Speaker #0Super Docteur, c'est le podcast des médecins généralistes. Le podcast qui vous transmet les recommandations de bonne pratique et les résultats des grandes études qui vont changer vos habitudes. Super Docteur, c'est la découverte de méthodes de soins innovantes et des interviews de soignants inspirants qui boosteront votre motivation. Un contenu court et pratique, chaque semaine, pour tous les médecins. Bonjour à tous et bienvenue dans Super Docteur, dans les deux premiers épisodes de cette mini-série. consacré au fabuleux ouvrage Slow Medicine de Victoria Sweet. On a pu parler de l'histoire et l'origine de ce mouvement qu'on a essayé de définir. Je vous ai parlé de son autrice, de la philosophie de la slow medicine et de ses avantages. Je vous ai parlé de plusieurs principes à appliquer dès demain au cabinet de médecine générale de slow medicine. Et dans ce troisième et dernier épisode, je vais vous parler des témoignages et des exemples pratiques que l'autrice décrit dans son ouvrage de la slow medicine. On va parler de ce qu'en dit la science de ce mouvement. Ainsi que des défis et des critiques qu'on assène souvent à la slow medicine. J'espère que cet épisode, ce dernier épisode vous plaira. N'hésitez pas à vous abonner, à en parler autour de vous, moi ça m'aide énormément. Et à faire pause de suite pour me mettre une note de 5 étoiles ou un avis sur vos applications préférées. Je vous souhaite une excellente écoute. On va arriver à la sixième partie de ce podcast avec les témoignages et les exemples pratiques que l'auteur dissémine dans son livre. Pour vous donner un exemple de l'efficacité de cette pratique, elle nous raconte par exemple une première histoire où étudiante dans un premier hôpital, elle se retrouve en sorte de stage de sémiologie, elle n'y connaît pas grand chose mais elle commence à apprendre la médecine. Et en fait, il y a un des grands médecins qui la coach, un peu l'équivalent des PUPH chez nous ou des chefs de clinique. Et il y a un patient qui est douloureux. qui a déjà bénéficié de multiples examens, personne ne sait trop ce qu'il a, il a des céphalées. Et en fait, elle, étudiante, elle prend le temps de potasser le dossier du patient, c'est-à-dire toutes les observations, mais surtout les examens cliniques, les examens biologiques, les examens d'imagerie. Elle raconte que le dossier est énorme et elle prend un après-midi pour le faire. Et en fait, elle se rend compte, alors qu'elle n'a aucune connaissance médicale robuste, elle est étudiante, qui a à un moment une hypercalcémie qui traîne dans ce dossier, chez ce patient, d'il y a plusieurs mois, que personne n'a trop relevé. Donc, elle pense avoir trouvé quelque chose, un peu comme un détective qui fouille une scène, et elle le rapporte comme ça à son chef le soir, écoute, j'ai vu que tel jour, il y a quelques semaines, elle a eu une hypercalcémie et personne n'a voulu la recontrôler, c'est peut-être une piste. Et donc, ça n'a pas manqué, ils ont redosé la calcémie, qui était élevée. et en fait ça nous a permis de faire le diagnostic de myélôme chez ce patient. Ce diagnostic n'aurait jamais été posé sans l'œil attentif et la patiente de l'auteur. Elle raconte un autre exemple d'une patiente, d'une jeune patiente, ado, hospitalisée pour un bilan d'insuffisance rénale, qui passe au crible de tous les examens biologiques, les échographies, etc. Elle va aller jusqu'à la ponction rénale, cette jeune patiente, parce qu'on ne comprend pas pourquoi ses reins sont insuffisants, jusqu'au jour où... Elle demande, elle a déjà un médecin, elle demande aux parents de cette jeune patiente de venir la voir, parce qu'elle ne les a jamais vues, paradoxalement, ils travaillent, ils ne vont voir leur fille que le soir. Et en fait, en prenant le temps de demander aux parents de cette jeune patiente de venir la voir, elle raconte qu'elle a été frappée en voyant la maman par les fameuses tâches café-au-lait de la neurofibromatose, qu'elle a constatée physiquement sur le visage de la mère de la patiente. La neurofibromatose qui est donc familiale, qui est donc génétique, et qui était la pathologie dont souffrait la jeune patiente responsable de son insuffisance rénale. C'est un bon exemple de clinique de bon sens, où la slow-medicine permet d'être meilleure que tous les examens complémentaires qu'on a prescrits chez cette jeune patiente, même la biopsie du rein. Et un dernier exemple, c'est... un petit garçon qui la consulte souvent pour une otite externe. Il fait plusieurs épisodes à la suite. Elle lui prescrit plusieurs fois des antibiotiques, mais ça revient sans cesse. Elle ne comprend pas trop ce qui se passe et elle décide spontanément. d'aller le voir chez lui, pour regarder dans quel environnement ce jeune garçon vit. Et elle se rend compte qu'en fait, c'est un coin rural, extrêmement reculé de la campagne, dans je ne sais plus quelle bled de Californie, et elle se rend compte que l'hygiène de vie est déplorable de cette pauvre famille, et que ce jeune garçon se baigne dans de l'eau complètement souillée, verdâtre, une eau qui sert aussi aux animaux, et il se lave là-dedans. Et en fait, elle explique... implique évidemment qu'en se grattant l'oreille, il se fait des lésions du conduit auditif externe, et en se baignant dans cette eau souillée, il se surinfecte l'oreille à chaque fois. Donc il aurait été impossible de faire ce diagnostic si elle n'avait pas pris le temps de constater, de visu, l'environnement dans lequel vit ses propres passions. Donc c'est quand même un exemple assez magnifique de cette slow medicine. On arrive à la septième partie. Qu'est-ce qu'en dit la science ? Pourquoi se mettre à la slow medicine ? Est-ce que ça marche ? On peut pas étudier la slow-medicine en tant que telle. Si vous tapez slow-medicine sur PubMed, vous allez pas tromper sur un protocole qui étudie la slow-medicine, parce qu'en fait, ça comprend bien... Trop d'éléments. Ça comprend, certes, le temps qu'on passe avec nos patients, mais la qualité de l'interrogatoire, de l'examen, le fait de réviser les traitements. Ça peut comprendre une échelle de satisfaction des patients, une échelle de réduction du burn-out des médecins, une échelle de qualité d'éducation thérapeutique, d'adhérence au traitement, de compréhension de la maladie, de réduction de prescription des médicaments, des examens complémentaires et même des réductions des coûts de santé. Tout ce que je viens de vous citer, la slow-medicine est efficace sur tout ce que je viens de vous citer. Donc vous pouvez trouver des études qui vont vous montrer des marqueurs hyper optimistes sur tout ça. La slow-medicine, c'est une philosophie qui se décompose en beaucoup, beaucoup de choses, et je viens de vous en citer certains, et sur tout ce que je viens de vous citer, il y a par contre des études qui vous prouvent qu'avec le temps qu'on passe au patient, il y a moins de prescriptions. Il y a moins de coûts de santé, on va y revenir. Les patients comprennent mieux ce qui se passe et donc ils sont plus éduqués, ils font moins de complications. La slow médecine, c'est efficace. La science le dit, vous pouvez le décomposer sous n'importe quelle optique. Je ne peux pas penser qu'en passant plus de temps et d'attention pour nos patients, ça ne marche pas. J'espère que vous êtes toujours avec moi, parce qu'on va venir à la huitième partie qui sont les défis et les critiques que l'on assène à la slow médecine. Évidemment, il y a des défis logistiques, notamment la gestion du temps. Passer du temps avec nos patients, c'est très beau à dire, en pratique c'est compliqué. Comme je vous disais, on peut s'arranger pour réorganiser tant qu'on peut ses horaires, son agenda, pour avoir des consultations par-ci par-là un petit peu plus longues, mais évidemment c'est un gros défi. Évidemment, il y a un défi de ressources humaines. Le fait d'allonger le temps de consultation, c'est du temps qu'on ne passe pas à faire autre chose et c'est du temps qui sera peut-être perdu pour des tâches administratives, des tâches de secrétariat, des tâches de back-office diverses et variées, évidemment. Évidemment, il y a un défi financier. consulter plus longtemps les gens, ça ne va pas nous faire gagner plus d'argent. Au contraire, il faut en avoir conscience et c'est un véritable défi parce que les quotations cliniques sont facturées à l'acte et pas aux minutes, en tout cas chez les médecins conventionnés. Néanmoins, il est évident qu'en faisant de meilleurs diagnostics, en prescrivant moins de médicaments et moins d'examens, le coût, global pour la sécurité sociale sera évidemment moindre. Évidemment un défi culturel avec une résistance au changement. Tout le monde s'accorde à dire, j'imagine que c'est très bien, mais pour changer les choses véritablement... C'est quand même extrêmement difficile. Les patients ont des attentes, parfois ils veulent être soignés immédiatement. Et les médecins ont des attentes, ils veulent bosser vite, gagner de l'argent et être efficaces. Donc c'est deux injonctions qui sont quand même parfois concordantes, dans le même impératif d'efficacité et de vitesse. Et ça peut prendre beaucoup de temps, beaucoup d'énergie pour changer les choses. Alors mes chers amis, on arrive à la fin de ce podcast. Pour conclure, je vous dirais que beaucoup d'entre nous savons que quelque chose doit changer, qu'on peut être très fort dans la fast-medicine, mais que dans les pathologies et les souffrances chroniques de nos patients, on peut être très mauvais. Et pour ça, la philosophie de la slow-medicine peut être un outil formidable. Les patients nous le réclament, ils réclament plus de temps, ils réclament plus de professionnalisme, plus d'acuité, d'attention. de compétences de notre part. Et en retour, nous, les médecins, on a besoin également de lutter contre notre condition de travail qui peut être difficile, contre les burn-out, contre notre santé mentale qui peut être déplorable pour nombre de nos confrères. Et la slow-medicine, c'est un outil pour ça, parce qu'en rentrant en résonance avec ce qui est important, avec notre patient qui vient nous consulter en face de nous, c'est une source infinie de satisfaction. Et en souhaitant vraiment lui rendre service, En passant du temps avec lui, en bien l'examinant, en faisant bien son travail, c'est une manière de lutter contre le burn-out. Les patients nous le demandent, et les médecins mériteraient également de se mettre à ce genre de philosophie. La transformation du système de santé, ça va être quelque chose d'épouvantable. D'épouvantablement long et compliqué. Ça ne va pas se faire du jour au lendemain. Mais je vous propose, dès demain, d'essayer quelques petits tips que je viens de vous décrire dans ce podcast. pour adopter la slow medicine, petit à petit, ou au moins pour un patient par-ci, par-là, pour voir ce que ça vous fait. De faire une consultation un peu plus longue, d'essayer d'aller un petit peu plus loin, de faire l'extra effort supplémentaire pour ce patient qui peut-être en a besoin. Pour l'avenir, la slow medicine, elle est amenée à se populariser, du moins je l'espère. Il y a plusieurs pays qui parlent de ça, ça reste quand même assez confidentiel, mais ça résonne avec ce qu'on appelle la médecine intégrative. avec toutes les stratégies de relations médecin-patient, dans la médecine narrative dont on a déjà parlé, etc. Et je vous invite à essayer, à en parler autour de vous, et à lire le livre de Victoria Sweet pour voir si ça peut vous correspondre. En résumé, dans ce podcast, mes chers amis, nous avons abordé l'histoire, les origines de cette slow-medicine, on a essayé de la définir, je vous ai parlé de l'auteur, Victoria Sweet, on a parlé des avantages de cette pratique. et des principes de la slow medicine au quotidien qu'on peut appliquer dès demain au cabinet. On a parlé un petit peu de ce qu'en disait la science, des défis et des critiques de cette philosophie du soin. Je vous invite donc, dès demain, à explorer ce sujet, écouter ce podcast, prendre un moment pour voir si vous pouvez, en pratique, appliquer un de ces petits conseils sur un de vos patients et voir ce que ça fait. On a la patientelle qui nous ressemble. Vous savez que si vous bossez tous les jours Avec des consultations de 10 minutes, vous allez avoir des patients qui vont vouloir vous consulter pour 10 minutes, mais si de temps en temps vous prenez le temps, vous creusez la tête pour essayer de débloquer des tableaux cliniques qui le méritent, et bien vous allez avoir progressivement des patients qui vont le savoir, qui vont vous faire confiance, et vous pouvez comme ça aménager votre patientèle, celle qui vous correspond. Et donc je vous invite à faire ce petit effort parce que c'est immensément gratifiant. On n'est plus des étudiants. On est des médecins, donc on peut innover dans le respect des grands principes de la santé, tester des choses. Vous avez tout à y gagner. Voilà, ce podcast est terminé. J'espère que ça vous a plu. Si c'est le cas, vous pouvez me le dire sur les réseaux, sur Instagram. sur LinkedIn. Vous pouvez mettre une note de 5 étoiles à ce podcast, ce qui m'aide beaucoup pour le référencer. Et je vous invite à parler de ce podcast aux confrères autour de vous, ça m'aide énormément. Et je vous dis à bientôt, au revoir.