prendre ses responsabilités, il faut assumer le rôle, il faut expliquer les choses clairement. Il faut faire des diagnostics, il faut les assumer, il faut les rectifier si on se trompe, il faut communiquer si on a fait une erreur, mais c'est être droit dans ses bottes et puis assumer ce que l'on dit et ce que l'on fait. La slow medicine, c'est peut-être demain revoir le temps de consultation. Vous avez peut-être comme moi des consultations qui peuvent être parfois très courtes. Je pense qu'il est important, par moment, de les rallonger parce que c'est nécessaire. Vous savez, certains patients ne peuvent pas se contenter de quelques minutes parce qu'on ne ferait pas du bon travail. On n'arrive pas à faire un bon diagnostic, on ne se replonge pas dans le dossier, personne n'est content. Et revoir un temps de consultation, au moins occasionnel, au moins pour certains patients, me semble important. Discuter. de l'importance d'allonger vos consultations pour permettre une écoute plus approfondie et une meilleure compréhension de vos patients. C'est aussi des techniques de communication, des techniques de communication avec son patient et des techniques d'écoute active. J'ai fait un podcast avec Solène Blanchin sur la médecine narrative qui aide à développer l'écoute active. Il y a aussi toutes les techniques et les outils de médecine fonctionnelle où certains médecins font remplir plein de documents pour connaître, avant de recevoir le patient, leur alimentation, leur sommeil, leur gestion, d'un peu tout et n'importe quoi. Vous pouvez faire remplir n'importe quel document en salle d'attente ou directement au domicile des patients pour qu'ils puissent venir vous voir. En sachant, avant de les examiner, comment ils dorment, comment ils gèrent leur stress, est-ce qu'ils se sont levés la nuit, etc. C'est plein d'outils qu'on peut utiliser. Évidemment, la médecine slow, c'est de la médecine clinique. Vous l'avez compris, c'est de l'interrogatoire et de l'examen physique. Dans son livre, Victoria Switz emploie souvent le terme d'extra efforts. c'est l'effort supplémentaire qu'on va faire pour aider véritablement nos patients. C'est le coup de fil qu'on va passer pour avoir l'avis d'un confrère alors qu'on en a marre. C'est la responsabilité qu'on va prendre quand il faut envoyer le patient chez tel confrère ou l'envoyer même au service des urgences ou passer la main. C'est ces petites minutes qu'on va prendre sur nous pour essayer de débloquer des situations. Ça peut être pour vérifier que... le portage des repas passe bien chez cette personne âgée, pour vérifier que l'infirmière va bien passer ce week-end-là, pour vérifier que la prise de sang qu'on a prescrite sera bien dans les normes deux jours plus tard. C'est l'extra effort, le petit truc en plus qu'il faut parfois concéder pour faire une médecine de qualité, pour aider véritablement nos patients. La slow-medicine, ça fait aussi appel à certaines technologies qui peuvent nous aider. Plein de logiciels. plein d'intelligence artificielle peuvent nous aider pour les tâches administratives, pour nous déléguer de tout ce qui peut être une entrave au temps médical et humain passé avec nos patients. Donc je vous invite demain à essayer d'améliorer vos process. Peut-être de voir comment vous pouvez fluidifier l'accueil de vos patients. Est-ce que quelqu'un, est-ce que vous pouvez peut-être partager les frais d'une assistante médicale, partager les frais d'un secrétariat, pour enlever progressivement toutes les minutes Merci. administrative en faveur de minutes passées physiquement avec vos patients. La slow-medicine, c'est l'art d'être confortable. Être confortable, c'est-à-dire être confortable physiquement, et être confortable évidemment, Dans sa tête, elle parle beaucoup du fait, par exemple, quand elle fait une prise de sang dans son livre, elle passe un moment pour ouvrir sa blouse, s'asseoir convenablement, préparer sa table, être bien. Il faut être confortable, il ne faut pas travailler dans le rush, parce que quand on travaille dans le rush, on travaille mal. C'est aussi revoir dans son agenda, peut-être pas booker des journées atroces avec je ne sais pas combien de dizaines de patients, mais aérer, mettre des trous pour absorber les retards. dire à tel ou tel secrétaire qu'on peut employer de ne pas nous déranger en consultation, réserver des créneaux pour passer nos propres coups de fil, etc. Vous l'avez compris, c'est s'aménager pour être le plus confortable possible et disponible pour soi et pour les autres. La slow medicine, c'est observer. C'est observer nos patients. C'est laisser le temps. C'est les laisser discuter. Ne pas leur couper la parole. C'est laisser le temps au temps, laisser le temps à la guérison, ne pas se précipiter à prescrire des choses. inutile, mais garder confiance et puis laisser souvent le temps faire son œuvre quand la maladie est bénigne et que l'évolution peut être favorable de cette façon évidemment. Évidemment, l'astomédecine, c'est la question sur la fin de vie. Tout le monde sait qu'on peut laisser un corps vivre éternellement ou presque. Enfin, j'exagère, mais vous voyez ce que je veux dire. Intuber, ventiler avec des perfusions, on peut le nourrir artificiellement, ce corps, on peut l'hydrater artificiellement. On peut le faire respirer artificiellement. Mais ce qui est bon pour le corps n'est pas forcément ce qui est bon pour l'être. La slow medicine, c'est prendre en considération l'être. C'est savoir ce qui est bon, de ce qui est recommandable, de ce qu'il ne faut pas faire et de prolonger inutilement la vie. C'est toutes les questions d'éthique qui sont très actuelles. La slow medicine, c'est aussi lutter contre l'instinct naturel, le se rassurer. On a tous tendance, quand on est au cabinet, pressé, à vouloir vite. Quand on veut aller vite, l'option la plus facile, celle qui a le moins de friction, c'est de se rassurer, peut-être même inutilement. C'est de se dire, bon, ça ira peut-être mieux demain, on verra bien, je vais laisser ça comme ça. Ou je ne vais pas prescrire ça parce que ça va me prendre de temps, ça va passer. Non. Dans le livre, Victoria Sweet décrit une scène super marrante. Ou quand elle est de garde, chaque fois qu'elle reçoit un coup de fil, elle s'oblige à mettre ses chaussures avant de répondre au téléphone, dans le cas où il faudrait qu'elle sorte de sa chambre, qu'elle aille prendre sa voiture et aller consulter ce patient chez lui. Parce qu'en mettant ses chaussures avant de répondre à ce coup de fil, elle a enlevé la friction de se poser la question « est-ce que j'y vais ou j'y vais pas ? » « Je suis déjà habillé, c'est important, j'y vais. » C'est enlever toutes ces frictions pour se rassurer inutilement. Quand c'est nécessaire, il faut prendre les temps. C'est ça ce que ça veut dire. C'est aussi se faire confiance et ne pas trop faire confiance aux observations, aux examens antérieurs de nos patients. Vous savez qu'il y a plein de bêtises qui circulent et moi-même, j'ai tendance à me méfier des rapports, des examens antérieurs, etc. Mais je me fais davantage confiance pour, des fois et souvent, reprendre le dossier à zéro. L'auteur raconte par exemple une... Une anecdote, quand elle bossait au Laguna Honda, quand un patient arrivait, elle allait le voir directement, elle passait du temps avec lui, elle se faisait sa propre idée en lui posant directement les questions, et après, seulement secondairement, elle consultait son dossier médical avec ses examens antérieurs, son passage aux urgences précédentes, etc. pour ne pas se parasiter la tête, pour ne pas parasiter ses diagnostics avec des observations antérieures qui ont peut-être pu être erronées. La slow-medicine, enfin, c'est se demander ce qu'on ne peut pas faire pour son patient. Bien souvent, on pêche par excès, on prescrit trop. Alors ce que prescrit l'auteur dans son livre, c'est de se demander est-ce qu'on ne peut pas ne pas prescrire ce médicament, mais recommander quelque chose d'autre. Par exemple, chez quelqu'un qui se plaint d'anxiété, plutôt que de prescrire immédiatement une benzodiazépine, est-ce qu'on ne peut pas lui recommander de méditer, de mieux dormir, de gérer son stress de telle ou telle façon, etc. La snowmedicine, c'est prendre le temps et se demander qu'est-ce qu'on ne doit pas faire pour son patient et ne pas se précipiter à prescrire des choses. J'espère que cet épisode t'a plu. Si c'est le cas, pense à t'abonner pour ne rater aucun épisode. Si tu veux me laisser une note de 5 étoiles sur ton application, ça m'aiderait aussi beaucoup. Tu peux également rejoindre la newsletter afin de recevoir une fois par mois un mail dans lequel je te transmets plein de contenus pour la médecine générale. Enfin, tu peux participer financièrement sur la cagnotte Tipeee. Toutes les ressources sont dans les notes de cet épisode. A bientôt !