- Speaker #0
Super Docteur, c'est le podcast des soignants qui redonne de la noblesse à notre métier pour soigner mieux et différemment. Aujourd'hui, on va parler d'un sujet dont on parle assez peu en médecine, mais qui influence pourtant chaque consultation, le mental. Stress, fatigue, manque d'adhésion, échec thérapeutique. Ici, une partie de ces difficultés relevaient aussi de notre capacité à accompagner nos patients sur le plan mental. Pour en parler, j'ai le plaisir d'accueillir le docteur Cédric Guéguen, médecin généraliste. Pratiquant la médecine fonctionnelle, l'hypnothérapie, il est préparateur mental et accompagne notamment des athlètes de très haut niveau, dont le champion olympique de surf Kaoli Vast et il a même amené vers l'or olympique. Dans cet épisode, vous allez découvrir comment certains outils issus de la préparation mentale peuvent être utilisés concrètement en consultation de médecine générale. Salut Cédric !
- Speaker #1
Bonjour Mathieu, merci beaucoup de l'invitation.
- Speaker #0
Mais c'est moi qui te remercie ! de m'accorder ce temps. J'ai beaucoup de questions à te poser et je suis très heureux d'être avec toi. Tu es donc médecin généraliste de formation, je l'ai dit. Qu'est-ce qui t'a fait basculer vers la préparation mentale et à quel moment tu t'es dit que ça pouvait s'intégrer à ta pratique ?
- Speaker #1
Alors, en fait, moi, je suis formé à l'hypnose médicale depuis 2013 et la préparation mentale des athlètes, c'est venu, j'ai presque envie de te dire par hasard. plus ou moins, si le hasard existe, si tant est que le hasard existe. Moi, j'aime beaucoup le sport, j'ai un passionné de sport, j'ai déménagé en Polynésie aussi pour aller profiter des spots de surf. Et puis, en 2021, j'ai une maman qui vient en consultation d'hypnose pour me dire, écoute, j'aimerais bien faire de l'hypnose avec toi parce que mon fils, il surfe des vagues sur le spot de Teahupo, le spot où il y a eu les Jeux Olympiques. Et en fait, il surfe des grosses vagues et moi, ça me terrorise de voir surfer des grosses vagues. Donc c'est comme ça que je suis rentré dans la préparation des sportifs, puisque ensuite je discute avec elle, je lui dis « mais écoute, envoie-le-moi ton fils, ça pourrait être intéressant de travailler en hypnose avec lui » . Et là, j'ai commencé à travailler avec ce jeune surfeur qui s'appelait Manakei Kaiha, et qui lui, je surfais déjà à un niveau international, donc il y a plusieurs grades dans le surf. Et puis ensuite, au fur et à mesure, les choses se sont faites, j'ai d'autres surfeurs qui sont venus de bouche à oreille, puis après d'autres sportifs, donc je m'occupe aussi du... du champion d'apnée statique de Polynésie. Et ça, c'est génial aussi en préparation mentale, parce que s'il y a bien une discipline qui est mentale, je peux t'assurer que c'est l'apnée statique, parce que rester plus de 7 minutes sous l'eau, ton cerveau, il fait beaucoup, beaucoup de... Il travaille beaucoup. Et puis les surfers, je m'occupe des triathlètes aussi. Puis j'ai eu quelques autres champions de golf, de natation, de MMA. Donc j'aime bien. Et ça change vraiment de notre pratique de médecine générale habituelle.
- Speaker #0
Incroyable. J'ai tellement de questions à te poser. C'est vraiment fascinant. D'abord, c'est quoi la préparation mentale ? De quoi on parle concrètement ? Ce sont des techniques ? C'est une philosophie ? Qu'est-ce que tu appelles préparation mentale ?
- Speaker #1
La préparation mentale, en fait, elle a commencé à émerger au travers de la psychologie du sport. La psychologie du sport, c'est quelque chose qui est apparu à peu près dans les années 20. Le premier gros congrès de psychologie du sport, c'était en 1965 aux États-Unis. Ils ont créé même une association de psychologie du sport. sport et en fait ce qu'on appelle la préparation mentale ou en anglais psychological skill training, elle est issue en fait de la psychologie du sport. Et c'est vrai que la définition exacte, moi que j'ai trouvé, je vais te la lire parce que je la trouve vraiment très bien, c'était l'association olympique canadienne en 92 qui parle de la préparation mentale comme un entraînement qui a pour but d'approcher avec régularité les conditions optimales de et il termine sur le but principal. est d'optimiser la performance personnelle de l'athlète tout en promouvant le plaisir de sa pratique et en favorisant l'atteinte de l'autonomie. Et quand j'ai lu ça, je me suis dit mais c'est exactement ce qu'on fait en hypnose, promouvoir l'autonomie et puis avoir vraiment cette plaisir, c'est-à-dire un regard différent sur ce qui nous entoure, qui peut être bien sûr la partie aussi traumatique que ce qui nous arrive dans la vie, mais en fait tout un tas d'événements dans lesquels il y a parfois besoin de prendre du recul.
- Speaker #0
Très bien, donc il y a de la psychologie, donc je comprends aussi qu'il y a des... techniques particulières, peut-être d'hypnose, c'est ça ? C'est quoi les outils d'un préparateur mental ?
- Speaker #1
Alors, moi, vraiment, en plus, c'est le mot préparation mentale, parce qu'il y a des diplômes aujourd'hui de préparation mentale. Moi, je suis hypnothérapeute, je fais de l'hypnose médicale, et du coup, j'utilise l'hypnose médicale, et je l'ai adaptée, en fait, à la préparation mentale. C'est quelque chose qui, en regardant un petit peu même les études, ça se fait pas beaucoup, en fait, il y a peu d'études là-dessus. Autant, il y a pas mal d'études, il y a à peu près 16 000 études sur l'hypnose. Alors, sur la préparation mentale, en hypnose, il n'y a pas beaucoup de... Il doit y avoir, je vais te dire, à peu près 500 entrées, je crois. Donc, vraiment peu de... peu d'études, en fait, de la préparation mentale. Et pourtant, c'est exactement la même chose. Ça veut dire que... L'hypnose et la préparation mentale, ça va vraiment très bien ensemble. Et donc, quand on utilise des outils spécifiques pour l'hypnose, il suffit de les adapter à la préparation sportive et ça se fait très bien.
- Speaker #0
Ok, donc je comprends que c'est un champ qui est relativement neuf et il y a beaucoup de choses à faire dedans et même des études à mener dès à présent pour bien calibrer cette pratique, évaluer son efficacité, peut-être ses indications, etc.
- Speaker #1
Avec la difficulté qu'a, je pense, toi qui fais aussi de la médecine intégrative, c'est la difficulté d'évaluer la pratique hypnotique. Ça veut dire qu'ils ont fait, il y a quand même plein de travaux. La difficulté, c'est qu'en fait, c'est quand même une boîte noire, le cerveau. C'est-à-dire que pour rentrer, on peut l'étudier avec les diarhébes fonctionnels, avec les TEP scans. Mais en fait, il y a quand même un truc qui est compliqué, c'est qu'on ne sait pas bien ce qui se passe quand même. On commence à connaître les zones qui sont utilisées. Mais un, il y a autant d'hypnoses que d'hypnothérapeutes, c'est-à-dire autant de gens qui pratiquent. Donc on peut la protocoliser pour pouvoir l'évaluer. J'ai des collègues aussi qui travaillent là-dessus, notamment sur ce qu'ils ont appelé l'hypnose E2R. Donc c'est un protocole spécifique qui a été créé par des amis, donc un médecin et puis son épouse, pour pouvoir qu'elle soit évaluable. Ils travaillent au département de médecine générale de Rennes et pour qu'elle soit évaluable dans les études. Et donc ça, c'est difficile parce que malgré tout, il y a aussi quelque chose qu'on ne peut pas quantifier, c'est la relation avec le patient. Et ça, c'est extrêmement variable et varié.
- Speaker #0
complètement. Mais le fait de protocoliser certaines choses, ça aide notamment pour les études. C'est comme ça qu'on a pu évaluer l'effet de la méditation par exemple, avec les protocoles MSBR, etc. Donc à mon avis, c'est une étape qui peut être intéressante, effectivement. Concrètement, tu fais des séances d'hypnose, tu reçois tes... Donc on va parler là des athlètes. Combien de fois tu les reçois ? Combien de temps ? Et après, est-ce qu'ils ressortent avec des devoirs à la maison ? C'est quoi le process ?
- Speaker #1
Alors, ben... Bien sûr, ça dépend des conditions, parce qu'à l'approche des compétitions, et donc tu imagines bien que je vais les voir un petit peu plus souvent, et puis c'est une demande des athlètes. Ce n'est pas vraiment intégré dans leur programme. Ça veut dire qu'au départ, pour Kaoli, Kaoli Vast et puis Vahine Fierro, c'est le préparateur physique et kiné qui s'appelle Charles Vanden Molenbroek qui est venu me chercher après avoir vu un documentaire qui a été diffusé sur les chaînes locales en disant « c'est ça qu'il me faut pour mes athlètes » . parce que j'aurais besoin qu'ils soient cadrés là-dessus. Et donc, le nombre de séances, c'est vraiment en fonction des besoins. Alors, au départ, on part au moins, je les vois à peu près tous les 15 jours, 3 semaines. Et puis, ce qu'on essaie de faire, c'est de la disponibilité pour les voir juste avant la compétition. Notamment, ce qui est vraiment le vrai plus, c'est de les voir la veille, c'est-à-dire juste avant de dormir. Et donc, par exemple, Kaolivast a été qualifié sur le CT, donc la plus haute partie du tour en surf. Je l'ai vu juste la veille, il y a quelques jours. Et en fait, j'ai terminé la séance d'hypnose et je l'ai amené directement, je l'ai accompagné dans le sommeil. Et en fait, on n'a même pas reparlé après. Il s'est endormi. Et en fait, il s'est réveillé le lendemain matin avec la séance dans la tête pour l'aider à mieux dormir et puis à se préparer à gérer le stress.
- Speaker #0
Et est-ce que tu peux me dire... que ce que tu lui as inculqué, c'était quoi les grands principes de ta préparation avec lui ? Est-ce que tu peux me dire ça ou c'est confidentiel ?
- Speaker #1
Bien sûr. Après, il n'y a rien là-dessus. C'est des choses qui ont été souvent partagées en interview. Mais avec Kaoli, par exemple, moi, je m'appuie sur son coach, donc son préparateur physique. Après, le coach qu'on a aussi, il y a Jérémy Flores et maintenant c'est Johan Duru. Donc, c'est des grands noms du surf qui suivent, qui s'occupent vraiment de la partie coaching. Mais en fait, lui, son préparateur, il est avec eux vraiment très souvent. Donc il m'a dit, écoute, Kaoli, avant les JO, il faut qu'on travaille sur un point essentiel, c'est la discipline. Kaoli, c'est une énergie brute, c'est un surfeur exceptionnel, mais il a besoin d'être cadré. Et du coup, j'aimerais que tu lui amènes ça au cours des séances et du travail que vous allez faire ensemble. Donc c'est le travail qu'on a fait. Et ce qui était vraiment étonnant, je peux te raconter un petit peu la première séance, si tu veux, qu'on a faite ensemble.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
On est au cabinet, donc il vient au cabinet. Je les vois beaucoup en visio, mais là, la première fois, je les vois au cabinet. On fait la séance d'hypnose. Il ferme les yeux. Donc, je déroule ma séance. Il se passe vraiment d'extérieur, je t'assure, rien du tout. En hypnose, il se passe quand même souvent des échanges. Le corps, voilà, mais j'avais vraiment l'impression qu'il dormait. Donc, on termine la séance. Il rouvre les yeux. Il dit, ah, c'était bien, je me sens bien, tranquille. Et là, trois jours après la séance, c'était au mois de janvier 2024. Donc Charles m'appelle, son coach, son préparateur, et me dit « Mais qu'est-ce que tu lui as fait ? » Je lui dis « Je ne sais pas, on a fait une séance, c'était assez cool, il ne s'est rien passé d'extérieur de fou. » Puis là, il me dit « C'est incroyable, je ne l'ai jamais vu surfer comme ça depuis plusieurs mois, il a surfé. » Il ne s'était même pas rendu compte qu'il s'était passé quelque chose, mais il a été surfé. Et il surfait vraiment comme s'il était libéré de plein de trucs. J'avais l'impression qu'il était libéré des poids sur les épaules. Et lui-même, il ne s'en était même pas rendu compte. Et alors ça, c'est vraiment peut-être le petit truc de l'hypnose. Il ne s'était même pas rendu compte qu'il s'était passé quelque chose. C'est un petit peu comme si on avait ouvert son esprit, on lui avait mis une idée dedans. Et ensuite, ça avait fait son travail, son chemin tout seul.
- Speaker #0
Excellent. Je l'ai écouté il y a longtemps dans le podcast de David Laroche, Paradox, où il parlait, je ne sais pas si tu l'as écouté, et il raconte qu'à Olivast, donc j'imagine que c'est avec toi qu'il a fait ça, il s'est imaginé la victoire jusqu'à sa couleur de maillot, le poids de la coupe, la température de l'eau, pour que ça soit un process tout à fait normal et naturel de gagner et d'arriver à l'Eurolympique.
- Speaker #1
C'est exactement ça en fait, ça fait partie des grosses techniques qu'on a en fait en hypnothérapie, mais en hypnothérapie dans le sport, c'est la visualisation, ce que j'ai appelé la visualisation projective créatrice. Donc ça veut dire de s'imaginer chaque petit détail de la victoire, c'est déjà y être, c'est un petit peu comme si tu entraînais le cerveau à faire déjà quelque chose, et ce que je dis souvent aussi aux sportifs, c'est qu'on ne fait jamais aussi bien quelque chose qu'on a déjà fait. et donc de l'imaginer d'y être ? Et donc là-dessus, j'ai vraiment aussi créé une séance que j'aime beaucoup pour les sportifs au travers d'un livre qui s'appelle « Le zen dans l'art chevaleresque du tir à l'arc » . Et c'est un grand hypnothérapeute qui s'appelle François Roustan qui en parle. Ça a été beaucoup repris par Jean-Marc Benayem qui s'occupe d'un des DIU d'hypnose à Paris. Et en fait, c'est que dans l'art chevaleresque, le zen dans l'art chevaleresque du tir à l'arc, on est vraiment dans chaque petite partie du tir à l'arc et donc de la flèche jusqu'à la... corde, jusqu'à l'arc, jusqu'à le centre de la cible, et en fait, on crée ça. C'est-à-dire qu'on aide l'esprit à se projeter dans quelque chose qu'il peut faire. Et à la fois, il ne faut pas le faire trop, et c'est ça qui est vraiment une... Ça veut dire qu'il ne faut pas que ça génère une pression sur les épaules qui soit trop importante. Donc, on essaie d'amener cette visualisation de façon très libre, pour pas qu'il y ait de pression dans la réalisation, en fait, de la victoire.
- Speaker #0
Fascinant. Ça me fait penser, quand je t'écoute attentivement... aux pilotes de chasse. J'ai cette image qui me vient en tête. Tu sais, les pilotes de chasse ont des séances de visualisation avant chaque vol important. Je pense à ceux de la Patrouille de France, par exemple, où ils vont fermer les yeux et ils vont manipuler des manettes imaginaires de leur avion pour vivre leur séance avant qu'elle ait vraiment lieu. Et comme ça, leur cerveau a déjà vécu virtuellement la séance et donc il n'a qu'à reproduire l'entraînement virtuel, mais en réel, avec un réavion. Donc c'est un petit peu ça. C'est se répéter une scène avec suffisamment de détails et suffisamment d'implications cognitives pour que, quand elle arrive, on la déroule à la perfection comme une partition qui se déroule impeccablement.
- Speaker #1
C'est exactement ça. C'est vraiment, tu décris ça très bien. Et puis dans l'armée, ils ont un truc qui s'appelle la technique TOP. Ça veut dire technique d'optimisation de potentiel. C'est des choses spécifiques qui ont été développées dans l'armée. justement exactement pour les pilotes de chasse ou pour les autres, même pour les différents membres du corps de l'armée. Donc c'est vrai que toutes ces techniques-là, elles ont été récupérées à droite à gauche pour pouvoir effectivement faire des... simplement permettre au cerveau d'être au maximum de son potentiel dans des moments clés. Et c'est vrai qu'il y en a... Parce que finalement, quand tu pars pour une compétition, aujourd'hui, c'est un peu comme partir à la guerre. Et donc, si tu veux, pour le cerveau, lui, il va pour se battre. Donc on va travailler là-dessus. Et l'idée, c'est qu'il ne faut pas que le stress ou des pensées parasites viennent se poser à ces moments-là, parce qu'il n'y en a pas besoin. Et tout ça, le fait de le préparer, ça permet d'être vraiment, d'arriver de façon détendue au moment de la compétition. Mais ça peut marcher pour plein d'autres choses. Parce que ce qui marche pour les sportifs en préparation mentale, j'ai fait une formation il y a 15 jours. pour des gens qui pratiquent l'hypnose à Tahiti. Et en fait, ça marche pour les patients aussi, lambda. N'importe quel patient, on peut utiliser les techniques. Alors, tu imagines bien que tu leur dis, écoutez, je vais vous proposer d'explorer une séance. C'est la même qu'on fait avec le champion olympique de surf. Les gens, ça leur donne aussi, ça booste aussi un peu l'ego, ce qui est quand même très utile. Ça mobilise aussi les ressources de confiance en soi. Et ça permet de les aider à sortir de certaines situations. Et j'ai une jeune fille là, il n'y a pas longtemps, je lui ai fait vraiment la technique. que j'ai appelée la technique du guerrier sage. Je pourrais te la raconter un peu en détail. C'était cool. Je l'ai faite vraiment dans un autre contexte complètement différent. C'est une jeune fille qui était étudiante. Elle n'arrivait pas à passer sa licence. À chaque fois, elle échouait dans son examen. Du coup, elle n'avait plus le choix. Elle était au pied du mur. Et en fait, je lui ai fait cette technique-là dans laquelle on fait d'abord une introduction de séance très calme. Et ensuite, on va mettre une musique qu'on voit dans les films, les musiques épiques que tu peux voir dans les films comme 3, comme 300, comme Le Seigneur des Anneaux, ou même les films, comment dire, japonais, les animations japonaises. Et en fait, on va accélérer le rythme cardiaque, on va aller chercher des choses. On utilise en plus des techniques physiques comme ce qu'on appelle les catalepsies. Donc tu peux rendre une partie du corps, par exemple, très rigide. Par exemple, le bras, qui fait qu'avec la séance d'hypnose, ça sera impossible de plier le bras. C'est-à-dire que moi, j'accompagne la personne, j'essaie de lui plier le bras, elle a l'impression de ne pas forcer, et en fait, on mobilise des ressources que la personne ne pense pas avoir. Et après, en fait, ça lui a permis vraiment, elle m'a décrit un plus juste après la séance, et elle a réussi du coup à passer son examen, donc là, elle l'a validé il y a quelques jours. Donc, c'est des choses qui sont vraiment passionnantes de se dire, le corps. et l'esprit ont des ressources. Ces ressources-là, elles ont simplement besoin d'être mises en lumière pour aider nos patients au quotidien, en nos cabinets, comme les sportifs.
- Speaker #0
Magnifique. Avant qu'on rentre dans le deuxième épisode et sur le côté pratico-pratique, ce qu'on peut faire en consultation quand on est un médecin généraliste lors d'un, est-ce que tu peux me dire s'il y a des erreurs fréquentes que tu observes chez les patients, chez les médecins, sur la gestion du mental ? Des idées reçues, des choses complètement fausses ? des choses qu'on a héritées de tradition ou des légendes, des choses qu'on a entendues et que tu aimerais débunker ?
- Speaker #1
Alors pour ça, à mon avis, peut-être la plus grande erreur qu'on peut avoir aussi, c'est de pouvoir, quand on est en... Moi, je me rappelle aussi pendant mes formations, c'est de pouvoir bloquer l'expression émotionnelle au cours d'une consultation de médecine générale. Ça, à mon avis, ça fait partie sûrement des grosses erreurs qu'on fait tous en disant je ne veux pas aller toucher un truc qui est un peu sensible, la personne va avoir des émotions. et je ne vais plus savoir comment gérer. Or, c'est ce qui nous permet de gagner le plus de temps. Ça veut dire que quand on utilise des techniques de recadrage, par exemple, donner du temps à nos patients simplement pour exprimer les émotions, en disant « Allez-y, vraiment, vous êtes là pour ça, il y a une petite boîte de mouchoirs sur le bureau, franchement, allez-y, je comprends que ça soit difficile, que votre maladie soit compliquée, mais je suis là pour vous accompagner et on va essayer de faire au mieux ensemble parce qu'on est une équipe. On est une équipe soignante et on travaille ensemble pour votre santé. » Et je pense que vraiment, à mon avis, de bloquer des fois parce qu'on a peur, parce qu'on se dit « je ne vais jamais y arriver, j'ai 15 minutes ou 20 minutes, je ne vais jamais y arriver si jamais la personne a des émotions » . Au contraire, à mon avis, c'est comme ça qu'on va le plus vite.
- Speaker #0
Excellent conseil. Ok, redonner la part belle aux émotions, aux nôtres et à celles des autres. Je te remercie Cédric. Je comprends déjà que la préparation mentale, ça ne concerne pas uniquement les sportifs de haut niveau, mais qu'elle touche en réalité des enjeux très concrets de notre pratique quotidienne. Si cet épisode vous a plu, prenez dès à présent... 30 petites secondes pour vous abonner à ce podcast et ne rien rater. Dans la deuxième partie de cet échange, on va voir comment intégrer concrètement ces outils en consultation avec des exemples pratiques directement utilisables au cabinet. Salut Cédric !